Mémoires touchant la vie et les écrits de Marie de Rabutin-Chantal, (5/6)
Part 12
[307] SÉVIGNÉ, _Lettres_ (24 avril 1672), t. II, p. 475, édit. G.; t. II, p. 400, édit. M.
[308] SÉVIGNÉ, _Lettres_ (13 décembre 1677), t. V, p. 464, édit. G.; t. V, p. 288, édit. M.
[309] BUSSY, _Lettres_, édit. 1737, in-12 (3 mars 1680), t. IV, p. 425.--(13 novembre 1688), t. VI, p. 317.--SÉVIGNÉ, _Lettres_ (25 février et 3 novembre 1688), t. VIII, p. 156 et 414, édit. G.
[310] SÉVIGNÉ, _Lettres_ (4 octobre 1680), t. VII, p. 231, édit. G.--_Ibid._ (25 février 1686), t. VIII, p. 231, édit. G.; t. VII, p. 365, édit. M.
[311] SÉVIGNÉ, _Lettres_ (5 février 1690), t. X, p. 232, et tome I, p. CIX, édit. G.--(5 novembre 1691), t. IX, p. 486, édit. M.; t. X, p. 423, édit. G.--(10 mai et 7 juillet 1703), t. XI, p. 345 et 394, édit. M.
[312] LA BEAUHELLE, _Mélanges_, mss. cités par Monmerqué dans SÉVIGNÉ, _Lettres_, t. VII, p. 366.
Sa sœur, Marie-Thérèse de Bussy-Rabutin, était filleule de madame de Sévigné; Bussy l'avait fait recevoir chanoinesse au chapitre de Remiremont; elle était pour lui un correspondant très-habile. Six semaines avant le dîner dont parle madame de Sévigné dans sa lettre du 14 octobre, Marie-Thérèse avait écrit de Paris à son père pour lui rendre compte de la sanglante victoire remportée par le prince de Condé à Senef; elle le fit avec une exactitude de détails qu'auraient enviée le plus soigneux gazetier et l'écrivain le plus exercé aux narrations des batailles. Ce fut elle qui annonça à Bussy que Sévigné avait été, dans ce combat, blessé à la tête, et qu'à cause du grand nombre d'officiers et de soldats tués on devait convoquer l'arrière-ban[313]. Marie-Thérèse, en 1677, fut mariée à Louis de Madaillan de Lesparre, seigneur de Montataire, marquis de Lassay. Bussy eut à se louer de son gendre, quoique son caractère parût s'accorder peu avec le sien[314]. Par sa capacité pour les affaires madame de Montataire fut, avant et depuis son mariage, très-utile à sa mère, particulièrement dans l'important procès que celle-ci eut à soutenir contre Gabrielle d'Estrées de Longueval, veuve du maréchal d'Estrées, et Françoise de Longueval, chanoinesse de Remiremont, pour partager des biens de son aïeul maternel[315].
[313] BUSSY, _Lettres_ (14 août 1674), t. IV, p. 136--_Suite des Mémoires de_ BUSSY, ms., p. 80. Avant de transcrire dans ses _Mémoires_ cette lettre tout à fait historique et très-instructive, Bussy dit: «Deux jours après que j'eus écrit cette lettre (la lettre à madame de Sévigné du 16 août 1674, qu'on a mutilée), je reçus celle-ci de ma fille de Rabutin, dame de Remiremont.»
[314] BUSSY, _Discours à ses enfants_; 1694, in-12, p. 441.--SÉVIGNÉ, _Lettres_ (2 juillet 1690), t. IX, p. 389, édit. M.
[315] Voyez MONMERQUÉ dans les notes sur Sévigné, t. VI, p. 355; t. VII, p. 108; et t. VIII, p. 71 et 417, édit. G.; p. 138, édit. M. (26 juin et 14 novembre 1688).--SAINT-SIMON, _Œuvres complètes_, t. X, p. 77.--SAINT-SIMON, _Mém. authentiques_, 1829, in-8º, t. V, p. 305.--SÉVIGNÉ, _Lettres_, édit. G., t. V, p. 5; VI, 335; VII, 84; X, 291. L'arrêt du 30 mai et du 31 janvier 1689 donna gain de cause à la comtesse de Bussy.
