Petit histoire des grandes rois de Angleterre

Part 3

Chapter 33,456 wordsPublic domain

D'aucuns font le maison présente Remonter à... Confucius. Moi, je trouvé plus évidente Qu'il commence à... Tu dors, Brutus! (Vite, que la lecteur oublie Cet exécrable calembour! Autrement, ce petit folie Pourrait marquer ma dernier jour.) _Well, then!_ la premier de ce race Qui monta sur la trône anglais Il ne fut pas oun gars bonasse, Mais oun prince des plus discrets. Descendant d'Edouard la Troisième Par le branche Lancastrien, Son bon droit à la diadème N'était pas reconnu très bien. Richard, dans sa courroux amère, Disait que sa compétiteur Etait «bâtard de père et mère, Bien que ce fût sa seul malheur.» Bah! quand on veut manger du trône Et que son droit il est petit, Oun tel raison n'est pas si bonne Qu'il doive couper l'appétit. Notre homme à Richard fit le guerre, Le tua de son propre main[28], Puis bientôt sur son front altière Brilla la signe souverain. Du monde alors les grandes causes On approfondissait, oui-da! Et sous cet règne, entr'autres choses, Fut découvert la Canada. On dit qu'Henri Sept fut avare Et qu'il amassa de l'argent Assez pour remplir oune mare Ou fréter oun gros bâtiment. Hum!... En cet temps-là, je présume, De même qu'aujourd'hui chez nous, Du métal oun gros apostume Devait rencontrer tous les goûts; Et l'on peut bien se faire imaige Que la prince dont nous parlons Dut avoir, pour lui rendre hommaige, Nombre d'amis dans ses salons. Bien!... Disons qu'il fut oun monarque Prodigue... et beaucoup complaisant Et que sous lui l'anglaise barque Il marcha beaucoup en avant!

[28] Voir note à l'appendice.

HENRI VIII

(1509-1547)

Cet gros-là, c'est Henri Huitième, Prince savant, rempli de soin, Ami fidèle et charmant même Pourvu qu'on s'en tînt... assez loin. _To begin with_, il fit le guerre A Louis Douze des Français Pour je ne sais trop quelle affaire; Mais bientôt il conclut le paix En donnant à la vieil monarque Son soeur Marie en conjungo, Ce qui tioujours il fut la marque D'oun coeur valant oun vrai lingot. Ajoutons que cette Marie[29] Au bout d'oun an il était veuf, Et, par nouvelle épouserie, --Ce qui partout n'est rien de neuf,-- Il devint, comme à l'ordinaire Et dans la délai consacré, Mère de celle qui fut mère De la pauvrette Jeanne Grey. Bien! De cet-lui-ci tout à l'heure On verra l'histoire attristant. Ne croyez pas qu'en son demeure Alors Henri resta content. En cet temps-là dessus le terre Régnaient trois rois grands à l'excès: C'était Henri dans l'Angleterre, François Premier chez les Français, Et puis l'empereur d'Allemaigne, Charles-Quint de sa petit nom, Qui pouvait en faisant campaigne Passer son vie, oh! tout du long; Tous trois de vaste intelligence, Se jurant oun accord bien doux Et, par mesure de proudence[30], S'épiant toujiours en-dessous... Mais passons! Car vouloir tout dire Sur cet _triplet_ intéressant Exigerait oun travail pire Que pour en calomnier cent. En poursuivant d'Henri l'histoire, De ses femmes il faut parler, Et c'est oun soujet, veuillez croire, Difficile à rafistoler. D'abord, Henri pour son compaigne Eut Catherine d'Aragon, Tante de Charles d'Allemaigne, Et de vertus vrai parangon. Pour je ne sais trop quel caprice Qu'ont parfois, dit-on, les grands rois, Après quinze ans de cet cilice Il voulut faire oun nouvel choix; Mais Clément Sept, pape très saige Et sur ces points beaucoup savant, Voulut que d'Henri la menaige Restât même qu'auparavant. Certes, ce n'était que justice Et prudence tout à la fois; Car je crois que le moindre indice De céder au monarque anglois Eût attiré sur la Saint-Père De Charles-Quint tout la courroux, Cet dernier ne se gênant guère De la faire éclater sur tous, N'ayant pas même eu d'hésitance, Six ans avant, comme l'on sait, De tenir longtemps en souffrance La même pape Clément Sept[31]. De parler sur oun ton de maître Henri Huit très accoutumé, Il ne voulut pas se soumettre, Si tant il était allumé; Et c'est au cours de ce chicane Que cet épouseur enraigé A fonder l'Eglise anglicane Bientôt on vit tout engaigé. De la dame Anne de Boleyne Henri devint la tendre époux... Tendre!... il faut ici prendre haleine, Cet mot je la dis entre nous; Car tout se passa de telle sorte Qu'après trois ans de renouveau Pauvre Boleyne elle était morte, Morte par la main de la bourreau. Sans doute pour noyer son peine, Henri prit alors la Seymour, Car il n'avait point tant de haine Qu'au fond il n'avait de l'amour. Seymour étant mort de mort douce, Sans la bourreau ni ses atours, Notre homme en eut telle secousse Que, craignant beaucoup pour ses jours, Il choisit comme quatrième Anne Cleves, femme allemand Qu'il trouva, néanmoins, trop blême Pour répondre à sa sentiment. Alors, ramassant sa couraige, Il prit Kate Howard aussitôt, Qui le laissa dans la veuvaige, Etant morte sur oun billot. Enfin, pour montrer quel patience Il était dans sa coeur de roi, A Kate Parr, dans son clémence, Il permit de lui jurer foi. C'est tout... Sur cet aimant monarque La ciel enfin reprit ses droits; Trente-huit ans l'anglaise barque Avait navigué sous ses lois. De son femme ainsi que des grues Il n'avait eu que trois enfants: D'abord deux filles très bourrues, Puis oun fils des plus innocents.

