Molière - Œuvres complètes, Tome 4
Part 21
Mais pour lequel des deux princes, au moins, dressez-vous tout cet artifice?
ANAXARQUE.
Tous deux ont recherché mon assistance, et je leur promets à tous deux la faveur de mon art. Mais les présens du prince Iphicrate et les promesses qu'il m'a faites l'emportent de beaucoup sur tout ce qu'a pu faire l'autre. Ainsi ce sera lui qui recevra les effets favorables de tous les ressorts que je fais jouer; et, comme son ambition me devra toute chose, voilà, mon fils, notre fortune faite. Je vais prendre mon temps pour affermir dans son erreur l'esprit de la princesse, pour la mieux prévenir encore par le rapport que je lui ferai voir adroitement des paroles de Vénus avec les prédictions des figures célestes que je lui dis que j'ai jetées. Va-t'en tenir la main au reste de l'ouvrage, préparer nos six hommes à se bien cacher dans leur barque derrière le rocher, à posément attendre le temps que la princesse Aristione vient tous les soirs se promener seule sur le rivage, à se jeter bien à propos sur elle ainsi que des corsaires, et donner lieu au prince Iphicrate de lui apporter ce secours qui, sur les paroles du ciel, doit mettre entre ses mains la princesse Ériphile. Ce prince est averti par moi; et, sur la foi de ma prédiction, il doit se tenir dans ce petit bois qui borde le rivage. Mais sortons de cette grotte; je te dirais, en marchant, toutes les choses qu'il faut bien observer. Voilà la princesse Ériphile: évitons sa rencontre.
SCÈNE V.--ÉRIPHILE.
Hélas! quelle est ma destinée! et qu'ai-je fait aux dieux pour mériter les soins qu'ils veulent prendre de moi?
SCÈNE VI.--ÉRIPHILE, CLÉONICE.
CLÉONICE.
Le voici, madame, que j'ai trouvé; et, à vos premiers ordres, il n'a pas manqué de me suivre.
ÉRIPHILE.
Qu'il approche, Cléonice; et qu'on nous laisse seuls un moment.
SCÈNE VII.--ÉRIPHILE, SOSTRATE.
ÉRIPHILE.
Sostrate, vous m'aimez!
SOSTRATE.
Moi, madame?
ÉRIPHILE.
Laissons cela, Sostrate; je le sais, je l'approuve, et vous permets de me le dire. Votre passion a paru à mes yeux accompagnée de tout le mérite qui me la pouvoit rendre agréable. Si ce n'étoit le rang où le ciel m'a fait naître, je puis vous dire que cette passion n'auroit pas été malheureuse, et que cent fois je lui ai souhaité l'appui d'une fortune qui pût mettre pour elle en pleine liberté les secrets sentimens de mon âme. Ce n'est pas, Sostrate, que le mérite seul n'ait à mes yeux tout le prix qu'il doit avoir, et que, dans mon cœur, je ne préfère les vertus qui sont en vous à tous les titres magnifiques dont les autres sont revêtus. Ce n'est pas même que la princesse ma mère ne m'ait assez laissé la disposition de mes vœux; et je ne doute point, je vous l'avoue, que mes prières n'eussent pu tourner son consentement du côté que j'aurois voulu. Mais il est des états, Sostrate, où il n'est pas honnête de vouloir tout ce qu'on peut faire. Il y a des chagrins à se mettre au-dessus de toutes choses; et les bruits fâcheux de la renommée vous font trop acheter le plaisir que l'on trouve à contenter son inclination. C'est à quoi, Sostrate, je ne me serois jamais résolue; et j'ai cru faire assez de fuir l'engagement dont j'étois sollicitée. Mais, enfin, les dieux veulent prendre eux-mêmes le soin de me donner un époux; et tous ces longs délais avec lesquels j'ai reculé mon mariage, et que les bontés de la princesse ma mère ont accordés à mes désirs; ces délais, dis-je, ne me sont plus permis, et il me faut résoudre à subir cet arrêt du ciel. Soyez sûr, Sostrate, que c'est avec toutes les répugnances du monde que je m'abandonne à cet hyménée; et que, si j'avois pu être maîtresse de moi, ou j'aurois été à vous, ou je n'aurois été à personne. Voilà, Sostrate, ce que j'avois à vous dire; voilà ce que j'ai cru devoir à votre mérite, et la consolation que toute ma tendresse peut donner à votre flamme.
