Mémoires touchant la vie et les écrits de Marie de Rabutin-Chantal, (1/6)
Part 25
[502] DUPLESSIS, _Mém._, t. LVII, p. 38.--ANQUETIL, t. IV, p. 10.
Mais ce torrent qui s'élançait avec tant d'impétuosité, et avec un fracas capable de faire croire à quiconque le considérait de loin qu'il allait tout submerger, se dispersait après sa chute dans un si grand nombre de lits différents, et se subdivisait en tant de petites rigoles, que vu de près il cessait de paraître redoutable.
C'est qu'aucun événement peut-être ne produisit une péripétie plus grande que celle qu'occasionna le retour de Mazarin en France. Tous les partis se trouvèrent par là placés dans des positions si bizarres et si monstrueuses; les intérêts particuliers, les passions, les haines des différents acteurs de ce grand drame firent éclore subitement une telle multitude d'intrigues, que, malgré les dépositions et les aveux de presque tous ceux qui y jouèrent les principaux rôles, et les minutieux détails où ils sont entrés dans leurs Mémoires, les historiens n'ont pas su les démêler toutes, et par conséquent n'ont pu les exposer avec clarté.
Le parlement rendait des arrêts[503] et envoyait des commissaires pour arrêter Mazarin dans sa marche; mais en même temps, instruit par le passé et en garde contre les funestes résultats de ses emportements, redoutant les princes et leur domination, il ne voulait pas qu'aucune atteinte fût portée aux droits du roi. Il refusait d'autoriser la saisie des deniers publics[504], et il interdisait toute levée de soldats qui n'était pas faite au nom du roi; ce qui était accorder au seul Mazarin la faculté de se recruter[505]; le parlement s'effrayait à la seule proposition d'un arrêt d'union avec les autres cours souveraines, croyant déjà voir par là renouveler les scènes tumultueuses de la première Fronde. Cependant il implorait en même temps l'appui du duc d'Orléans, et il acceptait le secours des troupes qui étaient à sa disposition. Pourtant Gaston, ayant cessé d'être lieutenant général, ne pouvait légalement lever des troupes et commander une armée sans le consentement du roi, devenu majeur. Le parlement proscrivait Condé et ses adhérents, qui s'étaient armés pour repousser Mazarin. Le duc d'Orléans, de son côté, aurait voulu s'unir intimement au parlement, et ne pas enfreindre les lois du royaume[506]: il faisait alliance avec Condé, et se compromettait pour lui, en prenant sous sa protection les troupes que Nemours avait été chercher en Flandre chez les Espagnols[507]. Tout en détestant l'étranger, il favorisait l'exécution du traité que Condé avait contracté avec lui; il s'en rendait complice. Il dissimulait avec les amis des lois, qui avaient mis en lui toutes leurs espérances, et ne répondait que par des subterfuges et des assertions mensongères aux discours éloquents du vertueux Talon. Il se trouvait entraîné dans toutes ces démarches par la nécessité de pourvoir au plus pressé, en repoussant Mazarin; mais comme il ne craignait rien tant que l'élévation de Condé en le secondant contre Mazarin, il cherchait à lui nuire dans le parlement, dans le peuple, et dans son propre parti.
[503] TALON, _Mém._, t. LXIX, p. 305, 326.--NEMOURS, t. XXXIV, p. 521.
[504] MONTPENSIER, t. XLI, p. 3.--RETZ, t. XLVI, p. 6, 14, 17.
[505] TALON, t. LXIX, p. 326.
[506] RETZ, t. XLVI, p. 13.--MONGLAT, _Mém._, t. L, p. 317, 330.--LA ROCHEFOUCAULD, t. LII, p. 110.--RETZ, _Mém._, t. XLVI, p. 24, 30.
[507] TALON, _Mém._, t. LXIX, p. 317 et 318.--LA ROCHEFOUCAULD, t. LII, p. 110.
Condé, entraîné à organiser la guerre civile avec des partisans divisés entre eux, d'une fidélité douteuse, fut obligé de combattre, avec des recrues à peine instruites, à peine enrégimentées, les meilleures troupes de l'Europe[508], celles-là même qui avaient vaincu sous lui. Il lui fallut soutenir son parti par sa seule personne, faire taire toutes ses répugnances, changer toutes ses anciennes combinaisons, toutes ses habitudes. Il voulait dominer, et arracher des places et de l'argent pour une noblesse altière et avide qui se dévouait pour le servir; et tous les moyens lui semblaient bons, parce qu'il éprouvait le besoin d'avoir recours à tous. L'adversité le mettait dans la nécessité de faire violence à son caractère, naturellement impérieux, peu affable, impatient de toute contrainte[509]. Proscrit par le parlement de Paris, il cherchait à s'en faire un appui, en s'associant à lui dans sa haine contre Mazarin. Détesté de la reine, qu'il avait outragée, il négociait en secret avec elle; et pour la gagner, il consentait à la rentrée de Mazarin en France et à son maintien au ministère, mais avec de telles conditions, que si on les avait acceptées, le roi se serait trouvé sous sa domination. Ennemi personnel de Gondi, il concluait un traité avec le duc d'Orléans, par lequel il consentit que Gondi restât son conseil et conservât toute sa confiance. Plein de mépris pour toutes les influences populaires, il cherchait à se faire un parti dans la Fronde, et donnait à celui qui en était le chef, au duc de Beaufort, le commandement d'un de ses corps de troupes.
