Petit histoire des grandes rois de Angleterre
Part 2
Bien! Voici Henri la Première, Troisième fils du Conquérant Et puis, par conséquent, la frère De la Guillaume précédent. C'est bien lui. Je vous le réplique Afin que, peut-être distrait, Pour cet-là d'oun singe d'Afrique Vous n'alliez prendre sa portrait. Comme il était beaucoup savante, On l'appelait Henri Beauclerc, Ce qui semble très impioudente, Puisqu'il n'était ni beau ni... clair. Il eut avec Robert, son frère, D'abord de sanglants démêlés Au cours de lesquels cet dernière Il fut toujiours des mieux volés. Pauvre Robert, nommé Courte-Heuse, Pourtant chef d'oun si grand maison, Tant de plus en plus malheureuse, Finit ses jours dans oun prison. Puis, de cet frère malhabile Ayant débarrassé son dos, Henri battit à Brenneville La roi français Louis le Gros. Comme on voit, c'est oun grand monarque Que cet premier des rois Henris, Et, monté sur l'anglaise barque, Il a dû prendre bien des ris.
ETIENNE DE BLOIS
(1135-1154)[11]
D'oun fille de la Conquérante La fils alors il usurpa. Usurper semble acte méchante; Mais nul remords ne l'occupa. Car, si pour toute autre personne C'est mal de voler oun chapon, Pour oun prince tâter oun trône Oh! c'est considéré très bon. Son acte est toujiours légitime Pourvu qu'il remporte son point, Et ne devient jamais oun crime Que lorsqu'il ne réussit point. Etienne donc, à le sourdine, La trône il prit sans barguigner, Au détriment de son cousine Mathilde qui devait régner. Fille du roi Henri Première Que je viens de vous présenter, Ce Mathilde était l'héritière Qui devait la sceptre porter. Bien! Etienne il est oun monarque Qu'il faut très beaucoup admirer, Puisque avec lui l'anglaise barque Il ne pouvé pas... chavirer.
[11] Voir note à l'appendice.
Plantagenets
HENRI II
(1154-1189)
C'été la fils de ce princesse Mathilde, dont on a conté Qu'Etienne avait avec prestesse Accaparé le royauté, Et la fruit de sa mariaige Avec Geoffroy Plantagenet, Non pas oun petit personnaige, Mais duc d'Anjou, pour parler net. Henri vivait avec son père En ressentant oun grand ennui De voir sa troue d'Angleterre Tenu si longtemps loin de lui; Et toujiours refoulant ses larmes Tant qu'il pouvait dans sa gosier, De le grand science des armes Il fit l'apprentissaige entier. Si tant qu'à cet jeu dangereuse Il se faisait fort remarquer Déjà comme oun lutteur fameuse, Lorsqu'Etienne vint à claquer. Enfin, Henri prit le couronne Dont si jeune il était sevré Et le trouva beaucoup très bonne Après qu'il s'en vit assuré. D'Eléonore de Guyenne, Que Louis Sept, étique époux, Venait d'abandonner sans peine[12], Il s'était mis à les genoux; Si tant qu'avec son héritance Il posséda, tout à le fois, Presque le moitié de le France Et sa propre pays anglois. Il fit très beaucoup des conquêtes, Avec ses voisins se battit Et gagna victoires complètes Autant qu'il en eut appétit. Mais, tout en paraissant gentille, Sa règne il fut bien attristé Par des querelles de famille A propos d'oun fils révolté. Cet fils--nommons-la tout de suite,-- Etait Richard Coeur de Lion. Nons faut-il blâmer son conduite?... Tout la monde est d'avis que non. C'est encor Henri la Deuxième Qui de Becket versa la sang Ou fit verser, à l'autel même, Par quatre officiers de haut rang, Crime qui tant fâcha l'Eglise Que, pour rentrer dans sa giron, Il se fit fouetter en chemise Par plusieurs moines formant rond. Puis, de la pauvre Rosamonde La tant pathétique récit[13] Qu'il fait encor pleurer la monde.... Enfin, tout dans cet règne-ci, Jusqu'à le mort du grand monarque, Il est vraiment très émouvant, Bien que toujiours... l'anglaise barque Il fît bonne route en avant.
