Mémoires touchant la vie et les écrits de Marie de Rabutin-Chantal, (2/6)

Part 31

Chapter 314,007 wordsPublic domain

Presque tous les commentateurs de Boileau ont commis une erreur, lorsqu'ils ont dit que ce vers et celui qui le précède n'avaient existé qu'en manuscrit. Cette satire adressée à Molière parut pour la première fois dans le _Recueil de Vers choisis_, imprimé en 1665, sans nom de ville ni d'imprimeur, avec une sphère sur le titre. Les vers sur Ménage s'y trouvent tels que nous les avons rapportés.

Page 63, ligne 23: Substitua l'abbé de Pure.

Si je veux d'un galant dépeindre la figure, Ma plume, pour rimer, rencontrera de Pure.

Voyez _Nouveau Recueil_, etc., 1665, in-12, p. 24.

Page 68, ligne 3: L'interprétation que nous leur avons donnée.

M. Monmerqué (t. I, p. 39) fixe la date de la lettre que j'ai citée à l'année 1655: je la crois postérieure. Cette lettre se rattache à celle du no 29, p. 55, et à celle qui a été publiée dans les _Mémoires de Coulanges_, p. 323; ce qui doit faire croire qu'il y est question de Servien, et non de Fouquet. De même, la lettre du 12 janvier, t. I, p. 16, que nous avons citée en second, classée par M. Monmerqué sous l'année 1654, nous paraît devoir être placée sous l'année 1652, lorsque madame de Sévigné revint de Bretagne après son veuvage, Conférez Loret, _Muse historique_, t. I, p. 157, en date du 19 novembre 1651.

Page 70, note 2: BUSSY, _Histoire amoureuse des Gaules_.

L'édition que j'ai citée dans cette note et dans plusieurs autres me paraît être l'édition originale du fameux ouvrage de Bussy. Elle est in-18, sans date, sans nom de libraire ni d'imprimeur, et ayant seulement une croix de Saint-André sur le frontispice. L'ouvrage commence au haut de la page, sans que le titre soit répété. La pagination se suit jusqu'à la page 190, puis elle recommence à l'histoire d'Ardelise jusqu'à la page 69, et ensuite il y a une clef. Le caractère est beau et semblable à celui des Elzevirs. Il y a du même ouvrage une autre édition pareillement indiquée comme étant imprimée à Liége, sans date ni nom d'imprimeur, mais avec un grand fleuron triangulaire sur le frontispice: ce volume, moins bien imprimé que le précédent, a 208 pages, sans la clef; la pagination se suit, et l'historiette de Ménage est à la page 189. Barbier a commis une faute grave, dans son Dictionnaire des Anonymes, en confondant, t. I, p. 46, l'_Histoire amoureuse des Gaules_ de Bussy avec le recueil intitulé: _les Amours des Dames de notre siècle_, recueil de libelles composés par différentes mains, la plupart de Sandraz de Courtils. A la vérité, dans l'édition de 1754, en 4 volumes, on a compris toutes ces petites chroniques scandaleuses sous le titre général d'_Amours des Gaules_, et on a attribué le tout à Bussy; mais il n'y a de lui dans ces 4 volumes que le 1er; et cette édition de ses _Amours des Gaules_, quoique la plus connue, n'est pas bonne. Nous reviendrons sur ce recueil au sujet d'une autre édition, où les vrais noms sont mieux indiqués que dans l'édition de 1754, et que nous avons découverte depuis. Nous prouverons aussi que les _Amours des Gaules_ de Bussy ont été composées en 1659 et 1660, mais n'ont été imprimées qu'en 1662. Les diverses pièces renfermées dans le recueil intitulé _les Amours des Dames de notre siècle_ sont toutes postérieures à cette époque. (Voyez la IIIe partie de ces _Mémoires_, p. 445.)

Page 75, ligne 10: Telle était Montreuil.

On ne voit point mes vers, à l'envi de Montreuil, Grossir impunément les feuillets d'un recueil.