[508] RETZ, t. XLVI, p. 52.
[509] MONGLAT, _Mém._, t. L, p. 318.--CHAVAGNAC, _Mém._, 1699, in-12, t. I, p. 131.
De son côté, la Fronde, ou les populations bourgeoises qui la formaient, se montraient également opposées à Mazarin et aux princes. Il faut cependant en excepter Bordeaux, où ces derniers s'étaient retires, et s'étaient formé un parti; mais ils n'étaient pas les maîtres de cette ville, et c'était plutôt la haine contre le duc d'Épernon, que leur inclination pour les princes, qui avait poussé les Bordelais à la révolte. Les autres principales villes du royaume eussent montré, si elles en avaient eu l'occasion, les mêmes dispositions que Paris et Orléans, qui toutes deux, en haine de Mazarin comme de Condé, refusèrent l'entrée de leurs remparts aux troupes du roi ainsi qu'à l'armée des princes. Cependant l'esprit d'opposition protestante qui dominait dans le midi fit beaucoup de partisans à Condé dans cette partie de la France; et Chavagnac nous apprend qu'il n'eut pas alors plus de peine à lever un régiment pour ce prince que si c'eût été pour le roi[510]. Il eût fallu au peuple des chefs puissants, pour qu'il pût intervenir entre ces ambitions rivales d'une manière utile pour lui; mais tous ceux qui auraient pu se mettre à sa tête, tels que le duc de Bouillon et Turenne, s'étaient rangés du côté de la cour. En général, presque tous les grands personnages politiques de cette époque avaient des intérêts différents de ceux des partis qu'ils avaient embrassés. Voilà pourquoi on ne peut démêler les fils de ce drame compliqué qu'en entrant dans les détails de la vie privée de chacun des principaux acteurs, et en s'instruisant des motifs qui les faisaient agir.
[510] CHAVAGNAC, _Mémoires_, 1699, in-12, t. I, p. 113, 141.
Gondi, dont la nomination au cardinalat n'était pas encore confirmée par le pape, agissait de manière à ce que la cour n'eût aucun prétexte pour la révoquer. Quoiqu'il n'eût point cessé de fréquenter l'hôtel de Chevreuse, il savait qu'il n'y était plus sur le même pied qu'auparavant; il n'ignorait pas que la duchesse de Chevreuse, entraînée par des nécessités de fortune dans le parti de Mazarin, ne se conduisait plus que par les conseils de l'abbé Fouquet; que sa fille, jalouse de la princesse Palatine[511], et irritée des fréquentes visites qu'il lui avait faites, avait, par dépit et par vengeance, redit à la reine les plaisanteries qu'il s'était permises sur son compte. Ainsi Gondi, ayant dans Mazarin et dans Anne d'Autriche deux ennemis personnels, ne pouvait les empêcher de lui nuire qu'en continuant de se montrer pour la cour un allié fidèle, mais prêt à être un antagoniste redoutable si on l'y contraignait, en manquant aux promesses qui lui avaient été faites. C'est pourquoi il s'attachait à se rendre maître de l'esprit du duc d'Orléans, et qu'il le fit résoudre à armer contre Mazarin et à réunir ses troupes à celles de Condé[512]. Il aurait bien désiré exercer sur le parti dont celui-ci était le chef la même influence que sur celui d'Orléans; mais l'aversion que les dernières luttes avaient fait naître à son égard dans le cœur de Condé n'était pas le seul obstacle qui s'y opposait. La Rochefoucauld, Chavigny, la duchesse de Longueville, avaient tous trois l'ambition de diriger ce parti; et quoiqu'ils ne fussent pas toujours d'accord entre eux, ils l'eussent été pour empêcher que Gondi, qu'ils haïssaient et dont ils redoutaient les talents, pût entrer en partage de l'ascendant qu'ils avaient pris dans le conseil de Condé[513]. Aussi Gondi, quoiqu'il cherchât à rendre l'armée commandée par Condé assez forte pour repousser celle de Mazarin, s'efforçait d'un autre côté à ruiner le parti de ce prince dans le parlement et dans le peuple. Pour cet effet il s'était étroitement uni avec la princesse Palatine et avec madame de Rhodes: celle-ci avait fait nommer le maréchal de l'Hospital, son beau-père, au gouvernement de Paris; et Gondi disposait du prévôt des marchands, son ami intime[514]. Ainsi toutes les hautes autorités de la capitale étaient dévouées à la cour et à Gondi; mais les agents de Condé animaient le peuple contre Gondi[515]: de sorte qu'il n'osait plus sortir qu'entouré d'une escorte de gentils-hommes armés qui faisaient partie de sa maison ou qui s'étaient déclarés ses partisans[516].