[12] Voir note à l'appendice.
[13] Voir note à l'appendice.
RICHARD I, COEUR DE LION.
(1189-1199)
En se révoltant de le sorte Richard fit mal, cela s'entend. Mais, pour moi, la diable m'emporte Si je n'en aurais fait autant[14]. D'ailleurs, l'affaire est triste et noire, Dénotant des esprits pervers, Et les détails de ce histoire Ne pouvé pas s'écrire en vers. Quand la bonhomme il fut éteinte, Pauvre Richard il devint roi; Puis il s'en fut en Terre-Sainte Pour oun peu ranimer son foi. Là-bas il se couvrit de gloire, Tua des Turcs autant qu'il put, Courut de victoire en victoire Et jamais ne manqua son but. Peut-être encourt-il le censure Pour avoir eu des goûts trop vifs, Comme lorsqu'il fit, on assure, Egorger cinq mille captifs. Mais pendant que les Infidèles Sous le pesanteur de son bras Voyaient des milliers de chandelles Et s'effondraient par grandes tas[15], Richard il reçut d'Angleterre Oun avis que sa frère Jean --Cet-là qui s'appelait Sans Terre-- Il s'était fait nommer régent. Richard, la coeur plein d'amertume, Vers chez lui partit vitement, Désirant, selon son coutume, Y sortir sa ressentiment. Mais, passant à travers l'Autriche Pour dans sa pays revenir, La duc, par oun procédé chiche[16], En prison le fit retenir. Bien! oun garçon de cet calibre Ne se retienné pas longtemps; Si tant que bientôt il fut libre Et prit son vol à travers champs. On dit que Blondel, la trouvère, Lequel suivait Coeur de Lion, En lui chantant d'oune voix claire Favorisa l'évasion. Bref, ayant repris son couronne, Encore il régna quelques ans, Jamais ne pliant à personne Et ferraillant de temps en temps[17]. Car c'était oun fier batailleuse Que cet Richard Coeur de Lion. Il avait oun bras merveilleuse Qui tapait comme oun vrai pilon; Et quand du bout de son épée Il touchait Turc ou Moricaud, Cet dernière était tant coupée Qu'on n'en trouvait plus oun morceau. Oh!... c'était oun pouissant monarque, Très douce et tioujours complaisant, Et, sous son oeil, l'anglaise barque Il... dépassait presque le vent.
[14] Voir note à l'appendice.
[15] Voir note à l'appendice.
[16] Voir note à l'appendice.
[17] Voir note à l'appendice.
JEAN SANS-TERRE
(1199-1216)
A le mort de Richard, son frère, Jean, qui l'avait déjà tenté, Put mettre sur son tête altière Le couronne tant convoité. C'était oun prince très hautaine, Menteur et beaucoup querelleur, Et dont le vie il fut très pleine De ce qui n'est pas la meilleur. On dit qu'il fut assez barbare Pour tuer sa frère Geoffroi; Mais, bah! oun tel fait n'est ni rare Ni condamnable chez oun roi. Enfin, lui-même il eut son heure Pour descendre dans la tombeau, Et... c'été le place meilleur Pour bien garder oun tel crapaud[18].
[18] Voir note à l'appendice.
