Oeuvres par Maximilien Robespierre — Miscellaneous

Chapter 9

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Ainsi Desfieux étoit d'accord parfaitement avec la faction girondine, à laquelle il feignoit de faire une guerre terrible à la tribune des jacobins. C'est ce même Défieux qui, tout en déclamant contre Brissot, reçut de Lebrun, ami et complice de Brissot, une somme de 3 000 livres pour envoier des courriers chargés de répandre dans le Midi des adresses véhémentes où les députés girondins étoient maltraités, mais dont le stile étoit fait pour justifier les calomnies et la révolte projettée des fédéralistes; qui fit arrêter ces courriers précisément à Bordeaux d'où elles furent envoyées à la Convention nationale pour servir de texte aux déclamations criminelles des Gensonné et des Vergniaux contre Paris, contre la Montagne et contre les jacobins (135). Ce fut ce même Défieux qui, après avoir si lontems fait retentir les tribunes populaires des crimes de la faction girondine, déposa en leur faveur au tribunal révolutionnaire (136). Fabre, dans cette journée du 8 mars, agissoit comme Défieux, et cependant il se déclaroit l'ennemi de Défieux. Il se déclaroit l'ennemi de la Gironde, il a dénoncé Défieux et les girondins; il a dénoncé Proli (137); des mandats d'arrêt étoient lancés contre Proli, et il déjeûnoit et dînoit avec Proli (138); et, afin qu'on ne put en induire aucune conséquence contre lui, il prenoit la précaution d'en venir faire sa déclaration au Comité de Sûreté générale, comme il fit sa déclaration au même Comité des 100 000 livres que Chabot avoit reçues pour lui, lorsqu'il eut appris l'arrestation de Chabot (139).

C'est ainsi que se dévoile le jeu perfide des factieux qui semblent se combattre lorsqu'ils sont d'accord pour enfermer les patriotes de bonne foi entre deux armées. La faction de Dumourier et de d'Orléans étoit destinée à fournir l'exemple le plus frappant de cette politique artificieuse.

Fabre a dit que la France devoit être démembrée en quatre portions (140). C'étoit encore le système girondin. Il était d'accord avec les girondins, il l'étoit encore avec Hébert sur les résultats: la dissolution de la Convention, la ruine du gouvernement républicain, l'impunité des traîtres, la perte des patriotes, la ruine de la liberté; toutes les factions tendant nécessairement à ce dernier but doivent s'accorder en effet dans les résultats, et soit que leurs chfs agissent [en] intelligence, soit qu'ils soient divisés, ils doivent tomber également sous le glaive de la loi, qui ne doit voir que les effets et la patrie.

Proli autrichien, bâtard du prince de Kaunitz, principal agent de la faction (141) de l'étranger.

Hérault entièrement lié avec Proli (142).

Hérault tenant des conciliabules de conspirateurs; ami de Hébert et autres.

Hérault entouré (143) de tous les scélérats de l'Europe, dont il a placé un grand nombre (144) avec Lamourette, comme il est convenu au Comité de Salut public; avec un chanoine de Troies, prêtre réfractaire guillotiné dernièrement, auquel il écrit sur le ton de la familiarité, en persiflant indirectement la Révolution, lui promettant ses bons offices et lui offrant la perspective d'une place dans l'éducation publique. Cette lettre est entre nos mains (145).

Hérault, espion des cours étrangères au Comité de Salut public, dont il transmet les opérations à Vienne par le canal de Proli et une lettre écrite à de Forgues par un de nos envoyés (146).

L'un des coquins dont Hérault s'étoit entouré, poursuivi comme émigré et comme conspirateur, ayant été arrêté dans l'appartement d'Hérault par le comité de la section Le Peletier (147), le Comité de Salut public ayant approuvé cette arrestation, Hérault fit les démarches les plus vives et voulut abuser de son caractère de député, pour forcer le Comité à le relâcher; n'ayant pu l'obtenir, il fut trouver clandestinement l'homme au violon et fut surpris en conférence avec lui.

Simond étoit avec lui et partagea ce délit. Simond est le compagnon, l'ami, le complice de Hérault, ce qui a déterminé le Comité à le mettre en état d'arrestation (148)

Notes explicatives d'Albert Mathiez:

(1) Ici Robespierre rectifie un jugement défavorable de Saint-Just sur Danton. Cet exemple prouve avec quel scrupule il respectait la vérité et donne à ses accusations un poids singulier.

