Oeuvres de Champlain

Chapter 120

Chapter 1203,090 wordsPublic domain

18/1346 Le Capitaine doit prevoir que tous les canons, pierriers, balles, artifices, poudres & autres armes necessaires à combatre ou à se conserver soient en bon estat, maniées & conduittes par gens expérimentez & entendus, pour esviter aux inconveniens qui peuvent arriver, & notamment des poudres & artifices: ne les commettre qu'à des hommes sages & cognoissans, qui sçachent les distribuer & en user à propos: regarder d'y apporter un tel règlement à toutes les affaires, que chacun suyve son ordre, soit pour le commandement des quartiers selon qu'ils seront ordonnés: comme aussi pour les manoeuvres du vaisseau, que quand chacun sera en son quartier qu'il n'en parte, que ce ne soit [que] par le commandement du Chef ou autre qu'il aura ordonné, que pour ce suject tous les matelots & mariniers soient en estat & disposez pour avoir l'oeil aux manoeuvres & voiles, les bien saisir, tant par en bas que par en haut. Les pilotes doivent estre aussi soigneux des choses qui despendent du gouvernail & de ceux qui y seront mis: Aussi que tous les charpentiers & calfasteurs avec leurs ferrements, soient préparez pour reparer le dommage que l'ennemy pourroit faire au combat: Le vaisseau ne doit estre embarassé, pour pouvoir aller librement visiter en bas, & refaire le dommage que le canon pourroit faire sous l'eaue: L'on doit avoir des vaisseaux préparez, pleins d'eaue pour esteindre le feu, si par hasard il arrivoit quelque accident, soit pour le sujet des poudres, artifices, & autres choses.

Avoir esgard que les blessés soient secourus promptement par 19/1347 gens destinez à cela, & que les Chirurgiens & quelques aydes soient en estat, & fournis de tous les instruments, qui leurs sont necessaires, comme des médicaments & appareils, avec du feu en un brasier de fer, soit pour cauteriser ou faire autre chose quand la necessité le requerra.

Que le chef soit tousjours à l'airte tantost en un lieu tantost en un autre, pour encourager un chacun à son devoir, donner un tel ordre qu'il n'y aye aucune confusion, d'autant qu'en toutes choses cela apporte des dommages notables, principalement en un combat de mer. Le sage & advisé capitaine doit considerer tout ce qui est à son avantage, en demander advis aux plus expérimentez, pour avec ce qu'il jugera estre necessaire & utile, l'exécuter: Aux rencontres & aux effects on ne doit estre nouice, mais expérimenté en l'ordre des combats qui sont de plusieurs façons, d'attaquer & assaillir, & autres choses que l'expérience fait cognoistre plus avantageuses les uns que les autres.

_Que les cartes pour la navigation sont necessaires._

Il n'y a rien si utile pour la navigation que la carte marine, d'autant qu'elle designe toutes les parties du monde, avec les costes, rades, ports, rivieres, caps, promontoirs, ances, plages, rochers, escueils, isles, bans, batures, entrées des havres, les amarques & balisses, & leurs profondeurs, ancrages selon les lieux & dangers qui s'y peuvent rencontrer, les hauteurs, distances, & rumb de vent par lesquels l'on navige. Par la mesme on despeinct aussi les ruisseaux, achenals 20/1348 & terres doubles, qui paroissent dans les terres & le long des costes, parquoy je dis que les cartes qui sont exactement faites sans erreur, les reduisant pour les distances au mieux qu'il sera possible du rond au plat: encore qu'il y aye quelque difficulté, néanmoins l'on y peut parvenir pour s'en servir & bien naviger: il faut que les rumbs de la rose des vents soient justement & délicatement tracées, que tous les degrés de l'eslevation soient bien esgaulx, que l'eschelle des lieux corresponde aux degrés de latitude, que tout soit bien en hauteur, & à cecy la portraiture est necessaire pour sçavoir exactement faire une carte en laquelle quelquefois est necessaire de representer beaucoup de particularités selon les contrées ou régions, comme figurer les montagnes, terres doubles qui paroissent, costoyant les costes, Aussi se peuvent despeindre les oyseaux, animaux, poissons, arbres, plantes, racines, simples, fruicts, habits des nations de toutes les contrées estrangeres, & tout ce que l'on peut voir & rencontrer de remarquable, & ainsi il est bien difficile sans carte marine de naviger, c'est pourquoy il est besoin que tous mariniers en ayent de bonnes, avec tous les instruments & autres choses necessaires à la navigation, qu'ils soient justes & bien graduez, comme aussi faut avoir de bonnes Boussoles selon les lieux où l'on voudra naviger.

