Part 20
Peu de personnes, mon cher, ont le tact assez fin pour discerner dans les caractères les différentes nuances qui les distinguent--et, je suis fâché de le dire, mais il y en aura toujours très-peu qui soient assez humains pour se faire un devoir d'employer leur discernement à connoître le cœur.
Cette modération de caractère, qui toujours est la compagne du mérite réel, se concilie l'amitié du petit nombre; mais, en même temps, elle est propre à être, non-seulement la dupe, mais le mépris de la multitude. On suppose que celui qui n'étend pas au loin ses prétentions, n'en a aucune,--ou du moins que des circonstances honteuses l'empêchent de les annoncer.--L'ignorant, le présomptueux, le suffisant, ne croiront jamais que l'homme modeste puisse avoir le moindre mérite.--Comme ils ne portent que des habits de clinquant, ils n'examinent pas si les autres en ont de meilleure qualité;--ce qui, par parenthèse, est assez naturel.
Les méchans n'imaginent point qu'on ait assez de conscience ou de vertu pour ne pas se servir de ses talens quand leur exercice ne s'accorde point avec l'honnêteté;--si on les emploie sans éclat,--ils soupçonnent toujours quelque motif artificieux ou bas;--de manière que l'homme modeste et pieux n'a que très-peu de chances pour ce qu'on appelle dans le monde bonne fortune:--en effet, chrétiennement parlant, on ne lui promet que bien peu de chose dans cette courte vie;--de pareilles vertus se proposent des récompenses plus durables à la fin des siècles:--c'est dans cette espérance qu'ils placent leur consolation et leurs plaisirs. Hélas! sans cette espérance, comment pourroient-ils supporter une foule de circonstances fâcheuses qui pèsent continuellement sur eux,--et, qui chassent le sourire pour y substituer les larmes?
On vient m'interrompre;--sans quoi je présume--qu'au lieu d'une lettre, vous alliez avoir un sermon; mais c'est un soir de dimanche,--et par conséquent avec,--un Dieu vous bénisse!--je finirai par me dire,
Votre affectionné, etc.
LETTRE XXXIX.
A ...
_Samedi au soir._
Je viens, mon ami, d'avoir une autre attaque, et quoique j'en sois remis en grande partie, elle m'a du moins averti d'une chose, qui est,--que, si je suis assez téméraire pour hasarder de passer l'hiver à Londres, je ne verrai jamais d'autre printemps[4].
[4] Il mourut en effet le printemps suivant, dans son appartement, rue de Bond.
Mais il en sera ce qu'il pourra, ma famille étant maintenant en Angleterre, et moi, me proposant de publier mon voyage sentimental qui, je le pense avec vous, sera le plus répandu de mes ouvrages,--je ne vois pas trop comment il me seroit possible de contrarier mes intérêts, mes affections, et ma vanité, au point de tourner ma figure vers le sud avant le mois de mars.--Si j'arrive à cette époque, je pense que j'en imposerai à la mort pour sept à huit mois de plus:--alors je pourrai la laisser dans les brouillards, et me sauver dans les lieux où je l'ai bravée si souvent, qu'il est à présumer qu'elle ne voudra pas m'y relancer encore. Cette idée réjouit mes esprits:--ce n'est pas, croyez-moi, que la mort en elle-même me fasse de la peine;--mais il me semble que pendant une douzaine d'années--je pourrois encore faire un usage tolérable de la vie.
Toutefois la volonté de Dieu soit faite. D'ailleurs je vous ai promis,--et je puis ajouter, à ma charmante amie, madame V... de lui faire une visite en Irlande,--et--je pense aussi que vous voudrez bien m'accompagner.
