Mémoires touchant la vie et les écrits de Marie de Rabutin-Chantal, (2/6)

Part 38

Chapter 383,668 wordsPublic domain

Loret, selon sa coutume, a rempli sa gazette de la description des fêtes données pendant l'hiver qui précéda le départ du roi pour le midi. Voici celles dont nous avons tenu note, comme des plus remarquables. En février (le roi ne revint de Lyon qu'à cette époque), divers bals chez le maréchal de L'Hospital, gouverneur de Paris, chez le duc de Saint-Simon; ballet royal de _la Raillerie_, plusieurs fois dansé par le roi; concert de soixante instruments, et des chantres et des chanteuses, les plus remarquables; mascarade en traîneaux à la place Royale, où tous les jeunes seigneurs étaient masqués: toute la cour y assistait, et était dans l'hôtel des Hameaux; plus tard, fête donnée par le roi, où il y eut une loterie de 100,000 livres. Le 3 mai, le roi fait des courses à cheval au bois de Vincennes; le 10 de mai, grand dîner de MONSIEUR au roi, à Saint-Cloud. Fête superbe donnée au roi par de Lionne, dans son château de Berny: Mazarin en fit les frais. Cette fête était toute diplomatique: Pimentel, le négociateur du roi d'Espagne, s'y trouvait, et il était le véritable but de la fêle. A Vincennes, revue de soldats, ballets, danses et parades. On joua une pastorale de Trivelin-Canaille et de Scaramouche, qui amusa fort, et fit beaucoup rire.

Page 178, note 2: _Journal contenant_, etc.

Toutes ces pièces sont de Colletet; elles furent publiées comme un journal, au moment même des événements; la réunion en est rare. J'en donne les titres d'après un exemplaire qui renferme encore un volume in-4º en espagnol, accompagné de plans et de portraits, qui décrit la marche de l'infante jusqu'à la frontière de France. A ces pièces il faut joindre les ouvrages que j'ai cités dans mon édition de _La Fontaine_ au sujet de la lettre de notre fabuliste à de Maucroix, sur l'entrée de la reine. Ceux qui désireraient tout connaître sur cette époque célèbre ne doivent pas négliger de consulter les volumes de la collection d'estampes sur l'histoire de France, qui est à la Bibliothèque Royale. Au tome XXVI, ils trouveront une très-belle estampe de l'entrevue des deux rois, de la reine et de l'infante, et une autre, de Charles Le Brun, qui représente le mariage dans l'église de Saint-Jean de Luz. Dans une autre estampe allégorique, un Espagnol dit à un Français:

A voir sur vos habits ces monceaux d'aiguillettes, Vos poudres, vos galands, vos canons, vos manchettes, Rien qu'un esprit ne vous peut inspirer.

Page 179, ligne 21: Pour suivre les représentations théâtrales.

Le goût des spectacles faisait naître le désir de les varier. Ce fut au mois d'avril de l'année 1660 que plusieurs particuliers, par zèle pour l'art théâtral, donnèrent au public, dans la maison d'un sieur de La Haye, à Issy, l'exemple d'une comédie française toute chantée. La musique était de Lambert, les paroles de l'abbé Perrin. Cette pièce, exécutée par les plus belles voix de cette époque, charma les spectateurs. Le 30 du même mois, Mazarin la fit représenter à Vincennes: elle plut tellement à la cour, que Mazarin ordonna a l'abbé Perrin d'en composer une seconde; il fit _Ariane, ou le Mariage de Bacchus_. Ainsi fut fondé un spectacle qui ne pouvait se maintenir que par la munificence royale, et dont la pompe et la splendeur se sont cependant toujours accrues depuis près de deux siècles, au milieu de toutes les révolutions, de toutes les banqueroutes et des pénuries des finances, et sans que jamais le public s'y soit porté avec assez d'empressement pour subvenir à la dépense qu'il exige.

Page 183, ligne première: En mettant de côté la soutane du séminariste.

