Chapter 11
EXPLICIT LE DIT DE POISSY
_Rubrique_: A2 _supprime_ l. du dit _et ajoute_ qui s'adrece a un estrange
1 A1 Mon c.
i5 A1 priée et requier
22 A2 Des b.
41 A1 si vous
43 A2 _supprime_ et g.
55 B p. si me voldrent p.
62 B1 Chevauchoye
63 A1 B2 qu'avec
77 A2 q. c. s. m.--B chantoit
88 A2 B Ne en
93 A2 p. tous c.--B1 c. resbaudir
110 A2 Par d.
121 B S. ces a.
129 B1 en estoient l.
154 B N. s. souvent et.
163 B l'envoyoit
174 B marchié ou f.
179 B on ne v.
181 A1 aussi a. a.
183 A2 _supprime le 1er_ n'
201 B _omet_ que
206 A1 honnesteté
219 A2 B ait q.
224 B Y ot
229 A2 Des v.
231 A1 f. nous a.
233 A1 et trés c.
242 A1 asés p.
262 B vers la d.
264 B1 Et h.
291 A2 B l'encline
292 A1 Si finees
302 A1 e. homme ne
307 B _omet_ n'
313 B1 b. y a p.
325 B et ou r.
344 B preïsmes
345 A1 conjé
358 A2 N. b. f.
378 A2 v. e l. n. vindrent p.
386 B1 c. moult j.
401 A2 p ou mi--B t. bel p.
403 A2 qu'un s.
410 A2 voirriere
415 A1 b. ce puet estre prouvé
418 A1 et B2 _omettent_ nous--A2 ne pouoit s.
435 B en eschiet
437 B1 r. n'a g.
452 B1 _omet_ nous
461 A2 e. n'orent or ne a.
468 B1 ne verroye
475 B1 _omet_ si
495 A1 hault v.
500 A1 chantant
502 A1 racontant
510 et 511 _intervertis dans_ A2
514 B N'il
52l B1 _omet le deuxième_ est
525 A2 A. de v.
527 A2 S. leurs m.
532 A1 De c.
536 B1 Vont
537 A1 s. si b. o.
540 B1 Si l.
544 B En telle
551 A1 b. vergiers
558 B Et la e.
559 B C. croy que bien p.
562 A2 de beaulz m.
570 A1 Et un v.
582 A2 s. departement
593 B _ajoute_ et s.
601 A1 n'en f.
621 A1 d. et de table l.
631 A1 B2 f. est n.
632 B N'y f.
645 A2 au grant c.
647 A1 estrangier
649 A tousjour
663 B1 et des c.
665 A1 denssames--A2 Ne p.
694 B a. mais ou
702 A1 ques
703 A2 ou j'ay m.
707 A2 B p. c. m.
718 B1 v. en u.
719 A2 A par d.
721 B _omet_ a
722 A1 d'entre eulx n.--B1 _omet_ ens
726 A1 g. f. et p.
741 B1 Un e. delez elle fut près--B2 e. q. dellez e. fu e.
749 B1 presque n.
761 B _omet_ trestous
763 A2 s. d'a. e. s.
765 A1 au t.
803 B en tel e.
813 A1 B2 l. desir
819 A1 de ce l.
851 B1 D. d'amour p.
855 veu et p. _écrits après grattage dans_ A2--A2 B f. une p.
862 A2 l. q. d.--B q. d. l.
879 A1 voioit
887 B n. ait nuit
891 A2 P. d. d. c. et p.
902 A2 Dont o.
903 B a. font p.
907 B _omet_ fu
913 B _omet_ trop
916 B1 _omet_ ou
919 B ou a. a.
928 B Se va
932 B ou en m.
938 A2 En p. d'e. aconsuivismes
939 B1 que c.
942 A1 vissage
943 B1 Car t.
949 B me p.
950 B1 Me t.
967 A2 v. ayés
984 A B courroucié
985 A1 B sié
998 et 999 _intervertis dans_ B1
1001 B ma grant p.
1002 B1 m. vous m'o.
1006 B en tel p.
1017 A2 Car n.
1039 A2 B R. a s. un p. et com r.
1042 B m. d. d. et maz
1075 B l. c. d.
1081 B c. pour s.
1082 A2 En t.
1086 A2 H. de lui p. p. soubz l.
1092 A1 se c.
1094 A2 c. ot. c. et de p.--B _omet_ ot
1100 A1 beau
1118 A t. bien fait
1122 A2 t. non pas.
1123 B _omet_ et
1125 B com r. de
1126 A2 b. n. p.
1135 A2 L. p. d.
1145 B M. en m. c. e. la b. c.
1147 A2 d. qu'ay m.
1149 A1 ay est c.
1153 A1 ot pet b.
1163 A2 Ains en
1171 B C. b. et si trés p. y.
1174 B se a. v.
1178 B _ajoute_ M. je
1183 B d'armes
1189 A et B2 _omettent_ et
1197 A L. barre, lances, b.
1198 A2 l. hanter--B legierement hanter
1206 B f. d'un r.
1211 A2 B h. sur tous
1219 B1 _omet_ jur
1233 A2 n'a. p. e.
1236 B1 _omet_ fu
1249 B et je l.
1251 B _supprime_ d' _devant_ amer
1262 A2 B ou tant ot
1269 A1 B1 Hongrie
1273 A2 a. le Conte de N.
1285 A1 raçonna
1297 B bon et b. de t.
1309 B Hé! p.
1311 A2 Par t.
1319 B p. en v.
1321 A1 com d.
1324 A2 Certes t.
1337 A2 m. cuer a m.
1339 B Du grief m.--A2 c. perir
1341 A2 B c. je s. si dueillans
1372 B Et grief martire
1374 A m. r. n'oÿ l.
1375 A Moy p.
1377 A2 en parlant s'a. si d.
1390 A1 v. taire--A2 d. tous bas: P.
1393 B t. chargiez et
1419 A m. leur s.
1426 B r. je pris trop du b.
1430 A2 B et p.
1450 B Et l'u.
1463 A1 don
1470 A2 c. la g. n'a.
1491 B y. ouny p.
1492 _Les mss. donnent_ Est
1501 A2 B Et n.
1504 B1 _omet_ ses
1505 A1 Et trés p.
1523 B1 Et b.
1525 B R. doulcet, g.
1529 A1 respondent
1537 A1 M. avenoit
1546 B a. comme p.
1547 A2 s.; onc m.
1566 A1 demouroit
1569 A1 j. grassete
1573 A B creé
1580 A1 a sa v.
1586 B q. se compare
1590 A2 b. me s.
1591 A2 R. j. p. c.
1593 B t. bel m.
1597 A2 p. si meüe
1616 B Le d.
1634 A1 promier
1645 A _omet_ s'e.
1647 A2 Sa g.
1649 A2 En va. A
1655 B Et j.
1661 A2 Le t.--A1 que e.
1667 A2 Ne p. o. p. a. ne
1670 B p. estrangoit
1675 A1 Qu'el
1678 A2 f. et s.
1681 A1 promesse et
1686 A1 Qu'en v. a. a. chetel--A2 Que n'en v.
1687 B _supprime le deuxième_ et
1698 _omis dans_ A1
1698 et 1699 _intervertis dans_ A2
1705 A1 guerdon
1707 A2 En un p.
1710 A1 chosir
1713 A l. m'atire
1721 A1 B2 d. destrece
1729 B a elle t. r.
1733 B Le hardement du m.--A1 _omet_ me
1742 B d. je l'eusse
1743 B _supprime_ et
1745 A2 l. me v. pour elle a.
1782 A1 que o.--B q. n'onc f.
1802 A2 g. doulour, si d. couvertement
1822 A1 raccopis
1829 A2 Elle me
1830 B en m.
1846 B b. cuida
1858 A2 c. je dure
1862 A2 s. de m. p. e. t.
1863 B e. ne soustraire
1881 A1 s. vostre--B sauf vostre
1910 A2 q. confort
1912 à 1915 _omis dans_ B1
1915 B1 desespoir
1918 A1 mains o.
1958 A1 _omet_ ja
1975 B trop r.
1978 A1 d'o. que le c. s'en t.
1981 A2 t. autrement
1979 B s. se je
1987 A1 Ce qui je
2006 A1 _supprime_ et l.
2013 B et qu'il s.
2023 A2 p. ilz m'o.
2034 A1 _supprime_ et l.
2038 B Sire, de v.
2042 A2 q. prient et
2069 B2 Au d.
2075 _On trouve dans_ creintis _l'anagramme de_ Cristine
_Rubrique_ B1: Cy fine le d. de P.
NOTES
LE LIVRE DU DIT DE POISSY (p. 159 à 222).
Des extraits assez importants de ce poème ont été donnés par Pougin dans la _Bibl. de l'Ecole des Chartes_, (4e série, III, p. 535 et suiv.) vers 1 à 14, 35 à 52, 212 à 731, 773 à 794. Paulin Paris a, de son côté, cité (_Mss.fr._ V, p. 171) les vers 34 à 46.
1 à 28.--Le chevalier auquel Christine dédie son livre de Poissy doit être sans aucun doute le célèbre sénéchal de Hainaut. Jean de Werchin était fils de Jacques de Werchin également sénéchal de Hainaut; d'abord simple écuyer à la tête d'une petite compagnie, (Revue passée à Corbeil le 1er sept. 1380. _Titres scellés. Clair. III_) il devint bientôt lui-même sénéchal et mérita d'être appelé par Froissart «moult vaillant homme et très renommé en armes». A l'époque où Christine composa le dit de Poissy, il était allé faire un pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle où il défia tous les chevaliers de France et d'Espagne. Christine fait allusion, dans deux passages différents, à ce lointain voyage et aux glorieuses actions qui en résultèrent (vers 7 à 10 et 821 à 829).
46 à 52.--L'Abbaye royale des dominicaines de Poissy fut fondée en 1304 par Philippe le Bel et placée sous l'invocation du roi Louis IX qui venait d'être canonisé. Ce monastère était d'une construction remarquable et jouissait des plus grands privilèges. On en trouve une description suffisamment complète dans Noël, _Histoire de Poissy_, 1869.
248 à 264.--Marie de Bourbon, fille de Pierre Ier de Bourbon, était la septième prieure de l'Abbaye de Poissy. Elle se trouvait être la tante du roi Charles VI, par suite du mariage de sa soeur Jeanne de Bourbon qui avait épousé Charles V. Elle prit l'habit religieux en 1351 dès l'âge de quatre ans, mais ne fit naturellement profession qu'à dix-sept ans. Élue prieure de l'abbaye le 14 août 1380, elle gouverna avec sagesse et distinction. Le duc de Bourbon, son frère, lui avait reconnu par acte du 1er mars 1380 une pension viagère de 500 liv., et fit en même temps don à la communauté de la seigneurie de Carrière, de l'hôtel de Bourbon sis à Paris et de la terre de Villevrard près de Lagny-sur-Marne. Marie de Bourbon mourut le 10 janvier 1401 et fut inhumée dans le choeur de l'église abbatiale de Saint-Louis où on lui érigea une belle statue en marbre blanc et noir. Ce monument, qui a échappé à la destruction du monastère, est aujourd'hui conservé dans l'église de Saint-Denis (Noël, _op. cit._).
274 à 282--Marie de France, fille de Charles VI et d'Isabeau de Bavière, née le 22 août 1392. A cinq ans elle prit le voile au prieuré de Poissy le jour de la Nativité de la Vierge, en 1397. Elle mourut le 28 août 1438 et laissa au couvent la terre de Pissefontaine ainsi qu'un fief situé à Triel (Bibl. Nat. Fr. 20,176, fol. 1185).
286 à 289.--Catherine d'Harcourt, fille de Jean, comte d'Harcourt. Elle était effectivement la cousine germaine de la princesse Marie, son père ayant épousé Catherine de Bourbon, soeur de Jeanne de Bourbon, reine de France. Entrée au couvent de Poissy en 1380, on lui reconnut 200 liv. de rente le 8 août 1396. Sa soeur Blanche, d'abord religieuse à Sainte-Marie de Soissons, était, depuis 1391, abbesse du célèbre monastère de Fonteyrault (Bibl. Nat., _Pièces orig. 1479_ et P. Anselme, V, 133).
317.--La ville d'Arras possédait dès le XIVe siècle des ateliers dont la réputation fut universelle (Voy. Guiffrey, _Hist. de la Tapisserie_, p. 59).
334 à 340.--Philippe le Bel, par sa charte de fondation (juillet 1304), assigna au couvent de Poissy des revenus considérables. Cette riche dotation se composait de la plus grande partie du produit des domaines royaux de Poissy, Béthisy, Verberie, Pierrefont, Vernon et Andilly, plus de droits de pâturages dans les forêts royales, excepté celles de Laye et de Coucy, etc. La communauté possédait en outre de nombreux droits et privilèges, tels que le droit de passage sous les arches du pont de Poissy (Arch. Nat. L 1084, liasse 1), le droit de chasse dans la garenne royale de Draveil où elle avait un hôtel (Arch. Nat. K 191, liasse 5), des rentes établies sur les halles et moulins de Rouen (Arch. Nat. Xia _1473 fol. 206 v°_), et bien d'autres avantages. A tous ces revenus il fallait encore ajouter les rentes souvent fort importantes servies par les familles aux filles de grandes maisons et les donations ou legs faits par les religieuses elles-mêmes à leur communauté. Le nombre des soeurs fut d'abord fixé à cent vingt, il s'éleva plus tard à deux cents; elles devaient être issues de familles nobles et avoir obtenu pour leur admission une autorisation expresse du roi (Noël, _op. cit._).
1273 à 1280.--Jean sans Peur, duc de Bourgogne et comte de Nevers, partit à l'âge de vingt-cinq ans au secours de Sigismond, roi de Hongrie dont la patrie était menacée de l'invasion des Turcs commandés par Bajazet. On sait que l'armée française éprouva une sanglante défaite à Nicopolis, le 28 septembre 1396, le comte de Nevers et quelques chevaliers échappèrent seuls au massacre qui suivit ce désastre. Moyennant une rançon considérable, Bajazet consentit à rendre la liberté au comte de Nevers et à quelques-uns de ses compagnons d'armes qui firent leur rentrée à Dijon le 28 février 1398.
LE DIT
DE LA PASTOURE
(_Mai 1403_).
CY COMMENCE LE LIVRE DE LA PASTOURE
Moy de sagece pou duitte Ja par mainte fois deduitte Me suis de faire dittiez De plusieurs cas apointiez, 5 Combien que pou entremettre M'en sache, mais pour desmettre Aucunement la pesance Dont je suis en mesaisance, Qui jamais ne me fauldra 10 Jusques vie me fauldra; Car oublier impossible M'est le doulz et le paisible Dont la mort me separa, Ce dueil tousjours m'apparra. 15 Ay fait ce dittié en rimes, A mon pouoir leonimes, A requeste de personne Dont par le mond le nom sonne, Qui bien me puet commander 20 Et son bon vouloir mander. Si le fis et le rimay En ce desrain moys de may L'An Mil Quatre Cens et troys; Et m'est avis, qui veult drois 25 Y visier, qu'on puet entendre Qu'a aultre chose veult tendre Que le texte ne desclot, Car aucune fois on clot En parabole couverte 30 Matiere a tous non ouverte, Qui semble estre truffe ou fable, Ou sentence gist notable. Si diray le sentement En rimant presentement:
_La Pastoure_
35 Antendez mon aventure, Vrais amans, par aventure Oncques n'oïstes pareille, Si y tendez tous l'oreille, Voiez comment Amours traire 40 Scet soubtilment pour attraire Les cuers et faire subgiez De ceulz qu'il lie en ses giez. Pastoure suis qui me plains En mes amoureux complains, 45 Conter vueil ma maladie, Puis qu'il fault que je la die. Comme d'amours trop contrainte, Par force d'amer estraintte, Diray comment je fus prise 50 Estrangement par l'emprise Du dieu qui les cuers maistroie Et qui bien et mal ottroie. Si soit exemplaire aux dames Mon fait, qui jurent leur ames 55 Que jamais jour n'aimeront. Voiez comment Amours rompt Par son trés poisant effort Tout propos, soit foible ou fort.