Mémoires touchant la vie et les écrits de Marie de Rabutin-Chantal, (3/6)
Part 10
Le baron de Sévigné (tel fut le titre que prit le fils de la marquise de Sévigné en entrant dans le monde et qu'il conserva tant qu'elle vécut) était alors âgé de vingt ans. Avant de prendre part à cette expédition, il consulta d'abord Turenne, qui, avec toute la chaleur d'un nouveau converti, l'exhorta à partir pour cette espèce de croisade. En effet, tous les historiens nous montrent Turenne depuis la mort de sa femme, qui était comme lui de la religion prétendue réformée, vacillant dans la croyance de ses ancêtres par la lecture de quelques-uns des écrits substantiels qu'avaient publiés les solitaires de Port-Royal sur les vraies doctrines de la religion, et aussi par les entretiens de plusieurs de ses doctes amis, Choiseul, évêque de Tournay, Vialart, évêque de Châlons[254], et par les arguments de son jeune neveu le duc d'Albret. Enfin, il fut tout à fait convaincu par l'excellent traité que Bossuet composa exprès pour lui sur les points les plus controversés entre les deux communions. Les protestants attribuèrent cette conversion au désir qu'ils supposaient à Turenne de contrebalancer la confiance que Louis XIV semblait vouloir accorder à Condé pour les choses de la guerre. Ce qui pouvait donner lieu à cette croyance, c'est qu'on fit valoir auprès du pape le crédit dont jouissait Turenne à la cour de France et l'influence qu'il pouvait avoir sur les déterminations du roi pour envoyer des troupes au secours des Vénitiens. Ce motif engagea le souverain pontife à confirmer le choix que Louis XIV avait fait du duc d'Albret, neveu de Turenne, pour être promu à la dignité de cardinal. Ce jeune abbé n'avait encore reçu aucune dignité ecclésiastique; il sortait à peine d'être reçu docteur[255]. Trop de causes engageaient donc Turenne à déterminer ceux qui voulaient faire leur apprentissage de la guerre à secourir Candie pour qu'il en détournât le jeune Sévigné, malgré l'ancienne amitié qu'il avait pour sa mère. Le cardinal de Retz, qui désirait que ce jeune homme, son parent, se distinguât dans la carrière militaire, la seule qui convînt à son rang et à sa naissance, approuva la courageuse résolution qu'il avait prise. Quant à la Rochefoucauld, il lui suffisait que le comte de Saint-Paul se fût engagé à partir pour souhaiter vivement qu'il eût un grand nombre de compagnons d'armes. Aussi, bien loin de combattre les projets du baron de Sévigné, il l'exhorta à les mettre à exécution. Si la Rochefoucauld avait réfléchi à ce qui s'était passé à cette occasion entre Retz, Turenne et le baron de Sévigné, il aurait peut-être à son recueil de Maximes chagrines ajouté celle-ci: Dans les conseils que nous donnons à nos amis, nous commençons par considérer l'avantage qui peut en résulter pour nous-mêmes.--Le motif de la tendresse que le duc de la Rochefoucauld avait pour l'unique héritier du nom de Longueville n'était ignoré de personne. C'était cet enfant dont la duchesse de Longueville avait accouché à l'hôtel de ville de Paris durant les troubles de la Fronde et lors de son intime liaison avec le duc de la Rochefoucauld. Celui-ci engagea le jeune baron de Sévigné à s'enrôler dans l'escadron, composé d'environ cent cinquante gentilshommes, que devait commander le comte de Saint-Paul.
[254] DE BAUSSET, t. I, p. 111 et 112, liv. I; et p. 442, no 2 des Pièces justificatives.--RAMSAY, _Vie de Turenne_, 1773, in-12, t. II, p. 153, 154-160.--RAGUENET, _Histoire du vicomte de Turenne_, t. II, p. 47.--CHOISY, _Mémoires_, t. III, p. 460.--BOSSUET, _Exposition de la doctrine de l'Église catholique, augmentée d'une traduction latine par l'abbé de Fleury_, 1761, in-12 (conférez surtout la Préface historique). Une addition particulière à cet ouvrage de Bossuet fut faite pour M. de Turenne, et n'a été imprimée qu'en 1671.
