Missions au Sahara, tome 2

mil. Il manque dans le Tell ; sur les Hauts Plateaux, son élevage

Chapter 345,575 wordsPublic domain

diminue d’importance. Au sud de la zone sahélienne, on ne le trouve plus qu’accidentellement ; il en existe cependant quelques-uns qui séjournent constamment dans le Djerma, mais ils sont malingres et une longue hérédité seule les a mis à peu près en état de résister aux trypanosomiases.

Les chameaux sont de nouveaux venus dans une partie de l’Afrique ; connus de tout temps en Tripolitaine, ils n’auraient été introduits en Algérie que vers le Ve siècle. Ils y existaient cependant à l’époque quaternaire[148].

L’histoire paléontologique de la famille des Camelidés est d’ailleurs encore obscure. Cette famille semble avoir pris naissance en Amérique[149] où elle est encore bien représentée par les lamas (Auchenia). La présence de ce groupe si spécial, en Amérique et dans la région méditerranéenne, est un des faits que l’on a invoqués, à tort sans doute, pour prouver l’existence, pendant les temps tertiaires, du continent africano-brésilien qui, occupant en partie la place de l’Atlantique sud, reliait L’Ancien et le Nouveau Monde.

R. CHUDEAU. — Sahara Soudanais. PL. XXVIII.

R. CHUDEAU. — Sahara Soudanais. PL. XXIX.

=Les hommes.= — Il semblera peut-être irrévérencieux de placer ici quelques mots sur les races humaines qui habitent le Sahara et sa frontière soudanaise. Cette inconvenance paraît nécessaire.

On oublie trop souvent que l’étude des races humaines n’est qu’un chapitre de la zoologie : les caractères anatomiques permettent seuls de définir les groupes fondamentaux de l’humanité. Nul ne songerait à tenir compte, dans l’étude des races de chevaux, de la forme de la selle ou du type de la bride ; la couleur du collier n’a jamais servi à distinguer un king-charles d’un levrier.

L’étude zoologique des races humaines est l’objet propre de l’anthropologie ; les peuplades et les nations que ces races ont formées par juxtaposition, n’ont pour caractères communs que des traits d’ordre psychique, des usages, des traditions et des légendes dont le classement est le domaine de l’ethnographie qui, par sa discipline, appartient aux sciences historiques. Parmi les caractères psychiques communs, l’un des plus faciles à saisir est le langage, qui sert encore trop souvent à la classification des groupements humains : tous les nègres des États-Unis parlent anglais et cet exemple devrait rendre prudent.

On admet aussi bien volontiers, sans discussion, que du contact de plusieurs races peuvent naître des populations métisses formant un groupement homogène dont les caractères seraient, en quelque sorte, la moyenne entre ceux des races dont il est dérivé. Rien n’est moins certain ; il semble établi que lorsque les races sont franchement différentes, les populations métisses doivent être renouvelées presque à chaque génération : les mulâtres ont disparu de quelques-unes des Antilles, en même temps que les blancs. Quand les races sont moins éloignées, la question devient plus douteuse : on a cependant la preuve que, dans l’Europe occidentale tout au moins, à partir de l’âge du fer, et, pour préciser, de l’âge de la Tène, les diverses races qui constituent la population actuelle occupent, à très peu de choses près, les mêmes territoires ; malgré ce long contact, elles ne sont pas confondues ; il est possible à un observateur attentif de retrouver en France, à peine modifiés dans leurs caractères somatiques, les descendants des hommes qui ont habité, pendant le Quaternaire, nos différentes provinces. La vieille race du Néanderthal se rencontre encore dans quelques parties de la Haute-Vienne et de la Dordogne ; la race de Cro-Magnon habite toujours le Périgord. Il ne semble pas que les mensurations, si nombreuses et si précises, du Dr Collignon puissent laisser de doute sur la persistance, pendant un grand nombre de siècles, de ces races, malgré les possibilités, souvent réalisées sans doute, de mélanges entre elles et avec quelques autres.

Il est vrai que pour la race du Néanderthal, comme pour celle de Cro-Magnon, on a des repères précis ; les crânes et les débris de squelettes qui sont les types de ces races sont des objets bien définis, catalogués, dont les moulages authentiques se retrouvent dans toutes les collections ; tout naturaliste, lorsqu’il emploie ces mots, sait ce qu’il veut dire ; il n’ignore pas quelle pièce anatomique peut, en cas de doute, servir à ses comparaisons. On se reporte toujours à la même norme, au même étalon avec autant de certitude que s’il s’agissait du mètre et cette précision rend difficiles les à-peu-près et les bavardages.

En Afrique, nous sommes loin d’une pareille méthode ; aucune race n’est définie. On en est toujours, pour les populations noires tout au moins, à une vague classification linguistique. Les groupements basés sur les caractères du langage ne sont jamais homogènes même lorsque ce langage est bien connu ; au Soudan, ce caractère devient particulièrement inquiétant : les noirs n’ont pas de littérature écrite, et l’usage sur place des manuels et des vocabulaires les plus récents ne donne pas du tout la certitude que les auteurs qui les ont faits, connaissaient vraiment, dans leurs détails, la langue qu’ils ont essayé d’enseigner. Leurs ouvrages rendent certes de grands services au passant, mais il est douteux qu’ils permettent une étude du mécanisme grammatical et des radicaux, assez approfondie pour fixer les affinités des diverses langues de l’Afrique centrale ; dans la région de Zinder, les Européens arrivent assez vite à causer en haoussa avec les Touaregs et les Bellah : ce n’est la langue ni des uns ni des autres et le petit nègre est toujours intelligible ; avec les vrais Haoussas, qui doivent savoir leur langue, c’est une autre affaire et l’interprète devient indispensable.

On a souvent aussi relevé avec soin les différentes modes : la coiffure, les tatouages ont été décrits, avec grand détail, chez les principales peuplades ; ils ont suggéré des rapprochements intéressants, et indiqué des influences manifestes de quelques religions. Les totems ont fait l’objet d’études étendues et Desplagnes a cherché, avec peut-être un peu trop d’audace, à en déduire une histoire générale du Soudan. Il serait absurde de dénier toute valeur à ces indications ; elles doivent être utilisées, avec prudence il est vrai, et plusieurs d’entre elles peuvent éclairer certains faits. Elles n’apportent malheureusement aucune lumière sur les races elles-mêmes. Avant de chercher à reconstituer l’histoire de ces races et de leurs migrations possibles, il semble indispensable de les définir d’abord elles-mêmes, avec précision. Les chiffres que l’on possède sont beaucoup trop peu nombreux pour permettre cette définition. D’après Deniker[150] l’indice céphalique des Haoussas serait 77,3 ; ce chiffre résulte de 13 mesures seulement pour une population de plusieurs centaines de mille, répandue sur de vastes surfaces. Pour les Peuhls qui nomadisent presque de l’Égypte à l’Atlantique, la série mesurée porte sur 37 individus. Depuis huit ans, les chiffres se sont multipliés, mais ce ne sont encore que des commencements d’enquêtes, d’où on ne peut déduire rien de certain. Cependant, tant que les races ne seront pas définies, on ne pourra rien faire de bien sérieux ; on ne pourra qu’ajouter de nouvelles pages à tout ce qui a déjà été écrit : l’énorme amas de documents que l’on possède est à peu près inutilisable parce que l’on ne sait jamais à qui les renseignements se rapportent.

Il semble qu’il y a, au Soudan, deux types humains principaux, distincts à première vue : l’un, massif et lourd, à cheveux crépus ; l’autre, plus fin, plus élancé, à cheveux très bouclés, mais ne formant pas toison (Soudaniens et Noubas-Haoussas[151] des _Crania ethnica_) ; il semble aussi, d’après les quelques crânes anciens que Desplagnes a rapportés du moyen Niger, et qui ont été étudiés par le docteur Hamy[152], que ces deux types coexistent, à de légères variantes près, depuis longtemps dans les régions où on les trouve aujourd’hui. Mais on ne sait rien sur les Tebbous (Pl. XXXI, phot. 59), sur les Bouddoumas du Tchad, sur les Somonos du Niger. Ces derniers, qui vivent de la pêche, paraissent former des groupements distincts des populations au milieu desquelles ils vivent ; à Ségou et ailleurs, ils habitent des quartiers spéciaux et ne se mélangent pas aux autres sédentaires.

Force est donc de s’en tenir à des groupements linguistiques, tout provisoires, et dont la carte d’Afrique de G. Gerland [Berghaus, _Physikalischer Atlas_, no 71, 1892] indique suffisamment la répartition.

Les langues parlées par les diverses populations sédentaires entre Tombouctou et le Tchad, sont assez nombreuses : les langues du Bornou, assez mal connues, sont usitées dans le Mounio, le Koutous, l’Alakhos, et à Moa par les populations sédentaires ; à l’ouest commence le domaine du haoussa qui s’étend jusqu’à l’Adr’ar’ de Tahoua. C’est une des langues les plus importantes de l’Afrique : elle est parlée dans tous les villages de l’Aïr et comprise, comme langue commerciale, du Dahomey à la Méditerranée ; il a été possible au capitaine Leroux d’écrire, en Algérie, une grammaire et un dictionnaire haoussas, parfaitement utilisables à Zinder.

De Tahoua à Tombouctou domine la langue sonr’aï, plus répandue encore au temps de la splendeur de Gao ; elle a, paraît-il, laissé des traces très nettes jusqu’à Agadez.

Ces trois langues fondamentales se subdivisent en un grand nombre de dialectes, différents parfois d’un village à l’autre, et qui nécessitent souvent de nombreux interprètes.

_Touaregs._ — La société touareg a déjà fait l’objet de plusieurs monographies ; celle de Duveyrier est restée classique ; plus récemment Benhazera et Cortier ont donné des détails nombreux et précis sur les Kel Ahaggar et les Ifor’as de l’Adr’ar’[153]. Les Kel Oui viennent d’être étudiés par Jean ; parmi eux, les Haoussas dominent et ils sont, en partie au moins, très distincts des véritables Touaregs.

Les monographies des Azdjer, des Ahaggar et des Ifor’as de l’Adr’ar’, indiquent en général une quasi identité de mœurs ; il n’y a que des divergences de détail, sans grande portée. Les Kel Oui sont beaucoup plus différents, comme il fallait s’y attendre : chez eux, la polygamie est la règle, et ce seul trait suffit, indépendamment de leur couleur, à les mettre tout à fait à part.

Dans l’ensemble, la société touareg est franchement berbère ; le régime démocratique y est la règle et toutes les décisions importantes sont prises par le conseil des notables de la tribu, dont l’amr’ar n’est que le président.

Il y a cependant une nuance importante : chez les Touaregs, il existe une caste noble et un chef commun, un amenokal qui dirige un grand nombre de tribus. Hanoteau et Letourneux[154] avaient déjà fait remarquer que cette forme « monarchique », anormale dans une société berbère, devait pouvoir s’expliquer par des causes extérieures.

L’épithète « monarchique » n’est pas tout à fait exacte ; il n’y a pas d’amenokal par droit héréditaire ; le chef est choisi dans certaines familles seulement, mais entre les compétiteurs possibles, l’élection prononce en dernier ressort : en 1903, Ismaguel avait été investi du commandement, chez les Oulimminden de l’est, par les autorités françaises, bien qu’il n’eût pas la majorité parmi ses électeurs ; cette méconnaissance des coutumes locales a réuni autour du tambari[155] Rézi, dont les partisans étaient plus nombreux, une foule de mécontents, dont les manœuvres furent longtemps une source de difficultés et d’inquiétudes pour nos administrateurs.

L’amenokal, pas plus que les autres chefs, n’est nommé à vie ; lorsqu’il est en désaccord avec ses électeurs, lorsqu’il a cessé de plaire, il est déposé et remplacé par un chef plus populaire [Cortier, _D’une rive à l’autre_, p. 282 ; Jean, _Les Touaregs du S.-E._, p. 159 et 162].

Il n’y a donc pas, à proprement parler, de royauté, mais il existe à coup sûr une sorte de régime féodal ; on trouve partout une caste guerrière de qui dépendent, à des degrés divers de servitude, tous les habitants des terrains de parcours de la tribu noble. Cette organisation semble être un résultat immédiat de la pauvreté du pays ; chez les Kabyles, les vallées sont vraiment fertiles, les villages, qui trouvent facilement de bonnes positions défensives à portée des cultures, sont assez peuplés pour n’avoir pas besoin de protection ; les Arabes des Hauts Plateaux, dont beaucoup sont Berbères, rencontrent presque partout des pâturages et leurs campements restent assez rapprochés pour qu’ils se puissent entr’aider. Les habitants du Sahara central n’ont à leur disposition que quelques oueds à maigre végétation et éloignés les uns des autres ; ils ne peuvent vivre que par petits groupes, et doivent profiter de toutes les aubaines. Lorsque par hasard, un oued du tanezrouft a coulé, ils n’hésitent pas à s’y installer et savent, lorsque le pâturage est vert, se passer d’eau pendant plusieurs semaines : une chamelle donne environ six litres de lait par jour et dans un bon pâturage peut rester plusieurs mois sans boire ; ce lait suffit à tous les besoins des pasteurs.

Dans ces conditions, il est impossible aux Touaregs du nord, Ahaggar et Azdjer, de vivre rassemblés et de s’occuper à la fois de l’élevage et de la défense de leurs troupeaux. La sécurité du pays ne peut être assurée que par des forces de police toujours mobiles ; cette méthode est nécessaire, nous avons dû l’adopter pour nos confins sahariens ; elle justifie amplement l’existence d’une caste guerrière, toujours en route, chez les Touaregs du nord.

Parce qu’elle est d’accord avec les conditions géographiques, la suprématie des tribus nobles et les droits qu’elle entraîne ne sont guère discutés chez les Ahaggar. Dans les pâturages plus riches de la zone sahélienne, l’organisation féodale, qui est moins nécessaire, est supportée avec impatience ; les imr’ad et les bellah se détachent des nobles et ne veulent plus reconnaître pour chef que l’autorité française [R. Arnaud, _Rens. col., Comité Afr. fr._, 1907, p. 96].

Les caractères ethniques des Touaregs sont assez contradictoires ; leur genre de vie actuel les rapproche des primitifs, et Gautier [I, p. 333] les considère, au point de vue social, comme en pleine sauvagerie. C’est, je crois, une exagération. Leur respect de la femme, leur curiosité pour les choses nouvelles, même leur vague littérature indiquent un certain degré de culture et d’évolution.

Le matriarcat est commun chez beaucoup de peuples primitifs, mais il n’est pas certain que chez les Touaregs il ait le même caractère que chez les sauvages ; il est lié, chez eux, au mariage individuel et à la monogamie ; pour les héritages habituels, le partage se fait entre les enfants du mort. Ce n’est que pour les héritages politiques, pour le droit au commandement, que la parenté maternelle intervient nettement. Encore ceci n’est-il pas général : chez les Ifor’as de l’Adr’ar’, à la mort d’un amenokal, le choix se porte sur ses frères ou sur ses fils et non sur ses neveux [Cortier, _l. c._, p. 282]. Ce n’est que chez les Touaregs du nord que le droit au tobol est transmis uniquement par les femmes aux fils des sœurs ou des tantes, et cet usage paraît récent ; il ne remonterait qu’à six générations, d’après l’étude détaillée que Benhazera [_l. c._, p. 94] a faite de la question, confirmant ainsi une anecdote que Duveyrier a racontée longuement [_Les Touaregs du Nord_, p. 398].

Cette coexistence de faits qui rappellent les mœurs primitives avec d’autres qui indiquent une demi-civilisation peut sans doute s’expliquer par l’histoire. Des monuments, comme la tombe de Tin Hinan à Abalessa, comme les constructions funéraires de Tit, sont la preuve qu’une société berbère assez policée, assez riche, a vécu autrefois dans l’Ahaggar. Les puits souvent bien aménagés du Sahara, dont l’établissement serait actuellement à peine possible, sont, eux aussi, un souvenir de ces temps plus heureux. Réduits à la misère par l’asséchement progressif de leurs vallées, les Touaregs se sont contentés de se maintenir vivants, ne conservant que quelques traits de leur ancienne civilisation ; en même temps que leur pays devenait moins habitable, leurs mœurs évoluaient, donnant l’exemple, assez rare en ethnographie, d’une civilisation régressive.

R. CHUDEAU. — Sahara Soudanais. PL. XXX.

R. CHUDEAU. — Sahara Soudanais. PL. XXXI.

On peut espérer, d’ailleurs, que les légendes recueillies chez les différentes confédérations permettront de débrouiller un peu l’histoire de ces tribus ; un assez grand nombre de ces traditions ont déjà été publiées et fourniront probablement des recoupements intéressants, mais je crois que ce travail de contrôle ne peut être fait utilement que sur place ; trop d’éléments d’information font encore défaut pour qu’on puisse le tenter de loin.

Autant que l’on en peut juger sans mensurations précises, les Touaregs, Kel Oui mis à part, paraissent constituer une race très homogène et très pure. Les Taïtoq, les Kel Ahaggar, les Azdjer, les Ifor’as, les Oulimminden et les Kel Gress, et probablement aussi les Touaregs de Tombouctou, se ressemblent beaucoup entre eux et ressemblent beaucoup aussi à certaines races européennes ; on doit, provisoirement tout au moins, les rattacher aux populations dolichocéphales brunes, si fréquentes autour de la Méditerranée occidentale, populations que l’on rencontre en Aquitaine et en Espagne aussi bien qu’aux Canaries et qu’en Afrique mineure, où elles forment la majeure partie des tribus indigènes. Le nom de Berbère est d’ailleurs équivoque ; il ne définit qu’un groupe linguistique assez hétérogène au point de vue anthropologique ; en dehors du domaine de la philologie, ce mot n’a aucun sens précis.

La race à laquelle appartiennent les Touaregs dérive d’une race qui, à l’époque quaternaire, dès le milieu du Paléolithique, occupait le bassin de l’Aquitaine ; les crânes anciens de Laugerie et de Chancelade, ceux de Cro-Magnon sont les témoins authentiques de sa présence à cette époque lointaine. C’est la race de « Cro-Magnon » définie par Broca dès 1868, la race « méditerranéenne » de Houzé, la race « littorale » ou « atlanto-méditerranéenne » de Deniker.

J’aurais voulu, à l’appui de cette affirmation, apporter des arguments précis, et à défaut de mensurations, tout au moins des photographies ; malheureusement, je n’ai pu réunir que peu de documents ; je n’ai pas pu me procurer de photographie des Touaregs du nord. Pour l’Adr’ar’ des Ifor’as, Cortier [_l. c._, p. 218] donne celles de son guide, Fenna, et de quelques femmes.

Le capitaine Pasquier m’a remis un groupe d’Oulimminden [Pl. XXVIII, phot. 53] ; malheureusement le voile, le litham, est bien gênant et ne permet guère de se rendre compte du type.

Le capitaine Posth m’a procuré une série provenant de l’Aïr [Pl. XXIX à XXXI]. Ces photographies, prises dans les tribus les plus blanches et par suite les plus pures, montreront combien le type est européen, quoique seule, la femme Hoggar de la planche XXXI (fig. 60) paraisse vraiment de race non mélangée. Toutes les autres femmes ont le bout du nez arrondi, et ceci est un trait soudanais et non caucasique.

On ne sait pas au juste à quelle époque cette race de Chancelade, franchissant la Méditerranée, est venue occuper le nord de l’Afrique, où elle paraît beaucoup plus récente qu’en Europe. On sait encore moins à quelle date elle s’est répandue dans le Sahara ; les traditions touaregs ne remontent pas à plus de quelques siècles ; depuis Tin Hinan, les Kel Ahaggar énumèrent péniblement une dizaine de générations ; Sidi ag Keradji affirme connaître quinze aïeux ; les sultans d’Agadez auraient été envoyés, il y a un millier d’années, par Constantinople, pour mettre un peu d’ordre dans les affaires des Touaregs qui étaient déjà en pleine anarchie.

Ces dates si rapprochées de nous ne peuvent évidemment pas être prises au sérieux, d’autant que les Touaregs renient toute parenté avec les constructeurs de chouchets, malgré l’identité évidente de ces tombes anciennes avec les tombes modernes [cf. t. I, chap. III].

De nombreuses traditions, relatives à l’origine des Touaregs, ont déjà été recueillies ; quelques-unes les font descendre des Philistins ou de la reine de Saba ; beaucoup de familles cherchent à se rattacher au Prophète ou à ses premiers disciples[156] : il y a peu à tenir compte de ces indications ; elles valent à peu près celles qui nous faisaient descendre de Francus, fils de Priam. D’autres traditions plus précises se rapportent au Fezzan (anciennement Targa) et au Sud marocain ; elles semblent d’accord avec les données anatomiques et méritent d’être prises au sérieux.

Elles sont confirmées par une observation très intéressante d’Ascherson, dont Grisebach [_La Végétation du Globe_, II, p. 135] a bien fait ressortir l’importance. Les mauvaises herbes des oasis du désert de Libye, ces plantes que l’homme cultive malgré lui, proviennent toutes de la Méditerranée ; elles différeraient de celles que l’on trouve dans la vallée du Nil. La migration aurait donc eu lieu du nord au sud et jamais de l’est à l’ouest ; les routes caravanières suivent encore la même direction.

Quelques faits linguistiques indiquent aussi des relations avec le monde romain : pour les mois, il y a une double nomenclature ; celle qui se rapporte à l’année solaire est visiblement latine [Motylinski, _Dictionnaire_, p. 280] : février, mars, avril et mai, sont devenus fobraier, mars, ibrir, maio [I, p. 254]. Dans l’Adr’ar des Ifor’as, quelques mots semblent d’origine chrétienne [Cortier, _l. c._, p. 283].

_L’habitation._ — Les modèles d’habitation usités au Sahara et au Soudan sont suffisamment connus ; la case carrée (Pl. XXXVI, XXXVII) à toit en terrasse, des ksour et des oasis, se retrouve dans l’Ahaggar, à Arouan, à Tombouctou et chez les Bambaras ; la case ronde, la hutte soudanaise existe un peu dans l’Ahaggar ; dans l’Aïr, elle devient commune, et tend à supplanter la demeure carrée, fréquente surtout dans les ruines.

Ces huttes rondes varient un peu suivant les pays ; dans les villages stables la partie cylindrique est souvent en terre ; l’abondance ou la rareté du bois entraîne aussi quelques modifications de détail. Tout cela a été discuté et figuré cent fois ; on en retrouvera quelques reproductions dans les photogravures ; il est inutile de s’arrêter à un sujet aussi connu.

Il faut cependant consacrer quelques lignes aux cases très spéciales des campements tebbous du nord du Koutous ; elles sont d’un modèle inusité ailleurs (fig. 67). En plan, ce sont des rectangles longs de 7 à 8 mètres, larges de 3 ; la porte est dans un des angles, et une cloison, parallèle au petit côté, délimite une sorte de couloir, de vestibule qui met la chambre d’habitation à l’abri des indiscrets. Un foyer, constitué par trois pierres, se trouve au fond de la hutte. Une charpente soutient le faîte à 2 mètres du sol ; le tout est recouvert de paillassons grossiers faits en tiges de mil et de grandes graminées, comme ceux qu’emploient nos jardiniers. L’ensemble a un aspect arrondi, rappelant assez bien certaines serres.

Auprès de chaque case se trouvent quelques constructions analogues mais plus petites, servant de magasins ou de demeure aux captifs. Tout ce qui appartient à un même chef de famille est enclos d’une haie en branchages. Toutes les cases sont établies à mi-côte ou au sommet d’une dune, à faible distance, quelques cents mètres, du puits. Toutes les ouvertures, les portes, et, quand elles existent, les fenêtres, sont dirigées vers le puits pour faciliter la surveillance ; leur orientation varie d’un hameau à l’autre. Dans nombre de villages du Soudan, au contraire, autour du Tchad notamment, les huttes rondes ont toutes leurs portes vers l’ouest pour se défendre du sable charrié par les vents d’est.

Auprès du puits, chaque chef de case à un abreuvoir particulier formé d’un bassin de 4 à 5 mètres carrés de surface, limité par un rebord d’argile. Ces abreuvoirs que l’on remplit à loisir, avant l’arrivée des troupeaux, sont séparés les uns des autres par des haies d’épines. Les Touaregs au contraire, en vrais nomades, se servent d’abreuvoirs portatifs en cuir.

Les hameaux ainsi construits sont assez nombreux au nord du Koutous ; j’en ai vu 5 (Garagoa, Dalguian, Boulloum, Boulakendo, Tassr), sur une longueur de 35 kilomètres. A Garagoa, il y a une soixantaine de chefs de cases, et Tassr m’a paru un peu plus important ; les trois autres villages étaient abandonnés au moment de mon passage (avril 1906).

Je ne sais quelle est l’extension géographique de ce type spécial d’habitation : Nachtigal [_l. c._, p. 190] a indiqué, dans le Tibesti, des paillottes rectangulaires, mais à toit plat, qui paraissent différentes.

Les Tebbous de Tassr et de Garagoa ne semblent pas former une race homogène ; ils se donnent d’ailleurs, pour des raisons politiques probablement, comme des Azas ou Dazas, tout à faits différents des Tebbous véritables et ne pratiquant pas comme eux le vol des troupeaux de leurs voisins (?). Ils affirment même, quoique nous ayons eu la preuve du contraire, n’avoir pas de relations d’amitié avec eux.

R. CHUDEAU. — Sahara Soudanais. PL. XXXII.

R. CHUDEAU. — Sahara Soudanais. PL. XXXIII.

Pour les tentes, il y a à signaler surtout la grande simplicité des installations touaregs ; la photographie (Pl. XXXII, phot. 61) montre à quoi elle se réduit en route ; le bouclier, appuyé contre la tente, et le méhari, indiquent suffisamment le peu de hauteur de ce logement qui ne sert qu’à donner de l’ombre. Lorsque le campement est installé pour quelques semaines, on conserve le toit de cuir, mais placé plus haut (2 m.), et on ferme les côtés au moyen de nattes ; la porte est habituellement au sud. L’installation reste cependant toujours assez primitive chez la plupart des Touaregs ; elle devient à peine un peu plus confortable dans la boucle du Niger, tout en se rattachant au même type (Pl. XXXIII).

[Note 106 : Chevalier, _C. R. Ac. Sciences_, 30 avril 1900. — La végétation de la région de Tombouctou, _Actes du Congrès international de botanique_, 1900, p. 248. — _La Géographie_, XVII, 3, 1908, p. 201-210, etc.]

[Note 107 : On trouvera de bonnes reproductions des aspects de la végétation de ces diverses zônes dans Karsten et Schenk, _Vegetationsbilder_, Iena, 1906 et sv., en particulier, pour le Soudan, [4], Pl. 23 à 30 et, pour le Sahara algérien, [6], Pl. 19-24.]

[Note 108 : _Timetr’in_ est le pluriel du mot _tamtek’_, équivalent tamachek de _r’aba_, la forêt.]

[Note 109 : A. Chevalier, _Ass. française Av. Sc._, Paris, 1900, p. 642-656.]

[Note 110 : Ces beaux liserons forment, dans toutes les parties humides de la zone sahélienne, des fourrés très verts avec de grandes fleurs rouges, épanouies seulement le matin. C’est une plante toxique pour tous les troupeaux. Le poste d’Agadez l’a vérifié à ses dépens, ses chameaux, qui n’étaient pas du pays, ayant brouté ces liserons.]

[Note 111 : ἔδαφος = sol. Schimper, _Plant-Geography upon a physiological basis_, Oxford, 1903, p. 3. — Ce néologisme s’applique aussi bien aux particularités botaniques qui dépendent de détails topographiques, qu’à celles qui ont pour cause la constitution physique ou chimique du sol.]

[Note 112 : Cosson a donné, épars dans diverses autres notes, de nombreux renseignements sur la flore du Sahara.]

[Note 113 : Un genre de Scrophulariées, _Lafuentea_, n’était connu que par une seule espèce d’Andalousie. Battandier a décrit récemment une seconde espèce de ce genre (_L. ovalifolia_) de l’Adr’ar’ des Ifor’as, qui est bien loin de la Méditerranée.]

[Note 114 : Massart, Un voyage botanique au Sahara, _Bull. de la Soc. Bot. de Belgique_, XXXVII, 1898, p. 202-339, 7 planches.]

[Note 115 : Le règne végétal en Algérie. _Revue Scientifique_, [2], XVI, 1879, p. 1205-1217.]

[Note 116 : Grisebach, _La Végétation du Globe_, trad. Tchiatcheff, 1878, II, p. 111. — O. Drude, _Manuel de Géographie botanique_, trad. Poirault, 1897, p. 426.]

[Note 117 : Battandier et Trabut, _L’Algérie_, Paris, 1898, p. 355.]

[Note 118 : _N’si_, graminées de petite taille, du groupe des Stipées. — _Acheb_, toutes les autres plantes dont la venue est à la merci d’une averse.]

[Note 119 : Maury, _Assoc. franç. Av. Sciences_, Toulouse, 1887. — Massart, _l. c._, et La Biologie de la végétation sur le littoral belge, _Bull. Soc. Bot. de Belgique_, XXXII, 1893.]

[Note 120 : _Mentha sylvestris_ est le _na’na’_ des Arabes qui joue un grand rôle dans la préparation du thé. Le mot tamahek, _ennar’nar’_ qui est visiblement le même, semble bien indiquer que la plante a été introduite.]

[Note 121 : Les cryptogames du Sahara sont encore moins connus que les phanérogames ; on trouvera, dans le _Bull. de la Soc. Mycologique de France_, plusieurs notes de Patouillard sur les champignons du grand désert africain. Un pyrénomycète (_Poronia_) est connu en Nubie et sur le littoral atlantique.]

[Note 122 : Je laisse complètement de côté ce qui a trait au karité et aux lianes à caoutchouc, dont l’aire d’habitat est plus méridionale. — Les cultures vivrières ont d’ailleurs un intérêt plus immédiat ; elles seules permettent un accroissement rapide de la population quand un pays est vraiment peuplé, tout le reste vient facilement.]

[Note 123 : G. Rolland, _Hydrologie du Sahara Algérien_. — _Mission A. Choisy_, 1895, p. 7.]

[Note 124 : Ou tekhaouit, selle de femme. On en trouvera un croquis et une description détaillée dans Benhazera (_Six mois chez les Touaregs_, p. 39).]

[Note 125 : Foureau, _Essai de catalogue des noms arabes et berbères de quelques plantes, arbustes et arbres algériens et sahariens_, Paris, 1896.]

[Note 126 : D’après Foureau (Cat., p. 29), mrokba ou merkeba désignerait aussi le _Scabiosa camelorum_ Coss., plante du Sud algérien qui n’est pas connue au Sahara. Elle s’éloigne, par tous ses caractères, des graminées précédentes.]

[Note 127 : En dehors des ouvrages relatifs au Sahara et au Soudan cités plus haut, j’ai pris quelques renseignements dans Bentham et Hooker, _Genera plantarum_, et dans Engler-Prantl, _Pflanzen Familien_.]

[Note 128 : A. Chevalier, _Bull. Soc. Bot. de France_, IV, 6, 1906, p. 480-496.]

[Note 129 : La véritable « myrrhe » provient d’une espèce voisine.]

[Note 130 : _Bull. Soc. Bot. de France_, [IV], 7, 1907, p. 252-257.]

[Note 131 : D’après Cosson, le dattier serait originaire des Canaries, où une sous-espèce, le _Phœnix canariensis_ Hort, est considérée comme spontanée par Webb et Berthelot. La présence de quelques végétaux canariens au cap Blanc, les Helix fossiles des dépôts d’estuaire de Port Étienne, semblent en effet indiquer que, jusqu’au début du Quaternaire, l’archipel canarien était réuni à l’Afrique. Cependant de Saporta affirme reconnaître, parmi les Phœnix tertiaires de la Haute Italie, l’ancêtre direct du dattier.]

[Note 132 : Gravier, _Bulletin du Muséum_, 1907, no 3, p. 218-224, une carte.]

[Note 133 : Foureau, _Doc. Scient. de la Mission Saharienne_, t. II, p. 1055-1059 ; — De Joannis (Lépidoptères), _Bull. de la Soc. entomologique de France_, 1908, p. 82-83 ; — Van der Weele (Névroptères), _id._, 1908, p. 154 ; — Du Buysson (Hyménoptères), _id._, 1908, p. 131-135 ; — Lesne, _Lyctus hipposideros_ nv. sp., _Bull. du Muséum_, 25 nov. 1908.]

[Note 134 : Pucheran, _Revue et Magazine de Zoologie_, 1865.]

[Note 135 : J’ai trouvé un beau varan, long de 0 m. 60, au milieu du tanezrouft de Timissao.]

[Note 136 : Massart, _l. c._, 1898 ; — _Travaux du laboratoire de Wimereux_, t. VII, 1899, p. 446-451.]

[Note 137 : La bibliographie des mollusques africains est déjà très riche. On trouvera l’indication des principaux mémoires dans L. Germain, _Les Mollusques terrestres et fluviatiles de l’Afrique Centrale Française_, in Chevalier, _L’Afrique Centrale Française_, 1908, p. 459-617. — Voir aussi Pallary, _Mollusques tertiaires fluviatiles d’Algérie_, _Mém. Soc. Géol. Paléont._, 1901.]

[Note 138 : R. Anthony, _Ann. de la Soc. royale Zoologique et Malacologique de Belgique_, XLI, 1906, p. 322-430, pl. XI et XII.]

[Note 139 : On les désigne très improprement au Soudan sous le nom de bancs d’huîtres. Les Ætheria appartiennent à la famille des Unionidæ, qui ne renferme que des formes d’eau douce, très éloignées par leurs caractères anatomiques des Huîtres qui, de plus, sont essentiellement marines.]

[Note 140 : La grosse vipère de l’Ahaggar appartient à un genre voisin (_Bitis_). Elle est au moins très proche de la vipère du Gabon. Elle cause des accidents mortels même pendant les mois les plus froids (Guilho-Lohan).]

[Note 141 : J’emprunte ces déterminations à Maclaud : _Notes sur les Mammifères et les Oiseaux de l’Afrique Occidentale_, Paris, 1906.]

[Note 142 : Duveyrier signale à l’Ahaggar, d’après des renseignements indigènes, la _taourit_ qu’il croit une sorte de loup. Je n’ai pu avoir aucune confirmation de l’existence d’un loup. Cortier [_l. c._ p. 362] pense que la taourirt est une hyène. — La seule rencontre dangereuse que l’on puisse faire dans l’Ahaggar est celle des hyènes qui, lorsqu’elles sont en bande, attaquent parfois des isolés. On ignore la limite nord de _H. crocuta_ Erx. qui est, paraît-il, vraiment dangereuse.]

[Note 143 : _Catalogus mammalium tam viventium quam fossilium_, Berlin, 1897-1899.]

[Note 144 : Jean [_l. c._, p. 148] émet des doutes sur l’existence du lion en Aïr. Les indigènes sont très affirmatifs. Von Bary le mentionne expressément et indique qu’il a une crinière ; Foureau en a vu des traces (_D’Alger au Congo_, p. 344, 359).]

[Note 145 : Pierre et Monteil, _L’élevage au Soudan_, Paris, 1905. — Dechambre, _Rev. Col._, 1905, p. 335 et 458.]

[Note 146 : De Franco, _Études sur l’élevage du cheval en Afrique occidentale, Gorée_.]

[Note 147 : Dinaux, _Rens. coloniaux publiés par le Comité de l’Afrique française_, 1907, p. 64.]

[Note 148 : Pomel, _Monographies des Vertébrés fossiles de l’Algérie_, 2e fasc., 1893. — Flamand, _De l’introduction du chameau dans l’Afrique du Nord_, Paris, 1907.]

[Note 149 : Leidy, _Proc. of the Ac. of natural Science of Philadelphia_, 1875.]

[Note 150 : _Les Races et les Peuples de la Terre_, Paris, 1900, Appendice II, p. 667-674.]

[Note 151 : Les Haoussas occupent l’Adr’ar’ de Tahoua, Zinder et s’étendent dans l’Aïr et dans la Nigeria ; ils sont très distincts, à première vue, des Bornouans et des Sonr’ai, entre lesquels ils sont enclavés. Leurs affinités sont plutôt avec les populations de l’Est africain.]

[Note 152 : In Desplagnes, _Le Plateau Central Nigérien_, p. 87-94.]

[Note 153 : Panet a publié une bonne étude sur les Touaregs du cercle de Dounzou (_Revue des troupes coloniales_, 1905, p. 418).]

[Note 154 : _La Kabylie et les coutumes kabyles_, 3 vol., 1872-1873, II, p. 3.]

[Note 155 : _Tambari_, synonyme méridional de _amr’ar_. _Amr’ar_ veut dire au sens propre « quelqu’un de grand soit par la fonction sociale, soit par l’âge ». C’est l’équivalent du mot arabe _cheikh_ (Motylinski, _Dictionnaire_, p. 110).]

[Note 156 : Inutile de mentionner l’hypothèse fantaisiste d’après laquelle les guerriers touaregs seraient les descendants des croisés de saint Louis.]

CHAPITRE V

HYDROGRAPHIE ANCIENNE

Le Taffassasset. — Le bassin de Tombouctou et le moyen Niger. — Le bassin d’Ansongo. — Le Tchad et le Bahr El Ghazal.

L’hydrographie du Sahara dans son état actuel est récente ; les preuves abondent que d’importants remaniements dans le dessin des cours d’eau sont d’hier.

Malheureusement, les lacunes de la cartographie, l’absence complète d’hypsométrie précise, et l’ignorance où nous sommes de la classification du Pleistocène et du Quaternaire de l’Afrique centrale, obligent à faire une part, peut-être trop large, aux hypothèses, dans l’exposé de l’état ancien du réseau hydrographique. Il semble cependant qu’un essai de synthèse, même très audacieux, soit le seul moyen de grouper les faits acquis et de poser nettement les problèmes.

Dans le Sahara algérien, depuis Duveyrier, le bassin de l’oued Igharghar est bien connu dans ses grandes lignes ; les patientes explorations de Foureau en ont précisé de nombreux détails et les recherches toutes récentes de Voinot nous ont bien fait connaître ses parties hautes.

Gautier a montré l’extension du bassin de la Saoura qu’il a pu suivre jusqu’à Rezegallah ; les affluents de la rive gauche de ce fleuve sont bien connus et il ne reste plus à élucider que quelques questions de détail pour que l’histoire de ce fleuve soit définitivement éclaircie : on ne sait pas encore, par exemple, si la Daoura est un bassin fermé ou un affluent de la rive droite de la Saoura.

Ces deux fleuves, l’Igharghar et la Saoura, bien vivants naguère, ont succombé l’un et l’autre dans leur lutte contre l’ensablement, mais ils sont morts sur place ; s’ils revenaient à la vie, ils reprendraient leur ancien cours. Des accidents tectoniques récents, comme le rajeunissement de la faille du Touat [_Sahara algérien_, p. 235], n’ont en rien modifié le dessin général des deux principaux bassins du Sahara du nord.

=Le Taffassasset.= — Dans le Sahara soudanais, les changements ont été plus profonds ; pendant le Pleistocène, un seul fleuve important aboutissait à l’Atlantique. Né dans les contreforts de l’Ahaggar, le Taffassasset, après avoir quitté In Azaoua, se dirigeait vers le sud en passant au voisinage de l’Aïr, dans la plaine de Talak. Un peu plus loin, les grandes vallées de l’Adr’ar’ de Tahoua, les « dallols »[157], indiquent nettement son cours et celui de quelques-uns de ses affluents ; plus au sud encore le Taffassasset se confondait avec ce qui est aujourd’hui le Bas Niger, en aval de la région du W (à la rencontre du fleuve et des quartzites de l’Atacora).

