Mémoires touchant la vie et les écrits de Marie de Rabutin-Chantal, (2/6)

Part 36

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D'après la dernière lettre de Loret que nous citons, nous voyons que cet accouchement, à la suite duquel mourut la duchesse de Roquelaure, était au moins le second, et que le premier accouchement avait été également difficile. Loret en annonçant cette mort de la duchesse de Roquelaure,

Plus fraîche et plus belle que Flore

ajoute:

Quand au Louvre on sut le trépas De cet objet rempli d'appas, Une tristesse générale S'empara de la cour royale; Et les cœurs les plus généreux, Qui sans doute étaient amoureux De ses vertus et de ses charmes, Versant abondance de larmes, Firent bien voir que cette mort Les touchait et les blessait fort. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . O fleurs d'une aimable jeunesse, Vous êtes charmantes et belles, Mais vous n'êtes pas immortelles.

DEUXIÈME PARTIE.

CHAPITRE I.

Page 3, ligne 13: Le 7 juin.

Deux jours après, le jeune roi toucha les écrouelles.

Page 4, ligne 17: Quand tout paraissait perdu, il sauva tout.

Ce sont les expressions mêmes de la lettre de Philippe IV à Condé: «Mi primo, he intendido toto estava perdido, V. A. ha conservado toto.»

Page 7, ligne 2: Il s'était servi de l'abbé Fouquet.

L'abbé Fouquet fut soupçonné d'avoir profité de la confiance que lui accordait Mazarin, et des vilaines fonctions dont il l'avait chargé, pour assouvir ses vengeances particulières. Un jour le gardien de la Bastille témoignait son étonnement à la vue d'un lévrier qui se trouvait dans la cour, et demandait pourquoi il était là: «C'est, lui répondit un prisonnier, parce qu'il aura mordu le chien de l'abbé Fouquet.»

Page 8, ligne 4: Ses intrigues avec les anciens frondeurs.

Le président Le Coigneux, qui avait été un des plus violents dans le parlement contre Mazarin, fut un des premiers corrompus.

Page 8, lignes 10 et 11: Après la mort de son oncle.

L'oncle du cardinal de Retz mourut le 21 mars 1654.

Page 9, lignes 7 et 8: Dans le château de Nantes.

Le cardinal de Retz sortit de Vincennes pour aller à Nantes, le 30 mars 1654.

Page 11, ligne 4: Il s'évada en plein jour.

Retz se sauva de Nantes le samedi 8 août, à cinq heures du soir. Il arriva à Belle-Isle le 14 août.

Page 12, ligne 6: dans l'île Majorque.

Retz pour traverser la Méditerranée s'embarqua au port de Vivaros en octobre 1654.

Page 13, ligne 2: Que pour venir à temps.

Le cardinal de Retz fit son entrée dans Rome le 28 novembre 1654.

Page 13, lignes 5 et 6: Un souverain pontife.

Innocent X mourut le 7 janvier 1655.

Page 14, ligne 22: Soit à Belle-Isle.

Je pense que ce fut de Machecoul ou de Belle-Isle, et non d'Espagne, comme le croit M. Monmerqué, que Retz écrivit à madame de Sévigné. D'abord on doit supposer que Retz, dont l'honneur se trouvait compromis par sa fuite, devait être empressé de faire parvenir au maréchal les motifs qui pouvaient l'excuser. De plus, les _Mémoires de Joly_ prouvent (t. XLVII, p. 322) que Retz aborda à Belle-Isle le vendredi 14 août, et en Espagne le 12 septembre (t. XLVII, p. 330). La lettre de madame de Sévigné est du 1er octobre; par conséquent celle de Retz a dû lui parvenir le 29 septembre au plus tard, puisqu'elle dit l'avoir envoyée au maréchal le 30. Il est difficile de croire qu'une lettre partie d'Espagne, pays avec lequel on était en guerre, soit parvenue à Paris, et ensuite envoyée en Bretagne, et remise au château des Rochers, où était madame de Sévigné, dans un espace de quinze à seize jours, à une époque où les communications étaient difficiles et lentes. Encore même, pour qu'il y ait quinze à seize jours d'intervalle, faut-il supposer que la lettre de Retz a été écrite et est partie d'Espagne le lendemain ou le surlendemain de son débarquement, et que Ménage l'a transmise à madame de Sévigné le jour même où il l'a reçue.

CHAPITRE II.

Page 18, ligne 5 du texte: Et son vicaire Chassebras.