[255] CHOISY, _Mémoires_, t. LXIII de la collection de Petitot, p. 156, 458-460-464-465-468.--LOUIS XIV, _OEuvres_, 1806, in-8º, t. V, p. 442-444, 451 (lettre au pape, en date du 31 janvier 1669).--BUSSY, _Lettres_, t. V, p. 59; ibid., _Supplément aux Mémoires_, t. I, p. 75,--_Histoire de la vie et des œuvres de la Fontaine_, liv. II, p. 169-171 de la 3º édition, 1824, in-8º.
L'expédition, partie de Toulon le 25 septembre 1668, sur trois navires fournis par le roi, arriva à Candie au commencement de novembre, et ne fut pas heureuse. La troupe de la Feuillade, composée de jeunes gens pleins d'ardeur, mais indisciplinés et sans aucune expérience du métier de la guerre, fit des prodiges de valeur contre les Turcs; mais par ses imprudences elle compromit la défense de la place plutôt qu'elle ne lui fut utile. Mal secondée par la garnison vénitienne et en désaccord avec ceux qui la commandaient, elle se rembarqua, et arriva à Toulon le 6 mars 1669, après six mois d'absence. Elle avait perdu plus de la moitié de ceux qui la composaient. La peste, dont elle remporta le germe, moissonna la plus grande partie de ceux qui restaient. La Feuillade avait reçu trois blessures; l'escadron commandé par le comte de Saint-Paul fut celui qui donna le plus de preuves de bravoure éclatante, mais ce fut aussi celui qui se montra le plus indiscipliné et qui perdit le plus de monde. Le jeune baron de Sévigné, qui en faisait partie, eut le bonheur d'échapper à tous ces périls, et revint rejoindre sa mère[256].
[256] DARU, _Histoire de Venise_, t. IV, p. 608-610.--SÉVIGNÉ, t. I, p. 148, édit de M.; et t. I, p. 207, édit. de G. de S.-G.--DESROCHES, _Journal véritable de ce qui s'est passé à Candie sous M. le duc de la Feuillade_, cité par AUBENAS, _Vie de madame de Sévigné_, p. 149, 152, 153.
CHAPITRE VIII.
1668-1669.
Madame de Sévigné annonce à Bussy le départ de son fils.--Sévigné n'était parti qu'avec la permission de sa mère.--Sentiments de Sévigné pour sa mère et sa sœur.--Son désintéressement.--Il laisse en partant une procuration pour consentir au mariage de sa sœur et pour signer le contrat.--Dot que madame de Sévigné donne à sa fille en la mariant au comte de Grignan.--Signature du contrat.--Liste de tous les personnages dénommés au contrat.--Détails sur le comte de Grignan et sur sa famille.--Des motifs qui faisaient désirer à madame de Sévigné de l'avoir pour gendre.--De son impatience des délais apportés à la conclusion de ce mariage.--Elle écrit à Bussy pour le lui annoncer et demander son consentement.--Bussy le lui donne par lettre.--Elle lui envoie une procuration à signer pour consentir, par-devant les notaires, au contrat.--Il ne la signe pas.--Son nom ne paraît point au contrat.--Par quelle raison.--Obstacles au mariage causés par les hésitations de mademoiselle de Sévigné et par les conseils du cardinal de Retz.--Madame de Sévigné lui écrit qu'elle ne peut avoir aucun renseignement précis sur l'état de la fortune de M. de Grignan et qu'elle s'en rapporte à cet égard à la Providence.--Réflexions du cardinal à ce sujet.--Date de la célébration du mariage, donnée par madame de Sévigné.--Son imprévoyance.--Réflexions à ce sujet.
En écrivant à Bussy la nouvelle du départ du baron de Sévigné, dans sa lettre en date du 28 août 1668, madame de Sévigné disait: «Je crois que vous ne savez pas que mon fils est allé en Candie avec M. de Roannès et le comte de Saint-Paul. Cette fantaisie lui est entrée fortement dans la tête; il l'a dit à M. de Turenne, au cardinal de Retz, à M. de la Rochefoucauld: voyez quels personnages! Tous ces messieurs l'ont tellement approuvé que la chose a été résolue et répandue avant que j'en susse rien. Enfin il est parti: j'en ai pleuré amèrement; j'en suis sensiblement affligée. Je n'aurai pas un moment de repos pendant tout ce voyage; j'en vois tous les périls, j'en suis morte; mais, enfin, je n'en ai pas été maîtresse, et, dans ces occasions-là, les mères n'ont pas beaucoup de voix au chapitre[257].»
[257] SÉVIGNÉ, _Lettres_ (18 août 1668), t. I, p. 148, édit. de M.; _ibid._, t. I, p. 207, édit. de G. de S.-G.
Non sans doute, quand on a de pareilles inspirations et la ferme volonté de les suivre, on ne consulte point sa mère. Mais, pourtant, Sévigné ne partit pas sans avoir obtenu le consentement de la sienne. La correspondance de celle-ci nous prouve que, malgré ses défauts et les travers de sa jeunesse, Sévigné se montra toujours plein de tendresse et de déférence pour sa mère; il savait apprécier ses aimables qualités, et se trouvait heureux de lui prouver son affection par ses complaisances et ses attentions. Bien souvent il préféra à tous les plaisirs de la cour et du monde les longues journées de lectures et de promenades passées en tête à tête avec cette mère chérie, dans la solitude des Rochers. Frère aussi excellent qu'il était bon fils, la préférence marquée que madame de Sévigné manifestait en toute occasion pour sa fille ne lui inspira jamais ni jalousie ni envie. Il aimait tendrement sa sœur, et le lui prouva surtout par son désintéressement.
Au commencement de l'année 1679, Sévigné n'était pas encore de retour de son expédition de Candie, lorsque madame de Sévigné recevait quittance de deux cent mille livres tournois par elle payées, à compte[258] des trois cent mille livres de dot qu'elle donnait à sa fille en la mariant au comte de Grignan. Sévigné, la veille du jour où il avait quitté sa mère pour se rendre à Toulon[259], avait passé une procuration à l'effet de signer en son nom et d'approuver tous les avantages pécuniaires qui seraient faits à sa sœur par son contrat de mariage. Ce contrat fut signé le 28 janvier 1669, et il est utile, pour l'intelligence de ces Mémoires et des lettres de madame de Sévigné, de faire connaître, selon l'ordre où ils sont mentionnés dans cet acte, tous les personnages qui y comparurent alors, soit en personne, soit par procuration[260].
[258] «En louis d'argent, louis d'or et pistoles d'Espagne,» dit la quittance annexée au contrat, dont la grosse originale, signée des notaires GIGAULT et SIMONNET, est sous nos yeux. La dot de mademoiselle de Sévigné était de plus de six cent mille francs, monnaie actuelle.
[259] Le 22 août 1668.
[260] Nous avons laissé l'orthographe des noms telle qu'elle est dans l'acte, quoique ce ne soit pas toujours celle qui a été suivie dans cet ouvrage, d'après l'usage établi et les livres imprimés.
C'est d'abord le futur époux:
«François Adhémar de Grignan, chevalier, comte dudit Grignan et autres lieux, conseiller du roi, lieutenant général pour Sa Majesté en Languedoc, demeurant à Paris, rue Béthizy, paroisse Saint-Germain l'Auxerrois.»
Puis ensuite: «Marie de Rabutin-Chantal, veuve de Henri, marquis de Sévigné, seigneur des Rochers, de la Haye-de-Torré, du Buron, Bodegat et autres lieux, conseiller du roi, maréchal de ses camps et gouverneur pour Sa Majesté des villes et châteaux de Fougères; stipulant pour mademoiselle Françoise-Marguerite de Sévigné, sa fille, et demeurant rue du Temple, paroisse Saint-Nicolas des Champs.»
Du côté de l'époux comparaissent, pour donner leur consentement au mariage: «Jacques Adhémar de Grignan, évêque et comte d'Uzès, oncle paternel[261].
[261] SÉVIGNÉ, _Lettres_, 6 mars, 11 et 28 octobre 1671.
