Memoires Sur La Vie Publique Et Privee De Fouquet Surintendant

Chapter 3

Chapter 348,663 wordsPublic domain

raisons avec cette bonté que vous avez eue pour moi en tant de rencontres et de vous bien persuader qu'il n'y a homme au monde qui soit plus attaché à vos intérêts que je le suis, ni qui par le temps mérite mieux ni avec plus de soin et de ponctualité les grâces que vous lui ferez.

«Après cette véritable protestation, si vous voulez prendre sur les cent mille livres qui me sont dues quelque partie pour ma taxe, vous en serez le maître. Je souscrirai à tout ce qu'il vous plaira; mais en ce cas je vous demande que vous me donniez des assignations pour le reste. Quoi que vous ordonniez, je vous assure déjà que j'en serai très-content, ne doutant pas que me confiant à vous au point que j'y suis, vous ne vouliez accommoder mes affaires, et que je ne me ressente de la protection que vous m'avez fait l'honneur de me promettre et dont je tâcherai de me rendre digne par tout ce que je croirai qu'il faudra faire pour votre service et pour votre satisfaction; à quoi je vous promets de ne pas perdre un moment. Ordonnez après cela ce qu'il vous plaira.»

La dernière lettre, attribuée à M. de Nouveau, est relative à des discussions de préséance, et remplie de protestations d'attachement à Fouquet[1605].

«Je ne me suis pas donné l'honneur de vous voir sur ce qui arriva aux Feuillants, parce que M. Jeannin me dit qu'il vous en avoit rendu compte et que vous avez eu la bonté d'approuver la chose, puisque la difficulté que nous faisons pour la préséance ne regarde pas l'intérêt que vous pouvez avoir en cette affaire. J'ose croire que vous me faites bien la justice d'estre persuadé que je n'en puis jamais avoir d'autres ni en cette occasion ni dans aucune autre. M. l'évêque d'Agde, même après l'en avoir entretenu, me témoigne en être content, sans que je cherche des discours pour l'assurer de mes services. Cependant l'on me vient de dire qu'il vous avoit parlé de cette affaire bien autrement pour me rendre de mauvais offices, quoique j'aie des preuves assez essentielles de votre bouche pour ne pas craindre que, sur ce que l'on vous pourroit dire, vous me voulussiez condamner ni me soupçonner pour ce [de] jamais manquer au respect que je vous dois et que je vous rendrois en tous rencontres. Quelque certitude que j'aie de votre justice, je ne laisse pas d'en avoir de l'inquiétude comme de la chose du monde qui m'est la plus chère. Je vous supplie de me tirer d'embarras par un mot. A mon retour, j'aurai l'honneur de vous voir et de vous confirmer les assurances de mes services très-humbles.»

V

CONFITEOR DE FOUQUET.

J'ai indiqué ci-dessus (p. 323), à quelle occasion fut probablement composé le _Confiteor de Fouquet_. Une copie de cette pièce est conservée dans les manuscrits de la bibliothèque de Bourges, au milieu d'un livre de prières. J'en dois l'indication à M. Corrard, maître de conférences à l'École Normale et professeur de rhétorique au collège Rollin, et la transcription à M. Delouche, professeur de rhétorique au lycée impérial de Bourges:

Dans ce funeste estat où chacun m'abandonne, Que contre moy les loix exercent leur pouvoir, La mort, la triste mort n'a plus rien qui m'estonne, Et je dis de bon cÅ“ur, pour faire mon debvoir:

_Confiteor_

Ces respects que chacun me rendoit à toute heure. Tous ces divins honneurs que partout on m'offroit. Ces superbes lambris de mes riches demeures, Tout cela m'empeschoit de ne penser jamais

_Deo_

Je n'eus d'autre desseins que de ruiner la France; A mes désirs pervers mon esprit s'employoit, Et par là je m'estois acquis tant de puissance, Que partout on me comparoit

_Omnipotenti_

Je foulois à mes pieds et la pourpre et l'ivoire, Chez moy l'or et l'argent s'entassoient à monceaux, Je mettois en ces biens mon bonheur et ma gloire, Et j'aymois tous ces biens plus que tous les tableaux

_Beatæ Mariæ_

Bien que je prisse à toutes mains, Jamais mon cÅ“ur ne se put rendre, Et j'avois de si grands desseins, Que pour y réussir partout il falloit prendre

_Semper_

Sur chacun j'ay fait ma fortune, J'ay volé le marchand, j'ay volé le bourgeois, Et je me souviens qu'autrefois J'ay ravi l'honneur à plus d'une

_Virgini_

Jamais toute la terre humaine N'eust sceu peser tous mes trésors; Elle auroit employé vainement ses efforts, Puisqu'un fardeau si lourd auroit fait de la peine

_Beato Michaeli archangelo_

Dans ce comble d'honneur rien ne m'estoit contraire: J'estalois mes grandeurs en ballets et festins, J'estimois plus la cour qu'ensemble tous les saincts, Je fis cent feux pour elle, et jamais un pour plaire

_Beato Joanni Baptistæ_

Je n'eus point de respect pour le sainct Évangile, En tout temps, en tout lieu j'eus mépris pour la croix; En vain pour me prescher on employoit la voix, Cette peine eust esté tout ensemble inutile

_S. A. P. P. O. S. et tibi, Pater_

Mais ce qui me fait voir encor plus criminel. Et qui redouble mon martyre, Le trouble que j'ay fait est tel, Que pour m'en excuser je n'ay plus lieu de dire

_Quia_

Pendant les premiers temps de ma gloire passée, L'esclat où je vivois esblouit ma raison, Je me plaisois à voir la France renversée, Et je ne dis jamais pour mes crimes un bon

_Peccavi_

Le peuple cependant contre moy murmuroit, Les paysans foules crioient partout vengeance. Un chacun, en un mot, surpris de ma puissance, Disoit tout haut que c'en estoit

_Nimis_

Bien qu'ayant de l'Estat tant troublé les affaires, Qu'il semblast que la France eust plié sous mes lois Et que tout fust réduit aux dernières misères, J'en aurois proposé bien d'autres toutefois

_Cogitatione_

Ouy, j'avais des desseins que je n'ose vous dire, Pour le succès desquels je voulois tout ruiner. Je ne puis y penser que mon cÅ“ur ne souspire, Et moins encore l'exprimer

_Verbo_

Mais si, pour renverser la France, A cent desseins pervers j'appliquois tous mes soins, Si des grands pour cela j'employois la puissance, Je ne travaillois guères moins

_Opere_

Mais puisqu'enfin il faut périr, Et que sur moy des loix s'exerce la justice, Sans le moindre murmure on me verra mourir, Et confesser tout haut[1606]...

_Mea culpa_.

VI

RÉSUMÉ DU PROCÈS DE FOUQUET, PAR OLIVIER D'ORMESSON[1607].

Après avoir retracé en détail tous les incidents du procès de Fouquet, Olivier d'Ormesson le résume dans le passage suivant: «Voilà ce grand procès fini, qui a été l'entretien de toute la France du jour qu'il a commencé jusques au jour qu'il a été terminé. Il a été grand bien moins par la qualité de l'accusé et l'importance de l'affaire que par l'intérêt des subalternes, et principalement de Berryer, qui y a fait entrer mille choses inutiles, et tous les procès-verbaux de l'Épargne, pour se rendre nécessaire, le maître de toute cette intrigue, et avoir le temps d'établir sa fortune; et, comme par cette conduite il agissoit contre les intérêts de M. Colbert, qui ne demandoit que la fin et la conclusion, et qu'il trompoit dans le détail de tout ce qu'il faisoit, il ne manquoit pas de rejeter les fautes sur quelqu'un de la Chambre: d'abord ce fut sur les plus honnestes gens de la Chambre qu'il rendit tous suspects, et il les fit maltraiter par des reproches publics du roi.

«Ensuite il attaqua M. le premier président, et le fit retirer de la Chambre et mettre en sa place M. le chancelier. Après il fit imputer toute la mauvaise conduite de cette affaire à M. Talon, qu'on ôta de la place de procureur général avec injure; et enfin, la mauvaise conduite augmentant, les longueurs affectées par lui continuant, il en rejeta tout le mal sur moi; il me fit ôter l'intendance de Soissons; il obligea M. Colbert à venir faire à mon père des plaintes de ma conduite, et enfin l'expérience ayant fait connoître qu'il étoit la véritable cause de toutes les fautes, et les récusations ayant fait voir ses faussetés, les procureurs généraux Hotman et Chamillart lui firent ôter insensiblement tout le soin de cette affaire, et, dans les derniers six mois, il ne s'en mêloit plus, et pour conclusion il est devenu fol.

«Ainsi le procès s'est terminé, et je puis dire que les fautes importantes dans les inventaires, les coups de haine et d'autorité qui ont paru dans tous les incidents du procès, les faussetés de Berryer et le mauvais traitement que tout le monde et même les juges recevoient dans leur fortune particulière, ont été de grands motifs pour sauver M. Fouquet de la peine capitale; et la disposition des esprits sur cette affaire a paru par la joie publique que les plus grands et les plus petits ont fait paroître du salut de M. Fouquet, jusqu'à tel excès qu'on ne le peut exprimer, tout le monde donnant des bénédictions aux juges qui l'ont sauvé, et à tous les autres des malédictions et toutes les marques de haine et de mépris, les chansons contre eux commençant à paroître, et je suis surpris que, y ayant quinze jours passés que cette histoire est finie, le discours n'en finit point encore, et l'on en parle par toutes les compagnies comme le premier jour.»

VII

INFLUENCES EXERCÉES SUR LES MEMBRES DE LA CHAMBRE DE JUSTICE PENDANT LE PROCÈS DE FOUQUET.

Les ministres, et surtout Colbert, ne cessèrent, pendant le procès de Fouquet, d'exercer sur les juges une pression dont nous avons cité de nombreuses preuves; mais l'opinion publique, les prières de la famille, et quelquefois même les sollicitations des seigneurs et des princes ne furent pas moins vives, et eurent plus d'influence sur les membres de la Chambre. Olivier d'Ormesson, qui n'est pas disposé à exagérer ces influences opposées aux vÅ“ux de la cour, en parle cependant dans son _Journal_[1608].

«Le fils de M. de Pontchartrain ayant vu les différents sentiments du public sur mon avis et celui de M. de Sainte-Hélène et de M. Pussort, se mit à genoux devant son père pour le conjurer de ne pas se déshonorer et toute sa famille par un avis de mort, et lui dit qu'il étoit résolu de quitter sa robe si ce déplaisir lui venoit. M. Hérault, qui avoit dit à plusieurs qu'il ne retourneroit point dans sa province (la Bretagne) les mains sanglantes, et qu'après avoir entendu mon avis, il en étoit convaincu, changea néanmoins et conclut à la mort, parce que M. d'Arbon, commis de M. le Tellier, y fut quatre fois, la veille, le presser et l'intimider, de sorte qu'il ne le quitta pas qu'il ne lui eût donné parole de suivre l'avis de M. de Sainte-Hélène.

«L'on impute à M. le Prince[1609] l'avis de M. de la Toison: on dit qu'il lui envoya Guitaut, et l'obligea de lui donner sa parole pour M. Fouquet. Je ne sais si cette sollicitation est véritable; mais je sais fort bien certainement, d'une personne sûre, qui me l'a dit depuis le procès jugé, que, dès le voyage de Fontainebleau[1610], M. le Prince avoit témoigné des sentiments très-favorables à M. Fouquet. Je sais encore que, dans la Bourgogne, tous les bons juges de M. de Marillac[1611] sont en estime, et que les autres, même leurs enfants, sont en horreur, et que M. de la Toison ne vouloit pas se déshonorer dans sa province.

«L'on dit que M. de Lesdiguières avoit gagné M. de la Baulme, et même M. de Bessemaux[1612], chez qui il loge, parce que, du vivant de M. le cardinal, il étoit le confident de M. Fouquet. A quoi je ne vois pas d'apparence, Bessemaux étant dévoué au siècle présent. L'on dit aussi que les enfants[1613] de M. Catinat lui ont parlé fort honnêtement, et il s'étoit conduit sur cette affaire avec tant de réserve qu'il étoit mis au nombre des douteux.»

VIII

CHANSON SUR LE PROCÈS DE FOUQUET.

Le procès de Fouquet donna lieu à un grand nombre de chansons où éclate la haine contre le gouvernement et les réformes qu'il tentait. On les trouve dans les recueils du temps et dans le _Nouveau Siècle de Louis XIV_ (t. II). En voici une qui ne brille pas par la poésie, mais qui résume assez nettement l'opinion qu'on se formait alors des juges et des mobiles qui les faisaient agir. Elle fut composée aux fêtes de Noël 1664[1614]:

1

A la venue de Noël Chacun se doit bien réjouir, Car Fouquet n'est point criminel; On n'a pu le faire mourir.

2

Quand, par ses malices, Berryer Dedans l'abîme l'attira, Il étoit dans un grand bourbier, Mais d'Ormesson l'en retira.

3

Sainte-Hélène fort s'emporta Quand il se mit à rapporter, Et le premier il protesta Qu'il le falloit décapiter.

4

«J'ai, dit-il, un double argument, Messieurs, pour fonder mon avis; L'un est: Je serai président[1615], L'autre est dedans la loi, _Si quis_.»

5

«[O grand] Dieu [s'écria Pussor], Qu'il est profond [qu'il est savant] En peut-on trouver un plus fort Pour régir le sénat normand?

6

«Mais, messieurs, ajoutons encor Un troisième raisonnement, Par où je conclus à la mort, Et non pas au bannissement.

7

«Quand d'ardoise il couvrit un toit, L'autre de tuiles seulement, Fut-ce pas pour tromper le roi? Répondez à cet argument[1616].»

8

«Il est fort bon,» dit Gisaucour. Et Ferriol pareillement: «Messieurs, admirons son discours Et le suivons aveuglément.»

9

Hérault dit: «Vous n'avez pas tort, Et quand il n'auroit fait que Vaux, N'est-il pas bien digne de mort D'avoir tant dépensé en eaux?»

10

«Pour moi, je n'y répugne pas, Ajouta le petit Noguès; Car je prétends l'évêché d'Acqs (_de Dax_) Pour mon frère le Béarnès.»

11

Roxante (_Roquesante_), assuré Provençal Se mit alors en grand émoi, Et dit: «Messieurs, vous faites mal, Quand vous tronquez ainsi la loi.»

12

Il leur expliqua donc la loi, D'une très-savante façon, Disant: «Messieurs, une autre foi Apprenez mieux votre leçon.»

13

La Toison, sitôt qu'il finit, En faveur de Fouquet parla, Et ne voulut pas qu'on punît En lui les crimes de Sylla.

14

La Baulme vint à son secours Et suivit le grand d'Ormesson; Quelqu'un m'a dit que son discours Fut très-petit, mais qu'il fut bon.

15

Verdier s'emporta là-dessus, Et par maint auteur allégué Il leur prouva que tout au plus Il devoit être relégué.

16

«Mais pour ces messieurs contenter, Dit raillant le grand Massenau[1617], Si l'on faisoit décapiter Les Mirmidons qui sont à Vaux?»

17

«Je ne leur ferai point de mal, Non plus qu'à Fouquet», dit Moussy « Ni moi», dit M. Catinat, «Ni moi,» dit Le Féron aussy.

18

«Je sais bien, dit Brillac, par où Nous mettre, messieurs, tous d'accord; Qu'on lui mette la corde au cou, Mais que l'on ne serre pas fort.»

19

«La corde au cou! cria Regnard, Je crois que vous n'y pensez point.» «Dieu nous préserve, dit Besnard, D'un ministre la torche au poing!»

20

Poncet ne montra point de fiel, Comme avoit fait Pussort; Mais par un discours tout de miel Conclut doucement à la mort.

21

Monsieur le prévôt des marchands[1618] Ne parut pas si modéré; Ce n'est pas qu'il soit trop méchant, Hais Fouquet l'a voit ulcéré:

22

«En raisonnements superflus Je ne veux point perdre de temps. Ni combattre des corrompus, «Des lâches et des ignorants.

23

Pontchartrain dit: «Ces nouveaux noms Nous conviennent bien moins qu'à toi; Tes rentes et tes pensions, Tes procès-verbaux en font foi.»

24

Si Séguier eut raison ou tort, Je ne déclarerai pas ce point. Je l'honore et révère fort; C'est pourquoi je n'en parle point.

25

Mais, pour finir notre chanson, Que chacun se mette à crier: «Gloire soit au grand d'Ormesson Et le diable emporte Berryer!»

IX

CONDUITE DE LOUIS XIV A L'ÉGARD DU RAPPORTEUR DU PROCÈS DE FOUQUET.

Nous avons vu (p. 439) que la résistance d'Olivier d'Ormesson aux volontés hautement manifestées de la cour entraîna sa disgrâce. Cependant on ne trouve rien, dans son Journal, qui puisse justifier une anecdote racontée par la Hode, dans son Histoire de Louis XIV[1619] et répétée par M. de Sismondi, dans son Histoire des Français[1620]. D'après ces écrivains, Louis XIV aurait personnellement sollicité Olivier d'Ormesson, pour ce qu'il appelait son affaire, et d'Ormesson lui aurait répondu: «Sire, je ferai ce que mon honneur et ma conscience me suggéreront.» Dans la suite, Olivier d'Ormesson, sollicitant pour son fils le titre de maître des requêtes, le roi lui aurait dit: «Je ferai ce que mon honneur et ma conscience me suggéreront.» Rien n'est moins vraisemblable que ce récit. Il n'était pas dans le caractère de Louis XIV de descendre à des sollicitations personnelles, ni dans celui d'Olivier d'Ormesson de répondre au roi avec une hauteur insolente.

Au lieu de ces anecdotes, le Journal d'Olivier d'Ormesson donne un récit détaillé de la démarché qu'il lit près du roi quelques jours avant la mort de son père, et lorsque déjà l'on désespérait de sa vie[1621]. «M. Pelletier[1622] m'écrivit qu'il étoit bon d'aller voir le roi et M. Colbert. A midi, je montai en carrosse pour aller voir M. Colbert; je ne le trouvai pas, et l'on me dit qu'il dineroit au Louvre. Je fis écrire mon nom. De là, je fus au Louvre. Étant monté par la petite montée, à cause que la reine loge dans l'appartement du roi, je demeurai quelque temps dans un petit cabinet par où le roi devoit passer sortant du conseil. Mais ayant pensé que M. Colbert me verroit en sortant, je descendis dans l'appartement de la reine mère[1623], où je reçus accueil de tous ses officiers; et l'huissier ayant dit mon nom, madame de Beauvais[1624] me vint quérir où j'étois pour me présenter à la reine-mère. J'entrai dans la chambre, et lui fis une profonde révérence. Elle me fit bon visage, me demanda des nouvelles de mon père, me dit qu'elle se souvenoit toujours de Calais quand elle me voyoit; que j'y servois fort bien[1625]; me parla du feu des halles, et enfin me témoigna beaucoup de bonté.

«M. le Prince étoit au coin de la cheminée, qui me fit, des yeux, bien de l'amitié, et enfin coula le long du paravent pour s'approcher de moi, et me dit; «Je vous ai fait faire compliment de ma part, et je suis bien aise de vous assurer moi-même de mes services et de l'estime que j'ai pour vous.» Je lui répondis par une profonde révérence.

«Je sortis incontinent, crainte de perdre l'occasion de parler au roi. Étant dans le cabinet, le roi vint; je me présentai à lui. Il me demanda: «Comment se porte votre père?» Je lui dis qu'il n'avoit point de mauvais accident; mais son grand âge et son mal nous donnoient bien de la crainte. Il me demanda encore, marchant toujours, s'il avoit de la fièvre. Lui ayant dit qu'il en avoit peu, voyant que je suivois, il s'arrêta sur la porte de la chambre de la reine mère; je lui dis que mon père m'avoit commandé d'avoir l'honneur de remercier Sa Majesté de la bonté avec laquelle il avoit reçu la très-humble prière qui lui avoit été faite par M. l'évêque d'Agen[1626] de me conserver la grâce qui lui avoit été accordée, et dont il avoit trouvé bon qu'il le remerciât; que je suppliois en mon particulier Sa Majesté de me continuer l'honneur de ses bonnes grâces. Le roi me répliqua: Quand vous les mériterez, je vous les accorderai volontiers.» Et aussitôt il entra dans la chambre, et moi je me retirai. La sécheresse de cette réponse laissait peu d'espoir à Olivier d'Ormesson, et en effet la place de son père fut donnée à Poncet[1627], un des juges de Fouquet. Il sollicita, avec aussi peu de succès, comme le prouve son _Journal_, plusieurs autres places qui devinrent vacantes au conseil d'État. Jamais Louis XIV ne lui pardonna l'indépendance dont il avait fait preuve comme rapporteur du procès de Fouquet.

X

LA CHAMBRE DE JUSTICE CONTINUE LE PROCÈS DES FINANCIERS APRÈS LA CONDAMNATION DE FOUQUET.

La Chambre de justice ne cessa pas aussitôt après la condamnation de Fouquet. Les financiers qui avaient été enveloppés dans ce procès furent condamnés à payer des taxes considérables. Olivier d'Ormesson retrace, dans son _Journal_, les dernières séances et les résultats de cette Chambre. «Le dimanche, 18 octobre 1665[1628], M. le Pelletier m'envoya quérir pour aller souper chez M. Boucherat avec M. Brillac. Là j'appris que le traité des taxes de la Chambre de justice avoit été signé, devant le roi, à cent dix millions, savoir, deux millions en argent comptant, vingt millions en argent payables en cinq ans, trente-huit millions en billets, et cinquante millions en rentes, droits et autres bons effets; qu'il n'y avoit d'exceptés de ce traité que Marchand, les deux Monnerot et le duché de Penthièvre; que la difficulté étoit quelle compagnie on formerait pour juger tous les incidents et faire vendre les immeubles. L'on dit que l'affaire de M. de Guénégaud s'accommoderait: 1° il n'étoit point excepté du traité; 2° madame de Sully[1629] avoit envoyé dire chez le maréchal d'Albret[1630] que, dans trois jours, l'on verroit combien la famille de Guénégaud avoit obligation à M. le chancelier; 3° le roi avoit écouté sur cela assez favorablement MM. d'Albret et Duplessis, et dit que l'on dit, de sa part, à Colbert, de lui en parler; 4° la mort de M. Hérault[1631], qui rompoit les mesures; 5° le retardement affecté depuis cinq ou six jours.

«Le mercredi, 18 novembre[1632], j'appris que M. le chancelier avoit, le lundi, parlé à madame de Guénégaud, et lui avoit dit, par ordre du roi, qu'il falloit que M. de Guénégaud optât, ou de prendre abolition et reconnoître avoir commis les faussetés dont il étoit accusé, et dire le fait comme il s'étoit passé, ou que le roi le feroit juger par de nouveaux commissaires, et qu'elle avoit répondu qu'avant de parler il étoit nécessaire qu'elle en pût communiquer avec M. de Guénégaud et avec son conseil. Je sus aussi que, le mardi, après midi, la question de l'hypothèque des taxes avoit été jugée devant le roi; que MM. de Sève, d'Aligre et de Villeroy avoient été d'avis que le roi ne pouvait avoir privilège pour le payement des taxes au préjudice de créanciers antérieurs; que c'était une maxime nouvelle qui ne pouvoit être établie que par une déclaration qui ne pouvoit avoir son effet que pour l'avenir, et non pour le passé; que M. Colbert, après avoir reconnu que c'étoit une maxime nouvelle, avoit conclu qu'elle étoit nécessaire pour le payement des taxes, et qu'autrement le traité de cent dix millions seroit inutile; que M. le chancelier avoit été de cet avis, et que le roi avoit suivi l'avis de M. le chancelier. C'est une résolution qui étonne tout le monde; elle ruine tous les créanciers des financiers; elle ruine tout le commerce d'argent avec les gens d'affaires; elle ruine le roi, parce que les financiers, n'ayant plus de crédit, ne pourront plus faire aucune avance au roi, et il est certain qu'après que ces taxes-ci seront payées, il faudra abolir cette maxime et rétablir la contraire. L'on signifie tous les jours des taxes qui sont si extraordinairement grosses qu'elles emportent au moins tous les biens des taxés, et il paroît impossible qu'elles puissent être acquittées. C'est une plainte générale contre la rigueur de ces taxes.

«Le jeudi, 17 décembre[1633], je fus au Petit-Arsenal, où la Chambre de justice s'assembla chez M. Clapisson, à cause que M. le cardinal des Ursins étoit logé dans le Grand-Arsenal, dans l'appartement du grand-maître[1634]. M. le chancelier étant arrivé, l'on discourut de la forme de vérification des abolitions. M. le chancelier demanda à M. Chamillart, qu'on fit entrer pour y être présent, comme il devoit en user, disant qu'il falloit faire deux séances, et ordonner que le procureur général donnerait ses moyens d'obreption et subreption. M. de Brillac dit qu'il y auroit inconvénient, forma des difficultés, prétendant qu'il serait mieux de finir aujourd'hui, et il me semble qu'il ne disoit pas cela à propos; car leurs règles étoient prises, et il n'étoit pas capable de les faire changer. Enfin M. de Guénégaud, vêtu de noir, s'étant avancé au-devant du barreau, M. le chancelier lui a fait lever la main et prêter le serment de dire la vérité. Ensuite le greffier lui ayant dit de se mettre à genoux, il s'y est mis un genou à terre seulement. M. le chancelier ayant dit qu'il falloit y mettre les deux genoux, il les y a mis; et puis M. le chancelier lui a demandé s'il avoit obtenu des lettres d'abolition, il a dit que oui; si elles contenoient la vérité, a dit que oui; s'il vouloit s'en servir, a dit que oui. J'oubliois qu'avant de faire entrer M. de Guénégaud, M. Poncet a lu la requête de M. de Guénégaud, disant que, dans le procès criminel intenté contre lui, il avoit obtenu lettres d'abolition, et qu'il en demandoit l'entérinement; que sur cette requête, ayant été ordonné le _soit monstré_[1635], le procureur général avoit donné ses conclusions; que ledit sieur de Guénégaud, mandé en la Chambre et ouï, il ferait ce que de raison. Sur quoi il avoit été mandé, et, après avoir répondu ce que dessus, M. le chancelier a ordonné la lecture des lettres; ce que Foucault a fait. Elles contiennent la confession de tous les chefs d'accusation. A la fin, il y a: «Sa Majesté se réservant de le taxer à telle somme qu'elle avisera.» La lecture achevée, M. de Guénégaud toujours à genoux, et lui retiré, le procureur général a requis de bouche la communication desdites lettres pour y donner ses moyens d'obreption et de subreption. M. le chancelier ayant demandé les avis, les conclusions ont été suivies. Après, on s'est levé et retiré.

«Le vendredi, 18 décembre, le matin, à la Chambre de justice, chez M. Clapisson, M. le chancelier venu, M. Poncet a lu la requête de M. de Guénégaud, les lettres d'abolition avec les conclusions du procureur général, qui ne les empêchoit être entérinées, à la charge que Sa Majesté ferait telle taxe qu'elle aviserait, et de dix mille livres d'aumône. M. Poncet a dit que le procès de M. de Guénégaud avoit été instruit, rapporté, vu, et que les juges devoient juger selon la rigueur des ordonnances et des lois, et ne pouvoient pas s'en départir; mais que les rois pouvoient les combattre par la clémence; qu'il se souvenoit d'un beau mot d'un grand chancelier d'un grand roi d'Italie, Théodoric, Cassiodore: _Felix querela, cum justitia pietate vincitur;_ que le roi avoit fait grâce à M. de Guénégaud par ses lettres d'abolition, et qu'il étoit d'avis de les entériner, à la charge de la taxe et de l'aumône de dix mille livres; Tous ont été du même avis, sans parler, sinon M. Brillac, qui a dit que l'on ne condamnoit point un accusé à une aumône sans l'interroger, et qu'il étoit mieux de ne pas parler de la taxe, le roi la pouvant faire, et même étant juste qu'il la fit. M. le chancelier a dit que c'étoit M. de Guénégaud qui avoit lui-même dressé ses lettres et les avoit présentées avec cette clause, et ainsi qu'il n'y avoit rien à dire. Après, il a dit que les comédies finissoient par des mariages, et la Chambre de justice par la clémence; qu'elle ne s'assembleroit plus là. On s'est ensuite retiré.»

XI

CONVENTION POUR LA GARNISON DE BELLE-ILE.

Le chevalier de Maupeou, dont Fouquet parle dans le projet trouvé à Saint-Mandé, avait conclu un traité avec un capitaine suisse pour l'entretien de cinquante soldats de la même nation dans la forteresse de Belle-Île. Une copie de ce traité se trouve dans les papiers de Fouquet(t. II, p. 334).

«S'ensuit ce qui a été convenu entre le chevalier de Maupeou et le sieur Jean-Jacques Knopfly, du canton et de la ville de Zug en Suisse, pour l'entretien de cinquante soldats de la mesme nation en garnison à Belle-Isle:

«1° Ledit sieur Knopfly sera obligé d'entretenir audit lieu la quantité de cinquante hommes, lui compris, le sergent et toutes les autres hautes payes, moyennant la somme de mille cinquante livres par chacun mois;

«2° Mondit sieur de Maupeou sera obligé de luy faire payer toujours un mois d'avance sur le lieu;

«3° En cas que quelque soldat tombe en quelque faute, ledit soldat sera châtié par la justice des Suisses à la rigueur;

«4° Il sera permis audit sieur Knopfly d'avoir un de ses soldats qui ait pouvoir de vendre du vin, bière ou autres choses pour la nécessité de ses camarades et non à personne autre, sans payer aucun droit;

«5° Quand on n'aura plus besoin de leurs services, et que l'on les voudra congédier, l'on leur payera un mois de gage pour s'en pouvoir retourner à leur pays;

«6° Le présent traité commencera le quinzième de ce mois.

«Nous, soussignés, promettons exécuter ponctuellement tout ce qui est contenu au traité ci-dessus, à Paris, ce vingt-sixième mars mil six cent soixante-un.

«LE CHEVALIER DE MAUPEOU, JEAN-JACQUES KNOPFLY.»

La date de ce traité est importante. On voit, en effet, que postérieurement à la mort de Mazarin, Fouquet faisait encore lever des troupes étrangères par un des hommes qu'il regardait comme dévoués à ses intérêts, et qu'il avait désigné nominativement pour le seconder dans son projet de guerre civile. C'est une nouvelle preuve de la persistance avec laquelle Fouquet poursuivait son plan.

XII

L'AMIRAL DE NEUCHÈSE ET FOUQUET.

M. de Neuchèse, dont il a été souvent question dans l'histoire de Fouquet, était commandeur de l'ordre de Malte. Il avait été nommé vice-amiral et intendant général de la marine le 7 mai 1661, en remplacement de Louis Foucault de Saint-Germain, maréchal de France, décédé.

Après l'arrestation de Fouquet, le commandeur de Neuchèse fut accusé à la cour, comme le prouvent plusieurs lettres autographes qui sont entre les mains de M. Armand de Neuchèse et qui ont été communiquées par M. Beauchet-Filleau, correspondant du ministère de l'instruction publique. Voici d'abord une lettre de Colbert, datée de Fontainebleau, 17 octobre 1661:

«Monsieur, je me remets à ce que vous dira vostre secrétaire e à tout ce que vous aurez pu apprendre par vos amis touchant l'estat de vos affaires en ce pays-cy. Il est vray qu'elles ne sont pas en tel estat que je pourrois le souhaiter; mais je ne les tiens pas si désespérées que vous ne puissiez encore les raccommoder. Je suis de tout mon cÅ“ur, monsieur, votre très-humble et très-obéissant serviteur.

«COLBERT.»

Une seconde lettre, du 19 octobre 1661, sans signature, est aussi relative aux accusations qui pesaient sur le commandeur de Neuchèse par suite de ses relations avec Fouquet: «Vous saurez tout par le porteur et la lettre de M. Matarel. On vous a servi ici de bonne manière, et en vérité vous en aviez grand besoin. On n'a jamais vu une telle rage que celle de M. Fouquet; car il a fait tout son possible pour perdre amis et indifférents. Madame du Plessis est accusée d'avoir servi à ses galanteries. Bref, c'est un abîme que tout ce qu'a fait cet homme-là; songez à vous en allant presser incessamment votre armement, et à servir nostre maistre en fesant parler, s'il y a lieu, de vous. Remerciez Colbert; écrivez-lui et au Roy une lettre d'assurance de fidélité dernière. Nous la donnerons, s'il y a lieu; le reste au porteur, estant tout à vous sans réserve... De Fontainebleau, ce 19 octobre 1661.

«P. S. Assurément on fera le procès à M. Fouquet. Si vous aviez le temps, on vous pourrait bien mander de venir ici dire votre projet[1636]; mais n'y songez pas, si on ne vous l'ordonne.»