Les indications qui rendent cette reconstitution au moins vraisemblable sont nombreuses. Le dessin actuel du fleuve, tel qu’il résulte de la carte manuscrite où Cortier a résumé tous les itinéraires récents, présente deux angles presque droits : habituellement N.-S., le lit du fleuve se dirige de l’est à l’ouest, de Talak à l’Azaouak, pendant 500 kilomètres ; cette double inflexion dont l’existence paraît bien établie a besoin d’être justifiée (Carte géologique hors texte).

Les traces de changements récents dans le régime hydrographique se rencontrent à chaque pas ; au voisinage d’Agadez, le Teloua qui prend sa source dans le Baghazam, un des hauts sommets de l’Aïr, est encore assez vivant. Il a une pente notable : les observations barométriques faites à Agadez et à Assaoua donnent un chiffre voisin de 1/1000, chiffre que confirme l’état de ravinement du lit ; il s’agit donc d’un régime presque torrentiel pour la rivière principale de la plaine d’Agadez. Les affluents du Teloua, ceux de la rive gauche tout au moins, ont une pente presque nulle ; leurs lits sont à peine tracés ; à la saison des pluies, ils s’épandent en de véritables marais, transformant les parties argileuses de leur bassin en fondrières larges de plusieurs kilomètres, et dont la traversée peut devenir dangereuse. Ce n’est pas une allure normale, et d’ordinaire les affluents ont une pente plus forte que la rivière où ils se jettent.

Des exemples analogues ne sont pas rares, mais le fait qui paraît le plus décisif est à coup sûr l’existence des dallols. Le plateau calcaire et gréseux qui constitue l’Adr’ar’ de Tahoua, malgré le dur manteau de latérite qui le recouvre partout, est profondément entaillé par des vallées fort nettes, larges parfois de 5 à 6 kilomètres ; ces vallées, ces dallols, sont limitées par des falaises toujours très bien marquées et dont la hauteur dépasse parfois 100 mètres, au voisinage de Keita par exemple. Leur caractère de vallée d’érosion n’est pas douteux, et elles servent encore de collecteur au peu de pluie qui tombe sur la région ; comme toutes les rivières habituellement inactives, elles ont mal su lutter contre le vent et des dunes encombrent leur lit ; ces barrages ont déterminé l’établissement d’un certain nombre de mares et d’étangs permanents ; celui de Keita, presque un lac, est un des plus célèbres (Pl. XX). On peut suivre les principaux dallols fort loin vers le sud ; le dallol Bosso se continue jusqu’au Niger. Vers l’amont ils ne viennent de nulle part : le Goulbi n’Sokoto, qui draine les eaux de la majeure partie du Tegama, passe au sud-est de l’Adr’ar’ ; toutes les eaux du nord du Tegama sont recueillies par le kori Tamago qui, se dirigeant vers l’ouest, passe très au nord de la région de Tahoua, et, vers l’Azaouak, va rejoindre l’Ir’azar d’Agadez, et le Taffassasset qui ont recueilli toutes les eaux de l’Aïr et de l’Ahaggar : tout passage vers le nord et vers l’est est actuellement coupé aux fleuves qui ont creusé les dallols. Ces vallées sont d’ailleurs trop importantes pour être attribuées à de simples ruisseaux ; au surplus, Tahoua est dans une région où les pluies sont actuellement peu importantes : la récolte du petit mil, pourtant peu exigeant, est parfois compromise par la sécheresse, bien que toutes les cultures soient dans les vallées ; tous les ergs morts, si abondants dans la région, et le vernis qui recouvre les latérites, prouvent cependant que, pendant le Quaternaire, ce pays était un vrai désert, où la pluie était plus rare qu’elle ne l’est maintenant. Il y a à ce point de vue amélioration du climat et non péjoration et cependant, malgré ce progrès, les ruisseaux de l’Adr’ar’ sont misérables et hors de proportion avec les grands dallols.

Il faut donc que les dallols aient été creusés par des fleuves venus de loin, de régions où il pleuvait pendant le Quaternaire, c’est-à-dire du Sahara, et ceci ne peut se concilier qu’avec de profonds changements dans le régime hydrographique.

=Le bassin de Tombouctou et le moyen Niger.= — En 1899, Chevalier[158], herborisant aux environs de Tombouctou, trouva sur le sable une coquille marine ; quelques jours après, les indigènes lui en apportèrent un grand nombre et lui apprirent qu’elles provenaient de Kabarah où on les trouvait dans les carrières d’où était extraite l’argile qui sert à bâtir les maisons de la ville. Les coquilles seraient abondantes surtout dans une couche de sable, plus compact que celui des dunes et qui repose directement sur des argiles[159]. On a pensé d’abord que, comme aujourd’hui la caurie (_Cypræa_), ces coquilles avaient été apportées de la côte par les noirs et servaient de monnaie. Cette manière de voir ne paraît guère soutenable : le test est déjà modifié dans son aspect, et les coquilles de Tombouctou sont en voie de fossilisation ; elles sont loin d’avoir la fraîcheur de celles que l’on trouve en Mauritanie dans des dépôts de plage à quelques kilomètres de la côte ; Mabille avait observé que toutes sont de taille plus petite que les exemplaires originaires de l’Atlantique, dont le Muséum possède de riches séries. L’une d’elles (_Marginella Egouen_) mesure habituellement à l’île Gorée 9 lignes (20 mm.) d’après les indications d’Adanson [_Histoire naturelle du Sénégal_] ; un de mes exemplaires de Tombouctou n’a que 15 millimètres. Mais les échantillons plus nombreux qui sont, depuis, arrivés en Europe montrent à côté de formes naines des formes de taille très normale, de sorte que l’observation de Mabille perd une bonne partie de son importance. Au surplus l’abondance extrême de ces coquilles (on en trouve plusieurs dans chacune des briques de Tombouctou), ne paraît guère s’accorder avec l’idée d’un transport accidentel.

Il faut donc admettre que ces animaux ont vécu et se sont multipliés à la place où on les trouve aujourd’hui : au Quaternaire la mer a occupé le bassin de Tombouctou. Jusqu’à présent on ne connaît que peu d’espèces appartenant à cette faune. Ce sont :

_Marginella marginata_ Born, = _M. Egouen_ Adan.

_M. pyrum_ Gronovius,

_M. cingulata_ Dillwyn,

_Columbella rustica_ Linné ;

la première seule est commune, mais toutes renferment à leur intérieur des débris indéterminables d’autres mollusques[160] (_Cerithes_ et lamellibranches).

Les deux seuls gisements certains sont Kabarah et les berges du Faguibine, et ceci ne nous permet guère de juger quelle pouvait être l’étendue de cette mer. Heureusement quelques faits permettent tout au moins d’émettre des hypothèses vraisemblables, et d’indiquer de quel côté il faudra chercher la solution de ce problème. La petite carte de la figure 68 montre que vers le sud les terrains cristallins, depuis Tidjika (Tagant) jusqu’à Tosaye, forment une ceinture ininterrompue, d’altitude souvent notable, parfois rehaussée de plateaux de grès (Hombori), ceinture qui donne bien probablement la limite méridionale extrême du bassin de Tombouctou. Vers le nord les renseignements sont encore bien vagues ; on sait cependant d’une manière certaine que les terrains cristallins dominent dans le Rio de Oro [Quiroga] (cf. ch. I, fig. 4), et qu’on les retrouve plus au sud où ils supportent les grès dévoniens de l’Adr’ar’ Tmar [Dereims] ; on sait aussi que l’on retrouve les mêmes terrains d’El Eglab à Taoudenni, où ils disparaissent sous les calcaires carbonifères de la hammada El Haricha [Mussel] (cf. ch. I, fig. 6) ; plus à l’est l’Adr’ar’ des Ifor’as, qui se relie à l’Ahaggar, se prolonge vers l’ouest par les plateaux dévoniens du Timétrin presque jusqu’au méridien de Tombouctou, laissant, entre ces plateaux et Taoudenni, un passage pour la vallée de la Saoura, passage où l’on a signalé des grès (Infracrétacé) et des dépôts de sebkha. La région circonscrite par ces terrains anciens correspond en gros au Djouf et à l’Azaouad.

Il est hors de doute que, pendant le Pleistocène, l’Atlantique empiétait largement sur la Mauritanie et qu’un golfe s’étendait au moins à 200 kilomètres dans l’intérieur des terres : des coquilles marines à peine fossiles (_Senilia senilis_ ?) abondent jusqu’à Aleg ; il est possible que, passant entre l’Adr’ar’ Tmar et le Tagant, ce golfe ait été rejoindre la mer de Tombouctou. A défaut de preuves directes, que l’ignorance où nous sommes, même de la géographie de ces régions, empêche de donner, on peut remarquer que, si l’on connaît d’innombrables exemples de transport de mollusques par les oiseaux, ces exemples portent sur des formes d’eau douce qui vont ainsi d’une mare à l’autre, ou bien sur des formes de lagune, des formes d’eau saumâtre, comme le _Cardium edule_ L. des chotts algériens, qui sont adaptées à des variations considérables dans la température et dans la composition chimique, dans la salure du milieu qu’ils habitent. Pour les espèces littorales, mais franchement marines, comme le sont les Marginelles, on a pu parfois, avec beaucoup de patience, habituer quelques-unes d’entre elles à vivre dans de l’eau un peu plus ou un peu moins salée que l’eau de mer ; mais elles ne s’y reproduisent pas. L’abondance des fossiles à Tombouctou semble donc indiquer que l’eau y avait la même composition et la même constance de température que dans l’Atlantique, ce qui ne peut guère s’expliquer que par une communication directe entre le Djouf et l’Océan.

Tombouctou est à environ 250 mètres au-dessus de la mer, mais cette différence de niveau n’est pas une objection : près de Reggio, en Calabre, des assises marines du Quaternaire ancien sont à plus de 800 mètres d’altitude, et l’on connaît sur le littoral de l’Angola des sables à _Senilia senilis_, l’une des espèces les plus communes du golfe quaternaire de Mauritanie, qui forment le couronnement de falaises hautes de 200 mètres.

A ce golfe marin du Quaternaire ancien, peut-être partagé en deux lobes, dont l’un, Taoudenni, recevait la Saoura et l’autre, Faguibine, le Niger, a succédé au moins dans sa partie méridionale un lac de grande étendue.

Récemment en effet, Dupuis Yakouba a recueilli dans l’Azaouad où on les trouve partout répandus sur le sol, entre les dunes, une série de mollusques d’eau douce qui, d’après l’examen de L. Germain, rappellent de très près la faune des eaux stagnantes du Tchad ; les affinités avec les espèces ou les variétés du Niger, pourtant tout proche, sont beaucoup moins marquées. Cette absence de formes d’eau courante est une bonne confirmation de l’existence d’un lac succédant à la mer à marginelles et dont le Faguibine et les lacs voisins sont le dernier reste.

En même temps que s’interrompaient les communications avec l’Atlantique, dans la partie nord de l’ancien golfe, mal alimentée par la Saoura, s’accumulait le sel qui est actuellement exploité dans les salines de Taoudenni et de Tichitt.

Tout ceci est encore évidemment bien hypothétique ; les faits positifs font défaut, le Djouf est inexploré. L’origine de la falaise d’El Khenachiche, qui semble un accident très important, est singulièrement obscure ; mais il fallait poser le problème.

L’existence de ce golfe quaternaire, si elle était démontrée, rendrait assez vraisemblable, pendant l’Éocène et peut être le Crétacé supérieur, une communication directe entre le bassin de Tahoua et le Sénégal (chap. II) : entre le Silurien de Tosaye et l’Adr’ar’ des Ifor’as passent en effet les calcaires à huîtres et à oursins que l’on peut suivre jusqu’à Mabrouka et jusqu’au voisinage de Bemba, en plein cœur du bassin de Tombouctou, semblant jalonner vers l’ouest une communication directe avec l’Atlantique.

Quoi qu’il en soit de ces dernières hypothèses dont la solution appartient à l’avenir, l’existence d’une mer quaternaire à Tombouctou à laquelle, à une époque plus récente, a succédé un lac, dont les régions lacustres sont les derniers témoins, paraît bien établie. La Saoura venant du nord, le Tamanr’asset descendu de la Coudia, et l’oued Ilock, qui prend sa source dans l’Adr’ar’ des Ifor’as, y aboutissaient ; il n’est pas téméraire de penser qu’il en était de même du Niger.

Le cours moyen de ce fleuve, de Koulikoro à Tosaye, présente des particularités très remarquables.

En amont du Macina, le Niger a toutes les allures d’un vieux fleuve fidèle à sa vallée qu’il occupe depuis longtemps ; il est profondément encaissé ; au-dessus du lit actuel, on distingue toute une série d’anciennes terrasses qui racontent les progrès lents de l’érosion ; à côté de ces caractères d’ancienneté, les nombreux rapides qui, au sud de Koulikoro, entravent souvent la navigation sont un indice de rajeunissement. En aval de Tosaye et surtout d’Ansongo, le Niger a des berges fort nettes ; son cours présente d’innombrables rapides ; il est en plein travail et ceci est un signe de jeunesse ; des vallées suspendues, parfois à une vingtaine de mètres au-dessus du fleuve, ne s’y raccordent pas et semblent appartenir à un autre âge et probablement à un autre réseau hydrographique.

R. CHUDEAU. — Sahara Soudanais. PL. XXXIV.

Dans son cours moyen (fig. 65, p. 175), dans le bassin de Tombouctou, le fleuve semble ne pas avoir de passé ; c’est à peine même s’il a un présent. Il s’étale en marécages immenses et s’égare en d’innombrables marigots qui, dans la région lacustre surtout, forment un absurde réseau ; à certaines saisons, dans quelques-unes de ses branches, il lui arrive de refluer sur lui-même. Dans tout ce bief, long de plus de 800 kilomètres, la pente est nulle et l’eau s’écoule à peine. Au mois d’août, en pleine crue, sa vitesse ne dépasse pas 6 kilomètres à l’heure : c’est la vitesse du Rhône en temps ordinaire, vitesse qui est souvent triplée (18 km.) en temps de crue. Quelques photographies, en particulier celle de la planche XXXIV (phot. 66), montreront combien le cours du Niger est mal défini.

Le seuil de Tosaye, où le Niger quitte le bassin de Tombouctou, est d’une importance capitale ; au delà du seuil, le courant devient plus fort ; la rupture de pente est bien accusée. Cependant, en des pays moins plats, ce point serait à peine remarqué ; le pittoresque y est médiocre ; rien qui puisse être appelé une gorge, encore moins un défilé ; l’érosion n’a fait qu’échancrer l’arête cristalline, y creusant des falaises de quelques mètres ; le temps lui a manqué pour faire plus grand. L’eau n’y trouve encore qu’un écoulement difficile et lent et s’accumule en amont en masses énormes, surtout dans la région lacustre.

On a encore peu de renseignements sur les lacs qui s’étendent sur la rive droite du fleuve, entre le Niger et Hombori ; Desplagnes [_Le Plateau central nigérien_] en a donné une carte, mais sans explication ; ceux de la rive gauche (Faguibine, Horo) sont mieux connus[161].

Un fait assez imprévu, et qui semble bien établi par les mesures concordantes des lieutenants Figaret et Villatte, est que le Faguibine est en contre-bas d’une dizaine de mètres relativement au Niger. Malgré le sens de la pente, les crues du fleuve, qui varient de 5 à 8 mètres, ne suffisent pas à remplir chaque année cette importante dépression. Quelques barrages de médiocre importance s’y opposent, apportant une bonne confirmation à l’idée du desséchement en quelque sorte mécanique du Sahara [cf. t. I, ch. II].

Cette irrégularité dans les crues se traduit par de grandes variations dans l’état des lacs et dans la richesse du pays. Lenz, en 1880, ne mentionne que quelques étangs autour de Ras El Mâ ; il est possible que ses guides l’aient trompé et lui aient soigneusement caché la nappe d’eau principale ; mais il est plus vraisemblable, et mieux d’accord avec les traditions indigènes, qu’il est passé dans la région à un moment de grande sécheresse. D’après le chef du village de Fatakara, ce n’est que trois ans après la venue du voyageur allemand que les Daounas, stériles depuis de longues années, purent être ensemencés. Pendant quelques années, les récoltes furent superbes.

En 1894, le Faguibine était un grand lac : Hourst y a vu une énorme nappe d’eau, sur laquelle il lui paraissait dangereux de naviguer dans une barque non pontée ; en 1905, son niveau avait baissé de 7 m. 50 et Ras El Mâ était à 30 kilomètres de la rive ; parfois même, assurent les indigènes, il ne reste du Faguibine que quelques débris dans les parages des rochers de Taguilem, où les fonds ont quelque profondeur.

Villatte pense qu’un canal de 8 kilomètres de long, reliant le Fati au Télé, permettrait aux eaux du Niger de pénétrer tous les ans jusqu’au Faguibine, assurant une fertilité régulière à d’immenses territoires ; il ne semble pas qu’au point de vue technique l’établissement de ce canal puisse présenter de difficultés.

Avant de l’entreprendre toutefois il sera prudent d’être mieux fixé sur les régions qui sont situées au nord et à l’ouest du Faguibine. La dépression du Djouf est en contre-bas d’au moins une centaine de mètres et il est à peu près certain que le Niger y a autrefois abouti [cf. t. I, p. 55]. Il ne faudrait pas oublier l’exemple qu’a donné récemment le Colorado qui, profitant d’un canal de dérivation, a failli abandonner le Pacifique pour créer un lac important dans le Salton Sink[162] ; il serait plaisant, sous prétexte d’irriguer les Daounas, de renvoyer le Niger dans son ancien lit et de ruiner une bonne partie de l’Afrique occidentale.

Les Maures affirment en effet qu’un chenal continu, partant de Ras El Mâ, relie la Faguibine à Oualata ; le service géographique des colonies (Carte au 2000000e, feuilles 1 et 2) a tenu compte de ce renseignement et figure le Dahar Oualata en falaise, qu’elle prolonge au nord-ouest jusqu’à Tichitt, en plein Djouf.

Diverses légendes confirment d’ailleurs cette ancienne direction du Niger ; on a conservé le souvenir d’une époque où le Niger, ou, pour mieux dire, un de ses bras, un marigot, se remplissait parfois jusqu’à Araouan ; des ruines sont connues dans le Djouf ; près d’Oualata, il existerait deux villes importantes aujourd’hui abandonnées ; entre Araouan et Taoudenni, Ed Denader aurait été peuplé par les Kel Antasar. Cette précision relative semble indiquer qu’il s’agit d’une ruine récente ; le desséchement du pays serait d’hier.

Cependant une autre tradition, dont je dois l’indication à Gsell, permet de croire que depuis fort longtemps le Niger a cessé de couler du sud au nord. Hérodote [livre II, chapitre XXXII] raconte l’histoire de cinq jeunes gens de la tribu des Masamons qui, partis du littoral de la Grande Syrte, traversèrent, pendant de longs jours, le désert en marchant vers le couchant : ils arrivèrent ainsi dans un pays où il y avait des arbres et qu’habitaient des nains de couleur noire qui les firent prisonniers. Ces nains leur firent traverser, par de longues marches, des marécages et les conduisirent dans leur capitale, qu’arrosait un grand fleuve où se jouaient des crocodiles, et qui coulait de l’ouest vers l’est. On ne voit guère que le Niger qui corresponde à ces indications ; la présence de pygmées dans la partie occidentale du Soudan est d’accord avec les légendes que Desplagnes a recueillies [_Le Plateau central nigérien_, p. 69 et 71] ; leur souvenir est resté assez vivant dans le plateau nigérien d’où ils auraient été refoulés dans la grande forêt équatoriale à une époque assez récente.

Il serait dangereux d’attribuer à ce récit une grande importance, mais il serait puéril de le rejeter _a priori_.

Le phénomène de capture qui s’est produit à Tosaye n’est pas douteux ; il s’agit là probablement d’un événement géologiquement récent : le récit d’Hérodote est peu clair, les traditions indigènes sont plus nombreuses et plus précises ; elles sont d’accord avec la présence de ruines et avec les faits géographiques ; on peut donc admettre, avec quelque vraisemblance, que le changement de lit du Niger n’est pas très vieux et que l’archéologie permettra peut-être de dater avec quelque exactitude cette importante modification des conditions de la vie dans le bassin de Tombouctou. Elle serait, d’après Desplagnes, antérieure au Néolithique africain qui est sans doute bien récent.

=Bassin d’Ansongo.= — Que se passait-il entre le bassin du Niger et celui de Taffasasset, alors qu’ils étaient distincts ?

J’ai déjà mentionné précédemment l’existence de vallées suspendues le long du Niger entre Niamey et Gao. Ces vallées sont en général assez larges, bien encaissées dans des berges élevées parfois de 5 à 6 mètres (fig. 79, p. 275).

Leur hauteur au-dessus du Niger est très variable ; près de Gao, elles sont à 4 ou 5 mètres au-dessus du niveau du fleuve ; à Ansongo, le poste est bâti sur des graviers à 7 mètres au-dessus du Niger ; il y a 80 kilomètres entre Gao et Ansongo et le fleuve ne présente pas de rapides.

Plus au sud, vers Niamey, les vallées suspendues dominent le fleuve d’une trentaine de mètres ; il y a entre Ansongo et Niamey 280 kilomètres et de très nombreux rapides. Les altitudes n’ont été déterminées qu’au baromètre ; elles accusent une cinquantaine de mètres de différence entre Gao et Niamey, au niveau du Niger. Il est impossible d’en conclure quoi que ce soit sur les niveaux relatifs des vallées suspendues et de savoir si celles de Niamey sont au-dessus ou au-dessous de celles de Gao. La cartographie de ces régions est encore trop sommaire pour que l’on puisse savoir si ces vallées suspendues s’arrêtent au Niger ou si elles le traversent et se continuent au delà du fleuve : j’en ai aperçu d’assez nombreuses sur chaque rive, mais ce n’est pas d’une pirogue que l’on peut les étudier sérieusement.

Plus au sud, Hubert a observé des faits analogues, sur lesquels il donne peu de détails.

Malgré ces incertitudes, ces vallées sont cependant la preuve d’un changement profond dans le régime des cours d’eau de la contrée, soit qu’elles n’aient jamais eu de rapport avec le Niger, soit qu’elles en soient d’anciens affluents.

Ce bassin, dont Ansongo occupe le centre, semble assez bien délimité vers l’ouest par l’arête cristalline qui va de Tosaye à Hombori ; partout ailleurs ses limites sont assez indécises : ce coin de la boucle du Niger a été encore à peine parcouru.

En tous cas ce bassin est mal modelé ; il est occupé par un grand nombre de mares, Merri, Doro, Gossi qui, d’après les renseignements qu’a bien voulu me donner le capitaine Aymard, sont, à la saison des pluies, de véritables lacs dont le périmètre dépasse 100 kilomètres ; à la fin de la saison sèche, elles n’ont plus que quelques lieues de tour. Le Telemsi est jusqu’à présent le moins mal connu des fleuves de ce bassin ; prenant sa source dans l’Adr’ar’ des Ifor’as, il contient parfois de l’eau dans des mares, mais ne coule plus ; il se raccorde fort mal avec ceux de ses affluents de la rive droite qui prennent leur source au nord du Bourem ; Combemorel [_Comité Af. française_, janv. 1909] met bien en évidence ce caractère hétérogène du réseau.

Il est assez vraisemblable, sans qu’il soit possible pour le moment d’en donner la preuve positive, que ce bassin d’Ansongo a été un bassin fermé, intercalé entre le Niger et le Taffassasset.

Comme agents du modelé, les bassins fermés sont des outils médiocres ; ils ne peuvent subsister que dans les régions où les pluies sont rares, et à cette cause d’infériorité manifeste, ils ajoutent encore leurs propres effets. Lorsqu’un fleuve se jette dans la mer, les sédiments qu’il y apporte ont un volume parfois considérable, mais à coup sûr négligeable devant le cube de l’Océan ; dans un bassin fermé, il n’en est plus de même et toutes les fois que le fleuve travaille, il surélève lui-même son niveau de base aux dépens des matériaux qu’il a arrachés aux parties les plus hautes de son bassin, deux actions dont les effets s’additionnent pour diminuer la pente du fleuve et restreindre sa puissance ; il est impossible aux affluents d’une mare de remonter leur tête bien loin et tous les phénomènes de capture ont chance de se faire à leurs dépens.

Le Taffassasset était bien placé pour sortir vainqueur de la lutte ; s’il faut en croire Hubert [_Thèse_, p. 155] les fleuves côtiers du Dahomey portent la trace d’un abaissement de 40 mètres de leur niveau de base, aussi tous présentent-ils, à leur sortie de la région cristalline, une rupture de pente très nette. Quoique l’invariabilité de niveau, affirmée par Hubert, de la plate-forme ancienne, depuis l’Éocène, soit peu vraisemblable, le rajeunissement de tous les cours d’eau du Dahomey paraît bien établi. L’embouchure du Taffassasset en était trop proche pour que le fleuve n’ait pas puisé dans ce mouvement négatif une nouvelle vigueur. L’un de ses affluents attaquant l’Atacora, créait le W et pénétrait au cœur du bassin d’Ansongo.

La masse d’eau qu’il y trouvait lui permettait de remonter rapidement sa source et de rejoindre à Tosaye le Niger, qui probablement déjà venait s’étaler paresseusement, à l’époque des crues, sur toute la surface du bassin de Tombouctou, vaste plaine sans relief où aucun obstacle ne pouvait l’arrêter.

Ce qui n’était d’abord qu’un petit affluent de l’ancien Taffassasset, devenait la branche maîtresse du réseau ; le dallol Bosso, profitant du nouvel état de choses, prenait une grosse importance et peut-être, dès la capture du bassin d’Ansongo, décapitait, au nord de Tahoua, le Taffassasset et obligeait tous les oueds descendus de l’Aïr ou de l’Ahaggar à abandonner les dallols de l’Adr’ar’ de Tahoua.

Pour agir ainsi, il fallait que tous ces fleuves soient encore bien vivants et ceci nous reporterait à l’époque où les oueds sahariens étaient encore de vrais cours d’eau, à l’époque du Néolithique africain. L’étude du Niger donne peut-être une date plus rapprochée, mais sa capture est postérieure à celle du bassin d’Ansongo. Peut-être n’est-il pas absurde de penser que la suppression des grands lacs du Djouf, suppression qui a dû suivre la capture du Niger, a pu avoir une répercussion sur le climat du Sahara et diminuer de quelques tornades la quantité de pluie qui tombait sur l’Ahaggar. Le Taffassasset coule encore parfois jusqu’à In Azaoua où les puits sont peu profonds (7 m.). Peut-être faudrait-il peu de chose pour lui rendre la vie.

D’autres hypothèses sont possibles. Le lieutenant Dulac croit que, autrefois, le Niger passait au sud du plateau de Bandiagara ; il a pu suivre en tous cas une vallée bien tracée, se dirigeant vers l’est et qui pouvait avoir abouti vers Say ou Niamey ; il attribue ces changements hydrographiques à des mouvements tectoniques et aussi à des accidents volcaniques dont la région de Hombori présenterait, paraît-il, des traces (communication verbale).

Les mouvements tectoniques récents ne sont pas rares en Afrique ; la faille du Touat en est une preuve [cf. t. I, p. 236] ; les _Senilia senilis_ de l’Angola forment une plage soulevée à 200 mètres. Nul doute qu’ils n’aient aidé certains phénomènes de capture et qu’ils n’en aient entravé d’autres.

Je n’ignore pas que cet essai de synthèse est trop hardi et dépasse largement ce que l’on peut légitimement déduire de quelques faits d’observation.

Il importait surtout de bien mettre en évidence l’ampleur des modifications que le réseau hydrographique a subies au Soudan ; il était nécessaire d’attirer l’attention des chercheurs sur ces questions si complexes, pour la solution desquelles les efforts d’un grand nombre ne seront pas inutiles.

=Le Tchad et le Bahr El Ghazal.= — Le bassin du Tchad n’est encore que partiellement connu ; le Chari et ses affluents, la Komadougou et le lac lui-même ont été relevés avec soin et l’on en peut dresser une carte d’ensemble avec une certitude suffisante. Au nord-est du Tchad les données sont beaucoup plus imprécises.

Avoisinant le lac à l’est, un plateau d’élévation moyenne assez faible, long de 200 kilomètres du nord-ouest au sud-est, et large de 150, porte différents noms correspondant à divers aspects topographiques : le Chittati, tout proche du Tchad, est caractérisé par des cuvettes fermées, en général elliptiques, en contre-bas du plateau ; la falaise atteint parfois 50 à 60 mètres. Dans le Kanem, les dépressions, longues de 6 à 7 kilomètres, sont généralement orientées nord-sud et voisines les unes des autres. Des dunes élevées, hautes parfois de 100 mètres et fixées maintenant par la végétation, donnent au Manga son principal caractère [Freydenberg, _Thèse_, p. 56, 74].

Ce plateau tranche très nettement par la nature de son sol sur les dépôts d’alluvions, argileux et sableux, qui, à partir du 9° Lat. N., forment la plaine où, sans thalwegs bien définis, serpentent les principaux affluents du Tchad ; le Kanem est peut-être un témoin des grès et argiles du Tegama.

A l’est de ce plateau se trouvent quelques dépressions qui, jadis, ont été des lacs.

L’Egueï, large d’une trentaine de kilomètres, s’étend, du nord-ouest au sud-est, sur une longueur de 150 kilomètres ; un peu plus loin se rencontrent le Toro et le Bodelé, à contours encore mal précisés ; passant au sud du Kanem et de l’Egueï, un sillon, le Bahr El Ghazal, est creusé depuis le Tchad jusqu’au Bodelé qu’il vient rejoindre dans la région du Djourab.

Nachtigal, le premier, a vu ces régions ; il y a signalé des coquilles et des débris de poissons. Ces dernières années, l’Egueï et le Bodelé ont été étudiés à nouveau par Mangin ; les Melania et les vertèbres de poissons qu’il en a rapportées, montrent bien que ces dépressions étaient récemment encore occupées par d’importantes nappes d’eau douce et qu’elles faisaient partie d’un plus grand Tchad.

Toute cette zone de bas-fonds, d’anciens marais, paraît nettement limitée vers le nord ; une série de hauteurs, où plusieurs oueds, dont le moins mal connu est le Tin Toumma[163], prennent naissance, s’étend de Dibbela au Tibesti et sépare le bassin de Bilma de celui du Tchad ; vers le sud, le lac Fittri, alimenté par le Batha qui descendait de l’Ouadaï, et la dépression que Chevalier désigne sous le nom de lac Baro, ont été en relation évidente d’affluent avec le Tchad.

Vers le nord-est les choses sont beaucoup plus obscures ; le Tibesti, dont certains sommets atteignent 2700 mètres, forme un massif important de grès dévoniens (?) couronnés de formations volcaniques. Cette haute barrière s’approche vers le sud-est de l’Ennedi, région élevée qui semble se relier au Darfour. D’après les renseignements du capitaine Cornet, Freydenberg [_Thèse_, p. 78] indique que la partie occidentale de l’Ennedi, la seule connue, est un pays de plateaux formés d’assises gréseuses, bariolées et dures ; ces plateaux sont entaillés de profondes vallées qui se dirigent vers le Bahr El Ghazal.

Entre le Tibesti et l’Ennedi se place une région relativement basse, riche en eau, le Borkou, où l’on compte quelques oasis. Les renseignements géologiques relatifs au Borkou sont peu nombreux et vagues ; on y a signalé des grès durs, analogues à ceux de l’Ennedi, (Dévonien ?) et des grès tendres, argileux, maculés d’oxyde de fer (Crétacé ? Éocène ?). Nachtigal mentionne expressément, au sud-ouest du Borkou, une arête abrupte haute d’une trentaine de mètres, l’Amanga. Contre l’Amanga s’appuient des formations calcaires riches en coquilles [_l. c._, p. 430].

Tout cela est bien flou et apporte peu de lumières sur une des questions les plus obscures encore de la géographie africaine.

On ne sait pas encore, d’une façon positive, si le Tchad est le centre d’un bassin fermé ou si, comme le pensait Nachtigal, le Bahr ne serait pas son émissaire.

Il ne s’agit pas, bien entendu, de savoir si actuellement le Bahr El Ghazal coule vraiment vers l’est, mais bien si la pente générale des vallées est vers l’est, et si ce ne sont pas des phénomènes de barrages du lit par des actions éoliennes, ou des phénomènes de capture en amont du Tchad, qui ont arrêté dans leur marche vers l’est les eaux du Chari et de la Komadougou. L’exemple du Faguibine montre nettement que, aux confins du désert, un fleuve peut abandonner son ancien lit, sans qu’il y ait inversion de la pente.

Un fait d’une importance capitale et qui avait déjà frappé Nachtigal est que les eaux du Tchad sont douces ; elles restent buvables même pendant les périodes de sécheresse. On ne peut invoquer l’absence de sel dans la région : les mares à natron abondent au voisinage et donnent lieu à d’importantes exploitations à Buné, à Gourselik, dans le Chittati, etc.

Les eaux de rivière contiennent toujours, en solution, des matières salines et si le Tchad est un bassin fermé, toutes celles qu’ont charriées, depuis des siècles, les divers affluents du lac, ne peuvent se trouver que dans le Tchad. Il est possible de se rendre compte de la rapidité avec laquelle peut s’accroître la salure du lac sous cette seule influence.

Toutes les observations recueillies, et les traditions indigènes citées par Freydenberg, sont d’accord pour montrer que si le Tchad présente d’une année à l’autre de grandes variations de niveau, il reprend cependant périodiquement les mêmes contours ; on peut donc admettre qu’en moyenne, il reçoit annuellement autant d’eau de ses affluents qu’il en perd par évaporation. Supposons en outre que les années où il est le plus bas, il conserve encore autant d’eau qu’il en perd par évaporation ; il est probable, d’après les données d’observation, les sondages surtout, qu’il en conserve beaucoup moins, ce qui rendrait l’accroissement de la salure plus rapide encore.

Ceci nous permet de mettre le problème en équation ; appelons _s_ la surface moyenne du lac, _h_ la hauteur d’eau qui s’évapore chaque année ; _sh_ sera le volume d’eau évaporé annuellement et aussi celui que les affluents amènent au lac ; 2 _sh_ sera le volume moyen des eaux du lac.

A défaut d’analyse des eaux du Chari et de la Komadougou, nous savons que les eaux douces renferment en moyenne 18/100000 de matières salines dissoutes ; le chiffre le plus élevé 66,5/100000 est fourni par les eaux qui ont circulé sur des graviers ou des alluvions, le plus faible 5,94/100000 par les eaux de sources, issues des granites et des gneiss. Si nous prenons ce dernier chiffre, la quantité de sel que chaque année ses affluents amènent au Tchad sera _sh_ 5,94/100000

L’eau de mer contient 35/1000 de matières dissoutes ; l’équation

_sh_ 5,94/100000 _x_ = 2 _sh_ 35/1000

nous donnera donc le nombre d’années, _x_, nécessaire pour que le Tchad soit aussi salé que l’Océan, si le double mécanisme de l’apport d’eau par les affluents et de son enlèvement par évaporation, était seul en jeu. On trouve ainsi une douzaine de siècles ; les eaux qui contiennent 6/1000 de sels sont réputées tout à fait inbuvables, même au Sahara : il suffirait de 200 ans pour arriver à cette salure.

Deux corrections, de même sens, allongeraient un peu ce délai ; il faudrait tenir compte de la petite quantité d’eau presque pure que la pluie tombant sur le lac apporte au Tchad : cette quantité est certainement inférieure à 0 m. 50 et l’évaporation enlève plus de 2 mètres d’eau. Sur les bords du lac, dans les parties desséchées, un peu de sel peut être entraîné au loin par les coups de vent, mais cette correction, difficile à calculer, est probablement négligeable.

Ces deux causes ne suffiraient probablement pas à doubler le nombre de siècles nécessaires pour transformer le Tchad en un lac salé.

Ce nombre (deux siècles) est en somme assez faible, et le fait que les eaux du Tchad restent buvables, prouve qu’un mécanisme doit intervenir, qui empêche l’accumulation du sel dans le lac.

Le capitaine Dubois[164] suppose que le sel va se déposer sur les bords du Tchad dans des golfes souvent à sec : « le Tchad se dénatronise automatiquement par le seul jeu de ses crues et de ses décrues ». L’enseigne de vaisseau d’Huart a exprimé la même idée, en la précisant davantage : « Le fait que le Tchad crée autour de lui une série de mares littorales qui se séparent petit à petit de la masse principale par des cordons sablonneux, et qui ne s’alimentent plus qu’aux hautes eaux, jusqu’à leur isolement complet et définitif, explique à la fois et la création des nappes de natron et la douceur des eaux du lac. Le Tchad se dessale dans les mares qui, se trouvant à la périphérie, reçoivent toutes les matières lourdes en suspension entraînées par la masse des eaux[165] ».

Cette explication n’est peut-être pas suffisante ; les habitants des îles du Tchad, pour qui le natron est un objet d’échange important, le recherchent avec soin, souvent assez loin de la côte ; « un des points les plus importants où l’on en trouve, à Kelbouroum, est à deux jours de marche dans l’intérieur » du Kanem [Destenave, _l. c._] ; Freydenberg [_Thèse_, p. 53] cite, entre le pays de Foli et le Tchad, au voisinage immédiat du lac, entre N’Gouri et Massakory, une région où les mares à natron sont abondantes et donnent lieu à une exploitation assez active : le grand marché de natron se tient à Wanda.

Combien de sel se dépose dans les mares de la périphérie du Tchad ? La superficie du lac est d’environ 20000 kilomètres carrés ; en admettant une évaporation de 1 mètre seulement par an, et, pour les matières salines amenées par les affluents 5,94/100000, la quantité de sel apportée annuellement au lac serait, en tonnes

(20000 × 1000[165] × 5,94)/100000

c’est-à-dire plus de un million.

Les chiffres de Nachtigal donneraient un tonnage plus élevé ; il avait calculé que le Tchad recevait annuellement 100 kilomètres cubes d’eau, dont 60 fournis par le seul Chari qui amènerait à lui seul plus de 3 millions de tonnes de matières salines dans le lac.

Il est difficile de se faire une idée exacte de la quantité de sel retiré des eaux du Tchad par le commerce.

Il est douteux que le chiffre en soit important : d’après le commandant Gadel, les caravanes enlèvent annuellement de Bilma, qui est un marché considérable, environ 4000 tonnes de sel, dont une bonne partie est vendue au Bornou, sur les bords du lac ; le commerce de Taoudenni donne des chiffres analogues : il est vraisemblable que l’exportation du Tchad est aussi misérable, et cependant les produits naturels ne lui suffisent pas : tout autour du lac, des villages vivent de la fabrication du natron qu’ils préparent par lessivage des cendres du _Salvadora persica_ ; le produit ainsi obtenu est plus riche en potasse que le natron des mares, mais les indigènes n’y regardent pas de si près et se dispenseraient de ce travail s’ils pouvaient l’éviter.

Le fait que le natron de Wanda, comme le sel du Kaouar, est vendu jusqu’au Bornou, est un indice certain de l’absence ou de l’extrême rareté de mares exploitables sur la rive occidentale du lac.

Il y a donc en somme quelques points des bords du Tchad où le sel se dépose ; le phénomène n’est pas général. Dans les régions où il se produit, il est insignifiant puisqu’il ne suffit pas à alimenter le commerce si réduit de l’Afrique centrale et qu’aux produits naturels du sol, il faut ajouter les fruits de l’industrie.

Que le mécanisme, indiqué par Dubois et d’Huart, enlève régulièrement un peu de sel au Tchad, cela n’est pas douteux, mais il n’en résulte pas que ce mécanisme soit suffisant pour maintenir douce l’eau du lac. Il y a trop de disproportion entre les chiffres du sel amené par les affluents et du sel enlevé par l’industrie ; ces chiffres ne sont pas du même ordre de grandeur.