Le jeune frère de madame de Montataire et du marquis de Bussy (Michel Celse-Roger de Rabutin), qui n'était au temps dont nous parlons âgé que de six à sept ans, appartient plutôt au dix-huitième siècle qu'au siècle de Louis XIV. C'est cet homme aimable et spirituel, ami de Voltaire et de Gresset, renommé comme le _Dieu de la bonne compagnie_ (de cette époque!), qui fut académicien sans œuvre et évêque sans piété. Élevé au séminaire, il fut peu connu de madame de Sévigné. Bussy apprend à sa cousine que le roi a donné à ce fils un prieuré de deux mille livres; qu'il a soutenu sa thèse en Sorbonne avec l'approbation générale et qu'il a surtout obtenu le suffrage du P. la Chaise[316]. Ce fut ce fils de Bussy qui, devenu évêque de Luçon, contribua le plus à la publicité des lettres de madame de Sévigné à sa fille[317]: il devait trouver place dans ces Mémoires.
[316] SÉVIGNÉ, _Lettres_ (3 mars 1690), t. X, p. 237, édit. G.; t. IX, p. 339, édit. M.
[317] MONMERQUÉ, _Notice bibliographique des différentes éditions des Lettres de madame de Sévigné_, dans l'édition de Sévigné, 1820, in 8º, t. I, p. 23.
Ces trois enfants de Bussy étaient nés de Louise de Rouville de Clinchamp, sa seconde femme, qu'il avait épousée en 1650. Louise de Rouville était peu goûtée de madame de Sévigné, probablement parce qu'elle montrait peu d'esprit et qu'elle s'occupait uniquement de ses enfants et des intérêts de sa famille[318]. Madame de Sévigné négligeait même de répondre aux lettres qu'elle en recevait, ou n'y répondait qu'indirectement dans les lettres qu'elle adressait à Bussy. Quand une seule fois elle en agit autrement, c'est pour lui témoigner sa surprise d'avoir reçu d'elle, en si bons termes, une invitation de s'arrêter dans son château lorsqu'elle traversait la Bourgogne pour aller en Provence, et c'est avec ce ton d'assurance et de supériorité d'une femme de la cour s'adressant à une provinciale: «Est-ce ainsi que vous écrivez, madame la comtesse? Il y a du Rouville et du Rabutin dans votre style.» La comtesse de Rabutin ménageait beaucoup madame de Sévigné, à cause des bontés qu'elle avait pour son fils aîné et du bien qu'elle en disait alors[319]. Madame de Sévigné a eu le tort de méconnaître le mérite de la comtesse de Bussy: c'était une épouse dévouée, une excellente mère et une femme d'une rare capacité pour les affaires; sollicitant sans cesse pour désarmer les ennemis de son mari, et attentive à exécuter toutes ses volontés[320]; suivant avec persévérance de longs et difficiles procès, et sachant les gagner. Bussy lui rendait justice, et il sait la lui faire rendre par sa cousine. Celle-ci lui avait écrit qu'elle craignait que la comtesse de Bussy ne se tirât mal d'une vente considérable de biens qu'elle avait à faire. Bussy répond:
«La peine que vous avez, ma chère cousine, à croire que madame de Bussy puisse faire vendre le bien de la maréchale d'Estrées, vient de ce que vous croyez que celle-ci a plus d'esprit que l'autre; et, en effet, il en pourrait être quelque chose: elle sait mieux vivre et parler; mais cela ne paye pas les dettes d'une maison, et madame de Bussy sait mieux les affaires, parce qu'elle s'y est plus appliquée[321].»
[318] BUSSY, _Discours à ses enfants_, 1694, Paris, in-12, p. 240.--Conférez _Mémoires sur Sévigné_, 2e édit., I, 204-205; II, 351.
[319] SÉVIGNÉ, _Lettres_ (7 juillet 1672), t. III, p. 93 et 94, édit. G.; t. III, p. 27 et 28, édit. M.
[320] _Suite des Mémoires de_ BUSSY (ms. de l'Institut), p. 110. Lettre de Bussy à Pellisson (25 mai 1675).
[321] SÉVIGNÉ, _Lettres_ (4 octobre 1680), t. VII, p. 231, édit. G.; t. VI, p. 478, édit. M.
