Oeuvres poétiques Tome 2

Chapter 4

Chapter 42,906 wordsPublic domain

CREINTIS

Explicit l'Epistre au dieu d'amours

_Rubrique manque dans_ A1 et B2.

1 A dieu p.

2 A Roy d. a.

5 B t. les o.

36 B Et se f.

39 A2 leurs cuers t.

41 A2 _ajoute_ et en s.

44 A2 Ou p. m. ou t.

45 A2 Si j.

49 A1 regardent

50 A2 mains en

51 B Et par r.

57 A2 m. j. et c.

62 A2 De m.

74 B J. et l.

82 B L. a. Et qui ainsi se t.

83 B Savoir de vray puet que ne f. m.

84 B b. d. et a.

86 A1 rends

101 B ne veulent se

105 A2 a. les ont e.

108 B s. dont a.

114 B D. a. s.

125 A1 a. ses s.

128 A2 B T. t'aime

129 B1 a. et p.

140 B Ce que l.

144 A2 f. savoir.

152 A1 et s'en--A2 s'en cellui l.--A1 hentent

153 B Par a. c. ou pour q.

162 B brunes ou b. t.

163 A2 q. parole

164 B s. blasmées

165 B _ajoute_ les d.

169 A E. f. qui est sa chiere m.

170 B Qui ne

171 B A. lui est s.

172 B A ses b.

174 B Et de q. t. les envies s. p.

178 A2 et amiables

185 B Et s. qu'on en trouvast de n.

200 A1 Ne t.

201 B de telles

207 B Si.

212 B Forment

213 B ne encuser n.

214 A2 Le t.

227 A2 n'y scet

230 B D'elles ne pot avoir b. ne d.

239 A1 l. nuise.

249 B H. suivent

251 et 252 _omis dans_ B

256 B1 q. pleust t.

257 B a d.

260 A1 B l. seurmettent b.

273 B q. pou s.

276 A2 s. qu'en r.

283 A1 appelle

287 A2 B par b.

288 B. S'il est aucun qui contregecte g.

289 B les f.

293 B et a a.

294 B que femmes.

305 B ne s.

309 B l. hommes c.

318 B ne a.

319 le _omis dans_ A1

320 A2 B courrouça.

324 A1 afolié

327 A1 faist

328 B Et

333 et 334 _intervertis dans_ A2.

340 A2 traÿr p.

343 B a celles

346 A2 E. j. d. et l.--B E. loyal j. et l.

347 B t. communement

351 B prier ne requerir

352 B l. n'en son hostel querir

357 A2 ne f.

363 A2 ilz f.

366 B c. par

369 A1 Comme.

375 A1 aimera

392 A Mist il y la

399 A2 ne v.

402 A2 Ou il c. t.

403 A1 que a.

406 B aucuns dient

408 le _omis dans_ B.

410 A1 mistrent

417 B _ajoute_ les f.

420 B l. p. a d. c.

426 B nulle l.

427 A2 Et que t. amans q.--B Les a.

428 B Les treuvent

431 B car on.

459 B D. en la.

469 B je m'en.

472 B mais s.

478 B doncques ce b.

485 et _omis dans_ B

486 B C. amans doivent f.

489 et 490 _omis dans_ A

491 A2 B pour ce

492 A1 hentent

493 B et ce t.

494 B Que l'en l.

497 Ou _omis dans_ B

498 B pas a.

500 A f. de tous poins r.

509 A2 Je hé.

516 B le s.

520 A b. tout m.

527 A1 m. celées--B m. trouvées

528 B f. seremens.

536 B a la

537 B part. g.

547 B p. c. d.

548 _omis dans_ B1

549 B On ne p.

552 A1 vacellage

559 A1 m. ne m.

561 B p. ne de

562 B Ne

563 et 564 _omis dans_ A

571 B Le D.

573 A du tout d.

593 ne _omis dans_ B.

601 B Ains fu faicte de

602 A s'en--602 B e. en toute forme

613 A1 qui lui d.

620 B a. n'est ce d. v.

623 B Desquelz

628 A Fors l. tout s.

631 B par d.

633 B ne v.

634 B s. a la f.

642 A2 Si j.

644 A Q. leurs p. g. maulz pevent p.

646 B ne preingnent

648 A1 _ajoute_ n' _devant_ or

650 B ne ne p.

654 A Car q.

655 A1 Moy r.--B par in.

657 A e. rampronnées.

668 A2 c. n'abstenir

671 A1 a telz choses f.--A2 a. faiz de tel affaire

673 B P. m. p.

686 n' _manque dans_ B

690 B v. entechiez

691 A1 s. p. d. e.

694 A1 que e.

698 B Q. g. m.

703 A s. desherite

705 B Se n. p. de

707 B c. p. l. s. n. v. le

709 B ne fu

711 B Non de p.--A1 mortelment

712 A1 venielment--A2 P. pouoient

720 _Tous les mss. portent_ Va--B et degrevant c.