_Comme l'on doit user de la carte marine._

Quand il est question d'entreprendre voyage, il faut voir sur vostre carte le lieu de l'élevation d'où l'on part, & celuy où 21/1349 on veut aller, soit en longitude ou latitude, si c'est en la partie du Nort ou du Sud, & la distance du chemin, les rumbs par où il doit naviger, & les vents qui luy seront favorables: Le tout estant bien consideré levez les ancres, mettez sous voiles, & ayant cinglé quelque espace de temps, s'il arrive quelque contrariété de temps l'on navigera par un autre rumb le plus approchant de la route, & à lors faut considérer le lieu où il se treuve selon l'estime qui sera faite du chemin, tenir bon conte sur le papier journal du changement de route avec la hauteur s'il peut, ou d'estimer au mieux qu'il luy sera possible: Pointer sa carte si l'on veut sçavoir le lieu où on est, conter les lieues du chemin, & ainsi l'on cognoistra où l'on sera descendu ou monté, & l'on regardera les rumbs de vent celuy qui a amené le vaisseau d'où il est party, pour quand on voudra faire l'estime: on doit avoir toutes choses bien calculées, pour sçavoir le chemin que l'on aura fait & dechu de la route, comme il sera montré cy après lors qu'il sera question de pointer la carte marine.

_Comme, les cartes sont necessaires à la navigation, pour tous Mariniers qui peuvent sçavoir le moyen de les fabriquer pour s'en ayder, en figurant les costes & autres choses cy dessus dictes, & la façon comme l'on y doit procéder selon la Boussole des Mariniers._

Sur un papier ou carton l'on tracera une rose, ou plusieurs selon l'estendue de la carte, avec les trente deux rumbs, lesquels seront tirés le plus délicatement & nettement que l'on 22/1350 pourra, sur lequel carton aux costés marquerez la quantité des degrés que l'on voudra estendre sur la carte, lesquels contiendront chacun dix-sept lieues & demie, & ferez l'eschelle de dix en dix lieues, qui conviendra aux lieues de degrez, ce que ayant esté observé, ayez aussi vostre Boussole, qui soit selon le lieu de la declinaison du lieu, autrement il y pourroit avoir erreur, prenant un méridien pour un autre: si l'on desire tracer une coste d'un Cap à l'autre, avec les bayes, caps, ports, rivieres, isles, basses, rochers, & autre chose qui peuvent servir de marques pour la navigation d'icelles contrées, avec les sondes, ancrages: Je presupose qu'une coste aille d'un Cap à l'autre selon que montre la Boussole de l'Ouest à l'Est, & que le Cap A, soit à quarante degrés & demy de latitude, poserez un poinct sur ledit carton, à la mesme hauteur de quarante degrés & demy au poinct A, comme l'aurez treuvée sur l'astrolabe, prenez vostre compas, mettant une pointe sur le rumb de vent, qui va de l'Ouest à l'Est, & l'autre que metterez au poinct A, & courant la pointe sur le rumb de vent de l'Ouest à l'Est, jusques au dernier cap vous y marquerez un poinct B, & tirez une ligne de A, B, paralelle au rumb Est & Ouest, ce faict estimez combien il y a de lieues du poinct A, à B, & vous verrez qu'il y a vingt lieues, lesquelles l'on prendra sur l'eschelle, que rapporterez sur le point A, & l'autre poinct sur le rumb de vent tant qu'il se pourra estendre, de ces vingt lieues y marquerez B, qui sera l'estendue d'icelle coste prétendue.

