Paternité

Chapter 3

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ROMAGNY, puis MAURICE VILLERS

ROMAGNY

Pauvre petite! Jamais je ne pourrai me séparer d'elle...

JULIA, à la cantonade

Oui, oui, Monsieur est seul.

ROMAGNY, se tournant vers la porte

Le voici.

VILLERS, entrant

Monsieur.

ROMAGNY, s'inclinant

Monsieur.

VILLERS

C'est à Monsieur Paul Romagny que j'ai l'honneur de parler.

ROMAGNY

A lui-même... Monsieur Mauriec Villers sans doute?

VILLERS

Oui, monsieur...

ROMAGNY, désignant un siège

Veuillez vous asseoir, je vous prie.

VILLERS

Merci. Vous avez reçu ma lettre?

ROMAGNY

Oui, ce matin... je vous attendais.

VILLERS

Alors, vous savez...

ROMAGNY

Quelle est votre intention? Parfaitement.

VILLERS

Je veux reprendre ma fille auprès de moi.

ROMAGNY

Vous me l'avez écrit, mais...

VILLERS

C'est mon plus vif désir.

ROMAGNY

J'ai cru le comprendre. Cependant, j'avoue que ce désir si vite exprimé m'a un peu surpris.

VILLERS, simplement

Pourquoi? C'est tout naturel que je reprenne ma fille puisque sa mère est morte...

Je dois même m'excuser auprès de vous d'avoir attendu jusqu'à ce jour pour régler la situation... J'étais loin, il y a trois mois... en Egypte. Je n'ai appris la mort de madame Romagny que six semaines après l'événement. Je me suis mis en route aussitôt et me voici... Je suis à Paris depuis deux jours seulement. Pardonnez-moi donc ce retard absolument involontaire.

ROMAGNY

Oh, monsieur!

VILLERS

Vous aviez peut-être pensé que je me désintéressais du sort de Lucienne?

ROMAGNY

Je n'ai pas supposé un instant...

VILLERS

Le doute était possible. Mon silence, mon absence permettaient toutes les suppositions... Enfin me voici! Il me reste à vous remercier d'avoir bien voulu garder ma fille jusqu'à ce jour.

ROMAGNY

Ne me remerciez pas! Je considère Lucienne comme ma propre fille. Ici, auprès de moi, elle est chez elle, et elle peut y rester aussi longtemps qu'il lui plaira.

VILLERS, un peu embarrassé

Je suis vivement touché, monsieur...

ROMAGNY, un temps. Changeant de ton

Ainsi vous comptez la reprendre? Votre intention est bien arrêtée.

VILLERS

Sans doute... C'est tout indiqué! Tant que la mère a vécu, par délicatesse, pour racheter quelques-uns des torts que j'ai eus vis-à-vis d'elle, j'ai pu accepter de vivre complètement séparé de mon enfant. Mais à présent, rien ne s'oppose plus à ce que je goûte enfin, aux joies de la paternité.

ROMAGNY

Je comprends vos sentiments. Pourtant, avez-vous réfléchi aux difficultés que votre décision allait soulever?

VILLERS, surpris

Quelles difficultés?

ROMAGNY

Lucienne ne vous connaît pas.

VILLERS

Elle apprendra à me connaître et j'espère à m'aimer.

ROMAGNY

A son âge, un nouveau visage...

VILLERS

Elle n'est plus une enfant: elle prend seize ans aujourd'hui. (Gaiement). Je ne pense pas qu'elle voit en moi un croquemitaine disposé à la dévorer.

ROMAGNY, hochant la tête

Elle a ses habitudes: ce changement va bouleverser sa vie.

VILLERS, un peu étonné

Mon Dieu, je ne vois pas. Elle va être comme tous les enfants élevés loin de leurs parents. A un certain âge, on les retire de pension. Je n'ai jamais entendu dire qu'aucun d'eux ait souffert de ce changement d'habitudes.

ROMAGNY, arpentant la scène

Ce n'est pas tout à fait la même chose. Il ne s'agit pas pour elle de quitter une pension étroite où l'on étouffe entre les murs... C'est le foyer où elle a été élevée, où elle a grandi, c'est la vie large et facile qu'elle y a trouvée, qu'il lui faudra abandonner... Pardonnez-moi d'entrer dans ces détails, mais vous devez comprendre... le bonheur de Lucienne m'oblige à toucher certaines questions...

VILLERS

N'insistez pas, j'ai compris! Vous voulez parler de ma situation modeste relativement à la vôtre.

ROMAGNY

Justement.

VILLERS

Je n'ai jamais fait l'injure à ma fille de croire qu'elle pouvait rougir de se trouver chez son père dans une position plus précaire que celle où elle a vécu jusqu'ici.