Il faut donc admettre que le sel s’en va autrement et l’on ne voit guère d’autre solution possible que l’existence d’un émissaire du lac. Nachtigal avait attribué ce rôle au Bahr El Ghazal, et c’est en effet le seul fleuve dont le rôle soit discutable : tous les autres, morts ou vivants, sont certainement des affluents du lac.

Que la douceur des eaux du Tchad ne puisse bien s’expliquer que par l’existence d’un effluent, c’est déjà un argument d’un grand poids, mais l’étude du Barh El Ghazal lui-même peut seule être décisive.

Un premier point n’est pas douteux : pendant les grandes eaux du Tchad, le Bahr El Ghazal se remplit et les eaux gagnent vers le nord-est. Tahr, un chef du Dagana, racontait en 1823 à Denham que le lac s’écoulait bien autrefois par cette rivière qui allait se perdre dans un lac qui s’était desséché depuis peu ; Tahr ajoutait que les débordements du lac diminuaient tous les ans d’importance ; les dires des indigènes recueillis par Freydenberg confirment ce point : vers 1830 le lac a été à sec, ce qui a permis aux Bouddoumas d’aller piller le Bornou. Vers 1851[166], à l’époque du passage de Barth et d’Overweg, le lac au contraire était très haut et envahissait le Bahr El Ghazal ; il en était de même en 1870 et les indigènes espéraient que le Bodélé allait être inondé (Nachtigal) et qu’on pourrait comme au milieu du XVIIIe siècle aller au Borkou en pirogue.

Il est inutile de multiplier ces exemples : toutes les fois qu’il y a une grande crue du lac, et ces crues sont périodiques, le trop-plein se déverse dans le Bahr El Ghazal, mais ceci ne prouve rien sur le sens de la pente : quand la Loire donne, ses affluents sont obligés de rebrousser chemin.

Les mesures d’altitude sont encore rares et aucune n’a été faite par des méthodes précises. Cependant Nachtigal et le capitaine Mangin ont trouvé tous les deux que la pente était vers le nord-est : le Toro et le Djourab seraient l’un et l’autre à une centaine de mètres au-dessous du Tchad. Malgré l’incertitude qui entache les indications des anéroïdes, incertitudes qu’aggravent encore l’absence d’observatoires fixes et par suite de corrections, il est impossible de négliger ces données. Freydenberg fait remarquer que le Tchad est entouré d’une ceinture de dunes ; l’observation est exacte, mais il a tort d’en conclure que le Tchad est un centre de basses pressions ; toutes les dunes que j’ai vues, de Woudi à Kouloua, près du rivage nord du lac, ont leur pente douce tournée vers le Tchad c’est-à-dire vers l’est à Woudi, vers l’ouest à Kouloua ; s’il en est ainsi partout, le Tchad serait un centre de divergence du vent, par suite un centre de hautes pressions ; si les observations de Mangin et de Nachtigal ont été faussées par cette cause, les différences d’altitude qu’ils ont trouvées seraient trop faibles, et la pente vers le nord-est serait encore plus marquée qu’ils ne l’ont indiqué.

Il convient d’ajouter toutefois que les dunes qui entourent le Tchad ont leurs sommets arrondis, qu’elles sont fixées par la végétation : ce sont des dunes mortes, témoins d’un régime antérieur. Si le Tchad a été autrefois un centre de hautes pressions, il n’est pas certain qu’il le soit encore ; les observations météorologiques anciennes de Barth et de Nachtigal, résumées par Schirmer, celles plus récentes de Foureau, sont d’accord avec les observations de Freydenberg et les miennes pour indiquer, dans la région du Tchad, grande prédominance des vents du nord-est, prédominance qui est la règle dans la majeure partie du Sahara.

Le capitaine Mangin a recueilli, entre l’Egueï et le Toro, un certain nombre de cailloux roulés dont la position est indiquée avec précision sur une des cartes qu’a publiées Freydenberg[167]. Ces cailloux sont des grès et des calcédoines qui ne peuvent guère provenir que du Tibesti ; cela prouve que le Bahr El Ghazal recevait des affluents de ce massif montagneux ; je ne crois pas que l’on en puisse rien déduire sur le sens dans lequel coulait le Bahr El Ghazal.

Le commandant Bordeaux précise cet argument ; il note que le lit du Soro (Bahr el Ghazal) au voisinage du Tchad, est exclusivement argileux ; à mesure que l’on va vers le nord-est, on y rencontre du sable et même, dans l’Egueï et la dépression de Broulkoung, des cailloux roulés[168]. La remarque est intéressante, mais non décisive : à sa sortie du Léman, où les eaux se sont décantées, le Rhône ne charrie que du limon. Un peu plus loin, ses affluents, descendus des Alpes, lui apportent des graviers et des galets. Il faut attendre, pour se prononcer en toute certitude, un levé plus complet et plus détaillé du réseau hydrographique au nord-est du Tchad.

Il est impossible de conclure d’une manière ferme, mais l’idée que le Bahr El Ghazal est un affluent du Tchad, semble avoir pour elle deux arguments importants : les observations barométriques concordantes de Nachtigal et de Mangin, et la douceur relative des eaux du lac.

Si le raisonnement et les calculs qui ont conduit à attribuer une valeur capitale à l’absence, ou, tout au moins, à la rareté du sel sont corrects, on pourrait pousser plus loin l’induction, bien que la méthode soit dangereuse. Nulle part, entre le Tchad et le Borkou, on ne connaît de dépôts de sels assez considérables pour donner lieu à un grand commerce ; on cite seulement deux points, Dini et Arouellé, où le sel soit exploité dans l’Ennedi, au sud du cours probable du Bahr el Ghazal [Bordeaux, _l. c._, p. 220]. Les plantes signalées dans la région (irak, doum, hâd, tamarix) sont celles des terrains à peine salés. Au surplus, dans l’Egueï, les puits qui sont situés sur les bords de la dépression sont natronés et l’eau qu’ils contiennent est imbuvable ; ceux qui sont au milieu, dans la partie qui a été la mieux lavée, dans le thalweg, contiennent seuls de l’eau douce ; Mangin attribuait, à juste raison, une grande importance à cette remarque ; elle tendrait à prouver que le sous-sol du pays contenait primitivement du sel, et que seul le temps a manqué au Chari et au Bahr El Ghazal pour l’entraîner plus loin. Les mares à natron du Manga peuvent conduire à une conclusion analogue qui n’est pas en désaccord avec le peu que l’on sait de la géologie de ces régions : la mer les a couvertes pendant le Crétacé et le Nummulitique, mais c’était une mer peu profonde, une mer continentale sur les bords de laquelle un régime lagunaire pouvait facilement s’établir. Ainsi donc, nous pouvons suivre le Bahr El Ghazal jusqu’au Borkou, sans trouver de points où ait été déposé le sel qu’il entraînait ; au delà c’est l’inconnu, mais Mangin avait appris de ses informateurs indigènes qu’une piste, jalonnée de nombreux points d’eau, allait du Borkou vers l’est ; la description semble indiquer le lit d’un oued qui, passant entre le Tibesti et l’Ennedi, prolongerait jusqu’au centre du désert libyen le Bahr el Ghazal. Il semble peu probable que ce fleuve soit arrivé au Nil ; il y a 1500 kilomètres du Borkou, dont l’altitude est de 200 mètres (au plus), à la première cataracte (97 m.). La pente, voisine de 1/25000, suffit pour permettre l’écoulement d’un fleuve, mais elle est trop faible pour qu’il puisse lutter contre l’ensablement ; de plus la rive gauche du Nil est bordée de plateaux, et l’on ne voit pas où aurait été le confluent.

La Méditerranée est encore plus loin que le Nil, la pente par suite plus faible ; rien n’indique qu’entre l’Égypte et Ben Ghazi se soit jamais jeté un fleuve important.

Il semble plus vraisemblable que le Bahr El Ghazal, s’il a jamais réussi à franchir la barrière du Tibesti et de l’Ennedi, ait déposé le sel dans quelque chott du désert de Libye, désert dont l’étude est encore à peine ébauchée.

Les causes qui ont arrêté les eaux du Chari dans leur marche vers le Borkou, sont celles que nous avons déjà trouvées pour la plupart des oueds du Sahara : les indigènes avaient affirmé à Barth que les communications entre le lac et le Bahr El Ghazal avaient été interrompues par une dune ; il est vraisemblable aussi que les alluvions amenées au lac et qui ont créé toutes les îles du Tchad n’ont pas été étrangères à l’obstruction de l’émissaire. L’état de choses actuel serait en grande partie attribuable à des causes mécaniques.

Une autre cause a pu intervenir et rendre le fleuve moins apte à lutter contre ses alluvions. Barth avait déjà indiqué que par le Toubouri, les eaux du Logone, le principal affluent du Chari, s’écoulaient parfois par le Bénoué et gagnaient ainsi l’Atlantique. Le Toubouri a été revu depuis par le capitaine Lœffler en 1900, par la mission Lenfant et plus récemment par la mission Moll[169]. Il s’agit bien d’une dépression reliant les deux bassins hydrographiques ; à la saison sèche, les parties les plus basses sont occupées par une série de lacs, larges parfois de 3 à 4 kilomètres et dont la longueur peut atteindre 15 à 20 km.

A la saison des pluies, tous ces lacs se confondent en un seul qui, par la plaine d’Eré, est en relation avec le Logone ; le courant est en général dirigé vers le sud-est, vers le Bénoué ; il est parfois cependant inversé et le trop-plein se déverse dans le bassin du Tchad. Le résultat final de la lutte entre les deux fleuves n’est pas douteux ; le Mayo Kabbi, qui est le déversoir régulier du Toubouri, descend brusquement du plateau Laka par les chutes Gauthiot, et ce supplément d’énergie lui permettra certainement de décapiter le Logone. Bien que, au point de vue des ravitaillements, on ait singulièrement exagéré l’importance de cette communication, il est nettement acquis qu’une partie des eaux, qui jadis allaient au Tchad, se dirigent maintenant vers l’Atlantique ; cette fraction ne pourra que s’accroître.

Cette saignée n’a pu qu’affaiblir le Bahr El Ghazal : les crues du Tchad perdent de leur puissance et n’ont plus assez de vigueur pour chasser les obstacles qui barrent le cours de l’effluent.

Nous prenons là, en quelque sorte sur le fait, l’impuissance des bassins fermés à se défendre longtemps contre les phénomènes de capture.

Le capitaine Meynier, dans une très intéressante étude sur le régime hydrographique du Soudan [_Rev. Col._, V, 1905, p. 257-264], avait fait ressortir la fréquence des coudes en forme de crosses qui font revenir sur leurs pas un grand nombre de fleuves du Soudan ; l’exemple du Niger est typique ; le Sénégal coupe, entre Billy et Médine, les montagnes du Bambouk par une série de chutes dont l’origine paraît récente ; dans le territoire de Zinder, le Taffassasset, après avoir coulé du nord au sud, s’infléchit vers l’ouest, puis se rabat vers le sud ; plusieurs de ses affluents, comme le Goulbi n’Kaba, présentent à un moindre degré le même caractère.

Presque tous les fleuves soudanais, d’abord entraînés par la pente générale du terrain vers le nord, dans la région déprimée où ont pu pénétrer les mers du Crétacé et de l’Éocène, rebroussent chemin au contact du désert. Comme dans le Sahara algérien, le sable engorge les chenaux ; les sédiments amenés par le fleuve dans des bassins de petite étendue relèvent le niveau de base, diminuent la pente et enlèvent au fleuve une partie de sa vigueur ; il se forme ainsi une série d’obstacles de plus en plus difficilement franchissables, et depuis le Macina nigérien jusqu’au Bahr El Ghazal nilotique, en passant par le Tchad, les eaux stagnent et forment une série de marais.

Mais par surcroît, un élément nouveau intervient au Soudan. En Algérie, les fleuves tributaires de la Méditerranée, mal alimentés par des pluies insuffisantes, ont un débit médiocre ; ils sont d’assez maigres outils d’érosion. Même, s’il faut en croire Grund[170], quelques-uns auraient succombé dans la lutte et auraient été décapités par des affluents des Chott.

Au Soudan, au contraire, la saison des pluies amène de violents orages ; l’érosion y acquiert une grande intensité, d’autant plus efficace qu’entre l’Atlantique et les hautes plaines de la zone sahélienne il n’existe aucune barrière montagneuse comparable à l’Atlas algérien (fig. 8, p. 14). Dans ce pays sans grand relief, les puissantes rivières méridionales, alimentées par les tornades tropicales qui, tombant sur un sol le plus souvent imperméable, déterminent des crues violentes, étendent fort loin leur bassin ; par une puissante érosion régressive, elles attaquent les derniers tributaires du Sahara et par de multiples captures tendent à les faire tous rentrer dans le bassin de l’Atlantique.

[Note 157 : On écrit aussi « Dalhol ». — Monteil [_De Saint-Louis à Tripoli_, p. 197] donne un croquis géographique qui montre bien l’importance de ces vallées.]

[Note 158 : _C. R. Ac. Sc._, 15 avril 1901.]

[Note 159 : Chevalier, Un voyage scientifique à travers l’Afrique occidentale, _Annales de l’Institut colonial de Marseille_, 1902, p. 104.]

[Note 160 : Germain, in Chevalier, _L’Afrique Centrale française_, p. 462.]

[Note 161 : Villate, _La Géographie_, XV, avril 1907, p. 253-260.]

[Note 162 : _La Géographie_, XV, avril 1907, p. 299-302.]

[Note 163 : Tin Toumma s’applique à la fois à une région du nord du Tchad et au fragment d’oued qui la traverse.]

[Note 164 : Dubois, _Annales de Géographie_, XII, 1903, p. 353.]

[Note 165 : D’après Cel Destenave, _Revue générale des Sciences_, XIV, 1903, p. 652.]

[Note 166 : Barth, _Reisen_, 1857, IV, p. 437.]

[Note 167 : _La Géographie_, XV, 1907, p. 163.]

[Note 168 : _Id._, XVIII, 4, 1908, p. 224.]

[Note 169 : _Bull. Comité de l’Afr. fr._, 1904, p. 186 ; — 1907 (_Rens. col._), p. 224 ; — 1907, p. 387, etc.]

[Note 170 : _Die Probleme der Geomorphologie am Rande von Trockengebieten_, Sitz., KK. A. W. Wien, XV, 1906, p. 525-543.]

CHAPITRE VI

LES DUNES FOSSILES

Les extensions du désert. — Les ergs morts. — Leur âge.

=Les extensions du désert.= — A lire la plupart des auteurs qui se sont occupés du Soudan, il semblerait établi que, depuis un petit nombre de siècles, le désert s’étend rapidement et gagne de plus en plus vers le sud. Ce serait, si elle était démontrée, une affirmation grave et qui enlèverait tout intérêt aux efforts considérables qui sont actuellement faits pour tirer partie de nos possessions soudanaises.

Heureusement, les faits invoqués semblent pouvoir donner lieu à une interprétation différente et moins fâcheuse pour l’avenir.

Les habitants de Zinder savent qu’il y a quelques années, une source existait auprès de leur village ; elle s’est tarie vers 1891. Gouré, dont Barth (1850) a vanté l’importance (9000 habitants) et la richesse en eau, n’est plus guère qu’un pauvre village (600 habitants en 1905) qui se meurt de soif. On sait que le climat de France et de la Méditerranée n’a pas varié au moins depuis l’époque romaine ; cependant des périodes plus sèches ou plus humides ont été mises en évidence : l’étude des changements de niveau de la Caspienne, celle des glaciers et de leurs crues ont été singulièrement fécondes à ce point de vue.

Les observations de Barth et les souvenirs des indigènes montrent peut-être tout simplement que, au Soudan comme en Europe, les premières années du XXe siècle ont été moins pluvieuses que le milieu du XIXe siècle. Les traditions indigènes, recueillies par Freydenberg, sur les oscillations du Tchad sont conformes, elles aussi, à la loi de Brückner, d’accord par suite avec ce que l’on connaît en Europe.

La décadence évidente de certaines villes de l’Aïr (Agadez, Asoday), l’abandon complet de certaines autres (Es Souk dans l’Adr’ar’, Takaredei dans l’Aïr) ne peuvent guère être attribués, en toute certitude, à une aggravation séculaire de la sécheresse ; ces villes n’ont jamais été que des relais de caravanes et des entrepôts de marchandises ; leur ruine a suivi l’abandon de routes commerciales que l’insécurité du pays, variable avec des causes purement humaines, rendait trop dangereuses.

La ruine des villages qui, au temps de la splendeur du royaume sonr’ai, étaient nombreux à l’est de Gao, est due à l’invasion des pasteurs touaregs : la région qu’occupent actuellement les Oulimminden est très analogue au Mossi ; l’eau s’y trouve à peu de profondeur (de 2 à 20 m.) ; les terres cultivables y existent en grande quantité : elles conviendraient surtout à la culture du petit mil dont on trouve partout quelques pieds, poussés au hasard d’une graine échappée d’un sac : il ne manque à cette région, pour être encore fertile, que d’être habitée par des sédentaires [cap. Pasquier[171]].

Inversement on a opposé à plusieurs reprises [Schirmer, _Le Sahara_, p. 92 ; de Lapparent, _Traité de Géologie_, 5e édition, p. 142] l’état de sécheresse du Tin Toumma (au nord du Tchad) au moment du voyage de Barth (juin 1855), à l’aspect verdoyant que lui attribue Rohlfs (juillet 1866) ; le Tin Toumma est en dehors de la zone des pluies régulières qui au Tchad ne commencent qu’en juin ; il suffit d’ailleurs d’un orage accidentel pour amener un pareil changement, en deux ou trois semaines tout au plus, dans la végétation du pays[172].

=Les ergs morts.= — A côté de ces faits qui peuvent s’expliquer facilement par des oscillations à courte période du climat, il existe des preuves certaines qu’à une époque antérieure, et peut-être pas trop lointaine, la zone qui, vers le 15° de Lat. N., s’étend de la région du Tchad jusqu’au littoral de l’Atlantique, a été un véritable désert.

La plus décisive de ces preuves est l’existence d’un certain nombre d’ergs, comparables par la surface qu’ils recouvrent à ceux du Sud algérien et qui, depuis leur formation, ont été remaniés par la pluie, fixés par la végétation, de sorte que l’on peut les considérer comme des ergs morts, des ergs fossiles.

Les dunes qui entourent le Tchad, à l’ouest et au nord tout au moins, appartiennent à cette catégorie, de même que celle du Kanem et du Chittati [Freydenberg]. Plus à l’est, dans l’Egueï et le Bodelé, il y a quelques dunes mobiles, mais Nachtigal a jugé que ce fait méritait d’être signalé expressément.

Un massif de sable important, assez compact, commence à Chirmalek ; sa limite méridionale est indiquée en gros par une ligne droite, allant de Chirmalek au sud du Mounio (100 km.). Vers le nord, il s’appuie sur le Koutous et peut être suivi au moins jusqu’aux campements tebbous de Tassr et de Dalguian (150 km.). Les dunes de cet erg, basses et assez espacées vers l’est, deviennent plus importantes vers l’ouest, au voisinage du Mounio, comme à Dalguian. J’ai compté six bras d’erg entre Boulloum et Dalguian (10 km.) dont les sommets, malgré les pertes qu’ils ont subies, ont encore 10 à 15 mètres de haut. Quelques dunes sont un peu plus élevées, comme celle qui, visible d’une quinzaine de kilomètres, signale les puits de Tassr. Toutes les dunes de cet erg indiquent qu’à l’époque où elles se sont formées, les vents dominants soufflaient, comme aujourd’hui, d’entre est et nord-est.

Séparé du Mounio par la plaine de Nogo, un autre erg s’appuie à l’ouest sur les massifs d’Alberkaram et de Zinder ; sa superficie est à peine moindre que celle du précédent, et il semble se relier, en passant au sud du massif ancien d’Alberkaram, à l’erg qui s’étend de Zinder à l’Adr’ar’ de Tahoua.

Les dunes existent, nombreuses aussi, dans les terrains de parcours des Oulimminden entre Gao et l’Azaouak, où Pasquier ne mentionne, comme relief, que des buttes de sable et des plateaux latéritiques.

Elles couvrent la majeure partie du bassin de Tombouctou où elles s’étendent au nord jusque vers Taoudenni. Cortier et Nieger ont décrit avec soin ces bras d’ergs qui s’étendent de l’est à l’ouest avec une grande régularité sur plus de 100 kilomètres. L’orientation de ces dunes, perpendiculaires à la plupart de celles que l’on observe au Sahara, est très remarquable ; elle le devient davantage encore par le fait que, au sud d’Araouan, toutes les dunes fossiles ont leur versant abrupt sur le nord ; entre Araouan et Taoudenni au contraire, les dunes vivantes ont leur versant abrupt vers le sud. Il n’est pas légitime d’en conclure, avec Cortier [_La Géographie_, XIV, 1906, p. 341], à l’existence d’un centre de dépression vers Araouan, puisque les deux ergs ne sont pas contemporains ; mais il est intéressant de constater qu’aux vents du sud, qui dominaient autrefois dans la région, se sont substitués des vents venant du nord.

Des ergs fossiles existent aussi en Mauritanie et au Sénégal ; dans cette dernière région, à la faveur de pluies plus abondantes, les formes sont devenues presque méconnaissables. Il a fallu les travaux de précision et les recherches attentives du capitaine Friry pour enlever toute hésitation : les amas de sable dont il m’a montré les coupes dans les tranchées toutes fraîches du chemin de fer, auprès de Thiès, ne peuvent être interprétés que comme des dunes fossiles, maintenant très étalées.

On sait que les dunes, dont la réunion constitue un erg, ne peuvent se former que dans des conditions bien déterminées : il faut d’abord du sable suffisamment fin qui, dans le Sahara tout au moins, semble toujours provenir des alluvions de fleuves aujourd’hui desséchés ; il faut de plus une sécheresse assez grande pour que les alluvions, devenues impropres à toute végétation, ne soient retenues par aucune racine. Le vent intervient alors ; il entraîne au loin, en les soulevant parfois à une grande hauteur, les fines poussières argileuses qui sont l’origine des brumes si fréquentes au Sahara méridional et au Soudan ; il laisse en place les cailloux et les graviers qui donnent naissance aux regs, si caractéristiques du désert, enfin il traîne le long du sol, sans le soulever de plus de quelques mètres, le sable, l’accumulant le long des obstacles où s’édifient des dunes ; ces dunes sont fixes dans leur position, si l’obstacle qui leur a donné naissance est fixe lui-même, ce qui semble être le cas le plus fréquent pour les dunes continentales un peu hautes, qui ne sont le plus souvent que des collines ou des plateaux ensablés[173]. Mais si la dune est fixe, les matériaux qui la constituent, au moins à la surface, sont remaniés et renouvelés à chaque coup de vent : la forme est toujours rajeunie et les arêtes, les sifs, conservent toujours une grande netteté [cf. t. I, Pl. III et X].

On connaît aussi le profil habituel d’une dune : du côté du vent, une pente assez douce, sous le vent, une paroi presque verticale de quelques mètres, au pied de laquelle commence un talus de sable éboulé, incliné d’environ 45°. En plan, la forme théorique, en croissant (Barkane) semble très rare au Sahara, comme partout : jusqu’à présent, je ne l’ai vue bien développée que dans la région du cap Blanc où des barkanes typiques assez nombreuses atteignent une hauteur de 10 mètres, et sur des dunes insignifiantes, hautes de quelques centimètres, dans la vallée de l’oued Botha. Lorsque cette forme manque, la dissymétrie de la dune reste cependant toujours reconnaissable ; il n’y a d’ailleurs pas lieu d’insister sur des notions aussi classiques [Sokolow, _Die Dünen_, Berlin, 1894].

On sait moins comment les dunes se modifient, lorsque disparaissent, ou s’atténuent, les conditions qui leur ont donné naissance.

Les vraies dunes, les dunes vivantes, ont une surface et pour ainsi dire un épiderme parfaitement glabre et prodigieusement délicat. Les moindres caprices du vent s’y inscrivent au moyen de rides légères, et le passage des plus petits insectes, en menus caractères cunéiformes, couvrant le sable de jolies arabesques ; la fuite d’une gazelle détermine des éboulements sérieux et à la place d’une empreinte fine et délicate, chaque pas laisse une trace énorme, un entonnoir d’une dizaine de centimètres ; le passage d’un homme ou d’un méhari détermine de véritables effondrements qui rendent la marche dans l’erg singulièrement pénible. Surtout la crête, presque tranchante, qui forme le sommet de la dune est en équilibre particulièrement instable : lorsque par hasard, une caravane est obligée de la franchir, il suffit de quelques hommes pour l’abattre : quelques coups de pieds la font écrouler et permettent d’établir, sans gros effort, une piste accessible aux chameaux.

Cette crête ne peut évidemment subsister qu’à condition de se régénérer constamment.

Lorsque, dans une région de dunes, un climat humide, même légèrement, envahit le désert, la pluie a plusieurs effets : agissant par érosion, elle tend à étaler le sable et à substituer au profil typique de la dune vivante (fig. 70) un profil plus flou et des formes plus adoucies. Si ce mécanisme était seul en jeu, les dunes disparaîtraient rapidement sans laisser aucune trace ; mais à côté de son œuvre de destruction, la pluie provoque deux sortes de phénomènes qui ont, l’un et l’autre, pour effet de consolider le sable : à chaque averse, l’eau de pluie, plus au moins chargée d’acide carbonique, dissout dans le sol le carbonate de chaux et d’une manière générale tous les sels solubles ; dès que le soleil se montre à nouveau, la surface tend à se dessécher ; de l’eau, chargée de sel, vient, par capillarité, remplacer sans cesse l’eau évaporée et abandonne à son tour le calcaire qu’elle tenait en dissolution, donnant ainsi naissance à un grès plus ou moins bien cimenté. Ce mode de fixation est bien connu en Europe : dans la Méditerranée orientale notamment, on exploite souvent un grès tendre, assez facile à travailler, le « poros », qui provient de dunes consolidées.

Pobéguin[174] a montré récemment, sur le littoral du Maroc, des exemples fort nets de cette fixation des dunes. Une observation précise, faite dans la cour du caïd Si Aissa ben Omar, montre que ce phénomène peut se produire rapidement : des silos, creusés depuis moins de dix ans, sont partiellement tapissés d’une croûte calcaire et portent quelques stalactites. Bien que, dans cet exemple, il ne soit pas question de dunes, les conclusions que l’on en peut tirer sont évidemment applicables à la vitesse de lapidification du sable.

Au Sahara, le calcaire est rare, mais dans certains cas tout au moins le fer peut le remplacer : beaucoup de grès ferrugineux superficiels (latérite), analogues à ceux que l’on connaît dans quelques dunes des côtes d’Europe, n’ont pas d’autre origine (cf. chap. VII, II). Sur les bords du Niger, les preuves de ce fait abondent ; parfois même, comme entre Gao et le Tondibi, les concrétions ferrugineuses sont intercalées en plein sable.

Ces concrétions sont quelquefois le seul témoin qui reste d’une dune disparue : on peut les trouver sur n’importe quelle roche, argile ou granite même, qui n’ont pu leur donner naissance ; souvent la position où on les trouve exclut toute possibilité de transport par l’eau : Gautier a noté, dans le sud de l’Adr’ar’, un lambeau de ces grès latéritiques, niché au pied et à l’abri d’une protubérance rocheuse sur les flancs de laquelle ils remontaient, dans une position qui eût admirablement convenu à une petite dune dont ils étaient sans doute le résidu, position qui rend inadmissible leur genèse par l’eau courante.

Même lorsque les éléments minéraux, nécessaires à la formation du ciment d’un grès, font défaut, la pluie fixe la dune en favorisant le développement de la végétation ; les beaux travaux qui, depuis Brémontier, ont permis d’arrêter les ravages des dunes sur les côtes d’Europe, permettent de ne pas insister sur l’efficacité de ce mode de fixage.

Dans toute la zone où les pluies tropicales se font régulièrement sentir, le sol, pendant la saison d’hivernage tout au moins, est complètement couvert d’herbe ; les arbres y persistent seuls en saison sèche et le sol, tassé par la pluie, fixé par l’entrelac des racines, est tout aussi résistant qu’un autre à la marche : il ne reprend sa mobilité que sur quelques pistes trop fréquentées, surtout sur celles que les Européens ont voulu perfectionner, en les rendant aussi nues qu’une grande route de France.

Malgré tous ces changements que la pluie a amenés avec elle dans les vieux ergs du Soudan, les dunes sont encore bien reconnaissables à la nature de leur substance qui est du sable pur, à la dissymétrie de leur relief, à l’incohérence des mamelons et des creux qui nulle part ne s’ordonnent en un système hydrographique défini ; les pistes y ont une allure toute particulière « en montagnes russes » et l’ensemble reproduit très exactement les formes topographiques des forêts de pins des Landes, bien que les arbres de la forêt de Tombouctou, ni d’aucune forêt du Soudan, ne soient comparables, ni comme grandeur ni comme densité, à ceux des pignadars.

Parfois la topographie devient très compliquée, surtout lorsque, aux dunes mortes anciennes, viennent se superposer des dunes plus récentes. Les exemples de ce fait ne sont pas très rares au Soudan et j’en ai noté de fort nets auprès de Bemba, mais les plus intéressants, ou tout au moins ceux que j’ai pu étudier de plus près, sont en Mauritanie.

Sur le littoral de l’Atlantique, de Saint-Louis jusqu’au delà de Nouakchott, la mer recule d’une façon constante depuis fort longtemps et les lignes de rivages successives sont marquées par des chaînes côtières parallèles entre elles et à la côte, et séparées par des plaines, les aftoutt, larges de quelques kilomètres. La dune littorale actuelle, le « sbar », est formée par les vents d’ouest, par la brise de mer, et il en a été de même des chaînes de l’intérieur, qui, lors de leur naissance, étaient littorales. Mais dès que l’on s’éloigne un peu du rivage, les vents d’ouest perdent rapidement de leur intensité et le premier rôle passe au vent d’est ou du nord-est.

J’ai observé, auprès de Boguent, la disposition qui est schématisée figure 70, 2 et 3. En β, une dune ancienne, couverte d’euphorbes, appartient aux ergs fossiles ; elle dessine encore fort nettement un croissant à concavité tournée vers l’est. La dune α, de formation récente, lui est adossée ; son arête est très vive et aucune végétation n’y pousse. C’est dans l’angle sud de l’_x_, formé par les deux croissants, que se trouvent les puits de Boguent.

A Nouakchott (fig. 70, 4) les faits sont tout aussi nets, bien que les deux dunes soient moins distinctes : la dune nouvelle n’est encore qu’un appendice de l’ancienne : la photographie (Pl. XXIII, phot. 43) montre que le flanc oriental, celui qui est abrupt, est très attaqué par le vent d’est qui prend la dune à rebrousse-poils : les euphorbes sont déchaussées. Les exemples d’érosion éolienne sont rarement aussi manifestes ; peut-être le voisinage du poste et les nécessités de la cuisine ne sont-ils pas étrangers à cette ampleur inusitée de l’effet du vent, qu’arrête mal une végétation devenue trop clairsemée.

Les ergs morts du Soudan ont une importance moins considérable que les ergs vivants du Sahara. La surface qu’ils occupent paraît un peu plus restreinte et surtout les dunes sont moins hautes ; la plupart d’entre elles ont à peine 3 ou 5 mètres ; beaucoup sont encore plus basses et n’excèdent pas quelques décimètres. L’une des plus élevées, celle de Nouakchott, n’a pas 15 mètres ; l’on aurait vite épuisé la liste des dunes du Soudan qui atteignent une semblable altitude. La dune de Tassr qui, de très loin, sert de signal, n’a pas 20 mètres ; elle se détache nettement sur tout l’erg environnant. Il est bien clair qu’il faut faire la part de l’érosion dans ce faible relief ; toutes les dunes du Soudan ont été évidemment plus hautes, peut-être du double, mais elles n’ont certes jamais atteint à la hauteur de celles du Sahara. Il semble qu’il y ait, de ce fait, une explication assez simple : les dunes continentales proviennent d’un remaniement, opéré presque sur place, des alluvions fluviales. Les grands ergs du Sahara correspondent aux bassins de fleuves puissants, l’Igharghar et la Saoura, qui n’ont pas d’équivalents dans le nord du Soudan, où, à part les dallols, les vallées quaternaires sont à peine indiquées. On sait quel rôle jouent au Sahara les regs, c’est-à-dire les sols alluvionnaires dépouillés par le vent de leurs matériaux les plus légers, le limon et le sable : dans le tanezrouft d’In Zize [cf. t. I, p. 4], le reg est particulièrement typique et l’évolution semble complète. A l’est de l’Ahaggar, le désert paraît plus jeune et le reg est moins dépouillé d’argile : au sud du tassili de l’oued Tagrira, on marche pendant quelques heures dans une vaste plaine d’alluvion dont la surface est couverte de graviers ; parfois même des traînées de galets, légèrement en relief, indiquent les places où les courants étaient rapides ; c’est en petit ce que l’on peut voir au nord de l’Ahnet où des levées de galets, en saillie parfois de près de 1 mètre, indiquent la place des cours d’eau qui traversaient le marais dont la sebkha Mekhergan est le dernier avatar. Mais dans l’oued Tagrira, comme dans l’oued El R’essour, sous la couche de graviers épaisse à peine de 1 à 2 centimètres, on trouve de suite le sable argileux qui, dans l’ouest, n’apparaît qu’à une dizaine de centimètres de profondeur. Nulle part, comme dans le Sahara d’In Zize, les alluvions n’ont été raclées à fond, laissant voir à nu le sous-sol géologique. Il est difficile de ne pas rapprocher de cette évolution incomplète du reg, l’absence ou du moins l’insignifiance des dunes dans le bassin de Taffassasset : entre l’Ahaggar et l’Aïr, il n’y a aucun erg important.

Dans la zone des ergs morts, les regs font à peu près complètement défaut : à l’ouest de Moa (100 kilomètres au nord-est de Zinder), on suit pendant quelques kilomètres une traînée de graviers, large d’une cinquantaine de mètres ; au nord de la mare de Tarka (à l’ouest du Damergou), quelques galets de latérite jalonnent peut-être un ancien cours d’eau. Au sud de l’Adr’ar’, dans la vallée du Télemsi, auprès de l’oued Idachi, quelques graviers de quartz et de quartzites indiquent un reg que recouvrent souvent les alluvions actuelles.

Ainsi donc le contraste est profond entre le Sahara et sa bordure soudanaise : le réseau hydrographique du nord bien tracé, mais fossile, n’a pas son équivalent dans le sud : les alluvions ont fait défaut dans presque toute la région des ergs morts ; malgré la sécheresse, le vent ne trouvait nulle part les matériaux qui lui sont nécessaires pour construire une dune : le sable libre était trop rare pour que les ergs puissent acquérir l’ampleur qu’on leur connaît dans le Sahara algérien.

On a souvent constaté que les dunes étaient de bons enregistreurs météorologiques ; elles indiquent nettement la direction du vent dominant dans le pays où elle se sont formées ; mais cet enregistrement n’est valable que pour l’époque où elles ont pris naissance : les dunes de Mauritanie le montrent fort nettement.

L’étude des ergs fossiles ne peut nous donner aucun renseignement sur le régime actuel des vents au Soudan, mais bien sur le régime qui régnait lorsque ce pays était un désert ; elle nous apprend qu’autrefois, comme de nos jours, les vents dominants venaient de l’est et du nord-est ; elle nous montre que le Tchad était un centre de haute pression et que, dans l’Azaouad, les vents venaient du sud. Les renseignements précis sont encore trop clairsemés pour que l’on puisse pousser bien loin l’examen de cette météorologie fossile.

=Âge des ergs morts.= — L’âge de ces ergs morts est impossible à fixer avec précision et sans doute n’est-il pas unique.

Dans la région de Tombouctou, les dunes fossiles recouvrent les couches quaternaires à marginelles ; comme il était probable, elles ne sont pas très anciennes ; j’ai indiqué que, sur le littoral de Mauritanie, ces dunes fossiles tracent les étapes successives du recul de la mer ; elles ne sont pas contemporaines les unes des autres ; les plus anciennes sont voisines du Tegant, les plus jeunes de l’Atlantique.

Les tombeaux berbères ne sont rares ni dans la région de Gao ni dans celle de Tahoua ; ils ne sont jamais ensablés et plusieurs d’entre eux sont bâtis au sommet de dunes fixées.

Les dunes fossiles sont plus jeunes que le Quaternaire marin de Tombouctou ; elles sont plus anciennes que les tombeaux berbères. Ces limites sont évidemment assez vagues, mais il importerait surtout d’être fixé de manière précise sur les relations chronologiques qui existent entre les oueds du Sahara et les ergs du Soudan : _a priori_ en effet deux hypothèses se présentent : la période de vie des fleuves du tanezrouft est antérieure à l’établissement du désert au Soudan ou contemporaine de ce désert. Il serait probablement absurde de penser qu’elle a pu être postérieure.

Dans le premier cas, il faudrait admettre qu’après une période quaternaire humide, tout le nord de l’Afrique s’est desséché[175] et que le désert beaucoup plus étendu jadis que maintenant a perdu vers le sud tout le domaine des ergs morts : le Soudan aurait largement gagné sur le Sahara.

Dans la seconde hypothèse, nous aurions eu une simple migration du désert : au sud de la région qu’irriguaient l’Igharghar et la Saoura, région largement habitée dans les vallées par les néolithiques, s’étendait une zone sèche, le Sahara de l’époque.

Un fait important semble indiquer que cette seconde hypothèse est la vraie : un des caractères principaux des pays que couvrent les ergs morts est le caractère provisoire et inachevé de leur réseau hydrographique. Dans le Tegama, les vallées ne sont que des chapelets de mares ; entre Gouré et le Tchad on ne connaît que des dépressions fermées ; dans le bassin de Tombouctou, le Niger n’a pas de berges, et son lit est à peine marqué.

Seuls les _dallols_ de la région de Tahoua sont des vallées bien dessinées et qui, par leur ampleur, témoignent de l’importance des fleuves qui les ont creusées. J’ai indiqué dans un chapitre antérieur (ch. V, I) que ces fleuves disparus de l’hydrographie actuelle ne pouvaient venir que du Nord : les dallols sont les vallées anciennes du Taffassasset et de quelques-uns de ses affluents, c’est-à-dire de fleuves descendus de l’Aïr, de l’Adr’ar’ des Ifor’as, et surtout de l’Ahaggar et de ses contreforts, tout comme l’Igharghar, le Tamanr’asset et l’oued Botha. Cette communauté d’origine permet de croire que tous ces fleuves ont vécu à la même époque : les dallols seraient contemporains des vallées sahariennes.

Les principales vallées que l’on connaisse vers le 15° de Lat. N. ont été creusées par des fleuves venus du nord, et à l’époque où le Sahara était vivant ; partout ailleurs l’érosion n’a pu qu’amorcer son œuvre : le temps lui a manqué pour raccorder les différents tronçons des vallées.

Il n’y aurait donc pas eu changement notable dans les dimensions du désert, mais une simple migration : à un certain moment, encore indéterminé, du Quaternaire, le Sahara aurait été plus méridional que maintenant.

Quelle que soit d’ailleurs l’hypothèse admise, plus grande extension du Sahara ou migration du désert, le changement de climat est indéniable et il resterait à en chercher les causes.

Des modifications importantes du régime météorologique sont connues dès longtemps en Europe et dans l’Amérique du Nord ; les diverses périodes glaciaires en sont une des plus manifestes et l’on a souvent cherché à les expliquer par des causes astronomiques : la précession des équinoxes, les variations de l’excentricité de l’orbite terrestre ont été à maintes reprises invoquées. Il n’est pas niable que ces causes puissent avoir un effet sur le climat de la terre, mais des causes plus voisines, des modifications dans la distribution des mers et des continents interviennent d’une manière plus efficace dans la constitution des climats : en janvier, la température moyenne des îles Feroë dépasse de plus de 40° celle d’Iakoutsk, situé à la même latitude.

