Chapter 9
«En telles preuves, celles qu'ils disent avoir acquises par l'inspiration de quelque dæmon, je suis content de les recevoir (car quant aux miracles je n'y touche jamais); ou bien encore, les preuves qui se tirent des choses qui, pour autre consideration, tombent souvent en nostre usage, comme si en la laine, dequoy nous avons accoustumé de nous vestir, il s'est trouvé par accident quelque occulte propriété dessicative qui guerisse les muscles au talon, et si au reffort, que nous mangeons pour la nourriture, il s'est rencontré quelque opération apperitive, tout ainsi comme Galen recite qu'il advint à un ladre de recevoir guerison par le moyen du vin qu'il beut, d'autant que de fortune une vipere s'estoit coulee dans le vaisseau. Nous trouvons en cest exemple le moyen et une conduite vray-semblable à ceste experience, comme aussi en celles ausquelles ils disent avoir esté acheminez par l'exemple d'aucunes bestes. Mais, en la plupart des autres experiences à quoy ils disent avoir esté conduis par la fortune et n'avoir eu d'autre guide que le hazard, je trouve le progrez de ceste information incroyable.
«J'imagine l'homme regardant autour de luy le nombre infiny des choses, plantes, animaux, metaux. Je ne sçay où luy faire commencer son essay; et quand sa premiere fantasie se jettera sur la corne d'un elan, à quoy il faut prester une creance bien molle et aisée, il se trouve encore autant empesché en sa seconde opération. Il luy est proposé tant de maladies et tant de circonstances, qu'avant qu'il soit venu à la certitude de ce point où doit joindre la perfection de son experience, le sens humain y perd son latin; et avant qu'il ait trouvé parmi cette infinité de choses que c'est cette corne, parmy cette infinité de maladies l'epilepsie, tant de complexions au melancolique, tant de saisons en hyver, tant de nations au François, tant d'aages en la vieillesse, tant de mutations celestes en la conjonction de Venus et de Saturne, tant de parties du corps au doigt: à tout cela n'estant guidé ny d'argument, ny de conjecture, ny d'exemple, ny d'inspiration divine, ains du seul mouvement de la fortune, il faudroit que ce fust par une fortune parfaitement artificielle, reglée et methodique. Et puis, quand la guerison fut faicte, comment se peut-il asseurer que ce ne fust que le mal estoit arrivé à sa periode, ou un effect du hasard, ou l'operation de quelque austre chose qu'il eust ou mange, ou beu, ou touché ce jour-là, ou le mérite des prieres de sa mere'grand? Davantage, quand cette preuve auroit esté parfaicte, combien de fois fut-elle reiterée, et cette longue corde de fortunes et de rencontres r'enfilée, pour en conclure une regle? Quand elle sera conclue par qui est-ce? De tant de millions, il n'y a que trois hommes qui se meslent d'enregistrer leurs experiences. Le sort aura-il r'encontré à point nommé l'un de ceux-cy? Quoy, si un autre et si cents autres ont faict des experiences contraires?»[173]
Ainsi, Montaigne indique deux moyens par lesquels la science médicale a progressé: l'imitation des animaux et les révélations fortuites de l'expérience. Ce sont les deux mêmes que nous avons trouvées chez Bacon. Les exemples que Bacon allègue pour illustrer le premier, les clystères de cigognes et autres merveilles de ce genre, se rencontraient dans d'autres passages des _Essais_. Quant au second, l'exemple de Prométhée frappant par hasard sa pierre est bien l'équivalent du ladre de Galien qui trouve une vipère au fond de son verre de vin. Bacon pousse plus profondément l'analyse en commentant le mot de Virgile, et voilà tout; encore trouve-t-il probablement chez Montaigne les faits sur lesqueles il étaye son commentaire. Ensuite, Montaigne, tout en esquissant, lui aussi, la critique de l'induction des dialecticiens, montre qu'étant donnée l'extrême complexité des phénomènes de la nature, il est fou d'espérer qu'on pourra formuler des règles médicales si la recherche de l'esprit n'est guidée et dirigée par rien. C'est précisément la conclusion à laquelle Bacon veut arriver, et qu'il étendra de la medecine à tous les ordres de sciences. Qu'il aille au delà, qu'il pose la nécessité de trouver un guide pour cette expérience, de constituer une méthode, tandis que Montaigne s'en tient à cette constatation, cela n'empêche en aucune façon que l'analyse critique de Montaigne ait pu seconder la pensée de Bacon.
