Part 31
J'eus assez promptement un succès; j'arrivai au torrent qu'il importait de ne plus quitter. Si je m'étais engagé de nouveau dans les roches, peut-être n'aurais-je pas su en redescendre. Nivelé à demi par l'effet de siècles, le lit de la Drance devait présenter une aspérité moins redoutable en quelques endroits que les continuelles anfractuosités des masses voisines. Alors s'établit la lutte contre les obstacles; alors commença la jouissance toute particulière que suscitait la grandeur du péril. J'entrai dans le courant bruyant et inégal, avec la résolution de le suivre jusqu'à ce que cette tentative hasardeuse se terminât ou par quelque accident tout à fait grave, ou par la vue d'une lumière au village. Je me livrai ainsi au cours de cette onde glaciale. Quand elle tombait de haut, je tombais avec elle. Une fois la chute fut si forte que je croyais le terme arrivé, mais un bassin assez profond me reçut. Je ne sais comment j'en sortis: il me semble que les dents, à défaut des mains, saisirent quelque avance de roche. Quant aux yeux, ils n'étaient guère utiles, et je les laissais, je crois, se fermer lorsque j'attendais un choc trop violent. J'avançais avec une ardeur que nulle lassitude ne paraissait devoir suspendre, heureux apparemment de suivre une impulsion fixe, de continuer un effort sans incertitude. Commençant à me faire à ces mouvements brusques, à cette sorte d'audace, j'oubliais le village de Saint-Pierre, seul asile auquel je pusse atteindre, lorsqu'une clarté me l'indiqua. Je la vis avec une indifférence qui, sans doute, tenait plus de l'irréflexion que du vrai courage, et néanmoins je me rendis, comme je pus, à cette demeure dont les habitants étaient auprès du feu. Un coin manquait au volet de la petite fenêtre de leur cuisine: je dus la vie à cet incident.
C'était une auberge comme on en rencontre dans les montagnes. Naturellement il y manquait beaucoup de choses, mais j'y trouvai des soins dont j'avais besoin. Placé à l'angle intérieur d'une vaste cheminée, principale pièce de la maison, je passai une heure, ou davantage, dans l'oubli de cet état d'exaltation dont j'avais entretenu le singulier bonheur. Nul et triste depuis ma délivrance, je fis ce qu'on voulut: on me donna du vin chaud, ne sachant pas que j'avais surtout besoin d'une nourriture plus solide.
Un de mes hôtes m'avait vu gravir la montagne vers la fin du jour pendant ces bourrasques de neige que redoutent les montagnards mêmes, et il avait dit ensuite dans le village: «Il a passé ce soir un étranger qui allait là-haut; de ce temps-ci, c'est autant de mort.» Lorsque plus tard ces braves gens reconnurent qu'effectivement j'eusse été perdu sans le mauvais état de leur volet, un d'eux s'écria en patois: «Mon Dieu, ce que c'est que de nous!»
Le lendemain on m'apporta mes vêtements bien sèches et à peu près réparés; mais je ne pus me défaire d'un frisson assez fort, et d'ailleurs plusieurs pieds de neige sur le sol s'opposaient à ce que je me remisse volontiers en route. Je passai la moitié de la journée chez le curé de cette faible bourgade, et je dînai avec lui: je n'avais pas mangé depuis quarante et quelques heures. Le jour suivant, la neige ayant disparu sous le soleil du matin, je franchis sans guide les cinq lieues difficiles, et les symptômes de fièvre me quittèrent pendant ma marche. A l'hospice, où je fus bien accueilli, j'eus néanmoins le malheur de ne pas tout approuver. Je trouvais déplacée une variété de mets qu'en des lieux semblables je ne qualifiais pas d'hospitalité attentive, mais de recherche; et il me sembla aussi que dans la chapelle, cette église de la montagne, une simplicité plus solennelle eût mieux convenu que la prétention des enjolivements. Je restai le soir au petit village de Saint-Remi, en Italie. Le torrent de la Doire se brise contre un angle des murs de l'auberge. Ma fenêtre resta ouverte, et, toute la nuit, ce fracas m'éveilla ou m'assoupit alternativement, à ma grande satisfaction.
