Chapter 13
Elle se trouvait déjà plus qu'à moitié pleine; la comtesse et Hélène étaient dans leurs bancs, attendant le comte, qui devait les rejoindre après avoir mené Jules et Blaise chez le curé, où se réunissaient tous les enfants. Il vint en effet prendre sa place entre sa femme et sa fille. L'église ne tarda pas à se remplir, et on entendit le son lointain des cantiques que chantaient les enfants en marchant processionnellement. Ils entrèrent deux à deux, le curé en tête; Jules et Blaise le suivaient immédiatement. Après le défilé des dix-huit garçons et des vingt-deux filles, chacun prit la chaise qui lui était assignée. M. le curé alla à la sacristie revêtir des habits sacerdotaux; les chantres se couvrirent de leurs chapes, et le service divin commença d'abord par la procession, que suivirent les enfants de la première communion; ensuite vint la première partie de la messe, puis l'instruction ou sermon, que M. le curé eut le bon esprit de ne pas prolonger au delà d'un quart d'heure; puis enfin la dernière partie de la messe, celle du sacrifice et de la communion. Jules et Blaise furent très recueillis pendant toute la cérémonie. Au moment de quitter sa place pour approcher de la sainte table, Jules saisit vivement la main de Blaise et lui dit tout bas:
«Une dernière fois, pardonne-moi, mon frère.»
Blaise répondit avec simplicité et douceur:
«Je te pardonne, mon frère, et je te bénis.»
Peu de minutes après, ils avaient reçu, tous deux appuyés l'un sur l'autre, le Dieu de miséricorde et de paix, le Dieu consolateur.
Leur attitude recueillie frappa tous les yeux, émut tous les coeurs. Il y eut dans l'église un mouvement général de surprise lorsque, après la communion des enfants, on vit le comte, la comtesse et Hélène quitter leurs places et s'approcher de la sainte table.
«Le comte communie, disait-on tout bas.
--La comtesse aussi. Et Mlle Hélène aussi.
--Comme ils ont l'air ému!
--Le comte est tout changé, dit-on.
--La comtesse aussi; il parait que c'est le petit Anfry qui les a tous changés.
--Le pays y gagnera; ils font beaucoup de bien depuis qu'ils sont amendés.
--C'est le petit Anfry qui a demandé au comte de garder la fermière Françoise, qui devait partir. Ils ont un nouveau bail de six ans, et ils sont bien contents.
--Chut, c'est fini; chacun reprend sa place.»
Quand la messe fut finie et que l'église fut à peu près vide, il y resta encore cinq personnes, qui priaient avec ferveur et qui ne songeaient pas au temps qui s'écoulait.
Le curé, au moment de quitter l'église, vint s'agenouiller une dernière fois devant l'autel; il vit les deux enfants à genoux sur la dalle, les mains jointes, les yeux fermés, l'air si recueilli qu'il s'arrêta pour les contempler.
«Mes enfants, leur dit-il enfin, levez-vous; une plus longue prière à genoux sur la pierre pourrait vous fatiguer; conservez le bon Dieu dans votre coeur, et souvenez-vous que toute votre vie peut devenir une prière continuelle, en faisant toutes vos actions pour l'amour du bon Dieu.»
Jules et Blaise se relevèrent en silence et suivirent le curé, qui se dirigeait vers le comte et la comtesse. Aux premières paroles de félicitation du curé, le comte releva son visage baigné de larmes, et, voyant l'inquiétude qui se peignait sur le visage du bon prêtre:
«Les larmes que je répands, dit-il en se levant et marchant près du curé, sont le trop-plein d'un coeur inondé de joie et de bonheur. C'est à Blaise que je les dois, et ma reconnaissance augmente à mesure que j'avance dans la voie où il m'a fait entrer.
LE CURÉ
Blaise est un saint enfant, monsieur le comte; plus qu'aucun autre je suis à même d'apprécier la grandeur de ses vertus et la beauté de ses sentiments. Je le dis tout bas, de peur qu'il ne m'entende et ne prenne de l'orgueil de mes paroles; mais en vérité cet enfant a la sagesse, la vertu et l'onction d'un saint.