ROMAGNY, vivement

Vous m'avez mal compris. Loin de moi, l'idée d'une pareille insinuation. Lucienne est trop droite, trop bonne et trop fière pour ressentir un sentiment aussi bas.

VILLERS

Je l'espère bien.

ROMAGNY

En évoquant ce sujet, c'était à vous, à vos sentiments paternels que je faisais appel... Avant votre propre satisfaction, vous cherchez surtout le bonheur de votre fille?

VILLERS

Sans doute.

ROMAGNY

Or, la richesse ne le donne pas toujours mais elle est tout au moins un puissant auxiliaire.

VILLERS

Ce qui veut dire?

ROMAGNY, appuyant

Que tant que Lucienne vivra au près de moi, sa situation, son avenir, seront complètement assurés. (Après un temps, changeant de ton) Votre intention est de la reprendre. Vous voulez qu'elle vive à vos côtés, qu'elle partage votre existence, mais avez-vous réfléchi à toutes les conséquences, aux devoirs, aux charges que vous assumiez du même coup? En un mot, pouvez-vous lui donner une situation équivalente à celle que vous allez lui faire perdre.

VILLERS, froissé

Monsieur, cette insistance...

ROMAGNY, vivement

Serait très indiscrète et très maladroite s'il ne s'agissait pas du bonheur de Lucienne. (S'excusant). Avant de commencer, je vous ai prié de m'excuser si je touchais certains sujets... Il faut bien que nous envisagions la question sous toutes ses faces... (Le priant). C'est moi qui ai élevé l'enfant, vous ne pouvez me refuser aujourd'hui le droit de savoir ce qu'elle va devenir?

VILLERS

Soit... Je comprends les sentiments qui vous guident et je veux bien y faire droit.

ROMAGNY

Eh bien?

VILLERS

Rassurez-vous! ma fille peut me suivre sans inquiétude. Je ne la reprends pas pour la voir souffrir ni pour la rendre malheureuse et j'espère qu'auprès de moi, elle continuera d'ignorer la gêne.

ROMAGNY

Comment ferez-vous? Vous êtes sans fortune.

VILLERS, un peu gêné

Mais pas complètement... j'ai des ressources.

ROMAGNY

Aucune. Inutile de chercher... Je me suis renseigné et je sais quelle est exactement votre situation... Vous comptiez beaucoup sur vos chemins de fer égyptiens. Mais vous avez été trompé, volé plutôt, comme vous avez pu vous en rendre compte, vous-même, en allant là-bas... Pour sauver votre signature de certaines promiscuités, vous avez dû sacrifier tout ce qui vous restait. Vos terres de Blagny elles-mêmes, sont hypothéquées pour une somme supérieure à leur réelle valeur.

VILLERS, amèrement

Vous êtes bien renseigné!

ROMAGNY

C'est pourquoi je m'étonne que vous cherchiez à reprendre Lucienne... Le moment pour vous est plutôt mal choisi.

VILLERS

Ce n'est pas moi qui ai dirigé les événements... Je regrette que la mort de madame Romagny corresponde avec les pertes d'argent que je viens de subir, mais mes droits et mes devoirs de père n'en sont pas diminués pour ça. (Un temps. Doucement) A mes côtés, ma fille ne manquera de rien. Je me priverai plutôt du nécessaire pour satisfaire tous ses désirs.

ROMAGNY

Mais son avenir? Avez-vous réfléchi à son avenir.

VILLERS

Son avenir? je l'assurerai.

ROMAGNY

Comment?

VILLERS

Par mon travail.

ROMAGNY, haussant les épaules

Travailler! A votre âge! Vous n'avez jamais rien fait!

VILLERS

Parce que ma vie n'avait pas de but, parce que j'étais seul monde jusqu'ici. (Avec feu) Ah, vous vous étonnez que je veuille reprendre mon enfant alors que dans ma situation, mes sentiments paternels sont presque un luxe! Mais ne comprenez-vous donc pas que c'est justement parce que je suis malheureux qu'il me faut Lucienne. Elle sera ma richesse comme elle sera tout mon courage et tout mon espoir!... Travailler pour moi seul? oui, vous avez raison, j'en suis incapable. (Avec force) Mais travailler pour elle, pour la rendre heureuse, pour assurer son avenir! Ah, cela c'est autre chose!... Elle sera ma force, mon but, le talisman qui me donnera le courage de persévérer et de vaincre, l'aimant qui me guidera vers le succès final.

ROAGNY

Prenez garde de ne trop vous illusionner. Vous courez après un mirage, car ce gain que vous envisagez, cette richesse future que vous espérez sont tellement problématiques!... Dans toutes les entreprises on escompte toujours la réussite: il serait beaucoup plus sage de prévoir le contraire.

VILLERS, un peu ironique

Alors, vous pouvez tout aussi bien redouter pour vous la ruine matérielle.