Ce n'est pas parce que je vous dois sa connoissance,--ce qui cependant doit être compté pour quelque chose; ce n'est pas non plus sa voix enchanteresse;--ni parce qu'elle est venue elle-même, sous la forme d'un ange consolateur, me donner de la tisanne pendant ma maladie,--et jouer au piquet avec moi, dans la crainte, comme elle le disoit, que la conversation ne m'échauffât trop, et que je ne pusse résister à la tentation de causer.--Ces motifs sont très-puissans sans doute;--cependant ils ne sont pas la cause première de la grande affection que j'ai pour elle.--Je l'aime parce que c'est un esprit à l'unisson de toutes les vertus, et un caractère du premier ordre;--de ma vie je n'ai rien vu--qui lui soit comparable pour les grâces; et jusqu'au moment où je l'ai aperçue, je n'aurois pu me figurer--que la grâce pût être aussi parfaite dans toutes ses parties, ni si bien appropriée aux dons les plus heureux de la jeunesse, sous le régime immédiat d'un esprit supérieur; car je réponds bien que l'éducation, quoiqu'appelée à terminer l'ouvrage, n'a joué qu'un rôle très-secondaire dans la composition de son caractère: ses plus grands efforts ont été de soigner quelque bout de draperie, ou plutôt, ils se sont perdus dans cet ensemble de belles qualités qui domine toutes les perfections accessoires.
En un mot, quelque envie que j'eusse de m'embarquer, si, au moment du départ, une femme pareille me faisoit un signe de la main,--il est sûr que je ne partirois pas.
Cependant le monde me tue absolument; si vous en étiez instruit, vous en seriez affligé; je le sais;--et je désire ne pas vous occasionner une larme inutile.--Il suffit à votre pauvre Yorick de savoir que vous en verserez plus d'une quand il ne sera plus;--mais j'espère que, quoique ma mort, en quelque-temps qu'elle arrive, ait quelque chose d'affligeant pour vous, vous pourrez aussi trouver quelque chose de consolant dans mon souvenir, quand je reposerai sous le marbre.
Mais pourquoi parler de marbre?--c'est sous la terre que je dois dire:
Car, qu'on me couvre de terre, _ou_ de pierre,
Cela m'est égal, Cela m'est égal.
Jusqu'alors, du moins, je serai toujours, dans la plus grande sincérité,
Votre très-affectionné, etc.
_Fin des Lettres._
PENSÉES
DIVERSES.
On peut se rendre indigne de la faveur, parce que l'homme a le droit d'en disposer; mais il n'en est pas ainsi de la charité, car Dieu la commande.
Je fis un jour l'épitaphe suivante, pour une femme babillarde: «Ci gît Madame ... qui, le 10 d'août 1764, se tut.»
Ceux qui parlent sans cesse de leur santé, ressemblent aux avares qui entassent toujours de l'argent, sans avoir jamais l'esprit d'en jouir.
Quand je vois mourir un honnête homme, et vivre tant de scélérats, je sens bien emphatiquement la force de ce passage des pseaumes: _Dieu ne veut pas la mort du pécheur._
Il n'y a rien de tel dans la vie que le vrai bonheur; la plus juste définition qu'on en ait donnée est celle-ci: c'est un acquiescement tranquille à une douce illusion.
Quelqu'un s'exprimoit fort heureusement, en faisant l'apologie de son épicuréisme; il disoit que malheureusement il avoit contracté la mauvaise habitude d'être heureux.
Les procureurs sont aux avocats ce que les apothicaires sont aux médecins; mais les premiers ne commercent pas par _scrupules_.
L'intelligence divine n'a pas besoin de raisonnemens: les propositions, les prémices et les déductions ne lui sont pas nécessaires. Dieu est purement _intuitif_; il voit d'un clin-d'œil tout ce qui peut être. Toutes les vérités ne sont en lui qu'une seule idée, tous les espaces qu'un point, l'éternité même qu'un instant. Voilà, l'idée la plus philosophique qu'on puisse se faire de Dieu. Ces qualités conviennent à lui seul; et tout autre être que l'Être éternel seroit malheureux de les posséder. Plus de recherches, d'espérance, de variété, de société: les plaisirs d'un pareil Être, s'il n'étoit pas Dieu, se réduiroient à la pure sensualité.
J'avois un protecteur qui publia les bonnes intentions qu'il avoit pour moi, et qui se paya ainsi d'avance de ma reconnoissance. Un homme généreux peut être comparé au datif de la grammaire latine, qui n'a point d'articles, et qui ne déclare son cas qu'à la fin de la phrase.
Nous pouvons imiter la divinité dans quelques-unes de ces facultés; mais nous pouvons l'égaler dans celle de sa miséricorde. Nous ne pouvons pas donner, mais nous pouvons pardonner comme elle.
La différence des jugemens que nous portons entre la cécité et la mort, dérive de la différente position dans laquelle nous les jugeons. Nous préférons la cécité quand nous sommes en compagnie; la mort est plus heureuse quand nous sommes seuls.
