Part 9
Si maintenant nous voulons reproduire un champignon de couleur très différente des deux précédents, la Cortinaire bleuâtre, champignon à chapeau bleu, ici, nous emploierons les plaques ordinaires, très sensibles au bleu, nous supprimerons l'écran, et le bleu étant foncé, pour l'avoir en blanc nous surexposerons un peu. Avant de passer à l'exécution des épreuves positives, nous ajouterons qu'il n'y a rien de particulier pour le développement des plaques sensibilisées au trempé; on développera à fond afin d'avoir tout l'effet orthochromatique et une vigueur suffisante.
_Épreuves positives._--_Choix du papier._--Les épreuves positives que nous tirerons de ces clichés devant être coloriées à l'aquarelle, il nous faut choisir un papier sur lequel la couleur puisse s'étendre aisément sans laisser de marques à chaque coup de pinceau.
D'une façon générale, tous les papiers à couche de gélatine sont à écarter, c'est-à-dire les genres citrate et bromure, et ce sont les plus nombreux, aussi en reste-il peu à choisir; le papier au platine pourrait être employé, mais outre qu'il se conserve peu de temps frais, il exige des manipulations assez compliquées; les papiers Néos de Lumière, le papier salé, le ferro-prussiate sont d'un traitement simple et pourraient se colorier, mais nous préférons de beaucoup, à tous ces papiers, celui que l'on préparera soi-même, ce qui d'ailleurs est très facile; nous pourrons alors choisir parmi les bons papiers à aquarelle, celui qui nous conviendra le mieux et le préparer de la façon suivante:
1º Étendre à la surface du papier, avec un tampon ou un pinceau plat, une couche de colle d'amidon et laisser sécher.
2º On prépare la solution sensibilisatrice:
Eau distillée 90 c3 Azotate d'argent 5 gr. Acide tartrique 7 gr.
Avec un tampon d'ouate, nous l'étendrons bien régulièrement sur la couche de colle et nous le laisserons sécher dans l'obscurité; il pourra servir aussitôt sec.
Cette préparation n'étant pas très sensible, l'impression se fera de préférence au soleil, un peu plus forte que l'intensité que l'on désirera.
Si une couleur brun rouge n'est pas gênante pour la coloration de l'espèce à reproduire, on pourra se contenter d'un simple fixage à l'hyposulfite de soude à 5 pour 100 en y ajoutant un peu de bisulfite de soude, fixage de 5 minutes, précédé et suivi d'un bon lavage. Si l'on préfère un ton plus noir, se servir d'un des bains courants de virage-fixage que nous étendrons d'un peu d'eau.
L'image une fois sèche, il ne nous reste plus qu'à la colorier. Pour cela, les couleurs courantes d'aquarelle ne sont pas très bonnes, à part quelques exceptions; en général, elles ne sont pas assez transparentes et couvrent trop les ombres et demi-teintes de la photographie, les vermillons, les chrômes et les terres surtout; aussi, à leur place, nous emploierons des solutions de colorants d'aniline, dans le genre de celles que l'on vend pour la photo-miniature.
On pourrait aussi préparer ces solutions en choisissant parmi les nombreuses matières colorantes; par exemple, pour les jaunes, la Tartrasine, l'Aurantia; pour le rouge, l'Érytrosine, le rouge solide, puis le bleu de métylène, le vert naphtol, etc. Ces couleurs doivent être employées très diluées, car elles prennent beaucoup d'intensité en séchant.
_Nota_.--Pour se procurer les cuves pour écrans liquides, ainsi que les matières colorantes pour sensibilisation et coloriage, s'adresser aux maisons de fournitures pour procédés photo-mécaniques; on trouvera ces articles à la maison Calmels, 150, boulevard du Montparnasse, à Paris.
CHAPITRE VII
Les ressources du microscope.
Nous n'avons pas l'intention d'écrire ici un article sur la façon de se servir de cet instrument indispensable aux mycologues et en général à tous ceux qui font de l'histoire naturelle: on trouvera dans les traités spéciaux tous les renseignements sur ce sujet; nous voulons seulement montrer à ceux qui n'ont pas encore fait usage du microscope, qu'il est facile de s'en servir, et qu'il peut, dans une foule de cas, rendre des services importants.
Le microscope se compose essentiellement de deux parties: un pied muni d'un miroir pour éclairer par transparence les objets placés sur une platine, et au-dessus de celle-ci un tube dans lequel peut se mouvoir, au moyen d'une crémaillère, la partie optique de l'instrument.