721 B P. c. raisons

722 B Je preuve.

729 est _omis dans_ B

739 B Il

741 A1 especialment

744 le _omis dans_ A

746 A1 puent

760 A p. louenge.

768 A2 B Et s'aucunes d. f. est de n.

773 A2 Si en a. p. j. h.

774 B en la f.

776 B Ou d.

780 B b. c. d.

785 B G. a tous n.

793 A2 s. enduré t.

800 et _omis dans_ A1

810 A1 q. f. m. e.

813 et 814 _viennent après_ 822 _dans_ B

815 _Tous les mss. portent_ Le d. d. p. P. S.

819 _Corr._ T. Anrore A.--_les mss. portent_ Arecusa.

Creintis _manque dans_ A2 _et_ B.

_On trouve dans_ «Creintis» _l'anagramme de_ Cristine.

NOTES

ÉPITRE AU DIEU D'AMOURS (p. 1 à 27.)

Cette pièce a été publiée au xvie siècle, mais on ne connait qu'un seul exemplaire de cette édition (voy. Introduction p. IX). Quelques vers ont été en outre cités par:

1° Mlle de Kéralio dans la _Collection des meilleurs ouvrages composés par des dames_ (III, p. 69 et suiv.), vers 1 à 46, 259 à 266, 279 à 304, 775 à 824.

2° Paulin Paris (_Manuscrits françois de la Bibl. du roi_, V, p. 168) vers 1 et 2, 168 à 196, 796 à 800.

Vers 225 à 232.--Hutin de Vermeilles, chevalier et chambellan du roi, figure dès 1370 dans un compte de Jean le Mercier[1], comme envoyé par le roi à Avignon avec Bureau de la Rivière à la tête d'une compagnie de trente hommes d'armes. L'année suivante, il reçoit 200 fr. d'or en payement de ses frais de voyage auprès du Sire de Parthenay (Bibl. nat., _Pièces orig._, vol. 2969); puis nous le trouvons en 1377, capitaine et garde du château royal de Vivier en Brie, aux gages de 300 fr. d'or par an (_Pièces orig._, vol. cité). Il fut encore chargé de plusieurs missions importantes: en 1383 le roi lui fait don de 1,000 fr. d'or, très probablement pour couvrir de nouvelles dépenses de voyage. Plus tard il touche, en vertu de Lettres du 7 juillet 1388, une même somme de 1,000 fr. qui lui est accordée en récompense de son ambassade auprès du roi d'Aragon et du comte de Foix (_Pièces orig._, vol. cité). Enfin, d'après la chronique du bon duc Loys de Bourbon il est un des deux chevaliers français admis à Marienbourg à la table d'honneur dressée par le roi de Prusse après sa victoire contre les Suédois.--Hutin de Vermeilles épousa Marguerite de Bourbon, fille de Louis Ier de Bourbon, comte de la Marche; cette dernière mourut en 1362 et fut enterrée dans l'Église de Saint-Pierre-d'Aronville, près de Pontoise, où son mari devait reposer plus tard (P. Anselme, I, 298). Nous avons retrouvé que Charles VI fit faire à Paris en 1390, à l'Église des Blancs Manteaux, l'«obsèque» pour le repos des âmes d'Olivier de Mauny et de Hutin de Vermeilles, chambellans (Bibl. nat., _Quittances_, vol. 26024, n°. 1493). 233 à 244.--Sur Othe de Granson et ses compositions poétiques, voy. l'intéressant travail que M. A. Piaget a publié dans la _Romania_, XIX, p. 237 et 403. 267 à 269.--Allusion à certains personnages de l'antiquité qui auraient été trompés par les femmes (voy. _Romania_, XV, 316 et _Bulletin de la Société des Anciens Textes_, 1876, p. 129).

[1] H. Moranvillé, _Etude sur la vie de Jean le Mercier_, dans les _Mémoires présentés par divers savants à l'Acad. des inscr._, 2e série, t. VI, p. 250.

LE DIT

DE LA ROSE

(14 février 1401, anc. st.).