La sentence du parlement qui bannit à perpétuité Chassebras, vicaire de la Madeleine, est du 27 septembre 1652.

Page 18, ligne 8 du texte: Le retour du jeune roi dans sa capitale.

Loret (livre VI, page 106) dit qu'il y avait cent six carrosses à cette entrée.

Page 19, ligne 7: D'une des demoiselles de Mortemart.

Cette demoiselle de Mortemart, qui fut marquise de Thianges, était la sœur de celle qui fut depuis connue sous le nom de duchesse de Montespan.

Page 19, ligne 9: Celui de Loménie de Brienne.

Les fiançailles de Loménie de Brienne eurent lieu en décembre 1654, et le mariage seulement en janvier 1656. Ces détails, qui nous sont donnés par Loret, ont été ignorés par le spirituel éditeur des _Mémoires de Loménie de Brienne_, qui parle de ce mariage sans en donner la date.

Page 19, ligne 12: Non-seulement le jeune monarque.

Le roi et son frère furent de toutes les fêtes données par Mazarin, par le duc d'Amville, par le chancelier Seguier. Le roi dansa dans le ballet qui fut donné par le chancelier Seguier. Loret (liv. V, p. 77) fait la description d'une magnifique fête donnée par Hesselin, dans son palais d'Essone. Loret le nomme.

Goinfre du plus haut étage, Rare et galant personnage.

Madame de La Sablière était une demoiselle Hesselin, et cet Hesselin était peut-être son père.

Je remarque que Loret, au milieu de ces descriptions de fêtes et de divertissements, liv. VI, t. II, p. 159, dans la lettre en date du 16 octobre, fait mention d'une attaque de _cholera-morbus_ dont fut subitement attaqué un nommé Coquerel, directeur des carmélites, pendant qu'il était à Marseille:

Et quoique ce mal fût mortel, Son bonheur cependant fut tel,

qu'il en réchappa. Ainsi dès cette époque le _cholera-morbus_ était connu par son vrai nom et dès cette époque aussi il était considéré comme mortel.

Page 19, ligne 16: Il y fit jouer trois nouveaux ballets.

Louis XIV représentait dans le ballet des _Plaisirs_ le génie de la danse, un berger et un débauché; mais ce dernier rôle n'était introduit que pour motiver des vers contre la débauche. (Benserade, t. II, p. 117, 131, 137.) En février 1656, lors de la visite de la princesse d'Orange, Mazarin donna à dîner à toute la famille royale, et l'on entendit la fameuse La Barre et la signora Bergerota. Créqui donna à dîner au frère du roi en février (Loret, t. VII, p. 32), et Seguier à toute la famille royale (t. VII, p. 33 ). Mazarin donna une fête au duc de Mantoue, le 18 septembre. Loret dit qu'il y eut cette année

..... Plus de mille assemblées En des maisons fort signalées.

Page 21, lignes 7 et 8: Composèrent dès lors des tragédies latines.

Loret, qui assistait à ces représentations, dit que ces pièces latines furent écoutées par plus de sept mille auditeurs. Le naïf gazetier avoue qu'il n'a jamais su le latin. Les jésuites commencèrent d'abord par composer des pièces chrétiennes. On joua cette année, au collége de Navarre, une tragédie intitulée _Sainte Julienne_. Loret nous apprend que le jeune marquis de Bretoncelle joua admirablement le rôle de l'impératrice, et que les jeunes d'Humières, La Vallière, Colbert, Menardeau, Beauvais, s'attirèrent également les applaudissements de la docte assemblée. Il y eut une autre tragédie latine, jouée au collége de Clermont (aujourd'hui le collége Louis le Grand), sur un plus vaste théâtre; mais le sujet en était national, et tiré de l'histoire de la maison de Foix.

Page 23, ligne 9: Le carrousel que le roi.

Le roi avait pris pour devise, dans ce carrousel, un soleil avec ces mots: _Ne più, ne pari_; c'est en langue italienne la fameuse devise adoptée dans les médailles, un soleil avec ces mots: _Nec pluribus impar_.

Page 28, ligne 7: Jusqu'à Lésigny.

Lésigny est dans le département de Seine-et-Marne, près Brie-sur-Yères.

CHAPITRE III.

Page 32, ligne 26: La princesse de Condé, douairière.