[511] GUY-JOLY, t. XLVII, p. 208 à 211.
[512] RETZ, t. XLVI, p. 55.--GUY-JOLY, t. XLVII, p. 210.
[513] LA ROCHEFOUCAULD, t. LII, p. 211.
[514] GUY-JOLY, t. XLVII, p. 207, 208.--TALON, t. LXII, p. 851.
[515] RETZ, t. XLVI, p. 30, 33, 49.
[516] LORET, liv. III, p. 46; _Gazette_ du 7 avril 1652.
Ces divisions parmi les frondeurs occasionnaient des émeutes, où, selon sa coutume, la populace ne distinguait ni amis ni ennemis. Ainsi l'on se jeta sur le carrosse de la comtesse de Rieux, quoique son mari se fût déclaré contre Mazarin[517]; on attaqua celui du président Thoré[518]; le marquis de Tonquedec, ami de madame de Sévigné, fut dépouillé et outragé; on voulait piller l'hôtel de Nevers, qui appartenait à Duplessis-Guénégaud, bien connu pour être partisan de Mazarin[519]. Le peuple maltraitait les personnes qui par ruse cherchaient à sortir de Paris; il poursuivit pour ce motif deux filles de la reine, Ségur et Gourdon, leur enleva tout ce qu'elles emportaient avec elles, et voulait brûler la maison où elles s'étaient réfugiées[520]. Elles furent obligées de se faire reconduire au Luxembourg, chez le duc d'Orléans, qui leur donna les moyens d'aller rejoindre la cour. Les duchesses de Bouillon et d'Aiguillon coururent aussi les plus grands dangers en faisant une semblable tentative[521]. Dans le même temps la populace forçait les portes de la Conciergerie; et tandis que les prisonniers et les criminels étalent ainsi rendus à la liberté, Paris était devenu pour ses habitants les plus inoffensifs une vaste prison.
[517] RETZ, t. XLVI, p. 48 et 70.
[518] LORET, liv. III, p. 86 et 88, du 23 et 25 juin 1652.
[519] GUY-JOLY, _Mém._, t. XLVII, p. 213, 214.--TALON, _Mém._, t. LXII, p. 151.--CONRART, t. XLVIII, p. 55, 56, 59.
[520] LORET, liv. III, p. 69, 70; du 26 mai 1652.
[521] LORET, _Muse historique_, liv. III, p. 66; du 19 mai 1552.--CONRART, _Mém._, t. XLVIII, p. 56.
Des raisons d'étiquette et de préséance empêchaient Gondi de siéger au parlement jusqu'à ce que sa nomination au cardinalat eût été confirmée; mais sa double opposition contre Mazarin et contre Condé, l'affaiblissement de son crédit parmi le peuple, lui avaient fait regagner toute son influence sur cette puissante compagnie; et il l'exerçait par le moyen du duc d'Orléans, qui avait une grande facilité d'élocution, et dont il dirigeait toutes les démarches. Toutefois, l'ascendant que Gondi avait reconquis sur le parlement était accompagné de beaucoup de défiance. On redoutait les entraves que ses intérêts privés pouvaient apporter à la pacification générale, que l'on désirait vivement. Il fut sur le point de manquer le but qu'il se proposait par toutes ces manœuvres. Mazarin et la reine avaient fait écrire par le roi au pape pour révoquer sa nomination au cardinalat; et ils avaient, en envoyant cette dépêche au bailli de Vallançay, l'ambassadeur de France à Rome, autorisé celui-ci à solliciter le chapeau pour lui-même. Le ressentiment des obstacles que Gondi apportait à la réconciliation de Gaston avec la cour, et des conseils qu'il avait donnés à celui-ci, avait été la cause de cette nouvelle détermination de Mazarin et de la reine. On faisait valoir auprès du pape, pour la justifier, les liaisons de Gondi avec les jansénistes et la licence de ses mœurs: ces deux motifs publics et notoires semblaient ne devoir laisser aucun doute sur l'issue de cette affaire, car déjà les jansénistes, devenus assez puissants pour paraître redoutables, étaient détestés à Rome[522]. Cependant Innocent X, instruit secrètement du contenu de la dépêche de la cour de France avant qu'on ne la lui eût fait connaître officiellement, se hâta de tenir un conclave le 22 février 1652, et y préconisa Gondi au cardinalat; de sorte que la cour de France se vit forcée de considérer sa révocation comme non avenue, de supprimer la dépêche envoyée à son ambassadeur, et de paraître satisfaite de la confirmation de sa propre nomination[523]. Ce résultat fut produit par l'antipathie personnelle du pape contre Mazarin, qu'il avait connu à Rome avant son élévation; par l'opinion qu'on avait en Italie de la prochaine et inévitable chute de ce ministre; et encore plus peut-être par une révolution de palais qui substitua à l'influence qu'exerçait la princesse Olympie, celle de la princesse Rossane, qu'avait épousée le neveu du pape, et que Gondi avait su gagner par des présents. L'abbé Charrier, son agent principal à Rome, sut mettre habilement à profit tous ces moyens, et conduisit avec adresse cette négociation, dont le succès causa une surprise générale.