Cette partie, la plus importante de l'appareil, se compose d'un tube en cuivre, long de 160 millimètres, portant à sa partie inférieure un ensemble de verres ou lentilles, appelé objectif (parce qu'il est tourné vers l'objet à observer): à la partie supérieure se trouve un autre ensemble de lentilles, mais beaucoup plus grandes, que l'on nomme oculaire.
L'objectif a pour but de donner dans le corps du tube du microscope, une image virtuelle que l'oculaire, faisant fonction de loupe composée, grossit à son tour et que perçoit l'œil de l'observateur.
Voilà en quelques lignes la théorie du microscope.
Les fabricants livrent leurs instruments avec des oculaires et des objectifs de puissance différente, permettant d'obtenir plusieurs grossissements, et ils indiquent, sur un papier _ad hoc_, les combinaisons des différents objectifs avec les oculaires, et les grossissements correspondants.
Dans la pratique, nous conseillons d'établir soi-même ces grossissements: il suffira pour cela de se procurer un micromètre objectif, c'est-à-dire une lame de verre portant à son centre la représentation d'un millimètre divisé en cent parties égales, ou pour être plus exact, de deux millimètres divisés en deux cents parties égales, ce qui revient au même.
Chaque division représentera donc un centième de millimètre. Si nous plaçons cette lame (ainsi divisée) sur la platine du microscope, et que, avec un objectif et un oculaire quelconque, nous examinions ces divisions, nous les verrons plus ou moins grossies suivant la combinaison employée.
Si alors faisant usage de la chambre claire qui doit toujours compléter le microscope dont on se sert, nous dessinons sur un papier les différents traits que nous apercevons, il ne nous restera plus qu'à mesurer au moyen d'un double décimètre, combien chaque intervalle entre deux traits comporte de millimètres, et nous pourrons dire que si une division du micromètre objectif mesure 10 millimètres, cela voudra dire que notre combinaison d'objectif et d'oculaire grossit 1.000 fois. Si au contraire cet intervalle ne comporte que 5 millimètres, le grossissement n'est que de 500 fois.
Si nous répétons la même opération pour toutes les combinaisons possibles d'objectifs et d'oculaires, nous aurons les grossissements correspondant à chaque combinaison.
Prenons un exemple; il s'agit d'un microscope déjà ancien, mais bon malgré tout. Il comprend comme objectifs les nos 0, 2, 6, 7, et comme oculaires les nº 1 et 3 ordinaires et 18 compensateur. Nous pouvons, en les combinant, obtenir quinze grossissements différents qui sont: _10_, 20, 27, 52, 90, _100_, 160, 240, 330, 340, 410, 620, 850, _1.000_, 1.200. Nous aurions pu en obtenir un plus grand nombre si nous avions voulu nous servir du tirage que possède tout microscope, mais à quoi bon, nous estimons que les grossissements, les seuls utiles, sont ceux de 10, 20, 50, 100, 500 et 1.000.
Le grossissement de 500 n'est pas indiqué dans l'énumération que nous avons donnée plus haut: pour l'obtenir il suffira de prendre l'objectif 7 et l'oculaire 3, mais au lieu de dessiner à plat sur la table qui supporte l'instrument, ce qui donnerait une amplification de 620 diamètres, il suffira de relever le plan de dessin de 5 centimètres au moyen d'un livre ou d'une boîte bien dressée et présentant cette hauteur. C'est du reste ainsi qu'il faut procéder lorsque l'on veut dessiner à un grossissement de 1.000. En effet, si avec l'oculaire 18 et l'objectif 7, on dessine à même sur la table, on obtient un grossissement de 1.200 diamètres, alors qu'en se servant comme nous venons de le dire d'un livre ou d'une boîte de 5 centimètres de hauteur, le grossissement se trouve réduit à 1.000 diamètres.
Nous croyons devoir faire remarquer que les grossissements indiqués par les constructeurs correspondent au cas où les dessins sont faits à la hauteur de la platine; mais lorsqu'on dessine sur la table où est placé le microscope, le grossissement n'est plus le même, il est plus grand. Nous conseillons cependant, pour simplifier, d'établir la série des grossissements en dessinant sur la table elle-même, et de s'attacher à faire ses observations à des chiffres qui soient des multiples de 10; nous choisirons donc les chiffres suivants: 10, 20, 100, 500, 1.000, qui permettent de satisfaire à toutes les exigences.