La princesse de Condé douairière mourut en 1650; le récit de sa mort, dans madame de Motteville, est plein d'intérêt. On n'a pas assez remarqué combien les _Mémoires de Madame de Motteville_ font honneur à son talent d'écrivain. Son style offre moins d'imagination que celui de madame de Sévigné; mais il est plus pur, plus travaillé; et c'est par cette raison peut-être qu'il a moins de charme. Elle dispose admirablement toutes les parties d'un récit. Ce qui est plus rare que son talent, c'est sa belle âme, son bon cœur, et son amour pour la vérité. C'est ce qui a nui à sa réputation. Comment dans le siècle où nous sommes, et dans celui qui l'a précédé, peut-on se résoudre à admirer une femme qui avec beaucoup d'esprit est pieuse, ennemie de la médisance, et qui se croit tenue de défendre la mémoire de sa maîtresse auprès de la postérité, quoique cette maîtresse fût une reine?

Page 35, ligne 3: Qui eussent été servies de tous.

Lenet en servait une: c'était une fort jolie Anglaise, nommée mademoiselle Gerbier. Bourdelot, médecin du prince de Condé, si connu par ses relations avec la reine Christine et tous les beaux esprits de son temps, était alors à Chantilly en même temps que Lenet, ainsi qu'un certain abbé de Massé, aimable et brillant d'esprit.

Page 35, ligne 6: La marquise de Gouville.

Le nom de la marquise de Gouville était Lucie Cotentin de Tourville, femme de Michel d'Argouges, marquis de Gouville.

CHAPITRE IV.

Page 40, ligne 17: Ce fut Prudhomme.

Chavagnac arrive à Paris avec le duc de Candale, et dit: «Nous mîmes pied à terre chez Prudhomme, baigneur de réputation, où arriva dans le moment le maréchal d'Albret, qui vint l'embrasser (le duc de Candale), en lui disant qu'en quittant la botte il fallait aussi quitter l'altesse.»

Page 40, ligne 20: La Vienne devint par la suite...

Le passage des _Mémoires de Saint-Simon_, relatif à La Vienne est tronqué dans les œuvres de Saint-Simon données par Soulavie. Dans les _Mémoires_ Saint-Simon dit: «La Vienne avait passé sa vie avec les plus grands seigneurs, et n'avait jamais pu apprendre le moins du monde à vivre. C'était un gros homme noir, frais, de bonne mine, qui gardait encore sa moustache comme le vieux Villars; rustre, très-volontiers brutal; pair et compagnon avec tout le monde; n'ayant d'impertinent que l'écorce; honnête homme, même bon homme et serviable.»

Page 42, ligne 6: Datée de Paris le 19 juillet.

Il n'y a que cinquante lieues de Paris à Landrecies, où était Bussy; cependant cette lettre de madame de Sévigné, datée du 19 juillet, ne parvint à Bussy que le 7 août, et fut par conséquent dix-sept jours en route, tant le service des postes était alors lent et mal organisé.

Page 43, ligne 2: Que son cousin s'était distingué à Landrecies.

Monglat indique la prise de Landrecies au 14 juillet. Le même raconte le revers qu'essuya Bussy, et comment il se laissa prendre ses drapeaux. Sur cette déroute, voyez Bussy, _Mém._, t. II, p. 37. La tranchée devant Landrecies avait été ouverte du 26 au 27 du mois précédent. «Le 29, dit l'auteur de la _Monarchie Françoise_, le sieur de Bussy-Rabutin, mestre de camp général de la cavalerie, releva la tranchée, et au signal de deux coups de canon il commença sur la palissade un logement capable de contenir deux cents hommes, après avoir chassé les ennemis de la contrescarpe.» Bussy se distingua encore au siége de Condé le 10 août: voyez _les Fastes des Rois de la maison d'Orléans et celle de Bourbon_ (par le père du Londel), 1697, in-8º, p. 195.

Page 46, ligne 19: Une petite lettre en galopant.

Les contre-vérités que renferme le commencement de cette lettre sont prises au sérieux par M. G. de St.-G., éditeur des _Lettres de Madame de Sévigné_, quoique le sens ironique fût fort clair, et explicitement annoncé par Bussy lui-même, qui dans sa lettre du 13 août dit: «J'ai bien ri en _lisant vos contre-vérités_.» Bussy, _Mém._, t. II, p. 32.

CHAPITRE V.

Page 50, ligne 26: Il séduisit la femme de chambre.

Dans le grand nombre de passages des Mémoires du temps où le nom de Bartet se trouve, il est souvent défiguré, par la faute des imprimeurs ou copistes, qui mettent Barlet ou Baret. Le conseiller au parlement de Navarre chez lequel était la femme de chambre qu'épousa Bartet se nommait Giraud.