BOILEAU, _satire_ VII.

M. de Saint-Surin, dans son commentaire, a dit à tort que le Montreuil dont parle Boileau fut de l'Académie Française. Il le confond avec son frère, qui en fut, et mourut en 1650 sans avoir rien publié. Pellisson, dans son _Histoire de l'Académie Française_, et Saint-Marc, probablement d'après Pellisson, prétendent que le véritable nom est Montreul. Cela se peut; mais dans les deux éditions que Mathieu Montreuil a publiées lui-même de ses ouvrages, l'i s'y trouve; il y a Montreüil, et jamais Montreul. Voyez _OEuvres de Montreuil_, édit. 1666, p. 5, et édit. 1671, p. 4.

Page 75, ligne dernière: Ce chansonnier de la Fronde, gros, court.

Le poëte Saint-Amand, dans son poëme sur la Vigne, s'exprime ainsi sur Marigny, dont il était l'ami:

Marigny, rond en toute sorte, Qui parmi les brocs te transporte, Et dont l'humeur, que je chéris, M'a pu faire quitter Paris.

La petite seigneurie de Marigny était située près de Nevers.

Page 76, ligne 11: Saint-Pavin, le petit bossu.

Le nom de Saint-Pavin était Denis Sanguin de Saint-Pavin. Titon du Tillet (_Parnasse Français_, 1722, in-folio, p. 298) nous apprend que de son temps la maison de Saint-Pavin appartenait au duc de Lorges. Je ne sais où M. Durozoir (_Biographie universelle_, t. XL, p. 36) a trouvé que Saint-Pavin le poëte avait été pourvu de l'abbaye de Livry, et qu'il avait précédé l'abbé de Coulanges à cette abbaye. Je crois qu'il a confondu avec le poëte Saint-Pavin Denis Sanguin de Saint-Pavin, évêque de Senlis, qui en effet fut pourvu de l'abbaye de Livry après, et non avant, l'abbé de Coulanges. L'abbé Le Bœuf dit avoir vu dans l'église Notre-Dame de Livry la tombe d'un M. Sanguin, seigneur de Livry, mort en 1650. C'était peut-être celle de Christophe Sanguin, seigneur de Livry. (Voyez _Histoire du Diocèse de Paris_, t. VI, p. 197.) M. Gault de Saint-Germain, dans une note sur les Lettres de madame de Sévigné, t. III, p. 275, a dit que Saint-Pavin était abbé de Livry; et c'est probablement dans cet auteur, si rempli d'inexactitudes, que M. Durozoir aura puisé ce fait.

Page 77, ligne 11: Amenant avec lui ses compagnons de plaisir.

Parmi les joyeux convives qui fréquentaient le plus la maison de Saint-Pavin et venaient avec lui chez l'abbé de Coulanges, madame de Sévigné nomme Saint-Germain.

Page 79, ligne 7: Sont faits égaux comme de cire.

Vers de Marot dans l'épigramme qui commence ainsi:

Monsieur l'abbé et monsieur son valet Sont faits égaux tous deux comme de cire.

Page 79, avant-dernière ligne: Les éloges que dans la suite Boileau.

Que Segrais, dans l'églogue, en charme les forêts.

CHAPITRE VII

Page 85, ligne 4, note 1.

«Les quatre grands diseurs de bons mots de notre temps, dit Ménage, étaient Angevins: M. le prince de Guémenée, M. de Beautru, M. le comte de Lude, et M. le marquis de Jarzé.»

Page 88, ligne 14: Une ode de Racan adressée au père de Bussy.

Nous citerons ici une belle strophe de cette ode de Racan, dont Bussy, puisqu'il l'admirait tant, aurait dû profiter.

Que sert aux courtisans ce pompeux appareil, Dont ils vont dans la lice éblouir le soleil, Des trésors de Pactole? La gloire qui les suit après tant de travaux Se passe en moins de temps que la poudre qui vole Du pied de leurs chevaux.