HENRI III
(1216-1272)
Henri Trois, fils de Jean Sans Terre, A peine à l'âge de neuf ans Il était roi de Angleterre Et des pays environnants. Il eut maints démêlés en France, Comme en avaient eu ses aïeux; Mais il paraît que son vaillance Il ne fut pas beaucoup chanceux. Louis Neuf, la pieux monarque, Au moment d'en venir aux mains, Lui dit un jour:--Petiot, rembarque Ou je te fais casser les reins.-- Devant cet langaige énergique L'anglais monarque eut si tant peur Qu'on dit qu'il... avala son chique Pour se remettre oun peu la coeur. Est-ce cela qui, par le suite, Lui fit tout croire et tout oser? Je ne le sais; mais son conduite Nous amène à le supposer. Il fit le guerre à droite, à gauche, Et tant de coups voulut porter Que c'était comme le débauche D'oun gars qui ne peut s'arrêter. Saint Louis le battit à Saintes Et puis encore à Taillebourg; Si tant que d'entendre ses plaintes La ciel il dut devenir sourd. _All right!_ Plus tard il devint saige[19], Et c'est oun grand plaisir de voir Qu'il n'est pas morte de la raige Après tant d'efforts pour l'avoir.
[19] Voir note à l'appendice.
EDOUARD I
(1272-1307)
Dedans le grand famille anglaise Il est tant d'éléments divers Que, pour étudier son genèse, Parfois on est tout à l'envers. Ainsi l'on voit en autre paige Trois Edouard tour à tour passer. Bien! il faut la numérotaige Des Edouard tout recommencer. Cet-lui-là qu'ici je présente Il était de race normand; Mais le famille précédente Il était saxon... seulement, Vous avez compris, je l'espère, Sans que je fasse plus de frais; Sinon... c'été mieux de me taire, Car vous ne comprendrez jamais. Bien! cet nouvel Edouard Première Il était la fils d'Henri Trois, Et d'abord pour aider son père Il se battit plus d'oune fois. Ensouite, ayant pris le couronne, Il régna des plus saigement Et fut pour sa peuple oun garçonne Dont on peut faire compliment. Il battit Wallace en Ecosse Et s'en fit rosser à son tour, Puis lui fit prendre oun nouveau dose Et le mena droit à la Tour[20]. Il conquit la pays de Galles, Et c'été depuis cet jour-là Que tous les héritiers royales «Princes de Galle» on appela. Edouard fit quelques injustices Et fut parfois fourbe et menteur; Mais ce sont là petits caprices Dont maints grands se font oun honneur.
[20] Voir note à l'appendice.
EDOUARD II
(1307-1327)
C'est la fils de la précédente Et je n'en dirai pas très long; Car il eut oun vie écoeurante, Si tant qu'il était polisson. Contre l'Ecosse faisant guerre, Il faillit y perdre ses os; Robert Bruce le mit à terre, Comme on dit, en criant: _Ciseaux!_ Puis, retournant à les orgies Pour quoi pauvre Edouard semblait né, C'est dans la cours de ses folies Qu'il fut oun jour assassiné, De quel sauvaige, affreux manière, Certes, je ne vous dirai pas... Oh! non, ni pour or ni prière Je n'oserais... Quel triste cas! Non, je ne puis... Bien, c'est oun tige De fer qu'on fit rougir à blanc... Jamais je ne saurais, vous dis-je... On le tenait solidement, Et deux bandits... Fait désolante!... Nommés Mautravers et Gournay Lui poussèrent la fer brûlante... _Well!_... _Well!_... ailleurs que dans la nez. Ajoutons pour finir la thème, Le fait, non des moins singuliers, Qu'oun frère de la roi lui-même Etait la chef des meurtriers.