23/1351 On portera la Boussole audit Cap B, lequel chemin se fait avec un bateau, pour recognoistre exactement ce qui sera le long de la coste, où l'on pourra mettre pied à terre pour estre plus asseuré, avoir le gisement de la coste: estant au Cap B, regardez sur la Boussole à quel rumb de vent suit la coste, prenez qu'elle coure au Suest quinze lieues, il faut procéder à ceste seconde scituation comme à la première: prenez le compas, mettez une pointe au poinct B, & l'autre sur le rumb de vent qui est Suest & Norrouest, conforme à la coste qui est le gisement, & tirerez une ligne paralelle au rumb de vent Suest & Norrouest l'on prendra quinze lieues sur l'eschelle & rapporterez une pointe au poinct B, & l'autre sur la ligne au poinct C, distant de quinze lieues: ce qu'estant observé, portez la Boussole sur tous les Caps & autres lieux, y procédant comme au commencement, & s'il y avoit quelques isles, rochers, bans, ou batures en mer, estant à l'un des Caps regardez sur la Boussole à quel rumb demeure l'isle, comme de B, à D, de B, à G, & F, tracez les rumbs des vents esgaux à ceux de la rose des vents, suivant la forme cy dessus, & estant au Cap C, de rechef regardez avec la Boussole à quels rumbs de vent vous demeurent lesdits caps de l'isle, c'est ce qu'il faut premièrement observer: ce qu'ayant veu, vous les tracerez, & où ces rumbs de vent entrecouperont les deux autres, là sera la scituation des Caps de l'isle D, G, F, & la distance sera selon celle de la coste B, C, où il y a quinze lieues, & de B, à D, onze & demie, & à G, autant, à F, dix-huict, & de C, à F, dix, & à G, huict, à D, treize, & ainsi selon la distance des lieux 24/1352 qui seront esloignés de la coste, vous observerez comme aussi tout ce qui se pourra remarquer, faisant tousjours deux scituations, pour sçavoir combien les isles, ou rochers, bans, ou batures sont esloignées de la coste & par le moyen des 25/1353 intercessions qui s'entrecouppent aux rumbs de vent, l'on sçaura la scituation des lieux soit prés ou loing avec la distance. Il ne faut oublier de sonder souvent, & cognoistre les ancrages qui sont marquées en la carte cy dessous, comme est ceste marque, faut mettre aussi le nombre des brasses en chiffres comme vous voyez audit carton. Reprenant le Cap C, & regardant la Boussole à quel rumb de vent suit la coste, recognoissant qu'elle va à l'Est un quart du Nordest vingt & une lieue & demie jusques au poinct H, du poinct H, regardez de rechef comme suit la coste qui va au Nort au Cap I, prés de dix-huict lieues du poinct I, faisant l'Est un quart du Suest, jusques au Cap K, dix-huict lieues & demie, & faisant le Sud un quart du Surrouest, jusques au Cap L, 28 lieues, & dudit Cap faisant l'Ouest Surrouest au Cap M, unze lieues, & ainsi l'on procédera, cherchant les rumbs de vent sur la rose qui est tracée sur le papier ou carton: de ceste façon ferez toutes sortes de cartes à naviger. Je pourrois bien montrer d'autres manières de faire des cartes pour la terre, mais elles ne serviroient pas pour la navigation, d'autant que l'on n'y applique les rumbs de vent selon les Boussoles de la navigation, comme l'on fait à celle de quoy les mariniers se gouvernent, qui doivent estre selon la declinaison des lieux pour estre bien faites, autrement il y auroit de l'erreur si l'on prenoit un autre meridien que celuy qui est audit lieu d'où l'on fait la carte, que l'on ne laisse d'observer sur la terre, mais d'autre façon que le long des costes propres à la navigation.

26/1354 _Des accidents qui arrivent à beaucoup de navigateurs pour ce qui est des estimes, de quoy on ne se donne garde._

Et d'autant que l'estime que l'on doit faire aux voyages de mer, est très necessaire pour la navigation, bien qu'il n'y aye demonstration certaines, qui fait que beaucoup d'erreurs s'en ensuivent, notamment à ceux qui n'ont beaucoup d'expérience, ne cognoissant bien le cinglage du vaisseau où ils navigent, ou prenant un méridien au lieu d'un autre, pour ne sçavoir observer la declinaison du lieu où il navige, voulant prendre rumb pour un autre qui sera contraire à la route, pour quelques fois y avoir de mauvais gouverneurs, qui font déchoir le vaisseau à vau le vent. Tous ces deffauts en partie ne viennent que pour n'avoir cognoissance des longitudes comme des latitudes, & croy que pour en approcher faudroit prendre souvent les declinaisons de l'aiguille d'aimant[826], qui montre le vray méridien où l'on est comme j'ay dit cy dessus: de plus se voit des transports de marée que si l'on n'y prend garde font déchoir le vaisseau de sa route, outre la violence des tempestes, qui fait aller à vau le vent le vaisseau, prenant un rumb pour un autre, en fin un nombre infiny d'autres accidents qui se rencontrent, empeschent de faire une estime asseurée en la navigation, qui cause la perte d'une infinité de vaisseaux, sans la mort de plusieurs hommes, & le tout par 27/1355 l'opiniastreté de certains navigateurs, qui croyent se faire tort si on les tenoit fautifs en leur estime, ne desirant se communiquer à personne, de crainte qu'on apperçoive leur deffaut, voulant par là faire croire qu'ils ont quelque règle plus asseurée que tous les autres, & tels navigateurs font souvent de mauvais voyages à leur ruine, & de ceux qui sont sous leur conduite.

[Note 826: Voir 1613, p. 270, note 1. Quelques auteurs ont cru que la déclinaison de l'aiguille suffisait pour déterminer les longitudes.]

On ne doit oublier une chose en l'estime, qui est se faire plus de l'avant que de l'arriére, comme si le vaisseau faisoit deux lieues par chacune heure, luy en donner demy quart ou plus, conformément au chemin de l'estime qu'on fait selon la longueur des voyages, il vaut mieux estre vingt lieues de l'arriére que trop tost de l'avant, où l'on se pourroit treuver sur la terre ou en danger de se perdre, comme il arrive à plusieurs vaiseaux faute de ne se donner garde, qui pensant estre bien esloignez de terre, faisant porter en l'obscurité de la nuict, aux temps des brunes, ou d'un grand orage, où ils n'ont point de veue, & se treuvent estonnez qu'ils se voient à terre, & s'il y a de quoy sonder au lieu où l'on va, que l'on sonde un jour plustost que plus tard, & si l'on espere la treuver ayant jecté le plomb, continuez de quatre horloges en quatre, en la nuict ou temps de brune, c'est le moyen d'eviter les périls, car l'on ne sçauroit trop appréhender ce que l'on ne voudroit voir, d'autant qu'il ne se fait jamais deux fautes en telles navigations: aussi si avez à doubler quelque cap ou isle la nuict ou durant la brune, prenez tousjours un demy quart de vent plus vers l'eaue pour eviter la terre, ou si quelque marée portoit dessus, prenez plustost un rumb entier: Le jugement du 28/1356 marinier doit aviser à cela plus ou moins selon la violence des marées, & si l'on navigeoit dans les mers où il y a des glaces, & en doutant; prenez garde tout le jour, & ayez des matelots à la hune pour descouvrir, & si n'en voyez le jour ou la nuict allez à petit voile, & si la brune est ou qu'il face noir en lieu douteux, mettez à l'autre bort, ou amenez tout à bas, attendant que l'air soit clair & serain, & si vous en voyez, allez discrettement, & ne vous y engagez mal à propos: La nuict ne faites porter pour eviter le danger, jusqu'à ce qu'en soyez hors, & que l'on ne s'opiniatre de le faire inconsiderement parmy ses dangers, comme quelques fois je me suis veu dix-sept jours enfermé dans les glaces, & sans l'assistance de Dieu nous nous fussions perdus, comme d'autres que nous vismes faire naufrage par leur témérité. C'est pourquoy le sage marinier doit craindre autant les inconveniens qui peuvent arriver, comme ce qui est de l'estime, à laquelle les plus anciens navigateurs sont les plus experts, pour ce suject je traitteray de la différence des estimes cy après.