CI COMMENCE LE DIT DE LA ROSE

A tous les Princes amoureux Et aux nobles chevalereux, Que vaillantise fait armer, Et a ceulz qui seulent amer 5 Toute bonté pour avoir pris, Et a tous amans bien apris De ce Royaume et autre part, Partout ou vaillance s'espart: A toutes dames renommées 10 Et aux damoiselles amées, A toutes femmes honnorables, Saiges, courtoises, agréables: Humble recommandacion De loyal vraye entencion. 15 Si fais savoir a tous vaillans, Qui pour honneur sont travaillans, Unes nouvelles merveilleuses, Gracieuses, non perilleuses, Qui avenues de nouvel 20 Sont en beau lieu plain de revel; Aussi est droiz que ceulz le sachent Qui mauvaistié devers eulz sachent, A fin qu'ilz amendent leurs fais Pour estre avec les bons parfais. 25 Si fu voir qu'a Paris advint, Presens nobles gens plus de vint, Joyeux et liez et senz esmois, L'An quatre cens et un, ou mois De janvier, plus de la moictié 30 Ains la date de ce dictié Du mois passé, quant ceste chose Advint en une maison close Et assemblée de nobles gens, Riches d'onnour et beaulx et gens. 35 Chevaliers y ot de renom Et escuiers de vaillant nom. Ne m'estuet ja leurs noms nommer, Mais chascun les seult bons clamer; Notables sont et renommés, 40 Des plus prisiez et mieulx amez: Du trés noble duc d'Orliens, Qui Dieu gart de tous maulx liens, Si sont de son hostel tous ceulz. Et n'y avoit pas un tout seulz 45 Qui n'aime, je croy, tous bons fais; Leans a assez de si fais. Assemblez les ot celle part Courtoisie qui ne depart De ceulz qui sont de gentil sorte. 50 La fu bien fermée la porte, Car vouloient en ce lieu estre Senz estranges gens privez estre Pour deviser a leur plaisir. La fu appresté a loisir 55 Le soupper; si furent assis Joyeux et liez et non pensis. Bien furent servis par les tables De mez a leur gré delitables. Car ne fu, j'en ose jugier, 60 Pas tout leur plaisir ou mangier Mais en la compaignie qui De vraye et bonne amour nasqui. Liez estoient et esbatans, Gays et envoisiez et chantans 65 Tout au long de cellui souper, Comme gent qui sont tout un per Et amis vrais sens estrangier. La n'ot parlé a ce mangier Fors de courtoisie et d'onnour, 70 Senz diffamer grant ne menour, Et de beaulx livres et de dis, Et de balades plus de dix, Qui mieulx mieulx chascun devisoit, Ou d'amours qui s'en avisoit 75 Ou de demandes gracieuses. Viandes plus délicieuses N'y ot, com je croy, a leur goust, Tout soyent d'assez petit coust, Et de ris et de bonne chiere; 80 De ce n'orent ils pas enchiere. Ainsi se sirent longuement En ce gracieux parlement. Mais Amours, ses loyaulx amis, Qui a valeur se sont soubzmis, 85 Volt visiter droit en ce point. Car alors seurvint tout a point, Non obstant les portes barrées Et les fenestres bien sarrées, Une dame de grant noblesse 90 Qui s'appella dame et deesse De Loyauté, et trop belle yere. La descendi a grant lumiere Si que toute en resplent la sale. Toute autre beauté si fut pale 95 Vers la sienne de corps, de vis Et de beau maintien, a devis Bien parée et bien atournée. Si fu entour avironnée De nymphes et de pucelletes, 100 Atout chappellès de fleurettes, Qui chantoient par grant revel Hault et cler un motet nouvel Si doulcement, pour voir vous dis. Que bien sembloit que Paradis 105 Fut leur reduit et qu'elz venissent De cellui dont fors tous biens n'issent, Celle deesse a tel maisgnie. Devant la table acompaignie Vint o les siennes bien parées, 110 Si tenoient couppes dorées, Si comme pour faire en present A celle gent nouvel present. Adonc fu la sale estourmie, Il n'y ot personne endormie, 115 Tuit furent veoir la merveille, Il n'y ot cellui qui l'oreille Ne tendist pour bien escouter Que celle leur vouloit noter; Chascun se tut pour y entendre. 120 Quant les pucelles a cuer tendre Orent leur chançon affinée Adonc se prist la belle née, Qui d'elles dame et maistresse yere, A dire par belle maniere 125 Ces parolles qui cy escriptes Sont en ces balades et dittes. Ne plus ne moins les ennorta Et les balades apporta:

_Balade._

Cil qui forma toute chose mondaine Vueille tousdiz en santé mantenir Et en baudour de grant leesse plaine Ceste belle compaignie et tenir. Deesse suis, si me doit souvenir De trestous bons et des bonnes et belles. 135 Pour ce qu'ainsi il doit appartenir Venue suis vous apporter nouvelles.

De par le dieu d'amours, qui puet la peine Des fins amans desmettre et defenir, Present nouvel, gracieux, d'odeur saine, 140 Je vous apport et salus sens fenir, Si m'escoutez et vueilliez retenir: Car je vous di que de haultes querelles, Dont il pourra assez de biens venir, Venue suis vous apporter nouvelles.