EDOUARD III
(1327-1377)
C'été la fils de cet dernière. A peine était-il couronné Que les meurtriers de son père Il chercha, comme oun fils bien né. Mais, fait bien triste et lamentable, De cet crime qu'il pleurait tant Son propre mère était coupable Avec Mortimer, son amant. Il fit du haut d'oune potence A cet dernier faire la saut, Et se contenta, par clémence, De mettre son mère au cachot. Dans oun cachot mettre son mère, Direz-vous, c'est agir en chien. _Just so_; mais.... point de commentaire: Ce qu'oun roi fait est toujiours bien. Edouard prit le terre écossaise Que son père il avait perdu; Puis, dans la royaume française Etant ensouite descendu Pour en disputer le couronne Au roi Philippe de Valois, Il faisé, lui-même en personne, Courber Calais dessous ses lois, Remportant le fameux victoire Sur cet prince, auprès de Crécy. Oun peu plus tard, la prince Noire, Son fils, très fort guerrier aussi, Gagna ce que depuis l'on nomme Le grand bataille de Poitiers, Où la roi Jean, pauvre bonhomme, Fut au nombre des prisonniers. Pourtant, Charles Cinq dit le Saige, Successeur de cet même Jean, Il fit baisser la caquetaige Du britannique conquérant. Depuis, cet dernier fut tranquille Et vécut pour beaucoup des ans, Sachant faire oun travail utile Chaque fois qu'il en était temps; Protégeant lettres et finance, Industrie, Ecole d'Oxford[21]; Bâtissant la palais immense Qui s'appelle Château-Windsor, Et créant l'Ordre mirifique De la Jarretière, par quoi Cet-lui sur laquel il s'applique Devient presque égal à la roi. Enfin, il fut... oun grand monarque, Bon père et fils affectueux, Et sous son oeil l'anglaise barque Il naviguait toujiours très mieux.
[21] Voir note à l'appendice.
RICHARD II
(1377-1399)
Petit-fils du roi précédente Et fils du fameux Prince Noir, Cet Richard n'était pas méchante, Mais ni très bon, comme on va voir. Il se plaisait dans le mollesse, Ne songeant qu'à se bien nourrir, Et laissait tout dans le détresse Pour se livrer à la plaisir. Avec cela faible à l'extrême, Confiant tout à sa cousin Qui, très fier, gouvernait lui-même En méditant oun coup vilain. Oun jour, cet-lui-ci le fit prendre Et dans oun prison confiner, Où bientôt l'âme il lui fit rendre Pour pouvoir à son tour régner. Afin de comprenner le suite De l'histoire des rois anglais, Il faut sur la prince susdite Donner certains détails complets; Et c'été le meilleur des choses Qu'on pouvé faire pour, plus tard, Dessus le Guerre des Deux Roses Oun peu dissiper la brouillard. Lorsque Richard prit le couronne, Ayant à peine onze ans sonnés, On mit auprès de son personne Ses trois oncles, gens raisonnés Et pleins de bonne expérience, Pour former comme oun magister Ou, si l'on préfère, oun régence: C'était York, Lancastre et Gloster. _Well! Well!_ Maintenant si j'encastre Dans ma récit que la cousin Ci-haut était fils de Lancastre... Vous n'avez plus besoin de rien.
HENRI IV[22]
(1399-1413)
C'est cet cousin dont tout à l'heure On a vu la premier exploit. Comme il disait: c'était son heure De régner; donc, c'était son droit. Quand oun gars a mis dans son tête Qu'il a cet curieuse attribut, Justice, honneur, rien ne l'arrête, Il faut qu'il atteigne son but; Et le chose est encor plus triste Quand on voit certains grandes gens Suivre l'ambitieux à la piste Pour appuyer ses errements. C'est bien là ce qui de Lancastre Fit le fortune de hasard, En précipitant la désastre De cet imbécile Richard. En tout cas, mossieu Henri Quatre Il ne fut pas des plus fameux. Tour à tour brutal et folâtre, Fourbe, cruel et vaniteux, Il fit si tant des injustices Et mécontenta tant de gens, Que tous, lassés de ses caprices, Le haïssaient sur tous les sens. Enfin, qu'il était oun roi piètre Tout la monde semble d'accord Et... se fait plaisir de connaître Qu'il est depuis longtemps bien mort.
[22] Voir note à l'appendice.