Ainsi, la page où Bacon, en 1605, présente au public, pour la première fois, les idées qui, dans le premier livre du _Novum organum_, constitueront sa critique de la science telle qu'on l'a comprise avant lui, semble bien porter la marque de l'influence de Montaigne. Elle présente des ressemblances frappantes avec une page de son essai sur la médecine; elle répète des idées et des faits que son _Apologie de Raimond Sebonde_ a vulgarisés. Dans les aphorismes très nus ou ces pensées s'enchâsseront plus tard, rien ne pourra nous dire si Montaigne est pour quelque chose dans leur formation; nous serons en droit cependant de supposer qu'il y a contribué.
Je pourrais encore examiner quelques aphorismes du premier livre du _Novum organum_ et en rapprocher des passages semblables de Montaigne; mais cela nous ferait revenir sur des idées déjà vues à propos du _De augmentis_[174]. Les deux pièces maîtresses de ce livre, celles qui en donnent vraiment la signification et en mesurent la portée, ce sont la critique de l'esprit humain et la critique de la méthode des sciences léguée par les anciens, au seizième siècle; or, toutes deux, nous l'avons vu, ont des chances de devoir beaucoup à Montaigne.
Ici toutefois s'arrêtent les obligations de Bacon envers lui. Nous n'avons plus qu'un pas à faire pour arriver à la méthode propre de Bacon. L'exposé de cette méthode remplit le second livre du _Novum organum_. On se souvient comment Bacon en fait connaître d'abord le but, qui est d'agir sur la nature et de la transformer au gré de la volonté humaine; comment, ensuite, il établit ses tables d'expérience, d'où presque mathématiquement devra jaillir l'axiome scientifique; comment il classe en catégories diverses les expériences, afin d'attacher l'esprit aux plus fructueuses. De tout cela, il n'y a rien à chercher chez son devancier. Mais si Montaigne n'entre pas avec Bacon dans la méthode, il l'accompagne toutefois jusqu'à la porte. L'axiome dont découle toute la théorie baconienne, c'est l'axiome de la puissance absolue du fait. C'est la pierre d'assise sur laquelle repose tout l'édifice. Montaigne avait senti cette puissance du fait. Il avait eu l'impression nette que c'était là le seul fondement solide sur lequel on pût bâtir.
J'ai montré ailleurs[175] que Montaigne n'est pas un sceptique. Un moment, il a été saisi d'un vertige de pyrrhonisme. C'était le désarroi d'une conscience qui, tout à coup, sent la plupart de ses croyances se dérober. Bientôt, il s'est ressaisi. Ce qui lui a échappé dans cette crise, ce sont les idées chimériques auxquelles le monde, autour de lui, est asservi, et qui ne reposent sur aucun fondement. Le résultat en a été de lui faire reconnaître que l'expérience seule mérite sa confiance. Désormais, il ne veut plus plier que devant le fait. Il ne bâtira que sur des faits. Il limite son dessein à la peinture du moi, afin de bien s'assurer de son objet et pour ne pas risquer de s'égarer loin des faits.
Conformément à cette conviction que les faits seuls méritent notre confiance, il trace les bornes du connaissable. Les vérités de la religion ne peuvent pas être confirmées ou critiquées par l'expérience: elles ne sont donc pas du domaine de la raison. La politique est plus près de nous. La raison a bien une certaine compétence en matière politique. Elle peut corriger des défauts de détail. Mais elle doit se défendre des théories ambitieuses et ne jamais oublier qu'elle est incapable de construire un Etat de toutes pièces. Il est intéressant de relever des réserves de même genre chez le rationaliste Bacon. Nous avons vu qu'il se défie lui aussi des nouveautés politiques[176]. En religion, il creuse, moins profondément que Montaigne peut-être, le fossé qui sépare la foi de la raison, en ce qu'il estime la raison capable de réfuter l'athéisme. Mais, comme Montaigne, il croit qu'elle ne peut pas démontrer les vérités religieuses, et que prétendre attaquer ou défendre la foi par des arguments humains, c'est se hasarder dans une entreprise des plus dangereuses, qui enfantera fatalement l'erreur[177]. C'est le même agnosticisme qui provient de la même confiance exclusive dans les faits. On conçoit de quelle importance, pour assurer l'indépendance de la science, est une telle ligne de démarcation entre la révélation et les constructions de la raison humaine.