ROMAGNY, souriant

Mes chances de misère sont moins grandes que vos chances d'insuccès. La situation que je ferai à Lucienne si elle reste avec moi, est moins aléatoire que celle que vous comptez lui donner, voyons?

VILLERS

J'en conviens.

ROMAGNY, changeant de ton

Tenez... jouons franchement, cartes sur table. (Un temps) Vous ne connaissez pas Lucienne... ou si peu! Vous voulez la reprendre parce que, surtout, vous espérez puiser à ses côtés, le courage qui vous manque pour recommencer tout seul votre vie... (Avec une émotion grandissante) Moi, j'ai élevé l'enfant, je l'ai vue grandir, pendant treize ans, j'ai vécu de sa vie, formant son intelligence et pétrissant son coeur. Je l'aime autant que si elle était vraiment ma fille. La pensée de la perdre me cause un déchirement profond. Ce m'est atroce de songer que je puis cesser de la voir... Je ne sais si vous comprenez tout mon affolement. Vous avez vécu seul, vous ignorez ce que c'est que d'avoir toujours eu un être chéri auprès de soi... Mais moi!... (il regarde le portrait tristement) En trois mois, perdre la mère, perdre l'enfant... C'est ma vie complètement brisée.

VILLERS, gêné du désespoir qu'il cause

Vous saviez bien que Lucienne n'était pas réellement votre fille... vous n'ignoriez pas mon existence... ce qui arrive aujourd'hui était prévu.

ROMAGNY, même air

Non, je n'avais pas prévu!... Votre long silence... vous vous êtes si peu occupé de Lucienne jusque-là... J'avais fini par vous oublier... (Un temps. S'animant) Mais, voyons! il doit y avoir un moyen... Je suis riche, très riche! Outre le bonheur de votre fille, je puis aussi faire le vôtre... Votre fortune est compromise, je puis vous fournir les moyens de la rétablir et vous assurer une nouvelle existence sans soucis matériels.

VILLERS, sans comprendre

M'assurer une nouvelle existence?

ROMAGNY, fébrilement

Oui, vous faire riche, tout de suite... un chèque... cent mille francs! Deux cent mille francs, tenez! Avec cette somme, vous payez vos créanciers et vous vous remettez à flot. C'est la vie large et facile, à la minute même, comprenez bien!... C'est plus sûr que votre travail cela! (Il va à son bureau, prend un carnet de chèques dans un tiroir et vivement, en griffonne une page). Vous acceptez, n'est-ce pas?... (Villers le regarde agir sans répondre) Deux cent mille francs. Il vous faudrait plusieurs années pour gagner cette somme en admettant que vous réussissiez... (cessant d'écrire) Tenez, c'est fait!... (Il revient vers Villers) Vous n'avez plus qu'à me signer un reçu... Lisez...

(Villers lit, puis fixe longuement Romagny).

VILLERS, très calme

Vous voulez?... Quoi?...

ROMAGNY, nettement

Je veux garder Lucienne.

VILLERS

Et moi?

ROMAGNY, avec brusquerie

Vous aurez les deux cent mille francs, vous! C'est bien payé, il me semble!

VILLERS, secoue lentement la tête, puis dépose le chèque sur le guéridon.

Simplement.

Votre chagrin vous égare, monsieur; autrement, je m'expliquerais mal votre offre injurieuse.

ROMAGNY, décontenancé

Vous refuser?... Comment!... C'est la fortune que je vous donne.

VILLERS, sourire hautain

Je ne vous demande que ma fille.

ROMAGNY, suppliant

Mais puisque pour moi, elle est tout... que vous ne la connaissez pas, vous!

VILLERS

Je n'en suis pas moins son père.

ROMAGNY, s'énervant

Vous ne l'aimez pas comme moi!

VILLERS, vivement

Qu'est-ce qui vous fait croire que je n'aime pas mon enfant?

ROMAGNY, même ton

Votre indifférence depuis treize ans.

VILLERS, calme

Je vous ai déjà donné les motifs qui ont dicté ma conduite jusqu'à ce jour.

Faut-il vous les répéter?

ROMAGNY, avec rage

Comment vous croire, avec la vie que vous avez toujours menée!