Il ne faut pas remonter bien loin dans l’histoire de la terre, pour rencontrer une cartographie bien différente de celle que nous connaissons actuellement : les effondrements qui ont donné naissance à la mer Rouge, à la Méditerranée, à l’Atlantique nord sont d’hier et l’homme a peut-être assisté à quelques-uns de ces phénomènes, comme semblent l’indiquer certaines légendes, dont l’Atlantide est la plus connue.

Au sud du Sahara, nous avons des preuves que dans la région de Tombouctou, la mer existait encore à une époque récente pendant le Quaternaire ; un lac qui lui a succédé, a dû subsister assez longtemps dans la région de Taoudenni ; la présence d’une grande nappe d’eau, dans ce qui est aujourd’hui un des tanezrouft les plus terribles du désert, modifiait certainement le régime des vents. Les lacs que les géologues d’Égypte signalent dans le Quaternaire ancien du désert de Libye, avaient un effet analogue.

Nous avons donc, à portée de la main, toute une série de changements géographiques qui nous donneront la clef des modifications survenues dans le climat de l’Afrique du Nord ; il serait prématuré de chercher à préciser ; la chronologie du Pleistocène et du Quaternaire est à peine établie en Europe ; elle n’existe pas pour l’Afrique. On ne pourrait que bâtir des hypothèses, jeu dangereux et sans portée, lorsqu’elles ne reposent pas sur des faits indiscutables.

Quelle que soit d’ailleurs l’hypothèse qui prévaudra pour justifier ces changements de climat, il semble établi qu’il n’y a pas aggravation continue des conditions météorologiques du Soudan ; il y a eu, au contraire, depuis le Pleistocène, une amélioration considérable puisque, au désert, s’est substituée une zone demi-fertile, la brousse à mimosées où l’élevage est partout possible.

Les phénomènes de dessèchement que l’on observe localement à la limite nord des pluies tropicales, dans la zone sahélienne, tiennent sans doute à des oscillations à courte période, comme on en connaît partout ; elles ne prouvent pas une péjoration générale du climat. Les études précises sont encore trop jeunes au Soudan, pour confirmer pleinement les traditions indigènes, mais l’accord de ces traditions avec la loi de Brückner, loi basée sur l’observation, leur donne du poids et ne permet pas de les rejeter sans une discussion sérieuse, appuyée sur de nombreuses années d’observations.

[Note 171 : _Rens. Col. Bull. Comité Afr. fr._, mai 1907, p. 122.]

[Note 172 : Lahache (_Bull. Soc. Géogr. et d’études coloniales de Marseille_, XXXI, 1907, p. 147-185) a donné un bon résumé critique des travaux parus sur le desséchement de l’Afrique française.]

[Note 173 : C’est ce que Parran a proposé d’appeler des dunes de coteau. _Bull. Soc. Géol. Fr._ [3], XVIII, 1890, p. 245.]

[Note 174 : _Rens. Col. Bull. Com. Afr. Fr._, XVIII., oct. 1907.]

[Note 175 : L’hypothèse, souvent émise, d’un dessèchement général de la terre, paraît bien discutable.]

CHAPITRE VII

QUELQUES QUESTIONS TECHNIQUES

I. =Roches.= — Roches anciennes. — Roches éruptives récentes (In Zize ; — Ahaggar. — Air ; — Mounio ; — Zinder ; — Melfi ; — Fita). — Provinces pétrographiques à roches alcalines.

II. =Latérites.= — Latérites. — Grès ferrugineux. — Produits de décalcification.

III. =Salines.= — Taoudenni. — Bilma. — Les Teguiddas. — Terre d’Ara. — Manga. — Folé.

IV. =Les agents désertiques.= — Érosion éolienne. — Insolation.

I. — =ROCHES=[176]

=Roches anciennes.= — Les roches éruptives, abondent dans tous les terrains cristallins ; elles appartiennent principalement aux deux séries des roches granitiques et des gabbros.

Un granite porphyroïde dont les grands cristaux sont souvent des microclines a été signalé un peu partout, au Sahara, comme au Dahomey ; des pegmatites à pâte rose ou rouge sont abondantes, dans l’Adr’ar’ des Ifor’as, comme dans l’Ahaggar ou l’Aïr.

Des roches de couleur plus foncée, diabases et gabbros, sont également très répandues. De même que les granites, elles sont accompagnées de types porphyriques.

Toutes celles de ces roches qui jusqu’à présent ont été étudiées, sont très semblables à celles que l’on rencontre en Europe dans les formations de même âge (Archéen et Silurien surtout au Sahara), et sont de type banal.

Il y a lieu de noter toutefois que, jusqu’à présent, les filons ou les gîtes métallifères qui, ailleurs, accompagnent fréquemment les roches éruptives paraissent manquer dans une bonne partie de nos possessions africaines. Les minerais de cuivre et de plomb sont faciles à reconnaître et l’on s’explique mal que, si ces métaux existaient au Sahara, les indigènes n’aient su ni les découvrir ni les utiliser. La chose serait d’autant plus invraisemblable que dans la chaîne d’Ougarta [cf. t. I, p. 182] aussi bien que plus au sud, au Congo et dans l’Ouadaï par exemple, le cuivre a été ou est encore exploité par les indigènes. Presque partout d’ailleurs, le fer, dont les minerais attirent moins l’attention et dont la métallurgie est plus difficile, est connu des nègres, et dans tout le Sahara, il existe au milieu des nomades quelques familles de forgerons ; tout le cuivre qu’ils emploient, dans l’Aïr, comme dans l’Ahaggar, provient d’Europe.

Il est donc vraisemblable que cette rareté des filons est réelle et qu’elle ne tient pas aux lacunes de nos connaissances sur le pays.

Parmi les roches anciennes, deux encore méritent une courte mention. On a souvent insisté sur la grande rareté des calcaires en Afrique : le plus souvent, pour préparer de la chaux, on a recours à des coquilles de mollusques, les _Ætheria_ qui, dans tous les cours d’eau de l’Afrique intertropicale, forment des bancs importants. Dans certaines parties du Sahara tout au moins, les calcaires cipolins sont fréquents dans le Silurien ; il y en a de belles lentilles au pied de l’Adr’ar’ Ahnet, dans l’Ahaggar, près de Tamanr’asset et surtout dans l’Adr’ar’ des Ifor’as, notamment au Nord d’In Ouzel et dans l’Adrar Tidjem ; j’en ai vu quelques galets dans l’Aïr. Foureau a noté plusieurs fois des cipolins [_Doc. Scientifiques_, p. 740 et sv.] et l’itinéraire de Barth porte, en quelques points, la mention de marbre.

La serpentine est, elle aussi, assez répandue et donne lieu à de petites exploitations : les beaux morceaux servent à faire les bracelets de bras (_abedj_) que portent les Touaregs et un grand nombre de noirs. La carrière que Voinot a vue, est au nord-ouest du reg d’Amadr’or, dans les gours de Tin’Aloulagh ; elle consiste en de petites excavations de 1 mètre carré tout au plus et profondes d’une trentaine de centimètres. La roche est extraite avec une simple pioche ou tout simplement avec le fer de la lance. D’autres exploitations existent dans l’oued Aceksen (affluent de la rive gauche de l’Igharghar), dans l’oued Tin Belenbila, entre le Mouidir et l’Ahaggar, et dans l’Adr’ar’ des Ifor’as. Le capitaine Posth en a trouvé dans l’Aïr à Gofat, près d’Agadez et les carrières de Hombori sont célèbres dans la boucle du Niger.

L’âge des roches éruptives anciennes est difficile à fixer d’une manière précise. Dans tout le Sahara central, elles semblent antérieures au Dévonien ; les grès que constituent les tassilis du nord, comme ceux du sud, ne sont coupés par aucun filon ; il n’y existe même pas de filonnets de quartz. Les régions où le Silurien paraît le plus jeune, l’Adr’ar’ Ahnet, le Bled El Mass, sont au contraire lardées de filons éruptifs. N’oublions pas toutefois que, sur les couches à graptolithes, les seules qui soient nettement datées, tout renseignement stratigraphique fait défaut.

Vers l’ouest, dans la région de Taoudenni, le Carbonifère est horizontal ; Mussel n’y signale pas de roches éruptives. Dereims n’en a pas vu non plus dans le plateau dévonien de l’Adr’ar’ Tmarr.

Vers le nord, dans le Touat, à Tazoult, une roche ophitique traverse le Carbonifère ; le Dévonien de la chaîne d’Ougarta est riche en filons de quartz et a été parfois minéralisé. Mais nous sommes ici dans la zone hercynienne et l’âge plus jeune des roches éruptives est d’accord avec l’âge plus jeune des plissements.

Au sud du Sahara la question devient bien douteuse : E.-F. Gautier a vu, dans les grès qui surmontent le Silurien à Tosaye, de nombreux filons de quartz ; j’en ai noté aussi dans les schistes interstratifiés de grès qui forment les rapides de Labezzanga. Ces grès et ces schistes, plongeant parfois de 45°, reposent en discordance sur le Silurien. Mais l’âge des roches de Tosaye, comme de celles de Labezzanga, n’est prouvé par rien et ce n’est que très provisoirement qu’on peut les rattacher au Dévonien. Plus au sud encore, ni dans les grès de Gourma, ni dans ceux de Hombori, d’âge indéterminé, peut-être dévonien, on n’a signalé de roches éruptives.

=Roches éruptives récentes.= — Les roches éruptives récentes présentent un intérêt plus considérable ; leur existence au Sahara est connue depuis longtemps ; Barth avait signalé des volcans et des laves dans l’Aïr, surtout dans sa partie méridionale ; von Bary et Foureau ont confirmé ces indications.

Duveyrier avait ramassé quelques échantillons de basaltes, et les renseignements qu’il avait recueillis lui faisaient croire à l’existence de volcans dans l’Ahaggar. La mission Flatters, celles de Foureau, le raid de Guilho-Lohan ont apporté de nombreuses confirmations à l’hypothèse de Duveyrier.

Il est possible de présenter, dès maintenant, un tableau des principaux centres éruptifs du Sahara et de donner quelques détails sur quelques laves intéressantes.

R. CHUDEAU. — Sahara Soudanais. PL. XXXV.

_In Zize._ — Un premier volcan, assez isolé, se trouve entre l’Ahnet et Timissao, au milieu du tanezrouft. Ce massif d’In Zize (In Zizaou-In Hihaou) est assez considérable ; il n’en reste qu’un cratère ébréché en fer à cheval dont Tihimati est la branche orientale, In Zize la branche occidentale ; au fond du fer à cheval on aperçoit un erg.

Malgré tout ce qui a été enlevé par érosion, ce qui reste du volcan a encore 35 kilomètres de diamètre ; peut-être davantage s’il y faut joindre l’Adr’ar’ Nahlet.

Ce pâté montagneux a été autrefois un centre habité, comme en témoignent de nombreux tombeaux ; parfois encore les oueds qui en descendent se couvrent de verdure et les tentes de l’Ahnet ont pu y passer l’hiver 1905-1906. Mais en général il est impossible d’y séjourner avec un troupeau, et ce n’est pas ce pâturage accidentel qui a rendu In Zize célèbre au Sahara.

L’altitude d’In Zize est assez considérable (800 m.) et il domine la pénéplaine voisine d’environ 300 mètres. Ce relief suffit pour y attirer quelques orages qui alimentent un point d’eau très constant, en même temps qu’il permet de reconnaître de loin la route : il est impossible, même à un mauvais guide, de manquer l’aguelman d’In Zize, qui se trouve sur la route la plus suivie de l’Ahnet, c’est-à-dire du Touat et du Tidikelt, à l’Adr’ar’ des Ifor’as.

Le caractère volcanique d’In Zize n’est pas douteux ; au nord du fer à cheval, la piste coupe une série de dykes verticaux convergents ; nous avons dû, malheureusement, passer très vite en ce point ; nos provisions d’eau, un peu courtes, ne nous permettaient aucun arrêt.

Quand on s’approche d’In Zize et qu’on double la pointe nord de ce massif, on a, de loin, l’impression d’une série de roches stratifiées plongeant vers l’ouest ; cette apparence est due aux coulées de rhyolithe, de couleur brun chocolat, dont la superposition forme la masse principale du volcan. Ces laves sont encore souvent recouvertes d’une gaine de scories qui prouvent qu’elles ont coulé ; elles affectent souvent la forme de colonnes prismatiques. Au microscope la roche est une rhyolite typique à grands cristaux de quartz et d’orthose ; la pâte contient du quartz globulaire avec amandes à larges sphérolites de feldspaths, passant parfois à la micropegmatite. M. Lacroix, avec sa complaisance habituelle, a bien voulu examiner les préparations de la roche d’In Zize, comme d’ailleurs toutes celles que j’ai fait faire de mes roches sahariennes ; on ne peut songer à une erreur de diagnostic.

Le caractère de la roche confirme donc pleinement l’impression que donne l’aspect d’In Zize, dont Villate avait déjà affirmé le caractère volcanique. Je n’insisterais pas sur ce point s’il n’avait été contesté par Flamand ; bien que le savant pétrographe d’Alger n’ait pas vu In Zize, un désaccord aussi formel est de nature à alarmer. Flamand a été très frappé de l’absence de cendres et de cinérites, dans les nombreux échantillons rapportés d’In Zize. Une pareille lacune serait grave partout ailleurs qu’au Sahara ; elle est ici facilement explicable. On n’a jamais vu de près que l’aguelman et ses abords immédiats : cet aguelman est dans le lit d’un torrent à pente rapide : il n’y a sur le sol que de gros galets de roches dures ; on ne peut espérer trouver de blocs de cinérites dans un semblable milieu où ils seraient de suite pulvérisés (Pl. XXXVII, phot. 71, 72). Sur les flancs du ravin, on voit souvent deux coulées superposées, parfois séparées par des fentes de quelques mètres de long, et béantes de quelques centimètres dans leur partie la plus large : souvent, à l’Etna ou au Vésuve par exemple, il existe, entre deux coulées, des amas de cendres dont la forme rappelle singulièrement celle des fentes d’In Zize. La place de ces cavités et leur forme montrent qu’elles n’ont pas pu être creusées par l’eau ; elles ne paraissent guère explicables que comme dernière trace de couches de cendres dispersées depuis longtemps par le vent du désert ; ceci est d’accord avec les caractères généraux du tanezrouft, que le décapage éolien a privé depuis longtemps de ses éléments les plus mobiles. Les cendres, qui se trouvaient entre les coulées, ont eu le même sort que les argiles dans les alluvions ; le volcan d’In Zize a subi la même évolution qui, tout à côté, donnait naissance aux regs.

L’âge du volcan d’In Zize est difficile à fixer ; les seuls indices que l’on puisse invoquer sont tirés de l’état de l’érosion. In Zize repose sur un socle archéen que l’on voit nettement au nord de Tihimati et, au sud-ouest du volcan, à Foum Ilallen. En ce dernier point, à 500 mètres du volcan, quelques mamelons granitiques, hauts d’une quinzaine de mètres, portent à leurs sommets des coulées de rhyolite ; le ravin qui conduit à l’aguelman a creusé son lit dans les laves ; on voit par place, sur 40 ou 50 mètres de haut, les coulées superposées tranchées par l’érosion.

On ne peut évidemment pas conclure, en l’absence de données paléontologiques, mais il semble probable que le volcan d’In Zize date de la fin du Pliocène ou du début du Quaternaire : il est trop bien conservé dans son ensemble pour être très vieux et, dans le détail, il est trop érodé pour ne pas avoir subi l’action du ruissellement à l’époque où il pleuvait au Sahara et où les grands oueds, morts aujourd’hui, creusaient leurs lits.

On a la preuve que, plus au nord, la faille du Touat a rejoué récemment ; toutes les rivières de l’Ahnet présentent des phénomènes de capture et des traces de remaniements profonds que confirme l’état jeune du relief. Il est difficile de ne pas établir un rapprochement entre ces accidents tectoniques et le volcan d’In Zize, qui se rattachent en somme à la même cause.

_Ahaggar._ — Dans l’Ahaggar les volcans sont nombreux et la période d’activité a duré longtemps.

Entre Silet et Abalessa, la route coupe le cratère encore assez bien conservé de l’Adrar Ouan R’elachem ; on met une heure et demie à le traverser ; les débris du cône forment une série de monticules, disposés en cercle, et dont les plus hauts atteignent 200 mètres ; au centre de ce cercle, la place de la cheminée est encore indiquée par du basalte en boules grosses comme la tête. L’activité de ce volcan n’a cessé qu’à une époque récente ; une coulée en descend le long de l’oued Ir’ir’i et s’arrête à environ 300 mètres au nord des ruines de la kasbah de Silet ; elle a été à peine entamée par l’érosion. La lave est un basalte à péridot.

Dans l’Edjéré, Roche[177] avait signalé des coulées de basalte aussi jeunes. Les recherches récentes de Voinot ont confirmé ces indications ; et Flamand a reconnu, parmi les échantillons rapportés, un basalte à péridot et une limburgite.

A Tit’, la vallée de l’oued est limitée au nord par un étroit plateau (400 à 500 m. de large) couvert d’une coulée de basalte que l’on peut suivre pendant une quinzaine de kilomètres, dominant la rivière de 20 mètres. Sa pente m’a paru être vers l’est. Sur les flancs du plateau on voit, par places, les débris d’une autre coulée certainement plus jeune.

L’oued Tit’ traverse ce plateau à 7 ou 8 kilomètres en amont du village ; plusieurs de ses affluents le coupent également.

Au voisinage du confluent des oueds Outoul et Adjennar, les coulées sont nombreuses, mais insignifiantes ; elles sont à peine à quelques mètres au-dessus des vallées ; elles paraissent converger vers un petit mamelon qui pourrait bien être un cratère.

Autour de Tamanr’asset, les phénomènes volcaniques ont laissé des traces nombreuses et importantes. L’Adr’ar’ Haggar’en (la Montagne Rouge), dont le point culminant, le Tin Hamor, a une altitude voisine de 1800 mètres, est bien vraisemblablement le reste d’un volcan fortement démantelé dont il ne subsiste plus que les parties profondes, consolidées par de nombreux dykes verticaux (fig. 71). Une roche porphyrique rose forme la masse principale de la montagne. Tout autour, de puissantes coulées de laves couronnent les hauteurs, mais il n’en reste que des lambeaux formant le plus souvent des gours isolés (Har’en (le pilon), Tindi (le mortier), Télaouas) ; le lambeau le plus étendu forme le plateau d’Hadrian, qu’entaille la brèche d’Elias, œuvre de quelque Roland berbère (fig. 19, p. 43). Ce volcan est ancien : les coulées d’Hadrian superposées sur une grande épaisseur, atteignent souvent 30 mètres de puissance et dépassent parfois 70 mètres, au nord de la brèche d’Elias par exemple ; leurs parties les plus basses sont à environ 120 mètres au-dessus des vallées. Ces coulées reposent souvent sur des cinérites qui permettront sans doute de fixer leur âge. — A 20 kilomètres au sud de l’Hadrian, l’Adjellella (fig. 72) est un plateau de même type qui montre la grande étendue de la nappe de laves : en tous cas, la roche est la même, une rhyolithe ægyrinique de couleur grisâtre.

A dix kilomètres au nord-ouest de Tamanr’asset, une coulée basaltique moins puissante, 5 à 6 mètres seulement, forme le plateau de Tideri, élevé de 150 mètres au-dessus de la vallée.

A quelques kilomètres au sud de Tamanr’asset, sur le piste qui conduit à l’Adjellela, quelques petits oueds, affluents de l’Ezerzi, ont une vallée assez encaissée ; on voit cependant par places des débris d’alluvions quaternaires qui, à partir du lit du ruisseau, donnent la coupe suivante (de bas en haut) :

1o Graviers et cailloux, 1 m. 60.

2o Tufs volcaniques, 1 mètre.

3o Éboulis des pentes.

La période d’activité volcanique a persisté longtemps autour de l’Haggar’en ; elle n’a cessé qu’assez récemment et il n’est peut-être pas déraisonnable de placer son début au Miocène.

Tous les itinéraires autour de l’Ahaggar mentionnent de nombreuses coulées de laves ; sur la Coudia, Guilho-Lohan et Motylinski en signalent à plusieurs reprises. Enfin beaucoup plus à l’est, Foureau a recueilli des téphrites et des limburgites provenant vraisemblablement du Télout[178] (cf. _Esquisse géologique_).

_Aïr._ — On a déjà insisté sur le caractère volcanique des principaux massifs de l’Aïr, dont beaucoup sont des dômes[179]. Comme dans l’Ahaggar, la période active a persisté longtemps : quelques coulées ont été à peine entamées par l’érosion ; dans l’oued Tidek, au voisinage de l’Ohrsane, les laves sont au niveau des vallées ; dans la plaine de Tar’it, au nord d’Aoudéras, les coulées de basalte très étendues et provenant sans doute du Doghen, sont récentes : le petit r’edir d’Akara, creusé dans des granulites roses, est bordé à l’ouest par des basaltes épais de 4 mètres dont la base est au niveau de l’eau. Cette impression de jeunesse est confirmée par l’existence à Tafadek (60 kilomètres au sud-ouest d’Aoudéras) d’une source chaude dont la température atteint, d’après le capitaine Posth, 48°.

D’autres coulés sont certainement beaucoup plus anciennes ; à une douzaine de kilomètres au nord-ouest d’Iférouane, l’oued Kadamellet traverse, par un défilé étroit, un plateau de gneiss et de micaschistes, dont la table est formée d’un basalte doléritique, à structure ophitique. La coulée, épaisse d’une dizaine de mètres, a sa base à 50 mètres au-dessus de l’oued.

Il est difficile de préciser le début de ces éruptions ; nous avons cependant pour l’Aïr quelques éléments d’informations qui jusqu’à présent font défaut dans l’Ahaggar. Le lieutenant Jean a remis au laboratoire de géologie de la Sorbonne quelques échantillons de calcaires provenant de Tafadek et d’un point situé un peu au nord, Tamalarkat. L’âge de ces calcaires n’est pas douteux ; outre quelques moules de mollusques, ils contiennent de nombreux échantillons d’_Operculina canalifera_ d’Archiac, de l’Éocène moyen. Les renseignements stratigraphiques font défaut ; Jean [_l. c._, p. 141] signale seulement à Tafadek des calcaires, des ardoises et des pierres ponces ; mais l’examen de plusieurs plaques minces taillées dans les échantillons fossilifères n’y montre qu’un calcaire très franc, sans aucun élément attribuable aux volcans voisins. Les grès, les calcaires et les meulières lacustres d’Assaouas et de Teguidda n’Adr’ar’, situés à plus de 100 kilomètres au sud-ouest d’Aoudéras, renferment de nombreux minéraux éruptifs, surtout des feldspaths. Les échantillons ne contiennent malheureusement que des traces de fossiles indéterminables, qui ne permettent pas de fixer leur âge (p. 76).

Tout incomplètes qu’elles soient, ces données prouvent cependant que les volcans d’Aïr sont postérieurs à l’Éocène, comme leur examen direct permettait d’ailleurs de le prévoir.

D’autres roches d’épanchement ont été signalées dans des régions voisines : Nachtigal mentionne expressément des volcans dans le Tibesti et les détails qu’il donne (sources thermales, etc.), montrent que certains de ces volcans au moins sont récents. Sur la route de N’Guigmi à Bilma, Ayasse a recueilli, près de Béduaram et près d’Agadem, des basaltes[180] dont quelques-uns au moins sont assez anciens pour que leurs vacuoles aient pu se tapisser de minéraux secondaires (calcédoine).

Au sud du Tchad, les cinq pitons rocheux de Hadjar El Hamis (déformation par les noirs d’El Khémès) sont formés d’une rhyolithe alcaline verdâtre étudiée par Lacoin et Gentil et dont Courtet a pu rapporter de nouveaux échantillons. On trouvera dans Chevalier [_L’Afrique Centrale française_, p. 409] un croquis du piton principal, haut de 80 mètres environ.

Des rhyolithes à ægyrine, sont connues sur le Mayo Kæbbi, au pied des chutes Gauthiot, non loin du Toubouri[181].

J’ai donné peu de détails pétrographiques sur les roches volcaniques ; ils sont en général de petit intérêt géographique, et la plupart des laves donnent naissance à des formes topographiques analogues. Toutes, pendant leur refroidissement, se sont plus ou moins fendues ; ces fissures de retrait les ont débitées en blocs arrondis ou en dalles ; plus rarement, elles y ont découpé des colonnades prismatiques. Grâce à ces fentes, les coulées ont acquis une perméabilité marquée qui en a fait souvent des réservoirs d’eau importants ; ce fait, observable partout, prend une importance spéciale au Sahara.

Certaines roches, cependant, par leurs caractères particuliers méritent une courte mention. Leur composition chimique se singularise par une grande pauvreté en chaux et en magnésie et une certaine abondance en métaux alcalins (potasse et soude). Quelques minéraux spéciaux comme la népheline, l’ægyrine, la riébeckite se développent à la faveur de cette composition chimique et donnent aux roches qui les contiennent un cachet assez inaccoutumé. Ces roches, assez rares en Europe, sont au contraire abondantes au Sahara ; nous aurons à préciser leur répartition géographique, mais auparavant il importe de dire quelques mots de roches de profondeur, parfois franchement granitiques, probablement d’âge récent et qui, par leur composition se rattachent à la même famille que les roches d’épanchement alcalines, dont il vient d’être question.

_Mounio._ — Un premier groupe éruptif constitue le Mounio, massif qui mesure du nord au sud une cinquantaine de kilomètres sur 25 de large ; on doit probablement lui rattacher les hauteurs qui avoisinent les villages de Mia et de Yamia. Les caractères géographiques et topographiques du Mounio ont déjà été indiqués. Les roches sont des granites, des microgranites et des rhyolites avec ægyrine et une amphibole sodique voisine de la riébeckite, roches dont la couleur varie du gris bleu au lie de vin.

A 200 mètres au nord du poste de Gouré, on peut observer le contact avec les roches sédimentaires (fig. 76).

Ces roches sont des argiles et des grès tendres en couches horizontales qui, à cause de leurs caractères lithologiques et de la continuité géographique, doivent être rattachés aux formations du Crétacé inférieur du Tegama. Sur une vingtaine de mètres à l’est du granite, ces grès et ces argiles ont été dérangés de leur horizontalité primitive ; ils ont été profondément métamorphisés et transformés en quartzites et en micaschistes ; quelques filons de quartz les traversent.

Freydenberg a observé des faits analogues à la frontière ouest du Mounio, près de Gabana.

Les granites alcalins de Gouré sont donc postérieurs à l’Infra-crétacé ; on ne trouve dans les poudingues, qui, à Kellé, forment la base des grès du Koutous, aucun élément qui puisse leur être attribué. On peut donc affirmer que les roches éruptives du Mounio ne sont pas plus anciennes que le Crétacé ; le caractère peu avancé de l’érosion dans le massif de Gouré et surtout les grandes analogies de ces roches avec celles de l’Aïr, certainement postlutétiennes, sont de fortes présomptions en faveur de l’âge tertiaire de ces granites et microgranites.

_Zinder._ — Le massif de quartzites verticales et probablement siluriennes de Zinder et d’Alberkaram est flanqué, à l’est comme à l’ouest, de roches analogues ; vers Dan Beda (30 km. ouest de Zinder) ces granites sont en relation avec des grès tendres : il serait probablement facile de trouver en ce point une confirmation de l’âge récent des roches de Zinder, qu’il est difficile de ne pas rattacher de très près à celles du Mounio : la série est la même et va du granite franc à la rhyolite. Les deux massifs sont très voisins : il y a à peine 60 kilomètres de Gidi-Mouni à Gabana ; il y a moins encore de Karouaram au Mounio.

_Melfi._ — Au sud-est du Tchad, le poste de Melfi est au centre d’un cirque de collines granitiques, hautes parfois de 200 mètres, formées de roches assez variées dont le type le plus habituel est une syénite à amphibole sodique et à riébeckite, plus pauvre en silice et plus riche en chaux que les roches de Gouré et de Zinder [Freydenberg, _Thèse_, p. 107 et 180].

Ce massif éruptif se continue vers le sud et se relie aux granites alcalins de Miellim sur la rive gauche du Chari.

_Fita._ — Beaucoup plus à l’ouest, au Dahomey, Hubert [_Thèse_, p. 242], à signalé la chaîne de Fita, qui, un peu au sud du 8° Lat. N. s’étend sur une dizaine de kilomètres du nord au sud avec une largeur de 2 kilomètres au plus ; ses plus haut sommets dominent de 150 mètres la plaine voisine ; les roches [_l. c._, p. 466-467] sont des granites et des microgranites alcalins dont la riébeckite est l’élément le plus caractéristique. D’après un renseignement oral, Hubert considère ces roches comme beaucoup plus jeunes que les gneiss des régions voisines.

=Provinces pétrographiques à roches alcalines.= — L’abondance de ces roches alcalines en Afrique est connue depuis longtemps ; Lacroix a montré qu’elles se rattachaient à deux provinces pétrographiques distinctes : la province occidentale comprend d’abord les îles atlantiques (Açores, Canaries, îles du cap Vert) ; les îles de Los, près de Konakry, contiennent des roches analogues. Chautard[182] a récemment montré qu’il fallait définitivement rattacher à la même province les roches de Dakar dont le trachyte du cap des Biches est le type le plus remarquable ; toutes ces roches de la presqu’île du Cap Vert sont nettement volcaniques ; au point de vue chronologique elles appartiennent à deux séries : entre Rufisque et Dakar les roches éruptives sont contemporaines du Crétacé supérieur ; plus tard, entre l’Éocène moyen et le Pleistocène, les épanchements se sont produits un peu plus au nord et s’ordonnent autour de l’appareil volcanique des Mamelles.

Dans l’intérieur, à Senoudébou (cercle de Bakel), un trachyte à noséane, recueilli dans un mur, a été étudié par Arsandaux ; le gisement d’origine de la pierre est à rechercher, mais il est douteux que l’on ait été chercher bien loin des matériaux de construction. Quiroga a trouvé dans le Rio de Oro, à Hassi Aussert, à moitié chemin entre le littoral et la sebkha d’Idjil, une syénite néphélinique. Dans le Sud marocain, les laves du Siroua, étudiées par Gentil [_C. R. Ac. Sc._, janvier 1908] sont des trachytes et des phonolites.

Cette province occidentale s’étend probablement jusqu’au voisinage d’Oran.

La province centrale, celle du Tchad, contient un grand nombre de gisements : le massif de l’Ahaggar avec les rhyolithes de l’Adjellela et les phonolithes à ægyrine de la Coudia lui appartient, mais semble marquer sa limite occidentale : la rhyolithe d’In Zize ne renferme aucun des minéraux qui caractérisent les roches alcalines ; immédiatement autour du tassili des Azdjer, le massif volcanique du Télout a émis une coulée de phonolithe à ægyrine, très voisin de la roche du Tekout (85 kilomètres au sud de Tripoli) recueillie autrefois par Overweg. L’abondance des roches alcalines dans l’Aïr, à Zinder et à Gouré, ainsi qu’autour du Tchad, a déjà été indiquée.

Il est vraisemblable que, malgré leur éloignement, Fita et le Cameroun appartiennent à la même province.

Sa limite orientale est complètement inconnue ; on ne sait rien sur les roches éruptives du Tibesti ; le désert de Lybie est ignoré, même au point de vue géographique. On sait toutefois qu’à l’extrémité orientale de l’Afrique et, au delà de la mer Rouge, en Arabie, les roches alcalines sont fréquentes ; celles d’Abyssinie, certainement post-kimmeridgiennes et probablement beaucoup plus récentes, ont été étudiées de très près par Arsandaux[183]. Lacroix a donné des détails sur quelques autres.

Il est actuellement impossible de savoir si cette province orientale est distincte de celle du Tchad ou si elle se relie avec elle.

Des analyses assez nombreuses de ces roches alcalines ont été publiées ; elles accusent des divergences de détail. Mais dans l’ensemble toutes ces roches semblent pouvoir être ramenées à un même magma alcalino-granitique. Suivant le mode d’éruption, qui modifie les conditions de refroidissement et qui permet le départ plus ou moins rapide des éléments minéralisateurs, ce magma a donné naissance à diverses roches : les granites de Zinder et de Gouré sont les types de profondeur ; les microgranites se sont refroidis plus vite : dans le Mounio notamment, ils semblent former une zone de contact entre les granites et les roches sédimentaires. Les rhyolithes, les phonolithes et certains trachytes sont la forme d’épanchement, la forme vraiment volcanique du même magma.

On pourrait être tenté de rapprocher la pauvreté en chaux de ces roches alcalines de la rareté des calcaires dans le continent africain ; on sait que, par endomorphisme, un granite normal, traversant des assises calcaires, peut s’entourer d’une auréole de granite amphibolique. On a même émis l’hypothèse que dans les éruptions, la matière qui constitue la roche injectée dans les fentes des divers terrains ou épanchée à leur surface, provenait de la fusion sur place de roches assez superficielles, fusion déterminée par les phénomènes thermiques qui résultent de l’écrasement de l’écorce terrestre : il n’y aurait pas à proprement parler de magma éruptif profond, et la composition chimique des roches ignées résulterait immédiatement de la composition chimique des terrains au milieu desquels se manifestent les phénomènes éruptifs.

En fait il est douteux que la rareté en chaux des roches éruptives et des roches sédimentaires de l’Afrique soit autre chose qu’une simple coïncidence : l’exemple de Madagascar [Lacroix, _Nouv. Arch. du Muséum_, 1902, 1903], où les roches alcalines abondent au milieu de districts calcaires, doit rendre singulièrement prudent. Tout ce qui se rattache à la pyrosphère et à l’origine vraie des magmas éruptifs reste encore un des chapitres les plus obscurs de la géologie.

II. — =LATÉRITES=

Au sens strict du mot, la latérite est caractérisée par la présence de l’alumine qu’accompagnent toujours les hydrates de fer ; elle est à peine différente de la bauxite, le principal minerai d’aluminium.

Malheureusement, l’usage a prévalu d’appliquer ce mot à tous les sols superficiels des régions tropicales, pour peu qu’ils présentent une teinte rougeâtre, c’est-à-dire qu’ils contiennent un peu de fer. On est arrivé ainsi à englober sous un même nom les produits les plus différents.

Les véritables latérites, provenant de l’altération des roches éruptives, diffèrent des produits similaires de nos climats par deux caractères principaux : en Europe, l’alumine reste d’ordinaire combinée à la silice sous forme d’argile ; l’hydrate de fer est le plus souvent de la limonite, de couleur jaunâtre. Dans les pays chauds, l’alumine se sépare de la silice, et les hydrates de fer sont souvent de la turgite, de couleur rouge. Les éléments alcalins (potasse, soude) et alcalino-terreux (chaux) disparaissent à la faveur de la solubilité de leurs sels, aussi bien dans les climats tempérés qu’entre les tropiques ; la teneur en oxygène et en eau augmente dans les deux cas. Le départ de la silice, qui manque parfois complètement, est le trait le plus original de cette transformation des roches éruptives en latérite.

L’analyse d’une diabase de Guinée (_a_) et de la latérite qui en provient (_b_), que j’emprunte à Chautard et Lemoine[184], permettra de préciser le sens de la transformation.

_a_ _b_

TiO² 2,96 9,05

SiO² 48,51 5,52

Al²O³ 14,18 34,1

Fe²O³ 2,4 27,13

FeO 10,35 1,26

CaO 8 0

MgO 6,05 0,65

K²ONa²′O 5,18 0,51

Perte au feu 3,12 22,5

De plus, tandis que, dans les climats tempérés, la décomposition des roches se fait très progressivement sans déterminer dès l’abord une décomposition totale, dans les pays tropicaux humides, au contraire, la latérisation s’effectue tout d’une pièce, parfois sur une grande épaisseur, et la roche intacte succède assez brusquement à la roche entièrement décomposée.

Chautard[185] a observé en Guinée, dans le massif de Kakoulima, au kilomètre 52 de la voie ferrée de Konakry au Niger, un gabbro à gros éléments (labrador-diallage) qui présentait à partir de la roche non altérée : 1o une zone où les éléments feldspathiques ne sont attaqués qu’à leur périphérie, les éléments ferromagnésiens sont transformés en actinote, tous les cristaux conservant en général leurs formes granitiques ; 2o une zone où les feldspaths sont complètement altérés et où les cristaux de diallage, au même stade que dans la zone précédente, commencent à s’écraser mutuellement ; 3o une zone où tous les cristaux ont disparu : les feldspaths ne sont plus indiqués que par des taches blanches, et les pyroxènes par des taches brunes d’oxyde de fer ; enfin 4o une zone où il ne reste plus qu’une roche homogène de coloration rouge brique.

Hubert [_Thèse_, p. 91-97] signale des phénomènes analogues au Dahomey, et Courtet mentionne dans le bassin du Chari des latérites qui entourent d’une auréole diverses roches éruptives [Niellim, etc., in Chevalier, _L’Afrique Centrale_, p. 631].

Souvent ce produit d’altération, au lieu de rester au contact de la roche qui lui a donné naissance, est repris par les agents d’érosion et ces latérites remaniées forment parfois dans les vallées des dépôts considérables.

On a beaucoup écrit sur l’origine de cette latérite. Walther et Passarge y voudraient voir un effet des orages de la zone tropicale. La pluie des tornades serait riche en acide azotique, par suite particulièrement oxydante ; son action serait d’autant plus décisive que dans la zone tropicale, les débris organiques, toujours réducteurs, font défaut dans le sol superficiel où les termites les détruisent. Cette manière de voir, que ne semble appuyer aucune expérience précise, rend mal compte de la localisation, parfois très marquée, de la décomposition des roches : des mamelons éruptifs voisins, soumis par suite aux mêmes conditions météorologiques, présentent souvent des différences notables dans leurs transformations.

Holland fait jouer à des facteurs biologiques un rôle très actif dans la genèse des latérites : ce serait un phénomène d’origine microbienne. On connaît déjà, d’une manière positive, le rôle des bactéries dans la nitrification : on sait établir des milieux de culture pour la préparation des azotates et l’on a songé à employer industriellement ce procédé. La production du minerai de fer des marais, la réduction des sulfates et leur transformation en soufre et en hydrogène sulfuré sont dues aussi à des algues microscopiques et ces analogies rendent acceptable la manière de voir de Holland. Malheureusement elle n’est confirmée par aucune recherche expérimentale ; le microbe de la latérite est inconnu et le meilleur argument que l’on puisse faire valoir en sa faveur, est l’irrégularité de ce mode de transformation, irrégularité qui est marquée surtout lorsque l’on s’éloigne de l’équateur ou des plaines pour arriver à des régions où les variations de température sont plus considérables, où surtout les minima sont plus bas, que ce changement soit dû à la latitude ou à l’altitude. Pareille allure est bien conforme à ce que l’on sait de la distribution géographique des animaux et des végétaux, à la limite de leur aire.

Cette transformation des roches éruptives en véritable latérite ne se produit pas au Sahara non plus que dans le nord du Soudan : ce n’est qu’au sud du 11° de latitude qu’elle semble devenir générale.

_Grès ferrugineux._ — On désigne aussi, au Soudan, par le nom de latérite, de simples grès à ciments ferrugineux ; ils sont assez communs au nord du 11° : sur son itinéraire, E.-F. Gautier a noté les premiers au sud de l’Adr’ar’ des Ifor’as, mais ils ne deviennent abondants que dans le bas Telemsi ; le lieutenant Ayasse en a rencontré entre Bilma et le Tchad[186] ; j’en ai vu à plusieurs reprises entre l’Aïr et Zinder ; plus au sud ils sont fréquents ; Foureau[187] les mentionne à plusieurs reprises le long du Gribingui, dont les berges, hautes de 2 à 5 mètres, sont formées de bancs d’argile rouge alternant avec des assises horizontales de grès ou de conglomérats ferrugineux, dont les éléments sont le plus habituellement quartzeux.