Bussy fut reçu à l'Académie Française en 1665, à l'âge de quarante-sept ans.

Page 91, ligne 9: Agé de près de vingt ans.

Bussy naquit à Épiry, en 1618; il eut quatre frères, et par leur mort il resta l'unique rejeton de la descendance mâle des Rabutins dans la branche cadette. Il entra dans la carrière militaire en 1634, et se distingua au siége de La Motte en Lorraine. Il fut fait mestre de camp d'infanterie en 1638, après trois campagnes. C'est en 1644 qu'il acheta 12,000 écus la lieutenance des chevau-légers. C'était la compagnie d'ordonnance de Henri de Bourbon, prince de Condé, gouverneur de Bourgogne, père du grand Condé. C'est aussi en 1644 que le père de Bussy mourut, et que, par la protection du prince de Condé, il devint lieutenant du roi en Nivernais; il fit le 18 février 1645 son entrée dans cette province.

Page 91, ligne 11: Qui comptait environ vingt-cinq ans.

Bussy dit dans ses _Mémoires_ (t. I, p. 3, édit. in-12) qu'il est né à Épiry, le vendredi saint, troisième avril 1618. Selon Monmerqué, on devrait lire, d'après un manuscrit, le treizième d'avril: différence peu importante. Cette date est confirmée par le tableau généalogique des Rabutins, extrait de la bibliothèque de Dijon, publié dans les _Lettres inédites_ (Paris, 1819, in-12), et aussi par son épitaphe, composée par la comtesse d'Alets, qui donne à son père soixante-quinze ans au moment de sa mort, arrivée le 9 avril 1693. Cependant Bussy, dans ses Mémoires, dit, sous la date de 1638, en marge (t. I, p. 38 de l'édit. in-12, et p. 47 de l'édit. in-4º): «Ma maîtresse avait vingt-cinq ans; je n'en avais guère plus de seize;» et en 1640, suivant toujours le même système, il ne se donne que dix-huit ans, et il dit (t. I, p. 54 de l'édit. in-12, ou t. I, p. 67 de l'édit. in-4º): «Avec tout cela, une femme de quinze ans n'en peut guère savoir plus qu'elle n'en savait; pour moi, qui en avais dix-huit, j'étais bien plus habile.» La marge porte en cet endroit 1640. Le premier éditeur des Mémoires de Bussy s'est aperçu de cette contradiction, et a cherché à y remédier dans l'errata. Il a corrigé pour la page 3, c'est-à-dire à la date de la naissance, 1622 au lieu de 1618; et à la page 6 il met dans le texte, en toutes lettres, «plus de vingt» au lieu de plus de dix-huit. Ces deux corrections se contredisent; il y en a une évidemment fausse. La première est pour faire concorder la date de seize ans que Bussy se donne à la page 47, et dont l'éditeur ne parle pas: et en effet, s'il était né en 1622, il n'aurait eu que seize ans en 1638. La seconde correction, au contraire, est pour faire concorder la date de la page 63 avec celle qui a été donnée à la page 3 pour la naissance; car, né en 1618, Bussy en 1640 avait vingt-deux ans, et non dix-huit, comme il le dit; mais s'il était né en 1622, il n'en avait plus que dix-huit. On doit se rappeler que les Mémoires de Bussy n'ont paru qu'en 1696, trois ans après sa mort. S'il les avait publiés lui-même, il aurait achevé de les rédiger, et il eût fait disparaître ces contradictions. C'est probablement d'après ces erreurs de l'éditeur (qui est, je crois, le père Bouhours) qu'Auger, dans son article Bussy (_Biographie universelle_, t. VI, p. 374), fait débuter Bussy dans la carrière militaire à l'âge de douze ans, ce qui est invraisemblable; il fit, au contraire, des études brillantes et complètes, qui ne furent terminées qu'à seize ans. Il ne commença sa carrière militaire, au siége de La Motte en Lorraine, qu'en 1624. Mais je m'aperçois qu'Auger a puisé cette erreur dans la notice de Grouvelle sur Bussy-Rabutin (Lettres de Sévigné, édition d'Herhan; 1811, in-12, t. I, p. 134.)