SOSTRATE.
Ah! madame, c'en est trop pour un malheureux! Je ne m'étois pas préparé à mourir avec tant de gloire; et je cesse, dans ce moment, de me plaindre des destinées. Si elles m'ont fait naître dans un rang beaucoup moins élevé que mes désirs, elles m'ont fait naître assez heureux pour attirer quelque pitié du cœur d'une grande princesse; et cette pitié glorieuse vaut des sceptres et des couronnes, vaut la fortune des plus grands princes de la terre. Oui, madame, dès que j'ai osé vous aimer (c'est vous, madame, qui voulez bien que je me serve de ce mot téméraire), dès que j'ai, dis-je, osé vous aimer, j'ai condamné d'abord l'orgueil de mes désirs; je me suis fait moi-même la destinée que je devois attendre. Le coup de mon trépas, madame, n'aura rien qui me surprenne, puisque je m'y étois préparé; mais vos bontés le comblent d'un honneur que mon amour jamais n'eût osé espérer; et je m'en vais mourir, après cela, le plus content et le plus glorieux de tous les hommes. Si je puis encore souhaiter quelque chose, ce sont deux grâces, madame, que je prends la hardiesse de vous demander à genoux: de vouloir souffrir ma présence jusqu'à cet heureux hyménée qui doit mettre fin à ma vie; et, parmi cette grande gloire et ces longues prospérités que le ciel promet à votre union, de vous souvenir quelquefois de l'amoureux Sostrate. Puis-je, divine princesse, me promettre de vous cette précieuse faveur?
ÉRIPHILE.
Allez, Sostrate, sortez d'ici. Ce n'est pas aimer mon repos que de me demander que je me souvienne de vous.
SOSTRATE.
Ah! madame, si votre repos...
ÉRIPHILE.
Otez-vous, vous dis-je, Sostrate; épargnez ma foiblesse, et ne m'exposez point a plus que je n'ai résolu.
SCÈNE VIII.--ÉRIPHILE, CLÉONICE.
CLÉONICE.
Madame, je vous vois l'esprit tout chagrin: vous plaît-il que vos danseurs, qui expriment si bien toutes les passions, vous donnent maintenant quelque épreuve de leur adresse?
ÉRIPHILE.
Oui, Cléonice: qu'ils fassent tout ce qu'ils voudront, pourvu qu'ils me laissent à mes pensées.
CINQUIÈME INTERMÈDE
Quatre Pantomimes, pour épreuve de leur adresse, ajustent leurs gestes et leurs pas aux inquiétudes de la jeune princesse Ériphile.
ENTRÉE DE BALLET DE QUATRE PANTOMIMES.
ACTE V
SCÈNE I.--ÉRIPHILE, CLITIDAS.
CLITIDAS.
De quel côté porter mes pas? où m'aviserai-je d'aller? et en quel lieu puis-je croire que je trouverai maintenant la princesse Ériphile? Ce n'est pas un petit avantage que d'être le premier à porter une nouvelle. Ah! la voilà! Madame, je vous annonce que le ciel vient de vous donner l'époux qu'il vous destinoit.
ÉRIPHILE.
Eh! laisse-moi, Clitidas, dans ma sombre mélancolie.
CLITIDAS.
Madame, je vous demande pardon. Je pensois faire bien de vous venir dire que le ciel vient de vous donner Sostrate pour époux; mais, puisque cela vous incommode, je rengaîne ma nouvelle, et m'en retourne droit comme je suis venu.
ÉRIPHILE.
Clitidas! holà! Clitidas!
CLITIDAS.
Je vous laisse, madame, dans votre sombre mélancolie.
ÉRIPHILE.
Arrête, te dis-je; approche! Que viens-tu me dire?
CLITIDAS.
Rien, madame. On a parfois des empressemens de venir dire aux grands de certaines choses dont ils ne se soucient pas, et je vous prie de m'excuser.
ÉRIPHILE.
Que tu es cruel!
CLITIDAS.
Une autre fois j'aurai la discrétion de ne vous pas venir interrompre.
ÉRIPHILE.
Ne me tiens point dans l'inquiétude. Qu'est-ce que tu viens m'annoncer?
CLITIDAS.