Partout où l'expérience peut servir de guide, Montaigne se permet de juger. Il juge, avec prudence sans doute, mais avec fermeté. Il lit les historiens pour trier dans leurs oeuvres des faits sur lesquels se façonneront et se modèleront ses idées. C'est dans l'observation directe de la nature qu'il puise les arguments dont il combat le stoïcisme. Il affirme. Il bâtit un système de pédagogie. Lisez Montaigne en vous plaçant à ce point de vue: vous verrez que, chez lui, presque toujours, le fait--vrai ou faux d'ailleurs, là n'est pas la question--est à la base de l'idée, et qu'il s'y assujettit avec docilité. Son esprit est singulièrement réaliste et positif pour son temps, bien fait pour séduire un Bacon.
Comment Montaigne n'a-t-il pas été au delà? Pourquoi, lui qui avait une forme d'esprit somme toute si scientifique, n'a-t-il pas su déterminer la méthode des sciences? Il en a bien l'intuition: il accumule des faits; sa raison sait parfaitement s'assujettir à eux. Un pas seulement lui reste à faire. S'il ne l'a pas franchi, c'est, je crois, parce que son activité s'est limitée à la science morale. En physique, un fait est relativement peu complexe; on peut le traiter comme une unité, le coucher sur des tables en classes aisément distinctes, l'additionner, le soustraire. Dans l'ordre psychologique, il faut une audacieuse abstraction pour l'assimiler aux faits de même espèce. Un psychologue, et surtout un psychologue très adonné, comme Montaigne, à l'observation intérieure, n'était pas porté à formuler la méthode; c'était bien plutôt l'affaire d'un physicien. Quand Bacon l'appliquera aux sciences morales, nous aurons l'impression qu'il transporte dans ces sciences la méthode des sciences positives.
Dans son essai _De l'Expérience_, Montaigne a bien indiqué sa manière à lui d'interpréter l'expérience. C'est celle d'un moraliste. Il a très vif le sentiment que chaque fait est singulier, et c'est ce qui l'arrête. «La raison, nous dit-il, a tant de formes que nous ne sçavons à laquelle nous prendre; l'experience n'en a pas moins. La consequence que nous voulons tirer de la conference des evenemens est mal seure, d'autant qu'ils sont toujours dissemblables. Il n'est aucune qualité si universelle en cette image des choses que la diversité et variété... La ressemblance ne faict pas tant un, comme la difference faict autre... Qu'ont gaigné nos legislateurs à choisir cent mille espèces et faicts particuliers, et y attacher cent mille loix? Ce nombre n'a aucune proportion avec l'infinie diversité des actions humaines..... Jamais deux hommes ne jugeront pareillement de mesme chose; et est impossible de voir deux opinions semblables exactement, non seulement en divers hommes, mais en mesme homme en diverses heures.»[178] Et ailleurs encore: «L'exemple est un patron libre, universel et à tout sens.» Sans nul doute on peut tirer profit de l'expérience, car ces faits très différents, ont pourtant quelques ressemblances qui les rapprochent. A la raison de saisir ces analogies fugitives d'interpréter, de juger: sa tâche est infiniment délicate. Nous restons ainsi loin de la conception de Bacon qui prétend rendre presque mécaniques les applications de la méthode et réduire à une sorte de machinisme le rôle de l'esprit dans la recherche de la vérité.