Pour obtenir le grossissement de 20 diamètres, nous userons d'un petit stratagème, car l'objectif 0 et l'oculaire 3 nous donnent 27 diamètres, chiffre qui ne répond à rien, mais si nous dévissons la lentille inférieure de notre objectif 0, nous réduirons sa puissance, et le grossissement sera exactement de 20 diamètres; or il peut être très utile de faire un dessin à 20 diamètres. Il est profondément regrettable de voir qu'il n'y a aucune entente entre les naturalistes au sujet des grossissements auxquels sont faits les dessins microscopiques: il serait pourtant bien simple de décider que pour les faibles grossissements, les chiffres 10, 20, 100 seront seuls admis, alors que pour les forts grossissements, on emploiera ceux de 500 et de 1.000. Nous estimons qu'il est toujours possible avec un microscope quelconque d'obtenir ces grossissements.
Comme chambre claire on choisira de préférence un système que l'on puisse conserver sur l'instrument, de façon à pouvoir à tout instant s'en servir ou non. Cette chambre claire se compose essentiellement de deux prismes réunis dans une même monture, et disposés de telle sorte que l'œil puisse voir en même temps et l'objet que l'on veut représenter et la pointe du crayon qui se meut sur le papier en suivant les contours que l'on a intérêt à fixer sur le papier.
Ce genre de chambre claire, si commode dans la pratique, présente cependant un inconvénient, celui de déformer un peu les objets représentés; pour obvier à ce défaut on a conseillé de dessiner sur un pupitre incliné, et pour trouver cette inclinaison, il est un moyen simple indiqué par le Dr Malassez. On dessine à la chambre claire sur un plan incliné le contour circulaire du champ du microscope. Si l'inclinaison du papier est convenable, la figure est un cercle parfait, sinon on obtient une ellipse et l'inclinaison devra être modifiée jusqu'à ce qu'on arrive à un cercle complet.
On peut aussi, pour trouver l'inclinaison convenable, se servir du micromètre objectif, qui, comme on le sait, est divisé en centièmes de millimètre. On trace à la chambre claire un certain nombre de divisions du micromètre, et si l'inclinaison du papier est suffisante, l'éloignement des divisions est égal à toutes les hauteurs; si l'écartement des divisions allait en augmentant vers la droite du papier, cela indiquerait qu'il est trop incliné, si au contraire l'écartement augmentait vers la gauche, il ne serait pas assez incliné. Nous dirons que l'inclinaison du pupitre sur lequel se trouve la feuille de papier, doit être de 25°.
Certains micrographes et non des moindres préfèrent, au lieu de dessiner sur un plan incliné, faire subir l'inclinaison au microscope lui-même, et dessiner à plat ce qui est toujours plus commode.
Le Dr Malassez a fait construire une chambre claire qui permet d'éviter les déformations. Cette chambre claire se place sur le microscope de telle façon qu'elle soit tournée, non sur la droite de l'observateur comme cela a lieu généralement avec les chambres claires les plus employées, mais bien derrière le microscope et vers l'observateur ainsi que le montre la figure ci-contre. En inclinant le microscope à 45°, l'image sera projetée sans déformation.
On se figure généralement qu'avec un microscope on ne doit faire d'observations qu'à un grossissement relativement élevé; c'est une erreur. Il est aisé de dessiner à 20 et même à 10 diamètres. Si, par exemple (toujours avec notre microscope), nous prenons l'objectif 0 et l'oculaire 1, nous obtiendrons une amplification de 27 diamètres, mais si nous prenons la précaution de dédoubler notre objectif 0, c'est-à-dire de dévisser la lentille inférieure, nous diminuerons la puissance de grossissement et nous aurons 10 diamètres exactement: mais alors, au lieu de placer l'objet à observer sur la platine du microscope, où nous ne verrions rien, il nous faudra le disposer sur la table où repose le microscope entre les branches du pied, ou encore sur les branches elles-mêmes, en le plaçant sur une carte ou un papier fort.
Nous pourrons de la sorte faire une très bonne observation de notre objet, et en prendre un dessin d'une exactitude mathématique, ce qu'il serait impossible de faire autrement. Voulons-nous maintenant grossir une partie de notre objet à 20 diamètres, rien de plus simple, il nous suffira de remplacer l'oculaire nº 1 par celui nº 3 et nous aurons un grossissement de 20 diamètres.