145 De Loyauté deesse souveraine On m'appelle, et a mon seurvenir Je ne port pas de discorde la graine, Com fist celle qui Troyes fist bannir; Ains, pour tousjours loyauté soustenir 150 Et pour oster les mauvaises favelles Et les mauvais desloyaulx escharnir, Venue suis vous apporter nouvelles.

_Balade._

Le dieu d'Amours par moy il vous presente Ces roses ci de voulenté entiere, 155 Cueillies sont de trés loyal entente Es beaulx vergiers dont je suis courtilliere. Si vous mande qu'a trés joyeuse chiere Preigniez le don, mais c'est par convenant. Que desormais en trestoute maniere 160 Yrez l'onneur des dames soustenant.

Si veult qu'ainçoiz que nullui se consente A recevoir la rose belle et chiere, Qu'il face veu que jamaiz il n'assente Blasme ou mesdit en nesune maniere 165 De femme qui son honneur tiengne chiere, Et pour ce a vous m'envoye maintenant. Si vouez tous qu'a parolle pleniere Yrez l'onneur des dames soustenant.

Chevaliers bons et tous de noble sente, 170 Et tous amans, c'est bien droit qu'il affiere Qu'a ce veu ci vo cuer se represente; Amours le veult, si n'y mettés enchiere, Mais ne soit pas de voulenté legiere, Car a l'estat de vous appartenant; 175 Et si jurez que jusques a la biere Yrez l'onneur des dames soustenant. En disant ces balades cy La deesse, sienne mercy, Assist les couppes sur les tables. 180 Dedens ot roses odorables, Blanches, vermeilles et trop belles, Et cueillies furent nouvelles. Et avecques ce presentoit En beaulx rolez qu'elle gectoit 185 Ceste balade qui recorde Qu'Amours veult, qu'ainçois qu'on accorde A prendre la jolie rose, Que l'en face veu de la chose Qui est en l'escript contenu 190 Et qu'il soit juré et tenu. Et qui tout ce vouldra vouer Et celle promesse advouer, Hardiement preingne la rose Ou toute doulçour est enclose. 195 Si oyez lire la balade Qu'apporta la deesse sade:

_Balade_.

A bonne amour je fais veu et promesse Et a la fleur qui est rose clamée, A la vaillant de Loyauté deesse, 200 Par qui nous est ceste chose informée, Qu'a tousjours mais la bonne renommée Je garderay de dame en toute chose Ne par moy ja femme n'yert diffamée: Et pour ce prens je l'Ordre de la Rose.

205 Et si promet a toute gentillesse Qu'en trestous lieux et prisée et amée Dame sera de moy comme maistresse. Et celle qui j'ay ma dame nommée Souveraine, loyauté confermée 210 Je lui tendray jusques a la parclose, Et de ce ay voulenté affermée: Et pour ce prens je l'Ordre de la Rose.

Et si merci Amours et son humblesse Qui nous a cy tel semence semée 215 Dont j'ay espoir que serons en l'adresse De mieulx valoir; c'est bien chose informée Que de lui vint honneur trés renommée. Si defendray, s'aucun est qui dire ose, Chose par quoy dame estre puist blasmée: 220 Et pour ce prens je l'Ordre de la Rose.

Princes haultains, ou valeur est fermée, Faites le veu, bonté y est enclose, L'enseingne en vueil porter en mainte armée: Et pour ce prens je l'Ordre de la Rose.

225 Adonc furent en audiance Levez, et, senz contrariance, Firent tous le beau veu louable Qui est gentil et honnorable. Quant nullui ne vit contradire 230 La deesse adonc prist a dire Ce rondelet, prenant congié, Si n'y a pensé ne songié:

Or m'en vois dire les nouvelles. Au dieu d'Amours qui m'envoya.

235 De ses belles roses nouvelles Or m'en vois dire les nouvelles.

A Dieu vous dy, tous ceulz et celles Que bonne amour cy avoya, Or m'en vois dire les nouvelles.

240 Quant ce fut dit, lors s'envola Celle deesse qui vint la. Mais les nymphes qui furent liez De leurs doulces voix deliez Commencierent tel mellodie, 245 Ne cuidez que mençonge die, Que il sembloit a leur doulz chant Qu'angelz feussent ou droit enchant. Ainsi parti de celle place La deesse, qui de sa grace 250 Ot la conpaignie esjoÿe, Tel nouvelle leur ot gehie, D'elle font feste et de ses choses Et tous se parent de ses roses, Par teste, par braz, par poitrine, 255 En promettant foy enterine, Si comme ou veu est devisé Qu'ilz orent moult bien avisé. Quant assez selon leur loisir Orent esté en ce plaisir, 260 Chantans, rians a chiere lie Senz dueil et senz merencolie, Partis s'en sont, congié ont pris, Emportant la rose de pris.