Mémoires touchant la vie et les écrits de Marie de Rabutin-Chantal, (2/6)

Part 34

Chapter 343,915 wordsPublic domain

Le roi d'Angleterre (le prétendant) prêta au cardinal de Retz jusqu'à cent vingt hommes pour se fortifier.

Page 387, lignes 5 et 6: Où il étala tant de luxe et de magnificence.

Pendant la durée de cette ambassade, sa dépense se montait à huit cents écus par jour.

CHAPITRE XXVII.

Page 392, lignes 21, 23, 24: Condé... vient siéger sur les fleurs de lis.

Monglat dit que ce fut le 10 août que Condé vint siéger au parlement.

Page 393, note 1: DE VILLEFORE, la véritable vie d'Anne-Geneviève de Bourbon, duchesse de Longueville, etc.

L'édition qui porte pour titre: _Vie de madame de Longueville_, et qui est sans nom de lieu, est faite à Paris. L'auteur n'est point nommé, tandis qu'il l'est deux fois dans l'édition d'Amsterdam, dans un avis du libraire et dans un avertissement d'éditeur. L'avis du libraire, qui indique les retranchements qu'a subis l'édition de Paris, est à la fin du volume.

Page 399, ligne 2: C'est dans le château de celui-ci que se fit le mariage.

Ce mariage se fit en 1646, vers la fin de l'hiver. Mademoiselle de Rohan avait vingt-sept à vingt-huit ans, et était d'une vertu sévère.

Page 400, ligne 9: Sa mort termina ce romanesque procès.

Tancrède mourut le 1er février 1649, âgé de dix-neuf ans. Conférez l'_Histoire de Tancrède de Rohan_ (par le père Griffet); Liége, 1767, in-12, p. 55 et 91. Ce volume, par les pièces justificatives qui le terminent, contient quelques documents curieux pour l'histoire.

CHAPITRE XXVIII.

Page 404, ligne 21: La duchesse n'y paraissait point.

Mademoiselle de Montpensier décrit, dans ses Mémoires, une fête qui eut lieu chez la comtesse de Choisy, où il y eut comédie et collation. Puis elle ajoute: «Tout ce qu'il y avait d'hommes et de femmes à Paris y vinrent.» Ce qui veut dire, dans son langage, qu'il n'y avait pas un seul homme ni une seule femme de la classe bourgeoise.

Page 404, les deux dernières lignes: C'est que c'était aux Tuileries, où elle demeurait alors.

Mademoiselle de Montpensier fut délogée des Tuileries au retour du roi. Il faut lire dans l'endroit cité les regrets qu'elle exprime d'être forcée de quitter ces magnifiques appartements, où elle avait toujours habité.

Page 408, ligne 12: Adonnée à l'astrologie et à la divination.

Il faut lire dans Segrais la curieuse histoire de l'abbé Brigalier.

Page 409, lignes 27 et 28: La présidente de Pommereuil pour le cardinal de Retz.

Le cardinal de Retz donna au roi et à la reine d'Angleterre un repas si magnifique, qu'il fut pendant quelques jours, dans Paris, l'objet principal des entretiens des cercles et des ruelles.

Page 410, ligne 3: Chez la marquise de Bonnelle.

C'était, à ce qu'il paraît, d'après Loret, chez la marquise de Bonnelle que l'on jouait alors. Le jeu à la mode était celui de quinola ou le reversis. Il venait d'Espagne.

Page 410, lignes 6 et 7: MADEMOISELLE faisait presque toujours venir les vingt-quatre violons.

Les vingt-quatre violons firent partie de la maison du roi, mais ils ne formaient pas les seuls musiciens de la chambre; il y avait encore les joueurs de violons ordinaires, les joueurs de hautbois, de _saqueboutes_ et _cornets_, les joueurs de _phiphres_, _tabourins_ et _muzettes_. Tous avaient des gages, et les sommes qu'ils recevaient se lisent p. 143, 144, 168 et 169 de l'ouvrage du sieur de LA MARINIÈRE, intitulé _Estat général des officiers, domestiques et commençaux de la Maison du Roy_; Paris, 1660, in-8º. Ce livre est curieux et peu connu, et il ne faut pas le confondre avec l'_État de la France_, dont on publiait une nouvelle édition presque tous les ans, et auquel a succédé l'_Almanach royal_.

Page 411, ligne 2: Joints aux négociations.

La duchesse d'Aiguillon négociait à Saint-Germain pour le prince de Condé. Voyez Chavagnac, t. I, p. 167. Il y a dans cet endroit une erreur de pagination.