C'est une bagatelle de Sostrate, madame, que je vous dirai une autre fois, quand vous ne serez point embarrassée.
ÉRIPHILE.
Ne me fais point languir davantage, te dis-je, et m'apprends cette nouvelle.
CLITIDAS.
Vous la voulez savoir, madame?
ÉRIPHILE.
Oui; dépêche. Qu'as-tu à me dire de Sostrate?
CLITIDAS.
Une aventure merveilleuse, où personne ne s'attendoit.
ÉRIPHILE.
Dis-moi vite ce que c'est.
CLITIDAS.
Cela ne troublera-t-il point, madame, votre sombre mélancolie?
ÉRIPHILE.
Ah! parle promptement.
CLITIDAS.
J'ai donc à vous dire, madame, que la princesse votre mère passoit presque seule dans la forêt, par ces petites routes qui sont si agréables, lorsqu'un sanglier hideux (ces vilains sangliers-là font toujours du désordre, et l'on devroit les bannir des forêts bien policées), lors, dis-je, qu'un sanglier hideux, poussé, je crois, par des chasseurs, est venu traverser la route où nous étions. Je devrois vous faire peut-être, pour orner mon récit, une description étendue du sanglier dont je parle; mais vous vous en passerez, s'il vous plaît, et je me contenterai de vous dire que c'étoit un fort vilain animal. Il passoit son chemin, et il étoit bon de ne lui rien dire, de ne point chercher de noise avec lui; mais la princesse a voulu égayer sa dextérité, et de son dard, qu'elle lui a lancé un peu mal à propos, ne lui en déplaise, lui a fait au-dessus de l'oreille une assez petite blessure. Le sanglier, mal morigéné, s'est impertinemment détourné contre nous: nous étions là deux ou trois misérables qui avons pâli de frayeur; chacun gagnoit son arbre, et la princesse, sans défense, demeuroit exposée à la furie de la bête, lorsque Sostrate a paru, comme si les dieux l'eussent envoyé.
ÉRIPHILE.
Eh bien, Clitidas?
CLITIDAS.
Si mon récit vous ennuie, madame, je remettrai le reste à une autre fois.
ÉRIPHILE.
Achève promptement.
CLITIDAS.
Ma foi, c'est promptement de vrai que j'achèverai; car un peu de poltronnerie m'a empêché de voir tout le détail de ce combat; et tout ce que je puis vous dire, c'est que, retournant sur la place, nous avons vu le sanglier mort, tout vautré dans son sang, et la princesse pleine de joie, nommant Sostrate son libérateur, et l'époux digne et fortuné que les dieux lui marquoient pour vous. A ces paroles, j'ai cru que j'en avois assez entendu; et je me suis hâté de vous en venir, avant tous, apporter la nouvelle.
ÉRIPHILE.
Ah! Clitidas, pouvois-tu m'en donner une qui me pût être plus agréable?
CLITIDAS.
Voilà qu'on vient vous trouver.
SCÈNE II.--ARISTIONE, SOSTRATE, ÉRIPHILE, CLITIDAS.
ARISTIONE.
Je vois, ma fille, que vous savez déjà tout ce que nous pourrions vous dire. Vous voyez que les dieux se sont expliqués bien plus tôt que nous n'eussions pensé: mon péril n'a guère tardé à nous marquer leurs volontés, et l'on connoît assez que ce sont eux qui se sont mêlés de ce choix, puisque le mérite tout seul brille dans cette préférence. Aurez-vous quelque répugnance à récompenser de votre cœur celui à qui je dois la vie? et refuserez-vous Sostrate pour époux?
ÉRIPHILE.
Et de la main des dieux et de la vôtre, madame, je ne puis rien recevoir qui ne me soit fort agréable...
SOSTRATE.
Ciel! n'est-ce point ici quelque songe tout plein de gloire dont les dieux me veuillent flatter? et quelque réveil malheureux ne me replongera-t-il point dans la bassesse de ma fortune?
SCÈNE III.--ARISTIONE, ÉRIPHILE, SOSTRATE, CLÉONICE.
CLÉONICE.