Le commandeur de Neuchèse ne partit pas immédiatement, comme le prouve la lettre que lui écrivait le duc de Vendôme, le 31 octobre 1661:

«Monsieur, vous vous tenez fort caché sur tous les bruits qui ont couru à la cour, et les démarches de vostre secrétaire sont cause que ces bruits se confirment. Pour moi, comme vostre amy, lorsqu'on m'en parle, je responds des épaules et je ne sçay que dire, puisque vous vous estes caché de moi comme des autres. Vous estes bon et sage; mais la Toussaint vous trouve encore non embarqué. Croyez que cela vous faict grand tort et plus que je ne vous le sçaurois dire. Remédiez-y et promptement... Je remets le surplus au sieur Matarel et suis votre bien humble serviteur.

«CÉSAR DE VENDOSME.»

Le commandeur de Neuchèse se justifia auprès du roi et de Colbert, ainsi qu'il résulte de cette lettre que lui adressa le ministre, le 24 octobre 1661: «Je vous remercie très-humblement des mémoires que vous m'avez envoyés; je ne manqueray pas de les présenter au Roy, qui asseurément y aura beaucoup d'esgards pour le chois des officiers de la marine: cependant je me resjouis, comme votre serviteur, que vous ayez fait une déclaration ingénue à Sa Majesté sur le sujet dont je vous ai escrit; et, au cas que vous n'y ayez rien omis, je ne vois point que vous eussiez pu suivre une meilleure voie pour vous bien establir dans son esprit, et lui inspirer une bonne opinion de vostre conduite, et de ce qu'elle peut attendre de vous à l'avenir.»

XIII

SAINT-ÉVREMOND ET FOUQUET.

Saint-Évremond fut enveloppé dans la disgrâce de Fouquet[1637]. Voici comment: il avait été désigné pour faire le voyage de Bretagne avec le roi; avant de partir, il laissa à madame du Plessis-Bellière une cassette où il y avait de l'argent, des billets et plusieurs lettres. Après l'arrestation de Fouquet, on mit sous le scellé tous les papiers et meubles de madame du Plessis-Bellière. On trouva chez elle la cassette de Saint-Évremond, où se trouvait la _Lettre sur la paix des Pyrénées_, dans laquelle Saint-Évremond critiquait très-vivement la conduite du cardinal Mazarin. Elle fut dénoncée au roi, qui ordonna de mettre Saint-Évremond à la Bastille. Prévenu par Gourville, Saint-Évremond se retira d'abord en Normandie, d'où il parvint à passer en Hollande et en Angleterre.

Saint-Évremond n'oublia pas ses relations avec Fouquet dans son _Discours sur l'Amitié_[1638]; telle est du moins l'opinion de son biographe des Maizeaux[1639]. Voici le passage dans lequel des Maizeaux croit voir une allusion à Fouquet alors enfermé à Pignerol: «Comme je n'ai aucun mérite éclatant à faire valoir, dit Saint-Évremond, je pense qu'il me sera permis d'en dire un, qui ne fait pas la vanité ordinaire des hommes: c'est de m'être attiré pleinement la confiance de mes amis; et l'homme le plus secret que j'aie connu en ma vie[1640] n'a été plus caché avec les autres que pour s'ouvrir davantage avec moi. Il ne m'a rien celé tant que nous avons été ensemble, et peut-être qu'il eût bien voulu me dire toutes choses lorsque nous avons été séparés. Le souvenir d'une confidence si chère m'est bien doux: la pensée de l'état où il se trouve m'est plus douloureuse[1641]. Je me suis accoutumé à mes malheurs; je ne m'accoutumerai jamais aux siens; et puisque je ne puis donner que de la douleur à son infortune, je ne passerai aucun jour sans me plaindre.»

XIV

PELLISSON ET LA BASTILLE.--BESSEMAUX GOUVERNEUR DE CETTE PRISON D'ÉTAT.

(_Mémoires sur Fouquet_, t. II, p. 402-403.)

Pellisson parle assez plaisamment des libertés de la Bastille dans ce placet qu'il adressa au roi le 8 septembre 1665: «Sire, après avoir assuré Votre Majesté du plus profond respect et de la plus parfaite vénération qu'on aura jamais pour elle, je prendrai, si elle me le permet, un style plus propre à la divertir qu'à la fatiguer.

«Il y a ici une douzaine de libertés, qui toutes ensemble ne valent pas la douzième partie d'une liberté entière. On les nomme liberté de la cour; liberté de la terrasse; liberté de s'y promener seul; liberté de l'escalier; liberté d'une fenêtre; liberté d'écrire pour ses affaires; liberté de voir quelqu'un avec un officier, liberté de le voir sans témoin; liberté d'être malade; liberté de s'ennuyer tant que l'on veut: les deux dernières ne sont refusées à personne.

«De tant de libertés, Sire, je n'en ai encore demandé aucune; mais j'ose demander très-instamment, et avec toute la soumission possible, la liberté de louer Votre Majesté, c'est-à-dire, de mettre sur le papier et d'adresser à quelqu'un des beaux esprits d'aujourd'hui je ne sais combien d'ouvrages qui pourraient enfin s'effacer de ma mémoire, et où j'ai tâché, dans les divers temps de ma longue prison, d'enfermer en mille manières différentes une partie des éloges infinis que Votre Majesté mérite. J'avois résolu de n'en parler jamais qu'au sortir d'ici; mais comme je suis pressé depuis dix mois d'une fluxion sur le poumon, et contraint enfin d'entrer aujourd'hui dans les remèdes, qui, par l'aversion que j'en ai, pourront aussitôt me tuer que le mal même, il me fâcheroit, Sire, de mourir sans avoir laissé ce bon exemple aux sujets de Votre Majesté et ce léger témoignage, qu'en conservant jusqu'à la mort la gaieté d'une bonne conscience, j'ai su honorer et révérer Votre Majesté plus que personne ne fera jamais, et penser incessamment à la servir ou à lui plaire.

«J'écris ce placet avec un crayon sur une feuille arrachée d'un de mes livres, pour éviter une négociation longue et peut-être inutile, si je demandois de l'encre et du papier. Je supplie très-humblement Votre Majesté de croire que je saurai encore la louer et la bénir jusqu'à la fin, sans murmure, plaintes ni lamentations, et que ceux qu'elle comble de ses faveurs ne peuvent faire de prières plus ardentes que moi pour la santé, la grandeur et la gloire de Votre Majesté.»

Ces _libertés de la Bastille_ dont parle Pellisson n'étaient pas une plaisanterie: Jean Rou, détenu à la Bastille en 1675, en parle aussi dans ses Mémoires[1642], dont voici quelques passages:

(T. I, p. 59) «Dans la chambre qu'on me donna, je ne trouvai pour tout meuble qu'une petite chaise de paille, et la seule fenêtre par où entrait le jour était une double grille sans la moindre vitre ni châssis. M. le lieutenant, nommé la Grizolle, m'ayant introduit dans ce beau domicile, me dit que j'avois la liberté, mais pour cette seule fois, d'écrire chez moi, afin de me faire venir un lit, une table et quelque vaisselle, parce que le Roi me faisoit bien, à la vérité, la grâce de me nourrir et de me loger, mais qu'il falloit que je me meublasse; et qu'après ces petits besoins spécifiés à ma femme, il ne m'étoit pas permis de joindre aucune autre particularité dans ma lettre...»

(p. 63.)--Au bout de quelques jours, on le fait changer de chambre; la Grizolle lui dit: «Habillez-vous, le Roi vous donne la liberté de la cour, et je ne suis venu ici que pour vous mener joindre la compagnie de plusieurs messieurs, qui véritablement sont arrêtés ici aussi bien que vous, mais avec une entière liberté de communiquer les uns avec les autres, et d'être même visités de tous leurs amis. J'ai même déjà envoyé chez vous annoncer cette bonne nouvelle, et sans doute que vous verrez bientôt ici ce que vous avez de plus cher.»

(p. 71)... «Dès que cette liberté de la cour m'eut été accordée, il y eut une permission entière à tous mes amis de me venir voir...»

(p. 81): «Je passe à deux mots que j'ai à dire sur la distinction du traitement qui, à la faveur des obligeantes recommandations de M. de Montausier, me fut fait à la Bastille tant que j'y fus arrêté. J'ai déjà parlé du grand nombre de visites que j'avois la liberté de recevoir; mais, outre cela, j'avois celle de la terrasse, que ni le chevalier d'Humières, ni le marquis de Pomenars n'avoient point, encore moins par conséquent tous les autres beaucoup inférieurs à ceux-là. Enfin, s'il venoit à faire mauvais temps, depuis l'arrivée de ma femme (qui ne manquoit pas de se rendre auprès de moi tous les matins, et y demeurait jusqu'à onze heures du soir, le maître d'hôtel de la Bastille et toute sa séquelle la ramenant avec eux, par la commodité du hasard qui les avoit rendus mes voisins porte à porte), si, dis-je, il survenoit du mauvais temps, j'avois la liberté de la retenir toute la nuit avec moi, ce qui ne se pratiquoit pour aucun autre prisonnier...»

Dans les Mémoires dont nous venons de citer quelques extraits, Jean Rou parle de Bessemaux ou Bezemaux, gouverneur de la Bastille (p. 85):... «Je lui dis (au sous-lieutenant de la Bastille qui venait lui annoncer sa mise en liberté) que puisqu'on me chassoit, je ferais comme j'en avois toujours usé, depuis que j'étois au lieu où nous nous trouvions, savoir, que je n'y avois jamais appris qu'à obéir. «Monsieur, me dit-il, vous ne sauriez mieux faire; mais oserois-je vous demander une chose? N'irez-vous pas dire adieu à M. le gouverneur?» Il me faisoit cette question, parce que depuis cinq ou six jours quatre gendarmes, que M. le prince de Soubise avoit fait emprisonner pour quelques mauvais déportements, ayant enfin obtenu leur élargissement, s'en étoient allés sans faire aucune civilité à M. de Bezemaux, par ressentiment de ce que, sur quelques paroles peu respectueuses, il les avoit fait renfermer dans leur chambre; cette imprudente conduite, nonobstant le peu de cas que M. de Bezemaux faisoit de pareilles gens, n'avoit pas laissé de lui déplaire, par cette seule raison qu'une conduite indiscrète choque le bon sens, comme un vilain objet choque la vue, et une puanteur l'odorat. Ce fut donc là pourquoi on me faisoit la question dont je viens de parler; à quoi je répondis que je n'étois nullement gendarme, et que d'ailleurs j'avois toujours été si bien traité par les obligeants ordres de M. le gouverneur, que je n'avois garde de manquer à lui en faire mes très-humbles remercîments. Je fus donc mené à M. de Bezemaux[1643], et dès qu'où m'eut ouvert la porte de sa chambre, il me fit l'honneur de venir au-devant de moi, avec ces obligeantes paroles: «Monsieur, je sais bien que c'est un bruit répandu dans la Bastille que j'ai toujours de la joie quand il y entre un prisonnier, et du chagrin quand il en sort; je ne discuterai point avec vous, monsieur, le vrai ou le faux de cet indigne soupçon; mais je vous prie très-sincèrement de croire que j'ai reçu avec un singulier plaisir la lettre dont le roi m'a honoré pour l'ordre de vous faire sortir.» Le gouverneur accompagna ces paroles de l'obligeante demande qu'il me fit, si j'étois content de toutes les manières dont ses gens m'avoient traité depuis ma détention; à quoi ayant répondu comme je le devois, il me pria d'en vouloir bien rendre témoignage à M. le duc de Monlausier; puis me présentant la main: «Il est fort tard, dit-il, et je ne juge pas à propos de vous laisser aller seul à l'heure qu'il est. Qu'on mette les chevaux au carrosse, dit-il à ses gens, et qu'on ramène monsieur chez lui.» Je descendis donc, après une nouvelle présentation de mes respects, et trouvai le carrosse qui m'attendoit avec deux flambeaux, que deux valets de pied portaient; mais avant que d'y entrer, j'allai prendre mes hardes de nuit dans ma chambre, etc.»

XV

EXTRAITS DES LETTRES DE LOUVOIS SUR LA FOREST, HONNESTE ET VALCROISSANT.

(1669-1670).

M. Walckenaer, dans ses _Mémoires sur madame de Sévigné_ (t. III, p. 291 de la première édition), dit: «Fouquet était, par les ordres de Louvois, détenu à Pignerol dans une dure captivité. Personne ne pouvait communiquer avec lui; on lui avait interdit tous les moyens de donner de ses nouvelles. Il fut réduit, pour écrire, à se servir, au lieu de plume, d'os de chapons; au lieu d'encre, de suie mêlée avec du vin; et cette ressource lui fut encore enlevée. Mais auparavant une lettre de lui, péniblement tracée par ce moyen, avait été transmise à sa femme par un gentilhomme nommé Valcroissant, autrefois attaché au service du surintendant, et qui avait conservé pour lui un vif sentiment de reconnaissance. Pour ce seul fait, Valcroissant fut condamné à cinq ans de galères.»

Le récit de M. Walckenaer s'appuie sur deux autorités: 1° les lettres de Louvois citées dans Delort, et surtout la lettre où il est dit que Valcroissant a été condamné aux galères et conduit à Marseille (11 juillet 1670); 2° le passage d'une lettre de madame de Sévigné qui recommande à M. de Grignan un gentilhomme, dont le nom a été laissé en blanc par les anciens éditeurs, lequel avait été condamné aux galères pour avoir transmis à madame Fouquet une lettre de son mari. Ce rapprochement parait d'abord ingénieux et décisif. Les nouveaux éditeurs des lettres de madame de Sévigné[1644] ont adopté l'opinion de M. Walckenaer et introduit dans le texte le madame de Sévigné le nom de Valcroissant. J'avoue que je conserve quelques doutes et qu'il me semble nécessaire de bien établir deux points: 1° Louvois parle d'un gentilhomme, qui est amené à Pignerol en 1670 par le major de Dunkerque et que l'on tient au secret, puis qui est conduit aux galères à Marseille par un sieur de Saint-Martin; 2° madame de Sévigné recommande vivement à la même époque à M. de Grignan un gentilhomme qui avait été condamné à cinq ans de galères pour avoir remis à madame Fouquet une lettre de son mari. Mais rien ne prouve que ce gentilhomme soit Valcroissant. Pourquoi aurait-on amené ce dernier de Dunkerque à Pignerol, s'il eût été coupable d'avoir porté antérieurement une lettre à madame Fouquet? Était-ce pour une confrontation? Mais Louvois défend de le laisser communiquer avec qui que ce soit, et ordonne de le tenir au secret le plus rigoureux. Il n'est pas question de son jugement à cette époque, et on ne trouve aucune, trace, dans les lettres de Louvois, des motifs qui ont pu faire conduire le sieur de Valcroissant d'abord à Pignerol, puis à Marseille. D'autre part, madame de Sévigné, ni dans cette lettre, ni dans une autre du 28 novembre 1670, où elle reparle de ce gentilhomme, ne dit qu'il eût été conduit à Pignerol. Il me semble donc difficile d'affirmer, comme le fait M. Walckenaer, que le gentilhomme dont parle madame de Sévigné soit ce Valcroissant qui est mentionné dans les lettres de Louvois. Du reste, pour que le lecteur puisse en juger, je citerai les passages des lettres de Louvois qui se rattachent au complot formé en 1669 pour gagner quelques-uns des soldats de la garnison de Pignerol et aux suites qu'il eut en 1670.

Dans une lettre du 17 décembre 1669[1645], Louvois dit à Saint-Mars: «J'ai appris fort en détail, du sieur de Blainvilliers, tout ce que vous avez fait pour vous saisir de la Forest et du nommé Honneste. J'en ai rendu compte au roi, qui a été fort satisfait de ce que vous avez fait. Il a commandé à M. de Lyonne de faire faire des remercîments de sa part à M. le duc de Savoie de la manière honnête dont il en avoit usé en laissant prendre dans ses États ledit la Forest et ledit Honneste, et je vous enverrai par l'ordinaire prochain un présent que Sa Majesté souhaite que vous envoyiez en son nom au major de Turin, qui a agi en ce rencontre avec tout le zèle que l'on aurait pu attendre d'un sujet de Sa Majesté.

«Le roi, comme je vous l'ai mandé par ma dernière, dont le courrier que je vous ai dépêché étoit chargé, trouve bon qu'avec les officiers de votre compagnie vous jugiez en conseil de guerre vos soldats, et que par l'exemple que vous en fera, vous fassiez perdre aux autres l'envie de plus faire de pareilles trahisons. Sa Majesté ne désire pas que vous jugiez le nommé Champagne, valet de M. Fouquet, quoique, suivant ce que m'a dit le sieur de Blainvilliers, il s'y soit soumis par écrit; mais elle entend que vous le teniez dans une prison dure, pour le punir de son infidélité, et se remet à vous d'en user comme vous le voudrez à l'égard de la Rivière, autre valet de M. Fouquet, c'est-à-dire de le laisser auprès de lui ou de l'en ôter, Sa Majesté se promettant qu'en cas que vous le lui ôtiez, vous ne le laisserez sortir qu'après une prison de sept ou huit mois, afin que, s'il avoit pris des mesures pour porter des nouvelles de son maître, elles soient si vieilles en ce temps-là qu'elles ne puissent en rien préjudicier; et pour éviter de pareils accidents à celui qui vient d'arriver, il faut, comme je vous l'ai déjà marqué, faire faire une grille, vis-à-vis de chacune des fenêtres de votre prisonnier, qui soit en demi-cercle, en saillie hors du mur extérieur de deux ou trois pieds, et entourer chacune desdites grilles d'une claie fort serrée et assez haute pour empêcher qu'il ne puisse voir autre chose que le ciel, et que ladite claie se trouve opposée à tous les terrains qui sont vis-à-vis de ses fenêtres, et que quand il sera nuit, vous fassiez descendre des nattes dessus ses fenêtres, que vous relèverez à la pointe du jour. Ainsi l'on ne pourra lui faire signe, ni lui en faire à qui que ce soit, et il ne pourra plus rien jeter ni rien recevoir.

«A l'égard du sieur Honneste, qui vient débaucher des soldats de votre compagnie, le roi désire que vous le teniez prisonnier, et son valet avec lui jusqu'à nouvel ordre; en sorte qu'ils n'aient tous deux de commerce avec personne du dehors, et par la peine et la mortification qu'ils souffriront, empêcher que l'on ne se hasarde si facilement à essayer de corrompre vos soldats.»

1er janvier 1670.

«Monsieur, j'ai reçu, avec vos lettres des 19 et 21 du mois passé, le mémoire qui y étoit joint. Par la première, je vois que vous avez fait le procès au nommé la Forest, et que vous l'avez fait exécuter.

«Les jalousies que vous ferez mettre (aux fenêtres de Fouquet) de fil de Richard (sic) ne feront point l'effet que celles de bois, à moins que vous ne les fassiez faire de même force, c'est-à-dire qu'il y ait autant de plein que de vide.

«Je vous envoie les tablettes que vous m'avez adressées, parce qu'elles pourront servir à la conviction du sieur Honneste, auquel le roi veut faire faire le procès, ainsi que vous l'apprendrez du sieur de Loyauté.

«Si le sieur Honneste a peur, il en aura bien davantage quand il verra qu'on lui va faire son procès; il faut cependant le tenir dans une prison dure, car il est bon d'effaroucher les gens que l'on pourroit envoyer pour vous débaucher vos soldats.

«Le roi se remet à vous d'en user comme vous le jugerez à propos à l'égard des valets de M. Fouquet: il faut seulement observer que si vous lui donnez des valets que l'on vous amènera d'ici, il pourra bien arriver qu'ils seront gagnés par avance, et qu'ainsi ils feroient pis que ceux que vous ôteriez présentement.»

«Du 16 janvier 1670.

«Les précautions que vous avez résolu de prendre pour empêcher que M. Fouquet ne donne de ses nouvelles à personne, ni n'en reçoive de qui que ce soit, sont bonnes; et puisque ses valets sont si infidèles au roi, Sa Majesté trouve bon qu'ils soient dorénavant privés de leurs gages.»

Du 21 janvier 1670.

.....«L'argent qui s'est trouvé sur le nommé la Forest étant confiscable au roi par son crime et sa punition, Sa Majesté veut bien que vous en disposiez.

«J'ai fait rembourser pour vous au sieur de Blainvilliers tout ce qu'il m'a dit que vous aviez dépensé pour la prison du sieur Honneste, qui se monte, si je ne me trompe, à neuf cents et tant de livres.»

«Du 26 janvier 1670,

«La punition que vous avez fait faire des cinq soldats qui vous avoient trahi ne saurait produire qu'un très-bon effet; je ne doute pas que cet exemple de sévérité ne contienne les autres dans le devoir. Je ne puis qu'approuver toutes les précautions que vous prenez pour la sûreté des prisons de Pignerol, étant persuadé que vous n'oublierez rien de tout ce que vous croirez nécessaire pour les maintenir en bon état, et que l'on peut s'en reposer sur vos soins.»

«Du 28 janvier 1670,

«J'ai reçu le plan des jalousies que vous faites faire pour les fenêtres de M. Fouquet; ce n'est pas comme cela que j'ai entendu qu'elles doivent être, mais bien des claies ordinaires qu'il faut mettre autour des grilles en saillie et en hauteur nécessaire pour empêcher qu'il ne voie les terres des environs de son logement.»

«Du 11 février 1670.

........... «Vous avez bien fait de n'avoir aucun égard aux raisons que vous a données M. Fouquet pour avoir auprès de lui son valet nommé Champagne, et suivant votre avis il sera bon de ne relâcher le sieur Honneste que lorsque vous aurez fait poser des grilles et des jalousies à ses fenêtres. Cependant ayez grand soin d'empêcher que M. Fouquet ne profite du temps qu'il faut pour les faire, et continuez à prendre les autres précautions que vous jugerez nécessaires pour sa sûreté.»

«Du 10 mars 1670,

«Vous avez bien fait de laisser au sieur de Loyauté la liberté d'exécuter ce que je lui ai mandé pour faire faire le procès au sieur Honneste, et si je ne vous en ai pas écrit, c'est par omission.»

«Du 26 mars 1670.

«Je vois que vous êtes résolu de conduire vous-même le sieur Honneste au conseil souverain de Pignerol, lorsque les juges le demanderont pour le juger; cela est bon, et lorsqu'il y aura arrêt rendu contre lui, l'intention de Sa Majesté est qu'il lui soit envoyé, pour, après qu'il l'aura vu, faire savoir sa volonté pour le faire exécuter.

«L'on m'a donné avis que le sieur Honneste, on un des valets de M. Fouquet, a parlé au prisonnier qui vous a été amené par le major de Dunkerque[1646], et lui a, entre autres choses, demandé s'il n'avoit rien de conséquence à lui dire, à quoi il a répondu qu'il le laissât en paix: il en a usé ainsi, croyant que c'étoit quelqu'un de votre part qui l'interrogeoit pour l'éprouver et pour voir s'il diroit quelque chose. Par là vous jugerez bien que vous n'avez pas pris assez de précautions pour empêcher qu'il n'eût quelque communication que ce put être, et comme il est très-important au service de Sa Majesté qu'il n'en ait aucune, je vous prie de visiter soigneusement le dedans et le dehors du lieu où il est enfermé, et de le mettre en état que le prisonnier ne puisse voir ni être vu de personne, et ne puisse parler à qui que ce soit ni entendre ceux qui lui voudraient dire quelque chose.»

«Du 21 avril 1670.

«Je suis bien aise de voir par ce que vous me mandez que l'avis qui m'avoit été donné qu'un des valets de M. Fouquet et le sieur de Valcroissant s'étoient parlé soit faux. Vous devez être circonspect en toutes choses pour ne donner point de matière de parler contre votre exactitude.»

«Du 14 juillet 1670.

«Lorsqu'il y aura occasion, je serai bien aise de faire plaisir au chevalier de Saint-Martin, qui a conduit à Marseille le sieur de Valcroissant, condamné aux galères.»

Ces extraits prouvent, selon moi, que M. Walckenaer, et après lui les nouveaux éditeurs des Lettres de madame de Sévigné, ont eu tort d'affirmer que le gentilhomme condamné aux galères pour avoir remis à madame Fouquet une lettre de son mari, se nommait Valcroissant. Ils auraient pu tout au plus donner cette opinion comme une hypothèse; mais introduire sans autorité suffisante ce nom dans le texte me paraît une hardiesse contraire aux principes de la critique historique et littéraire.

XVI

MORT DE FOUQUET--ANALYSE DE LA DISSERTATION DE PAROLETTI. (Voyez ci-dessus, p. 462-463)

M. Modeste Paroletti a publié à Turin, en 1812, une dissertation intitulée: _Sur la mort du surintendant Fouquet, Notices recueillies à Pignerol_[1647]. Après avoir rappelé sommairement le ministère et la disgrâce de Fouquet, l'auteur arrive à son emprisonnement et à sa mort à Pignerol, qui sont le but principal de ses recherches[1648]. Il nous apprend que la citadelle de Pignerol fut démantelée en 1696, et que l'on peut à peine reconnaître aujourd'hui l'endroit ou s'élevaient le donjon et les remparts. Afin de retrouver les actes relatifs à la mort de Fouquet, M. Paroletti fit des recherches dans les registres mortuaires des diverses paroisses de Pignerol; mais il n'y trouva pas le nom de Fouquet. Il examina ensuite les inscriptions funéraires, et parcourut les églises et les sépultures, sans rencontrer aucune trace du surintendant. Ce fut seulement en étudiant les anciens registres des notaires de Pignerol qu'il commença à découvrir quelques indices relatifs à Fouquet. Deux documents de l'année 1679 établissaient que Marie-Madeleine de Castille, épouse séparée de messire Nicolas Fouquet, ministre d'État, ci-devant surintendant des finances, accompagnée de son fils, Charles-Armand Fouquet, clerc du diocèse de Paris[1649], était venue à Pignerol en 1679, et que ces deux personnes avaient logé dans la maison du sieur Fenouil jusqu'en 1680. Les deux actes cités par M. Paroletti sont relatifs à des procurations données par le jeune Fouquet et par sa mère à leurs représentants. M. Paroletti conclut avec raison de ces deux actes que Fouquet ne serait pas sorti de prison vers 1674, comme on avait prétendu l'induire des Mémoires de Gourville[1650].

M. Paroletti (p. 16-17) analyse un troisième acte notarié, en date du 27 janvier 1680, environ deux mois avant la mort de Fouquet, qui contient une procuration donnée par madame Fouquet à M. Jean Despineux, à Paris, pour obtenir le remboursement de quelques rentes sur l'Hôtel de Ville. Cette procuration fut reçue par le notaire Lanteri, au donjon de la citadelle de Pignerol. D'où résulte qu'à cette époque Fouquet y était encore emprisonné, et que sa famille y habitait avec lui.

Il est probable que la permission d'aller aux eaux de Bourbon, dont parle Bussy-Rabutin (ci-dessus, p. 463), arriva en février ou en mars, et que Fouquet, dont la santé était depuis longtemps affaiblie, mourut avant de pouvoir en profiter. Comme on avait connu, à Paris, l'autorisation accordée à Fouquet, Gourville a avancé qu'il était sorti de prison avant sa mort. Il aurait fallu dire, si l'on cherchait une précision de langage dont Gourville s'est peu inquiété, qu'_il avait obtenu avant sa mort la permission de sortir de prison_.

M. Paroletti, ne voulant négliger aucun genre d'information, recueillit tout ce que la tradition a conservé à Pignerol relativement à Fouquet (p. 17, 18 et 19). Beaucoup d'habitants de Pignerol se souvenaient d'avoir entendu dire, dans leur jeunesse, qu'un personnage de grande importance avait terminé sa vie dans la citadelle. «De ces individus, ajoute M. Paroletti (p. 18), il en est quelques-uns qui confondent ce personnage avec _l'homme au masque de fer_, qui certainement n'est jamais venu à Pignerol; mais il en est d'autres qui savent positivement que ce personnage était un ministre d'État. Une des ci-devant religieuses du couvent de Sainte-Claire conserve le souvenir d'un récit entendu dans sa jeunesse sur la visite de quelques officiers à ce monastère, pour y examiner une inscription sépulcrale, et recueillir des notices sur un prisonnier d'État décédé au donjon de la citadelle. Le secrétaire de la mairie se souvient d'avoir appris de son devancier, que des officiers étaient venus, il y a cinquante ans[1651], rechercher, dans le couvent des Feuillants, des Mémoires sur la vie de M. Fouquet. C'étaient les moines de ce couvent, tous Français à cette époque, qui prenaient soin des prisonniers d'État détenus à la citadelle.»

M. Paroletti termine en citant les lettres de Bussy-Rabutin et de madame de Sévigné, dont nous avons donné des extraits (ci-dessus, p. 463). Il conclut (p. 20) en adoptant l'opinion qui fait mourir Fouquet dans le donjon de Pignerol, vers le milieu du mois de mars 1680; il ajoute «que sa mort a dû être connue à Paris vers le 24 ou le 25 de ce mois; que son corps a été probablement déposé dans les caveaux de l'église de Sainte Claire, jusqu'à ce qu'il fût transporté à Paris, pour être déposé dans le tombeau de sa famille; enfin que la suppression du couvent de Sainte-Claire, les changements survenus dans l'église et la dispersion des papiers appartenant à ce monastère, sont la cause probable du manque d'indications touchant la mort et la sépulture de M. Fouquet.»

Une inscription, placée derrière un portrait de Fouquet, que possède M. H. de Vielcastel, porte que Fouquet est mort à Paris, le 22 mars 1680. Cette note, dont on ignore et la date et l'auteur, ne saurait prévaloir sur les témoignages contemporains que nous avons mentionnés.

XVII.

FOUQUET ET LE MASQUE DE FER.

(_Mémoires sur Fouquet_, t. II, p. 467)

J'ai déjà dit un mot (p. 467, note 1) de la dissertation où l'on a soutenu que Fouquet était le personnage désigné sous le nom de _l'homme au masque de fer_[1652]. L'argumentation de M. Paul Lacroix peut se réduire aux trois points suivants:

1° Toutes les hypothèses que l'on a faites jusqu'ici sur _l'homme au masque de fer_ sont inadmissibles;

2° On ne sait ni le lien ni l'époque de la mort de Fouquet (ce qui porte l'auteur à supposer que les bruits de mort répandus au mois de mars 1680 étaient une invention du roi et de ses agents);

3° Louis XIV, qui avait intérêt à faire disparaître Fouquet, le fit conduire par Saint-Mars aux îles Sainte-Marguerite et de là à la Bastille, où il est mort en 1703.

Je reprends chacun de ces points: je n'ai pas à discuter les hypothèses sur _l'homme au masque de fer_; je me bornerai à renvoyer aux ouvrages de Delort, de Roux-Fazillac et de Ellis relatifs à ce personnage mystérieux. Lors même qu'ils n'auraient pas résolu la question, il ne s'ensuivrait pas qu'on doive identifier Fouquet avec _l'homme au masque de fer_.

Le second point est plus important pour nous. Si, en effet, la mort de Fouquet en 1680 était bien constatée, il serait inutile de s'occuper du reste de la dissertation. J'ai cité[1653] les passages des lettres de Bussy-Rabutin et de madame de Sévigné, qui me paraissent ne laisser aucun doute raisonnable sur ce point. On peut y ajouter l'extrait suivant de la lettre de madame de Sévigné du 3 avril 1680 (vers la fin de cette lettre): «Mademoiselle de Scudéry est très-affligée de la mort de M. Fouquet; enfin voilà cette vie qui a donné tant de peine à conserver! il y auroit beaucoup à dire là-dessus. Sa maladie a été des convulsions et des maux de cÅ“ur sans pouvoir vomir.» Les lettres de Louvois à Saint-Mars parlent également de la mort de Fouquet. Reste le passage des _Mémoires de Gourville_; j'ai dit[1654] comment, à mon avis, il pouvait se concilier avec les textes que je viens de rappeler. «Mais, ajoute M. P. Lacroix, les uns font mourir Fouquet d'apoplexie, les autres de suffocations. Comment les mettre d'accord?» Il me semble que la difficulté n'est pas plus sérieuse que la précédente, et que l'apoplexie pulmonaire est précisément accompagnée de suffocations, semblables à celle dont parle madame de Sévigné.