«Joseph Adhémar de Monteil de Grignan, chevalier, comte de Venosan, capitaine d'une compagnie de chevau-légers[262]; et Louis, abbé de Grignan, aussi frère (c'est-à-dire tous deux frères du comte de Grignan)[263].
[262] SÉVIGNÉ, _Lettres_, 9 juillet, 1er novembre 1671, 7 août 1675, 28 octobre 1676 (le chevalier de la Gloire), 1er novembre 1688; 6 juillet, 31 août 1689; 11 janvier 1690.
[263] SÉVIGNÉ, _Lettres_, 30 mars 1672, 9 septembre 1675 (le plus beau de tous les prélats); 21 août 1680, 9 janvier 1683, 22 septembre 1688 (M. de Carcassonne); 7 février, 16 juin, 17 juillet 1689 (_idem_); 17 août 1690.--Sur Louis-Joseph Adhémar de Monteil de Grignan, dit _le bel abbé_, qui fut successivement évêque d'Évreux et de Carcassonne; conférez encore les _Lettres inédites et restituées de madame_ DE GRIGNAN _et de l'abbé_ DE COULANGES, publiées par M. VALLET DE VIRIVILLE, t. IV, p. 320 de la _Bibliothèque de l'École des Chartes_, 1843, in-8º (lettre du 22 décembre 1677), p. 5 du tirage à part.--_Catalogue des archives de la maison de Grignan_, 1844, in-8º, p. 30-36.
«Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier, pair de France, etc.; et dame Julie d'Angennes, duchesse de Montausier, beau-frère et belle-sœur (du comte de Grignan par le premier mariage de ce dernier avec la deuxième fille de madame de Rambouillet)[264].
[264] SÉVIGNÉ, _Lettres_, 4 septembre 1668, 16 mars 1672; 7 août, 24 novembre 1675; 21 février 1680, 1er décembre 1688, 15 février 1690.--LOUIS XIV, _OEuvres_, t. V, p. 373.--CONRART, _Mémoires_, t. XLVIII, p. 64, 76.--MONGLAT, _Mémoires_, t. L, p. 393, sur madame de Montausier.--SÉVIGNÉ, _Lettres_, 22 novembre 1671.
«Madame du Puy du Fou de Champagne, marquise de Mirepoix, belle-sœur (par le second mariage de M. de Grignan avec Marie-Angélique, fille du marquis du Puy du Fou et de Champagne et de Madeleine de Bellièvre)[265].
[265] La marquise du Puy du Fou la mère mourut en mars 1696, à l'âge de quatre-vingt-trois ans. Voyez le _Mercure galant_, mars 1696, p. 221. Cf. _Archives de la maison de Grignan_, p. 32, no 195.
«Pomponne de Bellièvre, chevalier, marquis de Grignan, conseiller du roi en ses conseils et d'honneur en sa cour du parlement, oncle.
«De Crussol, comte dudit lieu, et dame Julie-Françoise de Sainte-Maure son épouse, nièce[266].
[266] Conférez SÉVIGNÉ, _Lettres_, en date du 15 mai 1671, du 18 novembre 1671, du 22 janvier 1672, t. II, p. 71, 292 et 357, édit. de G. de S.-G.--_Vie du duc de Montausier_, t. II, p. 15 et 17.--MONTPENSIER, _Mémoires_, t. XLIII, p. 196.--TALLEMANT, _Hist._, t. II, p. 33, édit. in-8º.
«Henri de Lorraine, prince d'Harcourt, cousin germain maternel, et Françoise de Brancas, princesse d'Harcourt, son épouse[267].
[267] SÉVIGNÉ, _Lettres_, 23 mai 1667, 6 janvier et 26 décembre 1672, 1er janvier 1674, 20 juillet 1679.--CHOISY, _Mém._, t. LXIII, p. 432.
«Antoine-Escalin Adhémar de la Garde, chevalier, comte de la Garde, gouverneur de la ville de Furnes, cousin germain maternel[268].
[268] SÉVIGNÉ, _Lettres_, 7 et 11 août 1675, 28 octobre 1676, 16 juillet 1677, 20 juillet 1689.
«Simiane de Gordes, chevalier des ordres du roi, marquis de Gordes, comte de Carser, chevalier d'honneur de la reine, et dame Marie de Sourdis, son épouse, cousine[269].