Elle ne pouvait guère éclore dans le cerveau d'un moraliste. Ce n'est que par un excès manifeste de l'esprit de systématisation que Bacon en a étendu l'application à la science morale. Même dans les sciences physiques et naturelles il ne semble pas que les découvertes se soient jamais faites suivant les procédés mécaniques imaginés par Bacon. L'induction et l'intuition y ont toujours joué un rôle capital. Pourtant c'est l'observation des phénomènes physiques et naturels qui seuls pouvaient les suggérer. Aussi d'autres savants, physiciens et naturalistes, prédécesseurs de Bacon ou ses contemporains, ébauchaient-ils vers le même temps les grandes lignes de la méthode expérimentale. C'est d'eux, c'est des milieux scientifiques qu'est venue l'impulsion. Mais l'attitude de Montaigne en face des faits nous expliquent que Bacon ait senti en lui, une pensée soeur de la sienne. Il a compris que leurs tendances étaient les mêmes: toute la critique de Montaigne ne l'a pas effrayé; elle l'a attiré, parce qu'elle n'était pas négative, parce qu'elle épurait la notion du fait et habituait l'esprit à considérer le fait dans sa nudité.
Je crois donc que, contrairement à l'opinion qui tend à s'accréditer, l'influence de Montaigne sur l'essayiste qui est en Bacon a été de peu d'importance. Mais si les remarques qui précèdent, d'ailleurs hypothétiques, je le répète, ne sont pas sans fondement, il se pourrait que Montaigne, lu de bonne heure par Bacon, eût éveillé et aiguisé son esprit critique, que lui montrant la pauvreté des méthodes en usage et la faiblesse de la raison humaine abandonnée à ses seules forces, il l'eût incité à construire sa méthode. Voilà ce que les savants ne faisaient pas, ce que personne, je crois, au XVIe siècle ne pouvait faire aussi bien que Montaigne. Ce serait alors dans le premier livre du _Novum organum_, qui est la base de toute l'_Instauratio magna_, qu'il faudrait chercher son influence. Elle serait comparable à celle qu'on s'accorde à lui reconnaitre sur la pensée de Descartes, qui part du doute méthodique, ou sur celle de Pascal qui écrase l'orgueil de la raison. Toute méthode s'appuie sur une critique des démarches spontanées de l'esprit humain. C'est cette critique de la raison que Montaigne aurait préparée à la fois pour Bacon, pour Descartes et pour Pascal. Remarquons toutefois qu'il est bien plus près de Bacon que des deux autres. C'est par l'observation des faits qu'il échappe au doute; ce n'est pas par l'évidence qui sera le refuge de Descartes, et rien ne lui est plus étranger que le mysticisme de Pascal.
[121] Cf. _Nov. Org._, I, aphor. 9.
[122] Cf. _Nov. Org._, I, aphor. 104.
[123] Montaigne, _Essais_, II, XII, tome IV, p. 96.
[124] Montaigne, _Essais_, II, XIII, tome IV, p. 95.
[125] Montaigne, _Essais_, I, XXXII.
[126] Montaigne, _Essais_, II, XII, passim.
[127] _Nov. org._ I, aphor. 54.
[128] _Novum organum_, I, aphor. 41.
[129] Montaigne: _Essais_, II, XII, tome IV, p. 38.
[130] _Novum organum_, I, aphor. 45. Encore pourrait-on rapprocher l'essai (I, XXXVIII) de Montaigne intitulé: «_Comme nous pleurons et rions d'une mesme chose_». Il y critique ceux qui n'apportent pas assez de souplesse à juger les actions des hommes, ceux qui doutent par exemple que les larmes de César en voyant la tête de Pompée mort aient pu être des larmes sincères. Ici et en plusieurs autres chapitres (I, II, ch. 1 par exemple _de l'Inconstance de nos actions_), il accuse l'esprit humain de vouloir ramener toutes les actions d'un même homme à un petit nombre de principes, c'est-à-dire de déformer la réalité psychologique par un besoin naturel d'ordre.
[131] _Novum organum_, I, aphor. 46.
[132] Voir ci-dessus, p. 45 et 46.
[133] Montaigne, _Essais_, I, XI, tome I, p. 54.
[134] Montaigne, _Essais_, II, XII, tome IV, p. 49.
[135] Montaigne, _Essais_, II, XII, tome IV, p. 92.