Page 91, ligne dernière: François de L'Hospital.--Et page 92, ligne 12:

Elle vécut avec Louis de Lorraine.

François de L'Hospital, comte de Rosny, seigneur du Hallier, fut abbé de Sainte-Geneviève et évêque de Meaux, sous Henri IV; il fut fait maréchal de France le 23 avril 1643, et mourut le 20 avril 1660, âgé de soixante-dix-sept ans; il était donc né en 1583, et avait cinquante-cinq ans lors de la visite que lui fit Bussy en 1638. Sa première femme, Charlotte des Essarts, était fille unique de François des Essarts, seigneur de Sautour, qui fut tué à Trèves, en 1590. Ce fut vers cette époque qu'elle vécut avec Henri IV. Elle en eut deux filles légitimées, qui eurent le titre de princesses. La première, Jeanne-Baptiste de Bourbon, mourut abbesse de Fontevrault, le 16 juillet 1680; la seconde, abbesse de Chilly, le 10 février 1680; elle se nommait Marie-Henriette de Bourbon. On a prétendu que Charlotte des Essarts avait été mariée clandestinement au cardinal de Guise, par contrat de mariage du 4 février 1611. Ce fait est probable. Il en eut cinq enfants: trois garçons et deux filles. La seconde, Louise de Lorraine, dame de Romorantin, dont il est question dans les Mémoires de Bussy, épousa, le 24 novembre 1639, Claude Pot, seigneur de Rhodes, grand maître des cérémonies de France. Elle mourut sans enfants, à Paris, le 15 juillet 1652. Il en sera souvent fait mention dans cet ouvrage. La Borde (t. II, p. 200 de son édition _des Amours du grand Alcandre_) inscrit deux fois, comme deux enfants différents, Louise de Lorraine, dame de Romorantin, et Louise de Lorraine, sans titre. C'est une erreur: il n'y en a qu'une. Le même confond les enfants de Henri IV avec ceux du cardinal de Guise. Charlotte des Essarts, ou la maréchale de L'Hospital, étant morte le 8 juillet 1651, le maréchal de L'Hospital se remaria à Claudine-Françoise Mignot, fille d'une herbière du Brachet, près de Grenoble, et alors veuve de Pierre de Portes, trésorier de la province du Dauphiné. Ce mariage se fit le 24 août 1653. Après la mort du maréchal de L'Hospital, Claudine Mignot se remaria une troisième fois, dans son hôtel, à Paris, rue des Fossés-Montmartre, le 4 novembre 1672, à Jean-Casimir, autrefois roi de Pologne, et alors abbé commendataire de Saint-Germain des Prés, de Saint-Saurin à Évreux, et d'autres abbayes, et qui mourut le 16 décembre suivant. Claudine Mignot vécut jusqu'au 30 novembre 1711.

Page 94, ligne 11: Plus jeune que lui.

Bussy dit cependant: «Mademoiselle Romorantin avait vingt ans, et je n'en avais pas dix-sept.» Mais il nous apprend que ce fut en 1639 qu'il passa l'hiver à Chalons. Né en 1618, il avait donc alors vingt et un ans. On comprend cette préoccupation de Bussy, qui le porte à se rajeunir toujours de trois ou quatre ans. Toutes les faiblesses qui tiennent à l'orgueil ou à la vanité, il les avait.

Page 98, ligne 4: Elle devint veuve en 1650.

Pendant les grandes intrigues de madame de Rhodes à Paris, Bussy en était absent, et suivait un autre parti. Fort liée avec mademoiselle de Chevreuse, dont elle favorisa les amours avec le cardinal de Retz, madame de Rhodes fut sur le point d'épouser, par l'entremise de mademoiselle de Chevreuse, le président de Bellièvre.

Page 101, ligne dernière: Bussy épousa peu de temps après mademoiselle de Toulongeon.

Bussy épousa Gabrielle de Toulongeon, fille d'Antoine de Toulongeon, gouverneur de Pignerol, et de Françoise de Rabutin, fille du baron de Chantal, à Alonne près d'Autun, le 28 mai 1643.

CHAPITRE VIII.

Page 116, note 1.

Je remarque que quoique les Mémoires de Bussy n'aient été imprimés qu'en 1696, c'est-à-dire deux ans après son _Discours à ses Enfants_, le nom de madame de Sévigné, qui était en toutes lettres dans le Discours, se trouve en blanc dans les Mémoires.

CHAPITRE IX.

Page 119, ligne 3 du texte: Il eut la douleur de perdre sa femme.

Dans la généalogie de Marie de Rabutin par le comte de Bussy, publiée dans les _Lettres inédites de madame de Sévigné_ (1819, p. 18), qui a été reproduite par M. Gault de Saint-Germain dans son édition de _Sévigné_ (t. I, p. 72), on place la mort de Gabrielle de Toulongeon en 1648. C'est évidemment une erreur, qui tient à ce que les Mémoires de Rabutin portent en marge dans cet endroit l'année 1648; mais l'auteur dit dans son texte que trois jours après il apprit aussi la mort du prince de Condé; et cette mort eut lieu le 28 décembre 1646.

M. Weiss, dans la _Biographie universelle_ (t. IX, p. 391), indique une date un peu différente; mais cette différence ne provient que de celle qui existe entre l'ancien et le nouveau calendrier; il paraît, d'après cela, que Gabrielle Toulongeon mourut vers le 15 décembre 1646.

Page 120, ligne 24.

Le _lambel_ dont madame de Sévigné parle dans cette lettre est une barre crénelée qu'on met dans les armoiries, pour indiquer une branche cadette ou collatérale. Ainsi la maison d'Orléans avait les mêmes armes que le roi de France, les trois fleurs de lis, mais surmontées d'un _lambel_.

CHAPITRE X.

Page 125, ligne 16: D'un vieux bourgeois nommé le Boccage, propriétaire d'un domaine.

D'après le nom du personnage, il est évident que ce domaine était celui de Lagrange au Bocage, à quatre lieues et demie de Sens et à quatre lieues au nord-est de la commanderie de Launay, nommée Lanny, par erreur du graveur, sur la carte de Cassini. Il y a un court article sur cette commanderie dans le grand Dictionnaire de la France d'Expilly.

Page 125, ligne 27: Et, de plus, millionnaire.

Bussy dit qu'elle avait quatre cent mille écus de bien, c'est-à-dire deux millions quatre cent mille livres, monnaie de cette époque. C'est près de cinq millions de notre monnaie actuelle.

Page 127, ligne 26: Qu'ils restaient toujours impunis.

Le père du comte de Chavagnac, despote altier, voulait, comme ancien chef huguenot, forcer son fils à épouser la veuve d'un M. de Montbrun, fille de Courval, et très-riche héritière. Il la fit enlever, au nom de son fils, par quinze gentils-hommes de ses amis ou vassaux. Elle était vieille et laide, et sans esprit; elle voulut réclamer, intenter un procès, et protester contre un mariage fruit de la force: celui qu'on voulait lui faire épouser ne désirait pas plus qu'elle-même ce mariage. Chavagnac parvint à contraindre son fils, aussi bien que la veuve, en menaçant de se porter contre tous deux à de plus grandes violences; et le mariage fut maintenu.

Page 129, note 1: L'ABBÉ DE CHOISY, _Vie de Madame de Miramion_.

L'édition in-12 de la _Vie de madame de Miramion_ (1707) n'est que la réimpression de l'in-4º, accompagnée d'un beau portrait de cette dame, par Edelinck, qui a été réduit par le même graveur dans l'édition in-12.

Page 132, ligne 26: Grand-père du mari qu'elle avait perdu.

Ce M. de Choisy, conseiller d'État, était un des frères du père de l'abbé de Choisy, l'auteur des _Mémoires_, puisqu'il est dit page 19 de la _Vie de madame de Miramion_, que lui, abbé de Choisy, était cousin germain de madame de Miramion, c'est-à-dire de son mari.

Page 133, ligne 23: Sur la route qui conduit de Saint-Cloud au mont Valérien.

Bussy désigne très-exactement l'emplacement où se trouvait posée sa petite troupe. C'était «au-dessus du jardin de madame du Tillet, que Philippe de France acheta pour agrandir le sien.» Ainsi, cet emplacement doit être actuellement renfermé dans le parc de Saint-Cloud.

Page 134, ligne 9: Avant d'entrer dans le bois de Boulogne.

C'est ainsi que s'exprime Bussy; ce qui prouve que dès lors la route directe de Saint-Cloud à Issy, qui oblige de passer deux fois la rivière, était déjà pratiquée, et qu'il y avait un bac vis-à-vis le _Point du Jour_.

Page 138, ligne 3: Un chevalier de Malte.

Il est probable que ce chevalier était Guy de Rabutin, le dernier des frères suivants de Bussy, qui mourut au Temple, un an après cet enlèvement de madame de Miramion.

CHAPITRE XI.

Page 150, ligne 8 du texte: Au nord de Montargis.

L'abbaye de Ferrières se trouve à peu de distance de la jonction du Loing avec une petite rivière nommée Cléry. Il est dit dans la _Gallia Christiana_, t. XII, p. 160: «_Ferrariæ a ferri venis, e quibus elicitum olim metallum, nomen videntur invenisse; Ferrariæ positus est locus in Wastiniensi pago_ (le Gâtinais), _ad Clarisam amnem, in Lupum_ (le Loing) _influentem; tribus admodum leucis ab urbe Montis Argivi_.»

Page 151, ligne 1: Dont il fut fait évêque.

Jacques de Nuchèze naquit en 1591, le 26 octobre, de Jacques Nuchèze, baron de Bussy-les-Francs, et de Marguerite Fremyot, sœur de sainte Chantal. Il fut nommé évêque comte de Châlons en 1624, et mourut en mai 1652, âgé de soixante-six ans et six mois, après avoir occupé trente-trois ans le siége de Châlons-sur-Saône, dont il fut le soixante-dix-neuvième évêque.

Page 154, ligne 13: La belle terre de Savigny-sur-Orges.

Conférez Le Bœuf, _Histoire de Diocèse de Paris_, t. XII, p. 70, et Monmerqué, _Sévigné_, t. II, p. 180. Cette terre de Savigny, qui avait appartenu au comte de Montrevel, devint la propriété du marquis de Vins, qui la possédait en 1708. Le comte du Luc, héritier de la marquise de Vins, a depuis eu cette terre, et y est décédé, en juillet 1740.

CHAPITRE XII.

Page 166, ligne 15: La reine est si bonne.

Ce mot est de La Feuillade, le père de celui qui fut à la cour de Louis XIV, et auquel nous devons la place des Victoires.

Page 180, ligne 28: Et le marquis de Sévigné.

Conrart dit: «Le marquis de Sévigné était étrangement frondeur, comme parent du coadjuteur.» Mais dans la phrase suivante Conrart a commis une erreur, que son savant éditeur, M. Monmerqué, a relevée.

Page 161, ligne 17.

Ce fut le 13 septembre que la reine se retira à Ruel. Ce château était celui que le cardinal de Richelieu avait laissé à sa nièce, la duchesse d'Aiguillon.

Page 181, ligne 19: Ramena la reine à Paris.

«La reine, dit madame de Motteville, partit de Saint-Germain pour revenir à Paris la veille de la Toussaint.»

CHAPITRE XIII.

Page 184, ligne 28: Au premier jour de l'an mil sept cent quarante-neuf.