[29] Voir note à l'appendice.

[30] Voir note à l'appendice.

[31] Voir note à l'appendice.

EDOUARD VI

(1547-1553)

C'est la fils qu'Henri la Huitième Il avait eu de la Seymour Et qui de porter diadème A dix ans vit venir son tour. Il était oun faible jeune homme, Malade, et, sans être oun nigaud, Pour bien gouverner oun royaume Possédant très peu la jingo. Il fut d'abord sous le tutelle De la frère de son maman, Qui fut renversé de l'échelle Par Dudley, oun autre manant. Cet-lui-ci, dès lors, prit son place Auprès du pauvre souffreteux Dont il gagna le bonne grâce En le cajolant de son mieux; Si tant que la prince mourante Fit testament en faveur... Bien! De Jeanne Grey, oun descendante Du famille lancastrien, Oubliant son propre lignée Très fâchée de cet curieux choix Et puis pas du tout résignée A perdre ainsi ses royaux droits. Enfin s'éteignit cet monarque A peine à l'âge de quinze ans; Oh! mais, sous lui... l'anglaise barque Il avait bravé bien des vents.

JEANNE GREY

(1553-....)

Nous avons, dans oun autre paige, Vu d'où venait ce Jeanne Grey, Fille d'oun beaucoup haut lignaige Puisqu'il descendait de Mary, Soeur du fameux Henri Huitième Et femme, pour oun court moment, Du roi français Louis Douzième. _Well! Well!_ Poursuivons maintenant! Jeanne était mignon et gentille, A peine âgée de dix-sept ans, Et, quoique de royal famille, Fuyait la trône tout le temps. Mais tant fit Dudley, son beau-père, Avec Guilford, son jeune époux[32], Qu'elle consentit, pour leur plaire, A régner. C'était, entre nous, De la part des deux imbéciles, Faire faire à cet jeune enfant Oun pas non des moins difficiles Et sûr d'avoir mauvais tournant. Pauvre Jeanne! Bien éphémère Fut sa règne. Sans hésiter Mary Tudor, affreux mégère, La fit vite décapiter.