Page 53, ligne 7: Candale avait rendu de grands services.

Certaines aventures du duc de Candale sont d'une nature si extraordinaire et si tragique, qu'elles pourraient fournir la matière de plusieurs romans. Un jour il court à franc étrier de Paris à Bordeaux, pour aller joindre une maîtresse qui l'attendait; il arrive à sa maison; il monte précipitamment les escaliers, trouve toutes les portes ouvertes, se précipite dans sa chambre, préoccupé du plaisir qu'il va éprouver en la serrant sur son sein. Là, il est frappé à la vue du cadavre de celle qu'il aimait, posé sur un drap mortuaire, entouré de six cierges, sur lequel se penchaient deux chirurgiens, qui considéraient avec attention les entrailles déjà séparées du corps, tandis que la tête, ensanglantée et défigurée, était d'un autre côté. Deux religieux étaient auprès, et récitaient des prières. (Voyez Chavagnac, _Mém._, t. I, p. 210.) Le portrait que Saint-Évremond nous a laissé du duc de Candale est un des meilleurs morceaux de ce spirituel écrivain. Sur ses amours avec madame d'Olonne, on peut consulter Bussy. Madame de Saint-Loup avait été sa première maîtresse. Il a terminé sa carrière galante par une intrigue avec la marquise de Gange, objet d'un attentat qui surpasse ce que les romanciers ont inventé de plus atroce.

Page 54, ligne 4: Bartet n'obtint aucune réparation.

Bartet avait été disgracié, et vécut trente ans exilé; mais Louis XIV, sollicité par Villeroi, lui permit de reparaître à la cour. Voyez _Dangeau_, sous la date du 16 janvier 1690, t. II, p. 251, édit. de Paul Lacroix, 1830, in-8º. Bartet mourut à Neufville, près de Lyon, en 1707, âgé de plus de cent ans. Voyez CONRART, _Mém._, p. 270, note de M. Monmerqué, qui cite les _Mémoires de_ CHOISY, t. II, p. 205; Utrecht, 1727.

Page 55, ligne 7: Sa femme se fit connaître par des désordres honteux.

La femme de Bautru (Nicolas Ier) se nommait Marie Coulon. Le valet avec lequel fut surprise cette comtesse de Bautru fut condamné à être pendu; la peine fut commuée. Marie Coulon n'aimait pas qu'on l'appelât Bautru, mais Nogent, parce qu'Anne d'Autriche prononçait le premier nom à la manière espagnole ou italienne. Nicolas Bautru mourut à soixante dix-sept ans. Il disait souvent que si les Bautru étaient c...., ils n'étaient pas _sots_, jouant ainsi sur l'ancienne et double signification de ce dernier mot. Il ne faut pas confondre Marie Coulon avec Marthe Bigot, femme de Guillaume Bautru, frère de Nicolas Ier.

Page 55, lig. 21: Madame de Roquelaure est revenue tellement belle.

MADEMOISELLE, dans ses Mémoires, dit, en parlant des personnes qui vinrent la voir à Juvisy: «J'y vis aussi madame de Roquelaure, dont la beauté faisait grand bruit: assurément c'était une belle créature.»

Page 57, ligne 1: Qu'il eut avec mademoiselle de Guerchy.

Les noms sont en blanc dans les Mémoires de Chavagnac; mais nous apprenons par eux que mademoiselle de Guerchy fut piquée avec une épingle empoisonnée; qu'elle entra en convulsion dans le moment, et mourut dans les douleurs les plus horribles. Au sujet du nom de Montjeu, que portait Jeannin de Castille, je remarque dans Loret, liv. V, p. 22, que dans sa lettre en date du 7 février 1654 il est fait mention d'une certaine madame Mondejeu qui s'enfuit un jour de chez son mari et se retira au couvent. Mondejeu est-il le même nom que Montjeu, et est-il question dans cette anecdote de Jeannin et de sa femme? Je le crois.

CHAPITRE VI.

Page 60, ligne dernière: Protégea contre la main scrupuleuse d'un monarque.

La circonstance des pincettes paraît avoir été inventée à plaisir. Elle ne se trouve pas dans le premier passage cité de Sauval, mais dans l'autre du même volume; et elle est reproduite en outre dans une estampe, aussi ridicule que le conte. L'abbé de Bois-Robert a fait des vers à la louange de la gorge de madame de Schomberg, au sujet d'une perle tombée dans son sein.

Page 61, ligne 7: La confidente la plus intime.