J'ai rapporté dans mes notes sur la _Vie de La Fontaine_ le passage des Mémoires manuscrits de Tallemant des Réaux qui nous apprend que les parents de Molière l'avaient d'abord fait étudier pour être d'Église; et ceci se trouve confirmé par ce qui est dit dans la _Vie_ de notre grand comique composée par l'éditeur de ses œuvres en 1730: c'est ce que paraissent avoir ignoré les récents éditeurs de _Molière_, qui, par des arguments nullement concluants, ont rejeté le témoignage contemporain de Tallemant des Réaux, tandis qu'ils n'ont pas fait difficulté d'admettre, sans critique et sans examen, les faits rapportés sur Molière par Grimarest, quoique lorsque cette _Vie_ parut Boileau ait déclaré qu'elle fourmillait d'erreurs et de contes absurdes. Je suis revenu sur ce point de critique littéraire dans la quatrième édition que j'ai préparée de l'_Histoire de La Fontaine_, non encore publiée.

Page 184, lignes 5 et 6: Dont l'intrigue ne lui appartenait pas.

Dans la pièce de Chapuzeau qui fut donnée en 1756, trois ans avant _les Précieuses ridicules_, il y a, comme dans cette dernière pièce, un homme dont la déclaration est fort mal reçue par une femme infatuée de bel esprit, et qui s'en venge en introduisant auprès d'elle son valet, déguisé en marquis magnifique, qui lui plaît beaucoup plus.

Page 185, note 299: BODEAU DE SOMAIZE.

Somaize ne s'est point nommé dans cette préface des _Véritables Précieuses_. Il accuse Molière d'avoir imité _le Médecin et les Précieuses_ de l'abbé de Pure, et plusieurs autres pièces italiennes; et il cherche à le rendre odieux aux gens de cour. Cependant ce misérable écrivain spécula sur le succès de la pièce de Molière, et la mit en mauvais vers. On voit, par l'avertissement, que les libraires propriétaires de l'édition de la pièce de Molière mirent opposition à la vente de la traduction en vers. La pièce des _Précieuses ridicules_, en vers (1660, in-12), est dédiée à Marie de Mancini, dont Somaize parle souvent dans son _Grand Dictionnaire des Précieuses_. Somaize composa encore _le Procès des Précieuses_, en vers burlesques (1660, in-12), qu'il dédia à la marquise de Monloy; c'est probablement cette madame de _Monlouet_ dont il est fait mention dans madame de Sévigné.

CHAPITRE XV.

Page 188, ligue première du texte: Mazarin n'était plus.

Mazarin mourut le 9 mars, entre deux et trois heures du matin.

Page 189, ligne 24: Une jeune reine déjà enceinte.

La grossesse de la reine fut soupçonnée dès le 9 mai.

Page 190, ligne 16: Donnèrent pendant plusieurs mois à Fontainebleau.

Madame de Motteville avoue, en parlant des fêtes de Fontainebleau, que même dans le beau temps de la régence jamais la cour n'eut cet éclat; et ce temps de la régence était cependant celui de sa jeunesse.

Page 191, ligne 2: L'amour du roi pour mademoiselle de La Vallière.

Le roi parut hésiter quelque temps entre sa belle-sœur, mademoiselle de Pons, et La Vallière; mais l'attrait qu'eut pour lui l'amour le plus sincère et le plus entier, accompagné de la modestie et de la pudeur, l'emportèrent sur les agaceries d'Henriette d'Angleterre, duchesse d'Orléans, et sur les avances de mademoiselle de Pons.

Page 191, ligne 3: Celui de MADAME pour Buckingham.

Le duc de Buckingham était le fils de celui qui fut soupçonné d'avoir obtenu les bonnes grâces d'Anne d'Autriche.

Page 191, ligne 4: Et ensuite pour le comte de Guiche.

Madame de La Fayette nous apprend que le comte de Guiche se déguisait en femme pour pénétrer chez MADAME. On se rappelle ce que j'ai dit de ces déguisements dans les ballets du roi.

Page 191, ligne 5: Celui de la duchesse de Toscane.

La duchesse de Toscane avait eu le désir d'épouser Charles de Lorraine, qu'elle aimait. Elle n'avait pas encore rejoint son mari lorsqu'elle donna à penser qu'elle n'avait rien refusé à son amant. Choisy la compare à un ange pour la beauté, mais non pas pour la conduite.

Page 191, ligne 13: Soit pour elle-même, soit pour une autre.