[32] Voir note à l'appendice.

MARY TUDOR LA SANGLANTE

(1553-1558)

Mary Tudor était le fille D'Henri Huit par le premier lit. Elle était laide en vrai gorille, Avec oun teint de pissenlit. De son père la fanatisme Barbare, étroit, hautain et fol, Joint au dangereux royalisme De la parentaige espagnol, Fut, je crois, le pur héritaige Du virago Mary Tudor, Si tant il avait l'apanaige De tout ce qui fait la butor. Oun jour, Philippe Deux d'Espaigne[33] Il vint pour réclamer son main. Il l'obtint, mais sans son compaigne Voulut partir le lendemain. En apercevant cet visaige L'hidalgo, surpris, s'était dit: --_Caramba!_ vite la veuvaige, Autrement je suis déconfit.-- Et, depuis lors, le pauvre reine Dut viver loin de son époux, Et, pour mieux consoler son peine, Fit éclater oun grand courroux. D'abord, elle voulut le tête De la pauvrette Jeanne Grey, Et puis, pour compléter le fête, Celle du jeune époux Dudley. Northumberland perdit le sienne, Ainsi que le fameux Cranmer[34]; Suffolk subit le même peine Avec l'évêque Latimer. Puis partout se multiplièrent Les échafauds et les bûchers, Et les flots de sang qui coulèrent Auraient attendri les rochers. Enfin.... elle mourut--ô chance!-- Sans avoir eu le moindre enfant, Et c'est là que le Providence Pour l'humanité fut clément.

[33] Voir note à l'appendice.

[34] Voir note à l'appendice.

ELISABETH[35]

(1558-1603)

Lisbeth il fut oun très beau reine Avec oun grande nez pointu. Son mère était Anne Boleyne Qui lui légua tout son vertu. Bien! à propos du damoiselle, On eut d'abord difficulté Pour établir oun peu sur elle La point de légitimité; Car des femmes en mariaige, C'est comme du sel sur oun rôt: Point n'en faut faire oun gaspillaige, Mais éviter d'en mettre trop. Or, chose non controversée, Henri Huit pensait autrement Et toujiours plus qu'à la pincée Il usa de la condiment. Si tant que de Lisbeth la titre Il fut presque aussi débattu Et mis sur transparente vitre Que, plus tard, le fut son vertu. N'importe! Il monta sur la trône, Et je vous dirai certement Que jamais femme, homme ou personne Ne fut reine plus joliment. C'été pendant sa règne illustre Que la peuple anglais, jour et nuit, Commença de prendre la lustre Dont il reluit tant aujourd'hui; C'est dans cet règne que Shakspeare Il écrivit si trèsment bien Que pas oun autre n'a fait pire De si longtemps qu'il n'écrit rien. Mais parlons de Lisbeth lui-même, De qualités si bien nourri Que c'est oun curiouse problême De voir qu'il n'eut point de mari. Oh! oh! si d'oun chef de ménaige Il n'eut pour se faire oun portrait Que le seul pitoyable imaige D'Henri, son père, on comprendrait; Car, vraiment, la coeur la plus tendre Devient vite ratatiné Lorsque tout il lui fait entendre Qu'il est au billot destiné. Et n'allez pas vous faire idée Que Lisbeth manqua d'aspirants! Elle en fut même incommodée, Et parfois de très écoeurants. Nommons: Philippe, sa beau-frère, Féroce espagnol carcajou, Et cet gringalet légendaire Qui s'appelait la duc d'Anjou. Mais, si grand que fut la beau moine Qui cherchait à la contourner, Chacun dut manger son avoine Et bredouille s'en retourner. Et voilà! Des amis fidèles, En eut-elle? _Why! certainly_, Et pas des petits citronnelles; Songez donc: Essex et Dudley, Les deux _boys_ les plus maggnifiques Et plus adroitement docteurs Possédant toutes empiriques Pour soigner les grands maux de coeurs! Ce reine était d'humeur changeante, --C'est connu,--bonne à certain jour, Puis tout à coup si tant méchante Qu'on n'en pouvait faire le tour Ni même y venir assez proche Sans risquer d'accomplir oun saut Qui vous jetait comme oun vrai poche Tout en travers sur oun billot. Et souvent après que son ordre Il fut suivi jusqu'à la fin, Lisbeth tombait tout en désordre Si tant qu'il avait du chagrin. Oh! l'on vit fort bien cet prodige, Curieuse et beaucoup triste aussi, Lorsqu'Essex, perdant sa prestige, Sur la billot fut raccourci; Car, sitôt que la coup fut faite, --Ou, plutôt, qu'elle fut coupé,-- Le reine, au fond de son retraite, A pleurer fut très occupé, Faisant oun si grande vacarme Avec si brûlante soupir Qu'on pensa de sonner l'alarme A tous les pompiers pour venir. Et puis, le façon très indigne Dont il traita Mary Stuart Fait qu'aujourd'hui chacun trépigne A cet _infamous_ traquenard. Non pas que le reine d'Ecosse Il fut l'ange que quelqu'un dit; Non, je crois que cet-ci fut rosse Oun peu trop fort pour sa crédit. Par exemple, sa ton hautaine... Sa manque de discrétion... Rizzio... hum!... Puis son grand haine Pour Darnley... oh!... Bothwell, hon! hon!... Ses menaces à le sourdine... Mais ce n'était pas suffisant Pour que Lisbeth à son cousine Fît subir pareil traitement. Aussi, dedans cette occurrence Lisbeth perdit de sa grand nom Et de sa plus noble héritance, Si tant qu'il fut là polisson. Et puis la monde avec tristesse Se dit, devant tels faits flagrants: Trop souvent que de petitesse Ne trouve-t-on pas chez les grands!... Oh! mais Lisbeth fut oun monarque, Malgré tout, très fort et savant, Et sous son oeil l'anglaise barque Il en fit, des bonds en avant!