Nos lecteurs se rappellent qu'outre les trois enfants de Louise de Rouville Bussy avait eu trois filles de sa cousine Gabrielle de Toulongeon[322], qu'il avait épousée le 8 avril 1643 et qu'il perdit quatre ans après[323]. Cette femme jolie, aimable et spirituelle, enlevée au monde à la fleur de l'âge, fut vivement regrettée de son mari et de madame de Sévigné, qui, par cette raison, eut pour ces aînées des enfants de Bussy une préférence que justifièrent leurs aimables qualités. Une de ces trois filles, Charlotte, était morte probablement en bas âge. Il en restait deux, qui, sous tous les rapports, faisaient honneur à la famille des Rabutin. Nous ne dirons rien de la plus âgée, Diane de Rabutin: celle-là, de tous les siens, avait «certes choisi la meilleure part.» Faite pour plaire par son esprit, par l'élégance et la gentillesse de ses manières, elle s'était consacrée à Dieu; elle était cette pieuse religieuse de Sainte-Marie de la Visitation[324] dont madame de Sévigné disait: «Je me hâte de l'aimer beaucoup, afin de n'être pas obligée de trop la respecter[325].» La plus jeune des filles de Bussy issues de Gabrielle de Toulongeon était Louise-Françoise, que nous avons fait connaître à nos lecteurs dans la quatrième partie de ces Mémoires[326]. Par les qualités de son esprit, par l'amabilité de son caractère, c'était, de toutes les filles de Bussy, la plus brillante, celle qui, par les charmes de sa conversation et de son style épistolaire, ressemblait le plus à madame de Sévigné. Elle a une large part dans la correspondance de Bussy avec sa cousine; et c'est afin que tout ce que nous dirons d'elle par la suite soit bien compris des lecteurs que nous nous sommes livré à ces détails sur tous les personnages qui composaient la famille de Bussy. On se rappelle comment Louise-Françoise (qu'on nommait exclusivement mademoiselle de Bussy parce qu'elle était l'aînée de toutes les filles de Bussy, pouvant être mariée) faisait tout l'agrément de la maison paternelle. Une passion funeste, dont nous aurons à considérer les phases sous leur véritable point de vue, lui acquit, à une certaine époque, une courte, mais malheureuse célébrité. Le séducteur qui en fit sa victime, dans un libelle écrit avec l'intention avouée de la diffamer[327] et de la rendre odieuse, a cependant tracé de Louise-Françoise, alors veuve du marquis de Coligny, le portrait suivant: «Madame de Coligny est de la plus belle taille du monde; son air est modeste, doux et majestueux. Rien ne déplaît de ce qu'elle montre, et tout ce qu'elle cache coûte à sa beauté. On la respecte quand on la voit, on l'aime dès qu'on la connaît; et les gens qui ne lui ont pas trouvé l'art de plaire n'avaient pas de quoi sentir qu'elle plaît sans art.»
[322] 1re partie des _Mémoires sur madame de Sévigné_, p. 101, ch. VII; 2e partie, p. 407, et 4e partie, p. 195 et 452.
[323] BUSSY, _Discours à ses enfants_, p 207.--_Ibid._, _Mémoires_, édit. d'Amsterdam, 1721, t. I, p. 93 et 125.
[324] _Nouvelles Lettres du comte_ DE BUSSY, t. V, p. 163.
[325] SÉVIGNÉ, _Lettres_ (17 mai 1671), t. II, p. 73, édit. G. (24 mai 1672), t. II, p. 75, édit. G., et t. II, p. 61 et 62, édit. M.--_Ibid._ (24 et 28 janvier 1672), t. II, p. 351 et 359; t. II, p. 303 et 304.--_Ibid._ (6 août 1675), t. III, p. 488, édit. G.; t. II. p 352, édit. M.
[326] Conférez la 4e partie des _Mémoires sur madame_ DE SÉVIGNÉ, p. 309, ch. IX. Nous avons dit dans cet endroit _la fille aînée de Bussy_, en parlant de Louise-Françoise, parce qu'elle était l'aînée de ses autres filles à marier; mais Diane de Rabutin, la religieuse, était de dix-huit mois plus âgée qu'elle.
[327] DE LA RIVIÈRE, réponse à Bussy, dans le _Recueil de pièces fugitives sur des sujets intéressants_, Rotterdam, Bradshaw, 1743, in-12, page 21. Nous aurons à réformer l'opinion commune sur la Rivière.