Plus bas, dans la vallée, je rencontrai des gens chargés de ces goîtres énormes qui m'avaient beaucoup frappé de l'autre côté du Saint-Bernard, à l'époque de mes premières incursions dans le Valais. A un quart de lieue de Saint-Maurice, il est un village tellement garanti des vents froids par sa situation très remarquable, que des lauriers ou des grenadiers pourraient y subsister sans autre abri en toute saison; mais assurément les habitants n'y songent guère. Trop bien préservés des frimas, et dès lors affligés de crétinisme, ils végètent indifférents au pied de leurs immenses rochers, ne sachant pas même ce que c'est que ce mouvement des étrangers qui passent à si peu de distance de l'autre côté du fleuve. Je résolus d'aller voir de plus près, en redescendant vers la Suisse, ces hommes endormis dans une lourde ignorance, pauvres sans le savoir, et infirmes sans précisément souffrir: je crois ces infortunés plus heureux que nous.
* * * * *
Sans l'exactitude scrupuleuse de mon récit, il serait si peu susceptible d'intérêt, que votre amitié même ne lui en trouverait pas. Pour moi, je ne me rappelle que trop une fatigue que je ne ressentais pas alors, mais qui m'a privé sans retour de la fermeté des pieds. J'oublierai moins encore que, jusqu'à présent, les deux heures de ma vie où je fus le plus animé, le moins mécontent de moi-même, le moins éloigné de l'enivrement du bonheur, ont été celles où, pénétré de froid, consumé d'efforts, consumé de besoin, poussé quelquefois de précipices en précipices avant de les apercevoir et n'en sortant vivant qu'avec surprise, je me disais toujours, et je disais simplement dans ma fierté sans témoins: Pour cette minute encore, je veux ce que je dois, je fais ce que je veux.
NOTES DE L'EDITION DE 1833
NOTE A (_Observations_)
Oberman a besoin d'être un peu deviné. Il est loin, par exemple, de prendre un parti définitif sur plusieurs questions qu'il aborde; mais peut-être conclut-il davantage dans la suite de ses lettres. Jusqu'à présent cette seconde partie manque presque entière.
NOTE B (_Lettre II_, p. 30[96], ligne 22)
Il est à croire que le ciel de Genève ressemble beaucoup à celui des lieux voisins.
NOTE C (_Lettre II_, p. 31, ligne 30)
Cette hauteur peut être considérée comme se rattachant aux Alpes, mais difficilement au Jura.
NOTE D (_Lettre VII_, p. 66, ligne 13)
On ne sait pas précisément où commence ce qui est ici appelé _éther_.
NOTE E (_Lettre XX_, p. 91, ligne 31)
Sans doute l'auteur de ces lettres aurait demandé grâce pour ces détails et pour quelques autres, s'il en avait prévu la publication.
NOTE F (_Même lettre_, p. 93, ligne 11)
Cette circonstance du tonneau est contestée pour plusieurs raisons.
NOTE G (_Lettre XXXVIII_ [_3e fragment_], p. 158, ligne 11)
On a fait plusieurs essais de paroles adaptées à cette _marche_ des pasteurs. Un de ces morceaux, en patois de la Gruyère, contient quarante-huit vers.
_Les armaillis di Columbette Dé bon matin sé son leva,_ etc.
Une de ces sortes d'églogues, composée, dit-on, dans l'Appenzel, en langage allemand, finit à peu près ainsi: «Retraites profondes, tranquille oubli! O paix des hommes et des lieux, ô paix des vallées et des lacs! pasteurs indépendants, familles ignorées, naïves coutumes! donnez à nos coeurs le calme des chalets et le renoncement sous le ciel sévère. Montagnes indomptées! froid asile! dernier repos d'une âme libre et simple!»
NOTE H (_Lettre XLIII_, p. 191, ligne 7)
L'auteur ne dit pas expressément ce qu'il entend ici par religion, mais on voit qu'il s'agit en particulier de la croyance des Occidentaux.
NOTE I (_Lettre LXII_, p. 286, ligne 2)
A cette lettre était joint ce qui suit:
«Le _Manuel_ me fait souvenir de quelques autres morceaux que m'a aussi communiqués le même savant. Ses recherches avaient moins pour objet ce qu'il pouvait trouver précieux que ce qui lui paraissait original, ou même bizarre.
«Voici le plus court de ces morceaux de littérature, ou, si vous voulez, de philosophie étrange.
«Examinez toutefois: il se peut que les aperçus d'un homme du Danube ne s'éloignent pas de la vérité.»
CHANT FUNÈBRE D'UN MOLDAVE.
_Traduit de l'esclavon_
«Si nous sommes émus profondément, aussitôt nous songeons à quitter la terre. Qu'y aurait-il de mieux, après une heure de délices? Comment imaginer un autre lendemain à de grandes jouissances? Mourons: c'est le dernier espoir de la volupté, le dernier mot, le dernier cri du désir.