Quoique Montalais, dit madame de La Fayette, eût pour amant Malicorne, elle était confidente de beaucoup d'autres liaisons, qu'elle favorisait, et dont elle se mêlait sans aucun intérêt pour elle-même, et par besoin d'intrigues.

Pages 193 et 194, lignes dernière et première: On risqua des sommes énormes sur une seule carte.

Fouquet dans une seule partie avec Gourville perdit 55,000 fr. en une demi-heure. L'abbé de Gordes, en 1660, perdit avec le roi 150,000 fr. en une seule séance. Il faut doubler ces sommes pour avoir le montant de ces pertes en valeur actuelle.

Page 194, ligne 5: La magnificence des ballets royaux.

Les deux ballets royaux montés dans ces deux années furent ceux de _l'Impatience_ et des _Saisons_; le roi dansa dans les deux. Les beautés de la cour qui y figurèrent furent mesdemoiselles de Pons, Argencourt, Villeroi, Montbazon, Châtillon, Noailles, Brancas, Arpajon, La Fayette, Guiche, Fouilloux, Meneville, Chemerault, Bonneuil, La Vallière. Le ballet des _Saisons_ fut joué à Fontainebleau, et eut pour décoration les beaux arbres de la forêt. Celui qui disposait alors les théâtres de la cour et était employé aux décorations était un nommé Houdin (Antoine-Léonor), architecte du Louvre. Nous avons de cet artiste une excellente vue en perspective, présentée au roi en 1661, et des plans du Louvre. C'est cet architecte qui probablement a bâti le palais Mazarin, où est actuellement la Bibliothèque Royale, dont une partie, l'hôtel de Nevers, a été réparée, en 1709, par Dulin. (Conférez Germain Brice, _Description de Paris_, 1752, in-12, t. I, p. 362.)

Page 196, ligne 8: Elle se rendit au Mont Saint-Michel.

L'ouvrage latin que j'ai cité, de Martin Zeiller, _Topographia Galliæ_, 1657, in-folio, _pars_ VIII, p. 20, donne une vue bien détaillée et très-exacte du Mont Saint-Michel, tel qu'il se trouvait à l'époque où madame de Sévigné s'y rendit avec sa fille.

CHAPITRE XVI.

Page 201, ligne 15: Profanaient par de honteux scandales.

On doit lire à ce sujet les curieuses particularités que MADEMOISELLE nous donne sur la vie que menaient les religieuses de Perpignan, dont les désordres étaient publics.

Page 208, ligne 1re: Jamais il ne lui refusait d'audiences particulières.

«Ce qui m'incommodait davantage, dit Louis XIV dans ses Instructions au Dauphin, en parlant de Fouquet, c'est que, pour augmenter la réputation de son crédit, il affectait de me demander des audiences particulières, et que, pour ne pas lui donner de défiance, j'étais contraint de les lui accorder.»

Page 208, ligne 21: Que le roi, furieux contre lui, voulait sa mort.

La Fontaine, dans la lettre citée, dit, en parlant de cet événement: «Il est arrêté; le roi est violent contre lui, au point qu'il dit avoir dans les mains des pièces qui le feront pendre[B].» Racine, dans ses _Fragments historiques_, nous apprend qu'on avait entendu dire à Louis XIV que si Fouquet avait été condamné, il l'aurait laissé mourir.

[B] L'autographe de cette lettre de La Fontaine est dans ma collection.

Grouvelle, connu par une édition des _Lettres de Madame de Sévigné_, dit (t. I, p. LXXX), dans la spirituelle notice qu'il a composée sur sa vie, qu'au moment de l'arrestation de Fouquet elle s'était retirée dans sa terre, par crainte des coups d'autorité. Selon Grouvelle, madame de Sévigné, en butte à la haine de Louis XIV, se croyait en sûreté contre sa puissance dans son château des Rochers. C'est avec cette ignorance des faits, avec ce défaut de jugement, que l'histoire se trouve le plus souvent écrite.

CHAPITRE XVII.

Page 212, ligne 3: Qu'en 1659, après la mort de son collègue.

Servien mourut le 16 février 1659.

Page 218, ligne 27: Le payement intégral de ces ordonnances.