[269] SÉVIGNÉ, _Lettres_, 19 février 1672, 19 novembre 1673.
«Toussaint de Forbin, évêque de Marseille[270].
[270] Conférez SÉVIGNÉ, _Lettres_, 28 novembre 1670, 8 avril 1671, 19 et 27 novembre 1673 (il est nommé _la Grêle_ dans cette lettre), 24 novembre 1675 (nommé seulement _l'évêque_ dans cette lettre), 18 août 1680, 22 février 1690 (c'est le cardinal de Forbin).
«Madame d'Uzès[271].
[271] Madame DE GRIGNAN, _Lettres_ à son mari, 1843, in-8º, p. 18 et 19 du tirage à part.
«Charlotte d'Étampes de Vallencey, marquise de Puysieux[272].
[272] SÉVIGNÉ, _Lettres_, 19 novembre 1670, 13 mars 1671, 23 août 1675, 15 septembre 1677 (lettre de Bussy).--TALLEMANT, _Historiettes_, t. I, p. 293 et 294.--MONTPENSIER, _Mémoires_, t. XLIII, p. 159, 205, 271, édit. in-8º.--_Biographie universelle_, t. XXXVI, p. 304.
«Armand de Simiane, abbé de Gordes, premier aumônier de la reine, comte de Lyon et prieur de la Roé et de Saint-Lô de Rouen[273].
[273] SÉVIGNÉ, _Lettres_, 3 novembre 1688 (évêque de Langres), 19 novembre 1695.
«Cousins et cousines.
«Marie d'Alongny-Rochefort, épouse de Jacque le Coigneux, chevalier, conseiller du roi et grand président en la cour du parlement[274].
[274] SÉVIGNÉ, _Lettres_ (lettre de Bussy, du 14 novembre 1685.)--_Journal de_ DANGEAU, 24 avril 1686.
«De Brancas[275].
[275] SÉVIGNÉ, _Lettres_, 25 juin 1670; 24 et 27 avril, 13 mai, 10 juin, 28 décembre 1671; 2 juin 1672, 25 septembre 1676, 29 nov. 1679.
«Anne-Marie d'Aiguebonne, comtesse de Bury[276].
[276] SÉVIGNÉ, _Lettres_, 17 et 24 janvier 1680, 26 juin 1689 (la sotte amie de madame de la Faluère).
«Vicomte de Polignac, chevalier des ordres du roi et gouverneur de la ville du Puy; dame du Rouvre, son épouse[277].
[277] SÉVIGNÉ, _Lettres_, 13 décembre 1684, 3 et 29 avril 1686, juillet 1690, t. III, p. 319, édit. de G. de S.-G.
«Henri de Guénégaud, chevalier, marquis de Plancy, seigneur de Fresne et autres lieux, conseiller secrétaire d'État et de commandement de Sa Majesté, commandeur de ses ordres; et dame Claire-Bénédict de Guénégaud, duchesse de Cadrousse, cousine[278].
[278] SÉVIGNÉ, _Lettres_, 9 août 1671.
«Le marquis de Montanègre[279].
[279] SÉVIGNÉ, _Lettres_, 31 mai 1680.
«Le marquis de Valavoire, et dame Amat, son épouse[280].
[280] SÉVIGNÉ, _Lettres_, 13 janvier 1672, 22 mars 1676, 29 août 1677.--MONTPENSIER, _Mémoires_, t. XLI, p. 218 et 219.--LORET, _Muse historique_, t. IX, p. 136, 164.
«De Reffuges, chevalier, lieutenant général des armées du roi; dame de Buzeau, son épouse[281].
[281] Madame de Sévigné ne fait aucune mention de Reffuges, personnage intéressant que Saint-Simon fait bien connaître. Conférez SAINT-SIMON, _Mémoires_, t. X, p. 332 et 334. Reffuges mourut en 1712.--Une Charlotte Reffuges épousa Guy d'Elbène. Voy. deuxième partie de ces _Mémoires_, p. 419.
«Claude de Seur, chevalier, conseiller du roi et directeur de ses finances.
«Dame Catherine de Tignard, marquise de Saint-Auban.