[136] Montaigne, _Essais_, I, XXXII.
[137] _Novum organum_, I. aphor. 48.
[138] Montaigne. _Essais_, III. VI.
[139] _Ibid._, III. XI.
[140] _Ibid._, III, XI, tome VI. p. 252.
[141] Montaigne, _Essais_, II. XVII.
[142] Voir l'essai I, XXXVIII et aussi ce que Montaigne dit des guerres civiles, dans l'essai III, X.
[143] _Nov. org._, I, aphor. 49.
[144] Montaigne, _Essais_, III, X, t. VI, p. 231.
[145] Montaigne, _Essais_ III, XIII, début.
[146] Montaigne, _Essais_ III. XIII, tome VII. p. 30.
[147] _Novum organum_ I, apho. 50.
[148] _Ibid._, I, apho. 51.
[149] Montaigne, _Essais_ II. XII; tome IV. p. 161.
[150] Montaigne, _Essais_, I, XXXVII.
[151] _Ibid._, I, XXXVI, tome II, page 161.
[152] _Novum organum_, I, apho. 54.
[153] _Ibid._, I, apho. 56.
[154] Montaigne, _Essais_, I, XXXVII.
[155] _Ibid._, I, XXXI.
[156] _Ibid._, I, XXVI.
[157] Montaigne, _Essais_, II, XII, tome IV, p. 133.
[158] _Ibid._, III, XIII.
[159] Montaigne, _Essais_, III, XIII, tome VII, p. 9.
[160] _Ibid._, II, XII, tome IV, p. 30.
[161] _Ibid._, I, XXVI, tome II, p. 31.
[162] Montaigne, _Essais_, II, XII, tome IV, p. 50.
[163] _Novum organum_, I, apho. 63. Trad. Riaux, tome II, p. 25. Bien entendu je ne pense pas qu'il y ait ici plus que dans les textes précédents une réminiscence consciente de Montaigne.
[164] Montaigne, _Essais_, III, IX.
[165] _Ibid._, III, XII.
[166] Montaigne, _Essais_ I, LVI, tome II, p. 297.
[167] _Novum organum_, I, 65, Ed. Riaux, tome II, p. 26.
[168] _De Augmentis_, V. II. Traduct. Riaux, tome I, p. 224.
[169] Montaigne, _Essais_ II, XII, toute la première partie du chapitre.
[170] _Novum organum_ II, 25: «On croit avoir fait une division bien exacte lorsqu'on les a divisées en raison humaine et instinct des brutes. Cependant il est telles actions qu'on voit faire à ces brutes et qui porteraient à penser qu'elles sont capables aussi de faire des espèces de syllogismes, surtout si l'on en veut croire ce qu'on rapporte de certain corbeau qui, durant une grande sécheresse, étant presque mort du soif, aperçut de l'eau dans le creux d'un tronc d'arbre et n'y pouvant entrer parce que l'ouverture était trop étroite, ne cessa d'y jeter de petits cailloux jusqu'à ce que le niveau de l'eau s'élevât assez haut pour qu'il pût boire à son aise, et ce fait a depuis passé en proverbe.»
[171] _Ibid._, II, XII, tome IV, page 51.
[172] _Ibid._, II, XXXVII.
[173] Montaigne, _Essais_ II, XXXII, tome V, page 155.
[174] Cf. par exemple l'aphorisme 71 sur les stériles disputes des philosophes. 83: idée que c'est rabaisser la majesté de l'esprit que de l'attacher aux vulgaires expériences. 84: idée que la vérité est fille du temps, non de l'autorité. 90: manque absolu de jugement dans les exercices d'école..., etc.
[175] Pour toutes ces idées voir mon ouvrage sur _les Sources et l'Evolution des idées de Montaigne_, Paris, Hachette 1908, t. II, pp. 206, 309, 323, etc.
[176] Voir ci-dessus p. 46.
[177] _De Augmentis_ (liv. IX) «The doctrine of religion, as well moral as mystical, is not to be attained but by inspiration and revelation from God».
[178] _Essai_ III, XIII; tome VII.
End of Project Gutenberg's Montaigne et Francois Bacon, by Pierre Villey