Gourville avoue (en 1657) qu'il se fit par ce moyen de grandes fortunes; puis il ajoute naïvement: «Ayant tous ces exemples devant moi, j'en profitai beaucoup.»

Page 224, ligne 10: Aux femmes de cour intrigantes.

On trouve à l'endroit cité des Défenses de Fouquet un état duquel il résulte qu'il avait payé 245,528 livres en gratifications, en une seule année, à des dames de la cour, et une somme de 204,498 livres à madame Duplessis-Bellière seule. On sait qu'elle était sa confidente pour les affaires d'amour; aussi sa fille, la marquise de Créqui, reçut de Fouquet 200,000 livres lorsqu'elle se maria.

Page 224, ligne 12: Et donnait sans cesse des fêtes et des repas somptueux.

Mazarin lors de son départ pour Saint-Jean de Luz alla loger familièrement chez lui, à Vaux, le 25 juin 1659.

Page 224, ligne 15: Il avait partout des agents.

Ainsi nous voyons qu'il était instruit de tout ce qui se passait à la cour de Savoie, par une dame d'honneur qu'il pensionnait. Il avait envoyé de Maucroix à Rome, qui sous le faux nom d'abbé de Crécy y était son chargé d'affaires.

Page 226, ligne 4: Le Tellier allié à sa famille.

Le Tellier avait épousé la sœur de Jean-Baptiste Colbert, seigneur de Saint-Pouange, cousin du Colbert qui fut ministre.

Page 226, ligne 6: Dans le mémoire où il lui exposait les malversations de Fouquet.

C'est le 28 septembre 1659 que Colbert écrivit son mémoire. La copie qui en fut trouvée dans les papiers de Fouquet a servi à convaincre les juges de l'ancienne haine de Colbert contre Fouquet, et a contribué beaucoup à adoucir la sentence.

Page 228, ligne 15: Dans une seconde lettre.

Les originaux de ces deux lettres de Colbert, avec les réponses à mi-marge de la main de Mazarin, sont sous nos yeux: en les confrontant avec la publication qu'en a faite Soulavie dans cet incohérent mais curieux recueil d'extraits et de pièces qu'il a intitulé _OEuvres de Saint-Simon_, on s'aperçoit qu'il les a mal lues, et qu'il a laissé passer à l'impression une foule de fautes grossières. Ainsi, au commencement de celle qui est datée du 28 octobre 1659, au lieu de ces mots, «J'ai reçu à désir les dépêches, etc.,» on lit dans l'autographe: «J'ai reçu à Decize les dépêches, etc.» Partout où se trouve le nom d'Hervart, on a imprimé _Herveau_, etc.

Page 232, ligne 22: Toutes les instructions dont il avait besoin.

Deux jours avant sa mort, Mazarin entretint encore longtemps Louis XIV de ces grands objets, et lui renouvela ses dernières recommandations.

Page 233, ligne 24: Il lui fit donation pleine et entière de tous ses biens.

Si l'on en croit Fouquet dans sa défense, la fortune de Mazarin se montait à 40 ou 50 millions (80 ou 100 millions de notre monnaie actuelle).

Page 236, ligne 5: Mazarin environna le roi d'une cour brillante.

Ce fut en 1657 que Mazarin acheva d'organiser la maison du roi d'une manière somptueuse. L'état des payements de tous ceux qui se trouvaient gagés et employés au service du jeune roi fut alors dressé, et ensuite imprimé dans un livre curieux, que j'ai souvent cité, mais dont je donnerai ici le titre entier:

_Estat général des officiers, domestiques et commensaux de la Maison du Roy. Ensemble l'ordre et règlement qui doit estre tenu et observé en la Maison de Sa Majesté, tiré des mémoires de M. de Saintot, maistre des cérémonies de France._ Mis en ordre par le sieur de LA MARINIÈRE; Paris, chez Jean Guignard, 1660, in-8º.