Quoique la mort de Fouquet en mars 1680 me paraisse démontrée par la réunion de tous les textes contemporains, il est possible que des esprits obstinés demandent toujours comment il se fait qu'elle ne soit constatée par aucun acte authentique, et ne s'avouent pas convaincus. Il faut donc suivre l'auteur de la brochure dans la dernière partie de son argumentation et rechercher avec lui pourquoi Louis XIV qui, depuis 1672, avait adopté à l'égard de Fouquet une conduite plus humaine, change tout à coup de sentiments, le fait traîner de prison en prison et l'ensevelit vivant au fond d'un cachot. M. Lacroix parle de secrets d'État dont Fouquet était dépositaire; mais Louis XIV n'ignorait pas cette circonstance à l'époque où il le fit arrêter, et cependant il lui avait permis de communiquer avec Lauzun et avec sa famille, de 1679 à 1680[1655]. Pourquoi aurait-il modifié tout à coup sa conduite? La raison d'État ne suffit pas pour expliquer ce changement. Aussi M. Paul Lacroix a-t-il recours à une autre hypothèse. Madame de Maintenon qui, selon lui[1656], avait été une des maîtresses du surintendant, étant devenue toute-puissante, voulut effacer toutes les traces de sa vie passée, et Louis XIV ne fit que céder aux exigences tyranniques de cette femme en faisant disparaître Fouquet. Ce système suppose résolue affirmativement la question suivante: madame de Maintenon a-t-elle été une des maîtresses de Fouquet? Pour le prouver, M. Lacroix invoque les billets apocryphes cités par Conrart et que Conrart lui-même, remarquons-le en passant n'attribuait pas à madame Scarron, mais à madame de la Baume. Nous croyons avoir établi, au contraire, par les lettres même de madame Scarron[1657] que, tout en recevant les bienfaits de madame Fouquet, elle avait évité d'accepter une position qui l'eût mise trop directement en rapport avec le voluptueux surintendant. Dès lors le système bâti par M. Lacroix croule par la base. Louis XIV n'aurait eu aucun intérêt à redoubler de rigueur contre un prisonnier qui ne pouvait ni inquiéter sa puissance ni offenser son orgueil. Aussi notre conclusion est-elle qu'il est impossible d'appliquer à Fouquet les traditions plus ou moins douteuses relatives à _l'homme au masque de fer_.

XVIII

SURINTENDANTS DES FINANCES DE 1594 A 1653.

Il est souvent question, dans ces _Mémoires sur Fouquet_, des surintendants qui l'avaient précédé; il ne sera donc pas inutile d'en donner ici la liste, de 1594 à 1653, d'après les Mémoires inédits d'André d'Ormesson. Ce magistrat, père du rapporteur du procès de Fouquet, avait été en relation avec tous les surintendants dont il parle. Aussi a-t-il intitulé ce chapitre: _Les surintendants des finances que j'ai vus et connus_.

«Quand le roy Henry IV entra dans Paris, au mois de mars 1594, il fit messire FRANÇOIS D'O, seigneur de Fresnes, gouverneur de Paris et surintendant des finances, lequel mourut en l'an 1595. Après sa mort, plusieurs furent employés aux finances. Messire NICOLAS DE HARLAY, seigneur de Sancy, luy succéda en cette charge; et, ayant parlé trop librement au roy sur son mariage avec la duchesse de Beaufort[1658], il fut disgracié; et fut mis en sa place, en l'année 1598[1659], messire MAXIMILIEN DE BÉTHUNE, marquis de Rosny, qui, estant fort rude et fort mesnager, paya les dettes du roy, tant envers les estrangers que les François, remplit son arsenal de canons et d'armes pour armer cinquante mille hommes, et la Bastille, dont il estoit gouverneur, de quantité d'or et d'argent. Il fut aussy grand-maistre de l'artillerie et duc de Suilly, et, ayant gouverné les finances avec un pouvoir absolu, lorsque le roy Henry IV décéda, en mai 1610, il fut disgracié en 1611, par MM. de Sillery, chancelier, Villeroy, secrétaire d'Estat, et le président Jeannin, qui ne le pouvoient souffrir à cause de sa rudesse et paroles insolentes.

«En la place dudit duc de Suilly, au lieu du surintendant, fut composée une direction de finances, composée de sept personnes: de MM. de Chasteauneuf, président de Thou, président Jeannin, Maupeou, Arnauld, Bullion et Villemontée. Cette direction rapportoit, tous les samedys, ce qu'elle avoit fait pendant la semaine, devant M. le chancelier de Sillery, où toutes les despenses estaient arrestées. Cet ordre dura jusqu'au mois de mai 1616, que le président Jeannin, lequel avoit tousjours esté contrôleur général des finances, depuis l'établissement de la direction, fut fait surintendant des finances, et, son gendre, M. de Castille, intendant.

«PIERRE JEANNIN, président autrefois de Bourgogne, fut fait surintendant des finances en l'année 1616, et bailla son contrôle général à Claude Barbin, favori et confident du mareschal d'Ancre, lequel Barbin usurpa toute l'autorité dans les finances et les affaires d'Estat, et demeura en cet estat jusqu'au 14 avril 1617, que ledit mareschal d'Ancre fut tué sur le pont du Louvre, auquel jour il (Claude Barbin) fut arresté prisonnier et mis dans la Bastille. Le président Jeannin reprit lors la surintendance des finances et fit son gendre, M. de Castille, intendant et contrôleur général.

«Le comte de SCHOMBERG fut fait surintendant des finances à Tours, au mois de septembre 1619, et y demeura jusqu'au mois de janvier 1623, qu'il fut disgracié et renvoyé en sa maison.

«Messire CHARLES, marquis de LA VIEUVILLE, fui mis en sa place. Il estait fort entendu aux finances et très-puissant dans l'esprit du roy, et, estant encore fort jeune, faisoit très-bien cette charge. Il avoit esté capitaine des gardes et lieutenant de roy de Champagne et gouverneur de la ville de Rheims. Il demeura en grande autorité depuis janvier 1623 jusques en l'an 1624, que M. le cardinal de Richelieu fut fait chef du conseil, lequel, ayant pris le dessus, le fit disgracier à Saint-Germain-en-Laye, au mois d'aoust 1624, et fut envoyé prisonnier dans le chasteau d'Amboise, dont il se sauva au mois d'aoust 1625.

«Messire JEAN BOSCHARD, seigneur DE CHAMPIGNY, et messire MICHEL DE MARCILLAC furent faits surintendans des finances ensemble, audit mois d'aoust 1624, et demeurèrent ensemble jusqu'au commencement de l'année 1626, que ledit sieur de Champigny fut mis au conseil des dépesches. Messire Michel de Marillac demeura seul surintendant jusques au mois de juin de l'année 1626 qu'il fut fait garde des sceaux de France, par la disgrâce de M. le chancelier Halligre, renvoyé en sa maison de la Rivière, près de Chartres.

«Audit sieur de Marillac succéda messire ANTOINE RUZÉ, seigneur D'EFFIAT, qui fut fait surintendant des finances, au mois de juillet 1626, par la faveur du cardinal de Richelieu, et exerça cette charge jusqu'en l'an 1632, qu'il mourut mareschal de France, commandant une armée du roy dans l'Allemagne, près la ville de Strasbourg.

«Par son décès, furent faits ensemble surintendans messire CLAUDE BULLION, ancien conseiller d'Estat, et messire CLAUDE BOUTHILLIER, secrétaire d'Estat, et exercèrent cette charge ensemble jusqu'a la fin du mois de décembre 1641, que M. de Bullion mourut. M. Bouthillier demeura seul surintendant, et estoit un des six ministres qui ne pouvoient estre changés pendant la régence[1660]. Néantmoins, au mois de juillet 1644, il fut disgracié, et sa charge donnée à messire NICOLAS LE BAILLEUL, président de la cour et chancelier de la reyne régent. CLAUDE DE MESMES, sieur D'AVAUX, fut fiat surintendant avec ledit sieur le Bailleul. Il fut presque à l'instant envoyé à Munster, plénipotentiaire pour la paix, avec M. le duc de Longueville et M. Servien. Il a tousjours esté employé dans les ambassades, vers les princes estrangers. Je ne veux pas oublier de dire que la principale conduite et direction des finances estoit, sous M. le président le Bailleul, entre les mains du sieur Michel Particelle, seigneur d'Émery, contrôleur général des finances. Les sieurs de Mauroy, de Charron et Maillier, intendans, n'approchoient pas de son employ et autorité.

«Au mois de juillet 1647, ledit sieur président le Bailleul donna sa démission de la charge de surintendant des finances, de laquelle fut pourvu messire MICHEL PARTICELLE, seigneur d'ÉMERY, contrôleur général des finances, lequel en presta le serment entre les mains de Leurs Majestés, dans la ville d'Amiens, le jeudy 18 juillet 1647. Pour le regard de M. d'Avaux, il estoit encore en ce mois à Munster, plénipotentiaire pour la paix générale, avec M. le duc de Longueville et M. Servien, plénipotentiaire comme luy. Ledit sieur d'Avaux fut disgracié en juin 1648, et réduit (relégué) dans Roissy.

«Le 9 juillet, M. d'Émery fut disgracié et envoyé en sa maison de Taulay, et le mareschal DE LA MEILLERAYE fait surintendant des finances, et MM. Halligre et Morangis faits directeurs le mesme jour. Le président le Camus, son beau-frère, estant tousjours contrôleur général des finances, sans crédit, ayant perdu son appuy, M. d'Émery, son beau-frère.

«En mars 1649, le mareschal de la Meilleraye quitta la surintendance; et, en octobre 1649, MM. D'ÉMERY et D'AVAUX furent restablis dans leurs charges de surintendans, et lors les directeurs signoient les arrêts du conseil des finances avec eux; mais M. de Chasteauneuf ayant esté restabli dans la charge de garde des sceaux, au mois de mars 1650, les directeurs n'ont plus signé les arrests, ny esté appelés aux affaires de conséquence concernant les finances. MM. d'Avaux et d'Émery résolvant tout sans les y appeler, et toute l'autorité estoit entre les mains de M. d'Émery, encore qu'il fust tousjours malade.

«Au mois de [mai] 1650, M. d'Émery estant décédé, la reyne donna la charge de surintendant des finances, vacante par la mort dudit sieur d'Émery, à M. le président DE MAISONS (RENÉ DE LONGUEIL), président de la cour, et, au mesme temps, M. d'Avaux remit volontairement sa charge de surintendant entre les mains de la reyne, ne se voyant pas aux bonnes grâces de M. le cardinal Mazarin, qui ne communiquoit ses secrets qu'audit sieur de Maisons, son bon amy, et fit une action de prudence et de générosité tout ensemble, et a esté fort estimé. _Satius est cum dignitate cadere quam cum ignominia servire_.

«Le 8 septembre 1651, M. le marquis DE LA VIEUVILLE fut restabli en sa charge de surintendant des finances, vingt-sept ans après en avoir esté despouillé, et fut mis en la place de René de Longueil, président de la cour et seigneur de Maisons. Il trouva huit intendans des finances: Mauroy, Tillier, Bordier, Foulé, Bordeaux, Gargan, Hervart et Marin.

«Le marquis de la Vieuville estant décédé le mercredy, second jour de janvier 1655, MM. SERVIEN et FOUQUET furent faits surintendans des finances, le samedy, 18 février 1655, et M. Mesnardeau-Champré, troisième directeur, avec MM. Halligre et Morangis.»

XIX

COMPARAISON DE L'ADMINISTRATION DE COLBERT ET DE CELLE DE FOUQUET.

Colbert, dont l'acharnement contre Fouquet parait odieux, a effacé cette tache par les immenses services qu'il rendit à la France. Lui-même a pris soin de les rappeler dans un Mémoire qu'il présenta à Louis XIV, et où il attribue tout le mérité de son administration à l'initiative du roi[1661]. Après avoir tracé un tableau des réformes opérées en 1662, il continue ainsi: «Il sera peut-être bon de faire un parallèle de l'état du royaume pour toutes les affaires dans lesquelles les finances peuvent avoir part au mois de septembre 1661 avec celui du mois de décembre 1662, c'est-à-dire seize mois après que le roi a commencé à prendre le soin de cette nature d'affaires:

SEPTEMBRE 1661.

Les finances étoient régies par le surintendant seul avec une autorité souveraine, dont étoient provenus tous les désordres.

Les manières pour la conduite des finances étoient de faire et défaire sans cesse, négliger les revenus ordinaires et faire des affaires extraordinaires[1662]

Les impositions sur les peuples en milles et droits sur les fermes étoient augmentées en toute rencontre.

Les surintendants ne pensoient qu'à appauvrir les peuples en augmentant les impositions.

S'enrichir eux-mêmes, leurs parents, leurs amis et une trentaine de gens d'affaires.

Les bâtiments, les meubles, l'argent et autres ornements n'étoient que pour les gens de finance et les traitants, auxquels ils faisoient des dépenses prodigieuses, tandis que les bâtiments de Sa Majesté étoient bien souvent retardés par le défaut d'argent; que les maisons royales n'étoient point meublées, et qu'il ne se trouvoit pas même une paire de chenets d'argent pour la chambre du roi.

Tous les beaux-arts n'étoient employés que par les partisans traitants, qui n'avoient ni le goût de ces belles choses ni assez de force pour les pouvoir soutenir par leur protection.

Les auteurs et tous les savants couroient risque de tomber en cette nécessité de n'avoir à louer que la corruption.

Les revenus étoient réduits à vingt et un millions de livres; encore étoient-ils consommés pour près de deux années.

La marine étoit entièrement perdue et ruinée, soit pour les vaiseaux, soit pour les galères, n'ayant été mis en mer aucune galère depuis près de dix ans, ni plus de deux vaisseaux.

L'on n'avoit jamais pensé au commerce dans le royaume.

Les dépenses de l'État pour les troupes, maisons royales et autres, n'étoient jamais faites qu'après un long retard et donnoient une occupation perpétuelle à tous les gens de finance pour toute l'année.

L'on consommoit en remises et intérêts vingt millions de livres.

Toute la France et l'Europe voyoient toujours le roi dans une prodigieuse nécessité, ne subsistant que sur le crédit des partisans et ne pouvant jamais faire de dépense extraordinaire.

DÉCEMBRE 1662

Le roi a supprimé cette charge, et s'en est réservé la fonction tout entière, et s'est chargé par ce moyen d'un travail de trois heures par jour l'un portant l'autre, dont il s'est admirablement acquitté. Le roi a supprimé les affaires extraordinaires, et augmenté prodigieusement ses revenus ordinaires.

Le roi a diminué les tailles de huit millions de livres en deux années (1661 et 1662).

Le roi travaille à enrichir les peuples par la diminution des impositions.

A s'enrichir soi-même pour pouvoir ensuite faire des grâces.

Le roi leur a retranché toutes ces superfluités et a fait passer, pour ainsi dire, toute abondance en ses maisons, qui sont à présent dignes de Sa Majesté, non-seulement par leurs bâtiments, mais encore par les meubles, l'argenterie et autres ornements.

Le roi a relevé les beaux-arts, leur a donné sa protection tout entière et en même temps les a employé pour lui, ce qui les a fait refleurir en peu de temps.

Le roi les a retirés de cette disgrâce, leur a donné sa protection tout entière, et par le moyen des pensions qu'il donne à tous les savants, il y a lieu d'espérer que les lettres seront plus florissantes sous son règne qu'elles n'ont encore été.

Le roi a augmenté ses revenus jusqu'à cinquante millions de livres en seize mois de temps.

Le roi a mis dix-huit vaisseaux en mer jusqu'en juin 1662, et, le reste de l'année, six. Sa Majesté a assemblé, avec un soin et une dépense incroyables, assez de chiourmes pour mettre, en 1662, six galères en mer, et d'autres sur les côtes de Provence.

Sa Majesté en a fait un de ses principaux soins, et a donné une telle protection qu'elle a vu un nombre considérable du vaisseaux se bâtir de nouveau.

Le roi, dès les premiers temps de l'année commencée, a donné ordre à toutes les dépenses principales, de sorte qu'il n'a plus été nécessaire d'y penser tout le reste de l'année.

Le roi n'a plus donné un sou de remise ni d'intérêt depuis qu'il a pris soin de ses finances.

Le roi s'est mis dans une si grande réputation d'abondance d'argent après l'affaire de Dunkerque[1663], que toute l'Europe a craint l'achat de terres, de places et de tous les États qui pourroient être à sa bienséance.

Ce parallèle, ajoute Colbert, pourroit être continué à l'infini; mais, pour l'abréger, il suffira de dire qu'il a fait (chose incroyable et même impossible dans la nature) passer en si peu de temps un État comme celui-ci, dans une matière si délicate et si importante que celle des finances, d'une extrémité de corruption au plus excellent degré de perfection qui se puisse imaginer, et toutefois c'est l'ouvrage d'un jeune prince de vingt-trois à vingt-quatre ans.»

ADDITIONS ET CORRECTIONS

Page 6, ligne 15. La Fontaine avait parlé dans son Ode _sur la paix_ du séjour que Mazarin fit à Vaux en 1659:

Quand Jules las de nos maux Partit pour la paix conclure, Il alla coucher à Vaux, Dont je tire un bon augure[1664].

M. Walckenaer a ajouté cette variante à la deuxième stance l'extrait suivant des _Défenses de Fouquet_: «M. le cardinal partit pour Saint-Jean de Luz, passa à Vaux, et, après avoir épuisé pour les affaires publiques tout ce que chacune des personnes dont je me servois avoit de crédit, me redemanda le même jour sur ses appointements quinze mille pistoles, et manda au sieur Colbert de m'en donner décharge.»

Page 36: ligne 18. _de Gèvre_, lisez _de Gesvres_.

Page 57, note 1: _a cour_, lisez _la cour_.

Page 58. Gilles Fouquet qui épousa en mai 1660, la fille du marquis d'Aumont est probablement le personnage désigné plusieurs fois sous le nom de _M. de Mezière_. Je n'ai pu en trouver la preuve, mais la Fontaine a composé un madrigal sur le mariage de M. de Mezière avec la fille de madame d'Aumont[1665]. Il est vrai que l'on donne à ce madrigal la date de juin 1659, dans l'édition de M. Walckenaer, tandis que le mariage de Gilles Fouquet avec mademoiselle d'Aumont n'eut lieu qu'en mai 1660[1666]; mais ces erreurs de date, qu'il faut attribuer aux éditeurs, n'ont rien qui doive étonner. Il en est de même du nom de _maréchale_ donné à madame d'Aumont dans le titre du madrigal de La Fontaine et dans une note écrite par le poëte lui-même; madame d'Aumont[1667], n'était que marquise d'Aumont; c'était sa belle-sÅ“ur madame d'Aumony de Rochebaron, qui portait le titre de maréchale. Il est probable que la Fontaine avait écrit _madame la M. d'Aumont_, et que les éditeurs ont mis _madame la maréchale_ au lieu de _madame la marquise_. Enfin ce qui me porte encore à croire que M. de Mezière était bien Gilles Fouquet, frère du surintendant, c'est que lorsqu'en 1679 la famille de Nicolas Fouquet obtint la permission de le venir voir à Pignerol, nous trouvons parmi les membres de cette famille un M. de Mezière, frère du prisonnier[1668].

Quoi qu'il en soit, voici les vers composés par la Fontaine sur le mariage de M. de Mezière avec mademoiselle d'Aumont, et la note qu'il y a jointe:

Belle d'Aumont et vous Mezière, Quand je regarde la manière Dont vous vous mariez, l'un venant de la cour. Et l'autre de Paris, ou bien de la frontière, J'appelle votre hymen un impromptu d'amour. Avec le temps vous en ferez bien d'autres, Et nous en pourrons voir dans neuf mois, plus un jour. Un de votre façon qui vaudra tous les nôtres.

La Fontaine ajouta à ce madrigal la note suivante: «Comme j'étois sur le point d'envoyer le terme de la Saint-Jean, l'on m'a mandé que M. de Mezière s'en venoit à Vaux en diligence, et que madame la _maréchale_ (lisez la _marquise_) d'Aumont y devoit aussi amener mademoiselle sa fille; que là ils s'épouseroient aussitôt, et que ce mariage avoit été conclu si soudainement, que les parties ne se doutoient quasi pas du sujet de leur voyage. J'aurois bien voulu pouvoir témoigner, par quelque chose de poli, le zèle que j'ai pour les deux familles; mais j'ai cru que l'épithalame ne devoit pas être plus prémédité que l'hyménée, et qu'il falloit que tout se sentit de la soudaineté avec laquelle monseigneur le surintendant entreprend et exécute la plupart des choses. Je me suis donc contenté d'ajouter au terme ce madrigal.»

Ce fut probablement à cette occasion que Fouquet se plaignit du petit nombre de vers que lui envoyait la Fontaine; et que le poëte répondit par le madrigal que nous avons cité (t. I. p. 467):

Trois madrigaux, ce n'est pas votre compte... etc.

Page 62, ligne 7: Rocollet dont parle la Fontaine dans la description de l'entrée de la reine Marie-Thérèse à Paris, était libraire et imprimeur du roi, et en même temps de la ville de Paris. On lit dans l'_État de la France_ en 1657 (in-12), p. 179: «Pierre Rocollet, aussi imprimeur et libraire, choisi de Messieurs de la ville pour être leur imprimeur, et qui durant ces derniers mouvements, «paru aussi généreux capitaine que bon citoyen; pour marque de quoi Sa Majesté lui a fait don et présent d'une chaîne d'or avec la médaille de sa figure et pourtrait.»

Page 62, dernière ligne: _On envoyait_, lisez _On en voyait_.

Page 81. ligne 21: _il faisait aussi les affaires_, lisez _il faisait aussi ses affaires_.

Page 101, ligne 6 et 7: _de mademoiselle de Valentinois_, lisez _de madame de Valentinois_.

Page 141. ligne 9: _eutre autres_, lisez _entre autres_.

Page 179. note 2: avant-dernière ligne: _effetz_, lisez _effets_.

Page 181, note 1: _chapitre_ X, lisez _chapitre_ XI.

Page 181, L'abbé de Marolles, (_Mémoires_, t. I. p. 278 et 285) parle des belles peintures que Fouquet avait fait exécuter à Saint-Mandé, et pour lesquelles la Fontaine avait composé des vers français, et Nicolas Gervaise, médecin et ami de Fouquet, des vers latins. Dans la suite, M. Tilon acheta pour les hospitalières de Chantilly la maison que Fouquet avait possédée à Saint-Mandé; elles s'y établirent en 1705 (note de M. Walckenaer, sur les _Å’uvres de la Fontaine_, t. VI, p. 74, note 2).

Page 181, ligne 26: _ausi bien_, lisez _aussi bien_.

Page 225, note 3: _ms., de la Bibl. impériale_, lisez _ms. de la Bibl. impériale_.

Page 243. ligne 11. Il est question d'un M. Codur ou Codure sur lequel Bussy-Rabutin donne quelques renseignements[1669]. Codure avait été capitaine dans le régiment de la marine et s'était ensuite attaché à Fouquet.

Page 244, note 1, ligne 7: le roi ne partira point d'ic, lisez _le roi ne partira point d'ici_.

Page 251, ligne 12: _Il passa à Angers_, lisez _Il passa à Ingrande_.

Page 256. Une lettre de madame du Plessis-Bellière adressée à Arnauld de Pomponne à la date du 19 septembre 1661 donne quelques détails sur son exil. Voici cette lettre qui a été publiée par M. Monmerqué dans son édition des _Mémoires de Conrart_ (collect. Petitot, t. XLVIII, p. 259, note):

«De Châlons, ce 19 septembre 1661.

«Vous pouvez croire que je n'ai pas douté de vos bontés pour tout ce qui nous regarde. Je vous comtois trop pour n'estre pas persuadée de vostre générosité, et vous me connoissez assez aussi pour vous imaginer ce que je souffre d'un si grand coup. Ce n'est pas que je n'aye assez prévu qu'il pourroit arriver du mal à M. le surintendant; mais je ne l'avois pas prévu de cette sorte, et je me consolois qu'on l'ostast de la place où il estoit, voyant qu'il le désirait luy-mesme pour songer à son salut. Mais, mon pauvre monsieur, le savoir en l'estat où il est et ne pouvoir lui donner aucune consolation! Je vous avoue que je suis dans une affliction incroyable, de sorte que je suis tombée malade d'une fièvre qui n'est pourtant pas violente. Si elle me continue je me ferai saigner demain. Vous avez sçu que j'avois en ordre d'aller à Montbrison; mais comme ma fille n'a jamais voulu me quitter, l'un a changé mon ordre, et je suis arrivée ici d'hyer au soir, après avoir fait soixante lieues de marche. Je vous supplie de me faire savoir des nouvelles de la santé de M. le surintendant, si vous en avez. Je crois qu'il n'y aura pas de mal à cela, et qu'ils ne le trouveront pas mauvais à la cour, quand les lettres seroient vues. Faites-moi sçavoir quand vous serez à Paris, et me croyez vostre, etc.»

D'après une lettre citée par Delort (_Voyages aux environs de Paris_, t. II. p. 210), l'abbé Fouquet s'était empressé de séparer sa cause de celle du surintendant. Il avait écrit à Colbert «qu'il n'avoit point eu de part à toutes les choses qui avoient déplu à Sa Majesté dans la conduite de son frère.»

Page 265, ligne 15. _De Fouque_, lisez _de Fouquet_.

Pape 291. note 1. _Ordinairement_, lisez _ordinairement_.

Page 293, note 2. _Page_ 217 et 53, supprimez _et_ 53.

Page 295, ligne 13. _De précaution quand_, lisez _de précaution que quand_.

Page 370. J'ai mentionné, d'après Delort, les imprimeries françaises dont disposait madame Fouquet; mais on fit en outre imprimer en Hollande, dès 1665, une partie des pièces du procès, comme le prouve l'ouvrage intitulé: _Lettres et négociations de Jean de Witt_, t. III. Le ministre plénipotentiaire de Hollande à la cour de France écrivait à Jean de Witt à la date du 27 février 1665: «On a ici avis de bonne part qu'on imprimoit à Amsterdam quelques pièces du procès de M. Fouquet, où, comme on croit, M. le chancelier, M. Colbert et quelques autres seigneurs pourroient être attaqués. Il est certain que cela ne peut être agréable au roi.» On lit encore dans une lettre du 15 mars 1665: «Je suis fâché que les actes du procès de M. Fouquet aient été publiés avant qu'on on ait pu arrêter l'impression. On m'a rapporté que M. Colbert s'en est plaint avec aigreur.»

Page 394. A l'occasion de Loret. M. Sainte-Beuve rapporte que Colbert ayant supprimé la pension que touchait ce gazetier. Fouquet, tout prisonnier qu'il était, fit prier mademoiselle de Scudéry d'envoyer secrètement à Loret 1,500 fr. pour le dédommager, ce qui fut exécuté, et sans qu'on put deviner d'abord d'où venait le bienfait. Le médecin anatomiste Pecquet avait été choisi par Fouquet pour être son _médecin de plaisir_, pour l'entretenir à ses heures perdues des plus jolies questions de la physique et de la physiologie; Pecquet ne se consola jamais d'avoir été séparé de lui. M. Sainte-Beuve ajoute: «Le plus grand témoignage rendu à Fouquet dans sa disgrâce fut assurément celui du poëte Brébeuf, lequel, dit-on, mourut de chagrin et de déplaisir de le savoir arrêté «voilà une mort qui est à elle seule une oraison funèbre.»

Page 395. J'ai suivi pour l'ode de la Fontaine, en faveur de Fouquet, le texte imprimé sous ses yeux en 1671 ce qui diffère dans quelques passages des éditions postérieures, et notamment des leçons qu'a adoptées M. Walckenaer.

Le même poëte, dans une ode adressée en 1662 au duc de Bouillon, fait allusion à la douleur que lui causait l'emprisonnement du surintendant[1670]:

Prince, je ris, mais ce n'est qu'en ces vers; L'ennui me vient de mille endroits divers, Du parlement, des aides, de la Chambre, Du lieu fameux par le sept de septembre[1671], De la Bastille[1672] et puis du Limosin[1673]; Il me viendra des Indes à la fin.

Pape 434. D'après Gui-Patin, la cour comptait que Fouquet serait condamné à la peine de mort. «On s'attendoit à la cour que, par le crédit de M. Colbert, sa partie, M. Fouquet seroit condamné à mort; ce qui auroit été infailliblement exécuté sans espérance d'aucune grâce. On dit que, quatre jours avant son jugement, madame Fouquet la mère fut visiter la reine mère, qui lui répondit: _Priez Dieu et vos juges tant que vous pourrez en faveur de M. Fouquet; car du côté du roi, il n'y a rien à espérer_.» (Lettre du 23 décembre 1664.)

Page 442. Madame de Sévigné ne croyait pas seule à la possibilité de l'empoisonnement du surintendant. On supposait généralement que les ennemis de Fouquet chercheraient à le faire périr, même par un crime «M. Fouquet est jugé, écrivait Gui-Patin à la date du 25 décembre 1665; le roi a converti l'arrêt de bannissement en prison perpétuelle et utinam non degeneret εἰς τὸν θάνατον car quand on est entre quatre murailles, on ne mange pas ce qu'on veut et on mange quelquefois plus qu'on ne veut; et de plus, Pignerol produit des truffes et des champignons: on y mêle quelquefois de dangereuses sauces pour nos François, quand elles sont apprêtées par des Italiens. Ce qui est bon c'est que le roi n'a jamais fait empoisonner personne; mais en pouvons-nous dire autant de ceux qui gouvernent sous son autorité?»

Page 445. Dès le mois de février 1665, on commençait à vendre le mobilier de Fouquet. Gui-Patin écrit le 28 février 1665: «On procède ici à la vente de tous les meubles de M. Fouquet; on commence par les meubles. Il y a une belle bibliothèque; on dit que M. Colbert la veut avoir; s'il en a tant d'envie, je crois bien qu'il l'aura: car il est un des grands maîtres, et a bien de quoi la payer.»

Page 446. Au moment où Fouquet cherchait, par divers moyens, à entrer en relation avec ses amis, ceux-ci s'efforçaient de leur côté de prouver son innocence. Leurs démarches étaient bien connues. Gui-Patin en parle dans une lettre du 16 mars 1666: «M. Fouquet le surintendant de jadis a eu soin de se faire plusieurs amis particuliers qui voudraient bien encore le servir, et en attendant l'occasion ils travaillent à faire un grand recueil de diverses pièces qui peuvent servir à sa justification; en ce recueil il y aura quatre volumes in-f°, dans lesquels sans doute le cardinal Mazarin ne trouvera pas de quoi être canonisé.»

Pape 448 Le roi d'Angleterre, Charles II. s'intéressa à Fouquet, si l'on en croit les lettres de Gui-Patin. Ce dernier écrivait au mois de septembre 1670: «Il est certain que le roi d'Angleterre a écrit au roi en faveur de M. Fouquet; mais il n'y a pas d'apparence que M. Colbert consente à cette liberté, contre laquelle il a fait tant de machines: _interea patitur justus_.»

Page 464. Pendant sa captivité à Pignerol Fouquet avait composé plusieurs ouvrages, d'où l'on tira les _Conseils de la Sagesse ou recueil des maximes de Salomon_, publiés en 1683 (2 vol. in-12). Fouquet se désigne lui-même dans la préface: «Il y a longtemps, Théotime, que vous me faites la grâce de me plaindre et de sentir pour moi les peines de ma solitude... Ces tristes spectacles et le silence affreux du désert où la fortune me retient encore n'empêchent pas que les heures n'y passent bien vite... Vous savez que je me consolois autrefois en livres, vous allez voir dans l'écrit que je vous envoie que je m'occupe maintenant à les expliquer.»

Un second ouvrage, tiré des papiers de Fouquet, fut publié sous ce titre: «_Le Théologien, dans les conversations avec les sages et les grands du monde_ (Paris, 1683. in-4).

Un troisième ouvrage posthume de Fouquet, intitulé _Méthode pour converser avec Dieu_ (1684, in-16) fut supprimé, quoiqu'il ne contint qu'un extrait des _Conseils de la Sagesse_. (Voy. sur ces divers traités l'ouvrage cité de M. Paul Lacroix, p. 250 et suiv.)

FIN DU SECOND VOLUME

* * * * *

NOTES:

[1] M. de Royer, aujourd'hui premier vice-président du Sénat, a aussi traité du procès de Fouquet dans un savant discours de rentrée à la Cour de cassation. M. Sainte-Beuve, dans une de ses ingénieuses _Causeries du Lundi_ t. V, a touché tous les points importants de la biographie de Fouquet avec sa sagacité ordinaire; mais il n'a pu que les effleurer. M. Feuillet de Conches dans un ouvrage récent (_Causeries d'un curieux_, etc.) ne parle que de la cassette du surintendant. J'ai trouvé dans ce livre de précieux documents, et, quoique mon travail fût presque terminé lorsque M. Feuillet de Conches a publié le sien, j'en ai profité en indiquant toujours la source où je puisais.

[2] Les lettres et autres pièces publiées dans le corps de l'ouvrage ont subi quelques modifications pour l'orthographe, afin d'éviter des irrégularités qui auraient paru choquantes. Il n'en est pas de même des textes cités en note ou à l'Appendice: ils ont été reproduits avec le caractère de l'époque et d'après le texte même de l'écrivain.