Dans ces deux cas, bien entendu, l'objet est éclairé par la lumière directe et non par transparence. Pour bien apercevoir l'objet à dessiner, il est nécessaire d'enlever le diaphragme, sans quoi on ne verrait qu'une très petite partie de l'objet à examiner.
Tout ce que nous venons de dire, peut s'appliquer non seulement aux Champignons, mais aussi aux mousses, lichens, algues et même aux phanérogames.
Un dessin est si facile à faire dans ces conditions que l'on n'hésitera pas à prendre un document cent fois préférable à une longue description. Voir figure 6 la représentation d'une mousse et d'une hépatique au grossissement de 10 diamètres.
CHAPITRE VIII
L'Esperanto et la Mycologie.
Les mycologues, à quelque titre que ce soit, ne peuvent se désintéresser de l'espéranto, cette langue annexe, si simple, si précise et si facile à apprendre. Elle n'est pas appelée à concurrencer aucune des langues existantes; elle a la prétention de laisser à chaque nation le génie de sa langue, et son seul but est de permettre à tous les hommes, de quelque nationalité qu'ils soient, de pouvoir se comprendre aussi bien par la parole que par l'écriture.
L'homme génial qui a réalisé une chose si longtemps cherchée est un Russe, le Dr Zamenof; et il l'a fait d'une façon si simple, si facile à comprendre, que quiconque veut se donner la peine de lire les règles très simples et peu nombreuses qu'il a établies comme base de sa langue, pourra dire comme César en modifiant quelque peu les trois mots historiques, _veni_, _vidi_, _scivi_ (je suis venu, j'ai vu, j'ai su) que nous écrivons en espéranto _mi venis_, _mi vidis_, _mi konis_.
Les mycologues sont souvent appelés à se préoccuper des Champignons qui poussent dans des régions dont ils ne connaissent pas la langue: ils trouveront dans l'espéranto un moyen facile de correspondre avec des mycologues de cette région, soit pour leur demander des renseignements, soit pour répondre à leur demande. Il leur suffira pour cela de consulter l'annuaire des espérantistes, et sans nul doute ils trouveront dans la région qui les intéresse un correspondant qui se fera un plaisir de leur répondre en espéranto.
Quand nous aurons dit à nos lecteurs que pour apprendre toutes les règles de l'espéranto, et qui plus est pour les savoir, il faut moins de temps que pour lire un mauvais roman, nous voulons bien croire qu'il n'en est pas un qui ne voudra au moins essayer; et s'il essaie, c'est un adepte; il est séduit, il est pris dans l'engrenage. Il en fera plus ou moins, mais du moins, il saura toujours lire un texte espérantiste, une lettre; il possédera en un mot le mécanisme de cette langue, et si les circonstances se présentent, il complétera son bagage par la connaissance des mots.
Dans le but de servir les deux causes, nous avons résumé aussi succinctement que possible les notions essentielles et suffisantes de l'espéranto et nous les avons groupées en quelques articles faciles à s'assimiler.
Ainsi, par exemple, le premier paragraphe comprend tout ce qui a rapport à l'alphabet et à la prononciation.
Le second, les parties du discours: substantifs, adjectifs, pronoms, adverbes, etc.
Le troisième, le verbe et les préfixes.
Le quatrième, les suffixes.
Le cinquième, la numération.
Avez-vous besoin de renseignements sur les suffixes ou la numération; vous n'avez qu'à consulter les tableaux 4 ou 5, où vous trouverez tout ce qui a rapport à ces parties.
Combien de temps vous faut-il pour lire lentement et bien comprendre ces cinq tableaux? une heure au grand maximum! au bout de ce temps vous pouvez dire que vous connaissez l'espéranto.
I.--ALPHABET.--PRONONCIATION
L'alphabet est le même qu'en français: _a_, _b_, _c_, _d_, _e_, _f_, _g_, _h_, _i_, _j_, _k_, _l_, _m_, _n_, _o_, _p_, _r_, _s_, _t_, _u_, _v_, _z_, sauf _q_, _x_, _y_, qui n'existent pas en esperanto.
Les voyelles _a_, _e_, _i_, _o_, se prononcent comme en français. Ex.: _do_, _ré_, _mi_, _fa_, _sol_.
La voyelle _u_ se prononce _ou_. Ex.: _unu_ (un) se prononce _ounou_.