Environ six mille noms de personnes se trouvent inscrits et classés dans ce livre, avec les sommes qu'elles recevaient annuellement. Mais «_le surintendant au gouvernement et à la conduite de la personne du Roy et celle de monseigneur le duc d'Anjou, monsieur le cardinal_ MAZARIN,» s'y trouve porté, p. 113, sans désignation d'appointements. Cet ouvrage démontre que près de six mille personnes, appartenant presque toutes à la classe des bourgeois et des industriels, étaient salariées par le roi, et que les gages et les profits qu'elles tiraient de leurs places n'étaient pas le seul motif d'intérêt qui les attachait aux soutiens du trône. En vertu de lettres patentes de Charles IX, d'Henri III, renouvelées et confirmées par Henri IV, Louis XIII et Louis XIV, tous ces salariés formaient, en leurs qualités d'_officiers, domestiques, commensaux et marchands suivant la cour_, une classe privilégiée comme la noblesse sous le rapport des impôts, jouissant, comme disent les lettres patentes, eux et leurs veuves pendant leur viduité, «des exemptions, franchises, libertés, affranchissements de contributions et subventions généralement quelconques faites et à faire.» Toutes ces lettres patentes sont imprimées _in extenso_, et à la suite de _l'ordre et règlement qui doit estre tenu et observé en la Maison du Roy_; Paris, 1657, in-8º. A Paris, chez Marin Leché, imprimeur du Roi.

L'état donné par La Marinière offre de singuliers contrastes relativement aux appointements. Le maître à danser de Sa Majesté a 2,000 livres, son maître d'écriture 300 livres, son maître de dessin 1,500 livres, les _galopins_ qui servaient dans la cuisine sous les officiers de bouche, au nombre de trois seulement, ont chacun 300 livres, etc., etc.

Page 237, ligne 20: Le soupçonneux Mazarin.

La partie des Mémoires de Brienne citée ici en note en est la plus curieuse. Les détails sur les derniers moments de Mazarin sont d'un grand intérêt. C'est une belle leçon de morale que la mort de ce ministre, soupçonnant tout ce qui l'environne, sachant qu'il est condamné par les médecins; semblable à un spectre, promenant ses regards, dans son palais, sur ses beaux tableaux, ses riches ameublements; puis, disant arec amertume: «Il faut quitter tout cela, _Guénaud l'a dit_.»

Page 240, ligne 17: L'importance des affaires dont il était chargé.

Louis XIV se servit de Fouquet pour les négociations avec le roi d'Angleterre. Louis XIV voulait, malgré la clause du traité des Pyrénées, secourir le Portugal contre l'Espagne. Pour que ses ruses ne fussent pas découvertes, il trompa d'Estrades, son propre ambassadeur en Angleterre. C'était se montrer de bonne heure un vrai disciple de Mazarin.

Page 241, ligne 1: Le Tellier, son ennemi secret.

Pomponne écrivait à son père, aussitôt après la mort de Mazarin: «M. le procureur général et M. Le Tellier paraissent fort unis; j'espère qu'ils le seront toujours, c'est leur intérêt.»

Page 241, lignes 17-21: Offrit à la reine d'employer ses bons offices pour l'influence que Mazarin lui avait fait perdre.

Ceci occasionna un refroidissement entre la reine mère et Mazarin, dont on s'aperçoit dans une lettre que la reine mère écrivit à ce ministre; lettre curieuse, qui donne beaucoup à penser sur la nature de leur ancienne liaison. Nous avons imprimé cette lettre à la fin de la troisième partie de ces _Mémoires_, p. 471.

CHAPITRE XVIII.

Page 248, ligne 3: Qu'elle était aimée du roi.

Madame de La Fayette dit qu'on a cru que Louis XIV vit La Vallière pour la première fois à Vaux; mais on se trompait: nous savons actuellement qu'avant cette époque il la voyait, d'une manière plus efficace, dans l'appartement du comte de Saint-Aignan.

Page 249, ligues 24 et 25: La duchesse de Chevreuse..... sut lui persuader.

Le voyage de la reine mère à Dampierre, chez la duchesse de Chevreuse, eut lieu dans les derniers jours de mai et le commencement de juin.

Page 250, note 418: LOMÉNIE DE BRIENNE.