LE COMTE
C'est bien vrai. Dans le temps où j'avais conçu de lui une si mauvaise et si injuste opinion, j'ai éprouvé la puissance de sa parole, de son accent, de son regard même. Ma femme a ressenti la même impression chaque fois qu'elle l'a entendu expliquer plutôt que justifier sa conduite, et Jules a subi aussi la puissance de cette vertu.»
Tout en causant, ils étaient sortis de l'église. Hélène suivait d'un peu loin avec Jules et Blaise; ils étaient silencieux, mais leurs visages rayonnaient de bonheur.
Le curé prit congé du comte; ils se mirent tous en route pour rentrer chez eux. Les enfants marchaient en avant; le comte et la comtesse les contemplaient avec tendresse.
«De quel bonheur j'ai manqué me priver, mon ami, dit la comtesse en essuyant ses yeux encore humides.
--Et quelle vie différente et heureuse nous allons mener; ma chère Julie! dit le comte en lui serrant les mains dans les siennes. Nous avions tous les éléments du bonheur, et nous ne savions pas en user; nos coeurs dormaient en nous, et nous végétions misérablement.
LA COMTESSE, _avec gaieté_
Mais les voilà bien éveillés, maintenant, mon ami; ne laissons pas revenir le sommeil.
LE COMTE
Je réponds du mien, avec l'aide de Dieu. Il sera à l'avenir tout au bon Dieu, à toi, Julie, et à nos enfants.»
En approchant de la maison d'Anfry, les enfants virent avec surprise un va-et-vient des domestiques du château. Blaise en fut touché.
«C'est bien bon à eux, dit-il, de penser à féliciter mes parents pour ma première communion; je ne les croyais pas si attentifs.»
Arrivés au seuil de la porte, ils virent avec surprise une table dressée dans la salle. Le couvert était très simple; c'était la vaisselle d'Anfry qui couvrait la table; une nappe grossière, des assiettes en faïence, des verres communs, des pots au lieu de carafes, des couverts en fer étamé, des salières en faïence bleue, des chaises de paille, quelques bouteilles de vieux vin faisaient tache dans cette demi-pauvreté. Il y avait sept couverts, et les domestiques couvraient la table des plats qu'ils apportaient du château.
BLAISE
Qu'est-ce donc que cela? Pourquoi y a-t-il sept couverts, et pourquoi sont-ce les domestiques de M. le comte qui apportent tous ces plats?
LE COMTE, _souriant_
Parce que nous nous sommes invités à dîner chez tes parents, mon cher enfant; nous avons pensé, ta mère et moi, qu'un jour de première communion on doit avoir la force de supporter des contrariétés, et nous vous imposons celle de dîner avec nous, chez toi, Blaise.
--Quel bonheur! quel bonheur! s'écrièrent les trois enfants en perdant toute leur gravité et en sautant autour de la table.
--Oh! monsieur le comte, dit Blaise, pour le coup je m'oublie, et je vous embrasse de toutes mes forces.»
Et, se jetant au cou du comte, Blaise l'embrassa plusieurs fois. Le comte était heureux du succès de son invention.
«Mettons-nous à table, dit-il; j'ai une faim de sauvage.
--Et moi donc!» s'écrièrent tout d'une voix les trois enfants.
Anfry et sa femme se tenaient à l'écart, n'osant pas approcher de la table; la comtesse alla vers Anfry et, lui prenant le bras, lui dit en riant:
«Anfry, je suis chez vous; c'est à vous à me donner le bras pour me mener à ma place, à votre droite.»
Anfry balbutia quelques mots d'excuses, de respect, mais la comtesse l'entraîna à la place d'honneur et se mit à sa droite.
Le comte riant de la bonne pensée de sa femme, fit comme elle et enleva Mme Anfry, qui s'était collée contre le mur, fort embarrassée de sa personne. Il lui donna le bras, l'entraîna vers la table, et, la plaçant en face d'Anfry, il se mit aussi à sa droite, Hélène prit le bras de Blaise, qui se mit entre elle et Jules, et le repas commença.
Dans les premiers moments, le comte et la comtesse ne s'aperçurent pas de l'embarras d'Anfry, qui essuyait son front inondé de sueur, et n'osait ni manger ni lever les yeux de dessus son assiette restée pleine. Mme Anfry avait pris son parti; la faim avait surmonté la timidité.