Dans le haut Logone, Lancrenon a trouvé des latérites dans le fond des vallées, où elles sont recouvertes de plusieurs mètres d’alluvions[188] ; Courtet signale le même fait dans le Chari.

Cette formation de grès et de conglomérats paraît surtout en rapport avec des phénomènes d’évaporation ; le sable des dunes mortes ou les graviers des alluvions transformées en reg ont été cimentés par les sels solubles dissous par les eaux météoriques. Ce phénomène peut se produire partout ; il est peut-être permis de le rapprocher de la formation de l’alios dans les sables des Landes. Cet alios est un grès quartzeux, souvent ferrugineux, qui résulte de l’entraînement par dissolution des matières solubles de la surface et de leur concentration, qui s’opère pendant les chaleurs de l’été, par suite de l’évaporation à un niveau à peu près constant de la nappe d’infiltration. Les sables de la forêt de Fontainebleau présentent souvent des accidents analogues.

Il n’est pas certain cependant que cette comparaison des grès du Soudan et de l’alios des Landes soit correcte. Aucune analyse du ciment des grès africains n’a été faite ; le sesquioxyde de fer se présente sous cinq formes différentes, plus ou moins hydratées, qui peuvent introduire, entre les grès ferrugineux, des dissemblances notables ; de plus, l’alios se produit toujours à quelques décimètres de profondeur, tandis que, au Soudan, le grès ferrugineux est habituellement superficiel.

En tous cas, c’est bien au Sahara et dans la zone la plus sèche du Soudan que des phénomènes analogues ont été le plus souvent signalés ; dans les oasis situées en bordure d’une sebkha, un orage est un désastre : l’eau de pluie est vite ramenée à la surface par évaporation ; elle revient accompagnée de sel et de gypse qu’elle dépose à la surface du sol, obligeant ainsi à abandonner, pour plusieurs années, un certain nombre de jardins. Dans la région du Manga, à Gourselick par exemple, le natron se renouvelle au fond de la cuvette par le même mécanisme. Enfin, le fameux vernis du désert ne semble pas avoir une origine différente : au Sahara, la plupart des roches sont recouvertes d’une pellicule mince de produits concrétionnés, luisants, qui tranchent souvent par leur couleur sur la roche qu’ils recouvrent [J. Walther] : les grès blancs des tassili, avec leur patine couleur de poix, en sont un exemple classique.

_Produits de décalcification._ — D’autres latérites enfin sont liées à des roches sédimentaires : elles recouvrent tous les mamelons crétacés du Damergou et leur extension vers l’ouest, au moins jusqu’à la mare de Tarka, indique probablement l’ancienne extension des calcaires à ammonites.

On retrouve des formations analogues au-dessus des dépôts éocènes qui recouvrent l’Adr’ar’ de Tahoua ; ces formations peuvent être suivies jusque sur les bords du Niger.

La plupart de ces produits sont dus à des phénomènes de décalcification ; les oolithes ferrugineuses de Korema Alba paraissent provenir d’un calcaire lacustre : Cayeux, qui les a examinées, les a trouvées identiques à certains minerais de France dont l’origine est certaine. Hubert n’admet pas cette manière de voir pour les latérites des bords du Niger « parce que les indices de la présence de calcaires dans ces régions sont nuls » [_Thèse_, p. 112]. Il oublie qu’un caractère négatif, surtout dans une région aussi mal connue que le Soudan, a une bien faible valeur ; il ne tient pas compte de la grande extension des calcaires éocènes depuis Bemba jusqu’à Guidambado ; il néglige l’existence des silex éocènes d’Ansongo qui sont, au cœur de la région qui nous intéresse, la preuve décisive de l’existence d’un niveau calcaire.

Malgré leur composition, leur origine très spéciale et leur allure parfaitement horizontale qui montre leurs relations avec des roches sédimentaires, ces latérites différent peu par leur aspect des latérites d’origine éruptive.

Ces produits de décalcification, qui couvrent les grès du Niger et le calcaire de Tahoua, ne semblent pas être de formation actuelle ; une coupe, prise en aval de Gao (fig. 79), montre que la latérite en place (4) couvre un plateau peu élevé ; elle présente une structure parfois oolitique (les oolites ont 1 millimètre de diamètre) mais plus souvent rubannée et les zones que l’on y peut distinguer, sont, en gros, parallèles aux couches de grès du Niger.

Depuis la formation de cette latérite, une vallée s’est formée dont le fond (5) est occupé par des graviers et des galets qui atteignent jusqu’à 15 à 20 centimètres de diamètre, galets formés aux dépens de la latérite (4), et cimentés par des produits ferrugineux.

A une époque plus récente, le niveau des vallées s’est un peu abaissé et dans le fond de ces vallées plus jeunes on trouve par place des débris de brèche latéritique (6), mal cimentés.

Il y aurait plusieurs stades à distinguer : la latérite s’est d’abord formée sur le plateau et son mode de formation suppose des pluies assez abondantes ; la formation d’un conglomérat latéritique dans le fond de la vallée suspendue (5) est analogue à celle des grès ferrugineux et suppose, pour la formation du ciment, un climat plus sec ; dans les vallées plus jeunes (6), la cimentation des débris ne s’est pas produite. Postérieurement enfin, s’est creusé le lit actuel du Niger qui est sans doute plus jeune que les ergs morts de la région, mais probablement plus ancien que le Néolitique africain. Cette conclusion est du moins celle à laquelle l’étude de la répartition des tombeaux a amené Desplagnes.

Ces divers climats, que permet d’entrevoir l’étude de cette latérite, ne sont pas forcément quaternaires et ces épisodes ont pu commencer à se manifester dès la fin de l’Éocène. Il ne faut pas perdre de vue d’ailleurs que l’étude géologique du Soudan est à peine ébauchée ; on essaie ici de poser une question bien plutôt que de donner la solution d’un problème dont trop d’éléments sont encore mal connus.

Il est toutefois difficile de croire que la disparition du calcaire soit la seule cause de l’arrêt de la décalcification ; au nord, tout autour de l’Adr’ar’ des Ifor’as, à l’est, dans la région de Tahoua, les calcaires sont à découvert sur les flancs des vallées ; leur surface est restée de couleur claire ; parfois, comme à Bouza, ils forment des plateaux où la roche est restée absolument blanche (fig. 33, p. 94). L’érosion actuelle semble trop insignifiante pour avoir pu enlever un manteau de latérite. Une modification dans le climat paraît mieux rendre compte des faits.

Au Sénégal, « la latérite paraît avoir été formée avant l’invasion des sables, car, sous une épaisseur de 4 mètres de sable, nous avons trouvé de la latérite présentant à la surface le même faciès poli, que celle qui est actuellement à la surface du sol[189] ».

Dans le lit du Niger qui, à partir de Tosaye, est certainement jeune, affleurent souvent, entre Niamey et Ansongo des blocs de roches éruptives ; leur surface est peu altérée (fig. 80) : les parties immergées à toutes les crues (1-3) ont une patine noire ; plus haut, la patine est rouge. Ces diverses patines sont d’ailleurs très minces ; les écailles que détachent à la surface les variations de température, permettent de voir nettement la roche, kaolinisée sans doute, mais dont tous les éléments restent en somme bien reconnaissables. La séparation entre les différentes zones est accentuée par la présence, sur certaines d’entre elles, de mousses et d’hépatiques. Ces zones sont nettement distinctes et les lignes qui les séparent sont trop horizontales pour ne pas être en rapport avec les différents niveaux du fleuve.

Comme l’étude des produits de décalcification, ces patines minces semblent prouver que, depuis que le Niger s’est creusé un nouveau lit dans ces régions, les phénomènes d’altération superficielle n’ont eu, dans la partie sèche du Soudan, qu’une médiocre intensité.

Toutes ces roches ferrugineuses présentent souvent à la surface une modification intéressante, dernier terme de l’altération latéritique : cette modification est due à l’évaporation rapide d’eau qui en profondeur s’est chargée de sels de fer ; c’est un mécanisme que j’ai déjà signalé plusieurs fois. Il se produit ainsi une roche souvent caverneuse, d’aspect scoriacé, parfois vernissée, en somme assez variable ; souvent elle englobe des galets, des fragments de roches, et dans ce cas seulement le nom de conglomérat ferrugineux [Hubert, _Thèse_, p. 103, Chautard, _Thèse_, p. 143], est justifié. Ce sont en réalité des roches concrétionnées que leur apparence a souvent fait prendre pour des laves ou des scories volcaniques, notamment dans la région de Tahoua.

Parfois, au lieu d’une remise en mouvement du fer, il s’est produit un enrichissement superficiel en silice. C’est un fait qui a été

signalé dans tous les déserts : il est extrêmement net dans la région d’Assaouas, à l’ouest d’Agadez, où des calcaires lacustres ont été transformés en quartzites rougeâtres ; sur la côte de Mauritanie, dans le Tasiast, des calcaires du Quaternaire ancien reposent sur des grès tendres et forment le couronnement d’un certain nombre de plateaux. Leur enrichissement en silice est très marqué et leur dureté est devenue considérable.

Malgré son caractère technique, il a fallu insister un peu sur cette question : l’histoire de la latérite est en effet intéressante à de nombreux points de vue ; d’abord on ne sait pas au juste comment elle se forme et les hypothèses émises à propos de son origine, (bactéries, acide azotique) n’ont jamais été l’objet de vérifications expérimentales ; il y a d’ailleurs plusieurs latérites et certainement plusieurs modes de formation ; il y en a aussi de plusieurs âges. Il est malheureusement difficile de serrer de près la question ; les rapports d’itinéraires n’indiquent que rarement s’il s’agit de vraies latérites, en place ou remaniées, de grès ferrugineux ou de produits de décalcification.

On connaît en Europe une roche très analogue à la vraie latérite, la bauxite, qui, depuis que s’est développée l’industrie de l’aluminium, a donné lieu à de très importantes exploitations : cette parenté de la latérite et de la bauxite permettra peut-être de préciser les conditions de climat qui ont présidé en France à la production encore très obscure de cet important minerai d’aluminium, en même temps qu’elle peut faire entrevoir pour l’Afrique occidentale une source de richesses qui peut devenir importante.

Il faut noter aussi que c’est parmi les latérites que se trouvent les seuls minerais de fer qui alimentent la sidérurgie indigène ; l’exploitation est très simple : le forgeron nègre, dans les points favorables, soupèse les blocs de latérite et choisit les plus denses.

Les minerais de manganèse que signale Desplagnes sur les bords du Niger [_Plateau central nigérien_, p. 11 et fig. 25 et 26] appartiennent à la même série de formations.

Certains gîtes aurifères enfin sont en relation évidente avec les produits d’altération superficielle et ne sont que des latérites au sens propre du mot.

La rareté des filons métallifères dans l’Afrique occidentale française est donc partiellement compensée par l’existence de ces latérites, où, sans compter l’or, on connaît trois métaux importants, le fer, le manganèse et l’aluminium. L’organisation des voies de transport qui se poursuit si activement permet de croire que plusieurs de ces gisements seront bientôt exploitables, et dès maintenant il est permis de les considérer comme une précieuse réserve pour l’avenir.

Enfin l’importance des divers modelés latéritiques dans les paysages soudanais, l’emploi constant de ce mot, mal défini, dans tous les rapports d’itinéraires feront excuser le développement donné à une question à première vue aussi spéciale.

III. — =SALINES=

_Taoudenni._ — Les mines de Taoudenni sont probablement les plus importantes du Sahara ; les renseignements qu’ont donnés sur elles Cortier, Mussel et Nieger sont très concordants et ils sont confirmés par les indications et les photographies de Cauvin.

Les détails qui suivent sont empruntés presque textuellement à Nieger[190].

Taoudenni est en bordure septentrionale d’une immense sebkha limitée au nord par un dos d’âne rocheux sans gros relief[191], la hammada _El Haricha_ (fig. 6, p. 11). Ce dos d’âne s’étend sur 300 kilomètres environ du sud-est au nord-ouest. Agorgott, centre d’exploitation des salines, est sur la sebkha au débouché d’un oued descendu du djebel El Haricha, l’oued Agorgott.

Les mines de sel se trouvent à environ 4 kilomètres au sud-ouest du ksar de Taoudenni. La majorité des nègres et haratins qui travaillent à l’exploitation se sont construit en ce point des gourbis en barres de sel dont l’ensemble est appellé aussi Agorgott.

La mine n’a pas de propriétaire. L’individu qui désire exploiter fait délimiter les surfaces à creuser, suivant le nombre de bras qui constituent ses ateliers (ces derniers se composent de trois à dix travailleurs). Les fouilles [cf. t. I, pl. XI] sont menées par couches sur toute la surface délimitée ; il y avait, en 1906, 100 à 150 fosses en exploitation. On rencontre de haut en bas :

1o Argile rouge (_trab el hamra_). La puissance de cette couche est d’environ 2 mètres ; travail facile dans de l’argile humide.

2o Argile verte (_harma larma_). Également humide, contient de petits cristaux de sel ; environ 30 centimètres d’épaisseur.

3o Argile verte (_afarai el ouara_) dure à creuser, environ 15 centimètres.

4o Sel mélangé à la terre (_el ouara el foukania_), contient de nombreuses impuretés, très difficile à entamer, épaisseur variant de 10 à 60 centimètres. Ce sel n’est pas exploité. On trouve, noyés au milieu de cette masse, des nodules de cristaux de sel (_ainin el melah_) d’une pureté et d’une limpidité remarquables. Ces nodules ont, pour la plupart, la grosseur d’un œuf de poule et au-dessus.

5o Argile verte (_afarai zekkou_), environ 15 centimètres d’épaisseur.

6o Argile verte (_afarai el hammamia_), environ 15 centimètres d’épaisseur.

7o Sel qui s’exploite (_el hammamia_) ; il était autrefois emporté en morceaux cassés à la pioche ; se débite actuellement, comme les suivants, en barres.

8o Argile verte (_afarai el bieda_) environ 15 centimètres d’épaisseur.

9o et 10o Sel de première qualité (_koukchat[192] el bieda_, et _el bieda_). Ces deux couches, soudées l’une à l’autre, forment un banc de 0 m. 25 à 0 m. 30 et s’enlèvent du même coup.

11o Argile rouge. Quelques centimètres.

12o Sel de deuxième qualité (_el bent_, la fille).

13o Argile rouge. Quelques centimètres.

14o et 15o. Sel de première qualité (_koukchat el kamra_ et _el kamra_). Même observation que pour les 9e et 10e couches.

16o Sel non exploité (_el ouara tahtania_).

17o On arrive à l’eau.

Jusqu’à la 7e couche (_el hammamia_), la première qui soit exploitée, la fosse est creusée sur toute l’étendue délimitée, et les matériaux sont jetés en dehors sur le terre-plein, ou dans une fosse voisine dont l’exploitation est terminée.

Sur la surface plane de la 7e couche, une série de petites rigoles parallèles sont creusées dans le sens de la largeur et celui de la longueur et tracées de telle façon que la fosse se trouve divisée en rectangles de cinq pieds et demi sur un et demi. Les rigoles sont approfondies jusqu’à ce que l’on puisse soulever à la pioche les barres provenant de ce morcellement.

On procède de la même façon pour les couches de sel inférieures, mais les koukchat sont enlevées avec les couches auxquelles elles sont soudées.

L’eau qui se trouve au-dessous d’« el ouara tahtania » (16e couche) est jaillissante. Au dire des ouvriers, il faut une certaine habitude pour enlever la dernière couche de sel exploité (_el kamra_).

En enfonçant la pioche un peu trop profondément au-dessous de cette dernière pour la décoller, il arrive fréquemment, aux inexpérimentés, de crever « el ouara tahtania » et l’eau, se précipitant par l’ouverture ainsi pratiquée, a assez de force pour briser la barre de sel sur laquelle on travaille. A l’air libre, si l’on perce « el ouara tahtania », l’eau jaillit et s’élève à un mètre environ. Cette abondance de l’eau, serait, au dire des principaux entrepreneurs, un des principaux obstacles à l’exploitation de la saline [cf. t. I, p. 56].

Une fois tout le sel enlevé dans la fosse, les ouvriers creusent au-dessous de la quatrième couche, « el ouara », de petites niches qu’ils transforment progressivement en galeries ; l’exploitation du sel, jusqu’alors à ciel ouvert, se continue sous terre.

Souvent l’eau sourd dans ces galeries et empêche de les mener bien loin. Cependant, elles atteignent parfois 10 mètres de profondeur dans les terrains propices. Les galeries sont creusées sur chacune des faces de la fosse centrale ; on ménage entre elles des intervalles d’environ un mètre, qui remplissent l’office de piliers, de murs de soutien.

Les barres de sel débitées, les ouvriers les plus habiles séparent les koukchat du bied, et de la kamra, en frappant tout simplement à la pioche sur l’un des côtés de la barre, au point de jonction des couches superposées. Il est quelquefois nécessaire d’introduire le pic entre les deux et de faire levier avec le manche pour arriver au décollement complet. Le sel de la 12e couche, el bent, ne donne qu’une barre.

Les barres ainsi obtenues ont une épaisseur qui varie de 10 à 15 centimètres, leur surface rugueuse est tapissée d’impuretés. Elles sont dégrossies et polies avec une herminette et ramenées à des proportions mieux d’accord avec le mode de transport, 4 ou 5 centimètres d’épaisseur, 1 m. 10 à 1,20 de long et 0,40 à 0,50 de large. La barre de sel ainsi préparée, prête à être enlevée par les caravanes, pèse en moyenne 40 kilogrammes. Les poids extrêmes varient entre 28 et 47 kilogrammes (Cauvin) ; quatre barres font une charge de chameaux (120 à 150 kg.)

D’autres mines ont existé, dans la même région, notamment à Ter’azza, à 120 kilomètres au nord-ouest de Taoudenni. D’après la légende, Ter’azza, refusant de payer l’impôt, aurait été détruite par ordre du sultan marocain Moulaï-Sliman, il y a environ trois cents ans Taoudenni lui aurait succédé.

Ces renseignements détaillés sur les salines de Taoudenni, montrent bien qu’il s’agit de sel de sebkha, identique à celui de quelques chotts d’Algérie, comme la sebkha Melah, dans l’oued R’arbi, étudiée par Flamand, et aussi des sebkhas de la côte atlantique de Mauritanie, particulièrement à celle de N’Terert (100 km. au sud de Nouakchott) où, sous une couche de 0 m. 60 d’argiles verdâtres, se montrent des alternances de bancs de sel et d’argile.

Cette constitution ne permet pas de fixer l’âge de la saline d’Agorgott, qui est très vraisemblablement quaternaire. Lenz y a signalé des coquilles brisées ; Cortier a entendu dire aux indigènes que l’on y avait trouvé des débris d’hippopotames et de crocodiles, et même des traces humaines. Au surplus, l’âge quaternaire paraît bien d’accord avec le peu que l’on sait de l’hydrographie de la région.

_Bilma_[193]. — Les salines de Bilma (cf. p. 117) sont au nord-ouest du village ; pour les exploiter, les indigènes creusent dans le sol de petites mares rectangulaires, de 5 à 15 mètres de longueur sur 2 de largeur ; leur profondeur est de un demi-mètre. Les déblais, rejetés autour des mares, atteignent parfois 10 mètres de hauteur.

On arrose le terrain ; l’eau salée se rassemble dans les mares, et, par évaporation, les sels dissous viennent cristalliser à la surface ; les indigènes brisent la croûte ainsi formée pour que les cristaux tombent au fond de l’eau, où on les ramasse.

Le sel ainsi obtenu est très blanc ; on le comprime fortement dans des moules de façon à obtenir des pains d’une dizaine de kilogrammes. D’autres produits, moins purs, sont mélangés à du sable argileux et moulés en pains d’une autre forme.

Le sel de première qualité est très pur :

Chlorure de sodium 82

Sulfate anhydre de sodium 9,8

Carbonate hydraté » 2,6

Quartz et matières organiques 5 ---- 99,4

l’absence de la chaux et de la magnésie est remarquable[194]. Il présente des particularités minéralogiques intéressantes. Les cristaux ne sont jamais groupés en trémies ; ils forment de petits cubes isolés qui dépassent rarement 2 millimètres de côté ; les faces du cube sont habituellement accompagnées des faces de l’octaèdre régulier, forme très rare dans la plupart des gisements de sel et qui semble en relation avec l’abondance du sulfate. On ne connaît guère cette forme, en dehors de Bilma, qu’en Égypte, dans les cristaux extraits des lacs Natron, et en Californie, à San Bernardino.

A Fachi, à 145 kilomètres à l’ouest de Bilma, on exploite le sel dans des conditions analogues. Le sel de Fachi passe pour être de qualité inférieure.

L’exploitation du sel, à Bilma et à Fachi, est considérable ; plus de 20000 charges (peut-être 40000) sont enlevées tous les ans par les Kel Aïr, et répandues surtout dans le Bornou, le territoire de Zinder, le Sokoto, l’Adr’ar’ de Tahoua, etc.

_Les Teguiddas._ — A l’ouest d’Agadez, se trouvent un certain nombre de sources salées ; celles de Teguidda[195] n’Adrar et de Teguidda n’Taguei ont de l’eau presque douce ; elles ne sont pas exploitées : on se contente d’y mener les chameaux y faire de temps à autre une cure de sel. Dans ces deux stations, il y a un certain nombre de bassins, alignés sur des diaclases, qui intéressent des meulières tertiaires (chap. II, fig. 25). Quelques-uns sont assez bien alimentés pour donner naissance à des ruisseaux qui coulent pendant quelques cents mètres. L’eau d’une partie des sources est buvable ; à Teguidda n’Taguei, la source des Palmiers, il y a un cimetière important et les ruines d’une kasbah. J’ai vu, dans l’eau, un batracien anoure.

Le principal centre d’exploitation de cette région se trouve à 80 kilomètres au nord d’In Gall, à Teguidda n’Tecum, Teguidda les Salines ; les principales sources sont à Bourgoumouten. Chaque source appartient à une famille d’In Gall ; la rareté de l’eau douce rend le travail très pénible ; aussi chaque ouvrier, obligé de boire de l’eau contenant 4/1000 de sels, ne reste-t-il guère qu’un mois au chantier. Chaque source est captée au moyen de tuyaux, en bois ou en terre cuite, qui conduisent l’eau dans des bassins rectangulaires. Quand un bassin est plein, on bouche le tuyau qui lui correspond et on laisse agir l’évaporation, en ayant soin d’ajouter de l’argile à l’eau pour rendre plus solides les tablettes de sel. Dès qu’une première couche de sel est formée, on remplit à nouveau le bassin et l’on continue jusqu’à ce que la tablette ait 5 ou 6 centimètres d’épaisseur : il faut en moyenne remplir quatre fois le bassin ; chaque évaporation dure une journée. Le sel est découpé en dalles longues de 90 centimètres, larges de 40, du même type que celles de Taoudenni.

Il y aurait environ 200 ouvriers occupés à ce travail ; à cause de l’insécurité du pays, ils habitent des cases en argiles à entrée étroite, où il n’est possible de pénétrer qu’en rampant. Depuis que nous occupons Agadez, les pillages sont moins à craindre et l’exploitation devient plus importante.

Le sel de Teguidda, très estimé, est entreposé à In Gall ; les Kel Gress vont le vendre jusqu’au Sokoto[196].

_Terre d’Ara._ — Il existe dans l’Aïr quelques vallées sans écoulement où le sel s’est accumulé dans les alluvions. J’ai vu, entre Aoudéras et Bidei, un de ces gisements dont l’exploitation est restée très rudimentaire ; au moment de la saison des pluies on y creuse des trous profonds de 0 m. 50, avec un diamètre de 1 mètre. L’eau des tornades, après avoir lavé les matériaux de déblais, s’y rassemble et par évaporation laisse au fond de la cavité un sel très chargé d’argiles, la terre d’Ara, ou Ahara, qui est réservée aux chameaux. On l’exporte jusqu’au Damergou.

Dans l’Adr’ar’ des Ifor’as, les gisements de terre salée sont assez abondants et donnent lieu à un certain commerce qui est surtout aux mains des Ibottenaten de la région de Tadhaq.

_Manga._ — La région du Manga, entre Gouré et le Tchad, contient au fond des cuvettes qui ont déjà été signalées (chap. II, p. 82 et 117) un grand nombre de mares salées ; fort peu sont permanentes et se recouvrent, à la fin de la saison sèche, d’une couche de cristaux. La plupart se dessèchent complètement et un petit nombre sont exploitées. Les deux principaux centres industriels étaient, ces dernières années, Garamgava et Gourselik.

Le natron qui est exploité à Gourselik doit être abondant en profondeur, mais on se contente d’exploiter celui que, chaque année, la saison des pluies ramène à la surface. On racle le fond de la cuvette ; le natron, mélangé de terre, est placé dans des paniers qui servent de filtres et où se fait l’épuisement. Cet épuisement est presque systématique et permet d’obtenir divers produits.

Lorsque les eaux de lavage sont saturées, on active l’évaporation au moyen de foyers.

Les fours sont la partie la plus curieuse de l’exploitation ; ignorant l’art de faire des briques régulières et des voûtes, et son prix élevé, rendant le fer impossible, les industriels ont dû tout bâtir en terre cuite. Un mur, haut de 0 m. 50, circonscrit un espace rectangulaire dont les côtés varient de 1 m. 50 à 4 mètres ; des portes, ménagées à la base de ce mur permettent d’introduire le bois qui sert de combustible et laissent pénétrer l’air. Pour soutenir au-dessus des foyers les vases de terre, les canaris, qui contiennent le liquide à évaporer, le four est garni de piquets en terre cuite, fichés verticalement dans le sol ; les têtes élargies de ces piquets, disposés à peu près en quinconce, à 15 ou 20 centimètres les uns des autres, supportent les récipients entre lesquels passe la flamme.

L’inconvénient du procédé est la grande quantité de combustible qu’il nécessite : le pays est dès maintenant complètement déboisé à grande distance des villages ; il est devenu une steppe.

_Folé._ — Dans la zone côtière orientale du Tchad, il existe aussi des mares à natron ; les unes sont permanentes et l’on se contente de recueillir le sel peu estimé qui cristallise à la surface. Les autres sont presque toujours à sec, mais leur fond est occupé par une vase noirâtre, humide, où le jeu des saisons, sèche et pluvieuse, amène la formation de plaques cristallines épaisses de 5 à 10 centimètres et qui se trouvent à des profondeurs variant de 10 à 50 centimètres. Ces plaques forment des lentilles de dimensions assez faibles dont les indigènes déterminent l’emplacement au moyen de sondages ; on les extrait à la pioche et on les fait sécher à l’ombre, dans le sable : une dessiccation trop rapide les briserait. Le principal marché de ce natron est à Wanda d’où on l’emporte surtout, à travers le Tchad, vers le Bornou [Destenave, _Revue gén. des Sc._, 1903 ; — Freydenberg, _Thèse_, 1908].

Cette liste des points qui fournissent du sel ou du natron au Sahara et au Soudan n’a pas la prétention d’être complète ; il serait facile de la prolonger longuement, sans y trouver de nouveaux types de gisement ou de nouveaux modes d’exploitation. Jusqu’à présent, on ne connaît rien qui puisse être comparé aux rochers de sel du Trias d’Algérie, sauf peut-être dans le Guir [cf. t. I, p. 181].

Cependant à la suite de ces produits d’origine minérale, il convient d’ajouter un sel d’origine organique que l’on produit par lessivage des cendres végétales ; on obtient ainsi des sels surtout potassiques ; autour du Tchad cette industrie est assez développée et se fait au dépens des doums et des _Salvadora persica_ : tous les ans, pendant quelques mois, une partie de la population de N’Guigmi va s’installer, par petits hameaux d’une douzaine de huttes, aux points où il y a de l’eau et des arbres, et se livre à cette fabrication.

Cette industrie est très répandue dans toute l’Afrique, au sud du Sahara, et d’assez nombreuses populations ont du s’accoutumer à ces sels de potasse.

IV. — =LES AGENTS DÉSERTIQUES=

=Érosion éolienne.= — On a, je crois, beaucoup exagéré l’influence du vent comme facteur d’érosion : il n’est évidemment pas douteux que les phénomènes de « corrasion » existent. On en connaît de nombreux exemples même en Europe et l’on sait que, industriellement, on dépolit le verre au moyen de sable projeté par un soufflet.

L’existence des « roches perchées » n’est pas niable, non plus que le rôle qu’a joué le vent dans leur modelé. Au désert, les calcaires et un grand nombre de roches sont polis par le passage du sable entraîné par le vent et leur surface est souvent sillonnée de vermiculures, profondes au plus de quelques millimètres, qui y dessinent d’élégantes arabesques. Les roches éruptives n’échappent pas à cette action : auprès du poste de Gouré, on peut voir son effet sur les microgranites alcalins du Mounio ; les cristaux de quartz, plus durs, sont en saillie de 2 ou 3 millimètres sur le reste de la roche.

Tous ces faits sont bien connus ; ils ont été étudiés autrefois par Rolland ; plus récemment, Foureau [_Doc. Sc._, p. 217-221, et Pl. XVIII, XIX] leur a consacré tout un chapitre et plusieurs illustrations.

Mais il s’agit d’actions toutes superficielles ; je n’ai rien vu que l’on puisse comparer aux phénomènes qui ont été récemment décrits en Égypte : la dépression bordée de falaises, hautes d’une centaine de mètres au moins, où se trouve l’oasis de Baharia, a des dimensions considérables ; sa longueur est de 95 kilomètres, sa largeur varie de 4 à 30 kilomètres ; elle avait été longtemps attribuée à une faille circulaire, à un phénomène d’effondrement. Les recherches récentes, très précises, des géologues égyptiens montrent, sans ambiguïté possible, que cette explication doit être abandonnée. Le Baharia a été creusé par érosion et comme il semblait impossible de faire intervenir l’eau, on a été amené à attribuer cet important travail à l’action du vent. Ces démonstrations « par l’absurde » sont, en dehors de la géométrie où l’on est certain d’avoir épuisé toutes les hypothèses possibles, toujours un peu inquiétantes. Les observations que j’ai pu faire au Sahara ne confirment pas une action du vent aussi grandiose ; les Égyptiens y renoncent aussi[197].

On trouve souvent sur le sol des débris d’œufs d’autruche. J’en ai pu observer de nombreux, particulièrement entre l’Ahnet et In Zize, où, aux dires des indigènes, l’autruche a disparu depuis cinquante ans. Beaucoup de ces débris, placés forcément au ras du sol, au point où l’action du sable charrié par le vent est le plus énergique, présentent des stries dont les plus profondes atteignent à peine un demi-millimètre. Malheureusement la disparition de l’autruche n’est pas totale ; dans l’Iguidi, Flye Sainte-Marie en a relevé une piste fraîche pendant l’hiver 1904-1905 ; Voinot en a vu quelques-unes dans le reg d’Amadr’or (1905-1906). L’usure des œufs d’autruche ne fournit donc qu’un argument assez maigre.

L’étude des inscriptions et des dessins qui abondent sur tous les rochers du Sahara [cf. t. I, p. 87-120] est plus décisive. Les roches qui portent ces dessins ont une surface lisse et luisante dont le poli peut être attribué en partie à l’usure éolienne, mais elles sont toutes protégées par une croûte d’origine chimique, une écorce brune, le vernis du désert. Cette croûte dont la couleur va du brun foncé (grès néocomiens) ou noir de jais (grès dévoniens) est dure et résistante ; on le remarque particulièrement à propos des grès crétacés, qui sont plutôt tendres et auxquels la croûte fait une carapace et une protection. Nul doute qu’il y ait là un obstacle à la puissance érosive du vent. Sur certaines collines du Colorado, W. Cross [_Wind erosion in the Plateau Country_, _Bull. of the Geol. Soc. America_, XIX, mars 1908] a observé que la roche, des grès tendres, était creusée par le vent partout où la couche protectrice, le vernis du désert, faisait défaut ; il se forme ainsi parfois de véritables grottes.

C’est peut-être à cette patine résistante que beaucoup de gravures rupestres doivent leur conservation. Les régions désertiques et sèches sont par excellence leur domaine ; elles sont rares dans le Tell, sans être tout à fait absentes. Cette exclusion peut s’expliquer, au moins partiellement, par des causes historiques ; mais, provisoirement tout au moins, on n’échappe pas à l’hypothèse que des causes climatiques aient pu jouer un rôle. Les gravures auraient été conservées en plus grande abondance là où les agents de destruction étaient le moins efficaces.

Les gravures préhistoriques, dans l’Afrique du Nord, sont plus difficiles à dater qu’en Europe, parce qu’une représentation d’éléphant, par exemple, n’offre pas en soi la même garantie d’âge reculé que la représentation d’un mammouth ou d’un renne. Il suffit en effet de remonter à Carthage pour retrouver l’éléphant dans la faune nord africaine. L’attribution de gravures sahariennes à l’âge quaternaire reste donc hypothétique ; il est improbable cependant que les plus anciennes d’entres elles soient postérieures à la période romaine. Il en est certainement de très vieilles qui sont restées très nettes sous leur patine. Plusieurs milliers d’années d’érosion éolienne n’ont pas suffi à les effacer. Croit-on que ces égratignures auraient survécu pendant le même nombre de siècles à l’action de la pluie ? Leurs analogues d’Europe n’ont résisté qu’au fond des cavernes, sous le manteau protecteur des alluvions et des stalactites.

Au Sahara même, la presque totalité des gravures est sur des roches siliceuses, grès ou granite. Est-il vraisemblable que les indigènes se soient abstenus de parti pris de graver sur des calcaires ? Au surplus, on connaît au moins deux stations de gravures sur calcaire ; l’une dans le Tadmaït, a été signalé par Flamand, l’autre, connue sous le nom de Hadjra Mektouba, se trouve sur la rive droite de la Saoura, à hauteur du ksar d’El Ouata, entre le Gourara et le Touat [cf. t. I, p. 100-101]. Au premier abord, à Hadjra Mektouba, on ne voit qu’une multitude de graffiti libyco-berbères, plus ou moins récents. Mais à la regarder avec soin, en cherchant les incidences favorables, on y retrouve une multitude de très vieilles figures floues et indistinctes, cependant reconnaissables. En même temps qu’elles, on voit partout à la surface de la pierre, inscrite en cuvettes et en lapiez, l’action des eaux pluviales ; c’est la pluie qui, par son action chimique, a en partie effacé les vieilles images et non pas le vent. Ainsi donc, même dans les pays où il pleut tous les vingt ans, sur les roches calcaires tout au moins, l’action des eaux météoriques est plus efficace et reste mieux marquée que celle du vent. Ces Hadjra Mektouba sont horizontales, au ras du sol, nullement à l’abri, dans les conditions les plus favorables à l’action éolienne et malgré cela le vent, aidé du sable, n’a pas pu, en une vingtaine de siècles au moins, effacer des traits dont la profondeur ne dépassait guère 1 centimètre. Sous nos climats, les hiéroglyphes d’Égypte auraient disparu depuis longtemps et l’on ne peut songer à mettre en parallèle, au point de vue de l’intensité de leurs actions, l’érosion pluviale et l’érosion éolienne.

Comme les hiéroglyphes, les dessins rupestres sont gravés en creux dans la roche ; une usure un peu profonde est nécessaire pour les effacer. D’autres vestiges anciens sont plus superficiels et semblent incapables de résister à la moindre érosion.

Certaines inscriptions sont peintes à l’ocre et l’une d’elles au moins peut être datée avec quelque précision : à Timissao, près du puits, existe une grotte ou plutôt un abri sous roche. Au plafond de cette grotte se trouve une inscription célèbre dans tout le Sahara, et dont Duveyrier avait déjà entendu parler ; elle est peinte à l’ocre et encadrée d’un rectangle de 1 mètre de long sur 0 m. 80 de large ; les lettres ont une dizaine de centimètres. M. Benhazera [_Six mois chez les Touaregs_, p. 205 et suiv.] a pu en copier la moitié.

Cette inscription serait bien écrite en caractères koufiques qui, comme on sait, furent abandonnés peu de temps après l’hégire ; sa signification semble bien indiquer qu’elle émane des premiers missionnaires qui aient cherché à convertir le pays à l’Islamisme ; s’appuyant en outre sur quelques données historiques, Benhazera fixe au VIIe ou VIIIe siècle de l’ère chrétienne la date de cette inscription.

Située à 5 mètres au-dessus du sol, dans une vallée étroite où le vent s’engouffre avec force, cette inscription n’a pas pu être effacée par l’érosion éolienne, en plus d’un millier d’années[198].

Les talus de sable qui, dans le Manga, forment la bordure des cuvettes sont souvent attaqués par de véritables « torrents éoliens ». Profitant d’une brèche, ouverte dans cette petite dune, le vent y entraîne lorsqu’il est violent, de grandes masses de sable qui creusent un véritable ravin, au fond duquel se trouve parfois, sur la face orientale de la cuvette, une sorte de cône de déjection. Le phénomène est fréquent entre Mirrh et le Tchad ; Freydenberg a pu l’observer à l’est du lac et il a noté, près de Mao, un affouillement de 60 à 80 centimètres, creusé en une heure [_l. c._, p. 57-58].

Mais il s’agit de sable de dune non cimenté, d’un sol extrêmement meuble, incapable de résister au moindre agent d’érosion.

De semblables phénomènes sont fréquents dans les dunes où le moindre ébranlement, quelle que soit sa cause, peut produire des éboulements considérables ; on connaît leurs analogues dans les champs de neige et dans les cendres volcaniques, où des avalanches sèches produisent souvent des érosions autrement considérables.

Il semble donc que la puissance érosive du vent et du sable qu’il entraîne est extrêmement faible ; le rôle du vent se borne à enlever tous les matériaux meubles que la sécheresse lui a livrés ; la genèse des regs [cf. t. I, p. 3] en est un excellent exemple ; le vent excelle aussi à dépouiller toutes les hauteurs de la terre végétale, laissant partout la roche à nu ; il en résulte dans le paysage des lignes très heurtées, des formes presque géométriques qui, à première vue, font croire à une érosion formidable ; tous les reliefs du Sahara sont réduits à leur squelette. Un aspect aussi décharné ne nous est familier, en Europe, que sur les hautes montagnes ou au bord de la mer et nous sommes portés à l’attribuer, au désert comme chez nous, à une érosion puissante : il s’agit d’un simple époussetage.

=Insolation.= — Grâce à la sécheresse de l’air au Sahara, les variations de température de la surface des roches sont considérables ; elles peuvent atteindre en vingt-quatre heures une soixantaine de degrés. A cause de leur mauvaise conductibilité, la plupart des roches supportent mal un pareil régime ; il se produit une desquamation, un décollement des parties superficielles, auquel sont le plus souvent attribuables les menues esquilles qui, à la surface des hammadas calcaires et des tassilis gréseux, jonchent le sol et rendent la marche pénible sur ces surfaces horizontales. La protection que ces éclats assurent, contre l’insolation et le rayonnement, aux roches qu’ils recouvrent, empêche le phénomène de se manifester profondément.

Sous l’influence du même phénomène, beaucoup de blocs éruptifs s’ouvrent « en roses » ; les écailles qui se détachent par ce mécanisme sont en général assez minces (quelques centimètres au plus), mais elles peuvent atteindre plusieurs décimètres carrés de surface. Ces écailles granitiques ont souvent été utilisées dans la construction des tombeaux.