[35] Voir note à l'appendice.

Maison des Stuarts

JACQUES I

(1566-1625)

Lisbeth, pas n'est besoin de dire, Il était morte sans enfants. Et c'est, pour oun trône, oun sort pire Que la trop plein de prétendants. Car, s'ils sont plusieurs à le file, On peut choisir et c'est très bien; Mais cet choix devient difficile Quand dessous le main on n'a rien. Donc, de princes le pénurie Il causait beaucoup des douleurs A la peuple tout ahurie De devoir en chercher ailleurs. Jadis des rois issus de France Sur la trône s'étaient assis; Mais ce n'était par complaisance, Car cet trône ils l'avaient conquis. Alors on chercha dans l'Irlande Parmi les grands du nation, Mais il paraît que dans le bande On ne put trouver rien de bon. Bien! Tout à coup la peuple anglaise Se dit: Oh! mais, que j'ai donc tort De tant chercher, quand à mon aise J'en puis trouver oun sans effort! Il se souvenait qu'en Ecosse Autrefois oun princesse anglais Etait allée en bel carrosse Pour devenir reine écossais. Et ce princesse il fut, de même, Grand'mère de Mary Stuart, Duquel la fils, Jacques Sixième, D'Ecosse il devint roi plus tard. Pour lors se dit la peuple anglaise: _Heavens!_ c'est cet-là qu'il nous faut. Qu'il vienne, et, pour le mettre à l'aise, Nos soins ne feront pas défaut. Il vint. Mais comme, en Angleterre, On croit toujours tout inventer, La nom de Jacques la première Au lieu de l'autre il dut porter. Bien! paraît-il, dans tout l'Histoire Il est malaisé de trouver Oun règne moins rempli de gloire, Mais, en même temps, d'en rêver Oun qui fût plus vraiment honnête. Quant à Jacques, nul autre roi Jamais ne reçut par le tête Tant d'éloges de bonne foi Ni tant de coups de la critique, De grands saluts, malins discours Ou fleurs de gai panégyrique. Sur lui le griffe et la velours, Alternant d'oun façon constante Dans leur flatterie ou courroux, Jamais l'oun ne fut plus cuisante, Ni l'autre d'oun contact plus doux. En somme, cet règne il fut bonne, Avec certains succès complets Et, comme toujiours, le couronne Eut de plus ou moins gais reflets. Doué de beaucoup d'énergie, Jacques bientôt sous ses efforts Il vit sa pouvoir élargie Dans la dedans comme au dehors. Il établit, comme oun bon père, Parmi ses soujets l'union, Et de l'Ecosse et l'Angleterre Il compléta le fusion. Il était oun prince savante Et souvent poussait la travers, Pour paraître encor plus charmante, Jusqu'à vouloir... faire des vers. Pourtant certains goûts despotiques Lui firent commettre des torts; Si tant que des rangs politiques Oun jour il fut presque dehors[36]. C'est ainsi que--fait regrettable!-- Il prépara la grand malheur Qui fit la sort si misérable De son fils et son successeur. N'importe! Il fut oun grand monarque, _Oh! yes_, et beaucoup très pouissant, Et sous son oeil l'anglaise barque Il fit tioujours voile en avant.