Nos lecteurs n'ont pas oublié comment le marquis de Coligny, qui s'était présenté pour épouser Louise-Françoise, fut écarté pour faire place aux prétentions du comte de Limoges, qui plut encore moins que Coligny à mademoiselle de Rabutin[328]. Après la mort du jeune comte de Limoges, Coligny, malgré le refus qu'il avait éprouvé, se remit sur les rangs; et Bussy, jugeant qu'il ne fallait pas laisser passer le temps opportun pour marier sa fille (elle avait vingt-huit ans et demi), agréa les propositions du jeune marquis. Madame de Sévigné eut indirectement connaissance de cette intention de Bussy, et elle interrogea son cousin pour savoir ce qui en était; il lui répondit[329]: «L'époux donc, ma cousine, est presque aussi grand que moi; il a plus de trente ans, l'air bon, le visage long, le nez aquilin et le plus grand du monde; le teint un peu plombé, assez de la couleur de celui de Saucourt (chose considérable[330] en un futur). Il a dix mille livres de rentes sur la frontière du comté de la Bresse, dans les terres de Cressia, de Coligny, d'Andelot, de Valfin et de Loysia, desquelles il jouit présentement par la succession de Joachim de Coligny, frère de sa mère. Le comte de Dalet, son père, remarié, comme vous savez, avec mademoiselle d'Estaing, jouit de la terre de Dalet et de celle de Malintras, et après sa mort elles viennent au futur par une donation que son père et sa mère firent, dans leur contrat de mariage, de ces deux terres à leur fils aîné: elles valent encore dix mille livres de rente et plus. Une de ses tantes vient de lui faire donation d'une terre de trois mille livres de rente après sa mort. Son intention est de prendre emploi aussitôt qu'il sera marié. Sa maison de Cressia, qui sera sa demeure, est à deux journées de Chaseu et à trois de Bussy. J'ai donné à ma fille tout le bien de sa mère dès à présent, et je ne la fais pas renoncer à ses droits paternels.»
[328] Conférez la 4e partie de ces _Mémoires_, p. 310.--SÉVIGNÉ, _Lettres_ (3 avril 1675), t. III, p. 377, édit. G.; t. III, p. 260, édit. M.--BUSSY-RABUTIN, _Suite de ses Mémoires_, ms. de l'Institut, p. 114. Cette lettre est datée du 8 avril 1675, et dans ces Mémoires tout le commencement est supprimé.
[329] SÉVIGNÉ, _Lettres_ (lettre de Bussy, 7 avril 1675), t. III, p. 381, édit. G.; t. III, p. 262, édit. M.--_Suite des Mémoires du comte_ BUSSY DE RABUTIN, ms. de l'Institut, p. 114. Mais la lettre est datée de Chaseu, du 12 avril 1675; le commencement manque dans le ms. comme pour la lettre précédente. Les éditeurs ont peut-être réuni deux lettres en une seule; cela expliquerait la différence des dates.
[330] Le vrai nom est Soyecourt; pour le sens de cette phrase de Bussy, voyez ces _Mémoires_, I, 244 et 288; II, p. 416.
Ainsi Bussy avait tout arrangé et tout prévu pour le bonheur de sa fille chérie: aussi madame de Sévigné, à qui on demanda, par préférence, son consentement à ce mariage, le donna-t-elle de grand cœur[331]; et à Chaseu, le 5 novembre 1675, fut célébré le mariage du marquis de Coligny de Gilbert de Langheac, comte de Dalet, avec Louise-Françoise de Rabutin, qui devint ainsi la marquise de Coligny[332].
[331] SÉVIGNÉ, _Lettres_ (9 octobre 1675), t. V, p. 136.--_Ibid._ (9 octobre 1675), p. 142, édit. G.; t. IV, p. 29, édit. M.--_Ibid._ (3 août 1679), t. VI, p. 105, édit. G.
[332] _Lettres choisies de_ M. DE LA RIVIÈRE, 1751; in-12, t. I, p. 25, note 14.