Beaucoup se séparent complètement et tombent sur le sol au pied du bloc dont elles proviennent ; il semble donc que cette desquamation puisse se continuer indéfiniment ; mais, en fait, l’abondance des dessins et des inscriptions tifinar’s, vieux au moins de plusieurs siècles, sur un grand nombre de blocs de granite, met bien en évidence la lenteur de leur destruction et le peu d’importance de ce mécanisme ; même au Sahara, l’insolation, pas plus d’ailleurs que l’érosion éolienne, ne paraît capable de modifier sérieusement le modelé acquis ; la réunion de ces deux facteurs, dont on a visiblement exagéré l’importance, est incapable d’expliquer la genèse des éléments sableux qui ont servi à l’édification des dunes.

D’ailleurs dès qu’un éclat est assez petit pour que ses différentes parties puissent se mettre rapidement en équilibre thermique, le soleil ne peut plus rien sur lui et il ne semble pas que l’insolation soit capable de réduire une roche à l’état de sable.

Nous sommes donc ramenés, par une voie indirecte, à chercher ailleurs l’origine des éléments qui ont servi à la construction des ergs ; il faut admettre que ces éléments sont antérieurs au désert ; ils ont été formés par ruissellement et par érosion fluviale à une époque où les oueds du Sahara étaient de vrais fleuves ; les dunes proviennent d’un remaniement par le vent des alluvions quaternaires [cf. t. I, chap. II].

On a parfois attribué à l’insolation la formation de squames épaisses de 2 mètres, et de grandes dimensions superficielles ; je ne crois pas que cette manière de voir soit justifiée : en Europe, où le phénomène a été bien étudié, les variations de la température du sol s’amortissent très vite avec la profondeur ; à 1 mètre, elles ne sont plus que de quelques centièmes de degré. Cette loi de décroissance, conforme d’ailleurs aux données expérimentales de la physique, est certainement applicable aux roches des pays chauds.[199] où il est douteux que, à 2 mètres de profondeur, les variations diurnes de la température dépassent quelques dixièmes de degré ; les dilatations qui en résultent sont bien faibles pour expliquer une rupture, d’autant plus qu’elles se produisent lentement.

Cette desquamation par insolation ne peut porter que sur des plaques peu épaisses, à cause des conditions physiques qu’elle nécessite.

[Note 176 : On trouvera de nombreux renseignements techniques et des indications bibliographiques sur les roches africaines dans les publications suivantes :

Lacroix, Résultats minéralogiques de récentes explorations dans l’Afrique occidentale française et dans la région du Tchad, _La Revue Coloniale_, 1905, p. 129-139, 205-223. — Gentil, Pétrographie, in Foureau, _Documents scientifiques de la Mission Saharienne_, 1905, p. 697-749. — A. de Romeu, Sur les roches éruptives rapportées par le capitaine Théveniaut de l’Adr’ar’, _Bull. du Muséum_, 1907, p. 179-181. — Chudeau, _C. R. Ac. Sc._, 1907, CXLV, p. 82-85. — Courtet, in Chevalier, _L’Afrique Centrale Française_, 1908, p. 670-690. — Hubert, _Contribution à l’étude de la Géographie physique du Dahomey_, Thèse, 1908, p. 459-501. — Freydenberg, _Le Tchad et le bassin du Chari_, Thèse, 1908, p. 171-187.]

[Note 177 : D’après Rolland, _Géologie du Sahara Algérien_ (Mission Choisy), 1890, p. 247.]

[Note 178 : Dans des notes antérieures, Gautier et moi, avions indiqué qu’il y avait peut-être des roches d’épanchement dans l’Adr’ar’ des Ifor’as. Jusqu’à présent, l’examen pétrographique n’a pas confirmé cette impression.]

[Note 179 : Lacroix, _Contributions à l’étude des brèches et des conglomérats volcaniques_, in _Bull. Soc. Géol. Fr._, [4], VI, 1906, p. 635-685.]

[Note 180 : Freydenberg, _La Géographie_, XVII, 1908, p. 111.]

[Note 181 : Hubert, _C. R. Ac. Sc._, 1er août 1904.]

[Note 182 : _Bull. Soc. Géol. Fr._, 4e s., VII, 1907, p. 427-440.]

[Note 183 : Arsandaux, _Contribution à l’étude des roches alcalines de l’Est africain_, Thèse, Paris, 1906. — Lacroix, _C. R. Ac. Sc._, CXXX, 1900, p. 1208.]

[Note 184 : _Bull. Soc. Géol. Fr._, 4e s., VIII, 1908, p. 35. — Des mêmes auteurs, une note plus détaillée, avec bibliographie, _La latérisation_, in _Bull. Soc. de l’Industrie Minérale_, [4], IX, 1908.]

[Note 185 : _Thèse_, Paris, 1905, p. 132.]

[Note 186 : _La Géographie_, XV, 1907, p. 107. — _Id._, XVII, 1908, p. 111.]

[Note 187 : _Doc. Sc._, t. II, p. 672 et suiv.]

[Note 188 : Lemoine, _Bull. du Comité de l’Afr. fr._, janvier 1908, p. 38-40.]

[Note 189 : Capitaine Friry, _Note sur la Géologie du Sénégal_, p. 292, in _Bull. du Muséum_, 1908, no 6, p. 285-300.]

[Note 190 : _Rens. col. Bull. du Comité de l’Afr. fr._, juillet 1907, p. 173. — _La Géographie_, XVI, 1907, p. 376.]

[Note 191 : Les observations barométriques ont donné une différence de niveau de 150 mètres entre la ligne de faîte du plateau et la sebkha de Taoudenni.]

[Note 192 : _Koukchat_ = enveloppe, écorce.]

[Note 193 : Lacroix, _Bull. Soc. Française de Minéralogie_, 1908. — Gadel, _Revue Coloniale_, 1907, p. 351. — J’ai pris aussi quelques renseignements dans une lettre du lieutenant F. de Jonquières, et dans une note manuscrite du sergent Lacombe.]

[Note 194 : Peut-être y a-t-il un rapprochement à faire, au point de vue clinique, entre le sel de Bilma et les roches éruptives alcalines du centre africain ?]

[Note 195 : Teguidda voudrait dire source, d’après Jean, _Les Touaregs du S.-E._, p. 135.]

[Note 196 : Gadel, _Notes sur l’Aïr_, p. 51. — Jean, _l. c._, p. 136-137. — Rapport inédit de Posth.]

[Note 197 : Toutes les oasis du désert libyque (Fayoum, Baharia, Farafra, Kharga) auraient une origine analogue. Par suite de l’érosion, depuis l’Éocène, les calcaires à operculines, assez résistants, ont disparu de toutes les parties hautes des accidents anticlinaux, laissant à nu les terrains crétacés, formés de roches tendres. Pendant la fin des temps tertiaires et le début du Quaternaire, les roches, mises ainsi à découvert et déjà disloquées par les actions tectoniques, auraient disparu sous l’influence du ruissellement et, à l’époque actuelle, du sable traîné par le vent. Ce dernier produirait maintenant les effets les plus remarquables. Dans les cuvettes ainsi creusées se sont établies les oasis.

Cette manière de voir, nettement indiquée à propos de Baharia, qui est une dépression sans issue, [Beadnell, _Découvertes géologiques récentes dans la vallée du Nil et le désert Libyen_, in VIIIe _Congrès géologique_, Paris, 1900, p. 857] est encore reprise par J. Ball [_Kharga Oasis : its topography and geology_, Cairo, 1900, p. 100 et 101] ; cependant l’existence de galets et de tufs, avec feuilles de _Quercus Ilex_, au fond de la dépression, est donnée comme une preuve que l’érosion fluviale a commencé le travail ; le vent n’a fait qu’agrandir la cuvette ; un peu plus tard, Ball et Beadnell [_Baharia Oasis_, etc., Cairo, 1903, p. 72] reconnaissent qu’un lac a joué un certain rôle dans l’affaire. Enfin Beadnell [_The topography and geology of the Fayum province of Egypt_, Cairo, 1905] donne (fig. 6, p. 67) la carte d’une rivière qui, pendant l’Éocène supérieur et l’Oligocène, aboutissait au Fayoum. Cette rivière passait à Baharia où elle s’épandait en lac. Il semble donc que le gros travail a été fait par l’eau ; le vent se serait chargé de déblayer les matériaux meubles et de parachever la sculpture des falaises. Davis arrive à des conclusions analogues pour les déserts américains [_Bull. Mus. Comp. Zoology_, XXXVIII, 1901, p. 187-192 et XLII, 1903, p. 34].]

[Note 198 : L’âge koufique de cette inscription a, paraît-il, été contesté ; elle serait récente. En tous cas, dès 1860, elle était célèbre au Sahara et déjà considérée comme ancienne. Croit-on qu’en France, un graffiti, tracé à l’ocre, resterait pleinement lisible pendant plus d’un demi-siècle ?]

[Note 199 : Dans les dunes du Sahara où les variations de la température superficielle sont considérables, il suffit de creuser un trou de quelques centimètres pour trouver une température sensiblement constante.]

CHAPITRE VIII

LE COMMERCE

Le commerce transsaharien. — Le commerce saharien. — L’avenir.

=Le commerce transsaharien.= — Il a été de mode, pendant longtemps, de considérer le commerce transsaharien soit comme très riche et assez important pour justifier l’établissement d’un chemin de fer, soit au contraire comme très pauvre et parfaitement négligeable. Les études de ces dernières années permettent, sinon de mettre la question tout à fait au point, du moins de croire que les échanges qui se font par caravanes à travers le désert ont une importance suffisante pour justifier une étude attentive et pour attirer l’attention du commerce français.

Autrefois le trafic saharien était très simple : la traite des noirs en faisait la base ; les plumes d’autruche, l’or[200] étaient l’objet de transactions insignifiantes et déjà Duveyrier savait que la sécurité plus grande que le général Faidherbe avait assurée à la voie du Sénégal, permettait à ces matières riches de s’écouler par Saint-Louis.

La suppression de la traite qui ne subsiste plus guère qu’au sud du Maroc et, beaucoup plus à l’est, entre l’Ouadaï et Ben Ghazi, a depuis une trentaine d’années modifié complètement les conditions du transit saharien.

Au commencement du XIXe siècle, le Niger était fréquenté par les caravanes du Gourara qui fournissaient d’esclaves l’Algérie et le Maroc.

Le Tidikelt commerçait avec l’Aïr et Kano ; le fait que de nombreuses tribus de la région sont bilingues [cf. t. I, p. 307] facilitait singulièrement les relations entre les Arabes du Sud algérien et les Berbères du Soudan. Chaque année, les ksour seuls d’In Salah envoyaient vers Kano une caravane de 500 chameaux portant des étoffes algériennes. Ils ramenaient de 500 à 1000 esclaves qui, payés 25 francs au Soudan, se vendaient 150 à In Salah. Les vieillards du Tidikelt ont conservé le souvenir d’affaires encore plus fructueuses : en 1853, un cheval, acheté 315 francs au Tidikelt, fut échangé à Kano contre 40 négresses. Le voyage complet durait six mois.

A cette époque, le Tidikelt avait de nombreux chameaux ; cependant il devait parfois en louer au Touaregs de l’Ahaggar : le prix était de 20 metkals d’or (125 fr.) jusqu’à Zinder ; c’est encore à peu près le prix actuel[201].

Presque tous les ans, partant du Tafilala ou de l’oued Draa, des rezzou vont encore jusqu’à Taoudenni enlever des esclaves ; ils atteignent parfois le Timetrin ou l’Adr’ar’ des Ifor’as et l’un d’eux a récemment menacé Tombouctou et Bemba. La reconnaissance de l’Iguidi, celles des pistes qui, du Touat, mènent au Djouf et de Taoudenni au Niger[202], permettent d’espérer que ces actes de brigandage déjà peu fructueux deviendront de plus en plus hasardeux et que les pillards, menacés d’avoir leur retraite coupée, renonceront à ces coups de main dont la rémunération ne serait plus suffisante. Il convient cependant de remarquer qu’au voisinage de l’Atlantique les fusils à pierre font place à des armes plus perfectionnées : le rezzou[203] que les Taïtoq de l’Ahnet avaient lancé à la fin de 1906 contre les tribus du Sahel a été presque entièrement détruit par les fusils à tir rapide des Maures, qui, cette année même (1908), nous ont fait éprouver des pertes cruelles.

Il semble par contre que, entre la Tripolitaine et l’Ouadaï[204], l’antique commerce des esclaves a conservé toute son importance : les noirs sont échangés contre des armes et des munitions de guerre, destinées en majeure partie à l’Ouadaï et au Darfour ; si nous n’y veillons, la situation peut devenir dangereuse pour l’Angleterre comme pour nous[205].

Le commerce de Benghazi avec l’Ouadaï[206] et les régions voisines de l’Afrique centrale est en progrès depuis quelques années ; en 1905, les caravanes avaient transporté dans l’Ouadaï 300 charges de chameaux[207], consistant surtout en objets manufacturés d’origine anglaise, en thé et en sucre ; leur valeur était de 218000 francs. En 1906, les statistiques des consuls ont compté 500 charges valant 363000 francs. On a de plus constaté, officiellement, l’arrivée de 8000 fusils et revolvers à Benghazi en 1905, et de 9000, en 1906 ; ces chiffres sont évidemment un minimum, la contrebande de guerre ne se faisant pas habituellement au grand jour. La plupart de ces armes sont dirigées sur l’Afrique centrale. Sur une route différente, une caravane de 200 chameaux, chargée d’armes et de munitions, était passée à Iférouane peu de temps avant mon arrivée dans l’Aïr (sept. 1905). La contre-partie de ces importations est formée surtout par le commerce des esclaves.

Entre ces deux voies extrêmes qui échappent encore, au moins en partie, à notre contrôle, il existe quelques autres pistes.

Celle de Mourzouk au Tchad par Bilma, très pénible, est délaissée depuis quelques années : le pillage du Bornou par Rabah avait appauvri son terminus et les fréquentes attaques des Tebbous et des Ouled Sliman la rendaient trop peu sûre ; elle est si peu fréquentée que le lieutenant Ayasse[208], pour sa reconnaissance du Kaouar, (20 déc. 1904-4 février 1905), n’a pu trouver aucun guide connaissant la piste de N’Guigmi à Bilma. L’occupation de Bilma (1906) rendra à cette route une sécurité suffisante, mais il est douteux que cette occupation puisse être maintenue ; l’absence complète de pâturages dans la région y rend trop onéreux l’entretien d’un peloton de méharistes, la seule arme que l’on puisse utiliser dans le Tiniri.

Les échanges entre le Tidikelt et la région de Tombouctou sont depuis quelques années peu importants.

Ils ont eu cependant leur période de prospérité pendant une vingtaine d’années : vers 1840, la conquête de l’Algérie avait partiellement fermé ce marché au commerce des esclaves. Les caravaniers d’In Salah, renonçant à Kano, se tournèrent alors vers R’adamés et agirent comme simples commanditaires de négociants tripolitains dont ils transportaient les marchandises à Tombouctou : ils touchaient 100 metkals d’or (625 fr.) pour le transport de trois charges de R’adamés au Niger.

La prise de Tombouctou par El Hadj Omar et ses Toucouleurs (1861), l’hostilité des Touaregs obligèrent les habitants du Tidikelt à renoncer à ce commerce ; à cause des facilités de transport par le Sénégal, le chemin de fer de Kayes à Koulikoro et le Niger, facilités qu’accroîtra la ligne bientôt achevée de Thiès à Kayes, il est douteux que la paix française puisse le faire revivre.

Une caravane de 68 chameaux, partie du Tidikelt, a fait une tentative en 1904 ; elle a trouvé le marché de Tombouctou encombré de marchandises venues par le fleuve.

Mabroucka, fondée il y a environ deux siècles par les Arabes d’Araouan, a servi longtemps d’entrepôt aux caravanes de Tombouctou au Touat ; elle a pu avoir une population d’un millier d’habitants. Ce ksar a été détruit et pillé il y a une dizaine d’années et comme il n’a plus de raison d’être, il ne s’est pas relevé de ses ruines. Cauvin[209] qui l’a vu en mai 1907, n’y a trouvé qu’un seul habitant, un vieux marabout qui n’avait jamais voulu le quitter.

Restent les pistes qui, passant par l’Aïr, aboutissent aux États haoussas (Zinder-Kano). Elles ont été récemment étudiées sur place et les notes (Gadel, Dinaux, Métois) dont elles ont été l’objet aboutissent aux mêmes conclusions, qui sont bien d’accord avec les renseignements et les impressions que j’ai pu recueillir dans l’Ahaggar, l’Aïr et à Zinder.

La plupart des caravanes qui aboutissent à Zinder et à Kano partent de Tripoli où elles s’approvisionnent de produits anglais dont Malte est le principal entrepôt[210]. Elles passent ensuite par R’ât où les Turcs tiennent garnison. La neutralisation injustifiée de Djanet, que le capitaine Touchard avait occupé en 1905, nous rendra difficile la surveillance de cette voie qui est importante. Du 1er janvier à la fin d’avril 1904, il est passé à Djadjidouna (Damergou) 700000 francs de marchandises à destination de Kano ; 300000 francs, de Zinder. Cette statistique, arrêtée trop tôt, ne porte à peu près que sur le quart des caravanes qui passent annuellement à Djadjidouna.

Une partie des marchandises (couvertures, burnous, etc.) provenait de Tripolitaine ; les articles européens de qualité médiocre (papiers, cotonnades, sucres, quincailleries, etc.) étaient de fabrication anglaise, allemande ou italienne. La France n’était représentée que par une centaine de francs de bougies [Jean, _Les Touaregs du S.-E._, p. 47-48].

Pendant mon séjour à Iférouane (21 septembre-14 octobre 1905), j’y ai vu passer chaque jour de petites caravanes d’une vingtaine de chameaux. Le commandant Gadel, qui a pu faire, soit à Agadès, soit à Zinder, des observations plus longues et contrôlées par les statistiques des postes, donne les chiffres suivants : les Arabes apportent environ 1300 charges[211] à Zinder et une centaine à Tessaoua ; les articles principaux sont des cotonnades, les allumettes, les bougies, le papier, quelques parfums, etc., le tout de provenance anglaise. De Zinder il part annuellement, vers le nord, 1000 charges de filali[212], 15 d’ivoire et autant de plumes d’autruche ; de Tessaoua, 150 charges de filali.

Les chiffres indiqués sont évidemment faibles ; ils suffiraient à peine à assurer chaque année la charge d’un train de marchandises : un chemin de fer transsaharien ne saurait être envisagé autrement que comme instrument impérial. Malgré son peu d’importance, ce trafic représente largement trois millions sur lesquels les bénéfices sont considérables ; il ne peut que s’accroître : depuis que nous assurons la paix à ces malheureuses régions que ravageaient, il y a quelques années encore, les conquérants noirs (Rabah a été vaincu et tué à Koussri le 22 avril 1900), la population se refait rapidement, les cultures se développent et le commerce ne peut que suivre la même marche.

=Le commerce saharien.= — A côté de ce trafic direct entre la Méditerranée et le Soudan, il existe à l’intérieur du Sahara un commerce assez considérable.

Les Touaregs de l’Ahaggar sont obligés d’acheter au dehors des dattes et des céréales que leur pays ne produit pas en quantité suffisante. Chaque année, à l’automne, ils vont au Tidikelt chercher des dattes qu’ils échangent contre du bétail (chameaux, ânes et chèvres) ; ils achètent en même temps des cotonnades qui leur servent surtout dans leur commerce avec le Soudan. D’autres caravanes, à la même époque, vont dans l’Aïr et le Damergou, parfois jusqu’au Zinder, acheter du mil qu’ils troquent contre le sel d’Amadr’or et les cotonnades du Tidikelt. Ce commerce annuel est le plus important, mais il n’est pas le seul. Presque chaque mois, quelques Arabes du Tidikelt, des Ahl Azzi surtout, passent à l’Ahaggar avec quelques chameaux : la cotonnade est toujours le fond du chargement ; le sucre, un peu de verroterie et de quincaillerie ne sont que des accessoires ; ils échangent d’abord presque toutes leurs marchandises, dans les ar’erem, contre des céréales, puis ils vont de campements en campements vendre leur grain et leur pacotille contre des chèvres qu’ils ramènent à In Salah.

Depuis que les tournées fréquentes des troupes du Tidikelt ont rendu l’argent moins rare à l’Ahaggar, beaucoup de ces Ahl Azzi préfèrent être payés en pièces de cinq francs.

Régulièrement aussi quelques Touaregs, appartenant surtout aux tribus Isak’k’amaren, circulent entre l’Ahaggar, le Tidikelt, R’ât et l’Aïr. Leur commerce porte surtout sur les produits de l’industrie du Soudan : selles de méhari, filali, peaux de bouc, vêtements brodés, et quelques objets de luxe achetés à R’ât.

Enfin quelques caravaniers vont jusqu’à l’Adr’ar’ des Ifor’as, où, en dehors du bétail, ils trouvent du riz du Niger.

Plus au sud, il ne subsiste plus qu’une seule marchandise, le sel, donnant lieu à des transactions importantes. En 1906, la grande caravane du mois de mai, l’azalai, a apporté sur le marché de Tombouctou 48000 barres de sel de Taoudenni (la barre pèse 40 kg.)[213] soit 12000 charges ; ce chiffre n’est qu’un minimum, l’impôt de 10 p. 100 que prélève le fisc sur ce produit rendant la contrebande fructueuse dans un pays dont la surveillance est difficile. De Bilma, l’exportation est peut-être encore plus considérable : d’après Gadel, les Kel Oui dirigeraient 15000 charges de sel sur Zinder, 1500 sur Guidambado et 800 sur Tessaoua ; il y a encore d’autres lignes et de Jonquières évalue à 40000 le nombre des chameaux qui viennent annuellement dans le Kaouar chercher le sel. Pour les Teguiddas et l’Amadr’or, les chiffres font défaut, mais doivent être assez importants.

La contre-partie est fournie par les cotonnades du Soudan, mais surtout par les céréales qui donnent parfois lieu à des transactions très avantageuses : une mesure de beau sel d’Amadr’or s’échange contre 6 ou 7 mesures de mil dans l’Aïr, et jusqu’à 30 ou 40 dans le Damergou suivant Benhazera ; d’après une note manuscrite du sergent Lacombe, un pain de sel de Bilma de 10 kilogrammes vaut sur place 0 fr. 10 et se vend à Zinder de 10 à 12 francs. La barre de sel de Taoudenni vaut 10 à 12 francs à Tombouctou ; sur place, elle est échangée contre 1 franc en riz ou en mil ; cela fait une trentaine de francs de bénéfice par charge.

Cette prédominance du commerce du sel dans les confins sahariens est inquiétante : les nomades ont dû, depuis quelques années, renoncer au commerce des esclaves qui était pour eux une source de gros revenus ; malgré l’infériorité probable de certains noirs, il n’y a évidemment pas lieu de regretter la suppression de ce trafic. Mais le Sahara est à peine remis de la perturbation économique qu’a amenée l’interdiction de la traite. Le commerce du sel est menacé d’une révolution analogue : à mesure que se perfectionnent les voies d’accès au Niger, les articles européens deviennent d’un transport de plus en plus facile ; déjà, de Dakar ou de Saint-Louis, le sel commence à pénétrer jusqu’au grand fleuve ; les noirs hésitent encore un peu à acheter un produit qui ne se présente pas sous l’aspect traditionnel, mais la différence de prix assurera rapidement le triomphe du sel sénégalais et d’ici quelques années, les grandes caravanes de Taoudenni ne seront plus qu’un souvenir.

Il ne faut pas d’ailleurs s’exagérer l’importance de ce ksar ; sur la foi des racontars indigènes, on lui attribuait 2000 habitants. D’après Cauvin [_l. c._, 553], Taoudenni est un village assez misérable, entouré d’un mur d’enceinte rectangulaire (120 m. sur 80 m.) en mauvais état, que ne défendent plus deux canons hors d’usage (Pl. XXXVII, phot. 71, 72) ; il n’y aurait que 150 à 200 habitants, 45 à 50 chefs de cases. Cortier [_La Géographie_, XIV, 1906, p. 327] donne un plan de Taoudenni.

Bou Djebeha (Pl. XXXVI, phot. 69) n’a que 40 cases ; il n’y a aucune culture, malgré 29 puits de profondeur médiocre. Araouan (Pl. XXXVI, phot. 70) paraît plus important (1000 h. ?) Ce serait une très vieille ville, antérieure à Tombouctou[214]. Ces trois ksour ne vivent que du commerce du sel et paraissent appeler à une prompte disparition dont les causes seront purement économiques.

Bilma, à cause de son éloignement, est moins rapidement menacé que Taoudenni, mais perdra cependant une partie de sa clientèle : la région de Tahoua est trop près du Niger pour ne pas lui échapper.

R. CHUDEAU. — Sahara Soudanais. PL. XXXVI.

R. CHUDEAU. — Sahara Soudanais. PL. XXXVII.

R. CHUDEAU. — Sahara Soudanais. PL. XXXVIII.

=L’avenir.= — Évidemment les choses humaines finissent toujours par se tasser, mais la crise sera dure, et toute cause d’appauvrissement de peuplades naturellement turbulentes constitue un danger pour la paix.

Sur les bords du Niger, l’agriculture se développe très rapidement et il faudra encore de longues années pour que tous les terrains exploitables soient mis en valeur ; l’avenir de l’élevage est aussi assuré dans ces régions.

Plus au nord, de même qu’entre le Niger et le Tchad, la situation se présente moins bien ; les cultures de l’Adr’ar’ des Ifor’as, celles de l’Ahaggar et aussi celles de l’Aïr peuvent devenir plus étendues, mais l’extension possible semble assez limitée ; les oasis de l’archipel touatien peuvent, en utilisant mieux leurs foggaras, en améliorant leurs procédés de cultures, en introduisant peut-être quelques plantes nouvelles, accroître légèrement leurs ressources. Il leur est dès maintenant difficile de mettre en valeur de nouvelles surfaces.

Il semble douteux que le Sahara central puisse jamais vivre sans les ressources étrangères qu’il puisait autrefois dans les pillages et dans la location de ses chameaux aux caravanes. Cette seconde ressource est la seule à encourager ; pendant quelques années encore, la voie du désert sera la moins coûteuse pour la région de Zinder et du Tchad, et il est à souhaiter que l’on arrive à détourner vers Gabès ou l’Algérie le trafic qui part actuellement de Malte et de Tripoli.

Ce trafic n’est pas considérable, mais il mérite cependant d’attirer l’attention.

Cette route de la Méditerranée au Centre africain par R’at et l’Aïr est encore assez vivante, et pour détourner une partie de son trafic vers l’Algérie et la Tunisie, le Tidikelt n’aurait qu’à reprendre ses anciennes traditions ; ce n’est que depuis le milieu du siècle dernier qu’il a abandonné cette route aux Azdjer.

L’abandon n’a d’ailleurs jamais été complet, et, chaque année, quelques indigènes du Tidikelt vont encore dans l’Aïr : mais le trafic est insignifiant et il ne passait guère qu’une dizaine de chameaux par an, ces années dernières. Il y avait encore, en 1905, dans le Damergou, à Djadjidouna, un habitant d’In Salah qui leur servait de dépositaire.

Il serait intéressant, maintenant que notre domination assure aux routes de l’Ahaggar une grande sécurité, de chercher à rendre un peu de vie à ces régions. Le regretté Dr Decorse, qui connaissait bien le Soudan, a posé nettement la question et le capitaine Dinaux en a fait une étude précise.

De Tripoli à Iférouane, il y a 1900 kilomètres ; R’at, situé à moitié route, fréquenté par les Azdjer, est un bon centre de ravitaillement où l’on est sûr de trouver des chameaux à louer.

Comme point de départ, Gabès paraît aussi bien situé que Tripoli ; la ligne Gabès, Ouargla, In Salah, fréquentée par les Chaambas et les nomades du Tidikelt, est suffisamment riche en eau, pour des caravanes même importantes ; d’In Salah à l’Aïr, les chameaux des Touaregs de l’Ahaggar pourraient facilement assurer le transport ; il y a malheureusement par cette voie 2500 kilomètres de la Méditerranée à Iférouane et il n’est pas certain que la plus grande sécurité de la route compense suffisamment cette différence de 600 kilomètres. La chose mérite toutefois d’être tentée.

Il est d’ailleurs possible, en évitant le crochet d’In Azaoua, d’abréger un peu ce trajet ; il existe une route directe entre l’Ahaggar et Agadez par Izilek et la plaine de Talak. Izilek, qui a été reconnu récemment par le lieutenant Halphen, est un carrefour important ; une route, venant de Tîn Zaouaten (Adr’ar’ des Ifor’as), y passe et s’y bifurque sur In Azaoua et sur Iférouane. C’est d’ailleurs cette route directe de Tarahaouthaout à Talak que suivent les troupeaux de bœufs qui vont de l’Aïr à l’Ahaggar.

Une expérience intéressante a déjà été faite en avril 1905. Le poste d’Agadez a reçu à cette époque, par l’intermédiaire d’In Salah, du Sud algérien, 180 kilogrammes de marchandises. Le prix du transport d’Europe à la capitale de l’Aïr, a été inférieur à 125 francs les 100 kilogrammes ; d’Agadez à Zinder il faut compter une trentaine de francs en plus. Par la voie du Sénégal et du Niger, le prix du transport de France à Niamey d’un quintal était de 131 francs ; de Niamey à Zinder il reste encore 800 kilomètres de voie de terre, soit une soixantaine de francs.

Malgré les meilleures conditions que les voyages du _Mage_ à Ansongo assurent sur le Niger, il est bien probable que les transports pour Zinder par le Sahara sont un peu moins coûteux que par le Sénégal. Pour l’Aïr et Agadez, l’économie n’est pas douteuse et la voie est plus rapide.

Ces expériences ont d’ailleurs été continuées, et dans le but de chercher à renouer les anciennes relations commerciales avec le Soudan, des facilités avaient été consenties à quelques indigènes du Tidikelt. Les premiers d’entre eux sont rentrés à In Salah en août 1908, très satisfaits de leur voyage.

Tous les caravaniers interrogés à Zinder ou à Agadez, aussi bien qu’au Tidikelt, les commerçants indigènes de R’adamés comme ceux du Sud tunisien et les Européens, déjà assez nombreux, qui connaissent le pays sont d’accord sur un point important : seuls les méharistes français peuvent actuellement assurer au Sahara et aux voies caravanières une sécurité satisfaisante ; tous les nomades préfèrent circuler, avec leurs marchandises, en territoires français. Les Tadjakant de Taoudenni ont déjà demandé que l’action de nos colonnes soit plus énergique dans le Sahara occidental.

Cette unanimité s’est déjà traduite par des faits ; depuis quelque temps, il est arrivé chaque mois à Gabès pour 30000 ou 40000 francs de marchandises soudanaises, consistant surtout en peaux de filali, fort prisées en Afrique mineure, et en plumes d’autruches et ivoire qui intéressent le commerce européen. C’est là un symptôme de bon augure pour l’avenir de Gabès : les marchandises qui transitent par l’Aïr représentent annuellement 5 ou 6 millions, chiffre négligeable peut-être pour l’ensemble du commerce de la Tunisie, mais à coup sûr intéressant pour le port du sud de la Régence.

Il y a malheureusement encore un point noir ; les caravaniers ont trouvé à Gabès à peu près tous les produits européens dont ils avaient besoin et le plus souvent de marques françaises ; ils ont été moins heureux comme vendeurs. Ils ont eu quelque peine à écouler les produits du Soudan ; il ne semble pas que cette difficulté soit insoluble et l’on peut espérer que quelques Tunisiens, colons ou indigènes, au besoin même, quelques Français de la métropole, feront preuve d’une initiative égale à celle des nomades sahariens.

Il semble bien que la chose en vaille la peine ; les négociants anglais de Tripoli ont jugé ce commerce assez important pour organiser des transports maritimes directs de Tripoli à Lagos ; des entraves douanières cherchaient en même temps à restreindre les transports par le Sahara, au profit des cargo-boats.

Malgré tout, l’avenir du commerce saharien est extrêmement grêle ; dès maintenant on peut affirmer que les caravanes entre la Méditerranée et le bassin du Niger sont mortes ; l’achèvement de la ligne de Thiès à Kayes, en assurant en toutes saisons les transports entre l’Europe et le grand fleuve du Soudan, rendra toute tentative de résurrection impossible. Taoudenni n’a plus que quelques années à vivre, et les villages commerciaux qui, comme Araouan ou Bou Djebiha, ne sont que des relais sur la route de Tombouctou aux salines, subiront le même sort. Un projet de voie ferrée, d’Algérie au Niger, ne mérite même plus d’être discuté.

Les seules voies caravanières qui aient quelque chance de durée, et peut-être même d’accroissement, sont celles qui aboutissent aux régions de Zinder et du Tchad. Elles font actuellement environ 5 ou 6 millions d’affaires ; ce n’est pas un chiffre colossal, et il ne semble pas que son accroissement puisse jamais devenir bien considérable ; les chemins de fer qui, du fond du golfe de Guinée, pénètrent de plus en plus dans les États haoussas leur feront une concurrence sévère.

Du Niger vers le Tchad, les transports se font à dos de chameaux ou à dos de bœufs ; déjà cependant, jusqu’à Matankari, on a pu employer des voitures et malgré le poids trop considérable des modèles officiels, ce mode de transport s’est montré moins coûteux. La traversée de l’Adr’ar’ de Tahoua arrête les charrettes ; il y aurait quelques travaux, assez sérieux, à faire pour permettre à des voitures de franchir les falaises des dallols ; mais depuis Guidambado jusqu’au Tchad et jusqu’au Kanem, sur plus de 800 kilomètres, la plaine est carrossable. Les animaux de trait ne manquent pas ; si les chevaux sont peu nombreux encore et un peu faibles, les chameaux et les bœufs abondent et l’expérience a montré qu’il était facile de les atteler.

Il semble donc que la concurrence des chemins de fer venant du sud, celle des charrois venant du Niger restreindront de plus eu plus le domaine, déjà limité, qui reste aux caravanes. L’Aïr avec 20000 habitants, Bilma avec 3000, l’Ahaggar avec 6000, échapperont longtemps encore aux autres modes de transport, mais cela est misérable. Quant au reste du Sahara, il est vide et sans avenir.

Quant à un chemin de fer transsaharien aboutissant aux États haoussas ou bornouans, son utilité économique paraît bien douteuse, à moins, peut-être, que l’on n’y voit qu’un premier tronçon d’un transafricain, entrant en lutte avec la voie du Cap au Caire qui est probablement un peu trop excentrique. Un projet aussi gigantesque pourra être intéressant dans un avenir lointain.

[Note 200 : L’extraction de l’or est plus active dans l’Afrique occidentale française que ne l’indiquent les statistiques ; une partie de ce produit, facile à dissimuler, sort en contrebande.]

[Note 201 : Flye Sainte-Marie, _Bull. Soc. Géogr. d’Oran_, XXIV, 1904. — Ct Gadel, Notes sur l’Aïr, in _Bull. de la Soc. de Géog. de l’A. O. F._, p. 28-52, Dakar, 1907. — Cne Dinaux, Rapport de tournée. _Renseignements coloniaux et documents publiés par le Comité de l’Afrique française_, XVII, p. 65-69, 1907. — Cne Métois, Aïn-Salah et ses dépendances, in _Annales de Géographie_, 15 juillet 1907.]

[Note 202 : Flye Sainte-Marie, _Bull. Afrique française, Renseignements coloniaux et documents_, XV, 1905, p. 381-406. — Laperrine, _id._, XVII, p. 77-90. — Cortier, _La Géographie_, XIV, 15 déc. 1906. — Nieger, _La Géographie_, XVI, déc. 1907.]

[Note 203 : Ce rezzou, qui s’est heurté à un fort parti de Reguibat à 23 jours à l’ouest de Tombouctou, est un bel exemple, malgré sa fin malheureuse, de ce que peut donner une troupe de méharistes professionnels. On en trouvera le détail dans Dinaux [_Renseignements publiés par le Comité de l’Afrique française_, avril 1908, p. 108] et Cortier [_D’une rive..._, 1908, p. 112].]

[Note 204 : Mangin, _La Géographie_, XV, 1907 ; — _La Dépêche Coloniale_, 8 avril 1907.]

[Note 205 : Les engagements importants qui ont eu lieu ces derniers mois à l’Ouadaï, permettent d’espérer que cette irritante question sera bientôt liquidée (_Bull. du Comité de l’Afrique française_, nov. 1908, p. 380).]

[Note 206 : Rabot, _La Géographie_, XVI, 1908, p. 407.]

[Note 207 : La charge est de 150 kg. environ.]

[Note 208 : Ayasse, _Revue des troupes coloniales_, juin 1907, p. 553.]

[Note 209 : Cauvin, _Bull. Soc. Géogr. Comm._, XXX, 1908, p. 567.]

[Note 210 : Les cotonnades européennes sont connues au Sahara sous le nom de _malti_.]

[Note 211 : Ce nombre de charges est un minimum ; quelques-unes vont directement à Tahoua ; quelques autres, peut-être assez nombreuses, passent en contrebande.]

[Note 212 : Le filali est une peau de mouton teinte en rouge Bordeaux par les fruits d’_Acacia arabica_ ; l’industrie européenne n’arrive pas encore à produire cet article.]

[Note 213 : Cauvin, _Journal officiel du Haut-Sénégal et Niger_, 1er mai 1907, _Bull. Soc. Géogr. Com._, XXX, sept., 1908,p. 555.]

[Note 214 : Pichon, qui a visité Araouan et Bou Djebeha dès 1900, signale l’abondance des pâturages à Bou Djebeha qui aurait été fondé il y a cinquante ans. Quant à Araouan, ce n’est qu’un relai de caravanes ; ses nombreux puits (une centaine) donnent une eau très médiocre ; les pâturages manquent autour du ksar qui, d’après Pichon, n’aurait que deux siècles d’existence.]

APPENDICES

APPENDICE I

LA CARTOGRAPHIE DU SAHARA

Les cartes que l’on peut établir du Sahara ont encore un caractère provisoire. Les observations astronomiques sont encore clairsemées, surtout dans le Sahara soudanais : du nord au sud, elles forment trois bandes principales. Du Tidikelt et du Touat au Niger, on possède de bonnes séries de position dues à Villate [_La Géographie_, XII, 1905, p. 229, et XIII, 1906, p. 446], E.-F. Gautier [cf. t. I, p. 339], Cortier [_D’une rive à l’autre du Sahara_, p. 399] et Nieger [_La Géographie_, XVI, 1907, p. 364]. La route de la Méditerranée vers Zinder, par l’Aïr, a été repérée avec soin par Foureau [_Doc. Sc._, p. 45, 65]. Entre le Tchad, Bilma et la Tripolitaine, nous avons les observations de Monteil [_De Saint-Louis à Tripoli par le Tchad_]. De l’ouest à l’est, le cours du Niger a été relevé méthodiquement par diverses missions hydrographiques (Hourst, Mazeran, Le Blévec).

Entre le Niger et le Tchad, plusieurs commissions de délimitation [Moll, Tilho ; _La Géographie_, XIII, 1906, p. 214] ont fixé la position des principaux points.

Il subsiste cependant quelques divergences inadmissibles ; la longitude de Gao est 2°,5′ W. d’après Hourst et 2°,27′,33″ d’après Cortier : une erreur matérielle peut seule expliquer une semblable divergence.

Malgré ces quelques incertitudes, on peut considérer que, dans l’ensemble, assez de points sont déterminés avec précision pour que les itinéraires qui viennent s’y appuyer soient valables. Le réseau de ces itinéraires est à mailles encore larges, mais qui se resserrent rapidement.

L’hypsométrie est encore bien indécise. Elle repose sur des observations d’anéroïdes, plus rarement d’hypsomètres.

Les observations de Foureau [_l. c._, p. 157], dont le calcul a été fait par Angot, laissent une incertitude de ± 30 mètres [p. 97]. Les itinéraires de Voinot contiennent de nombreuses indications d’altitude qui peuvent inspirer une certaine confiance.