HENRI V
(1413-1422)
Pour être la fils d'oun tel sire Que cet-lui-là nommé plus haut, Henri Cinq ne fut pas trop pire Et vécut assez comme il faut. Cependant il ne faut pas croire Qu'il était oun ange du ciel. Oh! non; les paiges de l'Histoire Ne nous apprené rien de tel. En France il continua le guerre Que son père avait entrepris[23], Et se donna grande misère Pour garder ce qu'il avait pris. A porter le français couronne Alors on avait appelé Charles Six, étrange personne Dont le tête il était fêlé. Son femme, Isabeau de Bavière Par oune infâme trahison[24] Elle livra le France entière A la monarque anglo-saxon. _Well! Well!_ nous verrons dans le suite Ce qu'il advint de tout cela Quand le France, bien mieux conduite, Encor grande se révéla... Mais, pour la présent, peu n'importe Ce qu'advint du monarque anglais: Il est très certain qu'il est morte... Après cela, rien je n'en sais.
[23] Voir note à l'appendice.
[24] Voir note à l'appendice.
HENRI VI
(1422-1461)
La fils du roi Henri Cinquième Il n'était vieil que de huit mois Quand il ceignit la diadème Anglais et français à le fois. Car, depuis quelque temps, le France Presque entier il était soumis, Et de l'anglaise dépendance Il n'était pas encor remis. Plus tard, levant son oriflamme, L'anglais monarque il put entrer Dans Paris même, à Notre-Dame, Et, pompeux, s'y faire sacrer... Bah! très souvent, par invective, Bien des gens s'en font faire autant Sans que leur pouvoir digestive S'en affecte la moindrement. Henri, d'oun race si tant fière, N'était pas oun génie extra; Peut-être en aurait-on pu faire Oun très honneste magistrat. Mais roi d'Angleterre et de France, Ah, fichtre! c'est oun dur métier, Exigeant plus la connaissance Que pour compolser oun dossier. N'importe! Il eut assez d'adresse --Et ce fut pour lui très heureux,-- Qu'il put épouser oun princesse[25] Ayant de l'esprit pour les deux. Il voulut, tout d'abord, en France Garder ce qui lui fut donné; Mais des Anglais l'ancien pouissance Il devint tout ratatiné. C'est cet Henri dont les armées Partout répandant les terreurs, Furent si tant bien abîmées Par la _maiden_ de Vaucouleurs. Devant la bras si redoutable De la pieuse Jeanne Darc L'Anglais courait comme la diable Ou comme oun mouton dans oun parc. Peut-être courrait-il encore Si, dans oun guet-apens surpris Par des alliés de Bedfore, Pauvre Jeannot n'eût été pris Et remis aux mains exécrables D'oun gars... portant nom d'animal Que devant les gens respectables De mentionner il serait mal. Elle était oun fille très saige, Conduite par la doigt de Dieu; Mais cet gueux, triplement sauvaige, Il la fit périr dans la feu. Depuis cette aventure inique Jeanne il est partout admiré; Mais la tribunal tyrannique Qui l'a jugée est exécré. Notre Henri Six en Angleterre, A peu près dans la même temps, Il ne savé plus comment faire Pour répondre à les mécontents. Les maisons d'York et de Lancastre Alors commençaient à lutter, Et préparaient la grand désastre Qui tant de sang devait coûter; Car, parmi tous les affreux choses Qui désolèrent les humains, Je crois le Guerre des Deux Roses Il été l'oun des plus vilains. D'abord Henri, cet imbécile, Il se fit battre à Saint-Alban Par Warwick, capitaine habile Et quelque peu d'oun prétendant. Mais bientôt le reine lui-même Prenant parti pour son mari, Battit comme oun oeuf de carême Cet-là qui l'avait conquéri. L'an suivant, oun autre défaite Mit encor Henri Six à bas; Alors il dut, courbant le tête, Vers le prison tourner ses pas. Dans le Tour, pour six longs années Probablement qu'il s'ennuyait, Quand Warwick, maître-ès-destinées, A la trône il le renvoyait; Procédé bien étrange, en somme, Et si tant curieuse à la fois Que, depuis lors, Warwick on nomme «Faiseur et défaiseur de rois.» Enfin, par la prince Edouard Quatre, Oun fils de la Yorkais maison, Pauvre Henri se fit encor battre Et refourrer dans le prison Où, cinq ans plus tard... il est morte... Peut-être cet dernier malheur Peut s'expliquer de meilleur sorte Par... Edouard, la compétiteur.
[25] Voir note à l'appendice.
EDOUARD IV
(1461-1483)
Edouard, de le maison yorkaise, Etait oun fort joli garçon, Ce qui pour en être oun mauvaise N'est, certes, pas oune raison. Nous avons vu comment cet homme Il parvint à roi devenir; Bien! son histoire il est, en somme, Pas de très bonne souvenir. Toujiours il ne fit que batailles Même avec ses meilleurs amis, Multipliant impôts et tailles, Croyant que tout lui fût permis. De Lancastre, maison rivale, Il chercha la malheur en tout, Affectant sa pouvoir royale A le poursuivre jusqu'au bout. Mais ce n'est pas là tout encore Qu'il s'arrêta dans son chemin; Il eut comme oun soif qui dévore De répandre la sang humain. Il avait avec lui deux frères: L'un Clarence, et l'autre Richard, Cet-lui-ci des meilleurs guerrières, Et cet-lui-là fameux pochard. Un jour, au malheureux Clarence, Gardé par son ordre en prison, Edouard fit mettre en son présence Oun grand tonneau de vin, dit-on. Puis... on trouva le pauvre hère Noyé... du coup qu'il avala... Bien! on ne dit pas que son frère Il pleura beaucoup pour cela. Ayant emprisonné le femme De la défunt roi Henri Six, Edouard, le vengeance dans l'âme, Encore assassina son fils. On verra bientôt par le suite Que cet attentat odieux, Infâme et lâche il fut bien vite Rétribué jusqu'au plus creux. Au roi de France il chercha noise[26]; Mais Louis Onze eut vite alors, Avec sa petit air sournoise, Mit la fougueux saxon dehors. Enfin, croyant voir son pouissance Montée au gré de ses désirs, Il se mit à faire bombance Et se jeta dans les plaisirs. Il mourut d'étrange manière, Et... je vous ferai remarquer Que sans doute Richard, son frère, Mieux qu'oun autre... peut l'expliquer.
[26] Voir note à l'appendice.
EDOUARD V
(1488-....)
C'est la fils de la précédente. Pauvre enfant! Son oncle Richard Voulut être nommé Régente Et le tenir sous sa regard... La prince--ô destinée amère!-- Régna deux mois... dans oun prison Avec Richard, sa petit frère, Qu'on lui donna pour compaignon. Puis, sur les ordres du Régente, Cet criminel audacieux Que le soif de régner tourmente, A mort ils furent mis tous deux[27].
[27] Voir note à l'appendice.
RICHARD III
(1483-1485)
C'est lui, l'infâme meurtrière De son frère et de ses neveux, Qui, dans l'art triste de mal faire Surpassa toutes ses aïeux. Cet homme monté sur la trône Après s'être couvré de sang, Jamais dans les yeux de personne Ne fut autre qu'oun grand tyran. Il avait l'âme vile et noire, La coeur de vices saturé, Et dans la monde son mémoire Il fut toujiours très exécré. D'être reconnu pour oun diable C'est déjà beaucoup assez mal; Mais, vrai, c'est trop abominable Que d'être oun pareil animal. Bien! Ecoute, Richard, écoute! Vivant je t'aurais craint, bandit; Mais puisque ta mort ne fait doute, Je n'ai point peur: donc sois maudit!
Famille Tudor
HENRI VII
(1485-1509)