_Premier que, rapporter les diverses estimes l'on verra une chose remarquable de la providence de Dieu, des moyens qu'il a donné aux hommes pour eviter les périls de la plus part des navigations qui se treuvent aux longitudes, puisqu'il n'y a point de reigle bien asseurée, non plus qu'en l'estime du marinier._

Dieu tout sage, tout bon, tout puissant, prevoyant que les hommes qui cinglent par les mers de ce grand Océan, couroient 29/1357 mil périls & naufrages, s'il ne les assistoit de quelques enseignements, qui les peussent garantir de la mort, & perte de leurs vaisseaux: puisque l'homme n'avoit des certitudes asseurées en ses navigations par les longitudes, & que nul ne se doit travailler en ceste vie pour ce suject, d'autant que ce seroit en vain, comme plusieurs l'ont expérimenté de nostre temps, il y a assez de demonstrations & escrits sans effects solides & arrestez. Or Dieu autheur de toutes choses, comme il ne luy a plu donner ceste cognoissance, il a donné un autre enseignement, par lequel les mariniers se peuvent redresser de leur estime, evitant les périls qu'ils pourroient courir beaucoup plus qu'ils ne font, si ce n'estoit cette providence Divine. C'est chose asseurée que les hauteurs que l'on prend tant par le soleil que par l'estoile polaire & autres, donne une cognoissance certaine du lieu où l'on part, jusqu'à celuy où l'on va, & où l'on est: pour ce qui est des latitudes qui radressent le marinier, mais non l'espace du chemin qui ne se fait que par estime hormis du Nort au Sud, on estime estre une chose dont on n'est pas bien certain de la distance qu'il y a d'un lieu à autre, ou de quelque nombre ou chose semblable: que si le navigateur estoit asseuré de sa route, il ne l'estimeroit pas, ains diroit plustost le poinct de certitude où se treuve le vaisseau quand il voudroit poincter la carte.

On use encore d'une autre manière de parler, qui est quand l'estime ne se treuve bonne, il faut l'amander, & n'y a de règle certaine non plus qu'en l'estime, c'est ce que je n'ay peu sçavoir ny apprendre d'aucuns mariniers, avec lesquels j'ay 30/1358 communique, sinon que tout se fait avec des règles de fantaisie, qui sont différentes, les unes meilleures que les autres, dequoy il faut estre grandement soigneux en la navigation. C'est pourquoy les plus experts & anciens navigateurs, ont cognoissance plus parfaite aux estimes, & autres accidents qui arrivent à la mer, que les autres qui souvent s'en font plus à croire qu'ils ne sçavent. Or comme dit est, il y a des marques asseurées à la navigation, qui sont oposees aux dangers que l'on pourroit encourir, & si certains que quand l'on les cognoist, le marinier se rejouist, & ceux qui sont avec luy, comme s'ils estoient ja arrivez au port de salut, soulagé de tous les soins & estimes passées, recognoissant les fautes qu'il avoit peu faire, comme s'il estoit trop de l'avant ou trop peu de l'arriére, & par ce moyen se gouverner & amander une autrefois son estime, & à bien pointer sa carte: peu à peu on se forme, en pratiquant souvent l'on se rend plus certains en la navigation.