Page 411, ligne 16: La gaieté régnait au milieu des dangers.

Remarquons cependant que dans le midi la guerre se faisait avec acharnement, et donnait lieu à d'atroces forfaits: témoin l'affaire du chevalier de Canolle, pendu quoique prisonnier de guerre, et celle du père de Chavagnac, livré par ses propres troupes et assassiné par son maître d'hôtel.

Page 412, lignes 14 et 15: Ces divers spectacles attiraient hors de Paris.

Ces divertissements et ces communications eurent surtout lieu lorsque Turenne s'était retranché derrière le bois qui est sur les hauteurs de Villeneuve-Saint-Georges; alors les princes se trouvaient campés proche de Boissy-Saint-Léger, dans la plaine qui est entre ce village et le bois de Villeneuve-Saint-Georges (le bois du château de La Grange); le bois séparait les deux camps, et formait l'intervalle qu'aucune des deux armées n'osait franchir.

CHAPITRE XXIX.

Page 413, ligne 2 du texte: Fut encore augmenté par l'arrivée du duc de Lorraine à Paris.

Ce fut le 5 septembre que le duc de Lorraine vint à Paris, accompagné du duc de Wurtemberg. Le duc de Lorraine était né en 1604.

Page 414, lignes 10, 11 et 12: Faisait profession de ne tenir à sa parole qu'autant que son intérêt l'y obligeait.

Pavillon, dans son Testament de Charles IV, a très-bien dit de lui:

Il donna librement sa foi Tour à tour à chaque couronne; Il se fit l'étrange loi De ne la garder à personne.

Cette morale dépravée fut commune parmi les guerriers de ce temps, et le duc de Lorraine fit plus d'un élève. On peut lire dans les _Mémoires de Loménie de Brienne_, t. II, p. 295, quels affreux conseils donnait à ce jeune homme entrant dans le monde le duc de Vendôme.

Page 414, ligne 20: En épousant ensuite Béatrix de Cusane, princesse de Cantecroix.

Le mariage du duc de Lorraine avec la princesse de Cantecroix eut lieu en 1637, à Besançon.

Page 415, ligne 25: Les déterminations de Charles IV.

La duchesse de Châtillon elle-même ne craignait pas de donner de la jalousie à Condé, en faisant des coquetteries au duc de Lorraine.

Page 416, ligne 2: Ses manières si étranges parurent piquantes.

Dans une promenade au Cours que le duc de Lorraine fit avec la duchesse de Chevreuse, sa fille, et madame de Frontenac, sa conversation fut tout à fait ordinaire. Voyez les Mémoires de Conrart.

Page 416, ligne 10: Les troupes de tous les partis.

Les troupes du duc de Lorraine n'étaient pas les seules qui commissent des désordres; celles des princes, les troupes royales elles-mêmes, ne se conduisaient pas mieux. Pour donner une idée de l'indiscipline de ces dernières, il suffit de dire que le maréchal d'Hocquincourt, qui les commandait, ne put empêcher sa maison d'être dévastée. Chavagnac avoue que pendant deux jours qu'il fut cantonné à Poissy, il reçut de riches présents des propriétaires des environs pour empêcher qu'ils ne fussent pillés.

Page 416, ligne 20: Le chef d'une troupe de démons que, comme un général d'armée...

Loret, dans sa gazette, raille ainsi les Parisiens de l'accueil qu'ils faisaient au duc de Lorraine:

Les soldats du duc de Lorraine Ont enfin traversé la Seine, Et plusieurs des gens de Paris, Loin d'en avoir les cœurs marris, Après avoir mangé leurs soupes, Allèrent voir passer ces troupes Avant-hier, qu'il faisait beau, Dans la plaine de Long-Boyau. Ils ont brûlé cinq cents villages, Ravi douze cents pucelages, Fait deux mille maris cornus, Et pourtant sont les bien-venus.

Page 418, ligne 15: L'abbesse de Pont-aux-Dames.

Conrart place ce fait le 4 juin.

Page 421, lignes 6 à 8: Elles portaient des rubans, des montres d'or, etc.

Au sujet des habillements de ces religieuses, voici comment s'exprime saint Vincent de Paul:

«Plures vestes monialum deferunt indecentes, et immodestas. In locutoriis se ostentant vittis ignei coloris fulgentes; horarias aureas, seu horologia aurea gestitant; chirotecas etiam raras, et quas vocant hispanas, induunt.» (G. DELORT, _Mes Voyages aux environs de Paris_, in-8º, t. II, p. 173.)