«Si vous désirez vivre encore, contenez-vous; suspendez ainsi votre chute. Jouir, c'est commencer à périr; se priver, c'est s'arranger pour vivre. La volupté apparaît à l'issue des choses, à l'un et à l'autre terme; elle communique la vie, et elle donne la mort. L'entière volupté, c'est la transformation.
«Comme un enfant, l'homme s'amuse de peu de chose sur la terre, mais enfin sa destination est de choisir parmi ce qu'elle offre. Quand ces choix sont accomplis, c'est la mort qu'il veut voir: ce jeu longtemps redouté pourra seul désormais lui faire impression.
«N'avez-vous jamais désiré la mort? C'est que vous n'avez pas achevé l'expérience de la vie. Mais si vos jours sont faciles et voluptueux, si le sort vous poursuit de ses faveurs, si vous êtes au faîte, tombez; la mort devient votre seul avenir.
«On aime à s'approcher de la mort, à se retirer, à la considérer de nouveau, jusqu'à ce que la saisir paraisse une forte joie. Que de beauté dans la tempête! C'est qu'elle promet la mort. Les éclairs montrent les abîmes, et la foudre les ouvre.
«Quel plus grand objet de curiosité! Quel besoin plus impérieux! Il est fini pour chacun de nous, selon ses forces, l'examen des choses du monde. Mais derrière la mort se trouve la région immense avec toute sa lumière, ou la nuit perpétuelle.
«Ils redoutent moins la mort, les hommes d'un grand caractère, les hommes de génie, les hommes qui sont dans la force de l'âge. Serait-ce parce qu'ils ne croient pas à la destruction malgré leur indépendance, et que d'autres y croient malgré leur foi?
«La mort n'est pas un mal, puisqu'elle est universelle. Le mal c'est l'exception aux lois suprêmes. Réunissons sans amertume ce qui est nécessairement notre partage. Comme accident, et lorsqu'elle étonne, la mort peut affliger; quand on y arrive naturellement, elle est consolante.
«Attendons et puis mourons. Si la vie actuelle n'est qu'une sujétion, qu'elle finisse; si elle ne conduit à rien, s'il doit être inutile d'avoir vécu, soyons délivrés de ce leurre. Mourons, ou pour vivre réellement, ou pour ne plus feindre de vivre.
«La mort reste inconnue. Lorsque nous l'interrogeons, elle n'est pas là; quand elle se présente; quand elle frappe, nous n'avons plus de voix. La mort retient un des mots de l'énigme universelle, un mot que la terre n'entendra jamais.»
Condamnerons-nous ce rêveur du Danube? Mettrons-nous au nombre des vaines fantaisies de l'imagination toute idée étrangère à une frivolité dont la multitude ne veut pas sortir?
Peut-être, dans ces moments où semble commencer une heure de sommeil, dans les campagnes, vers midi, peut-être avez-vous éprouvé une impression indéfinissable, heureux sentiment d'une vie chancelante, pour ainsi dire, mais plus naturelle et plus libre. Tous les bruits s'éloignent, tous les objets échappent. Une pensée dernière se présente avec tant de vérité qu'après cette sorte d'illusion demi-vivante, imprévue et fugitive, il ne peut y avoir rien, si ce n'est l'entier oubli, ou un réveil subit.
Nous aurions à remarquer surtout de quoi se composent alors ces rapides images. Souvent une femme apparaît. Il ne s'agit pas de grâce ordinaire, de charme prolongé, de voluptueuse espérance. C'est plus que le plaisir, c'est la pureté de l'idéal; c'est la possession entrevue comme un devoir, comme un simple fait, comme une entraînante nécessité. Mais le sein de cette femme exprime avec énergie qu'elle nourrira. Ainsi est accomplie notre mission. Sans trouble et sans regret nous pourrions mourir. Donner la vie et franchir, en fermant l'oeil, les bornes du monde connu, voilà peut-être ce qu'il y a d'essentiel ici dans notre destination. Le reste ne serait qu'un moyen assez indifférent de consumer les autres minutes pour arriver au but.
Je ne dis pas que ce léger rêve, dans les instants dont nous parlons, que cette figure abrégée de la vie, au milieu du tranquille oubli de tant de choses, que cette paisible et puissante émotion soit la même chez la plupart des hommes. Je l'ignore; mais enfin elle ne m'est pas particulière, sans doute.