Blaise s'aperçut bien vite du trouble de son père, et, se penchant vers Hélène, il lui dit tout bas: «Mademoiselle Hélène, mon pauvre papa a peur; il n'ose pas manger, et pourtant il a bien faim, j'en suis sûr.»
Hélène, levant les yeux, regarda Anfry et sourit de son air malheureux. Se penchant à son tour vers l'oreille de son père, elle lui fit remarquer le malaise du pauvre Anfry, qui s'essuyait le visage avec un redoublement de timidité.
«Eh bien, mon pauvre Anfry, c'est ainsi que vous faites honneur au repas de première communion de nos enfants! Allons, allons, pas de timidité, pas de fausse honte; nous sommes tous frères, aujourd'hui plus que jamais. Mangez votre potage, mon brave Anfry. Attendez, je vais vous donner du courage.»
Et le comte, se levant, prit une bouteille de madère, la déboucha lui-même et en versa un verre à Anfry et à Mme Anfry; après en avoir offert à sa femme et en avoir versé un peu à chacun des enfants, il emplit son verre, et, le portant à ses lèvres:
«A la santé de Blaise et de Jules! s'écria-t-il.
--A la santé de M. le comte! s'écria Anfry, se levant à son tour.
--A la santé d'Anfry et de Mme Anfry! s'écria Jules.
--A la santé de M. le curé! dit Blaise en dernier.
--Bien dit, mon garçon, dit le comte. Buvons à la santé du bon curé, auquel nous devons tous une grande reconnaissance. Allons, Anfry, vous voilà plus à l'aise, maintenant; mettez-vous-y tout à fait, et continuons notre dîner sagement et comme des gens qui conservent dans leur coeur le souvenir des premières heures de la matinée.»
Le repas continua gai, mais calme; les enfants parlèrent beaucoup de leurs impressions avant et après la sainte communion. La comtesse et le comte les écoutaient avec bonheur; il y avait dans les sentiments développés par les enfants un saint et heureux avenir.
Anfry et sa femme mangeaient sans parler; ils écoutaient à peine, tant ils étaient impressionnés de l'excellence des mets et de la bonté des vins; ils mangeaient et reprenaient de tout; leur embarras était entièrement dissipé, ils se sentaient heureux et honorés. Mme Anfry ruminait dans sa tête la position honorable qu'allait lui faire dans le pays ce repas donné par elle, chez elle, à ses maîtres. Dans son extase intérieure, elle se figurait avoir régalé le comte et la comtesse, et pensait que l'honneur qui lui en revenait n'était qu'un juste payement de la peine que lui avait donnée l'organisation du repas.
Le dîner fini, le comte et la comtesse allèrent s'asseoir sur un banc devant la maison, après avoir donné ordre à leurs gens de laisser aux Anfry tout ce qui restait des mets et des vins divers, ce qui redoubla la joie et la reconnaissance de Mme Anfry.
Les enfants examinèrent avec intérêt la bibliothèque que le comte avait donnée à Blaise, en tête de laquelle figure avec honneur un superbe volume de l'_Imitation de Jésus-Christ_, donné par Hélène. Après avoir lu le titre de tous les ouvrages, au nombre de cent, Jules dit à Blaise:
«Mon cher Blaise, je ne t'ai pas encore fait mon petit présent; le voici; accepte-le comme la preuve d'une amitié qui durera aussi longtemps que moi.»
En achevant ces mots, il lui passa au cou une jolie chaîne d'or avec un petit crucifix et une médaille en or de la sainte Vierge.
«C'est béni par un saint prélat qui est devenu subitement aveugle, et qui donne à tous l'exemple d'une résignation si calme et si douce, qu'on se sent touché rien qu'en le voyant.
--Merci, mon cher monsieur Jules; si ce n'était donné par vous et béni par un saint, je n'oserais porter ces belles choses; j'espère que le crucifix me fera souvenir de ce que je dois à mon Dieu, et l'image de la bonne Vierge me donnera le désir d'aimer mon divin Sauveur comme elle l'a aimé en ce monde et comme elle l'aime dans l'éternité.»
Blaise baisa son crucifix, sa médaille, et, les cachant dans son sein, il dit à Jules:
«Tous les jours, matin et soir, je prierai pour vous, devant cette croix et devant cette médaille.»