Le mot de Mazarin à madame de Tubœuf, rapporté par Brienne dans cet endroit de ses Mémoires, «Puisqu'il faut vous donner, madame, je vous donne le bonjour,» ressemble beaucoup à celui d'un Anglais très-riche et très-avare (Elves), à qui on demandait ce qu'il donnait à son fils en mariage. Il entra d'abord dans une grande colère, puis termina en disant: «Moi, je donne... je donne mon consentement.»

Page 253, lignes 19 et 20: Un officier qui n'y était pas appelé par son rang.

Ce fut d'Artagnan (Charles de Baatz) qui arrêta Fouquet.

Page 253, ligne dernière: Qui est un des plus beaux passages de son éloquent plaidoyer.

«..... N'employa-t-il pas pour votre service tout ce qu'il avait reçu du prix de sa charge? Cette fois je ne puis croire que Votre Majesté puisse en rappeler le souvenir sans en être touchée. Que serait-ce si elle voyait cet infortuné, à peine connaissable, moins changé et moins abattu de la longueur de sa prison que du regret d'avoir pu déplaire à Votre Majesté, et qu'il lui dit: «Sire, j'ai failli; si Votre Majesté le veut, je mérite toutes sortes de supplices... Je ne me plains point de la colère de Votre majesté; souffrez seulement que je me plaigne de ses bontés. Quand est-ce qu'elles m'ont permis de connaître mes fautes et ma mauvaise conduite? Quand est-ce que Votre Majesté a fait pour moi ce que les maîtres font pour leurs esclaves les plus misérables, ce qu'il est besoin que Dieu fasse pour tous les hommes et pour les rois même, qui est de les menacer avant de les punir?» (Pellisson, _Premier Discours au Roi_, page 74.)

Page 255, ligne 20: Dont plusieurs s'étaient enrichies.

Gourville fut obligé de donner 500,000 fr. pour se racheter contre les poursuites de la chambre de justice, et il resta encore fort riche.

Page 256, ligne 7: Dès lors son règne commença.

Les Instructions de Louis XIV au Dauphin sont ce qui a été écrit de mieux sur l'administration d'un grand royaume. Quelle pitié qu'elles aient si peu profité à ses successeurs!

Page 257, lignes 1 et 2: N'offre pas un second exemple.

J'ai donné à dessein ici les citations pour l'affaire de Fargues, qu'on pourrait m'objecter si elle était telle que Lemontey la raconte; mais en l'approfondissant on s'aperçoit qu'elle est tout autre. Ce personnage n'avait pas seulement pris parti contre le roi au temps de la Fronde: il avait d'abord été dans le parti du roi; il s'était fait donner le commandement de la place de Hesdin, qu'il vendit aux ennemis. Il fut à la vérité, sous Mazarin, compris dans un traité, et il avait obtenu des lettres d'abolition pour sa trahison (Loret, liv. XI, page 42), mais il négligea d'obtenir sa grâce du roi. Il se tint caché dans une de ses terres, à Courson. S'il y avait été sous son nom, le roi l'aurait su. Louis XIV s'irrita de l'audace de ce traître, jouissant si près de lui de ses grandes richesses; il lui fit faire son procès. Fargues fut convaincu comme concussionnaire, et pendu. C'est un acte de despotisme d'autant plus blâmable, que Fargues ne fut point jugé par le parlement, mais par une commission. Fargues avait mérité la mort, mais il fallait le juger régulièrement. Toutefois, sa conduite avait été si odieuse, que sa condamnation ne fut point blâmée.

Page 257, lignes 4 et 5: Lui avait reconnu une audace capable de tout oser.

Madame de La Fayette dit, en parlant de Fouquet: «Homme d'une ambition sans bornes, dont les desseins étaient infinis pour les affaires aussi bien que pour la galanterie.»

CHAPITRE XIX.

Page 265, lignes 17 et 18: Pomponne resta dix-huit mois à la Ferté-sous-Jouarre.

Les affaires qui appelaient Pomponne à la Ferté-sous-Jouarre concernaient la succession que Nicolas Ladvocat, son beau-père, avait laissée à sa femme. Fouquet avait contribué au mariage de Pomponne avec mademoiselle Ladvocat. La belle-mère de Pomponne se nommait Marguerite de Bouillé.

Page 270, ligne 13: Dîner à l'hôtel de Nevers; et note 458: Cet hôtel.