CHAPITRE XXX.

Page 425, ligne 6: Où chaque guerrier se bat avec acharnement.

Cette bataille eut lieu le 5 juillet. Les descriptions qu'en ont données les historiens que j'ai cités se ressemblent toutes, et sont exactes; mais elles sont dépourvues de ces scènes animées qu'on trouve dans les Mémoires, et dont nous avons tenté de donner une esquisse. Il y a dans Ramsay, ainsi que dans Désormeaux, un très-beau plan de cette bataille; c'est le même dans les deux ouvrages. Il a été réduit dans l'édition in-12 de l'ouvrage de Désormeaux.

Page 425, ligne 21: En versant des torrents de sang.

L'aide de camp de Chavagnac, après s'être battu en brave homme, fut tellement frappé d'horreur du massacre de cette journée, qu'il quitta l'état militaire et se fit capucin.

Page 426, ligne 16: Mais nul plus que Saint-Mesgrin.

Personne n'était plus aimé à la cour que Saint-Mesgrin. Malgré sa jeunesse, il avait commandé en chef une armée en Catalogne, et déployé dans cette campagne les plus grands talents pour la guerre. La reine mère, dont il était chéri et favorisé, le pleura, et le fit inhumer avec pompe à Saint-Denis. Saint-Simon donne très en détail, dans l'endroit cité, toute l'histoire du père de ce jeune homme, qui mourut en 1665, à l'âge de quatre-vingt-trois ans. Il était gendre du maréchal de Roquelaure, et grand sénéchal de Guyenne. Saint-Simon nous apprend que le vrai nom du père de Saint-Mesgrin était Esthbuert; ce fut par une héritière de Caussade, dont il joignit son nom au sien, qu'il devint Saint-Mesgrin. Dans l'insipide ouvrage de Somaize, il y a quelques détails sur la duchesse de Chaulnes, qui fut veuve de Saint-Mesgrin, et sur les femmes qui étaient ses amies. Elle est désignée sous le nom de Clidaris; Sophronie est madame de Sévigné; le Palais-Sénèque est le Palais-Royal; Barsane est cette marquise des Brosses dont j'ai raconté les aventures touchantes dans la Vie de Maucroix. Le jeune de Fouilloux s'était joint aussi à Saint-Mesgrin, et périt dans la même action.

Page 428, lignes 8 et 9: Dans une maison de particulier.

Cette maison était celle d'un nommé de La Croix, maître des comptes.

CHAPITRE XXXI.

Page 431, ligne 16: Le duc de Beaufort, le héros de la populace de Paris.

L'hôtel de Beaufort était alors rue Quincampoix.

Page 431, lignes 19, 20: Qui épouvantèrent le gouverneur, le prévôt des marchands, les échevins.

Le carrosse du prévôt des marchands fut attaqué par la populace, et un échevin fut blessé. On pilla la boutique d'un armurier nommé Regnicourt. Un nommé L'Espinois, capitaine de son quartier, manqua d'être jeté à l'eau, parce qu'il était accusé d'être retz ou mazarin.

Page 431, ligne 21: Et forcèrent à fuir sous divers déguisements...

La maréchale de Turenne, qui demeurait alors rue Saint-Louis au Marais, alla rejoindre la cour; Seguier, premier président, en fit autant, ainsi que le roi et la reine d'Angleterre, qui se trouvaient alors à Paris. (Loret, liv. III, p. 64.)

Page 432, ligne 9: Força de recourir à une assemblée générale.

Talon donne, dans cet endroit de ses Mémoires, des renseignements curieux et intéressants sur les grandes et les petites assemblées de la ville de Paris.

Page 432, lignes 16 et 17: De ses soldats déguisés en gens du peuple.

Lefebvre de La Barre, prévôt des marchands, donna sa démission aussitôt après le tumulte.

Page 432, ligne 22: A se soustraire à la fureur populaire.

Les vers de Loret, quoiqu'ils soient toujours dépourvus de grâce et de poésie, ont, en racontant ces scènes déplorables, une naïveté qui plaît, parce qu'on y voit une douleur sincère dans celui qui les écrivait. Ce gazetier si insipide, ce versificateur si plat, était un des plus honnêtes hommes de cette époque; il montre partout les sentiments d'un bon Français; et s'il flattait les grands, il ne les abandonnait pas dans le malheur, comme le prouva l'affaire de Fouquet.