[36] Voir note à l'appendice.

CHARLES I

(1625-1649)

La fils de Jacques la Première, Bien! il fut Charles la Premier[37]. C'est oun chose beaucoup trop claire Pour que l'on prouvé le nier. Et puis, qu'il fit grand gaucherie En déplaisant à ses soujets, Ce n'est pas, non plus, menterie, Mais oun vérité des plus vrais. Oh! c'était oun charmant garçonne, On le dit et je le crois bien. Mais lorsqu'il monta sur la trône Savait-il quelque chose ou rien?... Ignorait-il que, pour oun prince, Gouverner bien c'est maîtriser, Et qu'avec oun pouvoir trop mince On se fait vite mépriser? Pourquoi, d'abord, contre l'Espaigne Et le France tout à le fois Fit-il le très vilain campaigne Où, _Hell!_ il se brûla les doigts? Pourquoi devint-il orgueilleuse Au point qu'il osa refuser Ce que sa peuple souffreteuse Il voulait tant lui proposer? Pourquoi fit-il, à droite, à gauche, Si grandes tas de mécontents Que c'était comme oune débauche De pleurs et de gémissements? Son Parlement il lui demande Quelque chose pour amoindrir Le misère qui se fait grande; Se rendra-t-il à cet désir? Oh! non. D'oun ton brusque et hautaine Il répond à la Parlement Que son demande il est trop vaine Pour qu'il s'en occupe oun moment[38]. Qu'arriva-t-il?... On le devine. La Parlement, fâché très fort, Saisit la roi si tant mutine Et vite il vous le mit à mort[39]. Pauvre Charles! Ton destinée Il fut bien amère, ma foi, Et ta règne mal terminée... Mais... est-ce de mon faute, à moi?

[37] Voir note à l'appendice.

[38] Voir notes à l'appendice.

[39] Voir notes à l'appendice.

République

OLIVIER CROMWELL, Protecteur

(1649-1658)

De Charles la bras tyrannique Avait forcé beaucoup d'Anglais A s'en aller dans l'Amérique Chercher la bonheur et le paix. Bravant les rigueurs de le houle Ils s'en allaient, l'esprit bien noir, Et de ces émigrés le foule Il était pitoyaible à voir. Oun jour, l'ordre vint du monarque, Qu'oun tel exode inquiétait, D'arrêter tout navire ou barque En partance pour cet objet. C'est ainsi que fut empêchée La départ d'Olivier Cromwell, Oun Puritaine tout crachée. Les Puritaines?... Qu'est-ce?... _Well!_ C'est oun drôle espèce d'apôtres Qui croient pouvoir se rendre purs En purifiant surtout les autres Envers lesquels ils sont très durs. Pauvre Charles! Comme il fut bête De vouloir garder cet garçon! Cromwell resta; mais dans son tête Eclata le rébellion. Alors comme représentante Au Parlement il fut porté Et, là, pour sa travail constante, Comme oun grand homme il fut compté. Bientôt son oeuvre il fut complète: La Parlement il conduisait Si tant qu'oun jour du roi le tête Sur oun échafaud il roulait. Cromwell triompha, maggnifique, Comme oun grande libérateur, Et de la nouveau république Il fut nommé la Protecteur. Pour neuf ans il garda cet titre Et, faut le dire à sa crédit, Oh! point il ne fut oun bélître, Mais grand homme, sans contredit. Sous lui notre chère Angleterre, Depuis longtemps très indigent, Il devint si beaucoup prospère Qu'on... ne peut pas dire comment. Cromwell ne fut pas oun monarque Dans la sens brutal de cet mot; Mais sous son oeil... l'anglaise barque Il marcha beaucoup comme il faut.