L'homme sobre, quand il s'est enivré, a la même stupidité que l'ivrogne, quand il est sobre.
Un esprit chaste, comme une glace pure, est terni par le moindre souffle.
Quelques orthodoxes assurent que la vertu des anciens participe de la nature du péché, parce qu'elle n'a pas été éclairée de la lumière de la révélation. Ainsi donc Socrate, Platon, Sénèque, Epictète, Titus et Marc-Aurèle, ne sont que de misérables pécheurs, qui croient faussement avoir fait du bien aux hommes, mais qui n'ont réellement qu'allumé du charbon pour eux-mêmes. S'il me falloit convertir un de ces malheureux, il faudroit donc que je commençasse par le dépouiller de toute charité, bienveillance et vertu; que je le laissasse quelque temps se refroidir; et que je le livrasse ensuite, ainsi nu au catéchisme du clerc, et aux verges du maître d'école de la paroisse. J'espère que cette bonne idée, bien orthodoxe, me vaudra pour le moins un doyenné.
L'algèbre est la métaphysique de l'arithmétique.
Le savoir est le dictionnaire des sciences; mais le bon sens est leur grammaire.
On fait usage des mots _arts_ et _sciences_, sans saisir avec précision leur différence. Je crois que la science est la connoissance de l'universalité, l'abstraction de la sagesse; que l'art est la pratique de la science. La science _est la raison_, et l'art _en est le mécanisme._ La science est _le théorême_; et l'art _le problême_. Mais, direz-vous, la poésie est un art, et il n'est point mécanique. La poésie n'est ni un art ni une science: elle ne s'apprend pas; c'est un souffle du créateur sur notre ame, c'est une inspiration, c'est enfin le génie.
Le ton positif et tranchant est une absurdité. Si vous avez raison, il diminue votre triomphe; si vous avez tort, il ajoute à la honte de votre défaite.
Un original est un monstre qu'on admire plus qu'on ne l'estime.
Le désir est une passion dans la jeunesse et un vice dans la vieillesse: quand il sollicite, il est pardonnable; quand on le sollicite, il est vil.
On peut comparer le vin aux amis: le nouveau est tout potable; le vieux est plus généreux, mais il a du marc.
La providence a sûrement donné la mauvaise humeur aux vieillards et aux malades, par compassion pour les amis et les parens qui doivent leur survivre: il étoit naturel qu'elle cherchât à diminuer le regret de leur perte.
Pardonner à ses ennemis est le plus grand effort de la morale payenne: rendre le bien pour le mal étoit une vertu réservée au christianisme.
La potence, ainsi que l'arbre défendu du paradis terrestre, donne la mort et la science.
La vérité dans un puits et la vérité dans le vin, signifient la même chose: il ne faut dire son secret qu'à un homme sobre.
Les bons écrits sont comparables au vin: le bon sens en est la force; et l'esprit, la saveur.
Le respect pour nous-mêmes, voilà la morale: la déférence pour les autres, voilà les manières.
Les amoureux s'expriment fort bien quand ils parlent d'échanger leurs cœurs. La passion enchanteresse de l'amour dénature effectivement le caractère des deux sexes. Elle donne de l'esprit à la bergère, de la douceur au berger; elle échange enfin entr'eux le courage et la timidité.
Quand le malheur est suspendu sur ma tête, je m'écrie: _Dieu, préserve-m'en._ Quand il me frappe: _Dieu, soit loué._
Le courage et la modestie sont les deux vertus les moins équivoques, parce que l'hypocrisie ne sauroit les imiter.
Elles ont encore cette propriété, qu'elles s'annoncent en nous par la même couleur.
Les hommes sont comme les plantes: les unes aiment le soleil, et les autres l'ombre.
Il y a deux sortes d'écrivains moraux: les uns font de l'homme un ange et les autres une bête. Ils ont tous tort: l'un argumente du meilleur, et l'autre du pire des hommes. Le docteur Young les concilie ainsi: «Nous ne pouvons avoir une trop haute idée de notre nature, et une trop basse de nous-mêmes.»
Les rois sont plus malheureux que leurs sujets: l'habitude accoutume au mal-aise, tandis que la fatigue de régner devient chaque jour plus pénible. Ce qui m'a le plus surpris dans l'histoire, c'est d'y rencontrer si peu d'abdications. Une douzaine ou deux, tout au plus, de rois sont descendus volontairement de leur trône: et encore quelques-uns s'en sont repenti!