[3] _B. Prioli, ab excessu Ludovici XIII, de rebus Gallicis historiarum libri XII_, 1669.--Priolo raconte, entre autres aventures où il a figuré, ses négociations avec le duc de Longueville et son voyage en Normandie, où il accompagna Mazarin, qui allait délivrer les Princes.

[4] Il est conservé à la Bibl. Mazarine, nº 1765.

[5] Voy. _Mémoires sur Fouquet_, t. I, p. 65 et 156

[6] Ces papiers, qui forment la véritable cassette de Fouquet, ont été conservés par Baluze, bibliothécaire de Colbert.

[7] Ce sont les termes dont se sert le conseiller d'État de la Fosse en parlant de Fouquet dans le Mémoire qu'il adresse au chancelier Séguier. Voy. ce Mémoire à l'Appendice du tome Ier.

[8] Ce mot signifie, dit-on, _écureuil_ dans la langue bretonne.

[9] Ces détails sont tirés de l'épitaphe gravée sur le tombeau de François Fouquet. Ce tombeau était placé dans la chapelle des Dames de la Visitation, rue Saint-Antoine. Nicolas Fouquet fut enterré dans la même chapelle.

[10] J'insiste sur ce point parce que l'erreur se trouve dans l'ouvrage justement estimé de M. P. Clément (_Histoire de Colbert_).

[11] Le père Griffet a donné dans son _Histoire de Louis XIII_ (t. II, p. 224;) le nom des juges du maréchal de Marillac. Il existe d'ailleurs dans les papiers de la famille d'Argenson (_Bibl. imp. du Louvre, ms. F._ 325, t. XVIII, fol. 100 et sq.), une relation de ce procès rédigée par un d'Argenson qui était procureur général de la commission. Il n'y est pas question de François Fouquet.

[12] Ce fait est constaté par les papiers des d'Argenson, cités plus haut.

[13] Barbeau, Barbel ou Barbeaux (département de Seine-et-Marne), était une abbaye d'hommes de l'ordre de Citeaux, qui valait 20,000 livres de rente.

[14] On trouvera dans mon _Histoire de l'administration monarchique en France_, (t. I, p. 291 et suiv.), les détails relatifs à l'organisation des intendants par Richelieu.

[15] Ce fait est établi par une lettre de Mazarin à Fouquet en date du 15 janvier 1643.

[16] _Journal d'Olivier d'Ormesson_, t. I, p. 199, 200 et 201. Cet ouvrage fait partie de la collection des _Documents inédits relatifs à l'histoire de France_.

[17] Voy. ce rapport a l'Appendice.

[18] Voy. la réponse de Mazarin à Nicolas Fouquet en date du 30 septembre 1647.

[19] Carnet XI, fol. 85. Les carnets de Mazarin font partie des manuscrits de la Bib. imp. F. Baluze.

[20] _Journal d'Olivier d'Ormesson_, t. I, p. 680, 681.--Voy. aussi les lettres de Fouquet à Mazarin conservées aux archives des affaires étrangères, FRANCE t. CXXII.

[21] _Journal d'Olivier d'Ormesson_. _Ibidem._

[22] Ces pièces se trouvent dans le _Choix de Mazarinades_, publié par M. Moreau pour la _Société d'hist. de France_, t. I, p. 208.

[23] _Journal d'Olivier d'Ormesson_, t. 1, p. 681.

[24] _Ibidem._ p. 801.

[25] Les sieurs Fouquet et de la Marguerie, tous deux maistres des requestes, vont à la suite de la cour.» _Journal de Dubuisson-Aubenay_, à la date du 1er février 1650. Voy. sur ce journal, qui fait partie des manuscrits de la bibliothèque Mazarine, mon Introduction en tête du premier volume du _Journal d'Olivier d'Ormesson_.

[26] Même journal, à la date du 1er décembre 1650.

[27] «M. de Mesmes a dit que les parlements tenoiont un rang au-dessus des états généraux, étant comme médiateurs entre le peuple et le roi.» _Journal d'Olivier d'Ormesson_, t. I, p. 698. Le _Journal de Dubuisson-Aubenay_ confirme ce fait: «Le président de Mesmes a dit que le parlement ne députe et n'assiste jamais aux états généraux, _qui lui sont inférieurs_.»

[28] On peut consulter sur le parlement de Paris les _Mémoires d'Omer Talon_ et de _Mathieu Molé_, le _Journal d'Olivier d'Ormesson_, le _Journal du parlement_, l'_Histoire du temps_, les _Treize Parlements de France_, par la Roche Flavin, les _Éloges des premiers présidents du parlement de Paris_, par l'Hermite, les _Présidents à mortier du parlement de Paris_, par Blanchard, etc.

[29] Gustave-Adolphe, roi de Suède, et Louis de Bourbon, prince de Condé.

[30] _Journal d'Olivier d'Ormesson_, t. I, p. 563, 566.

[31] _Ibidem._ p. 433.

[32] _Ibidem._ p. 430, 440.

[33] _Ibidem._ p. 673 et 676, texte et notes.

[34] _Ibidem._ p. 708, 709 et 710.

[35] _Journal d'Olivier d'Ormesson_, t. I, p. 660.

[36] _Ibidem._ p. 719 et 720.

[37] Voici le titre complet: _Histoire du temps, ou véritable récit de ce qui s'est passé dans le parlement depuis le mois d'août 1647 jusques au mois de novembre 1648_ (Paris, 1649). Cet ouvrage a été attribué à un conseiller au Parlement nommé Portail.

[38] Il y avait à Paris trois cours souveraines, outre le parlement, savoir: la Chambre des comptes, la Cour des aides et le Grand Conseil.

[39] _Histoire du temps_, p. 81-82.

[40] _Histoire du temps_, p. 83.

[41] _Négociations relatives à la succession d'Espagne_ par M. Mignet, t. I, p. 178.

[42] Voy. les preuves de ce dernier projet à l'Appendice.

[43] Voy. le _Catalogue des partisans_ dans le _Choix des Mazarinades_, publié par la _Société d'histoire de France_, 1. I, p. 113.

[44] On trouvera la preuve de toutes ces assertions dans la correspondance du cardinal Mazarin, qui doit faire partie de la collection des _Documents inédits relatifs à l'Histoire de France_.

[45] Lettre du cardinal Mazarin à l'abbé Fouquet, en date du 16 mai 1651.

[46] Hugues de Lyonne était secrétaire du cardinal. Il fut, après sa mort, secrétaire d'État chargé des affaires étrangères de 1661 à 1671, époque de sa mort.

[47] Lettre de Mazarin à Hugues de Lyonne (mai 1651) dans le recueil des _Lettres du cardinal Mazarin_, publié par M. Ravenel pour la _Société d'histoire de France_, p. 69.

[48] François-Christophe de Lévis, duc de Damville.

[49] Lettre de Mazarin à de Lyonne, ibid., p. 70.

[50] Lettre de Mazarin à de Lyonne. _ibid._, p. 81.

[51] On sait que l'on désignait sous ce nom les Bouteville, les Chabot, les Jarzé, etc., en un mot toute la jeunesse brillante et insolente qui faisait cortége au prince de Condé et imitait ses vices plus encore que son courage.

[52] Lettre de Mazarin à l'abbé Fouquet en date du 18 juin 1651.

[53] Lettre du 4 juillet 1651.

[54] Lettre de Mazarin à l'abbé Fouquet en date du 15 août 1651.

[55] Charlotte Saumaise de Chazan, mariée à Léonor de Flesselles, comte de Brégy. Elle était femme de chambre de la reine.

[56] Lettre de Mazarin à l'abbé Fouquet, en date du 13 décembre 1651.

[57] _Ibidem._

[58] Lettre du 11 janvier 1652.

[59] Voy. les _Mémoires du cardinal de Retz_, édit. Charpentier, t. III, p. 309.--Les assertions de Retz sont confirmées par les lettres de Mazarin à l'abbé Fouquet.

[60] Cet ouvrage, publié par la _Société de l'histoire de France_, a été édité et annoté par MM. Leroux de Lincy et Douët d'Arcq.

[61] _Registres de l'Hôtel de Ville_, t. I, p. 98. _Le Journal d'Olivier d'Ormesson_ (t. I, p. 616) confirme les détails donnés par les _Registres de l'Hôtel de Ville_, et trop souvent oubliés par les historiens de la Fronde.

[62] Lettre de Mazarin à l'abbé Fouquet, en date du 31 janvier 1652.

[63] _Mémoires de Retz_, édit. Charpentier, t. IV, p. 12.

[64] Voy. les _Mémoires du cardinal de Retz_, même édit., t. III, p. 322, 336, 338.

[65] Voy. _Mémoires du cardinal de Retz_, _Ibidem._ p. 330.

[66] On trouve dans les lettres de Mazarin des détails sur les missions de Ruvigny et de Damville, envoyés par la cour près du duc d'Orléans. Le cardinal de Retz parle longuement, dans ses Mémoires, des efforts du duc de Damville pour entraîner Gaston.

[67] Lettres de Mazarin à l'abbé Fouquet, des mois de janvier et février 1652.

[68] Voy. les _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_, édit. Charpentier, t. I, p. 345 et suiv.

[69] Voy. la _Correspondance de Richelieu_ dans les _Documents inédits relatifs à l'histoire de France_. Un grand nombre de lettres de Richelieu sont adressées à Chavigny.

[70] Mazarin l'en accusa formellement dans ses Carnets.

[71] Voy. sur la conduite de Chavigny en août et septembre 1648, la note de la page 584 du t. I du _Journal d'Olivier d'Ormesson_.

[72] Claude de Saint-Simon, dont il s'agit ici, est le père de l'auteur des Mémoires.

[73] Cette lettre est autographe comme toutes celles de Claude de Saint-Simon qui sont citées dans ce chapitre.

[74] _Mémoires de Saint-Simon_ (édit. Hachette, in-8º), t. I, p. 63.

[75] Si l'on voulait rechercher une explication à ces graves erreurs de Saint-Simon, il faudrait d'abord reconnaître que l'auteur des Mémoires n'a pas connu Chavigny, mort près de vingt ans avant sa naissance, et qu'écrivant longtemps après ces événements, il ne les a racontés que d'après les conversations de son père. Ce dernier, qui se vantait d'avoir rendu de grands services à Anne d'Autriche pendant la Fronde (Voy. _Mémoires de Saint-Simon_, _ibid._, p. 74 et 75), fut cependant tenu jusqu'à la fin de sa vie dans une sorte de disgrâce: on avait saisi à la mort de Chavigny les lettres que Saint-Simon lui adressait, et elles furent mises sous les yeux de Mazarin, qui y était fort maltraité. De là la disgrâce de Claude de Saint-Simon; de là aussi probablement son ressentiment contre Chavigny, qu'il accusa d'avoir livré ses lettres et qu'il traita comme un traître devant son fils. L'auteur des Mémoires, infidèle en cela aux règles de critique historique qu'il proclame bien haut, accepta sans discussion toutes les accusations de son père et les a consignées dans ses écrits. Cet exemple seul suffirait pour prouver qu'on ne doit consulter qu'avec beaucoup de circonspection les _Mémoires de Saint-Simon_.

[76] La cour rentra à Paris le 18 août 1649.

[77] Mademoiselle de Chevreuse, dont il est souvent question dans les _Mémoires du cardinal de Retz_.

[78] Claire-Clémence de Maillé-Brézé, femme du prince de Condé.

[79] Dans cette lettre tous les noms sont indiqués par des chiffres; mais, comme le chiffre est traduit, je me suis borné à donner la traduction.

[80] On a déjà parlé de la modération philosophique qu'affectait Chavigny.

[81] Ces lettres de Claude Saint-Simon tombèrent, comme je l'ai déjà dit, entre les mains de Mazarin, et c'est dans les papiers du cardinal que je les ai trouvées.

[82] Hugues du Lyonne, dont on a déjà parlé plus haut, était neveu d'Abel Servien.

[83] Il est inutile de relever la partialité de pareilles appréciations. J'ai signalé plus haut (p. 15 et 16) les services rendus par Mazarin dans la politique extérieure.

[84] On peut consulter sur ce sujet l'_Histoire de la paix de Wesphalie_ par le père Bougeant. On y trouvera de curieux détails sur la lutte de d'Avaux et de Servien.

[85] On a vu plus haut que Claude d'Avaux était frère du président Henri de Mesmes.

[86] Cette déclaration a été publiée dans les _Mémoires_ de Pierre Lenet p. 204 et 205 (édit. Michaud et Poujoulat)

[87] Carnet XIII, p. 77.

[88] Carnet XIII, p. 76.

[89] _Mémoires_ de Pierre Lenet, édit. cit., p. 198.

[90] C'est-à-dire du côté du prince de Condé, qui avait son hôtel au faubourg Saint-Germain.

[91] Carnet XIII, p. 41.

[92] Carnet XIII, p. 16, 17.

[93] _Ibidem._ p. 18.

[94] _Ibidem._ p. 45

[95] Carnet XIII, p. 93.

[96] Il s'agit probablement, dans ce passage, de Paul de Gondi.

[97] Carnet XIII, p. 95, et _Mémoires de madame de Motteville_, à l'année 1649.

[98] Carnet XIV. p. 1.

[99] _Ibid._, p. 79

[100] Le duc de Saint-Simon, auteur des Mémoires, présente son père comme un modèle de fidélité pendant la Fronde (édit. Hachette, t. I. p. 73). Il ignore complètement, ou du moins passe sous silence les intrigues que nous venons de retracer d'après les documents les plus authentiques. Quant à la conduite de Claude de Saint-Simon à Blaye, il n'est pas de notre sujet de la raconter; mais on trouvera dans les Mémoires de Pierre Lenet et du duc de La Rochefoucauld des détails précis et circonstanciés qui permettront de contrôler les assertions de Saint-Simon.

[101] Voy. les Mémoires de Montglat. Pierre Lenet, Retz, etc., à la date d'avril 1651.

[102] Ce pamphlet a été réimprimé à la fin du t. III des _Mémoires du cardinal de Retz_ (édit. Charpentier).

[103] Bernardin de Bourqueville, baron de Clinchamp

[104] T. III, p. 342, édit. Charpentier.

[105] Pierre Séguier, dont le gendre, duc de Sully, avait livré le passage de la Seine, près de Mantes, à l'armée espagnole. C'est un fait que douze ans plus tard Nicolas Fouquet rappellera à Séguier, devenu son juge.

[106] Jacques Tubeuf, président de la chambre des comptes.

[107] Lettre par laquelle le roi annonçait la prise d'Angers au maréchal de l'Hôpital, gouverneur de Paris.

[108] Conseiller au parlement, connu sous le nom de Fouquet-Croissy.

[109] _Mémoires d'Omer-Talon et du cardinal de Retz_, à la date du 25 mars.--Les détails que nous donnons sont tirés du _Journal de Dubuisson-Aubenay_, qui est beaucoup plus circonstancié que les mémoires Comme Dubuisson-Aubenay était attaché à l'hôtel de Nevers et y habitait, son récit inspire la plus grande confiance. Il place cette émeute au 2 avril

[110] L'hôtel de Nevers était situé sur l'emplacement qu'occupent maintenant la Monnaie et la rue Guénégaud. Il était habité à cette époque par a femme du secrétaire d'État, Duplessis-Guénégaud.

[111] Bibl. imp., mss. f. Gaignières, nº 2799, fol. 50.

[112] Voy. les _Mémoires de Gourville_, à la date d'avril 1652. Le récit de Gourville est d'autant plus curieux qu'il fut dans cette expédition le compagnon et le guide de Condé.

[113] _Mémoires d'Omer-Talon_ (édit. Michaud et Poujoulat), p. 479.

[114] Mathieu Molé accompagnait le roi on qualité de garde des sceaux.

[115] _Mémoires d'Omer-Talon_, ibidem, p. 475.

[116] _Mémoires d'Omer-Talon_, p. 476,

[117] _Ibidem._ p. 477.

[118] _Ibidem._ Le discours du premier président Amelot a été publié dans les _Mémoires de Conrart_ (édit. Michaud et Poujoulat), p. 541.

[119] _Mémoires d'Omer-Talon_, p. 478.

[120] On donnait ce nom aux juridictions sans appel, comme celle du parlement, de la chambre des comptes et de la cour des aides.

[121] Cet hôtel était situé sur l'emplacement qu'occupe maintenant l'Odéon. Les rues de Condé et de Monsieur-le-Prince en indiquent les limites et en rappellent le souvenir.

[122] _Mémoires d'Omer-Talon_ (25 avril 1652); le fait de l'arrestation de Fouquet y est mentionné sans détails, et placé à la date du 25.--Les circonstances que je viens de rappeler sont tirées du journal inédit de Dubuisson-Aubenay, qui donne la date du 24 avril. M. Walckenaer, dans ses Mémoires si intéressants sur madame de Sévigné, a eu tort de placer l'arrestation de l'abbé Fouquet après la mort de mademoiselle de Chevreuse, qui n'a eu lieu qu'en novembre 1652.

[123] Mémoires d'Omer-Talon, p. 478

[124] _L'Esprit de paix_, dans le _Choix des Mazarinades_, t. II, p. 376.

[125] C'est-à-dire des titulaires d'offices; on désignait surtout par ce nom les magistrats.

[126] Marchin, ou Marsin, était un des généraux dévoués à Condé.

[127] _Mémoires de la Rochefoucauld, de madame de Motteville_ et _de Retz_, etc. à la date d'avril 1652.

[128] _Mémoires de madame de Motteville_, à l'année 1652 (avril).

[129] Voy. les _Mémoires d'Omer-Talon_, à la date de mai 1652.

[130] _Mémoires du cardinal de Retz_, à l'année 1652; voy., parmi ces pamphlets, les _Intrigues de la paix_, écrit attribué à Gui Joli, un des partisans dévoués de Paul de Gondi; le _Vraisemblable sur la conduite de Mgr le cardinal de Retz; le vrai et le faux du prince de Condé et du cardinal de Retz_.

[131] Voy., sur la négociation de Gourville, les _Mémoires de la Rochefoucauld_ et _de madame de Motteville_. Gourville lui-même n'en dit que quelques mots dans ses Mémoires.

[132] _Mémoires_, éd t. Michaud et Poujoulat, p. 478.

[133] Voy. sur cet enlèvement les _Mémoires de madame de Motteville_.

[134] _Mémoires de madame de Motteville_, à l'année 1649.

[135] Voy. les _Mémoires de madame de Motteville_ et _de la Rochefoucauld_, à l'année 1652.

[136] Le bourg de Merlou, Marlou ou Mello, est situé sur le Therain, à peu de distance de Clermont-en-Beauvaisis (Oise). Loret parle de ce don dans sa _Gazette_ ou _Muse historique_, du 12 mai 1652:

Monsieur le prince... A donné d'un cÅ“ur magnanime. A cette beauté rarissime Sa riche maison de Merlou, Terre propre à chasser le lou, Et qui vaut de valeur présente Plus de dix mille écus de rente.

[137] _Mémoires d'Omer-Talon, ibid._, p. 479.--Voy. aussi les _Mémoires de Gui Joli, ibid._, p. 73. et surtout ceux de Conrart, p. 544, 599.

[138] Omer-Talon, _Ibid._, p. 480.

[139] La minute écrite de sa main se trouve dans un manuscrit de la Bib. imp., F. Gaignières, nº 2799, fol. 296 sq.

[140] Omer-Talon, qui se faisait de l'éloquence parlementaire une idée qu'il nous serait difficile d'adopter, dit dans ses Mémoires (_Ibid._, p. 485), «que le talent du procureur général (Nicolas Fouquet) n'était pas d'être élégant; mais, ajoute-t-il, il était fort bon négociateur, et capable des habitudes du cabinet dans lesquelles il avait été nourri.»

[141] La majorité de Louis XIV avait été proclamée au parlement le 7 septembre 1651.

[142] _Mémoires d'Omer-Talon_, édit. Michaud et Poujoulat, p. 480.

[143] Elle se trouve dans les manuscrits de la Bibl. Imp., F. Gaignières, nº 2799, fol. 289, 301. Ou voit par les _Mémoires d'Omer-Talon, ibid._, p. 485, que Fouquet, fit cette relation le 16 mai.

[144] Mathieu Molé, qui cumulait cette charge avec celle de premier président du parlement de Paris.

[145] Ces mots sont soulignés dans le manuscrit

[146] Duplessis-Guénégaud, un des quatre secrétaires d'État.

[147] Le duc d'Anjou était Philippe de France, frère du roi. Il porta dans la suite le nom de duc d'Orléans.

[148] Le prince Thomas de Savoie-Carignan

[149] Duc de la Vieuville.

[150] Les quatre secrétaires d'État étaient alors Michel le Tellier, Loménie de Brienne, Duplessis-Guénégaud et Phélypeaux de la Vrillière.

[151] Voy. dans les _Mémoires de Conrart_ (p. 548, édit. Michaud et Poujoulat), les insultes auxquelles la duchesse de Bouillon avait été exposée.

[152] Mémoires d'Omer-Talon, ibid., p. 484.

[153] Charlotte de Valençay, marquise de Puisieux ou Pisieux. Elle était veuve depuis 1640 et mourut en 1677, à quatre-vingts ans. Saint-Simon l'a caractérisée en quelques lignes: «C'était une femme souverainement glorieuse, que la disgrâce n'avait pu abattre, et qui n'appelait jamais son frère le conseiller d'État que: _mon frère le bâtard_. On ne peut avoir plus d'esprit qu'elle en avait, et, quoique impérieux, plus tourné à l'intrigue.»

[154] _Mémoires d'Omer-Talon, ibid._, p. 484, 485.

[155] _Mémoires de Conrart_ (édit. Michaud et Poujoulat), p. 551.

[156] Journal de Dubuisson-Aubenay, à la date du 13 mai 1652.

[157] _Mémoires du cardinal de Retz_, à l'année 1652.

[158] _Journal de Dubuisson-Aubenay_, à la date du 1er juin.

[159] _Mémoires de Conrart_, p. 557 (édit. Michaud et Poujoulat).

[160] Voy. les _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_, à l'année 1652. Les _Mémoires de Conrart_ (p. 557) parlent du cynisme du duc de Lorraine.

[161] _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_, édit. Charpentier, 1, II. p. 75.

[162] _Ibidem._ p. 76.--Voy. aussi les _Mémoires de Conrart_ (édit. Michaud et Poujoulat), p. 557.

[163] _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_, p. 76,77.

[164] Le jeune Brienne (_Mémoires_ publiés par M. Barrière, t. II, p. 178) dit que Laigues était le mari de conscience de madame de Chevreuse. Voy. aussi l'ouvrage de M. Cousin, intitule: _Madame de Chevreuse_

[165] Retz, qui ne connaissait que trop les mystères de l'hôtel de Chevreuse, le dit positivement (_Mémoires_, édit. Charpentier, t. IV, p. 11 et 14): «Elle devint amoureuse de l'abbé Fouquet au point de l'épouser s'il eût voulu.» Comme nous l'avons déjà dit, l'abbé Fouquet n'était pas prêtre, et les portraits de Nanteuil lui donnent une physionomie vive et spirituelle, qui explique ses succès auprès des dames du plus haut rang.

[166] _Mémoires du cardinal de Retz_, t. IV, p. 20 et 30 (édit. Charpentier).

[167] _Ibidem._ p. 30

[168] Le lundi était le 10 juin.

[169] _Mémoires_, t. II, p. 82 (Édit. Charpentier).--Voy. _Mémoires de Conrart_. p. 560 (édit. Michaud et Poujoulat)

[170] Charles II qui s'était retiré en France. On voit par les _Mémoires de mademoiselle de Montpensier et de madame de Motteville_, que le roi d'Angleterre fut employé dans les négociations avec le duc de Lorraine

[171] Voy. entre autres dans le _Choix des Mazarinades_ (t. II, p. 367) la pièce intitulée: _L'ordre et la cérémonie qui se doit observer, tant en la descente de la châsse, de sainte Geneviève qu'en la procession d'icelle_, etc.

[172] Ces quatre magistrats étaient officiers du Châtelet, c'est-à-dire qu'ils remplissaient des offices de judicature au tribunal de ce nom.

[173] _Mémoires_, à l'année 1652.

[174] Voy. les _Mémoires d'Omer-Talon_, à la date du 18 juin 1652

[175] Omer-Talon, _Ibid._, p. 491. édit. Michaud et Poujoulat.--_Mémoires de Conrart, ibid._, p. 561.

[176] Omer-Talon, _Mémoires_, à la date du 18 juin 1652.

[177] Omer-Talon, _Ibid._; Conrart, _Mémoires_, p. 561.

[178] Les _Mémoires de Conrart_ donnent les détails les plus curieux et les plus circonstanciés sur l'anarchie qui régnait alors dans Paris.

[179] Omer-Talon, _Ibid._, p. 492.

[180] _Mémoires, ibid._, p. 492.--Comparer les _Mémoires de Conrart_, p. 564.

[181] _La guerre des Ménardeaux, ou la fameuse bataille de la rue Neuve-Saint-Louis, donnée entre quelques brigades de la compagnie de la milice_ _de Paris, le 25 juin 1652, avec l'apologie des vainqueurs et l'oraison funèbre des morts, en vers façon de burlesque, par un disciple de Scarron._

[182] Voy. p. 71-72.

[183] Le couvent des Récollets, qui est devenu un hôpital, avait donné son nom à la _rue des Récollets_, qui s'appelle maintenant _rue Bichat_.

[184] L'avis n'est pas signé; mais il est écrit de la main de Nicolas Fouquet. On voit par les _Mémoires de Turenne_ que ce fut par suite de l'avis donné à la cour que ce général fit avancer son armée.

[185] Ces détails sont tirés du récit d'un partisan de Mazarin, conservé dans les papiers du cardinal.

[186] Voy. _Mémoires de Turenne_ à l'année 1652.

[187] _Mémoires de Turenne, ibid._, p. 444 (édit. Michaud et Poujoulat). On voit par les _Mémoires de Conrart_ (Ibid., p. 566) que le maréchal de Turenne, ancien général de la Fronde, n'était pas à l'abri des soupçons de la cour.

[188] Mémoires de mademoiselle de Montpensier (édit. Charpentier), t. II, p. 99.

[189] _Mémoires de mademoiselle de Montpensier, ibid._, p. 109.

[190] Dubuisson-Aubenay, _Journal_, à la date du 2 juillet.

[191] _Journal de Dubuisson-Aubenay_, à la date du 4 juillet. Cet usage vint, dit-on, de ce que les soldats de l'armée des princes avaient porté, pendant le combat de la porte Saint-Martin, de la paille à leurs chapeaux pour se distinguer des troupes royales.

[192] Voy. sur ces élections les _Mémoires de Conrart. (Ibid._, p. 567.)

[193] _Registres des délibérations de l'Hôtel de Ville_, pendant la Fronde.--_Mémoires de Conrart. (Ibid._, p. 568.)--_Récit véritable de tout ce gui s'est passé à l'Hôtel de Ville touchant l'union de Messieurs de ville et du parlement avec Messieurs les princes pour la destruction du cardinal Mazarin_, dans le _Choix des Mazarinades_, t. II, p. 379.

[194] Conrart, _Ibid._, p. 567.

[195] _Ibid._, p. 569.

[196] Conrart, _Ibid._ «Ces gens-là, dit Conrart, avaient défoncé plus de cinquante muids de vin dont ils s'étoient enivrés.»

[197] Conrart, _Ibid._, p. 574.--Voy., dans le _Choix des Mazarinades_ (t. II, p. 383), _la liste générale de tous les morts et blessés, tant Mazarins que bourgeois de Paris, à la généreuse résolution faite à l'Hôtel de Ville pour la destruction entière des Mazarins_, etc.

[198] Rue actuelle de la Monnaie, à l'extrémité septentrionale du pont Neuf.

[199] _Journal de Dubuisson-Aubenay_, à la date du 4 juillet 1652.

[200] _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_ (édit. Charpentier), t. II, p. 121 et suiv.

[201] _Ibidem._ p. 128.

[202] _Journal de Dubuisson-Aubenay_, à la date du 4 juillet 1652.

[203] Dubuisson-Aubenay, _Ibid._--Conrart, rappelant le même fait (_Mémoires_, p. 577), dit que c'étaient des soldats du régiment de Valois.

[204] Dubuisson-Aubenay, _Ibid._

[205] Voy. les _Mémoires d'Omer-Talon_, p. 501. «Quant à moi, je n'ai participé ni de mon suffrage ni de ma présence à tout ce qui s'est fait depuis le 1er juillet, m'étant dispensé d'aller au Palais, sachant bien que toute sorte de résistance et de contradiction était inutile; que la force était supérieure, et que l'on pouvait intimider, violenter et contraindre les suffrages à faire toutes choses sans rien excepter... M. le procureur général n'a pas été non plus au Palais parce qu'il était sorti de Paris, ni M. Bignon, lequel était incommodé aussi bien que moi.»

[206] Il s'agissait probablement de livrer au roi une des portes de Paris.

[207] Voy., pour les détails, le _Journal de Dubuisson-Aubenay_ (juillet 1652).

[208] _Ibid._, à la date du 11 juillet.--Voy. aussi les _Mémoires d'Omer-Talon_, à la même date.

[209] Omer-Talon, _ibid._, à la date du 11 juillet.

[210] _Ibidem._

[211] _Ibidem._ à la date du 13 juillet.

[212] Voy. plus haut, p. 79

[213] _Mémoires d'Omer-Talon, ibid._

[214] _Ibidem._

[215] Voy. plus haut, p. 79-80.

[216] Voy. plus haut. p. 125.

[217] On a vu plus haut que ce prévôt était Pierre Broussel.

[218] Il s'agit ici du retour du cardinal Mazarin. Ce passage confirme ce que nous savons aussi par les Mémoires contemporains, que Condé négociait avec la cour et songeait à conclure avec elle un traité particulier.

[219] Le parlement devait se réunir le mardi 16 juillet, et on craignait que l'union avec les princes n'y fût proclamée.

[220] C'est-à-dire que l'on considère toujours le parlement et le corps de ville comme légalement constitués tant qu'il n'a paru aucune ordonnance du roi annulant leurs actes.

[221] Les Mémoires contemporains prouvent, en effet, qu'à cette époque même les princes traitaient avec les Espagnols et les appelaient à leur secours. On lit dans le _Journal de Dubuisson-Aubenay_, à la date du 11 juillet 1652: «Grand bruit de par les partisans des princes que l'avant-garde de l'archiduc, venant pour les secourir, est à Beauvais. Courrier pour cela aposté au palais d'Orléans (au Luxembourg), et lettres supposées de toutes parts. Autres du sieur de la Roque, capitaine des gardes du prince de Condé, portant qu'il y a vingt mille hommes près d'entrer des Pays-Bas en France. Autres des gens des Pays-Bas à leurs correspondants à Paris que le comte de Fuensaldagne est à Valenciennes avec grosses troupes, et grand attirail comme pour faire un siège ou de la Bassée ou de Dunkerque.»

[222] L'administration municipale avait été changée à Paris le 6 juillet, comme on l'a vu plus haut, à la suite des scènes de violence du 4 juillet.

[223] Fouquet parle des députés du parlement qui s'étaient rendus à Saint-Denis pour traiter avec la cour.

[224] Le président de Nesmond était chef de cette députation. On a vu plus haut que les autres présidents à mortier avaient quitté Paris.

[225] Le garde des sceaux était alors Mathieu Molé, qui était en même temps premier président du parlement.

[226] Jean-Édouard Molé, appelé ordinairement le président de Champlâtreux.

[227] La fille aînée de Mathieu Molé avait épousé Jean Molé, son cousin, qui était président dans la cinquième chambre des enquêtes du parlement.

[228] Conseiller de la grand'chambre du parlement de Paris. Il avait un frère lieutenant général du présidial de Lyon, ville dont le maréchal de Villeroy était gouverneur.

[229] Conseiller de la première chambre des enquêtes. Il est ainsi caractérisé dans le _Tableau du parlement_: «Bon homme, un peu patelin, bien intentionné, appliqué au métier; est capable d'ouverture; un peu faible et vacillant; sans intérêt. Son frère le jésuite et les dévots ont crédit auprès de lui; est fort ami de M. le président de Bailleul.»

[230] Conseiller de la quatrième chambre des enquêtes.

[231] Il y avait un Bragelonne président de la deuxième chambre des enquêtes; son beau-frère se nommait de Marle.

[232] Ce Bonneau était un des fermiers des gabelles. Voyez le _Catalogue des partisans_ dans le _Choix des Mazarinades_, t. I, p. 118.

[233] Bonneau fils était conseiller de la cinquième chambre des enquêtes.