Il faut corriger le second vers de cette petite pièce, et changer les mots de _mil sept cent soixante-neuf_ en ceux de _mil sept cent quarante-neuf_, faute qui se trouve dans les œuvres de Marigny et dans le _Recueil des plus belles Pièces des Poëtes français_, chez de Sercy. Cela est démontré par le recueil de Sercy, où cette pièce a été imprimée pour la première fois, en 1653. On voit par là combien une seule faute d'impression peut jeter de confusion dans les recherches historiques, combien il est essentiel de toujours recourir aux éditions originales, et de se défier des réimpressions. Le mot _franchise_ signifiait liberté à cette époque. Il y en a des exemples sans nombre.

Page 190, ligne 5: Le lendemain du jour qui suivit le départ de cette lettre.

L'attaque de Charenton eut lieu le 8 février. Le départ de Bussy de Saint-Denis eut lieu le 6 et non pas le 10, comme on a mis par faute d'impression dans les _Mémoires de Bussy_. Comme la lettre qu'il adressa à madame de Sévigné est antérieure d'un jour à ce départ, elle doit porter la date du 5 février, au lieu du 15. Ni le P. d'Avrigny, dans son ouvrage sur le règne de Louis XIV, ni aucun des éditeurs des lettres de madame de Sévigné, ne se sont aperçus de cette contradiction; tous ont reproduit les erreurs de chiffres que l'imprimeur ou les copistes ont introduites dans les _Mémoires de Bussy_.

Page 191, ligne 4: La lettre suivante pour madame de Sévigné.

Je rectifie encore ici les dates des lettres de Bussy, que les éditeurs de ses _Mémoires_ et, par suite, ceux des _Lettres de madame de Sévigné_, ont altérées. En effet, au lieu des 25 et 26 mars pour ces deux lettres, il faut 5 et 6 mars. Nous savons, par les _Mémoires de Monglat_, t. L, p. 159, et _d'Omer Talon_, t. LXI, p. 424, que la ville de Brie-Comte-Robert fut pillée le 27 février, et que son château se rendit le 28. Bussy dit que cette expédition ne dura que huit jours, et qu'il écrivit à sa cousine, au sujet de ses chevaux, aussitôt après son retour; ce qui nous porte juste au 5 mars, le mois de février n'ayant que 28 jours. D'ailleurs, il parle, dans sa lettre, de la paix comme entravée par les négociations et n'étant pas encore conclue. S'il avait écrit le 26 mars, il n'aurait pas ignoré que cette paix était signée depuis quinze jours. Aucun des éditeurs de _Madame de Sévigné_ n'a soupçonné cette erreur, et la correction doit être faite dans toutes les éditions.

Page 195, ligne 20: Les projets de mariage...

Pendant son voyage à Dijon, Bussy voulut épouser la fille du président B***; mais il prétend que L*** (probablement Lenet) fit manquer l'affaire.

CHAPITRE XIV.

Page 108, ligne 21: Telle était son intention; mais le soir même...

Bussy dit que cette conversation qu'il eut avec le prince de Condé eut lieu le mardi, et que l'arrestation des princes se fit le même jour; mais tous les Mémoires du temps placent au 18 cette arrestation. Il y a donc erreur de date dans Bussy. Ses _Mémoires_ en renferment de plus fortes, et nous en avons signalé quelques-unes.

Page 203, ligne dernière: Son mariage projeté avec Louise de Rouville.

Louise de Rouville, que Bussy-Rabutin épousa en secondes noces, était fille du second lit de Jacques de Rouville (chevalier d'honneur de madame la duchesse de Montpensier) et d'Isabelle de Longueval.

CHAPITRE XV.

Page 214, ligne 21: Le poëte Marlet.

Guy-Patin le nomme Morlet. Sa satire était intitulée: _la Custode du Lit de la Reine_.

Page 220, note 1: _Le Secret, ou les véritables causes_, etc.