Dans l’esquisse hypsométrique, les courbes de 500 mètres et de 1000 mètres sont probablement à peu près exactes ; celle de 200 mètres est beaucoup plus douteuse.

La très grande activité déployée en ces dernières années par les officiers du Soudan et par ceux des Oasis est la cause des divergences, parfois notables, qui existent entre les deux cartes que l’on trouvera à la fin de ce volume.

L’esquisse hypsométrique a été établie à la fin de 1907 ; l’esquisse géologique à la fin de 1908. Dans l’intervalle, de nombreux itinéraires ont été levés ou sont parvenus en Europe. Ces données nouvelles ont permis à Cortier de dresser au 1000000e une carte du Sahara méridional. Cette carte est encore inédite ; on en trouvera une réduction dans l’_Année Cartographique_ [18me année, 1908] au 5000000e. Grâce à l’obligeance de Cortier et du Service Géographique du Ministère des Colonies, j’ai pu profiter largement de ce travail pour le dessin de l’esquisse géologique qui, j’espère, donnera, au point de vue hydrographique surtout, des renseignements exacts : entre Gao et l’Aïr surtout, il a fallu modifier profondément le tracé des cours d’eau.

Pour placer les teintes géologiques, j’ai dû recourir à des indications de valeur très inégale. Les itinéraires de Gautier et les miens m’ont naturellement servi de base ; les profils géologiques de la planche hors texte indiqueront suffisamment quelles routes nous avons suivies. J’ai puisé de nombreux renseignements dans Foureau [_Doc. Sc._, p. 576-696 et Pl. XI] qui, de Tir’ammar à Zinder, a saisi en gros le 6° Long. E. et de Zinder au Tchad, le 14° de Lat. N. — Mussel [_Rens. Col. publiés par le Comité Afr. Fr._, juin 1907] a fait le tour du tanezrouft d’Ouallen (In Zize, Guernen, Sounfat, Achourat, Taoudenni, Tin Haïa, Touat). Son travail m’a été d’autant plus utile que j’avais eu le plaisir de l’avoir pour compagnon de route dans l’Ahnet et que nous avions ainsi des points de comparaison communs.

Pour la région du Tchad, je dois beaucoup à Freydenberg et à Courtet qui, outre les renseignements que j’ai puisés dans leurs ouvrages, m’ont fourni de nombreuses indications verbales. J’ai emprunté à Hubert les tracés de l’Atacora et du plateau du Gourma.

A ces différents renseignements, qui ont permis de tracer un réseau à très larges mailles, sont venus s’ajouter ceux que l’on peut déduire des échantillons parvenus en Europe. Thévenin [_Les fossiles de l’Afrique Centrale_, _Revue Coloniale_, 1905, p. 655-667] et Lacroix [_Résultats minéralogiques_, etc., _id._, p. 129-139 et 205-223] ont résumé ce qui était connu il y a trois ans ; depuis les envois ont continué et j’ai pu, je crois, avoir connaissance de tout ce qui est arrivé du Soudan à l’École des Mines, au Muséum ou à la Sorbonne. J’en ai donné le détail dans le texte et les gîtes fossilifères ont été indiqués sur la carte.

Il aurait évidemment été prudent de ne mettre de couleur que le long des itinéraires et aux points d’où provenaient les fossiles. J’ai pensé toutefois que les rapports d’itinéraires, parfois même les renseignements indigènes, pouvaient permettre d’étendre les teintes de façon à donner une carte plus parlante et mettant mieux en évidence certains ensembles qui paraissent vraiment homogènes. Il sera facile, d’après ce qui vient d’être dit, de faire la part des faits positifs et des indications douteuses.

La question de l’orthographe des noms géographiques est partout difficile ; au Sahara et au Soudan, elle semble insoluble. Les Touaregs ont bien une écriture, mais la langue est mal fixée et chacun écrit à sa fantaisie [Motylinski, _Dictionnaire_, p. 7]. Pour les langues du Soudan, il faut se fier à l’oreille et l’on sait quelles erreurs on commet ainsi. Quelques Haoussas et quelques Bornouans se servent de l’alphabet arabe, mais ils sont peu nombreux et ont de plus modifié la valeur de certaines lettres.

J’ai essayé, dans le texte, d’écrire toujours de la même façon les mêmes noms, en adoptant autant que possible l’orthographe de Motylinski, ou celle de Cortier, qui a pu être guidé par de Foucauld dans cette tâche difficile. On trouvera quelques divergences entre le texte et les cartes ; aucune d’entre elles n’est assez marquée pour rendre le nom méconnaissable.

APPENDICE II

NOTES COMPLÉMENTAIRES SE RAPPORTANT AU TOME II, « SAHARA SOUDANAIS »

I

P. 213. — D’après R. Arnaud [_Précis de politique musulmane_, Alger, 1906, p. 88], en Mauritanie, le pouvoir serait détenu chez les hassanes (guerriers) par un cheick héréditaire, assisté d’une djmaa (conseil des notables) ; une des plus nobles familles a la garde héréditaire du tambour de guerre. Les notes inédites de Paul Blanchet et de A. Dereims montrent que ceci n’est pas général : chez certaines tribus, dans tout l’Adr’ar’ Tmar, tout au moins, le chef est, comme chez les Touaregs, élu par les notables qui doivent seulement le choisir dans une famille déterminée.

II

P. 228. — Voici, copiés sur le carnet de Dereims, les renseignements relatifs à ces ruines, renseignements donnés par Amar, vieux serviteur de Bou El Mogdad,

« A une distance de Oualata égale à celle de Jaïrinié[215] à Amzeggag (?), il y a deux villes en ruines ; elles sont bâties en pierres blanches, avec sculptures de grande taille. Autour de ces villes, il y a des tumuli que les fils d’Adam viennent visiter. — Il y aurait en cet endroit du sable blanc, du sable noir et du sable rouge que l’on tirerait de puits différents. »

[Note 215 : Jaïrinié est sur le littoral de Mauritanie, vers 17°,40′ Lat. N. Amzeggag n’est porté sur aucune carte, mais, d’après les indications complémentaires de A. Dereims, il s’agit d’une très courte distance.]

APPENDICE III

NOUVELLES NOTES COMPLÉMENTAIRES SE RAPPORTANT AU TOME I, « SAHARA ALGÉRIEN ».

I

P. 160. — A propos du « Sultan noir » qui aurait pris Béchar au XIIe s., M. Basset me communique une intéressante rectification : « Le Sultan noir est un héros légendaire qu’on personnifie tantôt dans un Almohade, tantôt dans un Mérinide, tantôt dans un Chérif. Ici ce serait Mouley ed Dehebi, qui n’a pu prendre Béchar au XIIe siècle puisqu’il vivait à la fin du XVIe. » Pour plus de détails voir : R. Basset, _Nédromah et les Traras_, 1901, appendice IV.

Nous saisissons sur le fait, une fois de plus, l’extrême incertitude des souvenirs indigènes.

II

P. 163. — A propos du mot _ar’rem_, M. Basset me fait observer qu’il est d’un usage courant dans le M’zab et à Ouargla, avec le sens de _ksar_. Il n’y a même qu’un synonyme, le mot _taourirt_, qui correspond d’ailleurs à une nuance peu différente de sens (_Kalaa_, ksar juché sur une éminence).

III

P. 164. — Au sujet de Sidi Beyazid el Bistami (alias de la ville de Bezdama), M. Basset, professeur d’arabe à l’école des Lettres d’Alger, me communique les observations suivantes :

Sur Beyazid el Bistami, on trouvera des renseignements détaillés dans :

_Tadhkirat u’l Awliyá_ (commémoration des Saints), texte persan publié par Nicholson. T. I, Londres, 1905, in-8o, p. 134-179 ;

_Djami, Nefahat el Ous_ (notice par de Sacy, Notices et Extraits des manuscrits de la Bibliothèque du Roi, t. XII, Paris, 1831, p. 404) ;

_Nicholson, an historical inquiry concerning the origine and developments of Sufism_ (Journal of the Royal Asiatic Society, 1906, 2e trimestre).

Beyazid a vécu au IIIe siècle de l’hégire en Orient ; il n’est jamais venu au Maghreb. Il faut noter, d’autre part, que Ibn Khaldoun ne prononce pas son nom à propos des Beni Goumi, dont il parle longuement.

Il est donc évident que les Beni Goumi, se plaçant sous l’invocation de ce saint, ont voulu se rattacher à lui par une légende inventée de toutes pièces. Et il est probable que les origines de cette légende remontent aux environs du XVIe siècle, à l’époque des prédications maraboutiques.

E. F. G.

IV

P. 262-264. — Fr. Coello [Conocimientos que se tenian del Sahara occidental antes de la expedicion (de Cervera et de Quiroga), _Rev. de Geografia comercial_, 15 déc. 1886, p. 70] a indiqué que l’influence des Maures chassés d’Espagne s’était fait sentir jusqu’à Chinguetti, où les études littéraires étaient encore en grand honneur. Les traditions recueillies en 1900 par Paul Blanchet et A. Dereims pendant leur séjour à Atar confirment pleinement l’indication de Coello. Beaucoup d’habitants de Chinguetti conservent encore la clef de la maison que leurs ancêtres possédaient à Grenade ; ils sont en état de fournir des détails sur les principaux monuments et la topographie de la ville qu’ils ont perdue.

Blanchet, qui savait bien l’arabe, avait été frappé de la pureté de la langue qu’emploient les Maures des bonnes familles d’Atar.

R. CHUDEAU.

INDEX DES TOMES I ET II * * * * *

Les chiffres romains renvoient au tome (I : _Sahara algérien_ ; II : _Sahara soudanais_).

A

Abalessa, I, 73 ; — II, 6, 32, 38, 40, 42, 44.

Abankor, I, 16, 310.

Abedj (bracelet de pierre), I, 133.

Aberaghetgan, II, 32, 38.

Aberras (djebel), I, 25, 283, 342.

Abouila, II, 167.

Abrik, II, 63.

Acacia, II, 184.

Açedjerad, I, 3, 25, 289, 293, 297, 319, 321.

Achaouadden, II, 80, 113.

Acheb, I, 200 ; — II, 151, 163.

Achegrad (Cf. Açedjerad), I, 350.

Achourat, II, 22, 27.

Adafar, II, 5.

Adaptations, II, 163.

Ad’ar’ (Adr’ar’), II, 47.

Adax, II, 201.

Adéras, II, 183.

Adesnou, II, 58.

Adjar, II, 181.

Adjellela, II, 32, 262.

Adjennar (oued), II, 261.

Adjerazraz, I, 292

Adjouz, II, 48, 85, 92.

Admar, II, 34.

Adoukrouz, I, 291, 314, 326.

Adoux, II, 184.

Adr’ar’, II, 34.

Adr’ar’ Ahnet, I, 10, 291, 310, 319, 321, 325, Pl. XLIX, L, LI ; — II, 258.

Adr’ar’ Doutchi (Tahoua), II, 107.

Adr’ar’ des Ifor’as, II, 19, 21, 132.

Adr’ar’ Haggar’en, II, 261.

Adr’ar’ Nahlet, II, 259.

Adr’ar’ Ouan R’elachem, II, 261.

Adrem (oued), I, 47, 326.

Aérolithe, I, 253.

Aetheria, II, 196.

Agahlélé, II, 36.

Afernane, II, 190.

Affassez, II, 25.

Aflissès, I, 28 ; — II, 6.

Afoud Dag Rali, I, 286, 312.

Aftoutt, II, 249.

Agadez, II, 59, 64, 69, 81, 128, 178, 221.

Agalac, II, 59, 68.

Agames, II, 197.

Agdal, I, 213.

Aggatane, II, 59.

Aglagal (oued), I, 27, 277, Pl. XLIII.

Agorgott, II, 279.

Agoua, II, 190.

Agram, II, 39, 119.

Aguadem, II, 265.

Aguellal, II, 23, 57, 66.

Aguelman (r’dir, guelta), I, 311.

Aguelman Tamana, I, 106.

Aguelman Taguerguera, I, Pl. VI.

Ahaggar, II, 19, 129, 145, 157, 212, 293.

Ahl Azzi, I, 307.

Ahnet, I, 3, 293, 321, 322 ; — II, 4.

Aïn, I, 13.

Aïn Chebbi, I, 282.

Aïn Cheikh, I, 227, 229, 280, 281, 282, 301.

Aïn Dhob, I, 198.

Aïn Kahla, I, 285, 301.

Aïn Memnouna, I, 98.

Aïn Sefra, I, 62, 121.

Aïn Tadjemout, I, 313, 320.

Aïn Tarlift, I, 279, 280.

Aïn Tezzaï, I, 341.

Aïr, I, 115 ; — II, 20, 21, 56, 81, 133, 263.

Aït el Kha, I, 292, 312, 314, 326, 342.

Aïtoklan, II, 29, 40.

Akabli, I, 25, 304, 330.

Akara, II, 263.

Akelamellen, II, 59.

Akkra, II, 14.

Alakhos, II, 81, 90, 116, 149.

Alar’sess, II, 65, 76, 81, 87, 178.

Alberkaram, II, 90, 110, 266.

Alcool, II, 149.

Aleg, II, 224.

Alenda, II, 160.

Alios, II, 273.

Alpes sahariennes, II, 56.

Aluminium, II, 278.

Alun d’Aïn Chebbi, I, 329.

Alunifères (schistes), I, 283.

Amadr’or, II, 34, 257, 297.

Amanga, II, 234.

Ambadj, II, 148.

Amdja (oued), I, 326 ; — II, 5, 21.

Ammès, I, 30.

Amenokal, II, 212.

Amguid, II, 35.

Amonkay Ouroua, II, 110.

Amr’ar, II, 213.

Anabasis aretioides, I, 155, 200.

Anahef, II, 5, 28, 34.

Âne, I, 317 ; — II, 204.

Anémophiles, II, 169.

Angola, II, 89, 102.

Ansongo, II, 12, 75, 98, 226, 229.

Antar, I, 146, Pl. XX.

Antilope, I, 95.

Antilope adax, I, 6. Pl. XXXIV.

Antilope mohor, I, 317.

Aouari (Haci el), I, 62.

Aoudéras, II, 56, 57, 58, 59, 62, 65, 263.

Aouguerout, I, 227, 245, 246 ; — II, 87.

Aoulef, I, 279, 302, 306.

Aourarène, II, 59.

Apus, II, 195.

Ara, II, 283.

Arak, I, Pl. XLV.

Araouan, II, 23, 135, 246, 298.

Ararebba, II, 53.

Ardjem (pluriel de redjem), I, 61.

Ar’érem, II, 39.

Argent monnayé, I, 274.

Argiles gypseuses, I, 232.

Arib, I, 35.

Arigan, II, 32.

Arouellé, II, 239.

Asabai, II, 157.

Asabay, II, 189.

Asben, II, 56.

Asclépiadées, II, 188.

Assaouas, II, 62, 76, 221, 264, 277.

Asséchement graduel du pays, I, 40.

Asselar’, II, 85.

Assiou, II, 8.

Assodé, II, 56, 66.

Atacora, II, 14.

Atakor, II, 29.

Atar, II, 10.

Atchan (erg), I, 30, 45, 51, 183, 198.

Atil, II, 181.

Aussert, II, 268.

Autruche, II, 65, 199, 292, 296.

Az’ aoua, II, 187.

Azaoua, II, 109.

Azaouad, I 328 ; — II, 109, 224, 225.

Azaouak, II, 63, 64, 68, 73, 97, 109, 221.

Azas (Dazas), II, 218.

Azdjer, II, 28, 212.

Azelmati, I, 26 ; — II, 21, 22, 36.

Azenazen, II, 22.

Azigui, II, 92.

Azzaz (djebel), I, 301, 319.

B

Baba Ahmed, I, 279, 288.

Badjouda, I, 307.

Bagarua. Cf. Acacia.

Baghazam, II, 59, 62, 67, 221.

Baharia, II, 286.

Bahr El Ghazal, II, 233, 237.

Bai, II, 52.

Bakoy, II, 13.

Balanites, I, 315 ; — II, 183.

Balsamodendron, II, 183.

Bambara, I, 259, 260.

Bammako, II, 101.

Bandiagara, II, 15, 101, 232.

Baobab, II, 182.

Barbeau, I, 40, 250, 319.

Barkanes, II, 247.

Barmata, I, 36, 38, 256, 260, 264.

Baro, II, 233.

Barques de Tamentit, I, 39.

Barrebi, I, 94, 344.

Bassila, II, 13.

Baten ou Kreb, I, 9, Pl. II.

Baten Ahnet (Adr’ar’ Ahnet), I, 295, 314, 321, Pl. XLIV.

Batha, II, 233.

Bauhinia, II, 185.

Bauxite, II, 270.

Bazina, I, 61, 71.

Bdellium. Cf. Mounas.

Béchar, I, 147, Pl. XXI, XXII, XXIII.

Béchar (ksar), I, 160.

Béchar (oasis), I, 159.

Béchar (palmeraies), I, 160.

Bechna, II, 171, 180.

Béduaram, II, 265.

Bekati El Bess, II, 8.

Belbel, I, 314.

Bélédougou, II, 101.

Belia, II, 12.

Bélier ou bouc, coiffé d’un sphéroïde, I, 89.

Bellah, II, 71.

Bel Rezaïm, I, 286.

Bemba, II, 85, 92, 97, 249.

Ben Ghazi, II, 292.

Beni Abbès, I, 29, 33, 184, 186, 194, 201, 208, 210, 342.

Beni Goumi, I, 161, 248.

Beni Goumi (carte), I, 165.

Beni Hassen, I, 202, 212.

Beni Ikhlef, I, 181, 200, 212.

Beni Ounif, I, 62, 149, 150, 176.

Bénoué, II, 240.

Ben Zireg, I, 62.

Beraber, I, 205, 246, 273.

Berbères, I, 63, 246, 248, 323 ; — II, 215.

Béréré, II, 88.

Béri-Béri, II, 116.

Beurkot, II, 25.

Bezazil Kelba, I, Pl. XXIV.

Bidei, II, 4.

Bilakora, II, 115.

Bilat, II, 59.

Bilma, II, 9, 24, 73, 75, 81, 87, 91, 118, 233, 282, 294, 297.

Bir, I, 13.

Bir Deheb, I, 37.

Bitis, II, 198.

Bizerte, II, 123.

Blé, II, 118, 175, 178.

Bled el Mass, I, 25, 258, 283. Pl. XLIX.

Bodelé, II, 233, 244.

Bœuf, II, 26, 44, 51, 72, 106, 203, 204.

Bœuf porteur, I, 136.

Bœuf zébus, I, 108, 318.

Boguent, II, 250.

Bois silicifiés, I, 233, 278 ; — II, 97.

Borkou, II, 234, 238, 240.

Bornou, II, 237, 294.

Bornouans, II, 116.

Bornoyazu, II, 82.

Bossia, II, 101, 182.

Bosso, II, 63, 85, 222, 231.

Bota (oued), I, 25, 47, 309 ; — II, 21, 247.

Bouar, II, 17.

Bouc casqué, I, 92.

Boucerozia, II, 166.

Bouda, I, 24, 28, 33, 250.

Bou Djeheba, II, 298.

Boudoumas, II, 120, 238.

Bou-Kaïs, I, 145.

Bou-Kaïs (faille), I, 148.

Boulakendo, II, 218.

Boulloum, II, 81, 218, 245.

Boultoum, II, 115.

Bour, II, 191.

Boura (haci), I, 22, 24, 34.

Bou-rékouba, I, 314.

Bourem, II, 97.

Bourgoumouten, II, 283.

Boutoutou, II, 96.

Bou Yala, I, 62, 147.

Bouza, II, 94, 96, 97.

Bouzou, II, 71.

Bracelet de pierre (abedj), I, 133.

Brinken, I, 27, 246 ; — II, 128.

Brouillard, II, 137.

Broulkoung, II, 239.

Brousse à mimosées, II, 147, 153.

Brume, II, 136.

Brumes sèches, I, 42.

Bubalus antiquus, I, 89, 94, 117.

Bubalus antiquus bâté, I, 94.

Burgu, II, 148, 175.

C

Calcaires, II, 257.

Calédoniens (plissements), I, 290.

Calendrier Julien, I, 254.

Calotropis (Korounka Tourha), II, 188.

Cameroun, II, 99, 103.

Canaris, II, 172.

Canyon, I, 298, 313.

Cap Blanc, II, 10, 135, 247.

Cap Rouge, II, 101.

Câprier, II, 157, 160.

Caravane, I, 273.

Caravanes libres, I, 274.

Carbonifère, I, 224.

Carbonifères (fossiles), I, 287.

Carboniférien, I, 229, 280.

Cardium edule, I, 39, 234, 289, 360.

Carotte, II, 65.

Case, II, 217.

Cassia (Séné), II, 157, 169, 186.

Cavalier numide, I, 98, 109, 118.

Cavernes, II, 17.

Cénomanien, I, 143, 232, 277, Pl. XXIV.

Cercles de sacrifices, I, 83, Pl. XIV.

Céréales, I, 272, 275.

Chaab, I, 26.

Chache, II, 22.

Chameau, I, 318 ; — II, 106, 205, 293.

Chameau rupestre, I, 106.

Champignons, II, 169, 173.

Chari, II, 15, 83, 232.

Charouin, I, 29, 50, 51, 221, 222, 226, 246.

Chasse au mouflon, I, Pl. XVI.

Chauve-souris, II, 115.

Chebbi, I, 25.

Chebka, I, 9, Pl. II.

Chehed, I, 64, Pl. XIII.

Cheval, II, 106, 204.

Chèvre, I, 318 ; — II, 106, 203.

Chinguetti, II, 10.

Chirmalek, II, 82, 171, 245.

Chittati, II, 82, 232, 244.

Chotts, I, 11; — II, 169.

Chouchet, I, 61, 71.

Cimetière, I, Pl. XIII.

Cimetières d’Es Souk et de Kidal, I, 79.

Cipolins, II, 257.

Citronniers, II, 67.

Cocotier, II, 145.

Coff, I, 269.

Colomb-Béchar, I, 62, 143, 175 ; — II, 112.

Colomb-Béchar (étangs), I, 159.

Commerce, II, 292.

Commerce intérieur, I, 273.

Conifères, II, 142, 158.

Corneille à plastron, II, 198.

Côte d’Ivoire, II, 13.

Coton, II, 107, 150, 173, 176, 178.

Coudia, II, 29, 35, 129, 158, 161, 263.

Cristallophyllien, II, 15.

Crocodile, I, 319.

Crues, I, 192.

Cuivre, I, 152 ; — II, 257.

Cuivre (mine de), I, Pl. XXXI.

Culture, II, 170.

Cultures irriguées, II, 174.

Cuvettes fermées, I, 58.

D

Dagana, II, 171.

Daganou-Mazammi, II, 111.

Dahnoun, II, 178.

Dahomey, II, 13, 231.

Dakar, II, 268.

Dakoa, II, 12.

Dalguian, II, 81, 218, 245.

Dallacori, II, 115.

Dallols, II, 221, 253.

Damangara, II, 111.

Damergou, II, 75, 80, 81, 87, 88, 112, 144.

Dan Beda, II, 266.

Danmeli, II, 88, 112.

Daouna, II, 149, 174, 228.

Daoura, I, 31 ; — II, 220.

Darfour, II, 294.

Datte, I, 169, 256, 271.

Dattier, II, 178, 191.

Daya ou Maader, I, Pl. V ; — II, 156.

Debenat, II, 32.

Débo, II, 101, 149.

Décalcification, II, 274.

Défense contre les animaux, II, 170.

Demagherim, II, 110.

Démographie, I, 304.

Désert, II, 147, 155, 159, 208.

Desquamation, II, 290.

Dessins, II, 287.

Dévonien, I, 281.

Dévonien supérieur, I, 186, 223, 286.

Dévonien moyen, I, 222.

Dévonien inférieur, I, 181, 222.

Dévoniennes (couches gréseuses), I, Pl. XXIX.

Dhamrane, I, 314.

Dhomran, I, 200.

Diaclases récentes, I, 189, 296, 298.

Dibbela, II, 233.

Dini, II, 239.

Dinguiraye, II, 13.

Dinkim, II, 99.

Diss, II, 161, 180.

Djadjidouna, II, 88, 112, 295.

Djanet, II, 295.

Djar’et (oued), I, 21, 26, 299, 309.

Djemaa, I, 268.

Djerma, II, 99, 108.

Djoghraf, I, 320.

Djouf, I, 17, 24, 26, 55 ; — II, 224, 226, 228, 231.

Djourab, II, 233, 238.

Dogon Doutchi, II, 99.

Dolmens, I, 60.

Dori, II, 17, 101.

Doro, II, 12, 230.

Doui Menia, I, 168, 170, 205, 213.

Doui Menia (tentes), I, Pl. XXVIII.

Doum, II, 181, 190.

Draa (oued), II, 293.

Drinn, I, 314; — II, 160, 178.

Dune d’Aïn Sefra, I, 50.

Dune envahissant les oasis, I, 255, 303.

Dunes, I, 41, 250 ; — II, 76, 160.

Dunes parlantes, I, 53.

Dune vis-à-vis de la chaleur solaire, I, 52.

E

Ech Chech, I, 31.

Édaphiques (déserts), II, 154.

Ed Denader, II, 229, 329.

Edjelé, II, 33.

Edjéré, II, 33, 261.

Edjéré. Cf. Scarabées.

Eglab, I, 32, 37 ; — II, 128.

Egueï, II, 233, 239, 244.

Ekelfi, II, 146.

El Adjou, II, 85.

El Ahmar, I, 29.

El Biar, II, 12, 86.

El Djenoun, II, 32.

El Eglab, II, 3, 11.

Éléphant (rupestre), I, 94, 108, 117.

El Euzzi, I, 38, 257.

Élevage, II, 176.

El Goléa, I, 220, 277.

El Hadj Guelman, I, 226.

El Haricha, II, 11, 86.

El Houz, II, 85.

Elias, II, 262.

El Khenachiche, II, 11, 86, 226.

El Kheneg, I, 312 ; II, 2.

El Ksaïb, II, 128.

El Mass, II, 4, 5.

El Mellah (sebkha), I, 180, 183, 198.

El Mer’ili, I, 251.

El Ouatia, I, 319, 326.

El R’essour (oued), II, 8, 9, 27, 251.

Endid, II, 38, 40.

Ennaya, I, 199.

Ennedi, II, 17, 233.

En Nefis, II, 9.

Ennfouss, I, 47, 297, 303, 309, 319.

Éocène, II, 264.

Éodévonien, I, 227, 288, 292.

Éodévoniennes (argiles), I, Pl. XLV.

Éodévoniens (grès), I, 293, Pl. XLV, XLVII.

Épines, II, 170.

Équateur zoologique, II, 193.

Eré, II, 241.

Erg, I, 4, 42, 44, Pl. III.

Éromophila, II, 194.

Érosion éolienne, I, 47 ; — II, 285.

Erouakib, II, 4.

Er-Raoui (erg), I, 42, 44, 45, 51, 183, Pl. X, XXXIV.

Esclaves, II, 292.

Es Souk, I, 79 ; — II, 49, 54.

Etambar, II, 49.

Éthel, I, 314 ; — II, 187.

Euphorbia, II, 154.

Euphorbes, II, 189.

Évaporation, II, 273.

Ezerzi, II, 263.

F

Fachi, II, 3, 10, 25, 81, 91, 119, 282.

Faguibine, I, 57 ; — II, 12, 101, 151, 223, 225, 227.

Failles ou plis posthumes, I, 235, 245, 287, 298.

Failles du Touat, I, 21.

Failles récentes, I, 227.

Falaise de Glint, I, 295, Pl. XLIV.

Falez lez, II, 36.

Feidj ou Gassi, I, 5, 43.

Fendi, I, 62, 147, Pl. XXV.

Fendi (petits lacs), I, 158.

Fennec, I, 35, 316 ; — II, 201.

Féodal, II, 213.

Ferzig, II, 187.

Fezzan, II, 216.

Fgagira, I, 223, 225.

Figuiers de Barbarie, II, 167.

Figuig, I, 5, 156, 170.

Filali, II, 296.

Filingué, II, 63, 85.

Fisnet, I, 309.

Fita, II, 267.

Fittré, II, 233.

Foggara, I, 40, 196, 239, 242, 243, 244, 269, 270, 275, 302, Pl. VIII, XXXVII ; — II, 38, 177.

Foggaret el Arab, I, 304.

Foggaret es Zoua, I, 279.

Folé, II, 284.

Forêt, II, 147, 154.

Fort Crampel, II, 14.

Fossiles de Mouizib el Atchan, I, 140.

Fossiles pléistocènes marins de Tombouctou, I, 57.

Fosso, II, 25.

Foum el Kheneg, I, 7, 20, 21, 24, 32, 33, 197, Pl. IX ; — II, 284.

Foum Imok, I, 326.

Foum Lacbet, I, 295.

Foum Zeggag, I, 113, 288, 313.

Four, II, 284.

Fourmilière, II, 179.

Fouta Djallon, II, 13, 144.

Fumier, I, 271.

G

Gabana, II, 150, 266, 267.

Gabès, II, 299.

Gabès (seuil de), I, 20.

Gada (ou hammada), I, 3.

Gafouli, II, 171.

Galeries forestières, II, 143, 152, 153, 167.

Gamé, II, 95.

Ganadxa, II, 150.

Ganga, I, 317.

Gao, II, 47, 69, 85, 92, 229.

Gara, I, 8, Pl. III, XLV.

Garadoumi, II, 97.

Garagoa, II, 218.

Garamante, II, 108.

Garamgava, II, 284.

Garankaha, II, 117.

Garé, II, 117.

Garet ed Diab, I, 25, 289.

Garet Tamamat, I, 283.

Gassi (feidj), I, 5, 43.

Gauthiot, II, 241.

Gazelle, I, 317 ; — II, 200.

Geckos, II, 197.

Genêts, II, 157, 186.

Gessao, II, 63.

Ghardaia, II, 85, 123.

Gidi-Mouni, II, 111, 267.

Girafe, I, Pl. XVI.

Gisements néolithiques du Tanezrouft, I, 126.

Gîtes aurifères, II, 278.

Gîtes minéraux, I, 152.

Gnou, I, 95.

Grenouilles, II, 197.

Grès albiens, I, 144, 219, 220, 232, 234, 278, 300.

Grès albiens du Touat, I, p. 23.

Grès ferrugineux, II, 273.

Grès houillers, I, 143, Pl. XXVI.

Grès à sphéroïdes, I, 220.

Grès turriformes, II, 16.

Gribingui, II, 273.

Grouz, I, 143, 146, 154, 170.

Guediyo, II, 113.

Guelta (aguelman), I, 311.

Guentour, I, 29.

Guépard, II, 201.

Guerrier à bouclier rond, I, 109.

Guerzim, I, 196, 205.

Guesket, II, 81, 114.

Guétaf, II, 160, 165, 186.

Gueydoum, II, 91.

Guidambado, II, 94, 125.

Guidam Moussa, II, 110.

Guidjamou, II, 150.

Guinée, II, 13, 101, 271.

Guinéenne (zone), II, 143.

Guir, I, 191.

Guirbo, II, 114.

H

Habitation, II, 217.

Haches néolithiques, I, 126.

Hache touareg à emmanchure néolithique, I, 132.

Haci, I, 12.

Haci Achourat, I, 328.

Haci Adoukrouz, I, 313.

Haci Ar’eira, I, 287, 308.

Haci Bel Rezaim, I, 312.

Haci Boura, I, 233, 340.

Haci el Hamri, I, 30.

Haci el Kheneg, I, 284, 312.

Haci el Maghzen, I, 30.

Haci er Rouzi, I, 30.

Haci Gouiret, I, 307.

Haci In Belrem, I, 312.

Haci Maçin, I, 291, 312, 314, 326.

Haci Rezegallah, I, 22, 23, 34, 62, 230, 233, 339.

Haci Sefiat, I, 22, 24, 233, 339.

Haci Tikeidi, I, 289.

Haci Tirechoumin, I, 308.

Hacian Taïbin, I, 25, 26, 229, 280, 309, 342.

Had, I, 200, 314 ; — II, 144, 165, 180.

Hadj Guelman, I, 28, 246.

Hadjar El Hamis, II, 265.

Hadjra Mektouba, I, 48, 100, 187, Pl. XXXII ; — II, 288.

Hadrian, II, 262.

Halfa, II, 180.

Hammada, I, 3, Pl. I ; — II, 160.

Hammada dévonienne, I, 298.

Hammoudiya, I, 27.

Haouia, II, 206.

Haoussa, I, 63 ; — II, 73, 109, 211.

Haratin, I, 137, 169, 265, 266, 305 ; — II, 41.

Har’en, II, 262.

Harta, II, 160.

Heirane, I, 31, 33, 50, 228.

Henné, I, 255, 272.

Hercynienne (pénéplaine), I, 148, 189, 289.

Hercyniens (plissements), I, 144, 182, 225, 230, 281, 283 ; — II, 1.

Hippopotames, II, 202.

Hoggar, I, 71, 114.

Hombori, II, 12, 15, 224, 258.

Horo, II, 227.

Horst calédonien, I, 283, 285.

Horst silurien, I, 283, 285, 298.

Horst silurien d’Adoukrouz, I, Pl. XLVI.

Houilles, I, 143.

Huîtres, II, 196.

Hutte, II, 217.

Hygrophiles, II, 163.

I

Iberkoran, II, 68.

Icherifan, II, 68.

Idelés, II, 29, 35, 40.

Idelioua, II, 61.

Idikh, I, 188.

Idjeran, I, 301, 319.

Idjil, II, 7.

Iférouane, II, 24, 57, 62, 66.

Ifetessen, I, 319.

Ifisten (oued), I, 326.

Ifor’as, I, 113, 128, 328, 350 ; — II, 53, 212.

Igharghar, II, 27, 31, 32, 35, 36, 220.

Igherran, II, 6.

Igli, I, 178, 194, 206, 342, Pl. XXIX.

Iglitten, I, 297, 312, 313, 326, 341, 342.

Iguelen, II, 40.

Iguidi, I, 31, 42, 43, 44, 119.

Ikaskazan, II, 72.

Ilamane, II, 29.

Iles du Tchad, II, 120.

Ilifek, II, 24.

Ilok, II, 36.

Imenan, II, 70.

Immidir, I, 318.

Impôt, I, 216.

In Abeggui, II, 27.

In Akaoual, II, 92.

In Amdjel, II, 40, 161.

In Ameggui, II, 8, 27.

In Azaoua, II, 7, 8, 21, 24, 28, 32, 36, 221, 232.

In Belrem, I, 286.

In Djeran, II, 30.

Industrie, II, 43, 64, 65, 117, 176, 284, 285.

Inerider, II, 63.

In Gall, II, 68, 69, 72, 283.

In Guezza, II, 23.

In Hihaou, II, 259.

Inifeg, I, 31.

Inikeren, II, 31.

In Killa, II, 92.

Inondation (zone d’), II, 148.

In Ouzel, II, 21.

In R’ar, I, 279, 280, 284, 300, 301, 304.

In Salah, I, 43, 47, 279, 284, 304, 306 ; — II, 47, 127, 293.

Inscription, II, 287, 289, Pl. XVIII.

Inscriptions arabes, I, 351.

Inscriptions berbères, I, 254.

Inscription hébraïque, I, 252, 346.

Inscriptions tinifar’, I, 116, 344.

Insécurité, II, 119.

Insolation, II, 290.

In Tebdoq, II, 53.

Inzegmir, I, 27, 28.

In Ziza, I, 62, 323, 327, 328, 342 ; — II, 3, 6, 18, 22, 28, 251, 259.

In Zizaou, II, 259.

Ir’achar = Ir’ahar = Ir’azar, II, 36, 61, 62.

Ir’acher, II, 53.

Irak, II, 187.

Ir’eli, II, 38.

Irhayenne, II, 79.

Ir’ir’i (oued), II, 261.

Iris (erg), I, 47, 303, 319.

Irrigation, I, 167, 217, 269.

Irrigation (procédés), I, 167.

Ivoire, II, 296.

Izabbaren, I, 82.

Izilek, II, 300.

J

Juifs, I, 251, 252, 262.

Juifs (temps des), I, 38.

Jujubier, I, 316 ; — II, 157, 183.

K

Kaba, Cf. doum.

Kabarah, II, 101, 223.

Kaberten, I, 245, 275.

Kadamellet (oued), II, 58, 264.

Kahal de Tabelbalet, I, 31.

Kakara, II, 83.

Kakoulima, II, 271.

Kalaa, I, 258.

Kalfou, II, 107.

Kalgo. Cf. Bauhinia.

Kali, I, 226.

Kanambakachy, II, 109.

Kanem, II, 82,173, 232, 244.

Kanembou. Cf. Kouri.

Kano, II, 64, 72, 112, 293.

Kaokilloum, II, 115.

Kaouar, II, 9, 24, 81, 117, 237.

Kaoura, II, 99.

Kardas, II, 111.

Karité, II, 143.

Karrouba, I, 270.

Kasri (ou peigne), I, 270. Pl. XXXVIII.

Kayes, II, 124.

Keita, II, 95, 222.

Kel Ahnet, I, 321, 330.

Kel Antassar, II, 105.

Kelbouroum, II, 236.

Kel Essouk, II, 54.

Kel Ferouan, II, 71.

Kel Gress, II, 69, 72.

Kellé, II, 90, 114.

Kel Oui, II, 69, 72, 212.

Kel R’ela, II, 44.

Kenakat, I, 307.

Kenatsa, I, 3, 161, 175, 261, Pl. XXVI, XXVIII.

Kennadji, II, 100.

Kerzaz, I, 196, 205, 261. Pl. XXXV.

Khanfousa. Cf. Scarabées.

Kidal, I, 79 ; — II, 53.

Komadougou, II, 83, 232.

Konakry, II, 268.

Kongoumé, II, 90, 109.

Korema-Alba, II, 97.

Kori, II, 61.

Kornaka, II, 110.

Korounka. Cf. Calotropis.

Kotto, II, 16.

Koufiques, II, 26, 289.

Koulikoro, II, 75, 101.

Kouloa, II, 125.

Kouloua, II, 238.

Kounta, I, 260, 306 ; — II, 48, 54.

Kouri (Kanembou), II, 120.

Kouria, I, 265.

Koutous, II, 81, 89, 114, 149, 218.

Kram-Kram, II, 168.

Kreb (= Baten), I, 9, Pl. II.

Ksabi, I, 24, 32, 197, 342, Pl. IX.

Ksar el Azoudj, I, 62, Pl. XXV.

Ksar en Nsara, I, 195, 202.

Ksars, I, 169.

Ksars du Touat, I, 257.

Ksars en ruines, I, 257, 258.

Ksir el Ma, I, 30.

Ksourien, I, 35, 169, 214.

Ktoub, I, 223, 228, 287.

L

Labezzanga, II, 17, 18, 87, 258.

Lac, II, 177.

Lac tertiaire, II, 76.

Laine, II, 203.

Laka, II, 241.

Laperrine (Lieutenant-colonel), I, Préface, IX et X.

Laraba, II, 114.

Latérite, II, 270.

Lehem, II, 85.

Leptadenia, II, 189.

Lernachich, I, 57 ; — II, 86.

Lianes, II, 143, 167.

Libye, II, 240.

Lièvre, I, 317.

Lilloa, II, 84.

Limite des domaines hercyniens et calédoniens, I, 230, 285.

Lion, II, 201.

Logone, II, 240, 273.

M

Maader, I, 12, 295, 298, 316, Pl. V, XLV.

Maader Arak, I, 314.

Mabrouka, II, 27, 48, 85, 87, 91, 92, 97, 295.

Macina, II, 226.

Magadji, II, 115.

Magaria, II, 183.