Madame, je viens vous dire qu'Anaxarque a jusqu'ici abusé l'un et l'autre prince, par l'espérance de ce choix qu'ils poursuivent depuis longtemps, et qu'au bruit qui s'est répandu de votre aventure, ils ont fait éclater tous deux leur ressentiment contre lui, jusque-là que, de paroles en paroles, les choses se sont échauffées, et il en a reçu quelques blessures dont on ne sait pas bien ce qui arrivera. Mais les voici.
SCÈNE IV.--ARISTIONE, ÉRIPHILE, IPHICRATE, TIMOCLÈS, SOSTRATE, CLÉONICE, CLITIDAS.
ARISTIONE.
Princes, vous agissez tous deux avec une violence bien grande! et si Anaxarque a pu vous offenser, j'étois pour vous en faire justice moi-même.
IPHICRATE.
Et quelle justice, madame, auriez-vous pu nous faire de lui, si vous la faites si peu à notre rang dans le choix que vous embrassez?
ARISTIONE.
Ne vous êtes-vous pas soumis l'un et l'autre à ce que pourroient décider, ou les ordres du ciel, ou l'inclination de ma fille?
TIMOCLÈS.
Oui, madame, nous nous sommes soumis à ce qu'ils pourroient décider entre le prince Iphicrate et moi, mais non pas à nous voir rebutés tous deux.
ARISTIONE.
Et si chacun de vous a bien pu se résoudre à souffrir une préférence, que vous arrive-t-il à tous deux où vous ne soyez préparés? et que peuvent importer à l'un et à l'autre les intérêts de son rival?
IPHICRATE.
Oui, madame, il importe. C'est quelque consolation de se voir préférer un homme qui vous est égal; et votre aveuglement est une chose épouvantable.
ARISTIONE.
Prince, je ne veux pas me brouiller avec une personne qui m'a fait tant de grâce que de me dire des douceurs; et je vous prie, avec toute l'honnêteté qui m'est possible, de donner à votre chagrin un fondement plus raisonnable; de vous souvenir, s'il vous plaît, que Sostrate est revêtu d'un mérite qui s'est fait connoître à toute la Grèce, et que le rang où le ciel l'élève aujourd'hui va remplir toute la distance qui étoit entre lui et vous.
IPHICRATE.
Oui, oui, madame, nous nous en souviendrons. Mais peut-être aussi vous souviendrez-vous que deux princes outragés ne sont pas deux ennemis peu redoutables.
TIMOCLÈS.
Peut-être, madame, qu'on ne goûtera pas longtemps la joie du mépris que l'on fait de nous.
ARISTIONE.
Je pardonne toutes ces menaces aux chagrins d'un amour qui se croit offensé; et nous n'en verrons pas avec moins de tranquillité la fête des jeux Pythiens. Allons-y de ce pas, et couronnons par ce pompeux spectacle cette merveilleuse journée.
SIXIÈME INTERMÈDE
QUI EST LA SOLENNITÉ DES JEUX PYTHIENS.
Le théâtre est une grande salle, en manière d'amphithéâtre ouvert d'une grande arcade dans le fond, au-dessus de laquelle est une tribune fermée d'un rideau, et dans l'éloignement paraît un autel pour le sacrifice. Six hommes, habillés comme s'ils étoient presque nus, portant chacun une hache sur l'épaule, comme ministres du sacrifice, entrent par le portique, au son des violons, et sont suivis de deux sacrificateurs musiciens, d'une prêtresse musicienne, et leur suite.
LA PRÊTRESSE.
Chantez, peuples, chantez, en mille et mille lieux, Du dieu que nous servons les brillantes merveilles; Parcourez la terre et les cieux: Vous ne sauriez chanter rien de plus précieux. Rien de plus doux pour les oreilles.
UNE GRECQUE.
A ce dieu plein de force, à ce dieu plein d'appas, Il n'est rien qui résiste.
AUTRE GRECQUE.
Il n'est rien ici-bas Qui par ses bienfaits ne subsiste.
AUTRE GRECQUE.
Toute la terre est triste Quand on ne le voit pas.
LE CHŒUR.
Poussons à sa mémoire Des concerts si touchans, Que, du haut de sa gloire, Il écoute nos chants.
PREMIÈRE ENTRÉE DE BALLET.
Les six hommes portant les haches font entre eux une danse ornée de toutes les attitudes que peuvent exprimer les gens qui étudient leurs forces: puis ils se retirent aux deux côtés du théâtre, pour faire place à six voltigeurs.