_ŭ_ surmonté de ˘ et _j_ sont considérés comme demi-voyelles, et font corps avec la voyelle qui précède ou qui suit. Ex.: _Laŭro_ (laurier) se prononce _laouro_ (rapidement); _kaj_ (et) fait _caille_; _jes_, _ja_, font _ies_, _ia_.
Les consonnes se prononcent comme en français, sauf _c_, _g_, _h_, _j_, _s_, qui ont une prononciation différente suivant qu'elles sont surmontées ou non d'un accent circonflexe.
_c_, ordinaire, a le son de _ts_. Ex.: _celerio_ (céleri) se prononce _tsélério_.
_ĉ_, accentué, a le son de _tch_. Ex.: _ĉemizo_ (chemise) se prononce _tchémizo_.
_g_, ordinaire, a le son de _g_ (dur comme gant). Ex.: _garnizono_ (garnison) se prononce _garnisono_.
_ĝ_, accentué, a le son de _dj_. Ex.: _ĝirafo_ (girafe) se prononce _djirafo_.
_h_, ordinaire, a le son de _h_ (aspiré). Ex.: _homo_ (homme) se prononce _hhomo_.
_ĥ_, accentué, a le son de _ch_ (guttural allemand). Ex.: le noch allemand.
_j_, ordinaire, a le son de _y_ (dans yeux). Ex.: _julio_ (juillet) se prononce _ioulio_.
_ĵ_, accentué, a le son de _j_ (dans jour). Ex.: _ĵurnalo_ (journal) se prononce _journalo_.
_s_, ordinaire, a le son de (deux) _ss_ (dans sifflant). Ex.: _silento_ (silence) se prononce _ssilento_.
_ŝ_, accentué, a le son de _ch_ (dans cheval). Ex.: _ŝinko_ (jambon) se prononce _chinko_.
En esperanto toutes les lettres se prononcent. Ex.: _soifo_ se prononce _so-i-fo_.
On accentue toujours plus fortement sur l'avant-dernière syllabe, c'est l'accent tonique. Ex.: P_a_tro (père); mil_i_to (militaire).
Toutes les propositions sont séparées par une ponctuation. Ex.: Tio, kiu mi diras, estas vera (ce que je dis est vrai).
II.--PARTIES DU DISCOURS
Substantifs.
Ils sont toujours terminés:
Au singulier par _o_. Ex.: Libr_o_ (un livre); pan_o_ (un pain).
Au pluriel par _oj_. Ex.: Libro_j_ (des livres); pano_j_ (des pains).
Adjectifs.
Ils sont toujours terminés:
Au singulier par _a_. Ex.: Bel_a_ (beau, belle); grand_a_ (grand, grande).
Au pluriel par _aj_. Ex.: Bel_aj_ (beaux, belles); grand_aj_ (grands, grandes).
Les adjectifs possessifs, _mia_, _via_, _lia_, _ŝia_, _ĝia_, _nia_, _ilia_, _sia_, suivent la même règle. Ex.: Mi_a_ (mon, ma); ŝia_j_ (ses).
Article.
Il n'y a qu'un seul article défini qui est _la_ pour tous les cas. Ex.: _La_ patro (le père); _la_ patrino (la mère); _la_ patroj (les pères); _la_ patrinoj (les mères).
Pronoms personnels.
Les pronoms personnels _je_, _tu_, _il_, _nous_, _vous_, _ils_, se rendent par: _mi_ (je ou moi); _vi_ (tu ou toi); _li_, _ŝi_, _ĝi_ (il, elle, lui); _ni_ (nous); _vi_ (vous); _ili_ (ils, elles, eux).
Les pronoms réfléchis _se_, _soi_, _son_, _à soi_, se rendent par: _si_.
Adverbes.
Les adverbes sont toujours terminés en _e_. Ex.: Patr_e_ (paternellement); plen_e_ (entièrement).
Prépositions, conjonctions, interjections.
Les prépositions, conjonctions, interjections sont toujours invariables, mais ont des terminaisons diverses; elles sont presque toujours monosyllabiques. Ex.: _Kie_ (quoi?); _kiam_ (quand?); _sur_ (sur); _ankaŭ_ (aussi); _jam_ (déjà); _por_ (pour); _de_ (de); _sed_ (mais).
Complément ou accusatif.
Le complément direct d'un verbe (substantif, adjectif, pronom) est toujours terminé par _n_. Ex.: La homo havas manoj_n_, kaj nazo_n_ (l'homme a des mains et un nez).