Page 434, ligne 24: Avaient encore augmenté le resserrement de la population.

Talon dit qu'il y avait alors cent mille personnes auxquelles la charité était distribuée. Le pain blanc valait le 6 juillet onze à douze sous la livre (c'est vingt-quatre sous d'aujourd'hui). Le pain bis valait sept sous (quatorze sous).

Page 435, ligne 21: Pour un vol de 300,000 livres de marchandises.

C'est Chavagnac lui-même qui raconte ce fait. Ces marchandises appartenaient à des bourgeois de Paris.

Page 435, ligne 25: Gaston fit aussitôt conduire le comte de Rieux à la Bastille.

Il est fait mention de cette affaire du comte de Rieux dans plusieurs des Mémoires du temps; mais c'est dans les Mémoires de Talon qu'elle est le mieux détaillée.

Page 436, ligne 11: Beau, galant, gracieux et enjoué.

Voici le portrait que Bussy-Rabutin, qui n'est pas louangeur, nous a laissé du duc de Nemours: «Ce duc avait les cheveux fort blonds, le nez bien fait, la bouche petite et de belle couleur; il avait la plus jolie taille du monde, et dans ses moindres actions une grâce qu'on ne pouvait assez admirer; l'esprit fort enjoué et badin.»

Page 438, ligne 25: Pour en arracher cette détermination.

Condé, par le moyen de ses liaisons avec l'Espagne, avait obtenu, au moyen d'une rançon, la liberté du duc de Guise, fait prisonnier par les Espagnol, lors de son expédition contre le royaume de Naples; mais en arrivant à Paris le duc de Guise se déclara pour le roi, et siégea dans la séance où la déclaration royale qui proscrivait Condé fut enregistrée. Le duc de Rohan aussi accepta l'amnistie, et ne suivit pas Condé.

Page 439, ligne 24: Depuis qu'il n'était plus obligé de la disputer à Nemours.

Lorsque Condé, par une habile manœuvre, eut enfermé l'armée de Turenne entre la sienne et celle du duc de Lorraine, il fut saisi d'une fièvre qui lui dura quelques jours, et l'empêcha de profiter des succès de ses combinaisons. Guy-Joly dit, dans ses Mémoires, que cette indisposition de M. le Prince fut causée par une comédienne dont il s'était trop approché. Ce qui me semble prouver, comme je l'ai dit, que Condé bien avant son départ de Paris était fort refroidi à l'égard de la duchesse de Châtillon.

Pages 441, lignes 1 et 2: De femmes qui dans le vice conservassent moins de respect pour la vertu.

Sauval donne encore pour amants à la duchesse de Châtillon, Bouchu, intendant de Bourgogne, et Cambiac, auquel il donne le titre de chanoine d'Alby et de Montauban. Mais Sauval, mal instruit des choses de la cour, a écrit longtemps après les événements. Pour tous ces petits faits scandaleux, qui ont de l'importance par leur influence sur les grands événements, il faut consulter les Mémoires des personnes qui ont connu les personnages mêmes auxquels ces anecdotes sont relatives. Les Mémoires de Montpensier, de Motteville, et surtout ceux de Bussy, sont les meilleures sources et les plus authentiques.

CHAPITRE XXXII.

Page 446, ligne 17: Telles étaient les dispositions où se trouvait Balzac.

Jean-Louis Guez, seigneur de Balzac, naquit en 1594 et mourut en 1655. Employé d'abord à Rome sous le cardinal de la Valette, il avait été fait conseiller d'État.

Page 448, lignes 20 et 27: Le suivirent à Nantes.

Salmonet était d'avis que le cardinal de Retz s'évadât; et s'il avait suivi ce conseil et qu'il eût cessé d'intriguer avec ceux du parti de Condé, il se serait encore arrangé avec la cour, tant la possession de l'archevêché de Paris et son union avec le clergé de cette ville le rendaient puissant, et exigeaient de ménagements de la part de l'autorité.

Page 451, lignes 17 et 18: Après ce piquant écrit: _Vita Mamurræ_.

La _Vita Gargillii Mamurræ_ fut composée en 1636, et imprimée en 1643 par Adrien de Valois, dans un recueil de pièces contre Montmaur, t. I, p. 23. L'Anti-Gomorrhe, t. I, p. 44, de Sallengre, est de Charles Vion. Sallengre cite des mots de Montmaur très-spirituels. La _Vita Mamurræ_ est dédiée à un nommé Ferramus, avocat; il était de Boulogne.