(2) "Tu envoyas Fabre en ambassade près de Dumouriez, sous prétexte, disois-tu, de le réconcilier avec Kellermann." (Rapport de Saint-Just, p. 13.) Fabre arriva le 29 septembre 1792 au camp de Kellermann, il le flatta, lui promit le bâton de maréchal afin de ramener à consentir aux plans de Dumouriez. (A. Chuquet, _Dumouriez_, p. 131.)

(3) "Dumouriez louoit Fabre-Fond, frère de Fabre d'Eglantine; peut-on douter de votre concert criminel pour renverser la République?" (Saint-Just, p. 13.)

(4) "Une société populaire, livrée à Chaumette, osa censurer votre décret sur les cultes et loua, dans une adresse, l'opinion d'Hébert et de Chaumette." (Saint-Just, p. 8.) L'adresse du club de Moulins est publiée dans les _Archives parlementaires_, t. LXXXI, p. 433 (séance du 24 frimaire).

(5) "Fabre soutint ici ces opinions artificieuses." (Saint-Just, p. 8.)

(6) Sur le rôle de Fabre et des indulgents dans le mouvement de déchristianisation, voir mon livre _La Révolution et l'Eglise_, p. 76 et sq. Le 17 brumaire, jour de l'abdication de Gobel, Fabre fit décréter que le procès-verbal de la séance et les discours des prêtres abdicataires seraient distribués à tous les départements.

(7) Saint-Just a laissé tomber cette observation sur l'hypocrisie de Fabre.

(8) "Vous êtes tous complices du même attentat." (Rapport de Saint-Just, p. 19.)

(9) Comparer le rapport de Saint-Just: "Fabre d'Eglantine fut à la tête de ce parti; il n'y fut point seul, il fut le cardinal de Retz d'aujourd'hui...", etc. (p. 7).

(10) Fabre dénonça secrètement Hérault de Séchelles, Chabot et les Hébertistes, et notamment Proli, dans une réunion de membres des Comités de Salut public et de Sûreté générale, qui eut lieu vers le 10 octobre. Voir notre étude "Fabre d'Eglantine inventeur de la conspiration de l'étranger", dans les _Annales révolutionnaires_, mai-juin 1916.

(11) Allusion à Billaud-Varenne et à Collot d'Herbois, protecteurs des Hébertistes. Fabre les avait écartés de la réunion des Comités où il fit ses soi-disant révélations contre Desfieux, Proli, Chabot, Hérault de Séchelles, etc.

(12) Allusion à Bouchotte, ministre de la Guerre, dont les bureaux étaient peuplés d'Hébertistes. Bouchotte fut attaqué à plusieurs reprises par les amis de Fabre, notamment par Bourdon de l'Oise et Philippeaux.

(13) Mot barré: décisifs (note de France).

(14) Alors que Fabre se bornait à des dénonciations secrètes au sein des Comités, il faisait agir Dufourny qui attaquait Desfieux et Proli aux Jacobins, et les faisait même arrêter le 12 octobre. Quand Chabot dénonça à son tour ses anciens amis hébertistes pour se sauver, ce fut Robespierre qui dénonça le 1er frimaire, aux Jacobins, l'avant-garde hébertiste. Outre Dufourny, les hommes que Fabre lance en avant sont, dans l'esprit de Robespierre, Guffroy, rédacteur du journal _Le Rougyff_, Bourdon de l'Oise qui attaque 'Bouchotte, le 9 frimaire, à la Convention, Camille Desmoulins qui fait paraître _Le Vieux Cordelier_, le 15 frimaire, Philippeaux qui attaque Ronsin et Rossignol dans de nombreux pamphlets.

(15) Mot barré: dénoncer (France).

(16) Voir nos articles _Une candidature de Fabre d'Eglantine_, _Fabre d'Eglantine fournisseur aux armées_, _Fabre d'Eglantine et les femmes_, etc. (_Annales révolutionnaires_, 1911, t. IV, et 1914, t. VII).

(16 bis) Ici, dans le manuscrit de Robespierre, un mot barré: notoires (France).

(17) Mots barrés: il les fit décréter d'arrestation (France).

(18) Le 27 frimaire, Fabre d'Eglantine avait dénoncé Maillard, Vincent et Ronsin, qui furent décrétés d'arrestation.

(19) Mots barrés: les conspirateurs (France).

(20) Mots barrés: ne trouvant rien contre eux, Fabre parut (France).

(21) Mots barrés: ne soutint pas (France).

(22) Le 14 pluviôse, 2 février 1794, Voulland, au nom du Comité de Sûreté générale, proposa de remettre en liberté Ronsin et Vincent. Danton, tout en appuyant la mise en liberté qui fut votée, affectait de prendre la défense de Fabre d'Eglantine, leur dénonciateur. Il faut comparer les notes de Robespierre avec le rapport qu'il écrivit sur la conspiration de Fabre d'Eglantine, et qui figure dans les pièces annexes du rapport de Courtois. On doit remarquer que ce passage des notes n'a pas été utilisé par Saint-Just dans son rapport définitif.

(23) Mots barrés: c'étoit Pache, c'étoit Hanriot qu'ils inculpoient, c'étoit Bouchotte, c'étoit le principe (France).

(24) Mot barré: déclarèrent (France).

(25) Mots barrés: où ils vouloient s'introduire (France).

(26) Le 22 frimaire, Barère ayant annoncé à la Convention que les pouvoirs du Comité de Salut public étaient expirés, Bourdon de l'Oise insista pour qu'on procédât à son renouvellement. Il fut appuyé par Merlin de Thionville, et la Convention décréta qu'un scrutin aurait lieu le lendemain pour ce renouvellement. Mais le lendemain, 23 frimaire, le montagnard Jay de Sainte-Foy fit décider la continuation des pouvoirs du Comité sortant. Il n'y eut pas de scrutin.

(27) On trouve l'écho de ce bruit dans les correspondances de l'époque. (Lettre de Barras et Fréron du 30 frimaire dans le _Moniteur_, t XIX, p. 64.)

(28) Mots barrés: a corrigé (France).

(29) _Le Vieux Cordelier_.

(30) Mots barrés: cette doct... (France).

(31) Le 30 frimaire, la Convention fut littéralement assiégée par une foule de femmes qui réclamaient la liberté de leurs parents détenus. Peu après, à la même séance, une députation de Lyonnais protesta contre les barbares exécutions ordonnées à Lyon par Fouché et Collot d'Herbois. Aucune trace de tout ce passage des notes de Robespierre dans le rapport de Saint-Just, à l'exception de la phrase suivante: "Que diroi-je de l'aveu fait par Danton qu'il avoit dirigé les derniers écrits de Desmoulins et de Philippeaux?" (p. 18)

(32) Le 25 brumaire, les deux filles du girondin Lauze-Deperret avaient sollicité un secours de la Convention pour retourner dans leur pays. Sur la proposition de Merlin de Thionville et de Philippeaux, la Convention avait voté le principe de ce secours et chargé son Comité des secours publics de lui faire un rapport sur les pensions alimentaires à accorder aux femmes et aux enfants des condamnés. Un secours fut accordé à la veuve et aux enfants de Gorsas, sur la proposition de Briez, le 13 pluviôse.

(33) Robespierre fait sans doute allusion aux affaires Gaudon et Chaudot. Le marchand de vin Gaudon, condamné à mort pour accaparement, avait été l'objet d'un sursis le 2 nivôse, sa condamnation avait été ensuite annulée le 7 nivôse. Danton et son ami Bourdon de l'Oise avaient contribué à le faire remettre en liberté. Le notaire Chaudot, compromis dans l'affaire de Baune-Winter (prêt de 100 000 livres sterling aux trois fils du roi d'Angleterre), avait été condamné à mort, le 25 pluviôse, pour avoir entretenu des intelligences avec les ennemis de la France. A la demande de Clauzel et de Vadier, la Convention avait ordonné, le 26 pluviôse, qu'il serait sursis à son exécution. Mais le sursis fut levé, le 29 pluviôse, sur le rapport d'Oudot, au nom des Comités de législation et de Sûreté générale. Chaudot, qui avait été le notaire de d'Espagnac, fut guillotiné. Le 29 pluviôse encore, le dantoniste Gufîroy avait pris sa défense.

(34) France fait remarquer en note que Robespierre écrit toujours Demoulins, de même qu'il écrit Dumourier, Défieux, Henriot, Simon.

(35) Mot barré: louant (France).

(36) On voit que Robespierre, qui avait déjà essayé, aux Jacobins, d'atténuer les torts de Camille, le représente ici encore comme un égaré de bonne foi. Saint-Just le jugera plus sévèrement: "Camille Desmoulins, qui fut d'abord dupe et finit par être complice, fut, comme Philippeaux, un instrument de Fabre et de Danton... Comme Camille Desmoulins manquoit de caractère, on se servit de son orgueil. Il attaqua en rhéteur le gouvernement révolutionnaire dans toutes ses conséquences; il parla effrontément en faveur des ennemis de la Révolution, proposa pour eux, un comité de clémence, se montra très inclément pour le parti populaire, attaqua, comme Hébert et Vincent, les représentans du peuple dans les armées; comme Hébert, Vincent et Buzot lui-même, il les traita de proconsuls. Il avoit été le défenseur de l'infâme Dillon, avec la même audace que montra Dillon lui-même lorsqu'à Maubeuge il ordonna à son armée de marcher sur Paris et de prêter serment de fidélité au roi. Il combattit la loi contre les Anglais, etc." (p. 19).

(37) Mots raturés: mais il fut (France).

(38) Les relations étroites de Danton avec les Lameth ne sont pas douteuses. Voir notre étude: Danton dans les mémoires de Théodore Lameth (_Annales révolutionnaires_ de janvier 1913).

(39) Ici une phrase raturée par Robespierre: "C'est par la protection de Mirabeau que Danton fut nommé administrateur du département de Paris, en 1790, dans le temps où l'Assemblée électorale était décidément royaliste." (France). Cette phrase n'en figure pas moins textuellement dans le discours de Saint-Just: "Ce fut par la protection de Mirabeau que tu fus nommé administrateur du département de Paris dans le temps où l'Assemblée électorale étoit décidément royaliste." (Rapport, p. 10). L'accusation de Robespierre, concernant le remboursement de la charge de Danton, se retrouve dans diverses sources contemporaines, notamment dans les mémoires de Lafayette, t. III, p. 84, note. Robinet a publié la quittance du remboursement fait à Danton, mais ce document officiel ne prouve pas que Danton n'eût pas touché irrégulièrement d'autres sommes. Le directeur de la liquidation Dufresne de Saint-Léon, ami de Talleyrand et de Talon, fut fortement soupçonné d'avoir une comptabilité secrète. Compromis dans la découverte de l'armoire de fer et traduit au tribunal criminel de Paris, il fut acquitté à un moment où l'influence de Danton au gouvernement et à Paris était encore puissante.

(40) France fait remarquer en note que cet alinéa et le suivant ont été bâtonnés d'un trait de plume. Il croit que Saint-Just est l'auteur de ce trait de plume. Il me paraît plutôt que c'est Robespierre lui-même, car Saint-Just a maintenu la phrase dans son rapport: "Tous les amis de Mirabeau se vantoient hautement qu'ils t'avoient fermé la bouche. Aussi tant qu'a vécu ce personnage affreux, tu es resté presque muet" (p. 10).

(41) Ce passage a été reproduit par Saint-Just: "Dans ce temps-là tu reprochais à un personnage rigide, dans un repas, qu'il compromettait la bonne cause, en s'écartant du chemin où marchoient Barnave et Lameth, qui abandonnoient le parti populaire" (p. zo). C'est en mai 1791, sur l'affaire des colonies, que Robespierre rompit définitivement avec les Lameth et Barnave. Mais leur évolution à droite datait déjà de quelques mois.

(42) Mots barrés: les derniers numéros (France).

(43) Mots barrés: qui avait fort improuvé la... assez entachée d'aristocratie (France).

(44) Saint-Just a recueilli cette anecdote en l'enjolivant dans son rapport: "On racontoit comme une preuve de la bonhomie de Fabre, que celui-ci se trouvant chez Desmoulins au moment où il lisoit à quelqu'un l'écrit dans lequel il demandoit un comité de clémence pour l'aristocratie, et appeloit la Convention la Cour de Tibère, Fabre se mit à pleurer. Le crocodile pleure aussi." (p. 19).

(45) Je n'ai pas retrouvé ce passage dans le rapport de Saint-Just.

(46) Voir la séance des Jacobins du 18 nivôse an II.

(47) Mots barrés: aux crimes des conspirateurs (France).

(48) "Faux ami, tu disois, il y a deux jours, du mal de Desmoulins, instrument que tu as perdu et tu lui prêtois des vices honteux." (Rapport de Saint-Just, p. 17.)

(49) Cette dernière entrevue de Danton avec Robespierre doit être distincte de celle que Daubigny a racontée dans ses _Principaux événements_, p. 49, car Daubigny ne nomme pas Laignelot parmi les convives du repas chez Humbert. Il doit s'agir de l'entretien rapporté dans les Mémoires de Barras.

(50) Les pressentiments de Robespierre étaient justifiés. Laignelot, qui était un ami de Daubigny (_Principaux événements_, p. 98), se rangera parmi les thermidoriens.

(51) Mots barrés: n'a jamais (France). Cet homme désigne Danton.

(52) A l'Assemblée électorale du département de Paris qui nomma les députés à la Convention.

(53) Mot barré: projets (France).

(54) Mots barrés: Fabre s'était fait fournisseur de l'armée, il avait (France). "Tu enrichis Fabre pendant ton ministère." (Rapport de Saint-Just, p. 12).

(55) Voir notre article: Fabre d'Eglantine, fournisseur aux armées, dans les Annales révolutionnaires, 1911, t. IV, p. 532-534.

(56) n ne peut s'agir ici que du premier rapport de Saint-Just fait devant les Comités et que Robespierre a sous les yeux quand il écrit ses notes.

(57) "Tu donnas des ordres pour sauver Duport; il s'échappa au milieu d'une émeute concertée à Melun par tes émissaires pour fouiller une voiture d'armes." (Saint-Just, p. 12). Adrien Duport fut détenu dix jours dans les prisons de Melun. Un jugement du tribunal de cette ville, rendu sur l'initiative de Danton, le remit en liberté le 17 septembre 1792. Voir les lettres de Danton publiées par Mortimer-Ternaux, _Histoire de la Terreur_, t. III, p. 354 et 557. Robespierre présente les faits d'une façon plus exacte que Saint-Just.

(58) Sur le rôle de Danton dans l'élargissement des deux chefs feuillants Charles Lameth et Adrien Duport, voir les extraits des mémoires de Théodore Lameth, que nous avons publiés dans les _Annales révolutionnaires_, 1913, t. VI, p. 9-13 et 17-27. Avec son cynisme ordinaire, Danton prétendra devant le tribunal révolutionnaire qu'il avait donné "les ordres les plus précis pour arrêter Duport".

(59) Voir la conversation que Robespierre eut avec Petion et Danton à la Commune, le 4 septembre, dans la brochure de Petion intitulée: _Discours sur l'accusation intentée à Robespierre_, Bûchez et Roux, t. XXI, p. 107-108.

(60) Ce passage n'est que le développement d'une note plus sommaire de Robespierre, que nous avons publiée en tête, p. 84.

(61) Exact. Voir la lettre de Kellermann, en date du 21 septembre 1792, où il fait un vif éloge de Dumouriez. _Archives parlementaires_, t. LII, p. 100.

(62) Voir le discours de Dumouriez à la barre de la Convention le 12 octobre 1792. _Archives parlementaires_, t. LII, p. 472.

(63) "Les traîtres n'étoient que trop unis pour notre malheur: dans toutes leurs lettres à la Convention, dans leurs discours à la barre, ils se traitoient d'amis et tu étois le leur. Le résultat de l'ambassade de Fabre fut le salut de l'armée prussienne, à des conditions secrètes que ta conduite expliqua depuis." (Saint-Just, p. 13.)

(64) Mot barré: or (France).

(65) Mots barrés: qui se croient (France).

(66) "Le parti de Brissot accusa Marat; tu te déclaras son ennemi; tu t'isolas de la Montagne dans les dangers qu'elle courait. Tu te fis publiquement un mérite de n'avoir jamais dénoncé Gensonné, Guadet et Brissot, tu leur tendois sans cesse l'olivier, gage de ton alliance avec eux contre le peuple et les républicains sévères. La Gironde te fit une guerre feinte..." (Saint-Just, p. 12.)

(67) Le 4 septembre à la mairie.

(68) "Méchant homme, tu as comparé l'opinion publique à une femme de mauvaise vie; tu as dit que l'honneur étoit ridicule, que la gloire et la postérité étoient une sottise." (Saint-Just, p. 17.)

(69) Mots barrés: tous les soirs (France).

(70) Exact. On n'a que l'embarras de les nommer: Westermann, Fabre d'Eglantine, Villain dit d'Aubigny, Latouche-Chephtel, Lalligant-Morillon, Osselin, etc.

(71) "Tu disois que des maximes sévères feroient trop d'ennemis à la République." (Saint-Just, p. 14.)

(72) Mots barrés: il me disoit un jour (France).

(73) Mot barré: me (France).

(74) Mots barrés: en feignant de partager nos principes (France).

(75) "Tu te trouvois dans des conciliabules avec Wimpfen et d'Orléans." (Saint-Just, p. 14.) Saint-Just a supprimé le nom de Robert.

(76) Mot barré: persuader (France).

(77) Mot barré: impuissante (France).

(78) Mots barrés: de l'Univ... (France).

(79) Chabot dans sa réponse à Lanjuinais (séance de la Convention du 16 décembre 1792) et Camille Desmoulins (dans son _Histoire des Brissotins_) ont reconnu que Robespierre combattit la candidature de Philippe-Egalité à la Convention.

(80) Saint-Just a inséré tout ce passage dans son rapport: "Ce fut toi qui fis nommer Fabre et d'Orléans à l'assemblée électorale où tu vantas le premier comme un homme très adroit et où tu dis du second que, prince du sang, sa présence au milieu des représentants du peuple leur donneroit plus d'importance aux yeux de l'Europe. Chabot vota en faveur de Fabre et d'Orléans" (p. 12).

(81) Mot barré: présentée (France).

(82) C'est le 27 mars 1793, au moment où les premiers bruits de la trahison de Dumouriez arrivaient à Paris, que Robespierre proposa à la Convention de décréter que tous les parents de Capet seraient tenus de sortir sous huit jours du territoire français.

(83) Mot barré: cherchèrent (France).

(84) C'est dans la séance du 4 avril 1793 que Philippe-Egalité et Sillery furent décrétés d'arrestation à vue, sous la garde d'un gendarme. Sillery demanda lui-même que les scellés fussent apposés sur ses papiers. "Quand il s'agira de punir les traîtres, dit-il, si mon gendre est coupable, je suis ici devant l'image de Brutus; je fais le jugement qu'il porta contre son fils." (_Archives parlementaires_, t. LXI, p. 301).

(85) "Fabre et toi fûtes les apologistes de d'Orléans, que vous vous efforçâtes de faire passer pour un homme simple et très malheureux; vous répétâtes souvent ce propos. Vous étiez sur la Montagne le point de contact et de répercussion de la conjuration de Dumouriez, Brissot "t d'Orléans." (Saint-Just, p. 16.)

(86) Mot barré: maintenant (France).

(87) Mots barrés: il avoit été le rédacteur (France).

(88) Mots barrés: si on ne suppose pas un concordat tacite entre lui et La Fayette (France). Tout cet alinéa a passé presque textuellement dans le rapport de Saint-Just (p. 10 et 11). Sur le rôle de Danton dans l'affaire du Champ-de-Mars, voir mon livre sur _Le Club des Cordeliers pendant la crise de Varennes_ et l'article de M. G. Rouanet: Danton en juillet 1791, dans les _Annales révolutionnaires_, 1910, t. III, p. 514-521.

(89) "Que dirai-je de ton lâche et constant abandon de la cause publique au milieu des crises, où tu prenois toujours le parti de la retraite?" (Saint-Just, p. 11.)

(90) Mots barrés: contre les persécutions (France).

(91) Voir notre article: Danton sous la Législative, dans les _Annales révolutionnaires_, t. V. 1912, p. 301-324, et notre livre _Danton et la Paix_.

(92) Mots barrés: une portion (France).

(93) Mots barrés: que son intention étoit de (France).

(94) Sur les intrigues de Danton et de ses amis avec la Cour, à la veille du 10 août, voir notre article: Westermann et la Cour à la veille du 10 août (_Annales révolutionnaires_, 1917, t. IX, p. 398 et sq.) et l'extrait des Essais historiques de Beaulieu sur les rapports de Fabre d'Eglantine avec le ministre de la Marine Dubouchage (_Annales révolutionnaires_, 1914, t. VII, p. 565). Tout ce passage des notes de Robespierre a passé dans le rapport de Saint-Just (p. 11 et 12). Le mémorial de Lucile Desmoulins confirme l'exactitude des notes de Robespierre sur l'attitude de Danton dans la nuit du 9 au 10 août.

(95) Mot barré: comment (France).