La date s'indique par le nombre ordinal terminé par _n_. Ex.: La dek-dua_n_ de decembro (le douze décembre).
Le lieu où l'on va est aussi terminé par _n_. Ex.: Mi iras Parizo_n_ (je vais à Paris).
En général, on met l'accusatif lorsqu'il y a direction vers. Ex.: La rato kuris sub la lito_n_ (le rat courut sous le lit).
On met aussi à l'accusatif ce qui indique la durée, la mesure, le prix. Ex.: Paŭlo restos ĉe ni du tagoj_n_ (Paul restera deux jours chez nous); la flugo estas longa tri metroj_n_ (le drapeau est long de trois mètres); ĝi kostas du frankoj_n_ por unu metro (Il coûte deux francs le mètre).
Les mots _de_ ou _par_ marquant le complément d'un verbe passif se rendent, en esperanto, par _de_. Ex.: Mi estas amata, _de_ mia patrino (je suis aimé de ma mère).
III.--VERBE
Infinitif toujours en _i_. Ex.: Am_i_ (aimer); leg_i_ (lire); pren_i_ (prendre).
Indicatif présent toujours en _as_. Ex.: mi am_as_ (j'aime); vi am_as_; li am_as_, etc.
Participe présent actif toujours en _anta_. Ex.: am_anta_ (aimant); pren_anta_ (prenant), etc.
Participe présent passif toujours en _ata_. Ex.: am_ata_ (étant aimé ou aimé).
Passé défini ou imparfait toujours en _is_. Ex.: vi am_is_ (tu as aimé ou tu aimais), etc.
Participe passé actif toujours en _inta_. Ex.: am_inta_ (ayant aimé); pren_inta_ (ayant pris).
Participe passé passif toujours en _ita_. Ex.: am_ita_ (ayant été aimé ou aimé).
Futur toujours en _os_.: li ŝi ĝi am_os_ (il ou elle aimera), etc.
Participe futur actif toujours en _onta_. Ex.: am_onta_ (devant aimer); leg_onta_ (devant lire).
Participe futur passif toujours en _ota_. Ex.: am_ota_ (devant être aimé); leg_ota_ (devant être lu).
Subjonctif toujours en _u_. Ex.: ni am_u_ (que nous aimions), etc.
Impératif toujours en _u_ (sans pronoms). Ex. am_u_ (aime); pren_u_ (prends), etc.
Conditionnel toujours en _us_. Ex.: ili am_us_ (ils aimeraient), etc.
En esperanto les temps composés de l'actif sont rarement employés, on les forme avec le verbe auxiliaire _esti_. Ex.: Avoir aimé (autrement dit être ayant aimé), _esti_ amanta; j'ai aimé (ou je suis ayant aimé), mi _estas_ aminta; j'avais aimé (ou j'étais ayant aimé), mi _estis_ aminta; j'aurai aimé (ou je serai ayant aimé), mi _estos_ amanta.
Préfixes.
Les préfixes donnent au mot même auquel ils sont joints, un sens, une signification nouvelle.
_Bo_ indique la parenté résultant d'un mariage. Ex.: _Bo_patro (beau-père); _bo_fratino (belle-sœur).
_Dis_ indique la séparation, la disparition. Ex.: _Dis_igitaj (épars); _dis_fendi (fendre en deux).
_Ek_ indique le commencement d'une chose, l'acte momentané. Ex.: _Ek_vidi (entrevoir); _ek_altiĝi (commencer à s'élever).
_El_ signifie hors de, quelquefois aussi achèvement. Ex.: _El_iri (sortir); _el_ripari (réparer complètement).
_Ge_ indique la réunion des sexes. Ex.: _Ge_patroj (père et mère, parents); _ge_edzoj (époux).
_Mal_ indique le contraire. Ex.: _Mal_feliĉa (malheureux); _mal_granda (petit).
_Re_ indique la répétition, le retour. Ex.: _Re_bonigi (raccommoder); _re_ataki (riposter).
IV.--SUFFIXES
_Ad_ indique l'action, la durée dans l'action. Ex.: Kron_ad_o (couronnement); pen_ad_i (se donner de la peine).
_Aĵ_ indique une chose, une idée concrète. Ex.: Acid_aĵ_o (acide); lakt_aĵ_o (laitage); amik_aĵ_o (caresse).
_An_ indique l'habitant, celui qui fait partie d'une chose. Ex.: Kampar_an_o (campagnard); ŝip_an_o (marin).