Page 452, ligne dernière du texte: Dans cette première édition des poésies de Ménage.

Ménage, à la cinquième édition, ajouta à l'idylle d'Alexis les deux vers suivants, p. 146:

Digne objet de mes vœux, à qui tous les mortels Partout, à mon exemple, élèvent des autels.

Et dans la septième, à ces mots: _à la tendre amitié_, il substitua: _aux lois de l'amitié_; et à ceux-ci: _et dont l'âme insensible_,--_et toujours insensible_.

CHAPITRE XXXIII.

Page 456, ligne 1re du texte: Le marquis de Tonquedec était...

Conrart rapporte les deux versions qui coururent dans le public sur cette première rencontre de Tonquedec et de Rohan: la version de Rohan et celle de madame de Sévigné (p. 91). Celle de madame de Sévigné mérite le plus de confiance, et est aussi la plus vraisemblable.

Page 459, lignes 22 et 23: Et Loret même en avait parlé dans sa gazette.

Loret, dans sa _Muse historique_, annonce ainsi cette affaire.

Rohan, dont le cœur et la mine L'ont fait parvenir à l'hermine, Et le marquis de Tonquedec, Quoique dans un lieu de respec, Savoir, chez Sevigny la belle, Eurent entre eux grosse querelle, etc.

Page 461, ligne 25: Le duc de Rohan mourut.

Loret a donné la date précise de la mort du duc de Rohan, dans sa gazette datée du 6 mars, lorsqu'il dit:

Ce fut depuis sept jours en çà Que le noble duc trépassa, etc.

CHAPITRE XXXIV.

Page 464, ligne 1re: Scarron se maria.

L'époque du mariage de Scarron avec Françoise d'Aubigné (depuis madame de Maintenon) se trouve exactement déterminée par la gazette de Loret; cependant presque tous les auteurs qui ont écrit sur elle ou sur Scarron l'ont ignorée, ou, ce qui est pire, lui ont assigné une fausse date. M. Monmerqué, si curieux et si exact dans ses recherches, ne donne point la date de ce mariage dans l'article _Maintenon_, dont il a enrichi la _Biographie Universelle_. Madame Suard et Dreux du Radier placent ce mariage en 1650, deux ans avant sa véritable date. Madame Guizot le met en 1651, probablement sur l'autorité de La Beaumelle, qui même va jusqu'à désigner en marge le mois d'avril; mais la date de l'année comme celle du mois sont également fausses. Segrais, par ses contradictions, est la première cause de ces erreurs; dans une page de ses _Souvenirs_, il dit que Scarron se maria en 1650 (voyez page 100), et dans une autre, p. 105, en 1651. Les auteurs subséquents ont pris à peu près au hasard l'une ou l'antre date, sans se douter qu'ils ne choisissaient qu'entre deux erreurs. Cependant, longtemps avant moi, les frères Parfaict, dans leur _Histoire du Théâtre français_, avaient, d'après la gazette de Loret, donné la véritable date. M. Fabien Pillet, dans l'article _Scarron_, de la _Biographie Universelle_, a bien dit que ce mariage eut lieu en 1652, mais sans aucune discussion, et sans détermination plus précise. C'est dans sa lettre 52, du 31 décembre 1651 (liv. II, p. 179), que Loret parle du projet de Scarron de se transporter en Amérique avec la sœur Céleste (mademoiselle de Palaiseau), quand le printemps sera venu; nulle mention alors que Scarron eût pris femme: c'est dans la lettre 22 du 9 Juin 1652 (liv. III, p. 77) que Loret parle du mariage récent de Scarron, et de son procès avec sa belle-mère.

Monsieur Scarron, esprit insigne..., Avait un procès d'importance, Lequel il a perdu tout net. . . . . . . . . . . . . . . . Car enfin ledit personnage Ayant contracté mariage Avec une épouse ou moitié, Qu'il a prise par amitié, Il était chargé, ce me semble, De deux pesants fardeaux ensemble.

C'est à l'imitation de Scarron que Loret écrivait sa gazette en style burlesque. Il le regardait comme son maître et son modèle dans ce genre d'écrire. Il professait pour lui la plus grande admiration. Il donne place dans sa gazette aux plus petites choses qui le concernent. Si donc ce mariage avait été antérieur de plus de quinze jours à cette feuille du 9 juin, Loret n'aurait pas manqué d'en faire mention dans les gazettes antérieures; il n'en dit rien: donc c'est entre la gazette qui a précédé celle-ci et le 9 juin que ce mariage a eu lieu.