Le mensonge est la plus insupportable poltronerie. C'est craindre les hommes et braver Dieu.
Les franc-penseurs sont généralement ceux qui ne pensent jamais.
Zoroastre, selon Pline, rit le jour de sa naissance, et Thomas Morus le jour de sa mort: quel est le plus extraordinaire des deux?
Il y a eu des femmes célèbres dans toutes les sectes philosophiques; mais rien n'a égalé le mérite des pytagoriciennes: il falloit se taire et garder le secret.
Solon privoit les pères de leur autorité sur les bâtards, par une raison très-curieuse: ils avoient été pères pour leur plaisir, ils étoient récompensés par le plaisir de l'avoir été.
Hucheson, grand mathématicien, damne ou sauve les hommes, par des équations d'algèbre _en plus et en moins_. Il falloit que saint Pierre, selon lui, sût bien les mathématiques; et je ne connois que saint Mathieu, dans le ciel, qui, en sa qualité de financier put assister à un pareil compte.
Je demandai à un ermite, en Italie, comment il pouvoit vivre seul, dans une chaumière élevée sur la cîme d'une montagne, à un mille de toute habitation; il me répondit aussitôt: _La providence est à ma porte._
Dans le monde, vous êtes sujet aux caprices de chaque extravagant: dans votre bibliothèque, vous soumettez les hommes célèbres aux vôtres.
Une bonne comparaison doit être aussi courte et aussi concise que la déclaration d'amour que fait un roi.
J'ai connu un brave soldat, qui me confioit le secret de son courage, en ces termes: Dans un combat, au premier feu, je me figurois être un homme mort; je combattois, tout le long du jour, dans cette idée, sans appercevoir seulement le danger. Mon illusion ne cessoit que quand je rentrois dans ma tente: je revenois des limbes; je vis encore; me disois-je!
J'admire la philosophie de celui qui pardonne; mais j'aime le caractère de celui qui sent.
Au commencement du seizième siècle, un prêtre ayant trouvé dans un auteur grec, ce passage: ονους εστιν αυλος, _l'ame est immatérielle_, et ayant vu dans son lexicon que αυλος signifioit _flûte_, il composa, dans un exercice académique, quinze argumens, tout au moins, pour prouver que l'ame étoit un sifflet.
Les juifs envoyèrent des ambassadeurs à Cromwel, pour savoir s'il n'étoit pas le vrai messie.
Le pape Jules II lisoit la Bible quand on lui apprit la défaite de son armée par les Français: il la jeta par terre pour témoigner à Dieu son ressentiment.
L'ancienne Rome se rendit la _maîtresse_, (ce mot est pire que celui de _maître_) de l'univers, sous ses consuls, par la même méthode que la nouvelle a continué d'employer sous ses pontifes. Le bien de la république étoit le prétexte de Rome ancienne; le bien de l'église est celui de la moderne. D'après ce principe, auquel les autres sont subordonnés, tous les vices, l'oppression et la fausseté, quand ils favorisent la domination, deviennent ou des vertus publiques, ou des fraudes pieuses.
Par une loi des canons, si l'on accuse un cardinal de fornication, il faut produire soixante-dix témoins: à ce compte, il doit caresser une fille en plein marché, pour être convaincu.
Combien le système de l'amour platonique seroit beau, s'il pouvoit se réaliser! que ses extases seroient pures et séraphiques! deux cœurs fidèles, doucement agités dans la même sphère d'attraction, le même sistole, le même diastole, sujets au même flux et reflux, et se rapprochant toujours plus près l'un de l'autre, par la compulsion la plus agréablement insensible, comme les asymptotes d'une hyperbole, sans jamais coïncider ensemble et rencontrer le point de contact!
Rien ne rappelle si puissamment notre ame que l'infortune. Les fibres tendues se relâchent; alors l'ame égarée se retire en elle-même, s'assied toute pensive, et admet en silence la salubrité des réflexions. Si nous avons un ami, nous pensons aussitôt à lui; si nous avons un bienfaiteur, ses bontés pressent alors sur notre cœur. Grand Dieu! n'est-ce pas par cette raison, que ceux qui t'ont oublié dans leur prospérité, reviennent à toi dans leurs chagrins? quand ils abattent nos esprits affligés, à qui pouvons-nous plus sûrement recourir qu'à toi, qui connois nos besoins, qui tiens en dépôt nos larmes dans ton sein, qui vois nos moindres pensées, et qui entends chaque soupir mélancolique qui échappe à notre découragement.