[234] Ménardeau-Champré est mentionné dans le _Tableau du parlement_ comme conseiller de la grand'chambre, avec l'appréciation suivante «Très-capable, ferme, opiniâtre, sûr, intéressé et dévoué à la cour.» Il ne faudrait pas attacher au mot _intéressé_ le sens qu'on lui donnerait aujourd'hui et qui ferait accuser ce conseiller d'avarice. Il indique une disposition opposée à celle qui a été marquée plus haut, pour le conseiller Fraguier, par ces mots: _sans intérêt_, c'est-à-dire n'obéissant pas à un autre sentiment que celui de la justice.

[235] Sévin était également conseiller de la grand'chambre: «Habile homme, sûr quand il promet, intéressé, de nul crédit et de nulle estime dans sa compagnie, aime la débauche,» etc. (_Tableau du parlement_.)

[236] Également conseiller de la grand'chambre: «A une grande déférence à M. Sévin, qui le peut engager à tout; est intéressé comme lui.» (_Ibid._)

[237] Conseiller-clerc de la grand'chambre: «Très-habile, très-fier,» etc. (_Ibid._)

[238] Conseiller de la grand'chambre: «A de l'extérieur et est peu de chose au fond; faible, timide, dévoué entièrement à la cour, intéressé,» etc. (_Ibid._)

[239] François de Verthamont, conseiller d'État. Il est l'auteur du _Diaire_ ou _Journal du voyage du chancelier Séguier en Normandie_, publié par M. Floquet. (Rouen, 1842. 1 vol. in-8e).

[240] Rohan-Chabot, un des partisans du prince de Condé, demandait que le parlement enregistrât ses lettres de duc et pair.

[241] Le substitut du procureur général se nommait Beschefer. Il en est souvent question dans les _Mémoires d'Omer-Talon_.

[242] Les lettres patentes pour l'érection de Château-Thierry en duché n'avaient pas encore été enregistrées par le parlement.

[243] Le duc de Rohan fut reçu le 15 juillet. Ainsi le Mémoire de Nicolas Fouquet est bien du 14 juillet, comme nous l'avons indiqué plus haut.

[244] Le duc de Lorraine se préparait à rentrer en France pour soutenir le parti des princes.

[245] Paul Mancini, neveu du cardinal Mazarin, avait été blessé au combat de la porte Saint-Antoine et mourut des suites de cette blessure.

[246] Cette lettre est autographe.

[247] Il s'agit toujours des membres du parlement qui négociaient avec la cour.

[248] Le nom du cardinal de Mazarin est désigné par un chiffre dans l'original.

[249] L'abbé Fouquet était toujours, comme on le voit, l'agent le plus actif du parti, l'intermédiaire entre le cardinal et ses partisans.

[250] Les maîtres des requêtes servaient par quartier de trois mois au Conseil d'État, où ils faisaient rapport des affaires litigieuses

[251] Les requêtes de l'Hôtel du roi étaient un tribunal particulier, où les maîtres des requêtes prononçaient souverainement, avec le grand prévôt, sur les causes qui concernaient les officiers de l'hôtel du roi et autres affaires qui ressortissaient à cette juridiction

[252] Saintot, ou Sainctot, était attaché à la cour comme maître des cérémonies. Il avait un frère conseiller-clerc de la grand'chambre

[253] Jeannin de Castille, trésorier des parties casuelles

[254] Il y avait plusieurs membres de cette famille attachés au parlement ou à la cour: Henri de Guénégaud, seigneur du Plessis et de Plancy, comte de Montbrison, etc., était secrétaire d'État depuis 1643. Son frère, Claude de Guénégaud, était trésorier de l'épargne. Il s'agit ici du second

[255] Saint-Martin était conseiller de la troisième chambre des enquêtes. Il est ainsi caractérisé dans le _Tableau du parlement_: «Bel esprit, savant, fort en jurisprudence, fort en belles-lettres, retient néanmoins un peu de l'école; est estimé dans sa chambre; est de la religion prétendue réformée; est attaché à M. de Turenne.»

[256] François de Comminges, capitaine des gardes de la reine

[257] Conseiller de la grand'chambre: «Homme d'honneur, très-capable, hors d'intérêts, a une grande probité et une grande créance dans la grand'chambre.» (_Tableau du parlement de Paris_.)

[258] Conseiller de la seconde chambre des enquêtes, beau-frère du président de Bragelonne.

[259] Conseiller de la cinquième chambre des enquêtes.

[260] Conseiller de la seconde chambre des enquêtes et neveu du secrétaire d'État Phélypeaux de la Vrillière.

[261] Godart Petit-Marais était conseiller de la quatrième chambre des enquêtes: «Bel esprit, intelligent; a beau débit; prenant néanmoins des avis tout particuliers; fort intéressé; donnant à la cour,» etc. (_Tableau du parlement_.)

[262] Pomponne de Bellièvre, qui succéda à Mathieu Molé dans la charge de premier président du parlement de Paris. Ce président se tenait alors à l'écart sous prétexte de maladie et était suspect à la cour.

[263] Conseiller de la première chambre des enquêtes.

[264] Conseiller de la cinquième chambre des enquêtes.

[265] Un des financiers de cette époque; il est mentionné dans le _Catalogue des partisans_.

[266] Conseiller de la première chambre des requêtes: «De génie médiocre et de peu de vigueur; n'a pas de crédit dans sa chambre; a épousé une Gargan.» (_Tableau du Parlement_.)

[267] Trésorier de l'Épargne.

[268] Foucaut, ou Foucault, était conseiller de la première chambre des requêtes du Palais. Il est ainsi caractérisé dans le _Tableau du parlement_: «Honnête homme, de bon esprit, hardi, capable de service, s'appliquant à sa charge et la faisant bien, ne laisse pas d'aimer le plaisir et le divertissement.»

[269] Hiérosme Lemaistre, sieur de Bellejambe ou Bellejame, était conseiller d'État.

[270] Fils de l'ancien prévôt des marchands.

[271] Conseiller de la quatrième chambre des enquêtes

[272] Conseiller de la même chambre.

[273] Fils du duc de la Vieuville, surintendant des finances.

[274] Conseiller de la cinquième chambre des enquêtes.

[275] Le grand prévôt était alors le marquis de Sourches, dont le fils a laissé des Mémoires.

[276] De la cinquième chambre des enquêtes: «Prêche la justice, parlant toujours de règle et de discipline, affectant de la politesse, ne faisant nullement sa charge,» etc. (_Tableau du parlement_.)

[277] On trouve dans le _Catalogue des partisans_ un Bordier, sieur du Raincy, qui s'était fait bâtir en ce lieu un magnifique château. Il est attaqué avec violence dans les _Mazarinades_; on lit dans un de ces pamphlets: «Un Bordier, tirant son illustre naissance d'un chandelier de Paris, a dépensé plus de trois cent mille écus à bâtir sa maison du Raincy, par une insolence sans exemple, mais qui mériterait, pour l'exemple, qu'on le logeât à Montfaucon, qui en est tout proche.» On sait qu'à Montfaucon s'élevait le gibet principal de Paris. Ce fut le fils de ce Bordier qui se rendit au parlement de Pontoise, comme le prouve la Mazarinade intitulée le _Parlement burlesque de Pontoise_:

Ce douzième au nez boutonné, Et de rubis damasquiné, Est de Bordier la géniture, Et d'un chandelier la facture. Son père fut de tous métiers Et parmi les maletôtiers A tenu la première place.

[278] Comparez les _Mémoires d'Omer-Talon_, à l'année 1652.

[279] _Mss._ B. I., f. Gaignières, nº 2799, fº 293.

[280] _Mémoires d'Omer-Talon_, en date du 8 août 1652.

[281] _Mémoires d'Omer-Talon_, p. 500 édit. Michaud et Poujoulat.

[282] Voy. sur ce duel les Mémoires du temps et particulièrement ceux de mademoiselle de Montpensier (édit. Charpentier, t. II, p. 132 et suiv.)

[283] Voy. le _Journal de Dubuisson-Aubernay_ et les Mémoires du temps qui racontent tous les détails de cette scène.

[284] Ces soldats étaient _cousus d'or et d'argent de leurs pillages_, dit Dubuisson-Aubenay, à la date du 29 juillet.

[285] _Ibid._, à la date du 30 août. On peut comparer les _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_ (_Ibid._, p. 149 et suivants.)

[286] _Journal de Dubuisson-Aubenay_, à la date du 20 août.

[287] Abel Servien et Michel le Tellier étaient, en l'absence de Mazarin, les deux ministres qui avaient la principale influence; mais les _Mémoires_ du cardinal de Retz prouvent que Mazarin ne cessait de faire surveiller ces _sous-ministres_, comme il les appelle, par ses affidés, et entre autres par Zongo Ondedei et par l'abbé Fouquet.

[288] _Journal de Dubuisson-Aubenay_, à la date du 27 août.

[289] Dubuisson-Aubenay, à la date du 30 août. Aucun autre contemporain ne donne des détails aussi complets sur l'état déplorable de Paris à cette époque. Je ne fais que reproduire presque textuellement ce journal d'un témoin oculaire.

[290] Il s'agit toujours du parlement de Pontoise.

[291] Demandés par les princes pour leurs députes. Voyez ci-dessus, p. 155

[292] Il s'agissait du mariage du duc de Candale, fils du duc d'Épernon, avec une nièce du cardinal Mazarin.

[293] César-Phébus, comte de Miossens, qui devint dans la suite maréchal de France et fut désigné sous le nom de maréchal d'Albret.

[294] Voy. _Mémoires du cardinal de Retz_, t. IV, p. 72 et suiv. (édit. Charpentier). Retz met sur le compte de la Providence les inspirations de son ambition: «La Providence de Dieu, qui, par de secrets ressorts, inconnus à ceux mêmes qu'il fait agir, dispose les moyens pour leur fin, se servit des exhortations de ces messieurs pour me porter ma conduite,» etc.

[295] _Mémoires du cardinal de Retz_, ibid., p. 82.

[296] _Ibid._, p. 83.

[297] _Journal de Dubuisson-Aubenay_, à la date du 9 septembre.

[298] _Mémoires de Retz_, ibid., p. 84-91.

[299] _Ibid._, p. 93.

[300] _Ibid._, p. 109.

[301] Voy. plus haut, p. 76. les négociations de Rohan, Chavigny et Goulas à Saint-Germain-en-Laye.

[302] Anne de Gonzague, princesse palatine. Ce passage prouve combien Retz se trompe, dans ses _Mémoires_, lorsqu'il cite à la date de septembre 1652 la princesse palatine comme dévouée à ses intérêts.

[303] Voy. le _Journal de Dubuisson-Aubenay_, à la date du 24 septembre; et les _Mémoires de mademoiselle de Montpensier, du père Berthod, de Retz,_ etc.,. à la même date.

[304] _Journal de Dubuisson-Aubenay_, ibid.

[305] Le duc d'Orléans, comme on l'a déjà vu, habitait à Luxembourg.

[306] C'est-à-dire sur la conservation des troupes dont se composait l'armée des princes.

[307] Il s'agissait de réunir on un seul corps les deux parlements siégeant à Paris et à Pontoise.

[308] Cette forteresse, qui appartenait au prince de Tarente, avait été rasée par ordre de la cour.

[309] René du Plessis de la Roche-Pichemer, un des petits-maîtres attachés à Condé.

[310] Retz se garde bien de parler de cette circonstance dans ses _Mémoires_. Il prétend (t. IV, p. 117, édit. Charpentier), que cette assemblée n'eut aucune importance et que ces «_têtes de papier_ furent huées comme on hue les masques.»

[311] Dubuisson-Aubenay. _Journal_, à la date du 26 septembre.

[312] Voy. _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_, t. II. p. 179-180 édit. Charpentier.

[313] _Ibid._, p. 173.

[314] M. de Choisy était chancelier du duc d'Orléans. Son fils, l'abbé de Choisy, a laissé des Mémoires sur le règne de Louis XIV.

[315] Mazarin était alors dans la petite ville de Bouillon.

[316] C'était un des agents de Condé dans ses négociations avec l'Espagne, comme on le voit par les _Mémoires_ de Pierre Lenet.

[317] Le président Viole et Croissy-Fouquet étaient membres du parlement et dévoués au parti des princes.

[318] Il s'agissait ici des conditions que le parti des princes réclamait en faveur du prince de Tarente, comme on l'a vu plus haut, p. 169.

[319] On peut comparer sur la mort de Chavigny les _Mémoires de Conrart, de Monglat_ et _du cardinal de Retz._.

[320] Voy. plus haut, p. 36 et suiv.

[321] _Mémoires de Saint Simon_, édit. Hachette, in-8°, t. I, p. 64-65.

[322] Henri de Bourbon, prince de Condé, et Louis de Bourbon, duc d'Enghien, qui, après la mort de son père, prit le nom de prince de Condé, ou simplement de M. le Prince. C'est ce dernier qui est connu dans l'histoire sous le nom de grand Condé.

[323] J'ai déjà indiqué plus haut, p. 30, note 3, la cause de la haine de Saint-Simon, ou plutôt de son père, contre Chavigny.

[324] Cette lettre autographe se trouve dans les Mss. de la B.I.F. Gaignières nº 2799, fº 298 et suiv.

[325] Il avait été question de la suppression de cette cour.

[326] Le parlement qui était divisé, partie à Pontoise, partie à Paris.

[327] Le gouverneur de la Bastille était, comme on l'a vu plus haut, un frondeur, la Louvière, fils du conseiller Pierre Broussel.

[328] Nom que l'on donnait d'ordinaire aux membres du parlement.

[329] Voy. _Mémoires de Retz_ (édit. Charpentier), t. IV, p. 148.

[330] _Mémoires de Saint-Simon_, (édit. Hachette), in-8, t. III. p. 58 suiv. On trouvera dans ses Mémoires beaucoup de détails sur Roze.

[331] Il s'agit probablement du coup du main qui devait livrer Paris au roi. On a vu, au contraire (p. 170), que l'abbé Fouquet en était un des principaux instigateurs.

[332] Mazarin a déjà manifesté son désir presque dans les mêmes termes. Je n'ai pas supprimé la répétition, parce qu'elle me semble caractéristique.

[333] Je suppose que le _fidèle_ est l'abbé Fouquet lui-même. Toutes ces lettres sont en grande partie chiffrées, et les noms déguisés de manière à dérouter ceux qui les auraient interceptées.

[334] Il est probablement question ici des relations de l'abbé Fouquet avec mademoiselle de Chevreuse, dont on a parlé plus haut, p. 99.

[335] Nouvelle preuve que le cardinal de Retz était joué par Anne de Gonzague, dans laquelle il mettait la plus grande confiance.

[336] _Mémoires du cardinal de Retz_, t. IV. p. 134 et suiv. édit. Charpentier

[337] «Ils en firent presque autant dernièrement pour M. de Lorraine.» disait Turenne le jour même de l'entrée du roi à Paris. (_Mémoires de Retz_, t. IV. p. 131-132.)

[338] Cet officier, qui servait dans les gardes-françaises, avait été, dès la fin de septembre, un des principaux émissaires de Mazarin et de l'abbé Fouquet.

[339] A cette époque le duc d'Orléans avait déjà quitté Paris. Mazarin n'en avait pas encore reçu la nouvelle.

[340] Retz prétend que les offres vinrent de la cour, et que ce fut Servien qui les lui fit au nom de la reine. (_Mémoires_, t. IV, p. 155-156, édit. Charpentier.)

[341] Voy. plus haut, p. 170.

[342] Déclaration royale reconnaissant l'innocence de Mazarin et cassant tous les arrêts rendus contre lui.

[343] Nicolas Fouquet, qui était, dès cette époque, ami particulier d'Hugues de Lyonne, insistait pour qu'il fût rappelé à la cour et redevint secrétaire de la reine.

[344] La lettre de Mazarin est du 25 octobre, et il se préparait à aller rejoindre Turenne, qui commandait l'armée royale dans le nord de la France.

[345] Près de Mézières, dans le département des Ardennes.

[346] Le prince de Condé s'était dirigé d'abord vers Soissons, et avait pris ensuite Château-Porcieu et Rethel.

[347] Retz disait «qu'il était la troisième tour de l'Église de Paris, et si chéri du peuple que si l'on vouloit entreprendre contre lui, il prendroit les armes pour le mettre en liberté.» Lettre de Mazarin au pape pour expliquer les motifs de l'arrestation de Retz. (_Mémoires de Retz_, I. IV. p. 149, édit. Charpentier.)

[348] _Mémoires de Retz_, ibid., p. 156.

[349] Voy. plus haut, p. 207.

[350] Ce sont les termes mêmes qu'emploie Gourville en parlant des satellites de l'abbé Fouquet.

[351] _Mémoires_, ibid., p. 156, 159 et 161.

[352] _Mémoires_, ibid., p. 149.

[353] Une lettre de Mazarin, en date du 2 décembre, prouve qu'il en fut sérieusement question. Voy. plus loin, p. 219.

[354] Voy. ci-dessus, p. 203.

[355] Voy. le texte de cet ordre dans les _Mémoires de Retz_, ibid., p. 160.

[356] _Mémoires de Retz_, t. IV. p. 164

[357] _Mémoires de Retz_, t. IV. p. 167.

[358] _Ibid._, p. 168.

[359] _Ibid._

[360] Les _Mémoires de Saint-Simon_ attestent que la noblesse voyait avec indignation des parvenus porter les insignes de l'ordre du Saint-Esprit.

[361] Voy. plus haut, p. 199.

[362] Voy, ci-dessus, p. 209

[363] Cette lettre, datée du 2 janvier 1653, est autographe et en partie chiffrée.

[364] La charge de procureur général que Nicolas Fouquet avait achetée en 1650.

[365] A la suite de cette lettre, il s'en trouve une, également autographe, de l'abbé Fouquet, qui se porte caution pour son frère.

[366] Bibl. imp. Ms. S. F. nº 1238, C (_bis_), fº 321.

[367] Lettre autographe en partie chiffrée.

[368] Servir et non agréer.

[369] Il s'agit d'offres pécuniaires; à cette époque, les charges de finances s'achetaient comme les charges de judicature.

[370] Le maréchal d'Effiat, aussi bien que M. de Bullion, avait été surintendant des finances sous le règne de Louis XIII.

[371] Les directeurs des finances étaient alors MM. d'Aligre et de Morangis.

[372] Zongo Ondedei, évêque de Fréjus, était un des parents de Mazarin.

[373] Colbert veut parler de la nomination à la place de surintendant.

[374] Allusion au parlement de Pontoise.

[375] Un des partisans du cardinal de Retz.

[376] Le Guitaut dont il s'agit était attaché au parti du prince de Condé.

[377] Loret annonce ainsi cette nomination dans sa _Muse historique_ du 8 février 1650:

On étoit encor attendant Qui seroit le surintendant, Cette charge, autant que pas une, Étant une rare fortune; Mais il faut beaucoup endurer Pour y pouvoir longtemps durer; Et quoiqu'elle soit épineuse, Presque autant que pécunieuse, Plusieurs pour elle s'intriguans, Elle n'est jamais sans briguans. La brigue est pourtant terminée, Car j'ai su cette matinée (Et toute la cour en convient) Qu'elle est pour monsieur de Servient Qu'on peut nommer, sans flatterie Un ornement de la patrie. Tant il possède abondamment De lumière et de jugement; Mais, comme la charge est pesante Pour le moins autant qu'importante, Afin de soulager ses soins, On lui donne quelques adjoints, Savoir messieurs Fouquet, d'Aligre, Dont l'esprit est doux et non tigre, Morangis, Ménardeau, Bordeaux, Tous gens qu'on tient assez loyaux, Et serviteurs du roi leur maître, Autant qu'on le sauroit être.

[378] Bibl. imp. Mss. S. F. nº 1238 C (_bis_). fº 332.

[379] Journal ms. _Ibidem._

[380] _Histoire de la France pendant le ministère de Mazarin_, par M. Bazin, t. IV, p. 309 (édit. in-18). On trouve le texte de la commission royale dans un manus. de la Bibl. imp., des 500 de Colbert, nº 233. Comme il s'est élevé quelque doute sur ce point, je publierai ici en note le texte même de la commission: «Louis, par la grâce de Dieu, roy de France et de Navarre, à nos amez et féaux les sieurs comte Servien, marquis de Boisdauphin et de Sablé, commandeur et surintendant des finances de nos ordres, l'un de nos ministres d'Estat, et Foucquet, conseiller en nostre conseil d'Estat et nostre procureur général en nostre cour de parlement de Paris, salut: Si la probité et la science sont les vertus nécessaires pour parvenir à la promotion des grandes charges, et si elles demandent de longues expériences pour s'en acquitter avec la fidélité et le bon ordre que les affaires requièrent, il nous a semblé ne pouvoir faire un meilleur choix que de vos personnes pour exercer celle de surintendant de nos finances, qui est à présent vacante par la mort du sieur duc de la Vieuville; les grands emplois qui vous ont incessamment occupés dedans et dehors le royaulme pour le bien de cet Estat, les preuves que vous avez tousjours données de vostre zèle et expérience pour en soustenir les intérêts et la grandeur, nous confirment dans cette créance, et nous font espérer que vous vous acquitterez si dignement de cette importante administration, que le public n'aura pas moins de sujet d'en estre satisfaict que nous. Nous, pour ces causes et autres grandes considérations à ce nous mouvant, nous vous avons constitués, ordonnés et établis, constituons, ordonnons et établissons par ces présentes, signées de nostre main, pour faire et exercer la charge de surintendants de nos finances, avec un plein et entier pouvoir d'en ordonner et de les administrer ainsy qu'en vos consciences vous jugerez estre nécessaire pour le bien de nostre service, comme aussy pour jouir de ladicte charge aux mesmes honneurs, autorités, prérogatives, prééminences, fonctions, estats et appointements tels et semblables qu'en a joui ledict feu sieur de la Vieuville, et les autres qui l'ont précédé en cette charge, sans que de ladicte administration vous soyez tenus d'en rendre raison à nostre Chambre des comptes, ni ailleurs qu'à nostre personne; nous vous avons, de nostre grâce spéciale, pleine puissance et autorité royale, relevés et dispenses, relevons et dispensons par ces dictes présentes, de ce faire, et vous avons donné et donnons plein pouvoir, autorité et mandement spécial. MANDONS et ordonnons aux trésoriers de nostre espargne présens et à venir et autres nos officiers des finances et comptables généralement quelconques qu'il appartiendra, qu'en ce faisant ils vous obéissent et entendent diligemment aux choses concernant lesdictes charges; deffendons aux susdicts comptables d'acquitter aucunes parties de dons ou autrement quelsconques acquits qui leur en soient expédiés, s'ils ne sont visés et accompagnés de vos ordonnances particulières, ainsy qu'il a tousjours esté practiqué et observé. Mandons auxdicts trésoriers de nostre espargne de vous payer, chacun en l'année de son exercice, les estats, pensions et appointemens qui vous seront ordonnés, et que nous voulons estre passés et alloués en la despense de leurs comptes par nos amez et féaux les gens de nos comptes à Paris, auxquels nous mandons ainsy le faire sans difficulté; car tel est nostre plaisir. Donné à Paris, le huitième jour de février, l'an de grâce 1653, et de nostre règne le dixième, signé LOUIS, et plus bas: PAR LE ROY, DE GUÉNÉGAUD, et scellé du grand sceau de cire jaune.»

[381] Terre qui appartenait à madame de Châtillon.

[382] Il y a beaucoup de lieux désignés sous ce nom; il s'agit ici de Pierrefitte dans le département de l'Oise (arrondissement de Beauvais).

[383] Mylord d'Igby ou Digby passait pour être à cette époque l'amant de madame de Châtillon.

[384] Il est désigné ailleurs sous le nom _d'abbé de Cambiac_.

[385] Il est remarquable que dix uns plus tard une autre chambre de justice, siégeant à l'Arsenal, procéda de même contre Nicolas Fouquet, qui refusait de répondre.

[386] Le prince de Condé ne pouvait être jugé, que par le parlement et les ducs et pairs. S'il avait été impliqué dans cette affaire, il eût fallu la porter au parlement.

[387] Le garde des sceaux était toujours Mathieu Molé.

[388] C'était un des espions que l'abbé Fouquet entretenait auprès du prince de Condé.

[389] Gouverneur de la Bastille.

[390] _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_, t. II. p. 255-250 (édit. Charpentier).

[391] Mademoiselle ne parle pas de ce fait dans ses _Mémoires_; mais il parait bien constaté; c'était par le duc d'Épernon lui-même que l'abbé. Fouquet était instruit des desseins de la princesse.

[392] Lettre de Colbert à Mazarin en date du 20 juillet 1653.

[393] Lettre du 23 septembre 1653.

[394] Pomponne de Bellièvre venait de remplacer Matthieu Molé, comme premier président du parlement de Paris.

[395] Un des quatre membres du parlement qui avaient été exilés en octobre 1652.

[396] Il a été question plusieurs fois de Mouchet ou du Mouchet, qui était un chevau-léger, dont l'abbé Fouquet se servait pour les coups de main.

[397] Je me servirai de l'édition de 1665 à la Sphère (14 vol. in-18).

[397a] _Défenses_, t. II. p. 61 et suiv.

[398] C'est-à-dire sans attribution spéciale.

[399] _Défenses_, ibidem, p. 63 et suiv.

[400] _Défenses_, t. II. p, 71.

[401] L'évêque de Fréjus était Zongo Ondedei, parent du cardinal Mazarin.

[401a] _Défenses_, t. II, p. 72-73.

[402] Mazarin écrivait à Colbert le 16 octobre 1653. «J'ai cinquante ans; j'ai eu plus de nécessités que je n'en ai à cette heure, et il n'a pas été en mon pouvoir de mettre mes affaires en bon état. Il faut que vous suppléiez où je manque, et que vous ne prétendiez pas exiger de moi certains soins qu'il ne m'est pas possible de donner à mes intérêts particuliers, que je suis en possession, il y a longtemps, et par mon naturel et par l'habitude, de négliger pour les affaires publiques.»

[403] Colbert reprochait surtout à Mazarin sa facilité à faire des promesses d'argent: «La campagne dernière, lui écrivait-il le 7 juin 1654, Votre Éminence a fait deux promesses de 22,000 livres chacune (je la conjure, s'il se peut, de n'en point faire celle-ci): l'une à M. le maréchal d'Estrées pour M. de Manicamp, l'autre à M. de Bordeaux. Pour celle-ci, j'espère que Votre Eminence la retirera.»

[404] C'est-à-dire _dépensé, employé à d'autres usages._

[405] B.I. MSS. F. Baluze.

[406] B.I.F. Gaignières, nº 2709. fº 107.

[407] Voy plus haut, p. 236.

[408] Journal inédit de 1648 à 1657 Bibl. imp. ms. nº 1238, D _bis_, n^os 170-171.

[409] _Mémoires du cardinal de Retz_. l. IV. p. 173.

[410] _Ibid._: p. 186

[411] Voy. plus haut, p. 254.

[412] _Mémoires de Retz_, ibid., p. 177 et suiv.

[413] _Ibid._, p. 195.

[414] _Ibidem._

[415] _Mémoires de Retz_. t. IV. p. 196-200.

[416] On trouvera tous les détails de cette fuite dans le tome IV des _Mémoires de Retz_.

[417] Pierre de Marca, auteur du traité _De concordia sacerdotii et imperii._

[418] On l'avait consulté probablement sur le moyen d'annuler l'autorité archiépiscopale de Retz.

[419] Cette église était située dans la _rue des Cordeliers_, qui porte maintenant le nom de _rue de l'École de Médecine_. Il y avait près de l'église Saint-Côme _l'école de Chirurgie_.

[420] Chanoine de la cathédrale de Paris, que l'on accusait d'avoir composé un libelle contre le cardinal Mazarin sous le titre de: _L'éducation du roi_.

[421] _Mémoires du cardinal de Retz, ibid._, I. IV, p. 349.

[422] Voy. plus haut, p. 219.

[423] Journal inédit de 1648 à 1657. ms. Bibl., imp., nº 1238 _bis_ D f^os 210-211

[424] _Mémoires de Gourville_ édit. Michaud et Poujoulat p. 517.

[425] _Mémoires de Gourville_ (édit. Michaud et Poujoulat, à l'année 1654.)

[426] _Ibidem._

[427] Journal ms de 1648 à 1657, cité plus haut. fº 313

[428] Voy. _Mémoires de Monglat_, à l'année 1635. Montglat, maître de la garde-robe, décrit avec exactitude le costume du roi.

[429] Voy. le Journal ms. de 1648 à 1657, cité plus haut, 1º 326 et suiv.

[430] La date de ces notes peut se déterminer approximativement par les personnages qui y figurent. Elles sont postérieures à la nomination du premier président Guillaume de Lamoignon, qui eut lieu en 1657, et antérieures à la disgrâce de Fouquet, qui est de 1661. C'est dans cet intervalle, à l'époque où Fouquet était encore procureur général, qu'elles ont été rédigées. On en trouve une partie dans le t. II de la _Correspondance administrative sous Louis XIV_.

[431] Il faudrait peut-être lire _de Loing_.

[432] Voy. une lettre de Colbert à Mazarin en date du 16 mai 1657.

[433] _Anc. lois franç._, t. XVII, p. 370.

[434] Ce Mémoire, manuscrit, se trouve dans les papiers de Fouquet conservés à la Bibl. imp., F. Baluze

[435] Ce Mémoire a été publié par M. Guizot dans son _Histoire de la République d'Angleterre_, t. I, p. 451-457. Il pense que ce Mémoire est de 1650; mais il est évident, d'après la manière dont l'auteur parle des troubles de la Fronde, qu'il s'agit d'événements déjà anciens

[436] Il s'agissait surtout, dans ce Mémoire, d'établir des relations de commerce entre la France et l'Angleterre

[437] Colbert veut parler des gouvernements d'Aunis et de Saintonge, qui appartenaient à Mazarin.

[438] Le duc de Vendôme était grand amiral de France et avait sous ses ordres l'amiral de Neuchèse.

[439] T. III, p. 349 et suiv.

[440] Fouquet parle ici des temps qui ont suivi la Fronde, et surtout des années 1657 à 1661.

[441] _Anc. lois franç._, t. XVII, p. 349. Forbonnais, _Recherches sur les finances_, t. I, p. 269-270.

[442] _Mémoires de Jean Witt_, deuxième partie, chap. VI.

[443] Forbonnais, _ibid._, t. I, p. 270.

[444] _Anc. lois franç._, t. XVII, p. 319.

[445] _Ibid._, p. 328.

[445a] Villacerf était un des intendants du cardinal, comme nous l'apprennent les _Mémoires de Gourville_.

[446] _Ibid._.

[447] _Ibid._, p. 369.

[448] _Ibid._

[448a] _Défenses_, t. III, p. 20-21.

[448b] _Ibid._, t. IV, p. 53.

[449] T. III, p. 29.

[450] C'est-à-dire pour entretenir pendant une année, la garnison de Brisach, dont le gouvernement appartenait à Mazarin.

[451] Dans le langage de cette époque, on appelait _biens sur le roi_, les aliénations de domaines royaux ou participation aux fermes d'impôts que certains particuliers obtenaient. Telles étaient les rentes sur les entrées ou octrois, dont il est question dans ce passage.

[452] Il y a dans le texte _pain de munion_; mais c'est sans doute une abréviation pour _munition_.

[453] Banquiers italiens auxquels Mazarin avait confié une partie de sa fortune.

[454] C'est ce que l'on appelle vulgairement un pot-de-vin. Le cardinal en prélevait sur les marchés passés avec les traitants. Sa correspondance ne laisse aucun doute à cet égard.

[455] Michel le Tellier était secrétaire d'État et chargé du département de la guerre.

[456] Un des commis de Colbert.

[457] _Idem._

[458] T. II, p. 25.

[459] _Mémoire de Colbert à Louis XIV_. manus. de la Bibl. imp., S. F., nº 3995. fº 3. Ce Mémoire a été publié en partie par M. Pierre Clément dans son _Histoire de Colbert_, et plus complètement par M. Joubleau.

[460] Conseil de finances.

[461] On appelait _aides_ les impôts établis sur le vin, les boissons et en général sur les denrées.

[462] Le _convoi de Bordeaux_ était un impôt spécial qu'on levait, à Bordeaux, sur les boissons transportées par mer. Il tirait son nom de ce que primitivement les négociants de Bordeaux étaient obligés de faire escorter les navires de commerce par des bâtiments armés en guerre, et payaient une taxe pour les frais de ce _convoi_ ou escorte. Dans la suite, les rois se chargèrent de faire escorter les navires de commerce, et pour subvenir aux dépenses, établirent une ferme spéciale de cet impôt, qui conserva le nom de _convoi de Bordeaux_.

[463] Journal inédit de 1648 à 1657. ms. de la Bibl. imp., nº 1238 E _bis_, fº 231.

