Part 2
le bonheur des autres traverse la rue vers l'inconnu rallumé au fond vers les étoiles lumineuses camarades des soirs sans corsets gestes extravagants des bagages entr'actes emportés vers l'idéal bourgeois
les voyages des araignées magnifiques rythmes vêtus d'un peignoir surprise en palissandre de l'âme pendule sur le marbre des visites personne guéridon vin d'Espagne débraillé venu de là
où la vendeuse de l'herbe morte avec un crêpe autour du sein travaille à son gré serrée par le froid qui voltige comme un colosse avril post-scriptum chronique d'un trou presse-papier il faudra une contrebande en ouvrant les tiroirs du hasard
chez un marchand de primeurs les étiquettes m'effleurent aux tempes j'adore les drapeaux qui ont des petits noms de guerre dans la bibliothèque bonne binette quelle différence avec une serviette en maroquin Paris critère de l'intelligence à ruban rouge au détriment de l'amour et des chants
ô mes contemporains je ne comprends pas vos chiffres vous avez tous l'argot juif banquier couvée de guenilles habits noirs des amateurs parvenus ivresse difficile et digestions lentes de l'approbation de l'argent en chausson élastique au soleil sang pur et regret de la siphylis espagnole et du nègre acrobate monstrueux congénère mains nonchalantes heureux du monde confiance publique à payer son loyer
amour étonné n'est-ce que cela le foyer est en débâcle et la femme amoureuse cherche le diamant perdu il faut à coup sûr ne pas traîner des poids lourds regrets anatomiques ou boutiques démodées bel endroit pour s'y tenir mais le tourbillon continue avec ses armes
vous savez que j'ai besoin des perspectives de brouillard et d'un bout de chaîne négligemment distrait canot automobile comme les lunatiques conséquences d'un stéréoscope prolongé dans un café turc
la pluie tremblante tombe douce parmi le supplice futur d'un besoin chuchotement de luxures rêves de nuit précis et pratiques puissance dans un miroir les détenus semblables contre les murs sans draps regardent l'heure absente sans indifférence pour l'avenir et bercent les grilles cruelles avec des petits yeux garantis
un malheureux sorti de prison marche en silence au bord du fossé des chimères bohèmes
peu à peu en sifflotant la bougie s'endormit et ronfla
jusqu'à l'horizon le bonheur coiffé de place en place met le feu aux hannetons des sciences les uns sur les autres et la mer jette en l'air les idées des ornements habillés en polichinelles mondains—. . . . . . . . . . . . . . .
Terminé à Paris le 28 Avril 1919.
P. S.
A tous ceux que démange l'envie de dire que ce langage est sans pensée je conseille la visite dangereuse du jardin zoologique.