VILLERS, froidement

Je pourrais vous répondre, monsieur, que ma conduite passée ne regarde que moi. Mais tout à l'heure, comme beau-père de Lucienne, je vous ai reconnu certains droits. Je prendrai donc la peine, sinon de me disculper, du moins de remettre les choses au point. (S'échauffant) Parce que j'ai mené jusqu'ici une vie joyeuse de plaisirs, de fêtes, d'aventures, parce qu'en un mot, j'ai fait la noce, pour me servir de l'expression courante, s'ensuit-il que je sois incapable de ressentir les mêmes sentiments qu'un autre mortel plus sage et plus calme que moi?... d'après vous, le rire exclurait les larmes, le bonheur ignorerait l'inquiétude et les soirs de folies ne seraient jamais suivis d'amertumes matinales! A l'homme rangé, seulement, les sensations du coeur et le pouvoir d'aimer; aux autres, la froideur, la sécheresse et l'indifférence, alors!!... (plus doucement) Non, l'humanité n'est pas si compliquée que ça: elle pleure quand elle souffre, elle rit quand elle est heureuse. Dans tous les coeurs, il y a place pour ces deux sentiments: la joie et la tristesse, qu'on soit léger, volage, sérieux ou grave. (Un temps. Il réfléchit, puis a un rire nerveux) Ah! ah! j'ignore ce que c'est que d'avoir eu toujours un être chéri auprès de moi! Mais vous, monsieur, avez-vous connu la tristesse de la solitude?

ROMAGNY, amèrement

Je vais l'apprendre si vous m'enlevez Lucienne.

VILLERS

Vous ignorerez quand même l'intime et indicible mélancolie de ceux dont le foyer a été brisé par leur faute, de ceux qui, après avoir connu les joies de la famille, sentent le vide de l'abandon moral autour d'eux... (Avec ironie et avec tristesse) On est jeune et le plus souvent orgueilleux; on ne veut pas avouer sa souffrance, et pour la cacher ou ne pas la sentir, on rit, on joue, on fait la noce... comme moi!... La pente est dangereuse quand aucune main amie n'est là pour vous retenir... Ca va vite! On commence pour s'étourdir, pour oublier, et c'est par faiblesse qu'on continue... Mais la nature ne perd pas ses droits pour ça et le moi intérieur n'en est pas émoussé au point de rester neutre lorsqu'il s'agit de son enfant, de sa race... (Emu, à mi-voix) Sous le sourire railleur du blasé, se cache une âme qui se souvient, qui pense... et quand on a quitté le masque, de commande, que nul témoin ne nous observe, on soupire, on regrette et parfois, on pleure... (Après un temps, il reprend le chèque, le froisse légèrement, puis le rejette. Assez brusquement:) Comment avez-vous osé m'offrir de l'argent pour que j'abdique mes droits de père, pour que je renonce à la douceur d'être aimé de ma fille?

ROMAGNY, embarrassé

J'espérais... Je ne m'attendais pas à votre révolte paternelle...

VILLERS, avec force

Parce que je suis ruiné vous me supposiez capable de toutes les bassesses!

ROMAGNY

Non, non! ne croyez pas!... Ce n'est pas ça... (tristement) Si vous saviez combien j'aime Lucienne! Pour la conserver près de moi, il me semblait que tous les moyens étaient bons... Vous m'auriez demandé la moitié de ma fortune, je vous l'aurais donnée... (Il s'accoude la tête dans ses mains) Vous venez de m'enlever mon dernier espoir... Ne plus voir ma fille autour de moi!... après treize ans!... Pauvre petite... comme elle va pleurer...

VILLERS, inquiet

Lucienne va pleurer?

ROMAGNY

Hélas!

VILLERS

Sait-elle que je veux la reprendre avec moi?

ROMAGNY

Oui. Je le lui ai appris.

VILLERS, hésitant

Alors... que dit-elle?

ROMAGNY

Elle ne veut pas (vivement) Elle ne nous connaît pas, c'est un peu naturel.

VILLERS, amèrement

Je lui fais peur... A ses yeux, je suis un étranger qui veut troubler sa vie.

ROMAGNY

Mon Dieu!... Il ne faut pas lui en vouloir. Elle ne m'a jamais quitté, n'est-ce pas...

VILLERS, réfléchissant

Elle va pleurer... Je ne voulais pas la faire pleurer... Pourtant.

ROMAGNY

Voulez-vous la voir?

VILLERS

Volontiers.

ROMAGNY

Vous pourrez lui expliquer...

VILLERS

Lui expliquer?... Non! C'est vous qui lui parlerez... je préfère.

ROMAGNY

Qu'est-ce que je lui dirai?

VILLERS

Vous lui direz.. que... (Il réfléchit, puis tristement:) Tenez, vous lui direz que je la laisse libre. C'est elle qui choisira entre nous deux.

ROMAGNY, joyeusement

Oh, merci!... Je n'osais pas vous le demander, mais il faut bien que la volonté de la petite compte un peu pour quelque chose. (il sonne).

VILLERS, soupirant

Votre joie me fait pressentir ma défaite.

ROMAGNY, gravement

Je vous donne ma parole, monsieur, que je ne vais pas influencer Lucienne... Avant votre arrivée, je lui ai dit seulement mon vif désir de ne pas me séparer d'elle, mais le choix qu'elle va faire tout à l'heure, sera librement consenti. Je vous l'affirme.

VILLERS

Je vous crois.

(La bonne entre).