«L'abbé de Valbelle[282].
[282] SÉVIGNÉ, _Lettres_ (19 janvier 1674, 17 juillet 1680).--LORET, _Muse historique_, t. XII, p. 36.
«L'abbé de Rochebonne, comte de Lyon[283].
[283] SÉVIGNÉ, _Lettres_ (16 août 1671, 27 juillet 1672).
«Dame Jacqueline de Laugère, comtesse douairière du Roure.
«Le comte du Roure, lieutenant général pour Sa Majesté en Languedoc, gouverneur du Pont-Saint-Esprit; et dame Dugas, son épouse.
«M. de Montbel.»
Après cette énumération de personnages, «tous parents, amis et alliés dudit seigneur futur époux,» l'acte nomme ensuite tous les parents et amis qui ont comparu devant les notaires de la part de la future épouse; et d'abord est nommé le premier:
«Pierre de la Mousse[284], prêtre et docteur en théologie, prieur de la Grossé, comme fondé de procuration de Charles de Sévigné, chevalier, marquis dudit lieu, seigneur des Rochers, la Haye-de-Torré, le Buron, Bodegat, la Baudière et autres lieux, frère de ladite demoiselle future épouse.»
[284] SÉVIGNÉ, _Lettres_, 27 avril, 23 mai, 20 et 30 septembre 1671; 19 février 1690, t. II, p. 45, 233; t. X, p. 264, édit. G. de S.-G.
Après Pierre de la Mousse et Sévigné, l'acte nomme ensuite: «D'Hacqueville[285], conseiller du roi, abbé, tant en son nom que comme fondé de procuration de Son Éminence Jean-François-Paul de Gondy, cardinal de Retz, souverain du Commercy, grand-oncle.» Le cardinal de Retz prend le titre de souverain du Commercy, parce que ce petit district de Lorraine, doyenné du diocèse de Toul, était devenu une souveraineté jugeant les procès en dernier ressort et dont les sessions se nommaient les _grands jours_. Le cardinal de Retz était devenu seigneur, ou, comme on disait spécialement, _damoiseau_ du Commercy, par héritage de sa tante Madeleine de Silly, dame du Fargis. Retz, pour payer ses dettes, vendit la nue-propriété de cette terre à Charles IV, duc de Lorraine; mais il s'en conserva l'usufruit[286]. Il y demeurait alors, et sa procuration donnée à d'Hacqueville fut dressée par Vanesson et Collignon, notaires à Commercy.
[285] SÉVIGNÉ, _Lettres_, 24 avril, 5 juillet, 27 septembre 1671; 15 décembre 1673, 19 et 24 juillet 1675, 5 août 1676.--RETZ, _Mémoires_, t. XLVI, p. 49, 226, 360.--JOLY, _Mémoires_, p. 261 et 473.
[286] Conférez P. BENOÎT, _Histoire ecclésiastique et politique de la ville et du diocèse de Toul_, 1707, in 4º, p. 79.--L'abbé D'EXPILLY, _Dictionnaire géographique, historique et politique des Gaules et de la France_, 1764, in-folio, t. II, p. 401.--SÉVIGNÉ, _Lettres_, 10 octobre 1654, 15 avril 1672; 19 et 26 juin, 9 et 22 août, 20 décembre 1675; 11 et 12 août 1676 (notre bon ermite), 12 et 15 octobre 1677 (le cardinal, le parrain de Pauline), 28 avril et 20 juin 1678 (de Bussy), 27 juin 1678, 25 et 28 août 1679 (de Bussy), 13 mai 1680.
«André Marquevin Besnard, bourgeois de Paris, comme fondé de procuration du duc de Retz, grand-oncle.
«Réné Renault de Sévigné, seigneur de Champiré, grand-oncle[287].
[287] SÉVIGNÉ, _Lettres_, 9 mars 1672, 22 mars 1676.
«Charles de Sévigné, chevalier, comte de Montmoron, conseiller du roi en sa cour du parlement de Bretagne, cousin paternel[288].
[288] SÉVIGNÉ, _Lettres_, 2 décembre 1672.
«François de Morais, chevalier, marquis de Brezolles, capitaine enseigne des gens d'armes de Monsieur, duc d'Orléans, frère unique du roi.