Elle eut un fils dès la première année de son mariage, et les vaniteuses espérances de Bussy, partagées par madame de Sévigné, parurent ainsi se réaliser. Ils étaient tous deux flattés de voir le beau nom des Coligny greffé sur celui des Rabutin. Le petit-fils de Bussy (Marie-Roger) fut d'abord nommé d'Andelot[333]. Joli de figure, aimable et spirituel, il fut un objet de tendresse et d'orgueil pour son grand-père, qui, toujours frivole jusque dans sa vieillesse, dit des vers pour favoriser les premières amours de cet adolescent avec une jeune et jolie fille de la maison de Damas[334]. Avant même que Françoise de Rabutin fût accouchée de d'Andelot[335], Coligny était mort, peu regretté de sa femme, qu'il avait quittée aussitôt après son mariage, pour se rendre à l'armée du maréchal de Schomberg, où il fut tué[336]. Sa veuve hérita de l'usufruit de tous ses biens. Elle aliéna bientôt le beau nom de Coligny, sans vouloir porter celui que lui imposait un second mariage, dont nous aurons à raconter les romanesques circonstances. Elle prit par la suite le nom de son beau-père, avec lequel elle eut un procès, qu'elle gagna, et se fit appeler comtesse de Dalet[337]. Ce fut sous ce nom qu'elle publia les Mémoires de son père, décédé. Son fils, qui avait pris le nom de Coligny-Saligny, le changea pour celui de Langheac, qui était le nom de famille de son grand-père[338]; et comme il n'eut que des filles par son mariage avec Jeanne-Palatine de Dio de Montpeyroux, le nom même de Langheac, qui, quoique moins illustre que celui de Coligny, rappelait une très-ancienne noblesse, disparut de la postérité mâle des Bussy. Ainsi le temps se joue de la présomption de ceux qui s'efforcent d'échapper à son pouvoir[339]!
[333] SÉVIGNÉ, _Lettres_ (20 février 1687), t. VIII, p. 320, édit. G.; t. VIII, p. 425, édit. M.
[334] SÉVIGNÉ, _Lettres_ (31 janvier 1692), t. X, p 429, édit. G.--_Ibid._, (2 juillet 1690), t. X, p. 311, édit. G.
[335] Madame de Grignan à Bussy, dans SÉVIGNÉ, _Lettres_ (15 mars 1676), t. IV, p. 368, et dans la _Suite des Mémoires de_ BUSSY, p. 164 verso, ms. de l'Institut.
[336] Il fut tué devant Condé et enterré dans le chœur de la grande église de cette ville. Voyez la lettre de Bussy fils à son père, en date du 7 juillet 1676, p. 177 verso de la _Suite des Mém. de_ BUSSY, ms. de l'Institut.--BUSSY, _Lettres_ (8 juillet 1676, lettre de Schomberg), t. IV, p. 268.--SÉVIGNÉ, _Lettres_ (6 juillet 1676), t. V, p. 4, édit. G.; t. IV, p. 367, édit. M.
[337] SÉVIGNÉ, _Lettres_ (2 août 1679), t. VI, p. 105, édit. G.; t. V, p. 417, édit. M.--(31 mai 1690), t. IX, p. 379, édit. M.; t. X, p. 291, édit. G.--(31 janvier 1692), t. IX, p. 491, édit. M.; t. X, p. 429, édit. G.
[338] SÉVIGNÉ, _Lettres_ (5 mars et 2 juillet 1690), t. X, p. 236 et 311, édit. G.--MONMERQUÉ, _Notice sur le comte de Coligny-Saligny_, dans les Mémoires du comte DE COLIGNY-SALIGNY, 1841, in-8º, p. XI.
[339] Marie-Roger, comte de Langheac, petit-fils de Bussy de Rabutin par madame de Coligny, sa fille, mourut à Avignon en 1746. Voyez MONMERQUÉ, dans SÉVIGNÉ, _Lettres_ (5 août 1676), t. IV, p. 414, édit. M., note _b_.
CHAPITRE VIII.
1675.
Tristesse de madame de Sévigné.--Mort de son oncle Chésières.--Départ de madame de Grignan pour la Provence, et de Retz pour la Lorraine.--Retz fait faire son portrait pour madame de Grignan.--Il donne sa démission du cardinalat.--Elle n'est pas acceptée.--Portrait de Retz par la Rochefoucauld.--Amitié de madame de Sévigné pour Retz.--Elle se rend chez M. de Caumartin pour recevoir ses adieux.--Retz veut donner une cassolette d'argent à madame de Grignan.--Madame de Grignan la refuse.--Douleur qu'éprouve madame de Sévigné de se séparer de Retz.--Différence du caractère de madame de Grignan et de celui de madame de Sévigné.--Madame de Sévigné se décide à quitter Paris pour se rendre en Bretagne.
A la gaieté qu'avaient introduite dans la correspondance de madame de Sévigné les lettres de Bussy et de Guitaud et au plaisir qu'elle éprouvait de se trouver réunie avec ceux qui lui étaient chers succéda l'expression de la tristesse la plus accablante.