Le comte et la comtesse avaient rejoint les enfants: la comtesse, présentant à Blaise une petite boîte, lui dit en le baisant au front:
«Je ne puis être la seule dont tu n'acceptes rien, mon cher enfant; voici un très petit objet, mais qui te sera agréable et utile, je n'en doute pas.»
Blaise baisa les mains de la comtesse en recevant la petite boîte qu'elle lui tendait; il l'ouvrit avec empressement et vit, avec une joie qu'il ne chercha pas à dissimuler, une belle montre en or avec sa chaîne.
Il poussa un cri joyeux et partit comme une flèche pour faire partager son bonheur à son père et à sa mère.
«Papa, maman, voyez ce que j'ai, ce que m'a donné Mme la comtesse.»
Anfry et sa femme manquèrent de répéter le cri de Blaise à la vue de la montre et de la chaîne. Ni l'un ni l'autre n'osaient les toucher, de peur de les ternir ou de les casser. Ce ne fut qu'au bout de quelques minutes qu'ils pensèrent à aller remercier la comtesse de son beau cadeau.
«Et moi donc, qui ne lui ai seulement pas dit merci s'écria Blaise, tant j'étais content. Vite que j'y coure.
--Tu n'auras pas loin à aller, mon garçon, dit le comte, qui l'avait rejoint avec la comtesse sans qu'il s'en fût aperçu; fais ton remerciement, ajouta-t-il en le poussant dans les bras de la comtesse, qui le reçut en souriant et l'embrassa bien affectueusement.
--Oh! monsieur le comte, madame la comtesse,... vous êtes trop bons,... trop bons, en vérité... Je ne sais comment exprimer mon bonheur et ma reconnaissance.»
Et Blaise, l'heureux Blaise, se jeta dans les bras que lui tendait le comte. Il se sentait si ému de tant de bontés, qu'il eut de la peine à contenir l'élan de sa reconnaissance.»
«Mon Dieu! mon Dieu! disait-il, je suis trop heureux!... Vous êtes trop bons,... tous,... tous... Je ne mérite pas... Que le bon Dieu vous le rende!... Oh oui! Je prierai tant, tant pour vous, que le bon Dieu m'exaucera. Il est si bon!»
Le comte chercha à calmer l'émotion de Blaise; quand il y fut parvenu, il rappela aux enfants que l'heure des vêpres approchait.
«Il ne faut pas qu'on voie que j'ai les yeux rouges, dit Blaise; on croirait que j'ai du chagrin. Du chagrin un pareil jour! cela ne se peut! Tout est bonheur pour moi. Mon coeur est si plein que je crois par moments qu'il va se briser. Amour de mon Dieu, amour pour ses créatures, c'est plus que je ne puis supporter.
--Calme-toi, mon enfant! Le bon Dieu veut te payer de ce que tu as souffert; et récompenser ta patience dans les peines qu'il t'avait envoyées. Tu le remercieras à l'église, et nous joindrons nos remerciements aux tiens.»
Ils s'acheminèrent tous vers le village, qui avait conservé son air de fête; les cloches sonnaient à grande volée; de tous côtés on voyait des groupes silencieux et recueillis se diriger vers l'église. Chacun saluait le comte et la comtesse à leur passage. L'office du soir se termina par la bénédiction du Saint Sacrement, et cette belle et heureuse journée laissa des impressions chrétiennes et salutaires dans plus d'un coeur rebelle jusque-là à l'appel du bon Dieu.
XXII
CONCLUSION
Depuis ce jour, Blaise fit plus que jamais partie de la famille du comte: la vie qu'on menait au château était calme et heureuse; le service de Dieu n'y fut jamais négligé, non plus que le service des pauvres, qu'on allait chaque jour visiter, consoler et soulager. La fortune du comte passait tout entière à secourir les misères de ses semblables; il les considérait comme des frères appelés à partager les richesses qu'il tenait de la bonté de Dieu. Quand Blaise devint grand, il aida le comte dans l'administration de sa fortune, et devint son homme de confiance, son conseiller intime. Jamais Blaise ne perdit le respect qu'il devait à ses maîtres, qui étaient en même temps ses meilleurs amis. Jules devint un jeune homme accompli; Hélène fut, en grandissant, le modèle des jeunes personnes.