«Et Charles-Nicolas de Créqui, chevalier, marquis de Ragny[289], cousin.
[289] SÉVIGNÉ, _Lettres_, 1er mai 1672 (lettre de Bussy); 13 mai, 26 août 1675; 8 décembre 1677, février 1683 (t. VII, p. 362 de l'édit. de G. de S.-G.), 14 février 1687.
«Henri-François, chevalier, marquis de Vassé, cousin germain paternel[290].
[290] SÉVIGNÉ, _Lettres_, 7 juin 1676.--TALLEMANT, _Historiettes_, t. IV, p. 119, édit. in-8º.--MONTPENSIER, _Mémoires_, t. XLI, p. 232.
«Christophle de Colanges, abbé de Livry, grand-oncle maternel[291].
[291] SÉVIGNÉ, _Lettres_, 16 février 1671 (l'abbé), 18 mai 1672 (notre abbé), 6 octobre 1676, 2 septembre 1687. (L'acte porte toujours _Colanges_; c'est, dit M. Monmerqué, l'ancienne orthographe de ce nom, en faisant observer que l'abbé de Coulanges signait toujours _Colanges_.)--_Mémoires de_ COULANGES, p. 346.
«Louis de Colanges, chevalier, seigneur de Chezières, grand-oncle maternel[292].
[292] SÉVIGNÉ, _Lettres_, 5 et 23 août 1671, 27 mai 1672, 30 avril 1675.
«Charles de Colanges, chevalier, seigneur de Saint-Aubin, aussi grand-oncle maternel[293].
[293] SÉVIGNÉ, _Lettres_, 6 octobre 1679; 15, 17, 19 novembre 1688.--COULANGES, _Mémoires_, p. 49.
«Dame Henriette de Colanges, veuve de François le Hardy, chevalier, marquis de la Trousse, maréchal des camps et armées du roi, grande-tante[294].
[294] SÉVIGNÉ, _Lettres_, 23 août et 18 octobre 1671 (ma tante), 24 juin et 1er juillet 1672.
«Philippe-Auguste le Hardy de la Trousse, chevalier, marquis dudit lieu, capitaine sous-lieutenant de gendarmes de monseigneur le Dauphin, cousin germain maternel[295].
[295] SÉVIGNÉ, _Lettres_, 9 juillet 1656 (de Bussy), 20 juillet 1656, 19 août et 14 septembre 1675; 31 juillet 1680, 15 novembre 1684, 22 juillet 1685, 8 octobre 1688; 3 janvier, 20 mars et 12 juin 1689; 4 janvier 1690.--DANGEAU, mss., 24 mars 1685.
«Philippe-Emmanuel de Colanges, chevalier, conseiller du roi en sa cour de parlement, cousin germain maternel; et dame Angélique Dugué, son épouse[296].
[296] Dans les lettres qui nous restent de madame de Sévigné, on en compte trente-cinq où madame de Coulanges et son mari sont mentionnés: plusieurs sont écrites par eux à madame de Sévigné ou leur sont adressées par elle.
«Henri de Lancy Raray, chevalier, marquis dudit lieu, aussi cousin maternel.
«Gaston-Jean-Baptiste de Lancy Raray chevalier aussi, marquis dudit lieu, cousin maternel[297].
[297] SÉVIGNÉ, _Lettres_, 31 juillet 1680.--Conférez MONTPENSIER, _Mémoires_, t. XLI, p. 456, 457.
«Charles de Lancy, seigneur de Ribecourt et Pimpré, conseiller du roi en son conseil d'État, cousin maternel.
«Roger Duplessis, duc de la Rocheguyon, pair de France, seigneur de Liancourt, comte de Duretal; et dame Jeanne de Schomberg, son épouse.
«Marie d'Hautefort, veuve de François de Schomberg, duc d'Alvin, pair et maréchal de France, gouverneur de Metz en pays Messin, colonel général des Suisses et Grisons[298].
[298] Conférez la 2e partie des _Mémoires_, ch. VI, p. 61-67.--SÉVIGNÉ, _Lettres_, du 5 janvier 1674, 30 juillet 1677.