Madame de Sévigné perdit son oncle Chésières[340]; sa fille retourna en Provence; Retz, son bon cardinal, la quitta pour aller en Lorraine, et son fils alla rejoindre son régiment. «Je n'ai pas vécu depuis six semaines, écrivait-elle au comte de Guitaud. L'adieu de ma fille m'a désolée et celui du cardinal de Retz m'a achevée. Il y a des circonstances, dans ces deux séparations, qui m'ont assommée[341].»
[340] SÉVIGNÉ, _Lettres_ (30 avril et 10 mai 1675), t. III, p. 383 et 385, édit. G.--_Ibid._ (28 mai 1675), t. III, p. 391 et 422, édit. G.
[341] SÉVIGNÉ, _Lettres_, t. III, p. 346, no 370, édit. G. Cette lettre est déplacée, elle est à tort datée _juin_ 1674; elle doit être transposée à la page 393, après la lettre no 388, et datée du 18 juin 1675.--Conférez _Lettres inédites de madame_ DE SÉVIGNÉ, 1814, p. 8 et 9, où cette lettre ne porte aucune date. La date fausse commence avec l'édition stéréotype, 1819, in-12, p. 7.
Louis de la Tour-Coulanges, seigneur de Chésières, troisième fils de l'aïeul maternel[342] de madame de Sévigné, son premier tuteur, mourut en avril, après une courte maladie de dix jours, lorsqu'il était encore plein de vie[343]: il fut regretté de Bussy, de madame de Sévigné et des nombreux amis qu'il s'était faits.
[342] Ceci rectifie une erreur que nous avons commise, t. I, p. 9 de ces _Mémoires_.
[343] SÉVIGNÉ, _Lettres_ (12 mai 1675), ms. de l'Institut, p. 118.--(10 mai 1675), t. III, p. 385, édit. G.--(30 avril 1675), t. III, p. 383, édit. G.; t. III, p. 264 et 266, édit. M.
Peu après, madame de Grignan partit de Paris; sa mère la conduisit jusqu'à Fontainebleau. En cette ville, à l'auberge du _Lion d'or_, qu'elle prit en aversion[344], madame de Sévigné s'en sépara le 24 mai[345], jour à jamais néfaste pour elle et qu'elle rappelle bien souvent avec douleur[346]. Elle écrivit alors à Bussy: «Les sentiments que j'ai pour la _Provençale_, il faut les cacher à la plupart du monde, parce qu'ils ne sont pas vraisemblables[347];» puis, après sa séparation, elle se réfugie seule à Livry, et sa correspondance avec madame de Grignan recommence par ces mots: «Quel jour, ma fille, que celui qui ouvre l'absence[348]!» et elle soulage, comme de coutume, sa peine par l'expression de sa vive tendresse. Elle entretient madame de Grignan du cardinal de Retz, qui alors faisait faire son portrait par un religieux de Saint-Victor, dans le dessein d'en faire cadeau à la _Provençale_.
[344] SÉVIGNÉ, _Lettres_ (26 juin 1676), t. IV, p. 504, édit. G.; t. IV, p. 355, édit. M.
[345] SÉVIGNÉ, _Lettres_ (16 mai 1675), _suite des Mémoires de_ BUSSY, ms. de l'Institut, p. 120, t. III, p. 389, édit. G., mal datée du 14 mai.
[346] SÉVIGNÉ, _Lettres_ (28 mai 1676), ms. de l'Institut; t. IV, p. 462, édit. G.--(26 août 1675), t. I, p. 5, édit. G.--(7 août 1675), t. III, p. 506, édit. G.
[347] SÉVIGNÉ, _Lettres_ (12 mars 1675), _Suite des Mémoires de_ BUSSY, ms. de l'Institut, p. 104, t. III, p. 369, édit. G.; t. III, p. 254, édit. M., datée, dans les deux éditions, du 24 janvier 1675. Cette date est fausse.--_Ibid._, _Lettres_ (25 mai 1675), t. III, p. 273, édit. M.; t. III, p. 391, édit. G.
[348] SÉVIGNÉ, _Lettres_ (27 mai 1675), t. III, p. 27, édit. M.; t. III, p. 393, édit. G. (7 août 1675), t. III, p. 506, édit. G.; t. III, p. 366-7, édit. M.