[464] _Ibid._ fº 232.

[465] _Mémoires de Gourville_, édit. Michaud et Poujoulat, p. 518.

[466] Voy. ci-dessus, p. 99.

[467] Voy. p. 81.

[468] Voy. p. 81-82.

[469] _Portrait de madame la duchesse de Châtillon peint par elle-même_. Cette manie de portraits était si généralement répandue, qu'un savant évêque, Huet, fit celui de quelques religieuses de son diocèse. On les trouve dans la collection de portraits de mademoiselle de Montpensier.

[470] Bussy-Rabutin dit également dans l'_Histoire amoureuse des Gaules_: «Elle avait les yeux noirs et vifs.» Mais il ajoute, ce qui n'est plus d'accord avec le portrait, _le front petit_.

[471] «Le nez bien, la bouche rouge, petite et relevée, le teint comme il lui plaisait, mais d'ordinaire elle le voulait avoir blanc et rouge.» Bussy-Rabutin, _ibid._

[472] Nous avons vu que l'indulgente madame de Motteville dit précisément le contraire.

[473] _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_, édit. Charpentier, t. II, p. 437-438.

[474] T. II, _ibid._

[475] Voy. plus haut, p. 173. M. Walckenaer, dans son intéressant ouvrage sur madame de Sévigné (t. I, p. 43), fait remonter les relations de l'abbé Fouquet et de madame de Châtillon jusqu'à l'époque où l'abbé fut prisonnier dans l'hôtel de Condé (avril 1652; voy. p. 71) et il ajoute que la prison de l'abbé Fouquet fut postérieure à la mort de mademoiselle de Chevreuse, qui n'eut lieu qu'en novembre 1652. Je ne m'arrêterais pas à relever ces contradictions si l'ouvrage de M. Walckenaer ne jouissait d'une réputation méritée de science et d'exactitude.

[476] Les _Mémoires de M^{***}_, qui font partie des collections de mémoires sur l'histoire de France, donnent beaucoup de détails sur les amours de la duchesse de Châtillon; mais cette compilation informe mérite peu de confiance. On ne saurait non plus ajouter foi aux _Amours des Gaules_ de Bussy-Rabutin. Mais les mémoires véridiques, tels que ceux de mademoiselle de Montpensier et de madame de Motteville, suffisent pour faire connaître la duchesse de Châtillon. Les lettres de l'abbé Fouquet et celles de Mazarin servent à compléter les renseignements authentiques sur une partie de la vie de cette dame. Je ne parle pas des _Mémoires de madame de Châtillon_; c'est une Å“uvre apocryphe composée par Senac de Meilhan.

[477] Voy. plus haut, p. 83.

[478] Journal inédit de 1648 à 1657, ms. de la Bibl., imp. 1238 (_bis_), E. L'auteur anonyme, qui est loin d'être un Frondeur, s'indigne de voir l'abbé Fouquet s'élever aussi haut: «Il fut malaisé de ne pas s'étonner que ledit sieur abbé Fouquet eut voulu porter son ambition si haut que de donner 400,000 livres d'urgent comptant de la charge de chancelier et garde des sceaux des ordres du roi, dont M. Servien était pourvu. Il n'en fit pourtant aucun scrupule et en prêta le serment entre les mains de Sa Majesté, le 11 de ce mois de décembre 1656, se souciant fort peu de toutes les conséquences que ses ennemis en pourraient tirer.» Cet auteur anonyme exprime probablement la véritable opinion des contemporains.

[479] Mademoiselle de Montpensier l'en accuse dans ses Mémoires (t. II, p. 438 de l'édition Charpentier). «On disait que c'était elle (la duchesse de Châtillon) qui avait tout découvert à l'abbé Fouquet dans l'affaire de ces deux hommes roués.»

[480] Entre autres M. Walckenaer dans l'ouvrage sur madame de Sévigné cité plus haut.

[481] Cette lettre se trouve dans un manus. de la Bibl. imp. F. Gaignières, nº 2799, fos 306 et 307, au milieu de lettres et de billets des deux Fouquet. Elle est en partie chiffrée, et on y trouve certaines indications ajoutées uniquement pour dérouter le lecteur. Je les ai supprimées.

[482] Ce Bouteville, frère de la duchesse de Châtillon, devint le maréchal duc de Luxembourg.

[483] Henri de Montmorency-Bouteville, dont il été question à la page précédente. Il avait suivi pendant la Fronde la fortune de Condé et partageait alors sa vie d'exil et d'aventures.

[484] Lettre de madame de Sévigné à Bussy-Rabutin, en date du 25 novembre 1655: «On dit que madame de Châtillon est chez l'abbé Fouquet. Cela paraît plaisant à tout le monde.»

[485] Nous ne suivrons pas Bussy-Rabutin dans tous les détails qu'il donne sur les ruses de la duchesse de Châtillon et les infortunes trop méritées de l'abbé Fouquet. C'est du roman ou tout au moins de la chronique scandaleuse; nous nous en tenons aux faits authentiques.

[486] _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_, édit. Charpentier, t. III. p. 225-226.

[487] La duchesse de Châtillon était de la branche de Montmorency-Bouteville. Son père était François de Montmorency-Bouteville, qui fut arrêté et exécuté sous Louis XIII, pour s'être battu en duel sur la place Royale, en plein jour.

[488] Le couvent des Filles de la Miséricorde était situé rue du Vieux-Colombier.

[489] _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_, t. III, p. 226-227

[490] Cette foire se tenait alors rue de Tournon.

[491] _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_, t. III, p. 225.

[492] Cette lettre a été publiée dans le _Bulletin de la Société de l'Histoire de France_, t. I, deuxième partie, p. 163.

[493] Lettre du 12 octobre 1678

[494] _Mémoires de Saint-Simon_, édit. Hachette, in-8, t. I p. 233.

[495] Lettre du 3 février 1695.

[496] Ce mémoire du conseiller d'État de la Fosse est adresse au chancelier Séguier et se trouve dans les papiers de ce dernier, t. XXXII, fº 145 et suiv. Bibl. imp., ms. Saint-Germain fr., nº 709.

[497] _Ibid._

[498] Les _Négociations du président Jeannin_ font partie de toutes les collections de mémoires relatifs à l'histoire de France.

[499] On trouve la preuve de ces faits dans le tome II du _Journal d'Olivier d'Ormesson_, où sont racontés les principaux événements du procès de Fouquet.

[500] _Mémoires_. édit. Hachette, in-8, t. XIV, p. 112.

[501] Journal inédit de 1648 à 1657. Bibl. imp., ms., nº 1238 (_bis_), E. fos 231-232.

[502] _Défenses_, t. III, p. 317-318, et 362-363.

[503] Journal ms. cité plus haut, _ibid._, fº 259.

[504] _Ibidem._

[505] On prononçait ainsi le nom de Charost.

[506] L'abbé Fouquet.

[507] On trouvera à l'Appendice le texte même du projet. Il a été publié en grande partie par M. P. Clément dans son _Histoire de Colbert_, p. 41 et suiv.

[508] _Défenses_, t. III, p. 347. Le nom de Foucquet, comme nous l'avons remarqué plus haut, signifie _écureuil_. Cet animal figurait dans les armes des Fouquet.

[509] Voy. plus haut, p. 349.

[510] L'authenticité de ce projet est incontestable, et Fouquet lui-même n'a jamais élevé aucun doute sur ce point.

[511] Cette lettre a été publiée dans les _Mémoires de Conrart_, p. 614, édit, Michaud et Poujoulat.

[512] Voy. entre autres les lettres du 9 décembre 1664 et du 29 avril 1672.

[513] On trouve dans les papiers de Fouquet (ms. de la Bibl. imp. F. Baluze) une lettre autographe de madame de Motteville à madame du Plessis-Bellière. Elle lui demande un service auprès de Fouquet: «Dans la confiance que j'ai en vostre bonté, Madame, je vous supplie très-humblement de me faire la grâce de dire de ma part à M. le surintendant que je le conjure de ne rien accorder aux habitants de Montereau, que premièrement je ne lui fasse voir ce que j'ai à lui demander et ce que je puis prétendre de sa protection avec justice et sans que personne s'en puisse plaindre. Je vous supplie, Madame, de lui dire cela le plus tost que vous pourrez, et que cette grâce que je lui demande, quoiqu'elle soit dans l'ordre, sera pourtant comptée par moi pour fort grande et je lui en serai infiniment redevable.»

[514] _Mémoires_, édit. Hachette, in-8, t. IV, p. 435. Annonçant sa mort, arrivée en 1705, il ajoute: «Madame du Plessis-Bellière, la meilleure et la plus fidèle amie de M. Fouquet, qui souffrit la prison pour lui et beaucoup de traitements fâcheux, à l'épreuve desquels son esprit et sa fidélité furent toujours. Elle conserva sa tête, sa santé, de la réputation, des amis jusqu'à la dernière vieillesse, et mourut à Paris chez la maréchale de Créqui, sa fille, avec laquelle elle demeuroit à Paris.»

[515] Ces faits sont constatés par le procès de Fouquet.

[516] On en trouva la preuve dans les papiers de Fouquet.

[517] Ces lettres sont autographes et conservées dans les manuscrits de la Bibl. imp. F. Baluze.

[518] Voici le texte de cette lettre:

«Monsieur.

«Du moment où j'ai vu par votre lettre que mes signes n'étoient bons à rien, j'envoyai une chaloupe trouver M. d'Asserac pour avoir de lui ce que vous souhaitez. Je vous enverrai un courrier exprès porter ce qui en viendra, et je crois que je le suivrai d'assez près, n'ayant plus qu'à vendre pour cent mille francs de terre pour faire la somme qu'il faut que je porte. Cependant, monsieur, je vous supplie de croire que j'ai toute la reconnoissance que je dois des bontés que vous avez pour moi. Je suis persuadée que vous me les continuerez jusqu'au bout, vous connoissant aussi généreux que vous êtes et étant fort sure que jamais ma conduite ne m'en rendra indigne, et que je serai toute ma vie très-sincèrement,

«Monsieur,

«Votre très-humble et obéissante servante,

«PÉLAGIE DE RIEUX.»

Au dos on lit:

_Monsieur_,

_Monsieur le Procureur général._

[518a] Au dos:

_Monsieur_,

_Monsieur le Surintendant._

[519] Voy. pour la preuve de ces faits un Mémoire du conseiller d'État de la Fosse, à l'Appendice.

[520] Ce sont les termes mêmes du Mémoire du conseiller d'État.

[521] Voy. le portrait de la Rochefoucauld peint par lui-même, dans la galerie des _Portraits de Mademoiselle_. Ce portrait est de 1659

[522] _Mémoires_, édit. Hachette, in-8, t. XI, p. 37.

[523] _Mémoires de Saint-Simon_, édit. Hachette, in-8, t. I, p. 141 et suiv.

[524] La partialité du portrait tracé par Saint-Simon est trop frappante pour qu'il soit nécessaire d'insister sur ce point. On sait d'ailleurs que le duc de Saint-Simon avait eu contre lui Achille de Harlay dans un procès qu'il soutenait contre le maréchal de Luxembourg; cette circonstance suffit pour expliquer son ressentiment.

[525] Il est appelé _Guinan_ dans les _Défenses_. On trouve ailleurs la forme _Guinaut_ ou _Quinaut_.

[526] Voy. plus haut, p. 307.

[527] _Défenses_, t. II, p. 19 et suiv.

[527a] _Mémoires de Bussy-Rabutin_ (édit. Charpentier), t. II, p. 49-50, et 84-86.

[527b] Ce fait ne se trouve pas dans les _Mémoires de Henri-Louis de Loménie de Brienne_, publiés par M. F. Barrière; mais dans des Mémoires inédits où le jeune Brienne raconte ses voyages en Allemagne, en Hollande, en Danemark, Suède, Laponie, Prusse, Pologne, Italie. Voici le passage où il est question de l'offre de Fouquet. Brienne était alors en Courlande, on lui offre la fille du duc, et la princesse elle-même agrée le projet de mariage. «Enfin, dit l'auteur, pour rompre le discours, qui toutefois ne pouvoit me déplaire, mais qui m'embarrassoit pour m'être trop avantageux, je m'avisai de dire en souriant: _Ma foi, je perdrois trop à ce marché. Je serois prince, il est vrai, sans principauté; mais je ne serois plus aussi secrétaire d'État de Sa Majesté très-chrétienne, le roi mon maître. Et savez-vous, belle et généreuse infante, que ma charge vaut mieux que toute la Courlande, en y joignant la Samogitie?_ Et je crois que cela étoit vrai à la lettre, puisqu'en ce temps j'aurois pu en avoir deux millions quatre cent mille livres de M. Fouquet.» Les Mémoires, d'où ce passage est extrait sont autographes.

[527c] Il faudrait lire, je crois, Villesavin.

[527d] Cité par M. Pierre Clément, _Hist. de Colbert_, p. 30.

[528] Loret a mis en note: _M. Fouquet, surintendant des finances et procureur général au parlement_.

[529] _Mémoires de Gourville_, édit. Michaud et Poujoulat, p. 588.

[530] _Mémoires de Gourville_, p. 524 et suiv., édit. Michaud et Poujoulat.

[530a] Voy. plus haut, p. 330.

[530b] _Mémoires de Gourville_, p. 524.

[531] _Mémoires de Bussy-Rabutin_, édit. Charpentier, t. II, p. 86-87.

[532] _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_, éd. Charpentier, t. II, p. 163.

[533] Voy. plus haut, p. 252-253.

[534] _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_, t. III, p. 19.

[535] _Ibid._, p. 86.

[536] _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_, t. III, p. 87.

[537] _Ibidem._

[538] _Ibid._, p. 88-91.

[539] _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_. p. 91.

[540] _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_, t. III, p. 357.

[541] _Ibid._, p. 358.

[542] Jeanne-Françoise du Plessis-Liancourt fut mariée à François de la Rochefoucauld, le 13 novembre 1659.

[543] _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_, ibid., p. 365.

[544] _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_, t. III, p. 265.

[544a] Défenses, t. III. p. 327.

[545] _Défenses_, p. 331.

[546] _Ibid._, t. III. p. 338.

[547] _Défenses_ 1. III. p. 200.--M. P. Clément a publié de nouveau le texte de ce billet dans son _Hist. de Colbert_, p. 30.

[548] _Défenses_, _Ibid._, p. 314 et 315.

[549] P. 364-367.

[550] _Défenses_, _ibid._, p. 315-316.

[551] _Défenses_, t. III, p. 343.

[552] _Ibid._, p. 347.

[553] Voy. p. 373-374.

[554] Ces lettres autographes sont conservées à la Bibl. imp. dans les papiers de Fouquet. F. Baluze.

[555] _Défenses_, _ibid._, p. 357.

[556] _Défenses_, t. III, p. 358.

[557] _Ibid._, p. 354.

[558] Les lettres de mademoiselle de Treseson sont conservées à la Bibliothèque impériale. L'interprétation présente des difficultés qui tiennent à un système alors fort usité pour déguiser les noms des personnages et des villes; Fouquet s'appelle _M. le Baron_; mademoiselle de Treseson, _mademoiselle de Bel-Air_; madame du Plessis-Bellière, _madame du Ryer_; le roi Louis XIV, _M. le Président_; la duchesse de Savoie, _madame Aubert_; le cardinal Mazarin, _M. le Conseiller_; le duc de Savoie, _M. Duclos_; sa sÅ“ur Marguerite, _mademoiselle le Roy_, etc. J'ai fait disparaître ces pseudonymes dans les lettres que je publie; ils ne serviraient qu'à dérouter et fatiguer le lecteur.

[559] Édit. Charpentier, t. III. p. 306.

[560] C'est ce qu'en dit mademoiselle de Montpensier: «Je lui trouvai de l'esprit plus que de la beauté.» (_Ibid._, p. 317.)

[561] «Elle montra à la reine une de ses filles, nommée Treseson, qui est Françoise, de la province de Bretagne, dont M. de Savoie étoit amoureux.» (_Ibid._, p. 311.)

[562] Marguerite de Savoie devant (on le supposait du moins) devenir reine de France, mademoiselle de Treseson l'aurait accompagnée en France, comme fille d'honneur.

[563] Il s'agit du voyage de Lyon, où les cours de France et de Savoie devaient se rencontrer

[564] Mademoiselle de Montpensier attribue les mêmes pressentiments à Marguerite de Savoie: «L'on disoit que Madame Royale avoit fait ce voyage contre l'avis de sa fille, qui la pria, à Chambéry, de la laisser, et de ne l'exposer point à un refus.» (_Mémoires. ibid._, p. 318.)

[565] Mademoiselle de Montpensier parle aussi des présents que la duchesse de Savoie avait faits à mademoiselle de Treseson: «Elle (mademoiselle de Treseson) me conta que Madame Royale lui avait donné des perles, des pendants d'oreilles qu'elle avoit, assez raisonnables.» (_Ibid._, p 317.)

[566] Vieille tournure, pour _si je ne m'imaginais que_...

[567] _Mémoires, ibid._, p. 313 et suiv.

[568] _Mémoires, ibid._, p. 307.

[569] _Ibid._, p. 313.

[570] Christine de France, duchesse douairière de Savoie.

[571] Le mariage de Louis XIV avec l'infante Marie-Thérèse, fille de Philippe IV.

[572] _Mémoires, ibid._, p. 323.

[573] On sait quelle était au dix-septième siècle la force des mots _ennui_ et _ennuyeuse_.

[574] Françoise de France, fille de Gaston d'Orléans et de Marguerite de Lorraine, fut en effet mariée, le 4 mais 1663, avec le duc de Savoie Charles-Emmanuel.

[575] Mademoiselle dit dans ses _Mémoires_ (_ibid._, p. 366) que mademoiselle de Treseson fut la principale cause du mariage de sa sÅ“ur avec le duc de Savoie. Elle parle avec un ressentiment assez visible de la jeune Bretonne, qu'elle traite de «_maîtresse de M. de Savoie_.»

[576] La paix des Pyrénées se négociait à cette époque, et fut signée le 7 novembre 1659.

[577] _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_, _ibid._, III, 566.

[578] _Ibid._, p. 452.

[579] Ces vers n'ont été imprimés qu'en tête de la tragédie d'_Å’dipe_, publiée en 1659; mais ils paraissent antérieurs. Le poëte demande au surintendant de lui désigner les noms qu'il veut immortaliser, et ce fut alors que Fouquet lui proposa trois sujets de tragédie.

[580] On voit également, par un passage des poésies de la Fontaine, que nous citerons au chapitre suivant, que c'était dans la bibliothèque de Saint-Mandé qu'il attendait une audience de Fouquet, et que cette bibliothèque était remplie de curiosités réunies à grands frais de toutes les parties du monde.

[581] L'Å’dipe de Corneille eut, en effet, un succès qui ne s'est pas soutenu. Voici ce qu'en dit Loret dans sa lettre du 25 janvier 1659:

Monsieur de Corneille l'ainé Depuis peu de temps a donné A ceux de l'hôtel de Bourgogne Son dernier ouvrage, ou besogne. Ouvrage grand et signalé, Qui l'Oedipe est intitulé; Ouvrage, dis-je, dramatique, Mais si tendre et si pathétique. Que, sans se sentir émouvoir, On ne peut l'entendre ou le voir. Jamais pièce de cette sorte N'eut l'élocution si forte: Jamais, dit-on, dans l'univers, On n'entendit de si beaux vers.

Je n'y fus point, mais on m'a dit Qu'incessamment on entendit Exalter cette tragédie, Si merveilleuse et si hardie, Et que les gens d'entendement Lui donnoient, par un jugement Fort sincère et fort équitable, Le beau titre d'inimitable.

[582] Corneille répète les mêmes choses, presque dans les mêmes termes, dans son _Examen d'Å’dipe._

[583] _Sertorius_ parut en 1662 et _Othon_ en 1664. Il est curieux de voir à quel point la haine altéra dans la suite les actes les plus honorables de Fouquet et chercha à s'en faire des armes contre lui. L'abbé d'Aubignac accuse le surintendant d'avoir prodigué les trésors de l'État pour ramener Corneille aux «jeux de la scène, et celui-ci de n'avoir répondu à de si folles prodigalités que par un ouvrage composé uniquement pour diminuer «les tendresses et le respect que nous devons à nos rois.»

[584] Fontenelle indique dans la _Vie de Corneille_ deux des sujets proposés par le surintendant (_Å’dipe_ et _Camma_); mais il ne cite pas le troisième.

[585] Je dois les indications sur les relations de Thomas Corneille avec Fouquet à un de mes amis, M. Delzons, professeur de l'Université, qui joint à un goût délicat une connaissance approfondie de la poésie du dix-septième siècle.

[586] Voy. _l'Étude sur Pellisson_, par M. Marcou, 1 vol. in-8 (Paris. 1859, chez Didier et Durand).

[587] Voy. sur ces personnes les _Historiettes de Tallemant des Réaux_, et la _Société franç. au dix-septième siècle_, par M. Cousin, t. II, p. 244 et suiv.

[588] Cette lettre est citée dans la _Société franç. au dix-septième siècle_, etc. t. II, p. 475. Elle prouve que ce ne fut pas chez mademoiselle de Scudéry que Pellisson fit la connaissance de madame du Plessis-Bellière, comme on l'a répété dans plusieurs ouvrages. C'est lui, au contraire, qui mène son amie chez la parente du surintendant.

[589] Mademoiselle de Scudéry.

[590] Nicolas Fouquet avait alors son hôtel rue du Temple.

[591] Tallemant, _Historiettes_, 413-414; Marcou, _Étude sur Pellisson_, p. 171 et suiv.

[592] Armand du Plessis, cardinal de Richelieu.

[593] On trouve dans les mss. Conrart, in-fº, t. XI. p. 153, un billet attribué à Fouquet avec cette indication: _Lettre du sieur Fouquet à une dame, corrigée de la main de Pellisson_. Mais ces prétendues lettres de Fouquet sont pour la plupart apocryphes. Ce billet, que les contemporains prétendent adressé à mademoiselle de la Vallière, n'a rien de remarquable. En voici le texte d'après Conrart: «Puisque je fais mon unique plaisir de vous aimer, vous ne devez pas douter que je ne fasse toute ma joie de vous satisfaire. J'aurais pourtant souhaité que l'affaire que vous avez désirée fût venue purement de moi; mais je vois bien qu'il faut qu'il y ait toujours quelque chose qui trouble ma félicité, et j'avoue, ma chère demoiselle, qu'elle serait trop grande, si la fortune ne l'accompagnait quelquefois de quelque traverse. Vous m'avez aujourd'hui causé mille tentations en parlant au roi; mais je me soucie fort peu de ses affaires, pourvu que les nôtres aillent bien.»

[594] La carte du _pays de Tendre_, telle que mademoiselle de Scudéry l'a donnée dans la _Clélie_, mérite d'être citée. Elle suffit pour donner une idée de cette littérature des _précieuses_: «La première ville située au bas de la carte du _pays de Tendre_ est _Nouvelle-Amitié_. Comme on peut avoir de la tendresse par trois causes différentes, ou par une grande estime, ou par reconnoissance, ou par inclination, on y a établi trois villes de Tendre sur trois rivières, qui portent trois noms, et on a fait aussi trois routes différentes pour y aller, si bien que comme on dit Cumes sur la mer d'Ionie et Cumes sur la mer Tyrrhène, on dit aussi _Tendre-sur-Inclination, Tendre-sur-Estime_ et _Tendre-sur-Reconnoissance_. Cependant comme Clélie a présupposé que la tendresse qui naît par inclination n'a besoin de rien autre chose pour être ce qu'elle est, elle n'a mis nul village le long de ses rives pour aller de _Nouvelle-Amitié_ à _Tendre_. Mais pour aller à _Tendre-sur-Estime_, il n'en est pas de même; car Clélie a ingénieusement mis autant de villages qu'il y a de petites et de grandes choses qui peuvent contribuer à faire naître par estime cette tendresse dont elle entend parler. En effet, vous voyez que de _Nouvelle-Amitié_ on passe à un lieu qu'on appelle _Grand-Esprit_, parce que c'est ce qui commence ordinairement l'estime. Ensuite, vous voyez ces agréables villages de _Jolis-Vers_, de _Billet-Galant_ et de _Billet-Doux_, qui sont les opérations les plus ordinaires du grand esprit dans le commencement d'une amitié. Ensuite, pour faire un plus grand progrès dans cette amitié, vous voyez _Sincérité, Grand-CÅ“ur, Probité, Générosité, Respect, Exactitude et Bonté_, qui est tout comme _Tendre_. Après cela il faut retourner à _Nouvelle-Amitié_, pour voir par quelle route on va de là à _Tendre-sur-Reconnaissance_. Voyez donc, je vous prie, comment il faut aller de _Nouvelle-Amitié_ à _Complaisance_, ensuite à ce petit village qui se nomme _Soumission_, et qui en touche un autre fort agréable qui se nomme _Petits-Soins_. De là il faut passer par _Assiduité_, et à un autre village qui s'appelle _Empressement_, puis à _Grands-Services_, et pour marquer qu'il y a peu de gens qui en rendent de tels, ce village est plus petit que les autres. Ensuite il faut passer à _Sensibilité_. Après, il faut, pour arriver à _Tendre_, passer par _Tendresse_. Ensuite il faut aller à _Obéissance_, et pour arriver enfin où l'on veut aller, il faut passer à _Constante-Amitié_. Mais comme il n'y a pas de chemin où l'on ne puisse s'égarer, Clélie a fait que si ceux qui vont à _Nouvelle-Amitié_ prenaient un peu plus à droite ou un peu plus à gauche, ils s'égareroient aussi. Car, si au partir de _Grand-Esprit_ on alloit à _Négligence_, qu'ensuite, continuant cet égarement, on allât à _Inégalité_, de là à _Tiédeur_, à _légèreté_ et à _Oubli_, au lieu de se trouver à _Tendre-sur-Estime_, on se trouveroit au lac d'_Indifférence_, qui, par ses eaux tranquilles, représente sans doute fort juste la chose dont il porte le nom en cet endroit. De l'autre côté, si, au partir de _Nouvelle-Amitié_, on prenoit un peu trop à gauche, et qu'on allât à _Indiscrétion_, à _Perfidie_, à _Orgueil_, à _Médisance_ ou à _Méchanceté_, au lieu de se trouver à _Tendre-sur-Reconnoissance_, on se trouveroit à la _Mer-d'Inimitié_, où tous les vaisseaux font naufrage. La rivière d'_Inclination_ se jette dans une mer qu'on appelle la _mer Dangereuse_, et ensuite au delà de cette mer, c'est ce que nous appelons _terres inconnues_, parce qu'en effet nous ne savons point ce qu'il y a. _Clélie_, (édit. de 1660, in-8 t. I, p. 399 et suiv.)

[595] Mss. de la Bibl. imp., F. Baluze. Ces lettres ont été publiées, mais incomplètement, par M. Marcou, dans son _Étude sur Pellisson_.

[596] Cette lettre est probablement des premiers jours de septembre 1661.

[597] Il est question dans les _Mémoires de Huet_ d'un Jacques Graindorge de Prémont, qui se faisait remarquer par ses études sur les antiquités romaines et la numismatique. Je ne sais si c'est celui dont parle mademoiselle de Scudéry.

[598] Le comte Tott ou du Tot était ambassadeur de Suède en France. Il était arrivé à Fontainebleau au mois de juillet. Loret en parle ainsi dans sa _Gazette_ ou _Muse historique_, du 31 juillet 1661:

Le grand comte Tot, qui ne cède A pas un des grands de Suède En ce que doit avoir d'honneur Tout brave et généreux seigneur, C'est-à-dire en esprit, courage. Grâce, politesse et lignage. Lundi dernier, jour assez beau, Arriva dans Fontainebleau, Suivi d'une nombreuse presse De gens de cour et de noblesse, Desquels tous il fut escorté Par ordre de Sa Majesté.

[599] Marie-Éléonore de Rohan, abbesse de la Sainte-Trinité de Caen. Elle figure parmi les _précieuses_ de cette époque. Voyez son portrait peint par elle-même dans la galerie des _Portraits de Mademoiselle_.

[600] Il est question d'une demoiselle Boquet et de sa sÅ“ur dans le _Dictionnaire des Précieuses_ de Somaize: «Bélise (mademoiselle Boquet et sa sÅ“ur sont deux précieuses âgées qui jouent fort bien du luth, et qui ont une grande habitude à toucher les instruments. Elles logent aussi au quartier de l'Éolie au Marais), qui est le lieu où les précieuses font le plus de bruit.»

[601] Il m'est impossible de déterminer avec précision la position de cette maison de campagne. Elle parait avoir été située sur les bords de la Seine et à peu de distance de Fontainebleau.

[602] Il s'agit ici de mademoiselle de la Motte d'Argencourt, qui venait d'être expulsée de la cour. Voy. les _Mémoires de madame de Motteville_, à l'année 1661, ainsi que les _Mémoires de la Fare_ et ceux du jeune Brienne. On a souvent confondu cette fille d'honneur de la reine avec mademoiselle de la Mothe-Houdancourt, qui fut un instant recherchée par Louis XIV.

[603] Femme d'un des commis du surintendant.

[604] On trouve dans les papiers de Conrart à la bibliothèque de l'Arsenal (t. XI, in-fº, p. 187) un portrait de M. Méringat ou Mérignat, écrit par lui-même.

[605] Nicolas de Nicolaï fut premier président de la chambre des comptes, de mars 1656 à février 1686.

[606] Philippe de France, frère de Louis XIV.

[607] Henriette de Coligni, comtesse de la Suze, née en 1618, morte en 1671. Mademoiselle de Scudéry en a fait un éloge pompeux dans la _Clélie_. Hésiode, endormi sur le Parnasse, voit en songe les Muses, et Calliope lui montre les poëtes qui naîtront dans la suite des âges. A l'occasion d'Henriette de Coligni, la Muse s'exprime ainsi: «Regarde cette femme qui t'apparoît: elle a, comme tu vois, la taille de Pallas et sa beauté, et je ne sais quoi de doux, de languissant et de passionné, qui ressemble assez à cet air charmant que les peintres donnent à Vénus. Cette illustre personne sera d'une si grande naissance, qu'elle ne verra presque que les maisons royales au-dessus de la sienne. Sache qu'elle naîtra encore avec plus d'esprit que de beauté, quoiqu'elle doive, comme tu vois, posséder mille charmes. Elle aura même une bonté généreuse qui la rendra digne de toutes les louanges, sans te parler de tant d'autres admirables qualités que le ciel lui prodiguera. Apprends seulement qu'elle te fera des élégies si belles, si pleines de passion, et si précisément du caractère qu'elles doivent avoir, qu'elle surpassera tous ceux qui l'auront précédée et tous ceux qui la voudront suivre.» Henriette de Coligni fut mariée, en 1643, à Thomas Hamilton, comte d'Hadington ou Adington, et devint veuve peu de temps après. Elle épousa en secondes noces le comte de la Suze, qui était calviniste. Henriette de Coligni, petite-tille de l'amiral de Coligni, était de la même religion; mais, en 1655, elle se fit catholique, «afin, disait la reine Christine, de ne voir son mari ni dans ce monde ni dans l'autre.» Elle demanda, en effet, la rupture de son mariage avec le comte de la Suze, et l'obtint en 1661. C'est à cet événement que mademoiselle de Scudéry fait allusion dans la lettre à Pellisson. On a sous le nom de madame de la Suze, des recueils de vers qui ne justifient pas les éloges des contemporains.

[608] Catherine Belier, femme de chambre de la reine Anne d'Autriche.

[609] Il était l'amant de mademoiselle de la Motte d'Argencourt, comme on le voit par les Mémoires du jeune Brienne.

[610] Rémond du Mas était, comme la Bastide, un des commis de Fouquet.

[611] Paris, 1659.

[612] Cette pièce se trouve dans les mss. de Conrart à la Bibl. de l'Arsenal (t. XI, in-fº, p. 151), avec d'autres billets dont nous examinerons l'authenticité lorsqu'il sera question de la cassette de Fouquet. La transcription est de l'époque de Conrart, mais c'est une main plus moderne qui, en haine de madame de Maintenon, a attribué ce billet à madame Scarron: «Je hais le péché, mais je hais encore plus la pauvreté. J'ai reçu de vous dix mille ecus; si vous voulez encore en apporter dix mille dans deux jours, je verrai ce que j'aurai à faire; je ne vous défends pas d'espérer.» Conrart dit, dans une note, qu'il croit ce billet écrit par madame de la Baulme. Les ennemis mêmes de madame de Maintenon ne lui ont jamais refusé une certaine pruderie de style qui contraste avec le ton de ce billet.

[613] Je regrette de ne pas pouvoir donner le texte des lettres de madame Scarron d'après l'édition que prépare H. Lavallée. Je n'ai à ma disposition que celle de la Beaumelle.

[614] Cette lettre porte la date du 18 janvier 1660.

[615] Voy. l'_Histoire de la vie et des ouvrages de J. de la Fontaine_, par M. Walckenaer (1 vol. in-8, Paris, 1854.)

[616] On donnait le titre de _Monseigneur_ au surintendant. Voy. la _Dédicace_ en tête de l'_Å’dipe_ de P. Corneille.

[617] C'était le nom que l'on donnait alors au trésor public.

[618] Pour assignée. On appelait alors _assignations_ les mandats sur le trésor.

[619] Me servira de garant, de caution.

[620] Quelle est la personne désignée sous le nom d'Iris? Il n'est pas facile de suivre les volages amours de la Fontaine. Il est probable cependant qu'il s'agit ici de Claudine Colletet, qui se piquait elle-même de poésie. Voy. l'_Histoire de la vie et des ouvrages de J. de la Fontaine_, par M. Walckenaer.

[621] Jules Mazarin, qui venait de conclure la paix des Pyrénées.

[622] Ce mot s'employait alors dans le sens de débat et querelle.

[623] Marie-Thérèse d'Autriche, que Louis XIV épousa à Saint-Jean de Luz, le 9 juin 1660.

[624] Voy. plus haut.

[625] C'est-à-dire assignée sur un bon fonds. On a vu plus haut que les surintendants donnaient quelquefois des assignations, ou mandats du payement, sur des fonds déjà épuisés.

[626] Il s'agit toujours de la paix des Pyrénées, qui fut suivie du mariage du roi avec l'infante d'Espagne.

[627] Vieux mot qui signifiait l'abondance et l'impétuosité. On disait que le sang coulait d'une blessure à _gros randons_.

[628] Je renvoie le lecteur à ces pièces qui se trouvent dans toutes les éditions complètes de la Fontaine.

[629] Ces manuscrits sont conservés à la Bibl. de l'Arsenal. Il y a deux collections, l'une in-4º, l'autre in-fº. Il est question ici de la collection in-fº.

[630] Ce rapport autographe se trouve à la Bibl. imp., ms. F. Gaignières, nº 2799, fº 302, rº.

[631] Manusc. de la Bibl. Mazarine, n° 1719, t. III, f° 403. recto.

[632] Il s'agit ici des Pays-Bas espagnols, qui correspondent, à peu près, au royaume actuel de Belgique.

[633] Voy. les _Négociations relatives à la succession d'Espagne_, par M. Mignet t. I, p. 178.

[634] _Histoire de France_, 4e édit., t. XII, p. 252 et suiv.

[635] La correspondance de cet ambassadeur fait partie des manuscrits de la Bibl. imp.

[636] «Ils ont éprouvé, dit l'auteur du Mémoire, que les François ne peuvent oublier leur nature libre et leur familiarité trop grande dans la pratique de leurs femmes, et la conversation qu'on ne leur peut ôter, point si sensible aux régnicoles et à toute l'Italie, que la moindre chose en cela les offense en honneur et la réputation.»

[637] L'intention de tenir le traité secret était si formelle, qu'il était recommandé à l'intendant de l'armée, auquel on remit le document chiffré, «de le déchiffrer lui-même sans la participation de qui que ce soit.»

[638] La princesse de Carignan, femme du prince Thomas de Savoie, était sÅ“ur du comte Louis de Soissons, tué à la bataille de la Marfée, en 1641.

[639] Bibl. imp., mss. F. Saint-Germain fr., nº 709, t. XXXII, fº 145. Autographe. Le conseiller de la Fosse était un des commissaires chargés de faire l'inventaire des papiers de Saint-Mandé.

[640] Le mariage n'eut lieu qu'en 1657. Voy. p. 357.

[641] Il semble qu'il y a ici erreur. La marquise d'Asserac était de la maison de Rieux, et signait PÉLAGIE DE RIEUX. Voy. p. 364-365.

[642] Abel Servien était mort au mois de février 1659.

[643] L'inventaire était fait à Saint-Mandé par les conseillers d'État de Lauzon et de la Fosse, et le maître des requêtes Poncet.

[644] Fº 85 du même manuscrit.

[645] C'est-à-dire avec des corrections en interligne. Ces corrections ont été mises en note dans notre reproduction du projet.

[646] Fouquet a ajouté en interligne dans la rédaction de 1658: _à mon frère l'Abbé, qui s'est engagé peut-estre trop légèrement, puisqu'il n'a pas de titre pour cela, contre M. le Prince_.

[647] Addition de 1658 en interligne: _qui confondent toute la famille et attendent_, etc.

[648] Fouquet a effacé, en 1658, ces mots _en mon frère l'abbé_ et y a substitué _en mes frères_.

[649] Le mot _proches_ a été effacé en 1658 et remplacé par _amis_.

[650] Fouquet a effacé toute cette phrase, depuis: _et que mon frère l'abbé n'y fust pas_, et y a substitué la suivante en 1658: _et que mon frère l'abbé, qui s'est divisé dans les derniers temps d'avec moy mal à propos, n'y fust pas et qu'on le laissent en liberté, il foudroit doubter qu'il eust esté gagné contre moy, et il seroit plus à craindre en cela qu'aucun autre. C'est pourquoi le premier ordre seroit d'en advertir un chacun, estre sur ses gardes et observer sa conduite_.

[651] Cette phrase a été remplacée par la suivante: _Si j'estois donc prisonnier et que l'on eust la liberté de me parler, je donneray les ordres se là_, etc.

[652] Note ajoutée par les commissaires: _Ce la Vallée est le valet de chambre_ qui sert M. Fouquet à Vincennes.

[653] Bruant des Carrières, un des principaux commis de Fouquet.

[654] Le sieur Pecquet, médecin, est auprès de Fouquet depuis sa détention. (_Note des commissaires_.)

[655] Cette phrase, _qu'il m'a dit avoir sur M. de Bellebrune, gouverneur de Hesdin_, été rayée et remplacée par celle-ci: _qu'il a sur le commandant du Havre_.

[656] Cette phrase a été modifiée dans la seconde rédaction, depuis _comme du Fresne_ jusqu'à _dans Ham_, et remplacée par la suivante: _dans Bellisle, M. de Brancas, auquel je me confie entièrement, auroit la principale conduite de tout avec madame du Plessis_.

[657] Les derniers mots de la phrase, depuis _tant de sa compagnie_, ont été supprimés.

[658] La seconde rédaction porte en interligne: _Bellisle et Concarnau_, au lieu de _Ham_ qui a été effacé.

[659] Cette phrase, depuis: _et que M. le marquis d'Hocquincourt_, a été biffée et remplacée par celle-ci: _et que M. le mareschal de la Meilleraye, quoiqu'il m'ait donné parole d'estre dans mes intérests envers et contre tous en présence de M. de Brancas et de madame du Plessis, n'en useroit peut-estre par trop bien, il faudrait advertir Deslandes de prendre des hommes le plus qu'il pourroit, sans faire néantmoins rien de mal à propos_. On doit se rappeler que le marquis d'Hocquincourt avait remplacé le maréchal, son père, comme gouverneur de l'éronne, que le maréchal de la Meilleraye était gouverneur de Bretagne, et Deslandes, gouverneur de Concarneau. La substitution de Belle-Isle à Ham a rendu ces changements nécessaires dans la suite du projet.

[660] Ce paragraphe a été complètement supprimé.

[661] Il y avait, dans la première rédaction, _au Croisil_ (auj. Croisic).

[662] Tombelaine est une petite île située près du mont Saint-Michel. Dans la seconde rédaction, Fouquet a remplacé _à Concarnau et Tombelaine_ par ces mots: _faire accommoder Saint-Michel et Tombelaine_.

[663] Fouquet a remplacé ce membre de phrase par le suivant: _Il serait important que ceux qui commandent dans Saint-Michel et Tombelaine soient advertis de s'y tenir_.

[664] Dans la seconde rédaction ces mots, _dans l'abbaye du Pont-aux-Dames_, ont été biffés et remplacés par cette phrase: _qu'elle allait s'enfermer quelque temps dans la citadelle d'Amiens ou de Verdun_.

[665] Cette phrase a été ainsi modifiée: _n'a pas de luy-mesme toute la circonspection nécessaire_.

[666] Fouquet a changé ainsi cette phrase: _M. de Brancas, MM. de Langlade et de Gourville m'ont beaucoup d'obligation_.

[667] Ce mot a été effacé dans la seconde rédaction et remplacé par _Bellisle_.

[668] Ici commence la partie du projet écrite en 1658, après l'acquisition de Belle-Isle, et où le nom de cette place se trouve dans le corps même de l'écrit.

[669] On écrit ordinairement _Neuchèse_.

[670] Fouquet avait ajouté: _ou au Havre_; mais il a effacé ces mots.

[671] Ce nom a été ajouté en interligne.

[672] Louis Fouquet, alors coadjuteur de l'évêque d'Agde, était en même temps conseiller du parlement de Paris.

[673] François Fouquet, qui n'était encore en 1658 que coadjuteur de l'archevêque de Narbonne.

[674] Fouquet a remplacé _ses cinq_ par _quelques_.

[675] Fouquet a ajouté en interligne _et chez M. de Bournonville_.

[676] C'est-à-dire _de la première chambre des enquêtes_.

[677] La phrase a été copiée textuellement. Fouquet veut dire sans doute que M. Amproux connait bien les usages du parlement et y peut servir pour toutes choses.

[678] Les protestants.

[679] Fº 94 du même volume.

[680] Papiers de Fouquet, Bibl. imp., F. Baluze, t. II, p. 249. Au dos: _Monsieur le Procureur général_.

[681] _Å’uvres de la Fontaine_, édit. Walckenaer, t. VI, p. 350 et suiv. Paris. Lefèvre, 1828.

[682] L'ordonnance qui nomme Nicolas Fouquet seul surintendant des finances se trouve dans le journal de Foucault, déjà cité, t. VIII.

[683] Probablement _preuve de capacité_. On dit encore _faire ses preuves_.

[684] Cette maison, située rue Saint-Antoine, est aujourd'hui le lycée Charlemagne.

[685] L'archevêque de Rouen était, à cette époque, Harlay de Chanvalon, qui devint, dans la suite, archevêque de Paris.

[686] Prince de Conti, frère du prince de Condé.

[687] Gouverneur de Narbonne.

[688] Barthélémy Hervart, ou d'Hervart, était un des plus riches financiers de cette époque. Il avait obtenu la faveur de Mazarin en lui avançant des sommes considérables pendant la Fronde.

[689] Archives des affaires étrangères, FRANCE, t. CLXVII, pièce 172.

[690] Je n'ai sous les yeux que l'édition défectueuse donnée par la Beaumelle (Amsterdam, 1756, in-12), t. I, p. 25.

[691] Frère de Louis XIV, qui porta plus tard le titre de duc d'Orléans.

[692] _Mémoires de Gourville_, édit. Michaud et Poujoulat, p. 525.

[693] «Ces avis (il s'agit de lettres et avis adressés à Fouquet), et entre autres un de 1659, contiennent tout le dessein du sieur Colbert, en la manière qu'il s'est exécuté depuis et s'exécute encore à présent. C'est une pièce principale, que j'ai montrée à plusieurs personnes, qui porte tout le détail du complot, et particulièrement que Colbert faisoit de grandes instances auprès de Son Éminence pour m'ôter mon emploi et faire résoudre une chambre de justice, dont il seroit le maître.» (Défenses, t. II, p. 26.)

[694] Mazarin s'était rendu dans cette ville pour négocier avec don Louis de Haro.

[695] _Mémoires de Gourville_, édit. Michaud et Poujoulat, p. 525-526.

[696] _Ibid._ p. 526.

[697] Voy. la lettre de Bartet au chapitre suivant.

[698] Gourville ne parle pas de ce voyage de Fouquet à Saint-Jean-de-Luz; mais la lettre du cardinal à Colbert, en date du 20 octobre 1659, ne laisse aucun doute sur ce point. On sait d'ailleurs, par les lettres de Mazarin au roi et à la reine, en date du 20 octobre 1659, que Fouquet resta trois jours avec Mazarin à Saint-Jean-de-Luz, du 17 au 20 octobre, et repartit ensuite pour Bordeaux, où il rejoignit la cour et l'accompagna à Toulouse.

[699] Cette lettre de Mazarin à Colbert a été publiée, sans date, dans les _Documents historiques tirés de la Bibliothèque impériale_ (Collection des _Documents inédits_), t. II, p. 501 et suivantes. La date de cette lettre est déterminée par la réponse de Colbert. M. Pierre Clément a réimprimé ces deux lettres dans son _Histoire de Colbert_.

[700] Ce voyage, dont il a été question au t. I, p. 7, fut entrepris par le cardinal après l'arrestation des princes. Fouquet l'accompagnait en qualité de maître des requêtes.

[701] Colbert veut parler du règlement du 21 décembre 1654, dont il a été question plus haut. Voy. t. I, p. 269-270.

[702] Voy. t. I, p. 386.

[703] Il est souvent question de ce personnage dans les _Défenses de Fouquet_. C'était un des confidents du surintendant, qui en parle avec beaucoup d'estime: «Ceux à qui le nom, le mérite, la vertu et la fidélité de M. Chanut ont esté connues [auront peine à croire] que cet homme, d'une probité rare et incomparable, ait esté choisi pour estre le confident d'une révolte.» _Défenses_, t. III. p. 353.

[704] Denis Talon, dont il s'agit ici, avait succédé à son père Omer Talon dans la charge d'avocat général au parlement de Paris.

[705] Les _Mémoires de Gourville_ prouvent que Colbert avait deviné juste.

[706] Voy. dans les _Mémoires de Conrart_ l'article intitulé BARTET, _secrétaire du cabinet_.

[707] On connaît la plaisanterie de Gaston d'Orléans qui, parlant des Fouquet, Bartet, Brachet, Milet, etc., qui étaient dévoués à Mazarin, disait: _Omnia nomina in_ ET _sunt Mazarinei generis_.

[708] Voy. t. I, p. 390-391, la conduite de l'abbé Fouquet.

[709] Les canons étaient des ornements de toile ronds, fort larges, souvent ornés de dentelles, qu'on attachait au-dessous du genou et qui tombaient jusqu'à la moitié de la jambe. Molière s'est moqué

De ces larges canons, où comme en des entraves On met tous les matins ses deux jambes esclaves.

[710] NÅ“uds de ruban qui servaient à orner les vêtements.

[711] _Mémoires de Conrart_, article BARTET.

[712] T. VI, p. 120 édit. Hachette, in-8.

[713] Ce conseiller du Parlement de Pau, que Bartet accusa d'abord de l'attentat commis contre sa personne, se nommait Casaux. Voy. _Mémoires de Conrart_, article BARTET.

[714] M. de Nouveau était directeur des postes.

[715] _Mémoires de Conrart_, article BARTET.

[716] Lettre du 19 juillet 1655.

[717] Baigneur célèbre de cette époque, chez lequel on trouvait tous les raffinements du luxe.

[718] _Mémoires_ (édit Hachette, in-8), t. VI, p. 121.

[719] Bartet ne quitta la cour qu'après la disgrâce de Fouquet. Il se retira alors à Neufville, près de Lyon, dans un domaine de la famille de Villeroy. Il y vécut jusqu'à un âge très-avancé (cent cinq ans) Bartet mourut en 1707.

[720] On sait que Mazarin négociait le mariage de Louis XIV avec l'infante Marie-Thérèse, en même temps que la paix des Pyrénées.

[721] Bartet fait allusion à la passion que le roi avait éprouvée pour Marie Mancini et dont le cardinal ne le croyait pas bien guéri.

[722] Il s'agit du commerce épistolaire entre Louis XIV et Marie Mancini reléguée à Brouage.

[723] Ces deux mots espagnols furent francisés et formèrent le mot _médianoche_, très-usité au dix-septième siècle pour indiquer un repas fait à minuit, en gras, lorsqu'on passait d'un jour maigre à un jour gras, Madame de Sévigné en parle souvent dans ses lettres: «Le soir, le roi alla à Liancourt, où il avait commandé _médianoche_.» (Lettre du 26 avril 1671.) Voy. aussi lettres du 26 août 1671, du 6 avril 1672, etc.

[724] Il y a ici un _lapsus_, il faudrait huit mille pour faire le chiffre de dix mille indiqué par Bartet.

[725] Ce passage détermine l'époque où Fouquet vint à Bordeaux; ce fut vers la fin de septembre ou au commencement d'octobre 1659.

[726] On a vu, dans une lettre précédente, que Langlade était, comme Bartet, secrétaire du cabinet.

[727] Les Mémoires du dix-septième siècle attestent que tel n'était pas le caractère habituel de Vardes; c'était, au contraire, un des seigneurs les plus brillants et les plus vaniteux de la cour.

[728] Marie-Anne Mancini, dernière nièce du cardinal Mazarin. Elle épousa dans la suite le duc de Bouillon.

[729] Ce château fort était situé près de Charleville.

[730] Le maréchal de Gramont était chargé de faire la demande officielle de la main de l'infante Marie-Thérèse.

[731] On sait que Louis de Bourbon, prince de Condé, rentra en grâce par suite de la paix des Pyrénées.

[732] Premier chirurgien du roi.

[733] Le Tellier et Loménie de Brienne.

[734] Remords de conscience.

[735] Catherine Belier, première femme de chambre de la reine.

[736] Louis Fouquet, frère du surintendant. Il était aumônier du roi.

[737] Madame de Laubardemont était également femme de chambre de la reine. Loret en parle dans sa lettre du 10 avril 1660:

...La sage Laubardemont, Femme de chambre de la reine, Mourut la seconde semaine Du mois de mars dernier passé.

[738] Il s'agit des _états de Languedoc_, dont l'ouverture avait eu lieu le 1er octobre Voy. le chapitre suivant.

[739] _Muse historique_, lettre du 18 octobre 1659.

[740] Loret a ajouté en note: _Messire François Fouquet, frère aîné de monseigneur le surintendant_.

[741] Voy. plus haut, p. 28 et 32.

[742] Ci-dessus, p. 13.

[743] _Mémoires de Gourville_, ibid., p. 526. Si l'on s'en rapporte aux lettres de Gui-Patin, il semble que le surintendant était revenu à Paris après l'entrevue de Saint-Jean-de-Luz et qu'il fut de nouveau appelé à la cour. On lit, en effet, dans une lettre du 2 décembre 1659: «M. Fouquet, surintendant des finances, a été appelé à la cour pour quelque chose que M. Hervart avoit dit contre lui, et eût été en danger de perdre la surintendance, s'il n'eût paré le coup, et, dit-on, en donnant cinquante mille écus au cardinal comme un présent de bagatelle; il revient bien rétabli.» Les derniers mots peuvent faire supposer qu'il s'agit d'un voyage déjà ancien, comme celui que Fouquet avait fait au mois d'octobre. D'ailleurs la chronologie des lettres de Gui-Patin est loin d'être établie d'une manière satisfaisante.

[744] _Mémoires de Gourville_, ibid., p. 526.

[745] «M. de Brancas, dit Gourville, étoit assez de mes amis, parce que de temps en temps je lui donnois de l'argent de la part de M. Fouquet, et à bien d'autres aussi.»

[746] _Mémoires de Gourville_, ibid., p. 527.

[747] T. III, p. 291.

[748] _Mémoires de Gourville_, p. 527.

[749] _Ibid._, p. 528.

[750] Cette pièce, intitulée _Ode anacréontique_, est adressé à _Madame la surintendante sur ce qu'elle est accouchée avant terme, dans le carrosse, en revenant de Toulouse_. Elle porte la date de 1658; mais c'est par erreur: il faut lire 1659. Voy. au chapitre suivant la lettre de Bartet.

[751] Vieux mot pour _rappeler_.

[752] Voy. ci-dessus, p. 8.

[753] Mss. de Conrart à la bibliothèque de l'Arsenal, in-f°, t. XI, p. 159 et suiv. Conrart a ajouté la note suivante: «Cette lettre a esté copiée par moy sur l'original, escrit de la main de Bartet, qui estoit alors fort bien à la cour, à M. Foucquet, surintendant des finances, entre les papiers duquel elle fut trouvée, après qu'il eust esté arresté à Nantes, avec plus de quatre-vingts autres [lettres] de mesme force et de mesme style. Il y avoit au-dessus de celle-cy, en gros caractères, POUR L'AVENIR, qui est le nom de M. Foucquet dans le chiffre qu'ils avoient ensemble.»

[754] Il y a _novembre_ dans le texte; mais c'est une erreur du copiste. Mazarin n'était arrivé à Toulouse que le 22 novembre, et le surintendant n'avait quitté cette ville que dans le courant de décembre.

[755] Un des commis de Fouquet.

[756] Valet de chambre du roi.

[757] Ces mots désignent la reine et Mazarin.

[758] La cour en quittant Toulouse se rendit en Provence.

[759] Zongo Ondedei, évêque de Fréjus. Il était, comme on l'a déjà dit, parent et confident de Mazarin.

[760] Il n'est pas facile de deviner quelles sont les personnes cachées sous ces noms; cependant on peut conjecturer, sans trop d'invraisemblance, qu'ils désignent MM. de Brancas et de Grave, qui recevaient l'un et l'autre une pension de Fouquet. Il a déjà été question de Brancas, qui devint plus tard chevalier d'honneur de la reine mère. De Grave était chargé de distribuer les sommes allouées par le surintendant aux personnes de la famille royale.

[761] C'est-à-dire, connaissaient ces faits mieux que moi.

[762] C'est-à-dire, j'en ai, en partie, instruit les deux autres.

[763] D. Louis de Haro, qui avait négocié avec Mazarin la paix des Pyrénées.

[764] La dispense nécessaire pour le mariage de l'infante avec Louis XIV.

[765] Ce voyage de Bartet à Rome parut un événement assez important pour que Loret s'en occupât à plusieurs reprises. Il annonce le voyage dans sa lettre du 24 janvier 1660:

Bartet, qu'on sait être habile homme, Est allé de Tuloze à Rome De la part de Sa Majesté, Pour avoir de Sa Sainteté, Par la raison de parentage, Dispense pour le mariage, etc.

La lettre du 13 mars parle de son retour:

J'appris l'autre jour, en passant, Que Bartet, esprit agissant, Un peu Gascon, mais honnête homme, Est enfin revenu de Rome, etc.

La même lettre nous apprend que Bartet a été chargé de porter la dispense à Madrid. La lettre du 24 avril parle d'un don de pierreries de la valeur de quatre mille écus, dont le roi d'Espagne a gratifié Bartet.

[766] _Muse historique_, lettre du 5 janvier 1660.

[767] Voy. t. I, p. 423.

[768] Voy. les _Mémoires_ de mademoiselle de Montpensier, qui accompagna la cour dans une partie du voyage (t. III, p. 589 et suiv.).

[769] _Ibid._, p. 404.

[770] _Mémoires de Gourville_, édit. citée, p. 528-520.

[771] Lettre du 8 mai 1660.

[772] M. Fouquet, premier écuyer de la grande écurie du roi. (Note de Loret.)

[773] Lettre du 24 juillet 1660.

[774] On peut comparer une lettre de madame Scarron à madame de Villarceaux en date du 27 août 1661.

[775] Le chef des conseils du roi était le chancelier de France. Pierre Séguier était alors investi de cette dignité. Madame Scarron dit aussi en parlant de Séguier: «Ensuite parut M. le chancelier en robe et manteau de brocart d'or.»

[776] Parlement, chambre des comptes et cour des aides. Il y avait encore une cour souveraine, le grand conseil, qu'il ne faut pas confondre avec le conseil du roi. Madame Scarron n'admire pas le parlement: «Les présidents à mortier étoient assez ridicules avec leurs mortiers sur la tête, qui, de loin, paroissoient de ces boites plates de confitures.»

[777] Le prévôt des marchands était à cette époque Alexandre de Sève, seigneur de Châtignonville.

[778] Madame Scarron parle aussi des mulets de Son Éminence: «La maison de M. le cardinal Mazarin ne fut pas ce qu'il y eut de plus laid; elle commença par soixante-douze mulets de bagage; les vingt-quatre premiers avoient des couvertures assez simples, plus fines, plus éclatantes que les plus belles tapisseries que vous ayez jamais vues, et les derniers en avoient de velours rouge en broderie d'or et d'argent avec des mors d'argent et des sonnettes, tout cela d'une magnificence sur laquelle on se récria beaucoup.» Et plus loin: «J'oubliois, dans la maison de M. le cardinal, vingt-quatre chevaux de main, couverts de housses si belles, et si beaux eux-mêmes, que je n'en pouvois ôter les yeux.»

[779] Vieux mot qui a le même sens que _se pavanant, faisant la roue comme un paon_.

[780] Madame Scarron parle aussi de quelques-uns des seigneurs de la cour et particulièrement du comte de Guiche, fils du maréchal de Gramont: «Le comte de Guiche marchoit seul, fort paré de pierreries qui éclatoient au soleil admirablement, entouré de force belles livrées et suivi de quelques officiers des gardes. Il alla sous le balcon, comme vous pouvez penser (il s'agit du balcon de l'abbé d'Aumont, où était Henriette d'Angleterre). Je crois qu'il plut assez; car il étoit en plein de verd et de blanc qui réussit fort bien.»

[781] «...Le roi, dit madame Scarron, saluoit tout le monde avec une grâce et une majesté surprenantes,» La partie de la lettre de madame Scarron renfermant la description du roi et de la reine n'a pas été publiée dans l'édition de la Beaumelle. L'éditeur dit qu'il y a une lacune de quatre pages dans le manuscrit.

[782] _Mémoires_ (édit. Michaud et Poujoulat), p. 526.

[783] Ce qui fait dix-sept mille livres de monnaie du temps; plus de quarante mille francs de monnaie actuelle.

[784] On a altéré son nom dans les _Mémoires de Gourville_, où elle est appelée _madame de Launay-Grancé_. Françoise Godet des Marais était veuve de Launay-Gravé depuis 1655. Elle se remaria dans la suite à Antoine de Brouilly, marquis de Piennes. Le _Dictionnaire des précieuses_ la mentionne sous le nom de _Ligdaride_.

[785] Cet hôtel devint plus tard l'hôtel de Bouillon. On y remarquait un tableau de le Brun représentant Apollon sur le Parnasse.

[786] _Mémoires de Gourville_, ibid., p. 539.

[787] Ces lettres sont autographes et font partie des papiers de Fouquet conservés à la Bibl. imp., mss. F. Baluze.

[788] Bruant des Carrières était un des commis de Fouquet.

[789] Bullion de Bonnelle était chancelier de la reine, charge que Fouquet voulait acheter.

[790] La réponse autographe de de Lyonne est conservée dans les papiers de Fouquet, mss. de la Bibl. imp., F. Baluze.

[791] Papiers de Fouquet, Bibl. imp., mss. F. Baluze. t. II, p. 241.

[792] On donnait le nom de _direction_ au conseil des finances.

[793] Rose et Roussereau étaient les secrétaires de Mazarin.

[794] Ce passage n'est pas sans intérêt pour l'histoire des mÅ“urs de cette époque. Il montre que le premier président Guillaume de Lamoignon n'était pas resté étranger aux prêts et autres affaires de finances.

[795] Papiers de Fouquet. F. Baluze. t. I, p. 199.

[796] T. I, p. 360 et suiv., et p. 488 et suiv.

[797] _Mémoires de Gourville_, ibid., p. 531.

[798] Lettre du 17 août 1660.

[799] Voy. encore sur ces bruits la lettre du 29 décembre 1660. Gui-Patin, qui répète un peu au hasard les on-dit, met dans cette lettre l'abbé Fouquet au lieu du surintendant.

[800] Voy. entre autres la lettre du 10 octobre 1660.

[801] F. Baluze, t. II, p. 113.

[802] Il s'agit du président Viole, qui avait été un des partisans les plus ardents des princes.

[803] L'hôtel de Longueville était situé rue Saint-Thomas-du-Louvre.

[804] On peut consulter sur ces affaires la correspondance de Colbert de Croissy avec le cardinal Mazarin et avec son frère, J.B. Colbert. Colbert de Croissy, qui devint plus tard ministre des affaires étrangères, avait été envoyé à Rome par Mazarin. Il y séjourna pendant les mois de novembre et décembre 1660, janvier et février 1661. Sa correspondance originale est conservée à la Bibl. imp. dans le f. Baluze.

[805] _Mémoires de Louis-Henri de Loménie, comte de Brienne_, (édit. de 1828), t. II, p. 112.

[806] Voy. l'_Histoire du palais Mazarin_, par M. le comte Léon de Laborde.

[807] _Mémoires_, ibid., p. 114-115.

[808] _Mémoires_, ibid., p. 121-125.

[809] Le fait est rapporté par l'abbé de Choisy, qui ne donne pas de date; mais Gui-Patin, dans une lettre du 28 janvier 1661, dit que cette querelle avait eu lieu quatre jours auparavant. Ce qui place la scène au 24 janvier.

[810] Lettre autographe de Lyonne à Fouquet conservée dans les papiers de Mazarin à la Bibl. imp., F. Baluze. t. I, p. 174. Les lettres de Lyonne ne sont pas signées, mais l'écriture est facile à reconnaître.

[811] Il s'agit probablement du maréchal de Turenne.

[812] Papiers de Fouquet, F. Baluze, t. II, p. 178.

[813] _Ibid._, p. 180.

[814] Marie-Anne Mancini, nièce de Mazarin, qui épousa dans la suite le duc de Bouillon.

[815] On trouvera plus loin la lettre même qui contient cette déclaration.

[816] _Mémoires de l'abbé de Choisy_, p. 579, édit. cit.

[817] Lettre de Gui-Patin du 25 février 1661.

[818] _Mémoires du jeune Brienne_, t. II, p. 152.

[819] _Mémoires de Louis-Henri de Loménie, comte de Brienne_. t. II. p. 155 et suiv.

[820] Le chancelier scellait tous les arrêts et titres dans une assemblée composée de maîtres des requêtes et de référendaires, où la légalité de chaque pièce était vérifiée avant qu'on y apposât le sceau de l'État.

[821] _Mémoires du jeune Brienne_, ibid., p. 157.

[822] «La constance ne consiste pas à faire toujours les mêmes choses, dit Louis XIV dans ses _Mémoires_ édit. Dreyss, t. II, p. 109, mais à faire toujours les choses qui tendent à la même fin.»

[823] Saint-Simon, qu'on ne soupçonnera pas de partialité envers Louis XIV, s'accorde sur ce point avec tous les écrivains de l'époque. Mademoiselle de Scudéry disait du roi que, même en jouant au billard, il avait l'air du maître du monde.

[824] _Mémoires_, t. II, p. 103-104, même édit.

[825] _Ibid._, t. II, p. 6.

[826] _Mémoires_, t. II. p. 428.

[827] _Mémoires de Louis XIV_, même édit., t. II, p. 388.

[828] _Ibid._, p. 388-389.

[829] Voy. entre autres les _Mémoires de l'abbé de Choisy_.

[830] Voy. plus haut, p. 67 et suiv. Compar. les _Mémoires de Gourville_, p. 535, édit. Michaud et Poujoulat.

[831] _Mémoires de Choisy_, p. 575, (édit. Michaud et Poujoulat).

[832] _Mémoires de Choisy_, p. 581.

[833] _Ibid._ Choisy raconte qu'il a su ces détails de Pellisson.

[834] L'abbé de Choisy compte à cette époque Delorme parmi les commis de Fouquet. C'est une erreur. Nous avons vu (t. I. p. 586) que dès 1657 Fouquet l'avait chassé.

[835] Voy. t. I, p. 370.

[836] _Mémoires de l'abbé de Choisy_, ibid.

[837] Ci-dessus, p. 32 et 34.

[838] On trouve dans les lettres inédites de Bartet la preuve de cette assertion. Il écrivait à Mazarin, le 21 octobre 1659: «La reine (Anne d'Autriche) ne se sent pas de joie de ce rembarquement d'amitié du roi avec madame la Comtesse. Je crois que sa joie seroit encore plus vive, si les nouvelles voloient jusqu'à Brouage, où sans doute elles seront bientôt.» On sait que Marie Mancini avait été reléguée à Brouage.

[839] Voy. mss. de Conrart, in-f°, t. XI, p. 151, à la Bibl. de l'Arsenal.--Les portefeuilles de Valant sont conservés à la Bibl. impériale.

[840] Papiers de Fouquet dans les mss. Baluze, t. I. p. 41.

[841] Ce nom est difficile à déchiffrer; il y a _Bosleus_ dans le manuscrit; mais, comme l'orthographe de ces lettres est détestable, il faut lire, je crois, _Beaulieu_.

[842] Mademoiselle de Menneville ou Manneville était aussi une des filles de la reine; il en sera question plus loin.

[843] Henriette d'Angleterre, femme du duc d'Orléans.

[844] La duchesse de Valentinois était princesse de Monaco.