DEUXIÈME ENTRÉE DE BALLET.
Six voltigeurs font paroître, en cadence, leur adresse sur des chevaux de bois, qui sont apportés par des esclaves.
TROISIÈME ENTRÉE DE BALLET.
Quatre conducteurs d'esclaves amènent, en cadence, douze esclaves qui dansent en marquant la joie qu'ils ont d'avoir recouvré leur liberté.
QUATRIÈME ENTRÉE DE BALLET.
Quatre hommes et quatre femmes, armés à la grecque, font ensemble une manière de jeu pour les armes.
La tribune s'ouvre. Un héraut, six trompettes et un timbalier, se mêlant à tous les instrumens, annoncent, avec un grand bruit la venue d'Apollon.
LE CHŒUR.
Ouvrons tous nos yeux A l'éclat suprême Qui brille en ces lieux. Quelle grâce extrême! Quel port glorieux! Où voit-on des dieux Qui soient faits de même?
Apollon, au bruit des trompettes et des violons, entre par le portique, précédé de six jeunes gens qui portent des lauriers entrelacés autour d'un bâton, et un soleil d'or au-dessus, avec la devise royale, en manière de trophée. Les six jeunes gens, pour danser avec Apollon, donnent leur trophée à tenir aux six hommes qui portent les haches, et commencent, avec Apollon, une danse héroïque, à laquelle se joignent, en diverses manières, les six hommes portant les trophées, les quatre femmes armées avec leurs timbres, et les quatre hommes armés avec leurs tambours, tandis que les six trompettes, le timbalier, les sacrificateurs, la prêtresse et le chœur de musique accompagnent tout cela, en se mêlant à diverses reprises; ce qui finit la fête des jeux Pythiens et tout le divertissement.
CINQUIÈME ET DERNIÈRE ENTRÉE DE BALLET.
APOLLON ET SIX JEUNES GENS DE LA SUITE, CHŒUR DE MUSIQUE.
Pour le ROI, représentant le Soleil.
Je suis la source des clartés; Et les astres les plus vantés Dont le beau cercle m'environne Ne sont brillans et respectés Que par l'éclat que je leur donne.
Du char où je me puis asseoir, Je vois le désir de me voir Posséder la nature entière; Et le monde n'a son espoir Qu'aux seuls bienfaits de ma lumière.
Bienheureuses de toutes parts, Et pleines d'exquises richesses, Les terres où de mes regards J'arrête les douces caresses!
Pour monsieur LE GRAND, suivant d'Apollon.
Bien qu'auprès du soleil tout autre éclat s'efface, S'en éloigner pourtant n'est pas ce que l'on veut; Et vous voyez bien, quoi qu'il fasse, Que l'on s'en tient toujours le plus près que l'on peut.
Pour le marquis DE VILLEROY, suivant d'Apollon.
De notre maître incomparable Vous me voyez inséparable; Et le zèle puissant qui m'attache à ses vœux Le suit parmi les eaux, le suit parmi les feux.
Pour le marquis DE RASSAN, suivant d'Apollon.
Je ne serai pas vain, quand je ne croirai pas, Qu'un autre, mieux que moi, suive partout ses pas.
FIN DES AMANS MAGNIFIQUES.
NOMS DES PERSONNES
QUI ONT CHANTÉ ET DANSÉ DANS LES INTERMÈDES DES AMANS MAGNIFIQUES.
DANS LE PREMIER INTERMÈDE.
ÉOLE, le sieur ESTIVAL.
TRITONS chantans, les sieurs LEGROS, HÉDOIN, DON, GINGAN l'aîné, GINGAN le cadet, FERNON le cadet, REBEL, LANGEAIS, DESCHAMPS, MOREL et deux PAGES de la musique de la chapelle.
FLEUVES chantans, les sieurs BEAUMONT, FERNON l'aîné, NOBLET, SÉRIGNAN, DAVID, AURAT, PEVELLOIS, GILLET.
AMOURS chantans, quatre PAGES de la musique de la chambre.
PÊCHEURS DE CORAIL dansans, les sieurs JOUAN, CHICANNEAU, PESAN l'aîné, MAGNY, JOUBERT, MAYEU, LA MONTAGNE, LESTANG.
NEPTUNE, le ROI.