Mahzez, I, 31.

Maïjingui, II, 90, 109.

Maja, I, 30.

Malammi, II, 115.

Malte, II, 295.

Mana, I, 31.

Manetass, II, 63.

Manga, II, 82, 84, 117, 233, 240, 284, 289.

Manganèse, II, 278.

Mange-mil, II, 198.

Mao, II, 289.

Maraîchère (culture), II, 109, 111, 112.

Marandet, II, 78.

Marginella, II, 223.

Marginelles, II, 252.

Marthium, II, 115.

Massakory, II, 171, 236.

Matankari, II, 99.

Matriarcat, I, 332, 334 ; — II, 138, 214.

Matriouen, I, 277.

Mauritanie, II, 10, 186, 246.

Mauvaises herbes, II, 216.

Mayo Kebbi, II, 241, 265.

Mazzer, I, 29, 179, 194, 207, 218, 342.

Méditerranéens, II, 73, 142.

Medjbeds, I, 17, 34, Pl. VIII.

Méduses, II, 192.

Meghdoua, I, 288, 312, 342.

Meguidden, I, 29, 44.

Mekhergan, I, 25, 26, 251, 289, 300, 342.

Melfi, II, 267.

Melr’ir, II, 35.

Menaka, II, 73.

Menakeb, I, 31, 44.

Menhirs, I, 61.

Menouar’ar, I, 142.

Meraguen (oued), I, 25, 26, 28, 297, 326.

Merhouma (horst de), I, 184.

Merri, II, 230.

Merria, II, 111.

Méso-dévonien, I, 289.

Méso-dévoniens (fossiles), I, 288.

Méso-dévoniennes (argiles), I, 289.

Messaoud (oued), I, 20, 21, 24, 32, 34, 36, 54, 339.

Meules dormantes, I, 130.

Mezarif, I, 29, 145.

Mezzou (Haci), I, 29.

Mia, II, 35, 266.

Miellim, II, 267.

Migration du désert, II, 253.

Mil, II, 107, 112, 116, 171.

Mine de cuivre, I, 347.

Minerai, I, 182, 201, 354 ; — II, 278.

Mirage, II, 137.

Mirrh, II, 117.

Mio-Pliocène, I, 51, 151, 179, 189, 221, 234, 255, Pl. XXX.

Misère et famine au Touat, I, 272, 273.

Moa, II, 117, 251.

Mobilier funéraire, I, 65, Pl. XV.

Mœrua, II, 182.

Mohor, I, 96 ; — II, 200.

Mollusques, II, 195.

Mondoa, II, 115.

Mopti, II, 101.

Mortiers en pierre (néolithiques), I, 126.

Mosquées des Touaregs, I, 85.

Mouazil, I, 307, 330.

Mouflon, I, 317 ; — II, 201.

Mouidir, I, 3, 301, 318.

Mouidir Ahnet, I, 290.

Mouidir occidental (structure du), I, 295.

Mouizib el Achan, I, 141, Pl. XXI.

Moumen (djebel), I, 145, Pl. XXVI.

Mounas (bdellium), II, 183.

Moungar, I, 9.

Mounio, II, 75, 82, 90, 113, 150, 245, 265.

Mourzouk, II, 294.

Mousgou, II, 108, 110.

Moutons, II, 106, 203, 318.

Mrobkha, II, 178, 180.

M’salla, I, 86.

M’zab, I, 239 ; — II, 177.

Mzaourou, I, 124, 131.

N

Nahlet, II, 28.

Namous (oued), I, 3, 28, 29, 246.

Nappe artésienne de Figuig, I, 156.

Nazarif (oued), I, 321.

N’dellé, II, 14, 16.

Nebka, I, 6, 45, Pl. III, IX, XXX, XLV.

Néo-dévonien, I, 288.

Néolithique, I, 352 ; — II, 119.

Néolithique saharien, I, 134.

Néolithique égyptien, I, 134.

Néolithisme, I, 333.

N’Gouri, II, 236.

N’Gourti, II, 83.

N’Guigmi, II, 83, 285.

Niamey, II, 99, 124, 230.

Niébé, II, 173.

Nieger (le lieutenant). Cartes, I, Préf. IX, 27.

Niger, I, 57 ; — II, 12, 225.

Nitrates de potasse, I, 275.

Nogo, II, 245.

Nomades, II, 105.

Nouakchott, II, 183, 250.

Noubas, II, 211.

Noukhila, I, 30.

Noum en Nas, I, 236 ; — II, 128.

N’si, II, 163.

O

Oasis, I, 268.

Œufs d’autruche, II, 286.

Oguilet Mohammed, I, 30.

Ohrsane, II, 58, 61, 263.

Okapi, I, 96.

Olivier, I, 316.

Ombellifères, II, 187.

Onagre, II, 205.

Or, II, 292.

Ormaiort, II, 85.

Orred, I, 147, Pl. XX.

Ouadaï, II, 75, 233, 292.

Ouakda (ksar), I, 160.

Ouakda (palmeraies), I, 160.

Oualata, II, 86, 228.

Ouallen, I, 25, 26, 312, 313, 326, 327, 328, 329, 339, 342 ; — II, 22.

Ouamé, II, 80, 90.

Ouan R’elachem, II, 32, 38.

Ouan Tohra, I, 62, 82, 84, 111, 113, 312, 314, 326, 342, Pl. XVII, XLIV.

Ouargla, I, 242, 243, 267, Pl. XIX.

Ouarourourt, I, 187.

Ouata, I, 30.

Ouatia, I, 313.

Oubangui, II, 14, 16.

Oudan, II, 32.

Oued, I, 10, Pl. IV.

Oueds interdits, II, 178.

Oueds quaternaires, I, 44, 45.

Ougarta, I, 215, Pl. IX.

Ougarta (chaîne d’) I, 180, 184, 199, Pl. XXX, XXXI, XXXII.

Ougarta (failles de la chaîne), I, 183.

Ougarta (fenêtre d’), I, 185.

Ould Brini, I, 37.

Ouled Ba Hammou, I, 306.

Ouled Djerir, I, 160, 168, 170.

Ouled Mahmoud, I, 227, 245, 246, 247, 249, 275.

Ouled Moulad, I, 35, 329.

Ouled Rached I, 29, 50, 247.

Ouled Saï, I, 31.

Ouled Sliman, II, 105, 120, 294.

Ouled Zenana, I, 306.

Oulimminden, II, 28, 48, 73, 213, 244, 246.

Oum es Seba, I, 150.

Ounan, II, 23, 86.

Ouskir (haci), I, 29.

Outoul, II, 38, 40, 261.

P

Paléocène, II, 103.

Palmier, I, 273 ; — II, 190.

Particules argileuses en suspension dans l’air, I, 7.

Pâturage, I, 11, 35, 246, 300.

Pâturage type, I, Pl. IV.

Peinture rupestre, I, 119.

Perroquets, II, 198.

Peuhls, II, 105, 110, 120.

Phacochères, II, 201.

Pichon (le baron), I, Préf. IX.

Piège, II, 202.

Pierres écrites, I, 100, 187.

Pilons en pierre, I, 130.

Pintade, II, 198.

Plantes houillères, I, 142.

Plantes salées, II, 144, 165.

Plantes sauvages, II, 178.

Plantes vénéneuses, II, 170.

Pli couché, II, 7, 18.

Pli de Kenatsa, I, 147.

Pliocène, I, 149, 150.

Plis posthumes, I, 302.

Plissement atlique, I, 147.

Plomb, I, 152.

Pointements éruptifs, I, 145.

Porc-épic, I, 155.

Port-Étienne, II, 11.

Porto-Novo, II, 125.

Prairie, II, 147, 153, 154, 161.

Précambrien, II, 5.

Prudhomme (le capitaine) I, Préf. IX, 27.

Puits, II, 177, Pl. VII.

Puits artésiens, I, 245, 275, 303.

Pygmées, II, 229.

Q

Quadria, II, 66.

Quartz cuprifère (filon de) I, 200.

Quaternaires (dépôts) I, 149, 150.

R

R’aba, I, 29, 195, 204, 300.

Race de Cro-Magnon, I, 333.

Races humaines, II, 209.

Rached (Ouled) I, 226.

Raisin, I, 271 ; — II, 42.

R’arbi (oued), I, 28, 51.

R’at, II, 70.

Ras el Ma, II, 227.

R’dir (aguelman), I, 311.

Recensement, I, 267.

Redjem. Cf. Tombeaux.

Redjems islamisés, I, 79.

Reg, I, Pl. I, III, VIII.

Reggan, I, 256.

Région littorale, II, 145.

Rhinocéros, II, 202.

Ridjel Imrad, I, 289, 309.

Rio de Oro, II, 7, 10.

Rivières du Touat, I, 41.

Riz, II, 176.

R’nanema, I, 195, 203.

Rônier, II, 191.

Rouge (mer), II, 154.

Rouleaux écraseurs, I, 130.

R’tem, I, 316 ; II, 160.

Rue de palmiers, I, 170, 219, 242, 249, 300.

S

Sabankafi, II, 89, 112.

Sable du Tanezrouft, I, 42.

Sable envahisseur, I, 43.

Sahara, II, 145, 154.

Sahara (XVe siècle) I, 261.

Saharides, II, 2.

Sahélienne (zone), II, 48, 56, 144.

Salem-Salem, II, 152.

Sali, I, 28, 35, 256, 260 ; — II, 41.

Saliski, II, 40.

Salvadora, II, 187.

Sandiré, II, 63.

Sanglier, I, 108.

Saoura, I, 20, 21, 32, 44, 190, Pl. IX, XXIX, XXX, XXXIII ; — II, 220, 225.

Saoura (crues), I, 250.

Savane, II, 143, 153.

Say, II, 12.

Sba, I, 28.

Sbar, II, 249.

Scarabées, II, 192.

Schistes alunifères, I, 283.

Sebkha (chott), I, 11, 238 ; — II, 159.

Seggueur (oued), I, 28, 44.

Séguia, I, 218, Pl. XXXVIII, XXXIX.

Seguiet el Hamra, I, 264.

Seheb el Arneb, II, 22.

Sekakna, I, 307, 330.

Sekkaret, II, 63.

Sel, II, 35, 117, 118, 166, 297.

Sel de l’Açedjerad, I, 330.

Séné. Cf. Cassia.

Sénégal, II, 103, 246, 276, 292.

Senilia, II, 225.

Senoudébou, II, 268.

Senoussistes, II, 67.

Serpentine, II, 257.

Sersou, II, 57.

Settaf, I, 307, 330.

Sif, I, 5, Pl. III.

Silet, II, 32, 38, 40, 177, 261.

Silex taillé, I, 67.

Silos, II, 172.

Silurien, I, 291, 292.

Silurienne (pénéplaine), I, 295.

Silurien de Tadjemout, I, 290.

Silurien inférieur, I, 283.

Silurien supérieur, I, 283.

Singes, II, 202.

Siroua, II, 268.

Sokoto, II, 72, 84.

Somonos, II, 211.

Sondages artésiens, I, 274.

Sonr’ai, II, 54, 109.

Soro, II, 239.

Soudanaise (zone), II, 143.

Soudaniens, II, 211.

Souf, II, 177.

Souf Mellen, I, 297, 321, 326.

Sounfat, II, 8, 36.

Sources chaudes, I, 320.

Stéatopygie, I, 138, 332.

Steppe, II, 162.

Subméridienne (direction), II, 5, 24.

Sulfate de fer, I, 329.

Sumpi, II, 12.

Suture entre les deux zones hercynienne et calédonienne, I, 298.

T

Tabac, I, 255, 272 ; — II, 109.

Tabankort, II, 85, 87, 92.

Tabelbalet, I, 30, 44, 190, 197, 215. Pl. X, XXXI.

Tabelbalet (ksars de), I, 197.

Tabelbalet (idiome propre de), I, 216.

Tabrichat, II, 85.

Tadan, II, 182.

Tadent, II, 36.

Tadjemout, I, 314.

Tadmaït, I, 21, 101, 237, 239, 240, 277, 310 ; — II, 35, 86, 87, 99, 128, 288.

Tafadek, II, 93, 97, 264, 293.

Taffassasset, II, 24, 28, 36, 63, 93, 221, 231.

Tafidet, II, 25, 62, 68.

Tagant, II, 10, 224.

Tagharba, II, 8.

Tagrira (oued), II, 5, 9, 24, 27, 32, 36, 251.

Taguellit, I, 312, 342.

Taguerguera, I, 297, 311, 312, 327.

Tahat, II, 29.

Tahert, II, 40.

Tahoua, II, 73, 84, 94, 96, 107, 226.

Tahount Arak, I, 310, 312.

Taille gigantesque des Touaregs, I, 138, 332.

Taïtoq, I, 307, 321, 330, 331, 332 ; — II, 45, 128.

Takado, II, 146.

Takamat, I, 330 ; — II, 162, 179.

Takaredei, I, 115 ; — II, 68.

Takçis (oued), I, 297.

Takouïat, I, 26 ; — II, 22, 36.

Tala, I, 226.

Talak, II, 24, 56, 63, 221.

Talha, I, 314 ; — II, 184.

Taloak, I, 62, 83, 288, 293, 312, 342.

Tamada, II, 9, 23, 26.

Tamago, II, 222.

Tamalarkat, II, 93, 97, 264.

Tamama, I, 311.

Tamanr’asset, I, 26 ; — II, 24, 29, 32, 36, 37, 40, 42, 130, 187.

Tamarix, I, 314 ; — II, 156, 161, 186.

Tamaské, II, 94, 96.

Tamat. Cf. Acacia.

Tamat Tédret, II, 63, 64.

Tamayeur, II, 63.

Tambari, II, 213.

Tamentit, I, 39, 250, 253.

Tanezrouft, I, 17, 126, 239, 300, 308, 327 ; — II, 20, 160, 162, 208.

Tanget, II, 29.

Taoudéni, I, 21, 24, 37, 55, Pl. XI ; — II, 11, 21, 22, 26, 36, 86, 87, 119, 135, 225, 246, 278, 293, 298.

Taoulaoun, I, 20, 312, 313, Pl. XVI.

Taoundart, II, 6.

Taourirt, I, 25, 26, 232, 257, 339 ; — II, 29, 31, 201.

Tarahaouthaout, II, 26, 29, 31, 40.

Taraouadji, II, 59, 63.

Tar’azi, II, 24, 56.

Tarfa, I, 314 ; — II, 187.

Targa, II, 216.

Tarhananet, II, 40.

Tar’it, I, 3, 9, 51, 123, 161, 313, 326, 342. Pl. XVI, XXVII ; — II, 263.

Tar’it (pénéplaine) I, 148.

Tarka, II, 80, 89, 140, 147, 251.

Tasiast, II, 277.

Tassamakol, II, 61.

Tassili (hammada), I, 3, Pl. II ; — II, 162.

Tassili des Azguers, I, 77.

Tassr, II, 81, 218, 245, 250.

Tazerouk, II, 29, 31, 40, 42.

Tazoult, I, 229.

Tazoult (pointement éruptif), I, 235.

Tchad, II, 134, 148, 232, 237, 238, 244.

Tchémia, II, 59.

Tchetti, II, 13.

Tebbou, II, 105, 120, 211, 217, 294.

Tebirbirt, II, 40.

Teboraq, I, 314 ; — II, 157, 183.

Tedalaka, II, 80.

Tedjehé Mellen, II, 45.

Tedjoudjoult (oued), I, 325.

Tefaghiz, II, 40.

Tegama, II, 75, 79, 81, 83, 134, 146, 233.

Tegant (erg), I, 47, 319 ; II, 252.

Teguidda, II, 63, 64, 68, 76, 166, 264, 282.

Tékout, II, 268.

Telaouas, II, 262.

Télé, II, 228.

Télemsi, II, 47, 48, 91, 97, 134, 230, 251.

Teleyet, II, 52.

Telmin, I, 29, 244.

Teloua, II, 61, 152, 221.

Télout, II, 263, 268.

Temassekh, I, 39, 229, 234, 255.

Tenekart, II, 63.

Ténéré, II, 25, 62.

Teniet Sba, I, 148.

Tentes, II, 219.

Termites, I, 249 ; — II, 172, 193, 272.

Terrain des gour, I, 151.

Terrarar, II, 49.

Tesamak, II, 6.

Tesfaout, I, 24, 29, 33, 39, 340, 345.

Tessalit, II, 49, 52.

Tessaoua, II, 73, 75, 109.

Tessegafi (erg) I, 297, 303, 309, 319.

Tezzaï, I, 312, 342.

Thiès, II, 182, 246.

Tibesti, II, 9, 118, 144, 233, 265.

Tibegehir, II, 39, 40.

Tichek, II, 9.

Tichitt, II, 228.

Tidek (oued), I, 75; — II, 263.

Tideri, II, 262.

Tidikelt, I, 47, 276, 277, 300, 301 ; — II, 26, 177, 293.

Tidjem, II, 6.

Tidjert, II, 35.

Tifedest, II, 29, 32.

Tifert, II, 40.

Tigueddi, II, 63, 68, 77, 79.

Tiguiriat, II, 24, 55, 92.

Tihimati, II, 28, 259.

Tikedembati, I, 288, 312, 327.

Tikeidi, I, 25, 293, 297, 309, 312, 319, 342.

Tilemsi (oued), I, 128, 351.

Tilmas, I, 16, 310.

Timchent, I, 8, 234, Pl. X.

Timeguerden, I, 297, 319.

Timeskis (oued), I, 297.

Timeskis (erg), I, 309.

Timetrin, II, 8, 27, 36, 92, 147.

Timgué, II, 57, 59, 62.

Timiaouin, II, 8.

Timimoun, I, 28, 243, 245, 246, 342, Pl. XXXVIII, XLI.

Timimoun (erg), I, 44.

Timimoun (sebkha de), I, 27, 50, 222, Pl. V.

Timissao, I, 112, 113, Pl. VII ; — II, 5, 7, 8, 21, 22, 26, 288.

Timmi, I, 40, Pl. XXXVII, XXXIX, XL.

Timmoudi, I, 196, Pl. XXXIII.

Timr’ar’in, I, Pl. IX.

Tin Amensar, II, 37, 40.

Tin Azaoua, II, 9, 23, 26.

Tin Belenbila (oued), II, 257.

Tinchamane, II, 65.

Tin Daksen, II, 22.

Tindesset, II, 2.

Tindi, II, 262.

Tin Diodin, II, 22.

Tinerkouk, I, 29, 244, 246.

Tin Ghaor, II, 8, 23, 27.

Tin Ghellet, II, 40.

Tin Hamor, II, 261, 262.

Tin Hinan, I, 73, 330 ; — II, 43, 179, 216.

Tinifar’, I, 254.

Tiniri, I, 17 ; — II, 21, 24, 151, 161.

Tinisi, I, 71.

Tinoraj, I, 30, 42, Pl. X.

Tin Senasset, I, 107, 312, 326, 339, 342.

Tin Taboirak, II, 76.

Tin Taggar, I, 312.

Tin Tarabin, II, 36, 40.

Tintar’odé, II, 67.

Tin Teborak, II, 147.

Tin Telloust, II, 68.

Tintoumma, II, 233, 244.

Tin Zaouaten, II, 23.

Tiokodda, II, 115.

Tiou Mousgon, II, 79.

Tir’ammar, II, 34.

Tiratimin, I, 313.

Tirechoumin, I, 284.

Tiredjert, I, 26, 47.

Tirek, II, 8, 27.

Tirminy, II, 90.

Tiser’irin, II, 25.

Tissint, II, 35.

Tit, I, 71 ; — II, 6, 29, 32, 37, 38, 40, 41, 42, 261.

Tlilia (oued), I, 27, Pl. IV.

Tmar, II, 10, 86.

Tni Haïa, I, 37 ; — II, 22, 86.

Tombeaux, I, 34, 60, 61, 69, 72, 73, 76, Pl. XII, XLVII ; — II, 108.

Tombeau de forgeron, I, 78.

Tombeau de Tin Hinan, I, 74.

Tombes actuelles, I, 78, 80.

Tombouctou, II, 22, 75, 85, 124, 128, 134, 222, 246, 295.

Tomela, I, 329, 357.

Tondibi, II, 100.

Torha, II, 33.

Toro, II, 233, 238, 239.

Tortue, II, 198.

Tosaye, II, 12, 17, 75, 227, 258.

Totémisme, I, 138, 333.

Touaregs, I, 273, 330, Pl. LII ; — II, 105, 212.

Touat, I, 21, 28, 38, 227, 249, 264 ; — II, 26.

Touat (bas), I, 255.

Touat (haut), I, 250.

Touat (faille du), I, 235.

Touat (ksars du), I, 257.

Touat (sebkha du), I, 237.

Touat el Henna, I, 234, 255.

Toubouri, II, 265.

Toufriq, II, 33.

Touizikt, II, 10.

Toureyet, II, 77.

Tourha. Cf. Calotropis.

Tozeur, II, 123.

Trafic sud-oranais, I, 274.

Traite des nègres, I, 273.

Troglodytisme, I, 267.

Tsilefin, II, 61.

Tsirira, I, 218.

Turonien, I, 232, 277.

V

Varan, II, 194, 197.

Vernis du désert, I, 47.

Vipère à cornes, II, 198.

Virgation de la chaîne hercynienne, I, 232, 241.

Voile, I, 333.

Vorland primaire de l’Atlas, I, 150.

W

Wanda, II, 236, 237, 285.

Woudi, II, 117, 238.

Y

Yama, II, 266.

Yéni, II, 99.

Z

Zafrani (station de), I, 122.

Zaouia de Kenatsa, I, 175.

Zaouiet Kounta, I, 27, 28, 234, 255, 257, 260, 261.

Zaouiet Reggan, I, 22, 339.

Zau Saghaïr, II, 91.

Zazir, II, 24, 27, 28, 36, 161.

Zébu (voir Bœuf).

Zelim, II, 24, 56.

Zenati, I, 247, 255, 345.

Zenati (accent), I, 248.

Zenatiya, I, 169, 246.

Zengou, II, 111.

Zéno, II, 105.

Zeramra, I, 215, Pl. XXXVI.

Zeramra (fenêtre de), I, 186.

Zinder, II, 13, 64, 81, 90, 110, 125, 128, 243, 245, 266, 293.

Zousfana, I, 145, 157, Pl. VIII, XXV, XXVI.

Zousfana, grande porte d’entrée du Sahara, I, 151.

Zousfana (pointes de la), I, Pl. XIX.

TABLE DES FIGURES ET CARTES * * * * *

Fig. 1. — Blocs de granite porphyroïde près du cimetière 3 d’Iférouane (Aïr)

— 2. — Archéen. Massif granitique sur la rive g. de l’oued 3 Tyout (Aïr)

— 3. — Crêtes siluriennes (quartzites) à direction 6 subméridienne

— 4. — Coupe géologique du Rio de Oro 7

— 5. — Gours dévoniens, au sud d’In Azaoua 8

— 6. — Coupe d’El Khenachiche à Taoudenni 11

— 7. — Profil de Tobré à Boubon 13

— 8. — Coupe de Fort de Possel à Boli 14

— 9. — Les grès du Gourma à Tambarga 15

— 10. — Grès de Hombori 15

— 11. — Mont Tombori 15

— 12. — Coupe près de N’Dellé 16

— 13. — Croquis hypsométrique de l’Afrique septentrionale 19 et centrale

— 14. — Zone inhabitée du Sahara central 21

— 15. — Coupe du tassili Tan Tagrira 27

— 16. — Essai de schéma du Massif Central saharien 30

— 17. — La Coudia, vue de l’oued Sirsouf 31

— 18. — L’Adr’ar’ Arigan 33

— 19. — L’Adr’ar’ Haggar’en 43

— 20. — L’Adr’ar’ Adesnou 57

— 21. — L’Adr’ar’ Timgué 59

— 22. — Région méridionale de l’Aïr 60

— 23. — L’Akelamellen 62

— 24. — L’Adr’ar’ Timgué 67

— 25. — Bassin lacustre des Teguidda 77

— 26. — Falaise de Tigueddi, à Marandet 79

— 27. — Une cuvette du Manga 84

— 28. — Falaise d’El Khenachiche 86

— 29. — Crétacé supérieur du Damergou 88

— 30. — Coupe de Djadjidouna à Béréré 89

— 31. — Bord du massif d’Alberkaram 90

— 32. — Vallée entre Kongoumé et Maïjirgui 91

— 33. — Coupe de la falaise de Bouza 94

— 34. — Falaise de Bouza 95

— 35. — Coupe de l’Adr’ar’ de Tahoua 96

— 36. — Village de Kaouara 98

— 37. — Matankari 98

— 38. — Le Tondibi 99

— 39. — Le Kennadji 100

— 40. — Dallols près de Labat 107

— 41. — Matankari 108

— 42. — Les mamelons du Mounio 113

— 43. — Les mamelons du Mounio 114

— 44. — Les plateaux du Koutous 115

— 45. — Les grès du Koutous 116

— 46. — Températures de Ghardaia 122

— 47. — — Tozeur 123

— 48. — — Bizerte 123

— 49. — — Kayes 124

— 50. — — Niamey 124

— 51. — — Tombouctou 125

— 52. — — Porto-Novo 125

— 53. — Régime des pluies au nord et au sud du Sahara 126

— 54. — Températures d’In Salah 127

— 55. — Un coup de brume (oued En Nefis) 138

— 56. — Un coup de brume (Tit) 139

— 57. — Un coup de brume (Tit) 139

— 58. — Zones de végétation de l’Afrique occidentale 145

— 59. — Fragment de topographie de l’Alakhos 150

— 60. — Profil de Guidjamon à Ganadja 150

— 61. — Stations botaniques du Mounio 151

— 62. — L’Adr’ar’ Adesnou 152

— 63. — Coupe demi-schématique d’une vallée d’Aïr : Le 153 Teloua à Salem-Salem

— 64. — Contreforts méridionaux de l’Ahaggar 162

— 65. — Le moyen Niger 175

— 66. — Deux types de bâts : Chameaux saharien et sahélien 206

— 67. — Campement tebbou 218

— 68. — Les massifs anciens et les bassins de l’Afrique 225 occidentale

— 69. — Répartition des Ergs 245

— 70. — Ergs morts 250

— 71. — Le Tin Hamor et le Telaouas 262

— 72. — Le plateau d’Adjellela 262

— 73. — Montagne d’Aoudéras 263

— 74. — Adr’ar’ Ohrsane 264

— 75. — Microgranites de Gouré 266

— 76. — Coupe au nord de Gouré 267

— 77. — Roches d’épanchement et roches alcalines de 269 l’Afrique du Nord

— 78. — Plateaux de Tamaské 274

— 79. — Un plateau de grès du Niger, en aval de Gao 275

— 80. — Un bloc de granite sur les bords du Niger 277

* * * * *

CARTES ET COUPES HORS TEXTE

I. — Coupes géologiques.

II. — Esquisse hypsométrique du Sahara central et de sa bordure soudanaise.

III. — Esquisse géologique du Sahara central et de sa bordure soudanaise.

TABLE DES PLANCHES HORS TEXTE * * * * *

Entre les pages

Planche I. — 1. Chaos granitique. Adr’ar’ des 2-3 Ifor’as

2. Granite porphyroïde à Iférouane (Aïr).

— II. — 3. Adr’ar’ des Ifor’as. Terrain archéen 2-3

4. — Le pli couché de l’oued Tesamak.

— III. — 5 et 6. Grès dévoniens à Tin Ghaor 10-11

— IV. — 7. Ahaggar. Un confluent près d’In 30-31 Amdjel

8. Ahaggar. Village de Tit.

— V. — 9. Adr’ar’ des Ifor’as. Un col au sud 48-49 de Timiaouin

10. Un oued de l’Adr’ar’ des Ifor’as.

— VI. — 11. Kori Tin Teboirak 56-57

12. Une cascade près d’Aoudéras.

— VII. — 13. Le kori d’Aoudéras après l’orage 56-57

14. Près d’Aoudéras (Aïr).

— VIII. — 15. Cases du village d’Aguellal 62-63

16. Le massif et le village d’Aoudéras.

— IX. — 17. Le puits de Tinchamane, Agadez 62-63

18. Les doums dans un kori d’Aïr.

— X. — 19. Un puits à bascule d’Aoudéras 68-69

20. Un kori d’Aïr.

— XI. — 21. La palmeraie d’Iférouane 68-69

22. La mosquée d’Agadez.

— XII. — 23. La falaise de Tigueddi 78-79

24. Le village de Dogon Doutchi.

— XIII. — 25. Le Niger à Niamey 96-97

26. Le puits du village d’Yéni.

— XIV. — 27. Dallol Busso, à Yéni 108-109

28. Ruines de la mosquée de Gao.

— XV. — 29. Zone sahélienne. — Tegama 142-143

30. Zone sahélienne. — Région de Gao.

— XVI. — 31. Une halte dans la région de Gao 142-143

32. Un Tamat (_Acacia arabica_).

— XVII. — 33. _Mentha sylvestris_, forme 160-161 saharienne ; forme des environs de Paris

— XVIII. — 34. _Veronica Anagallis_. — _Cynodon 160-161 dactylon_ ; formes sahariennes et formes des environs de Paris

— XIX. — 35. Une prairie de Kram-Kram (zone 160-161 sahélienne)

36. Une mare chez les Oulimminden.

— XX. — 37 et 38. L’étang permanent de Keïta 170-171

— XXI. — 39 et 40. Mares d’hivernage dans la zone sahélienne 170-171

— XXII. — 41. Végétation d’Afernane 170-171

42. Pâturage d’Askaf.

— XXIII. — 43. La dune de Nouakchott 176-177

44. Bir El Aïoudj.

— XXIV. — 45. Le poste de Bemba 176-177

46. Palmiers « bour ».

— XXV. — 47. Zone sahélienne. Halte sous un Gao 176-177

48. — Bouquet d’arbres.

— XXVI. — 49 et 50. Pâturage dans la région d’Araouan 184-185

— XXVII. — 51 et 52. Canaris à Mil 184-185

— XXVIII. — 53. Groupe de Touaregs (Région de Gao) 208-209

54. Un Lamentin.

— XXIX. — 55. Femmes Kel Akara 208-209

56. Une fille de El Hadj Moussa.

— XXX. — 57. Femme Kel Tadélé 214-215

58. Femmes Hoggar.

— XXXI. — 59. Le Rastamala, représentant du chef 214-215 des Kel Ferouan

60. Femme d’Oanella, chef des Hoggar.

— XXXII. — 61. Tente touareg 218-219

62. Campement de Bellah. Bords du Niger.

— XXXIII. — 63. Campement de Bellah. Boucle du Niger 218-219

64. — Près de Gao.

— XXXIV. — 65. Chalands sur le Niger. Région de Gao 226-227

66. La vallée du Niger, vue du poste de Bourem.

— XXXV. — 67. In Zize. Ravin 258-259

68. In Zize. Aguelman.

— XXXVI. — 69. Le ksar de Bou Djebiha 298-299

70. Le ksar d’Araouan.

— XXXVII. — 71. Le ksar de Taoudenni 298-299

72. Une place à Taoudenni.

— XXXVIII. — 73. Le village d’Agorgott 298-299

74. Une caravane dans le poste de Tinchamane.

TABLE DES MATIÈRES * * * * *

CHAPITRE I

=LA PÉNÉPLAINE CENTRALE DU SAHARA= 1

I. — _Constitution géologique_, 1. — Archéen, 2. — Silurien, 4. — Dévonien, 7. — Carbonifère, 11. — Extension des terrains anciens vers le Sud, 12. — Rebroussement des plis, 18.

II — _Les Régions_, 18. — Les Tanezrouft, 20. — Leurs points d’eau, 26. — L’Ahaggar, 29. — Orographie, 29. — Hydrographie, 35. — Les villages, 37. — Les Nomades, 44. — L’Adr’ar’ des Ifor’as, 47. — Orographie, 48. — Hydrographie, 49. — Les villages, 52. — Les Ifor’as, 53. — Adr’ar’ Tiguirirt, 55. — L’Aïr, 56. — Orographie, 56. — Hydrographie, 61. — Les villages, 64. — Histoire, 69. — Les habitants, 70.

CHAPITRE II

=LES HAUTES PLAINES DU SOUDAN= 75

I. — _Structure géologique_, 75. — Crétacé inférieur, 76. — Crétacé supérieur, 88. — Éocène, 94. — Miocène, 96. — Extension géographique, 97.

II. — _Les Pays_, 104. — Nomades, 105. — Adr’ar’ de Tahoua, 107. — Djerma, 108. — Tessaoua, 109. — Demagherim, 110. — Damergou, 112. — Mounio, 113. — Koutous, 114. — Alakhos, 116. — Manga, 117. — Kaouar, 117. — Fachi, 119. — Iles du Tchad, 120.

CHAPITRE III

=MÉTÉOROLOGIE= 122

I. — _Le Climat_ 122

II. — _La Brume_ 136

CHAPITRE IV

=CHOROLOGIE= 142

I. — _Géographie botanique_, 142. — Les grandes zones, 142. — Zone sahélienne, 146. — Zone saharienne, 154. — Les adaptations, 163 (les plantes grasses, 166 ; les lianes, 167 ; les graines, 168 ; défense contre les animaux 170). — Les cultures, 170 (cultures irriguées, 174). — Remarques sur quelques espèces, 179.

II. — _Géographie zoologique_, 192. — Cœlentérés, 192. — Insectes, 192 (termites, 193 ; insectes des tanezrouft, 194). — Crustacés, 195. — Mollusques, 195. — Batraciens et reptiles, 197. — Oiseaux, 198 (l’Autruche, 199). — Mammifères, 200. — La chasse, 202. — Les troupeaux, 203 (chèvres et moutons, 203 ; bœufs, 203 ; chevaux, 204 ; ânes, 204 ; chameaux, 205). — Les hommes, 209 (les Touaregs, 212 ; l’habitation, 217).

CHAPITRE V

=HYDROGRAPHIE ANCIENNE= 220

Le Taffassasset, 221. — Le bassin de Tombouctou et le moyen Niger, 222. — Le bassin d’Ansongo, 229. — Le Tchad et le Bahr El Ghazal, 232.

CHAPITRE VI

=LES DUNES FOSSILES= 243

Les extensions du désert, 243. — Les ergs morts, 244. — Leur âge, 252.

CHAPITRE VII

=QUELQUES QUESTIONS TECHNIQUES= 256

I. — _Roches_, 256. — Roches anciennes, 256. — Roches éruptives récentes, 258 (In Zize, 259 ; Ahaggar, 261 ; Aïr, 263 ; Mounio, 265 ; Zinder, 266 ; Melfi, 267 ; Fita, 267). — Provinces pétrographiques à roches alcalines, 268.

II. — _Latérites_, 270. — Grès ferrugineux, 273. — Produits de décalcification, 274.

III. — _Salines_, 278. — Taoudenni, 278 ; — Bilma, 282 ; — Les Teguiddas, 282 ; — Terre d’Ara, 283 ; — Manga, 284 ; — Folé, 284.

IV. — _Les Agents désertiques_, 285. — Érosion éolienne, 285. — Insolation, 290.

CHAPITRE VIII

=LE COMMERCE= 292

Le commerce transsaharien, 292. — Le commerce saharien, 296. — L’avenir, 298.

APPENDICES

I. — LA CARTOGRAPHIE DU SAHARA 305

II. — NOTES COMPLÉMENTAIRES SE RAPPORTANT AU TOME II (_Sahara soudanais_) 308

III. — NOUVELLES NOTES COMPLÉMENTAIRES SE RAPPORTANT AU TOME I (_Sahara algérien_) 309

INDEX ALPHABÉTIQUE DES TOMES I ET II 311

TABLE DES FIGURES ET CARTES 321

TABLE DES PLANCHES HORS TEXTE 323

* * * * * 1396-08. — Coulommiers. Imp. PAUL BRODARD. — 4-09.

Note du transcripteur :

Page 2, " juxaposition des plis " a été remplacé par " juxtaposition "

Page 3, " ne permettrent que bien " a été remplacé par " permettent "

Page 43, " chaque annéee à des échanges " a été remplacé par " année "

Page 56-57, phot. 14, " PRÈS D’AOUDERAS (AIR). " a été remplacé par " D’AOUDÉRAS (AÏR) "

Page 62-63, phot. 15, 16 et 18, " AIR " a été remplacé par " AÏR "

Page 68-69, phot. 20 et 21, " AIR " a été remplacé par " AÏR "

Page 83, " que l’onur pora faire " a été remplacé par " l’on pourra "

Page 99, " sont recou-couvertes par " a été remplacé par " recouvertes "

Page 120, " il est vraisemblabe " a été remplacé par " vraisemblable "

Page 135, " apparaissent le le plus " a été remplacé par " apparaissent le plus "

Page 143, " _Elœis_ " a été remplacé par " _Elæis_ "

Page 150, fig 60, " _Balanites ægyptiacal_ " a été remplacé par " _Balanites ægyptiaca_ "

Page 159, " _Limnoniastrum Guyonianum_ " a été remplacé par " _Limoniastrum_ "

Page 160, " _Retama Retem_ Wobb. " a été remplacé par " Webb. "

Page 170, " _Dæmia cordata_ " a été remplacé par " _Dœmia_ "

Page 178, " _Phelipœa lutœa_ Desf. " a été remplacé par " _Phelipæa lutea_ "

Page 178, " _Pennisetum dicothomum_ " a été remplacé par " _dichotomum_ "

Page 179, " avaient pénible-blement amassé " a été remplacé par " péniblement "

Page 181, note 127 " Betham et Hooker " a été remplacé par " Bentham "

Page 186, " dont _Rœtama_ " a été remplacé par " _Retama_ "

Page 190, " _Chamœrops humilis_ L. " a été remplacé par " _Chamærops_ "

Page 205, " l’_Equus tœniopus_ " a été remplacé par " _tæniopus_ "

Page 214-215, phot. 59, " SULTAN D’AIR " a été remplacé par " D’AÏR "

Page 216, " l’Aïr [Pl. XXXIX à XXXI] " a été remplacé par " [Pl. XXIX à XXXI] "

Page 223, " la caurie (_Cyprœa_) " a été remplacé par " _Cypræa_ "

Page 225, fig. 68, " l’Afrique ocidentale " a été remplacé par " occidentale "

Page 230, " partout allieurs ses limites " a été remplacé par " ailleurs "

Page 248, " origine (cf. chap. VIII, II) " a été remplacé par " chap. VII, "

Page 250, " (Pl. XXXIII, phot. 43) " a été remplacé par " Pl. XXIII "

Page 256 la référence absente à la note 176 a été placée après " I. — =ROCHES= "

Page 257, " belles lentillles " a été remplacé par " lentilles "

Page 286 (après page 285) changé le numéro de page de 266 à 286.

Page 297, " plus qn’une seule " a été remplacé par " qu’une "

Page 311, " Adr’ar’ Ahnet, I, 10, 291, 310, 319, 321, 325, Pl. XLIX, X ; " a été remplacé par " Pl. XLIX, L, LI ; "

Page 312, " Azaouad, II, 109, 224, 225, 328. " a été remplacé par " Azaouad, I, 328 ; — II, 109, 224, 225. "

Page 312, " Bahoria, II, 286. " a été remplacé par " Baharia "

Page 312, " Bakoq, II, 13. " a été remplacé par " Bakoy "

Page 312, " Chehed, I, 64, Pl. XVII. " a été remplacé par " Pl. XIII. "

Page 315, "Ifor’as, I, 113, 128, 350 ; — II, 53, 212, 328." a été remplacé par "Ifor’as, I, 113, 128, 328, 350 ; — II, 53, 212."

Page 319, " Tegant (erg), I, 47, 319 ; II, 303. " a été remplacé par " II, 252. "

Page 321, " [Températures de]— Niame " a été remplacé par " Niamey "

De plus, quelques changements mineurs de ponctuation et d’orthographe ont été apportés.