Blaise reçut plusieurs lettres de son ancien maître. Jacques lui proposa avec l'autorisation de son père, de venir prendre la direction de leur maison; mais Blaise ne consentit jamais à quitter ses parents, qui finirent leurs jours au service du comte. Il allait pourtant, tous les ans, passer quelques jours près de Jacques, qui le voyait toujours avec bonheur, et qui le questionnait beaucoup sur la famille du comte. Un jour, Jacques exprima à Blaise le désir d'unir les deux familles par le mariage de Jules avec sa soeur Jeanne, que Jules avait rencontrée souvent dans le monde, à Paris. Il lui dit que toute sa famille serait heureuse de ce mariage. Jules avait déjà exprimé le même désir à Blaise; Jeanne était charmante et digne, sous tous les rapports, d'entrer dans la famille du comte et de la comtesse de Trénilly.
Blaise, à son retour, rapporta au comte et à Jules les paroles qu'il avait entendues. Le comte et Jules les reçurent avec joie, et cette union, désirée par les deux familles, ne tarda pas à s'accomplir.
Ce fut un heureux jour pour Blaise que celui qui ramena au château de Trénilly la famille de M. de Berne. Jacques ne quittait presque pas son ancien ami Blaise; tous deux étaient devenus des hommes, des chrétiens solides. Jacques vit avec plaisir le respect dont Blaise était entouré. C'était lui qui était l'arbitre de tous les démêlés du pays; ce que M. Blaise avait décidé était religieusement exécuté. On le citait comme exemple à tous les jeunes gens du village et des environs; on recherchait son amitié, et on se sentait fier de son approbation.
Blaise lui-même se maria, à l'âge de vingt-huit ans; il épousa la petite nièce du curé, qui lui apporta trente mille francs, dot considérable pour sa condition; elle avait été demandée par des jeunes gens bien plus riches et plus élevés en condition que Blaise, mais elle les avait refusés, répétant toujours à son oncle qu'elle n'épouserait que Blaise, dont les vertus et les qualités aimables avaient fait sur elle une vive impression. Le comte se chargea de la dot de Blaise, et la comtesse des présents de noce et de l'ameublement. La dot fut une somme de quarante mille francs, ajoutée à une jolie maison au bout du village, tout près du château. La comtesse meubla la maison et donna à la mariée toutes ses belles toilettes des fêtes et dimanches.
Le repas de noce fut donné par le comte dans son château.
Hélène, qui avait inspiré une grande estime et une vive affection à un frère aîné de Jacques, et qui semblait partager ces sentiments, consentit avec plaisir à devenir la compagne de sa vie. Ils vécurent fort heureux pendant plusieurs années, après lesquelles Hélène eut la douleur de perdre son mari. N'ayant pas d'enfants, elle résolut de se consacrer entièrement au service des pauvres, en fondant des oeuvres de charité. Elle établit une salle d'asile et une école dirigées par des soeurs, elle les visitait souvent et y passait des heures entières, aidée et accompagnée par ses parents.
C'est ainsi que vécut toute cette famille chrétienne, heureuse et unie, aimée et estimée de tous.
TABLE DES MATIÈRES
CHAPITRE I.--LES NOUVEAUX MAITRES
CHAPITRE II.--PREMIÈRE VISITE AU CHATEAU
CHAPITRE III.--LA RÉPARATION ET LA RECHUTE
CHAPITRE IV.--LE CHAT-FANTOME
CHAPITRE V.--UN MALHEUR
CHAPITRE VI.--VENGEANCE D'UN ÉLÉPHANT
CHAPITRE VII.--LA MARE AUX SANGSUES
CHAPITRE VIII.--LES FLEURS
CHAPITRE IX.--LES POULETS
CHAPITRE X.--LE RETOUR DE JULES
CHAPITRE XI.--LE CERF-VOLANT
CHAPITRE XII.--L'ACCENT DE VÉRITÉ
CHAPITRE XIII.--LE REMORDS
CHAPITRE XIV.--LES DOMESTIQUES
CHAPITRE XV.--L'AVEU PUBLIC
CHAPITRE XVI.--L'OBÉISSANCE
CHAPITRE XVII.--LA CORRESPONDANCE
CHAPITRE XVIII.--LA COMTESSE DE TRÉNILLY
CHAPITRE XIX.--L'ENTORSE
CHAPITRE XX.--L'ÉPREUVE
CHAPITRE XXI.--LE GRAND JOUR
CHAPITRE XXII.--CONCLUSION