Transmettre la vie et la perdre, ce serait dans l'ordre apparent notre principal office sur la terre. Cependant je demanderai s'il n'est plus de songes dans le dernier sommeil? Je demande si réellement la loi de mort sera inflexible? Plusieurs d'entre nous ont vu se fortifier à quelques égards leur intelligence: ne pourraient-ils résister quand d'autres succombent?
NOTE K (_Lettre LXIII_, p. 301, à la dernière ligne de la note)
Il faut redire ici que, sauf les additions désignées comme telles, l'édition présente reste conforme à la première.
NOTE L (_Lettre LXVII_, p. 326, ligne 13)
On peut douter que la vigne ait jamais donné quelque produit dans ce vallon.
NOTE M _(Lettre LXVIII_, p. 335, ligne 25)
L'anecdote connue à laquelle ceci paraît faire allusion n'a rien d'authentique.
NOTE N (_Lettre LXXXIX_, p. 425, dernière ligne)
Il paraît que cette dernière phrase n'appartient pas à cette lettre, qui devait se terminer comme il suit:
«...Que lui reste-t-il? Que nous restera-t-il dans cet abandon, seule destinée qui nous soit commune? Quand le songe de l'aimable et de l'honnête vieillit en notre pensée incertaine; quand l'image de l'harmonie descend des lieux célestes, s'approche de la terre, et se trouve enveloppée de brumes et de ténèbres; quand rien ne subsiste de nos affections ou de notre espoir; quand nous passons avec la fuite invariable des choses et dans l'inévitable instabilité du monde! mes amis! elle que j'ai perdue, vous qui vivez loin de moi! comment se féliciter du don d'existence?
«Qu'y a-t-il qui nous soutienne réellement? Que sommes-nous? tristes composés de matière aveugle et de libre pensée, d'espérance et de servitude; poussés par un souffle invisible malgré nos murmures; rampants à la vue des clartés de l'espace sur un sol immonde, et roulés comme des insectes dans les sentiers fangeux de la vie, mais, jusqu'à la dernière chute, rêvant les pures délices d'une destination sublime.»
NOTE O (_Dernière lettre_, p. 435)
A cette époque, Oberman avait peut-être quitté Imenstròm. Peut-être aussi, sans avoir été obligé de rentrer dans les villes, regrettait-il le mouvement si champêtre des grandes métairies. Les pâturages des Alpes septentrionales et des hautes Alpes sont souvent dans des situations très pittoresques; mais on n'y connaît qu'une récolte, et on n'y fait toute l'année qu'une même chose.
INDICATIONS
Les chiffres, sans autre désignation, indiquent les lettres et non les pages.
ADVERSITÉ, 64.
AISANCE. De l'aisance réelle, 89.
AMITIÉ, 36, 63.
AMOUR, 89. Voyez aussi FEMMES. De l'amour, de ses effets et de son importance, 63.
AMOUR-PROPRE, 27.
ARGENT. Du mépris de l'argent, 2e fragment. De l'emploi de l'argent, 65.
AUTOMNE, 24.
AUTEUR, voyez ECRIVAIN.
BEAU (du), 21.
BONHEUR. Des causes du bonheur, 1er fragment.
CAMPAGNES. De nos campagnes, 12. Voyez aussi VILLES.
CÉLIBAT, 86.
CICÉRON, 4, en note.
CHRISTIANISME. Du christianisme, et des grandes choses qu'il eût pu faire, 44, p. 202 et suiv.
CLIMATS. Des divers climats, 68. Effets des différents climats, 70.
CONTRADICTIONS, 81.
DÉSIRS. Du prestige du désir dans le coeur qui ignore la vie, 39.
DEVOIRS. Incertitude des devoirs, 86.
DIVORCE, voyez MARIAGE.
DOMESTIQUES, 52, 66.
DOGMES, voyez FOI, MYSTÈRES, RELIGION.
ECRIVAIN. De l'écrivain qui veut être utile: la considération publique lui est nécessaire, 79. Il est absurde qu'un écrivain moraliste ne soit pas homme de bien, 79.
ENNUI de la vie, 41, etc.
ETAT, voyez aussi HOMME. Sur le choix d'un état; sur ce qu'on appelle prendre un état, 1.
FEMMES, 87, etc. Voyez aussi MODE, MISE, AMOUR. De certaines maximes dans l'éducation des femmes, 50. De quelques usages relatifs à l'éducation des femmes, 58. De l'amour dans les femmes, 80.
FIN. Fins impénétrables de la nature, 85. De la fin qu'il faut proposer aux habitudes de sa vie dans l'incertitude de la vie entière, et dans l'ignorance de sa fin essentielle, 89, etc.
FOI, 38, 44. Voyez aussi RELIGION.
GLOIRE, 51.
GOUVERN., voyez HOMME.
HOMME. De l'homme considéré comme le grand agent de la nature, et comme chargé par l'intelligence universelle des fonctions de la réintégration des êtres, 42. De l'homme qui a vraiment vécu, 43. De l'homme des sociétés présentes, 46, 87. De l'avidité de l'âme humaine, 13, 48. De l'homme, partie, du monde organisé, 71. De ce que l'homme est à l'homme, 36. De l'homme bon, 1er fragment. De l'homme de bien, 1er frag. De l'amour dans l'homme qui gouverne, 34, 84. De l'homme supérieur, de l'homme d'Etat, 84 à la fin.
IDÉAL, 13, 14. Du monde imaginaire de l'idée d'un monde heureux, 14. Du monde idéal, 30 et 46, p. 216.
IMMORTALITÉ, 44, 60, 61. Du désir de l'immortal., 18. Perceptions qui semblent annoncer l'immortal., 38.
INCERTITUDE DES NOTIONS HUMAINES, 47.
INCOMPATIBILITÉ D'HUMEURS, 45.
INDÉPENDANCE, 43.
INQUIÉTUDE. De l'inquiétude de l'âme, de ses misères et de ses besoins démesurés, 37.
MAHOMET. Du rôle de Mahomet, 34.
MALHEUR. 1er fragment.
MANIÈRE DE VIVRE, voyez VIE, SIMPLICITÉ.
MANUEL ATTRIBUÉ À ARISTIPPE, 33.
MARIAGE, 86 et 63, pp. 208, 297, 289, 299, etc. Indissolubilité du mariage, p. 403.
MISE. De ce qu'on appelle une mise trop libre, 50.
MODE, 50.
MOLLESSE. D'une certaine mollesse dans les habitudes de la vie, 85.
MONTAGNES, 7, 3e frag., etc.
MONTAIGNE, 38.
MOEURS, 50, etc. Voyez aussi AMOUR, FEMMES, MISE, MODE, MORALE. Des moeurs opposées, 68.
MORALE. Voyez aussi CONTRADICTIONS, DEVOIRS, RELIGION, MOEURS, Erreur de la morale, 2e frag. La morale est l'unique science, 80.
MORALISTE. Voyez ECRIVAIN.
MORT VOLONTAIRE, 41, 42.
MYSTÈRES. L'idée de certaines forces mystérieuses dans la nature diffère essentiellement de la superstition, 44. De l'obscurité de la nature comparée aux mystères du dogme, 44. Forces et effets mystérieux de la nature, 44, 47.
NATURE. Voyez aussi MYSTÈRES, SYSTÈMES. Combinaisons de la nature, 40, pp. 158, 162. Nature impénétrable, 48.
NÉCESSITÉ. De la nécessité ou de la force inconnue, 43.
NOMBRES, 47.
OSSIAN, 70.
PLAISIRS. De ce qu'on nomme plaisirs purs, 59. Il n'y a de plaisir réel que celui que l'on donne, 59.
PROSPÉRITÉ. De l'effet d'une prospérité suivie sur les hommes ordinaires, 1er frag.
RANZ DES VACHES, 3e frag.
RÉPARATION. Du système de la réparation du monde, 42, 85.
RELIGION. De la religion, 43, 44, p. 327 [191], 338 [197], etc. Voyez aussi FOI, CHRISTIANISME, etc. Si les religions doivent être la base de la morale, 49. De la nécessité de parler des religions en écrivant sur la morale, 81.
ROMANESQUE. De l'homme romanesque, 4.
ROMANTIQUE. De l'expression romantique, 3e frag.
SENSATIONS, 7, etc. Changement dans les sensations, 60, etc.
SENSIBLE. De l'homme sensible, de la sensibilité, 4, 12, etc.
SIMPLICITÉ. D'une simplicité basse et grossière, 20. Des jouissances dans la simplicité, 51. Famille dans les montagnes, 65.
SITES. Sur les beaux sites, 55.
SONGES (des), 85.
SOUFFRIR. Du besoin de souffrir, 1er fragment.
STIMULANTS. Les habitudes de notre vie sociale, et particulièrement celles des stimulants détruisent l'accord entre nous et les choses, 64. De l'espèce de repos qu'ils peuvent donner, 88.
SUICIDE. Voyez MORT VOLONTAIRE.
SUISSE, SUISSES. Voyez aussi CLIMAT, MONTAGNES, etc. Sur les Suisses, 32, _note_. Sur la Suisse, 58. Quelques observations particulières sur les peuples de la Suisse, et sur la nature du pays en général, 77.
SYSTÈMES. Voyez RÉPARATION, NOMBRES, etc.
UNION. De l'union dans les familles, 36, 45.
VÉRITÉ. Toute institution ne doit être fondée que sur la vérité, et ne doit être soutenue que par des vérités, 41, etc.
VIE. Voyez aussi FIN, HOMME, VILLE. La vie est semblable à nos songes, 13. Emploi de la vie, 43. Vanité de la vie, 46. Semaines de la vie, 47. De la vie du coeur, 55, _note_. De la vie réglée, 65. De la vie de la campagne et de celle de la ville, 72. Des besoins indéfinis de l'homme, et du néant de la vie commune, 75, etc., etc. Spectacle de la vie humaine, 80.
VILLE. De la vie des villes, 88. Voyez aussi VIE. Comment l'âge augmente le goût pour les capitales, et comment ceux qui préféraient, dans un sens, les choses aux hommes et la campagne à la ville, peuvent venir à préférer plus tard la ville et la société, 52, 88.
VOL. Du vol fait par les enfants; il est impuni, et c'est le plus coupable, 80.
VOYAGES, 68.
NOTES:
[1] Je suis loin d'inférer de-là qu'un bon roman ne soit pas un bon livre. De plus, outre ce que j'appellerais les véritables romans, il est des écrits agréables ou d'un vrai mérite, que l'on range communément dans cette classe, tels que _Numa_, _la Chaumière Ind._, etc.
[2] Le genre pastoral, le genre descriptif ont beaucoup d'expressions rebattues, dont les moins tolérables, à mon avis, sont les figures employées quelques millions de fois, et qui dès la première affaiblissaient l'objet qu'elles prétendaient agrandir. L'émail des prés, l'azur des cieux, le cristal des eaux; les lys et les roses de son teint; les gages de son amour; l'innocence du hameau; des torrents s'échappèrent de ses yeux, il fondit et inonda les assistants; contempler les merveilles de la nature; jeter quelques fleurs sur sa tombe: et tant d'autres que je ne veux pas condamner exclusivement, mais que j'aime mieux, ne point rencontrer.
[3] Campagne de celui à qui les lettres sont adressées.
[4] Depuis les portes de Lyon l'on voit distinctement à l'horizon les sommets des Alpes.
[5] On trouve souvent Lausanne avec un seul n; effectivement il n'y en avait qu'un dans l'ancien nom _Lausone_; mais il y a deux n dans les actes de la ville moderne.
[6] Ou petit Jura.
[7] Je n'ai pas été surpris de trouver dans ces lettres plusieurs passages un peu romanesques. Les coeurs mûris avant l'âge, joignent aux sentiments d'un autre temps, quelque chose de cette force exagérée et illusoire qui caractérise la première saison de la vie. Celui qui a reçu les facultés de l'homme, est, ou a été ce qu'on appelle romanesque: mais chacun l'est à sa manière. Les passions, les vertus, les faiblesses sont à-peu-près communes à tous; mais elles ne sont pas semblables dans tous. Un homme par exemple, peut faire des chansons, ou des vers sur l'amour; mais il y mettra moins de Flore, de Nymphes et de flamme que les poètes des almanachs.
[8] Le mot _Vaud_ ne veut point dire ici vallée, mais il vient du Celtique dont on a fait Welches: les Suisses de la partie allemande appellent le pays de Vaud _Welschland_. Les Germains désignaient les Gaulois par le mot Wale; d'où viennent les noms de la principauté de _Galles_, du pays de Vaud, de ce qu'on appelle dans la Belgique pays _Walon_, de la Gascogne, etc.
[9] De Genève ou Léman, et non pas lac Léman.
[10] Ou Yverdon.
[11] Ceci ne me serait pas juste, si on l'entendait de la rive septentrionale toute entière.
[12] Ses besoins ne seront pas toujours aussi simples: et ce sera peut-être parce qu'il n'aura pas eu cela qu'il voudra davantage.
[13] Appliquer à la sagesse cette idée que tout est vanité, n'est-ce pas, pourra-t-on dire, la pousser jusqu'à l'exagération?