DIEUX MARINS, M. LE GRAND, le marquis DE VILLEROY, le marquis DE RASSAN, les sieurs BEAUCHAMP, FAVIER et LA PIERRE.
DANS LE SECOND INTERMÈDE.
PANTOMIMES dansans, les sieurs BEAUCHAMP, SAINT-ANDRÉ et FAVIER.
DANS LE TROISIÈME INTERMÈDE.
LA NYMPHE de la vallée de Tempé, mademoiselle DES FRONTEAUX.
TYRCIS, le sieur GAYE.
CALISTE, mademoiselle HILAIRE.
LYCASTE, le sieur LANGEAIS.
MÉNANDRE, le sieur FERNON le cadet.
DEUX SATYRES, les sieurs ESTIVAL et MOREL.
DRYADES dansantes, les sieurs ARNALD, NOBLET, LESTANG, FAVIER le cadet, FOIGNARD l'aîné et ISAAC.
FAUNES dansans, les sieurs BEAUCHAMP, SAINT-ANDRÉ, MAGNY, JOUBERT, FAVIER l'aîné et MAYEU.
PHILINTE, le sieur BLONDEL.
CLIMÈNE, mademoiselle DE SAINT-CHRISTOPHLE.
PETITES DRYADES dansantes, les sieurs BOUILLAND, VAIGNARD et THIBAULT.
PETITS FAUNES dansans, les sieurs LA MONTAGNE, DALUZEAU et FOIGNARD.
DANS LE QUATRIÈME INTERMÈDE.
STATUES dansantes, les sieurs DOLIVET, LE CHANTRE, SAINT-ANDRÉ, MAGNY, LESTANG, FOIGNARD l'aîné, DOLIVET fils et FOIGNARD le cadet.
DANS LE CINQUIÈME INTERMÈDE.
PANTOMIMES dansans, les sieurs DOLIVET, LE CHANTRE, SAINT-ANDRÉ et MAGNY.
DANS LE SIXIÈME INTERMÈDE.
FÊTE DES JEUX PYTHIENS.
LA PRÊTRESSE, mademoiselle HILAIRE.
PREMIER SACRIFICATEUR, le sieur GAYE.
SECOND SACRIFICATEUR, le sieur LANGEAIS.
MINISTRES DU SACRIFICE, portant des haches, dansans, les sieurs DOLIVET, LE CHANTRE, SAINT-ANDRÉ, FOIGNARD l'aîné et FOIGNARD le cadet.
VOLTIGEURS, les sieurs JOLY, DOYAT, DE LAUNOY, BEAUMONT, DU GARD l'aîné et DU GARD le cadet.
CONDUCTEURS D'ESCLAVES dansans, les sieurs LE PRÊTRE, JOUAN, PESAN l'aîné et JOUBERT.
ESCLAVES dansans, les sieurs PAYSAN, LA VALLÉE, PESAN le cadet. FAVRE, VIGNARD, DOLIVET fils, GIRARD et CHARPENTIER.
HOMMES ARMÉS A LA GRECQUE dansans, les sieurs NOBLET, CHICANNEAU, MAYEU et DESGRANGES.
FEMMES ARMÉES A LA GRECQUE dansantes, les sieurs LA MONTAGNE, LESTANG, FAVIER le cadet et ARNALD.
UN HÉRAUT, le sieur REBEL.
TROMPETTES, les sieurs LA PLAINE, LORANGE, DU CLOS, BEAUMONT, CARDONNET et FERRIER.
TIMBALIER, le sieur DIACRE.
APOLLON, le ROI.
SUIVANS D'APOLLON dansans, M. LE GRAND, le marquis DE VILLEROI, le marquis DE RASSAN, les sieurs BEAUCHAMP, RAYNAL et FAVIER.
CHŒURS DE PEUPLES chantans, les sieurs...
TABLE
CINQUIÈME ÉPOQUE (1668-1669).
XXIII. 1668. Amphitryon, comédie. 1 XXIV. 1668. Georges Dandin, ou le Mari confondu, comédie. 80 XXV. 1668. L'Avare, comédie. 136 XXVI. 1669. Monsieur de Pourceaugnac, comédie-ballet. 234
SIXIÈME ÉPOQUE (1670-1673).
XXVII. 1670. Les Amans magnifiques, comédie-ballet. 302
FIN DE LA TABLE DU QUATRIÈME VOLUME.