La pièce de Scarron intitulée _Étrennes_ doit dater du temps de la jeunesse de l'auteur, et est de l'époque de l'amour de Louis XIII pour mademoiselle de Hautefort. Elle commence ainsi:

Visible déité d'un monarque amoureux.

Elle est d'un style tout différent de celui qui est ordinaire à l'auteur. Il est probable que ce n'est que plus tard, et pour se distraire de ses infirmités, que Scarron adopta le burlesque, où il eut tant de succès.

Page 61, ligne 20: Chemerault, autre dame de la reine.

La Porte dit que les lettres de Chemerault au cardinal de Richelieu relatives à son espionnage auprès de mademoiselle de Hautefort sont au nombre de dix-sept, et qu'elles furent imprimées pendant les troubles de la Fronde. Je suis informé qu'il existe une vie manuscrite de madame la maréchale de Schomberg, et des lettres du maréchal à la suite de celles de son père, à la Bibliothèque royale.

Page 63, ligne 27: Qu'elle ne se fît religieuse.

C'est à cause de sa dévotion que Scarron la nomme souvent dans ses vers sainte Hautefort, et qu'il lui dit Votre Sainteté.

Page 64, lignes 3: Elle épousa en 1646.

Mademoiselle de Hautefort, qu'on appelait madame de Hautefort parce qu'elle était dame d'atour, avait été exilée avec sa sœur mademoiselle d'Escars en 1644.

Page 64, note 118: Scarron, _épithalame_.

Scarron dit du maréchal de Schomberg, dans cet épithalame:

Il a l'âme savante et bonne Autant qu'un docteur de Sorbonne, L'esprit à son courage égal, Adroit à pied comme à cheval, Faisant toute chose sans peine, Où les autres perdent haleine. S'il chante, les plus entendus Au métier en sont confondus; S'il danse, c'est la même chose. . . . . . . . . . . . . . . . . . . Mais dans la paix, s'il est aimable, Dans la guerre il est effroyable. (P. 254)

Remarquons que le mot _effroyable_ est employé ici dans le sens de ce qui cause et produit l'effroi, dans le sens direct et favorable, et non dans le sens réfléchi et défavorable; et à cet égard je dirai aussi que le mot _pitoyable_ appliqué à quelqu'un ne signifiait pas autrefois celui ou celle qui inspire la pitié, mais une personne susceptible de pitié, capable de se laisser fléchir. Jean-Jacques Rousseau, dans sa _Nouvelle Héloïse_, a encore employé ce mot dans ce sens.

Page 66, ligne 5: La file des carrosses s'étendait.

On y voyait, dit Loret,

Plusieurs gens de mérite exquis, Des ducs, des comtes, des marquis.

Puis parmi les femmes il cite la duchesse de Liancourt, connue par sa vertu et sa dévotion; la maréchale de La Mothe, la duchesse de Roquelaure, la duchesse de Choiseul-Praslin, madame Desmarest, accompagnée de sa fille, une des plus jolies personnes de cette époque; madame de Toussy, madame de Bonnelle. Le maréchal de Schomberg et sa femme allèrent loger à l'hôtel de Liancourt ou de La Rochefoucauld, rue de Seine (détruit de nos jours pour construire la rue des Beaux-Arts). La date de l'arrivée du duc et de la duchesse de Schomberg à Paris n'est pas celle de la lettre de Loret; car il est dit p. 64:

Ledit Schomberg et son épouse, Depuis des jours environ douze, Sont dans l'hôtel de Liancour.

Ainsi la lettre de Loret étant du 22 avril, il en résulterait que le maréchal de Schomberg et sa femme entrèrent dans Paris le 10 avril, qui est le jour de la mort de madame de La Flotte.

CHAPITRE VII.

Page 69, ligne première: Elle fut donc témoin de toutes les fêtes.

Le duc de Gramont donna cette année une fête splendide. La reine elle-même donna un ballet, à la suite d'un repas, veille des Rois, où la fève échut au duc d'Amville. Les représentations du ballet de _Psyché_ se continuèrent. Il y eut chez le cardinal de Mazarin un bal masqué, ou les Trivelin et les Scaramouche amusèrent l'assemblée; puis un concert, où chantèrent Baptiste, La Barre, Saint-Hilaire, la signora Bergerota, le délicieux Sarcamanan. Ce furent les mêmes virtuoses qui chantèrent Ténèbres aux Feuillants, pendant l'interruption de tous les plaisirs. Le chancelier Seguier donna un bal masqué, où le roi dansa.