Page 463, note 2: _Lettre_ à mademoiselle d'Aubigné.

Cette curieuse lettre de Scarron est certainement adressée à mademoiselle d'Aubigné, quoique son nom ne soit pas dans les éditions. Les correspondances de Scarron, de madame de Maintenon, et de Bussy, ont été imprimées avec une négligence qui les rend souvent inintelligibles même aux plus instruits.

Page 464, lignes 7 et 8: Agée de seize ans et demi.

Madame de Maintenon était née le 28 novembre 1635; elle avait donc seize ans et demi lors de son mariage; son frère était plus jeune.

Page 465, lignes 6 et 7: Contemplez cet enfant qui se joue sur le rivage de Sicile.

Des recherches récentes, dues à un savant Italien, sur l'origine de la famille de Mazarin, ont constaté ces faits. Ils m'ont été communiqués par M. Artaud de Montor, qui a résidé longtemps en Italie, auquel nous devons la meilleure traduction et la meilleure vie du Dante, et tant d'excellents ouvrages qui concernent l'Italie. Saint-Simon, si curieux et si savant sur tout ce qui se rapporte aux recherches généalogiques, avait en quelque sorte deviné la naissance infime de Mazarin; car dans ses _Mémoires_, après avoir parlé des nièces du cardinal, il dit: «Si les pères de ces nièces n'étaient rien, leurs mères, sœurs du cardinal Mazarin, étaient, s'il se peut, encore moins. Jamais on n'a pu remonter plus haut que le père de cette fameuse éminence, ni savoir où elle est née, ni quoi que ce soit de sa première jeunesse. On sait seulement qu'ils étaient de Sicile; on les a crus des manants de la vallée de Mazare, qui avaient pris le nom de Mazarin, comme on voit à Paris des gens qui se font appeler Champagne, Bourguignon. La mère du cardinal était Buffalini. Son père mourut obscur à Rome, en 1654, âgé de soixante-dix-huit ans. Cela n'y fit pas le moindre bruit. Les nouvelles publiques de Rome eurent la malice d'y insérer ces mots: «Les lettres de Paris nous apprennent que le seigneur Pietro Mazarini, père du cardinal de ce nom, est mort en cette ville de Rome, etc.» (T. XI, p. 190.) Loménie de Brienne, qui écrivait du vivant même de Mazarin, et lorsqu'il était tout-puissant, ne savait rien non plus sur son origine; il dit, t. II, p. 10: «Que le cardinal fût de Rome ou de Mazara, qu'il fût né gentil-homme ou non, je laisse ces difficultés à débrouiller aux généalogistes.»

Page 466, ligne 24: Au dur despotisme d'une parente avare.

Cette parente était la comtesse de Neuillant, mère de madame la duchesse de Navailles.

Page 466, lignes 26 et 27: On la croyait née en Amérique.

Saint-Simon le croyait encore, et ignorait de qui elle était descendue. La justice vient tard pour les personnages qui ont exercé un grand pouvoir; tout ce que dit Saint-Simon sur madame de Maintenon est l'expression de la haine et le résultat de la plus injuste partialité. Il en est de même de ce qu'a dit MADAME (mère du duc d'Orléans, régent) dans sa correspondance. Il en est de même de presque tous ceux qui ont écrit sur cette femme célèbre dans le temps de sa faveur. Pendant tout le dix-huitième siècle les philosophes, à cause de sa dévotion, lui ont attribué sur les affaires une influence qu'elle n'avait pas, afin de pouvoir rejeter sur elle les malheurs publics et les désastres des dernières années du règne de Louis XIV. Ce n'est que de nos jours que l'on a commencé à la juger impartialement.

Page 467, lignes 17 et 18: Loret, en devisant sur ce prétendu voyage dans sa bavarde gazette.

Dans la lettre 25, en date du 5 octobre 1652, liv. III, p. 139, Loret dit:

Monsieur Scarron, auteur burlesque, Fort aimé du comte de Fiesque, Est parti de cette cité Ayant sa femme à son côté, Ou du moins en étant bien proche, Lui dans une chaise, elle en coche, Pour devers la ville de Tours Aller attendre quelques jours L'embarquement pour l'Amérique, Où sa personne poétique Espère trouver guérison.

Puis, dans la lettre 45, en date du 9 novembre 1652, liv. III, p. 154, c'est-à-dire un mois après la lettre précédente: