Odes d'Anacréon Traduction littérale et rythmique

Chapter 2

Chapter 22,655 wordsPublic domain

LE CHANT DU FESTIN

I

Quand je bois du vin, Alors mon coeur fleuri de joie Commence à chanter les Muses.

II

Quand je bois du vin, Les inquiétudes, les projets soucieux S'envolent, dissipés, aux souffles Des vents retentissant du bruit des vagues.

III

Quand je bois du vin, Bacchus alors, qui badine avec la lyre, Me balance sur l'aile des zéphyrs fleuris, Après m'avoir réjoui d'ivresse.

IV

Quand je bois du vin, Tressant des couronnes de fleurs Pour les poser sur ma tête, Je chante la sérénité de la vie.

V

Quand je bois du vin, Oignant mon corps d'un parfum qui sent bon, Serrant dans mes bras ma maîtresse, Je célèbre Cypris.

VI

Quand je bois du vin, Dans des coupes rondes Répandant à flots le vin qui m'est cher, J'aime un choeur de jeunes gens.

VII

Quand je bois du vin, C'est un gain pour moi seul Et je l'emporterai: Mais la mort est le lot de tous.

XL

ÉROS

Érôs un jour dans les roses Une abeille cachée Ne vit pas, et fut piqué. Blessé au doigt De la main, il gémit; Et courant et volant A la belle Cythérée: «Je suis perdu, mère», dit-il, «Je suis perdu, et je me meurs! Un petit serpent m'a frappé; Il a des ailes: c'est _abeille_ Que le nomment les laboureurs.»

Elle répondit: «Si le dard De l'abeille fait tant de peine, Combien devront souffrir, crois-tu? Érôs, ceux que tu frappes?»

XLI

LE FESTIN

Buvons le vin joyeux Et célébrons Bacchus, L'inventeur de la danse, L'ami de toute chanson, Le compagnon d'Amour, Le bien-aimé de Cythérée. Par lui l'Ivresse est enfantée, Par lui les Grâces sont nées, Par lui sont calmés les Chagrins, Par lui endormie la Tristesse. Dès que la boisson versée De beaux enfants m'apportent, Ma peine s'en va se mêler A la tempête qui tourne au gré du vent. Donc, prenant une coupe, Bannissons les soucis. Car, que gagnez-vous à Souffrir d'inquiétude? Comment lire dans l'avenir? La vie est obscure aux mortels. En buvant, je veux danser Et, parfumé, folâtrer Avec de belles femmes. Absorbez-vous, si vous voulez, Dans tous les soucis possibles: Nous, joyeux, buvons du vin Et célébrons Bacchus.

XLII

CE QUE J'AIME LE PLUS

Je recherche les danses Du jovial Bacchus: J'aime à jouer de la lyre A table avec un bel éphèbe. Des couronnes d'hyacinthe A mes tempes ajustées, Folâtrer avec de jeunes vierges: Voilà ce que j'aime surtout. Mon coeur ne connaît pas la haine, Ignore l'envie dévorante; De la langue médisante Je fuis les traits subtils. Je hais les querelles d'ivrognes Et de gourmands dans les repas. Avec de jeunes filles, Aux sons de la lyre dansant, Goûtons le bonheur de la vie tranquille.

XLIII

LA CIGALE

Nous disons: «Heureuse Cigale!» Dès que, sur la cime des arbres, Tu as bu quelques gouttes de rosée, Ainsi qu'une reine, tu chantes. Car, c'est bien à toi, tout Ce que tu vois dans les champs Et que produisent les forêts. Tu es l'amie des laboureurs, Ne leur causant aucun dommage; Tu es vénérée des mortels, Douce prophétesse de l'Été. Les Muses te chérissent, Il te chérit aussi, Phébus, Qui t'a dotée d'une voix harmonieuse. La vieillesse ne t'accable pas. Sage, fille de la Terre, amoureuse des chants, Impassible, sans chair ni sang, Tu es, ou peu s'en faut, égale aux Dieux.

XLIV

UN RÊVE

Il me semblait courir en rêve, Portant des ailes aux épaules: Mais Érôs, avec une chaîne de plomb Autour de ses petons charmants, Me poursuivait, et m'atteignit. Que veut dire ce songe? Ceci, je crois: c'est, qu'engagé Dans de nombreux amours, J'ai pu me dégager des autres, Mais celui-ci me retient enchaîné.

XLV

LES FLÈCHES DE L'AMOUR

Le mari de la Cythérée Aux forges de Lemnos, Les flèches des Amours Forgeait avec de l'acier. Cypris en trempait les pointes Dans le miel le plus doux: Érôs y mêlait du fiel. Arès un jour, de retour de la guerre, Brandissant sa forte lance, Ravalait les traits de l'Amour. «Tiens», dit Érôs: «celui-ci Est-il perçant? Éprouve-le, pour en juger?» Mars prit le trait, Cypris sourit; Mais Arès, en gémissant: «Oh! oui, bien perçant!» Reprends-le. «--Garde-le», répond Érôs.

XLVI

IMPRÉCATIONS CONTRE L'ARGENT

Il est dur de ne pas aimer Et dur aussi d'aimer: Mais le plus dur de tout, c'est D'être dédaigné, quand on aime. La naissance ne fait rien à l'Amour Il foule aux pieds le savoir, la vertu: Il n'a d'yeux que pour l'argent. Ah! meure le premier Qui fit de l'or son amant! Avec lui plus de frère, Avec lui plus de père, Mais la guerre et le meurtre. Le pis, c'est qu'il nous tue, Nous autres, malheureux amants!

XLVII

LE VIEILLARD DE BELLE HUMEUR

J'aime un vieillard enjoué, J'aime un jeune danseur. Mais, à peine un vieillard a dansé, Que, tout étant vieillard par les cheveux, Il est jeune par l'âge.

XLVIII

A DIONYSOS

Le dieu qui rend la jeunesse infatigable Au travail, aux amours intrépide, Et qui dans les festins un beau danseur achève, Ce dieu parmi nous est venu, Nous apporter une liqueur vermeille, Une boisson ennemie des chagrins, Fille de la vigne: le vin, Emprisonné dans ses raisins Et pendant aux ceps. Laissons-l'y; Mais, le jour venu de couper les grappes, Alors plus de malades: Les corps seront beaux Et les âmes épanouies, Jusqu'à la prochaine vendange.

XLIX

LE TRIOMPHE DE VÉNUS ANADYOMÈNE

Quel burin a gravé la mer? Quel artiste inspiré A versé les flots dans un disque Sur le dos de la mer? Quel génie dessina sur les flots, Éblouissante de candeur, Cypris? Quel génie, s'élevant jusqu'aux Dieux, Osa des Immortels représenter la mère? Il ne craignit pas de la montrer nue, Et ce que les yeux ne doivent pas voir N'a que les flots pour vêtement. A leur surface balancée, Comme l'algue blanchissante flotte Sur la mer calme et doucement polie, La déesse, mettant son corps à la nage, Pousse les vagues devant elle. De ses seins de rose, De son cou d'albâtre qui reste sous l'eau, Elle fend les vagues énormes. Au milieu du sillon, Cypris, Comme un lys à des violettes entrelacé, Brille sur la sérénité de la mer. Sur les écailles argentées Des dauphins qui tressautent, Sont portés ces dieux qui raillent L'esprit fallacieux des hommes: Érôs et Iméros. Le choeur des poissons recourbés Fait des plongeons dans l'eau, En lutinant le corps de la déesse, Afin qu'elle triomphe avec un sourire.

L

LES VENDANGES

Le raisin noir de peau Dans des corbeilles portent sur leurs épaules Des jeunes hommes avec des jeunes filles. Ils le jettent au pressoir, Et les hommes seuls foulent aux pieds La grappe, pour délivrer le vin captif. En l'honneur du dieu de la vigne ils font retentir Les chansons bruyantes des vendanges, Tout joyeux de voir bouillonner dans la tonne Le vin nouveau tant désiré. Un vieillard en boit-il? Il danse en dépit de ses pieds tremblants, Agitant sa chevelure blanche. Cependant qu'épiant une vierge, Qui répand son corps délicat Sur des feuilles pleines d'ombre, Accablée de sommeil, Un aimable jeune homme enivré La caresse et l'invite à des amours précoces, Qui la rendraient traîtresse au mariage. Voyant qu'il ne persuade pas, Il la presse malgré elle. C'est qu'avec la jeunesse, Bacchus, Dieu de l'ivresse, s'égaie en liberté.

LI

LA ROSE

Avec le printemps porteur de couronnes, Je pense à chanter très haut la rose, Tendre fleur, ma compagne. C'est l'haleine des Dieux mêmes Et le charme des mortels, L'ornement des Grâces dans la saison Des Amours en fleur, L'attribut folâtre de Vénus. C'est le thème des poésies, La plante aimée des Muses; Douce même à qui fait l'épreuve de ses dards Dans les sentiers épineux; Douce à la main qui la cueille et qui caresse De ses doigts fins et délicats Cette fleur de l'Amour. Comme au sage elle plaît encore Dans les danses, sur les tables, Aux fêtes Dyonisiaques. Que ferions-nous sans la rose? «L'Aurore a des doigts de roses, Les Nymphes des bras de roses, Aphrodite un teint de roses,» Dans le langage des poètes. La rose, secourable aux malades, Protège aussi les morts Et triomphe du temps. Des roses la vieillesse, encore agréable, Garde un parfum de jeunesse.

Chantons donc son origine. Quand, de la mer azurée, Cythérée brillante de rosée L'Océan fit naître de son écume; Quand Athènè, la guerrière Déesse à l'Olympe redoutable, Jupiter fit sortir de son cerveau; Alors des roses admirables La Terre fit fleurir les jeunes pousses, Chef-d'oeuvre d'art de la Nature. La troupe des Dieux bienheureux, Pour que naquît la rose, répandirent Le nectar, et firent s'élever, Superbe, du sein des épines, L'immortelle fleur de Bacchus.

LII

LE POÈTE SE PLAIT AVEC LA JEUNESSE

Lorsque parmi les jeunes hommes Je te vois, revient la Jeunesse, C'est alors que pour la danse, Moi, le vieillard, j'ai des ailes. Attends-moi, Cybélès; Donne des roses: je veux me couronner. Loin la vieillesse chenue! J'irai danser jeune parmi les jeunes. Puis, qu'on m'apporte une rivière née De la moisson de Bacchus en automne. On verra la vigueur du vieillard, Enseignant à jaser, Enseignant à boire Et délirer non sans grâce.

LIII

LES AMANTS

Les chevaux ont aux cuisses Une marque de feu, Et les Parthes Se reconnaissent à leur tiare. A voir les amants, moi, Je les devine aussitôt: C'est qu'ils ont une imperceptible Blessure au coeur.

LIV

LA VIEILLESSE

Déjà mes tempes sont Blanchies, ma tête argentée. La jeunesse et ses grâces Ne sont plus; ma bouche a vieilli, Et de la vie heureuse à peine Quelques instants me restent. A cette pensée je gémis Sur moi, redoutant le Tartare. D'Adès effroyable est Le gouffre: il est terrible D'y descendre; impossible A qui descend de remonter.

LV

DOUCES IVRESSES

Allons, enfant, apporte-moi La coupe; qu'à plein verre Je boive; mêle dix cyathes d'eau A cinq de vin, Et que sans affront Et sans crainte je célèbre Bacchus. . . . . . . . . . . . . . . . . . . Allons! çà! et n'allons plus ainsi Par du tapage et des cris de joie Nous exercer à boire comme les Scythes; Mais buvons peu en chantant bien.

LVI

L'AMOUR

Érôs, le doux Érôs, Je pense à le chanter Couronné de mitres de fleurs: Car, il est le maître des Dieux Et le dompteur des hommes.

LVII

PRIÈRE A ARTÉMIS

EN FAVEUR DES MAGNÉSIENS

Je t'en supplie, chasseresse de cerfs, Blonde fille de Jupiter, des bêtes féroces Souveraine, Artémis: Descends en ce jour sur les flots tournoyants Du Léthé; cette cité, Ses braves habitants, regarde-les D'un oeil propice: ils sont loin d'être barbares, Les peuples sur qui tu règnes.

LVIII

A UNE JEUNE FILLE

I

Pouliche de Thrace, pourquoi donc, Me regardant de travers, Fuir impitoyablement? Est-ce que tu me crois Sans adresse aucune?

II

Sache que je pourrais fort bien Te mettre le mors, Et, rênes en main, te faire tourner autour Des bornes du champ de course.

III

A présent, tu pais les prairies Et bondissant, légère, tu folâtres: C'est que tu n'as pas d'écuyer Habile à te dompter.

LIX

LE PRINTEMPS

Il est doux de marcher Où les pelouses étendent leurs tapis, Où le Zéphyr exhale Une brise odorante; Doux de voir le cep cher à Bacchus, De s'enfoncer sous le feuillage, En serrant une tendre enfant Qui respire Vénus tout entière.

LX

APOLLON

Je vais agiter les cordes de ma lyre. Ce n'est pas qu'un prix me soit proposé: Mais, c'est l'occupation de tout homme Qui a cueilli la fleur de la sagesse. Avec un plectre d'ivoire Sonnant des vers harmonieux, Sur le rythme Phrygien, je chanterai, Comme un cygne du Caystre Chante au bruit de ses ailes blanches: Sa voix est à l'unisson du vent.

Et toi, Muse, danse avec moi; Car ils sont consacrés à Phébus, Cette lyre, ce laurier, ce trépied.

Je chante l'amour de Phébus, Son ardeur qui passa comme un souffle; C'est qu'elle était sage, la jeune fille: Elle a fui l'aiguillon du dieu Et changé sa forme naturelle: Elle agite maintenant ses feuilles verdoyantes. Cependant Phébus allait, Phébus Espérait dompter la vierge; Même, en cueillant un rameau vert, Il croyait satisfaire son désir.

Eh! mon coeur, d'où ce délire? D'où ce bel emportement? Prends des forces, lance le trait, Touche le but, et puis va-t'en. Laisse l'arc d'Aphrodite, Cet arc vainqueur des Dieux. Imite Anacréon, Le chantre mélodieux. Présente à mes amants la coupe, La coupe des discours aimables. Que cette boisson, ce nectar Les console de la fuite De cet astre étincelant, l'Or.

LXI

L'OR

Toi qui de la fraude et des haines As mis l'amour au coeur des hommes; Qui leur ravis ces plaisirs: la lyre, les hymens, Et les baisers honnêtes; Toi qui versas la coupe des passions: Quand tu voudras, tu peux partir. Mais la chanson de ma lyre, Je ne la négligerai pas un instant. Va plaire, rival des Muses, Aux étrangers perfides, sans foi. Mais moi, le joueur de lyre, J'aurai dans mon âme les Muses, pauvres Proscrites: tu ne feras qu'exciter leur ardeur, Et ma gloire resplendira.

LXII

MÊME SUJET

Quand ce fugitif, l'Or, Me fuit de ses pieds Rapides comme les vents (Et toujours, toujours il me fuit), Je ne cours pas après lui: car, Qui recherche son ennemi? Aussitôt séparé De ce fugitif, l'Or, Je laisse les vents emporter Tous les soucis de mon esprit; Je prends la lyre et je chante Des chants d'amour. Mais, à mon tour quand la raison M'apprend à le mépriser, Soudain le fugitif revient me saluer, Ramenant l'ivresse des soucis, Me pressant de le prendre avec moi, En délaissant ma lyre pour longtemps. Déloyal, Or déloyal, Inutile de me charmer par tes amorces: Ma lyre m'est plus que l'Or, Elle qui sait chanter les belles passions.

LXIII

ÉPITHALÀME

Reine des déesses, Cypris; Désir, souverain des mortels; Hyménée, conservateur de la vie, C'est vous que je chante en prose, C'est vous que j'exalte en vers, Désir, Hyménée, Déesse de Paphos.

Regarde ta jeune épouse, regarde-la, jeune homme, Réveille-toi, si tu ne veux manquer la chasse de la perdrix.

Stratoclès, favori de Cythérée, Stratoclès, mari de Myrilla, Vois ton épouse chérie: Elle est superbe dans sa fleur, dans tout son éclat. La rose des fleurs est la reine: Myrilla est une rose parmi les jeunes filles.

Qu'Hélios éclaire ta couche! Qu'un cyprès naisse dans ton jardin!

TABLE

Pages.

AVERTISSEMENT 1

I.--La Cithare 7

II.--Les Femmes 8

III.--L'Amour mouillé 9

IV.--Sur lui-même 11

V.--La Rose 12

VI.--Le Chant du Kômos 13

VII.--L'Amour coureur 14

VIII.--Le Rêve 15

IX.--La Colombe 16

X.--L'Amour de cire 18

XI.--Le gai Vieillard 19

XII.--A un Merle 20

XIII.--Fureur de l'Amant 21

XIV.--L'Amour dompteur 22

XV.--Vivre sans envie 23

XVI.--Le Poète vaincu 24

XVII.--La Coupe d'argent 25

XVIII.--Même sujet 26

XIX.--Il faut boire 27

XX.--A une jeune Fille 28

XXI.--La Soif 29

XXII.--Bathylle 30

XXIII.--L'Amour de l'Or 31

XXIV.--Résolution 32

XXV.--Son amour pour le Vin 33

XXVI.--Même sujet 34

XXVII.--Dionysos 35

XXVIII.--Portrait de sa Maîtresse 36

XXIX.--Portrait de Bathylle 38

XXX.--L'Amour enchaîné par les Muses 41

XXXI.--Fureur bachique 42

XXXII.--Ses Amours 43

XXXIII.--A une Hirondelle 45

XXXIV.--A une jeune Fille 46

XXXV.--Zeus taureau 47

XXXVI.--La Vie libre 48

XXXVII.--Le Printemps 49

XXXVIII.--Réponse à des reproches 50

XXXIX.--Le Chant du Festin 51

XL.--Érôs 53

XLI.--Le Festin 54

XLII.--Ce que j'aime le plus 56

XLIII.--La Cigale 57

XLIV.--Un Rêve 58

XLV.--Les Flèches de l'Amour 59

XLVI.--Imprécations contre l'Argent 60

XLVII.--Le Vieillard de belle humeur 61

XLVIII.--A Dionysos 62

XLIX.--Le Triomphe de Vénus Anadyomène 63

L.--Les Vendanges 65

LI.--La Rose 67

LII.--Le Poète se plaît avec la Jeunesse 69

LIII.--Les Amants 70

LIV.--La Vieillesse 71

LV.--Douces Ivresses 72

LVI.--L'Amour 73

LVII.--Prière à Artémis 74

LVIII.--A une jeune Fille 75

LIX.--Le Printemps 76

LX.--Apollon 77

LXI.--L'Or 79

LXII.--Même sujet 80

LXIII.--Épithalame 82

Paris.--Charles UNSINGER, imprimeur, 83, rue du Bac.