RICHARD CROMWELL

(1658-....)

Il est la fils du précédente, Et fut deuxième Protecteur; Mais des talents de sa parente Il avait bien peu le couleur. Le père il était très active, Brave soldat, parleur brillant; Mais la fils, loin d'être aussi vive, Il passait la temps en bâillant. Des ennemis du république Parfois il avait si tant peur Qu'il lui prenait comme oun colique Dont il sentait oun grand douleur. Aussi sa règne fut bien courte; Après six mois, triste, abattu, Il s'enfuyait comme oune tourte Ou comme oun chien qu'on a battu. La fils de Charles la Première, Tournant de sa pays autour, Il était près de le frontière Attendant l'heure du retour.

Restauration des Stuarts

CHARLES II

(1660-1685)

Bon! Voilà ces rois excellentes Qui nous reviennent de nouveau! Devant leurs plumaiges brillantes Cromwell avait fui comme oun veau, Et la prince Charles Deuxième Dans sa pays s'étant rendu Avait repris la diadème Que son père il avait perdu. Je voudrais bien dessus sa règne Pouvoir écrire oun compliment; Mais ma coeur de poète il saigne Pour rimer sur oun tel manant. Charles Deux fut la prototype Du roi sensuel et viveur, Cherchant partout le maggnifique Même à le prix de son honneur. Chez lui c'était comme oun rafale De freluquets et polissons, Et jamais dans le cour royale On n'avait vu tant de guenons. C'étaient tioujours fêtes brillantes, Promenades et bals masqués, Danses des plus mirobolantes Comme proupos des plus risqués. Les vins coulaient en vrais déluges Dans des festins de fins ragoûts, Où l'on mangeait comme des juges Et l'on buvait comme des trous. Les damoiselles mouchetées, Tout couverts de colifichets, Avec au col des brochetées De parures les plus coquets, Traînaient leurs riches mousselines Sur les parquets doux et luisants, Maintes galantes mascoulines Leur débitant des compliments. Puis, au son des clarionnettes, Violons, flûtes, tambourins, On se faisait mille courbettes A s'en donner des tours de reins, Tourbillonnant en rondes folles Dans oun frelassement joli, Le bouche plein de mots frivoles, La nez bourré de patchouli. Pardonnez à mon innocence De ne vous en dire plus long!... Qu'oun coeur bien né tioujours s'offense De tels discours, oh! c'est très bon. Encor si les torts de son père Charles Deux avait évités; Si des habitants d'Angleterre Les droits il avait respectés!... Mais, par oun acte impolitique S'aliénant la Parlement, Il voulut d'oun bras tyrannique Gouverner seul et violemment. Alors les cris et les murmures Ils s'élevèrent de partout[40], Et plusieurs cruelles mesures La roi prit pour les mettre à bout. Oh! oh! c'été vraiment oun chance, Pour la pauvre roi criminel, Que la peuple, en cette occurrence, N'eût plus son Olivier Cromwell! Il vécut. Mais ses torts nombreuses Tombèrent sur la roi suivant Qui, lors de ses jours malheureuses Avait assez des siens, pourtant.

[40] Voir note à l'appendice.

JACQUES II

(1685-1689)