Vers le milieu du treizième siècle, et sous le pontificat de Grégoire IX, il arriva un singulier événement. Le comte de Gleichen fut fait prisonnier dans un combat contre les Sarrasins, et condamné à l'esclavage. Comme il fut employé aux travaux des jardins du sérail, la fille du Sultan le remarqua. Elle jugea qu'il étoit homme de qualité, conçut de l'amour pour lui, et lui offrit de favoriser son évasion s'il vouloit l'épouser. Il lui fit répondre qu'il étoit marié; ce qui ne donna pas le moindre scrupule à la Princesse accoutumée au rit de la pluralité des femmes. Ils furent bientôt d'accord, cinglèrent et abordèrent à Venise. Le comte alla à Rome, et raconta à Grégoire IX chaque particularité de son histoire. Le Pape, sur la promesse qu'il lui fit de convertir la Sarrasine, lui donna des dispenses pour garder ses deux femmes.
La première fut si transportée de joie à l'arrivée de son mari sous quelque condition qu'il lui fût rendu, qu'elle acquiesça à tout, et témoigna à sa bienfaitrice l'excès de sa reconnoissance. L'histoire nous apprend que la Sarrasine n'eut point d'enfans, et qu'elle aima d'amour maternel ceux de sa rivale. Quel dommage qu'elle ne donnât pas le jour à un être qui lui ressemblât!
On montre, à Gleichen, le lit où ces trois rares individus dormoient ensemble. Ils furent enterrés dans le même tombeau chez les bénédictins de Pétersberg; et le comte qui survécut à ses deux femmes, ordonna qu'on mît sur le sépulcre, qui fut ensuite le sien, cette épitaphe qu'il avoit composée.
«Ci gissent deux femmes rivales, qui s'aimèrent comme des sœurs, et qui m'aimèrent également. L'une abandonna Mahomet pour suivre son époux, et l'autre courut se jeter dans les bras de la rivale qui le lui rendoit. Unis par les liens de l'amour et du mariage, nous n'avions qu'un lit nuptial pendant notre vie; et la même pierre nous couvre après notre mort.»
_Fin du Tome sixième et dernier._
TABLE
DES MATIÈRES
Contenues dans ce Volume.
_Préface des lettres d'Yorick à Eliza._ Page 3 _Eloge d'Eliza Drapper par l'abbé Raynal._ 5 _Lettres d'Yorick à Eliza._ 11 _Préface du Traducteur des sermons choisis._ 47 Sermon I. _Le bonheur._ 51 Sermon II. _La maison de deuil et la maison de fête._ 64 Sermon III. _Le Prophète Elisée et la veuve de Sarepte._ 78 Sermon IV. _Le lévite et sa concubine._ 100 Sermon V. _Plaintes de Job sur les malheurs et la briéveté de la vie._ 117 Sermon VI. _Le caractère de Semeï._ 134 Sermon VII. _Le pharisien et le publicain._ 146 Sermon VIII. _La philantropie recommandée._ 158 Sermon IX. _La conduite de Félix envers Saint-Paul._ 174 Sermon X. _Les abus de la conscience._ 187 Sermon XI. _Considérations sur l'histoire de Jacob._ 205 Sermon XII. _Les voies de la providence justifiées._ 221 Sermon XIII. _Lazare et l'homme riche._ 234 Sermon XIV. _Considérations sur les grâces accordées à la nation._ 250 Sermon XV. _Le caractère d'Hérode._ 264 Sermon XVI. _Le temps et le hasard._ 278 _Lettres de Sterne._ 289 _Pensées et anecdotes._ 419
Fin de la Table du Tome sixième.
Notes du transcripteur
On a conservé l'orthographe de l'original, avec ses incohérences (par ex. horizon/horison, vide/vuide, fidèle/fidele/fidelle, etc.), en corrigeant toutefois les erreurs introduites par le typographes. Les passages en italique sont notés _entre caractères soulignés_.
End of Project Gutenberg's Oeuvres complètes, tome 6/6, by Laurence Sterne