Page 69, ligne 18: Le théâtre et les concerts publics.

Une petite comédie intitulée _Intrigue d'amour_, d'un nommé Lambert, qui a échappé aux recherches exactes et minutieuses des auteurs de l'_Histoire du Théâtre françois_, charma aussi le public de cette époque. (Voyez Loret, liv. VII, p. 198, lettre en date du 16 décembre.)

Page 70, ligne 7: Les mariages.

Parmi les mariages notables que l'on vit cette année furent ceux du marquis de La Luzerne avec la fille d'un fameux financier, nommé Picard; du prince d'Harcourt avec mademoiselle de Bouillon, nièce de Turenne; celui de Soyecourt avec la fille du président de Maisons; du marquis de Rambures avec mademoiselle de Nogent; du marquis de Vardes avec mademoiselle de Nicolaï (pauvre duchesse de Roquelaure!); de Bignon avec mademoiselle de Pontchartrain. Parmi les exilés qui furent rappelés, on remarqua le père George, capucin, ce fameux prédicateur de la Fronde. Mademoiselle de Montpensier (t. XLII, p. 37) fait mention des demoiselles d'Harcourt, privées de leur mère. Alphonse-Henri-Charles de Lorraine, comte d'Harcourt, fut marié, le 2 février 1667, à mademoiselle de Brancas. Voyez _Sévigné_ (_Lettre_ en date du 23 mai 1667), t. I, p. 163, édit. de G. de S.-G.

Page 72, ligne première: Le marquis de La Trousse.

Le nom du marquis de La Trousse était Philippe-Auguste Le Hardi. La terre de La Trousse en Brie avait été érigée en marquisat sous son père, par lettres patentes de 1605 (Monmerqué).

Page 72, ligne 14: Devant Capelle.

La Prise de Capelle eut lieu le 18 août.

Page 73, ligne 14: Bussy quitta l'armée le 2 novembre.

Bussy, à son passage à Paris, put assister au nouveau ballet royal qui fut donné le 18 novembre.

Page 73, ligne 20: Après le départ du duc de Modène.

Aidé des troupes françaises commandées par le duc de Mercœur, le duc de Modène s'empara de Valenza le 6 septembre, ce qui contribua à augmenter en Italie la considération de la France. Monglat, t. LI, p. 19.

Page 81, ligne 17: L'intrigueuse vient là.

On ne dit plus aujourd'hui intrigueur et intrigueuse, mais intrigant et intrigante. A l'époque où Saint-Évremond écrivait on ne disait ni l'un ni l'autre; c'était un mot forgé ou un mot nouveau, mais non encore adopté, et qui ne le fut de longtemps. Dans le Dictionnaire de Nicot, imprimé en 1666, on ne trouve ni intrigueur ni intrigant; il en est de même dans le Dictionnaire de Richelet, imprimé en 1680; mais on trouve l'un et l'autre de ces mots dans la première édition du Dictionnaire de l'Académie Française, qui remarque qu'intrigueuse est plus souvent employé qu'intrigueur; et c'est ce féminin, dont la désinence en _gueuse_ était désagréable, qui aura déterminé à préférer intrigante et intrigant.

CHAPITRE VIII.

Page 90, ligne 4 du texte: Un mot qui manque à notre langue.

Les mots _infans_ et _puer_, que nous ne pouvons traduire que par le seul mot enfant, exprimaient chez les Romains deux âges différents de la vie.

Page 95, note 154, ligne 3 de la note: M. de Bausset n'a pas bien connu.

M. de Bausset, dans sa _Vie de Bossuet_, dit que cet homme illustre n'a commencé ses prédications à Paris que vers la fin de l'année de 1658, par le panégyrique de saint Joseph, ce qui est une erreur. Il y a pareillement erreur de la part du dernier et savant éditeur des œuvres de Bossuet, qui, entraîné peut-être par l'assertion de M. de Bausset, a placé le panégyrique de sainte Thérèse à la date de l'année 1658. Il est antérieur d'un an. Les détails que nous n'avons pu qu'indiquer, sur les premiers débuts de Bossuet dans la chaire évangélique forment une véritable lacune dans l'histoire de M. de Bausset, qui les a ignorés. Cette _Vie de Bossuet_ est d'ailleurs un ouvrage d'un grand mérite; et bien qu'elle n'ait pas eu le même succès que la _Vie de Fénelon_, elle lui est, suivant nous, supérieure: elle offrait plus de difficultés dans son exécution.

Page 100, note 1: _Dissertation critique_.