[522] GUY-JOLY, _Mém._, t. XLVII, p. 208.
[523] LORET, t. III, p. 33, _lettre_ du 3 mars 1652.--BRIENNE, t. XXXVI, p. 205.--RETZ, t. XLVI, p. 40.--MONGLAT, t. L, p. 328.--NEMOURS, t. XXXIV.--GUY-JOLY, t. XLVII, p. 207.
On ne peut s'empêcher de reconnaître que le cardinal de Retz déploya dans le cours de tous ces événements de prodigieux talents. On s'étonne de la multiplicité de ses combinaisons, mais on peut douter qu'elles fussent bien réfléchies et toutes propres à concourir au but. Il s'était aliéné la duchesse de Chevreuse et la princesse de Guémené, qui, aussi, s'était tournée du côté de la cour. Il avait offensé la reine, exaspéré Mazarin; il excitait la défiance du parlement; il ne satisfaisait pas les frondeurs, n'obtenait du duc d'Orléans, et avec des peines infinies, qu'une confiance imparfaite[524]; et enfin il s'était fait du vainqueur de Rocroi et de Lens un ennemi mortel[525]. Il semblait que Gondi ne se trouvât bien que dans les agitations et les intrigues, et qu'il se plût à les faire naître; semblable à ces gladiateurs qui appellent des adversaires au combat, et aiment à en voir accroître le nombre, afin de faire admirer plus longtemps leur adresse et leur énergie dans la lutte. Gondi, emporté par la fougue de ses passions, leur sacrifiait trop souvent ses intérêts; Mazarin, sans haine comme sans affection, ne se laissait jamais distraire des siens[526].
[524] RETZ, t. XLVI, p. 55.--GUY-JOLY, t. XLVII, p. 212.
[525] MONGLAT, t. L, p. 338.
[526] DUPLESSIS, _Mémoires_, t. LVII, p. 384.--LA FARE, t. LXV, p. 144.
Châteauneuf, aussitôt après l'arrivée de Mazarin à Poitiers, avait pris le parti de la retraite[527]; et depuis le retour du premier ministre on remarqua plus d'ensemble et plus de secret dans les résolutions du conseil; ses résolutions furent suivies d'une plus rapide exécution. Chavigny, à Paris, s'était fait l'agent du parti de Condé. Une ambition plus élevée que celle de la réussite de ce parti le faisait agir. Chavigny, formé aux affaires par Richelieu, et pour lequel ce grand homme avait une tendresse toute paternelle, ne pouvait oublier que Mazarin lui devait son élévation[528]. Appelé un instant au ministère par la politique d'Anne d'Autriche, Chavigny voulait y rentrer. Il était le plus redoutable ennemi de Gondi, et comme chef du parti de Condé, et comme lui disputant la confiance de Gaston, sur l'esprit duquel Chavigny avait de l'influence. De concert avec le duc de Rohan, la duchesse d'Aiguillon et Fabert, il forma le dessein d'un traité entre les princes et Mazarin; et au moyen de l'alliance que Condé avait formée avec les Espagnols, il voulait conclure ensuite la paix générale. Comme alors il eût été le principal négociateur de cette paix et le premier auteur d'un si grand bienfait, il espérait acquérir par là une autorité assez grande dans le cabinet et dans les conseils pour expulser Mazarin et prendre sa place. Mais Condé s'aperçut bientôt que Chavigny, dans ses conférences avec le premier ministre, ne se conformait pas à ses instructions; il lui retira sa confiance, et, sans l'en prévenir, il se servit pour ces négociations de Gourville, de La Rochefoucauld et de la duchesse de Châtillon[529].
[527] DUPLESSIS, _Mém._, t. LVII, p. 381.--LORET, liv. III, p. 20, _lettre_ du 11 février 1652.
[528] CONRART, t. XLVIII, p. 69.--MONGLAT, t. L, p. 338.
[529] LA ROCHEFOUCAULD, _Mém._, t. LII, p. 128, 148, 150.--CONRART, t. XLVIII, p. 70.