[845] _Mémoires de Saint-Simon_, t. XX, p. 45.

[846] Recueil de Maurepas. t. II, p. 271.

[847] Loret. _Muse historique_, lettre du 28 décembre 1652.

[848] Se rappelant.

[849] _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_. t. III, p. 111-115 (édit. Charpentier).

[850] Voy., entre autres, lettre du 19 janvier 1659.

[851] Lettre de Racine à la Fontaine, d'Uzès, le 11 novembre 1661.

[852] Voy. le rôle de mademoiselle de Treseson à la cour de Savoie, t. I. p. 404 et suiv.

[853] Papiers de Fouquet, F. Baluze, t. I, p. 40.

[854] Ces mots désignent toujours mademoiselle de Menneville dans la correspondance de l'entremetteuse.

[855] Papiers de Fouquet (F. Baluze), t. I, p. 31-32. Ces lettres ne sont pas datées; mais la plupart sont de 1661.

[856] _Mémoires de Mademoiselle de Montpensier_, t. III. p. 288 (édit. Charpentier).

[857] Mademoiselle du Fouilloux, devenue marquise d'Alluye, fut impliquée, comme on le verra plus loin, dans le trop fameux procès des poisons, et accusée d'avoir fait périr son beau-père, qui mourut le 21 décembre 1666. Le mariage n'eut lieu qu'en 1667.

[858] T. I, p. 400-401.

[859] Voy. les _Mémoires du jeune Brienne (Henri-Louis de Loménie_), t. II, p. 173-174.

[860] Papiers de Fouquet, t. I, p. 27.

[861] Le marquis de Richelieu avait épousé la fille de madame de Beauvais, femme de chambre de la reine mère.

[862] Papiers de Fouquet, t. I, p. 72.

[863] La cour était alors à Fontainebleau.--Voy. sur le marquis de Richelieu les _Mémoires de madame de Motteville_, ann. 1661.

[864] On voit par les _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_ (t. III, p. 288) que mademoiselle du Fouilloux avait été mêlée aux intrigues amoureuses de Louis XIV avec Marie Mancini.

[865] Maître de la garde-robe du roi.

[866] Espagnole attachée à la reine Marie-Thérèse.

[867] Papiers de Fouquet, t. I, p. 87

[868] Papiers de Fouquet, t. I, p. 45.

[869] Voy. sur cette lettre mystérieuse les _Mémoires de madame de Motteville_ et de _mademoiselle de Montpensier_. On ne sut que plus tard l'origine de cette lettre.

[870] _Å’uvres de Louis XIV_, t. V, p. 182-184.

[871] Lettre du 26 janvier 1680.

[872] Le duc de Bouillon était beau-frère de la comtesse de Soissons.

[873] La Voisin et la Vigoureux.

[874] Voy. les _Mémoires de Saint-Simon_, édit. Hachette, in-8 t. XVII. p. 472-473.--Comparez les _Mémoires du marquis d'Argenson_ édit. de la _Société d'Hist. de France_. t. I. p. 147 et suiv.

[875] Elle mourut en 1721.

[876] _Mémoires de Retz_ édit. Charpentier, t. I. p. 252-255.--Voy. à l'Appendice l'opinion de Voltaire sur ce portrait.

[877] Le couvent des _Filles de Notre-Dame de la Miséricorde_ était situé rue du Vieux-Colombier.

[878] Voy. t. I, p. 350-351.

[879] Papiers de Fouquet à la Bibl. imp., t. II, p. 292.

[880] M. Feuillet de Conches, dont je ne connaissais pas l'intéressant ouvrage (_Causeries d'un curieux_, etc.), lorsque j'ai écrit cette page, a supposé (t. II, p. 551) que ces instructions étaient destinées à mademoiselle de Treseson qui se rendait à Turin. Je ne puis partager cette opinion. Mademoiselle de Treseson avait été envoyée à la cour de Savoie en 1658. Comment Fouquet aurait-il parlé à cette jeune fille, ou à la princesse Marguerite, de l'influence de M. le Prince, qui, en 1658, était encore exilé et ne rentra en France qu'après la paix des Pyrénées? (Il ne quitta la Belgique que le 29 décembre 1659.) Il me semble impossible d'assigner à ce Mémoire une autre date que la fin de 1659 ou le commencement de 1660.

[881] Louis de Bourbon, prince de Condé.

[882] Les flatteries de Condé envers Mazarin étaient réelles. Le prince écrivait au cardinal le 24 décembre 1659, même avant d'avoir quitté Bruxelles: «Pour vous, monsieur, quand je vous aurai entretenu une heure, vous serez bien persuadé que je veux être votre serviteur, et je pense que vous voudrez bien aussi m'aimer.»

[883] Cette lettre se trouve dans les portefeuilles de Valant, t. VII. f° 277.--Compar. le _Journal d'Oliv. d'Ormesson_ (t. II, p. 42-43), Fouquet y est cité.

[884] Henry de Grave de Villefargeau, marquis de Grave, ancien gouverneur de Monsieur en 1648, maréchal de camp en 1661. Oliv. d'Ormesson (_Journal_, t. II, p. 42-45) dit positivement qu'il fut renvoyé de la cour et qu'il recevait de Fouquet de l'argent pour la reine mère.

[885] Nous verrons plus loin que ce fut, en effet, dans un voyage à Dampierre, chez madame de Chevreuse, que l'on détermina la reine mère à consentir à la perte de Fouquet.

[886] Papiers de Fouquet à la Bibl. imp. F. Baluze.

[887] Confesseur de Louis XIV.

[888] Les nièces de Mazarin étaient revenues à la cour depuis le mariage du roi. Il paraît que la passion de Louis XIV pour Marie Mancini se rallumait. Madame de la Fayette dit, dans son _Histoire de madame Henriette_ (collect. Petitot, t. LXIV. p. 385): «Le roi serait peut-être revenu à mademoiselle de Mancini, s'il n'avait été persuadé que le duc Charles de Lorraine avait su toucher son cÅ“ur.»

[889] Comparez les _Mémoires de madame de Motteville_ sur les relations d'Anne d'Autriche et du roi son fils.

[890] La cour passa à Fontainebleau les mois de mai, juin, juillet et août 1661.

[891] Bibl. imp., mss. f. Saint-Germain fr., n° 709.

[892] Ci-dessus, pag. 35.

[893] Papiers de Fouquet, t. II. p. 94.

[894] Ibid., p. 96.

[895] Il faut sous-entendre dans cette phrase _la quantité de vin qu'ils pouvaient faire entrer en franchise_.

[896] On voit dans cette lettre et ailleurs que de Grave était l'intermédiaire entre la reine mère et le surintendant.

[897] Papiers de Fouquet. t. II, p. 125.

[898] Lettre du 2 septembre 1661. Gui Patin se trompe d'époque. En septembre 1661, la reine mère avait abandonné Fouquet.

[899] _Mémoires_, t. X. p. 187 édit. Hachette, in-8.

[900] Papiers de Fouquet, t. II, p. 50.

[901] Jacques Tubeuf, président de la chambre des comptes et surintendant des finances de la reine mère.

[902] Bertillac ou Bartillac, trésorier de la reine mère.

[903] Papiers de Fouquet. t. II, p. 58.

[904] Maître de la chambre des comptes. Il fut un des juges de Fouquet.

[905] Miron était également maître de la chambre des comptes.

[906] Il y avait un président de Chalin au parlement de Rennes.

[907] C'est-à-dire à Paris. La cour était alors à Fontainebleau.

[908] Souligné dans la lettre, comme ci-dessus, p. 136 et 137.

[909] Voy. p. 15-16, et p. 474-483 du tome I.

[910] _Mémoires de Louis XIV_, édit. citée, t. II, p. 407

[911] _Mémoires de l'abbé de Choisy_, p. 583 (édit. Michaud et Poujoulat).

[912] Voy. sur ce négociateur l'_Histoire de Louis XIV_, par Pellisson (t. I, p. 49). «C'étoit, dit Pellisson, un gentilhomme de Rouergue, très-habile, et personne de confiance, dont Bordeaux, maître des requêtes, et depuis chancelier de la reine, s'étoit servi huit ans durant comme d'un instrument principal en son ambassade d'Angleterre sous Cromwell. Il connoissoit cette cour et cette nation, en parloit et écrivoit la langue avec facilité, et n'étoit pas inconnu au chancelier (Clarendon).»

[913] _Mémoires de Louis XIV_, t. II, p. 408.

[914] _Mémoires de l'abbé de Choisy_, même édit., p. 583.

[915] Le mariage n'eut lieu qu'aprés la disgrâce de Fouquet; mais il avait été préparé par ses négociations.

[916] Voy. la _Vie de François de Maucroix_, par M. Walckenaer, en tête des _Nouvelles Å“uvres diverses de Jean la Fontaine_; (Paris, 1820).

[917] Les _Mémoires de Maucroix_ se trouvent dans le t. II de ses _Å“uvres diverses_ publiées par M. Louis Paris, en 2 vol. in-12 (Paris, 1854).

[918] Voy. les _Défenses de Fouquet_, t. III, p. 366. Le manuscrit de Foucault relatif au procès de Fouquet (des 500 de Colbert, n° 235 et suiv.) contient les instructions données à Maucroix, t. II, f° 145.

[919] Instruction remise à Maucroix et rédigée probablement par Pellisson.

[920] _Défenses_, t. III, p. 367.

[921] Voy. entre autres ce qui arriva, en 1667, pour la Réforme projetée des couvents. _Journal d'Oliv. d'Ormesson_, t. II, p. 499.

[922] _Mémoires_, édit. Hachette, in-8, t. IV, p. 134-135.

[923] Bonzi était devenu cardinal et archevêque de Narbonne.

[924] _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_. t. III, p. 512 (édit. Charpentier).

[925] L'abbaye de Saint-Victor comprenait un vaste terrain qui s'étendait de la rue des Fossés-Saint-Bernard à la rue Cuvier (autrefois rue de Seine).

[926] _Mémoires_, ibid., p. 519.

[927] Voyez la lettre de Marie Mancini au ch. XLI.

[928] Voy. l'ouvrage de M. Amédée Renée intitulé _les Nièces de Mazarin_ et l'_Histoire du palais Mazarin_ par M. le comte Léon de La Borde.

[929] Cette lettre est autographe et en partie chiffrée. Elle est conservée dans les papiers de Fouquet à la Bibl. imp. F. Baluze, t. I. p. 191.

[930] Fabio Chigi avait succédé sur le saint-siège à Innocent X en 1655, et avait pris le nom d'Alexandre VII.

[931] Les Bonzi étaient originaires de Florence.

[932] Marie Mancini, qui avait épousé le connétable du royaume de Naples.

[933] Quel est cet ami du roi? Peut-être le duc de Nevers, Philippe-Julien Mancini, neveu de Mazarin.

[934] De Lyonne.

[935] On voit par les _Mémoires de Mademoiselle_ (t. III, p. 516), que madame du Belloy était une des dames d'honneur qui avaient accompagné la princesse à Florence.

[936] Françoise de Nargonne, veuve de Charles de Valois, duc d'Angoulême. Elle survécut soixante-trois ans à son mari et mourut en 1715. Voy. les _Mémoires de Saint-Simon_, t. X, p. 126, édit. Hachette, in-8.

[937] Cosme de Médicis, mari de Marguerite-Louise d'Orléans, ne devint grand-duc qu'en 1670. Jusqu'à cette époque, il ne porta que le titre de _prince de Toscane_.

[938] De Lyonne.

[939] De Mazarin.

[940] Lettre de Gui-Patin du 1er avril 1661.

[941] _Mémoires_, t. II, p. 398 édit. Dreyss.

[942] Lettre du 24 mai 1661.

[943] Papiers de Fouquet. t. II. p. 34.

[944] _Ibid._

[945] Ce cher ami est probablement Hugues de Lyonne.

[946] Hortense Mancini, duchesse de Mazarin.

[947] Jean-Armand de La Porte, duc de Mazarin.

[948] On a vu plus haut (p. 88) que Mazarin mourant avait donné à sa nièce Hortense le gouvernement de La Fère.

[949] Cette sÅ“ur, dont il a été question dans le chapitre précédent, était Marie Mancini, la connétable Colonne.

[950] Ce Bellinzan ou Bellinzani était un des Italiens attachés aux nièces de Mazarin.

[951] Lettre autographe dans les papiers de Fouquet, t. II, p. 31.

[952] C'est le même Jean-Armand de La Porte, qui fut désigné sous le nom de duc de Mazarin, après son mariage avec Hortense Mancini. Il était grand-maître de l'artillerie.

[953] Le maréchal de La Meilleraye, qui s'était démis de la charge de grand-maître en faveur de son fils.

[954] Prévôt de l'Île-de-France.

[955] C'est-à-dire de la somme d'argent qui servait de compensation pour le prix d'acquisition de ma compagnie.

[956] L'affaire sur laquelle revient ici l'agent de Fouquet est une arrestation arbitraire, qui avait été dénoncée à la reine mère. Nous parlerons plus loin de cet acte dont les ennemis de Fouquet se servaient contre lui.

[957] Un billet signé GUYMBERT est en effet annexé à la lettre.

[958] On en trouve la preuve dans les lettres de la personne qui avait établi d'étroites relations avec le confesseur d'Anne d'Autriche. Voy. plus haut. p. 128 et suiv.

[959] Loret dit dans sa lettre du 5 juillet 1661:

Ils furent ensuite à Dampierre. Autre nobilissime terre. Dont le château de tous côtés A cent différentes beautés. Où la duchesse de Chevreuse, Princesse illustre et généreuse, De qui la gloire est l'élément, Les reçut admirablement.

[960] Le mari de conscience de madame de Chevreuse.

[961] Il s'agit probablement de la cabale de la comtesse de Soissons et de Vardes.

[962] Ces mots sont soulignés dans le manuscrit.

[963] Le nom est en blanc dans la lettre; il est probable qu'il s'agit de Colbert.

[964] Il a déjà été question de cette religieuse qui avait beaucoup d'influence sur la reine mère. Voy. p. 121.

[965] Un des traitants de cette époque.

[966] _Mémoires de l'abbé de Choisy_ (édit. Michaud et Poujoulat), p. 588.

[967] Plus d'une fois dans ses _Défenses_ et dans ses lettres, Fouquet invoqua le pardon qu'il prétendait que Louis XIV lui avait positivement accordé dans cette circonstance.

[968] _Mém. de l'abbé de Choisy_, ibid., p. 585.

[969] Cette lettre a été transcrite dans les mss. Conrart (t. XI. in-f°, p. 152), avec beaucoup d'autres lettres trouvées, dit-on, dans la cassette de Fouquet. Elle est loin d'être authentique. Cependant on doit reconnaître que, pour quelques-unes de ces lettres, si le style a été modifié, le fond est assez conforme aux pièces originales. Le nom de madame du Plessis-Bellière a peut-être été substitué à celui de quelque entremetteuse. Toutefois l'abbé de Choisy _ibid._, attribue aussi une démarche de cette nature à madame du Plessis-Bellière: «Madame du Plessis-Bellière, amie de Fouquet, l'avoit attaquée mademoiselle de La Vallière en lui disant que le surintendant avoit vingt mille pistoles a son service; et, sans se fâcher, elle lui avoit répondu que vingt millions ne lui feroient pas faire un faux pas. Ce qui avoit fort étonné la bonne confidente, peu accoutumée à de pareilles réponses.»

[970] Il est probable que ces mots désignent la reine mère.

[971] _Mémoires_, édit. Michaud et Poujoulat, p. 586.

[972] _Mémoires_, édit. de 1828, t. II, p. 178-179.

[973] La charge ne fut vendue qu'au mois d'août à M. de Harlay, mais la résolution semblait prise dès cette époque.

[974] Juven. _Sat._ VII, V. 197.

[975] Mot de Valerius Licinianus cité par Pline le Jeune, lettre M du livre IV.

[976] Voy. à l'Appendice du tome I, le texte du projet trouvé à Saint-Mandé.

[977] Gui-Patin écrivait à Falconnet: «Le roi s'en va en Bretagne pour présider aux états et tirer de l'argent le plus qu'il pourra. Il n'y a plus que cette province où il n'a pas encore été. On dit qu'il tâchera d'y mettre la gabelle, et de réduire cette province dans une obéissance aveugle comme les autres. Son conseil ne songe guère au soulagement des peuples et des pauvres provinces désolées, qui souffrent il y a si longtemps.» (Lettre du 12 juillet 1661.) Dans la lettre du 15 juillet: «On dit que les Bretons veulent se racheter, afin que le roi n'aille point en Bretagne.» Enfin dans la lettre du 2 septembre: «On dit que le roi veut aller en Bretagne pour supprimer les états de cette province, et les tailler comme les autres, et y faire de nouveaux officiers au parlement et ailleurs; voilà des effets de l'instruction mazarinesque et des échantillons de l'avarice italienne.»

[978] Papiers de Fouquet, t. II, p. 64.

[979] Il s'agit probablement du même Devaux, dont il a été question plus haut. C'est de lui que sont les rapports de police que nous avons cités (p. 163) et que nous citerons encore.

[980] Voy. au chapitre X les lettres du conseiller d'État de la Fosse, chargé de faire l'inventaire des papiers de Saint-Mandé.

[981] Papiers de Fouquet. t. I, p. 93-94.

[982] _Mémoires de Daniel de Cosnac_, t. I. p. 420-421. Cosnac était aumônier d'Henriette d'Angleterre.

[983] Lettre du 17 juillet 1661.

[984] Il n'y a pas, à ma connaissance, de roman de ce nom. Loret veut probablement parler d'un héros de quelque roman de mademoiselle de Scudéry. Mais on ne trouve le _grand Cléonime_ ni dans le _Cyrus_ ni dans la _Clélie_.

[985] La reine d'Angleterre, Monsieur et Madame. (_Note de Loret_.)

[986] Voy. dans les Å“uvres de la Fontaine une _Épître à madame Fouquet sur la naissance de son dernier fils_.

[987] Voy. Loret, Lettre du 31 juillet 1661.

[988] Elle signait elle-même _Manneville_, comme on le voit par les lettres autographes conservées dans les papiers de Fouquet à la Bibl. imp. L'usage a fait prévaloir la forme de Menneville. Elle était de la maison de Roncherolles; Louis de Manneville, son père, était seigneur d'Auxouville (Seine-Inférieure).

[989] Voy. p. 106.

[990] Voy. les détails donnés par M. Feuillet de Conches (_Causeries d'un curieux_, t. II, p. 555).

[991] Une copie de l'engagement réciproque se trouve dans les manuscrits de la Bibl. imp., papiers de Fouquet. La voici:

«Je soussigné, François-Christophe de Levy, duc d'Ampville, reconnoissant avoir donné la foy à mademoiselle Catherine de Manneville, à présent fille d'honneur de la reyne, de l'espouser dans un an au plustost, ay voulu pour gage et confirmation de cette foy, escrire et signer de ma main le présent acte fait à Paris le huitième février mil six cent cinquante et sept.

«FRANÇOIS-CHRISTOPHE DE LEVY.

«Je soussignée, Catherine de Manneville, fille d'honneur de la reyne, ayant donné ma foy réciproquement à François-Christophe de Levy, duc d'Ampville, de l'espouser du consentement de mon père et de ma mère soussignés, ay escrit et signé de ma main le présent acte fait à Paris ce mesme jour et an que dessus.

«CATHERINE DE MANNEVILLE, «LOUIS DE MANNEVILLE, «SUZANNE DE SERICOURT, «FRANÇOIS-CHRISTOPHE DE LEVY.»

[992] _Mémoires de madame de Motteville_, à l'année 1661.

[993] Madame de la Fayette a été mieux informée: «On trouva, dit-elle dans son _Histoire de madame Henriette d'Angleterre_, on trouva dans la cassette de M. Fouquet plus de lettres de galanterie que de papiers d'importance. Et comme il s'y en rencontra de quelques femmes qu'on n'avoit jamais soupçonnées d'avoir de commerce avec lui, ce fondement donna lieu de dire qu'il y en avoit de toutes les plus honnêtes femmes de France. La seule qui fut convaincue, ce fut Menneville, une des filles de la reine et une des plus belles personnes, que le duc d'Amville avoit voulu épouser. Elle fut chassée de la cour et se retira dans un couvent.»

[994] Papiers d'Fouquet, Bibl. imp., F. Baluze. t. I, p. 228. Les premières lettres sont datées et le nom de mademoiselle de Menneville s'y trouve tout au long. Plus tard il n'y a plus d'indication de dates, et c'est seulement d'après le contenu des lettres que l'on peut établir une classification. Quant à mademoiselle de Menneville, elle n'est plus désignée que par ces mots: _la personne que vous savez_.

[995] Pour son mariage avec Damville.

[996] Papiers de Fouquet, t. 1, p. 230.

[997] Ibid., p. 226. Il n'y a aucun ordre dans ces papiers, qu'on a reliés pêle-mêle. Des lettres postérieures en date sont placées avant celles qui devraient les suivre.

[998] Fêtes de Noël 1661.

[999] Papiers de Fouquet, t. II, p. 22.

[1000] Antoinette-Caroline le Sart, femme de Charles le Sart, seigneur de Prémont, chambellan de Monsieur.

[1001] Ce billet est signé MANNEVILLE. Je ne reproduis pas l'orthographe, qui dénote une grossière ignorance. M. Feuillet de Conches (_Causeries_, t. II, p. 558) a donné un _fac-simile_ de cette lettre. L'orthographe de l'entremetteuse est encore plus barbare.

[1002] Il est plusieurs fois question de madame de Charonne dans cette correspondance; il s'agissait probablement d'une abbesse de quelque monastère, avec laquelle le surintendant traitait pour une acquisition de propriétés. Charonne est voisin de Saint-Mandé. La femme la Loy s'employait, comme on l'a déjà vu, pour toute espèce d'affaires.

[1003] Papiers de Fouquet. t. I, p. 70.

[1004] C'est ainsi que mademoiselle de Menneville est toujours désignée dans la suite de la correspondance.

[1005] P. 71.

[1006] Il s'agit toujours du projet de mariage avec Damville.

[1007] Confesseur de Louis XIV.

[1008] Voy. cette promesse de mariage, p. 190, note 5.

[1009] Papiers de Fouquet, t. II, p. 330.

[1010] Toujours le mariage avec Damville.

[1011] Le marquis de Sourches.

[1012] Cette dame du Puy ou du Puis était chargée de surveiller les filles d'honneur de la reine.

[1013] Papiers de Fouquet, t. II, p. 54.

[1014] Papiers de Fouquet, t. I, p. 48

[1015] Papiers de Fouquet, t. II, p. 57.

[1016] Il s'agit du billet de cinquante mille écus que Fouquet avait remis à mademoiselle de Menneville et dont elle voulait se servir pour déterminer le duc de Damville à l'épouser.

[1017] François de Comminges, comte de Guitaut, capitaine des gardes de la reine mère.

[1018] Papiers de Fouquet, t. I, p. 72-73.

[1019] Papiers de Fouquet, t. I, p. 51.

[1020] Il ne peut être question que de Damville.

[1021] Papiers de Fouquet, t. II, p. 68.

[1022] Ibid., t. I. p. 27 et 28.

[1023] La bulle du jubilé était arrivée le 1er avril 1661. Gui-Patin écrivait à cette date: «Enfin la bulle du jubilé est ici arrivée; on s'en va prendre les mesures nécessaires pour la distribuer quelques semaines après Pâques. C'est pour remercier Dieu de la paix générale, des mariages, etc., et pour le prier qu'il nous assiste contre le Turc qui nous menace.» L'époque fixée pour les cérémonies et stations du jubilé fut la fin de mai et le commencement de juin. On lit dans la gazette de Loret du 5 juin 1661:

Le peuple est ici fort zélé En faveur du saint jubilé.

[1024] Intendant des bâtiments royaux.

[1025] _Mémoires de l'abbé de Choisy_, p. 583.

[1026] Papiers de Fouquet, t. II, p. 324.

[1027] Un des trésoriers de l'Épargne, dont il a été plusieurs fois question.

[1028] Papiers de Fouquet, t. II, p. 322.

[1029] Ibid., p. 52-53.

[1030] Le projet de mariage avec le duc de Damville.

[1031] T. II, p. 172-173 (édit. de 1828).

[1032] On se rappelle que le marquis de Créqui avait acheté la charge de général des galères avec l'argent fourni par Fouquet.

[1033] _Mémoires de Gourville_, édit. Michaud et Poujoulat, p. 532-533.

[1034] Papiers de Fouquet, t. I, p. 45.

[1035] M. de Fieubet était chancelier de la reine mère. (_Mémoires de Gourville_, édit. citée, p. 533.)

[1036] Un ms. de la Bibl. imp. (F. Saint-Germain fr., n° 1929) donne quelques renseignements sur la manière dont se fit la vente: «Quelque temps après, Fouquet se défait de la charge de procureur général. M..., qui a une belle maison au bout de l'Isle-Notre-Dame (c'était M. de Barentin, d'après les _Mémoires de Gourville_), en offre dix-huit cent mille livres. Mais M. Fouquet, se souvenant que M. de Harlay luy avoit presté quatre cent mille livres sans intérest, vint luy offrir sa charge et luy proposa [de la luy vendre] quatre cent mille livres de meilleur marché. M. de Harlay fit apparemment quelque difficulté. Fouquet luy dit qu'il trouverait trois cent mille livres de sa charge de maistre des requestes; qu'il avoit plusieurs maisons dans la rue de Harlay; qu'il devoit s'en défaire, et que cela pourrait fournir presque la somme; que de plus il luy promettoit de luy faire hausser ses gages à quarante mille livres. Mais, M. Fouquet ayant esté arresté, M. de Harlay n'en a point esté payé jusques à l'an 1671, que le roy paya douze mille escus à son fils. Je ne sçais si l'on continue à luy payer tous les ans.» Ce manuscrit est anonyme, et il est impossible d'apprécier l'authenticité des faits qu'il raconte.

[1037] _Mémoires de l'abbé de Choisy_, édit. citée, p. 586. Gui-Patin, qui est généralement disposé à prendre le mauvais côté des choses et dont les renseignements sont loin d'être toujours exacts, écrivait à son ami Falconnet, à la date du 2 septembre: «On dit que le roi a un grand caveau, dans lequel il serre volontiers ses pistoles, et d'où il n'aime point de rien tirer. Il dit que, quand ce caveau sera plein, il en fera faire un autre, et que M. le surintendant lui donne tous les mois cent mille écus.»

[1038] _Mémoires de l'abbé de Choisy_, édit. citée, p. 86.

[1039] Voy., pour la description de la fêté de Vaux, la lettre de la Fontaine à Maucroix (du 22 août), et celle de Loret en date du 20 août 1661.

[1040] _Mémoires de l'abbé de Choisy_, p. 587.

[1041] Voy. à l'Appendice du tome Ier un extrait des papiers de Conrart.

[1042] Portefeuilles de Vallant, t. III, pièce 27; ms., de la Bibl. impériale.

[1043] _Mémoires de l'abbé de Choisy_, édit. cit., p. 587.

[1044] Mémoire écrit tout entier de la main de Colbert et conservé à la Bibl. Imp. Nous en avons déjà cité un extrait, t. I, p. 330.

[1045] _Mémoires de l'abbé de Choisy_, p. 587.

[1046] _Ibid._

[1047] _Mémoires de Henri-Louis de Loménie, comte de Brienne_, édit. 1828, t. II, p. 183. Ces Mémoires sont, je le sais, suspects à la plupart des critiques. Le style en a été rajeuni; mais j'ai pu me convaincre, en consultant le manuscrit même, que les faits n'ont pas été altérés, et c'est pour l'histoire le point essentiel. Quant à la confiance que mérite un auteur dont l'esprit a été aussi profondément dérangé que celui du jeune Brienne, il y a encore lieu à discussion; mais je ferai remarquer qu'il s'agit ici d'événements dont il a été témoin et où il a joué le principal rôle. Il serait difficile de ne pas croire à sa véracité.

[1048] Bartillac, ou Bertillac, était le trésorier d'Anne d'Autriche.

[1049] C'était treize ou quatorze cent mille livres dont il avait les rescriptions des fermiers des aides dans sa poche quand il fut arrêté. (_Note de Brienne_).

[1050] C'était sept cent mille livres que lui gardait M. Chanut, dont la reconnaissance fut aussi trouvée dans sa poche quand on l'arrêta. (_Note de Brienne_.)

[1051] Il est fort douteux que la reine mère ait fait elle-même donner les avis à Fouquet. Nous avons vu qu'ils venaient d'une personne qui était en relation avec le confesseur de la reine mère. Il ne serait pas impossible que ce fût Bartillac, le trésorier d'Anne d'Autriche.

[1052] _Mémoires de Louis XIV_, édit. Dreyss, t. II, p. 521-525. Ces pages sont de la main de Pellisson.

[1053] Voy. sur ces acquisitions de Fouquet, t. I, p. 395-402 de nos Mémoires.

[1054] Voy. sur l'état misérable de la France à cette époque les détails donnés dans le chapitre XLII.

[1055] Les preuves de tous ces faits se trouvent dans le t. I, p. 395-402, des _Mémoires sur Fouquet_. On y voit, en effet, que les charges d'amiral de l'Océan, de général des galères de la Méditerranée, les gouvernements du Croisie, de Guérande, du mont Saint-Michel, la charge de mestre de camp général de la cavalerie (p. 380), avaient été achetés avec l'argent fourni par le surintendant et lui appartenaient en réalité.

[1056] Le voyage de Nantes et l'arrestation de Fouquet ont été racontés par le jeune Brienne, qui accompagna la cour à Nantes, par l'abbé de Choisy, qui vivait dans la familiarité intime d'un grand nombre de seigneurs, par le duc de Saint-Aignan, qui a fait une relation du voyage en vers pour les deux reines, enfin par Foucault, greffier de la chambre de justice: j'ai souvent parlé des Mémoires du jeune Brienne et de l'abbé de Choisy. Quant à l'épître en vers du duc de Saint-Aignan, elle a été imprimée dans un recueil de _Pièces intéressantes pour servir à l'Histoire de la littérature_, t. IV, p. 9. Enfin j'ai publié le récit de Foucault dans un Appendice au t. XII des _Mémoires de Saint-Simon_, édit. Hachette, in-8. On peut aussi tirer quelques renseignements des _Mémoires de l'abbé Arnauld_, qui ont été publiés dans les collections de _Mémoires relatifs à l'Histoire de France_.

[1057] On donnait ce nom aux légers navires qui parcouraient la Loire.

[1058] _Mémoires du jeune Brienne_, édit. citée, t. II, p. 187.

[1059] _Mémoires de l'abbé Arnauld_, édit. Michaud et Poujoulat, p. 541.

[1060] _Mémoires de l'abbé de Choisy_, édit. citée, p. 588.

[1061] _Mémoires de Brienne_, t. II, p. 195-197.

[1062] _Mémoires de Brienne, ibid._, p. 198.

[1063] _Mémoires de l'abbé de Choisy_, ibid.

[1064] Comparez pour cette scène les _Mémoires du jeune Brienne_ et les _Mémoires de l'abbé de Choisy_. Il y a des différences assez notables dans les détails, quoique les deux écrivains soient d'accord pour ce qui concerne le fond des événements.

[1065] Ç'a été depuis le fameux P. Chevigny, de l'Oratoire. (_Note de l'abbé de Choisy, ibid._) On a changé à tort ce nom en celui de _Chaviguy_ dans les _Mémoires de Brienne_.

[1066] Ces détails sont tirés du récit de l'arrestation de Fouquet par le greffier de la chambre de justice, Foucault.

[1067] On voit par la lettre de Louis XIV citée plus loin que ce fut Pellot qui mit les scellés chez Pellisson.

[1068] L'imagination romanesque de Brienne a ajouté ici des détails qui sont peu d'accord avec le procès-verbal officiel.

[1069] Récit du greffier Foucault.

[1070] On appelait _gentilshommes servants_, d'après le _Dictionnaire de Trévoux_, ceux qui servaient le roi à table. Il y en avait alors trente-six; ils servaient par quartier.

[1071] Il y a quelques différences entre le récit de Foucault et ceux de Choisy et du jeune Brienne. Choisy dit que ce fut Maupertuis, lieutenant des mousquetaires, que d'Artagnan envoya au roi et qu'il eut de la peine à pénétrer jusqu'au prince. Rose, secrétaire du cabinet, s'y opposait: «Eh bien, monsieur, lui dit Maupertuis, vous en répondrez en votre propre et privé nom.» Rose, intimidé, le fit entrer, malgré le capitaine des gardes et Chamarante. La lettre de Louis XIV, que nous citons plus loin, mentionne Desclaveaux et Maupertuis comme deux gentilshommes servants. Cette autorité l'emporte sur toute autre.

[1072] Le marquis de Coislin, gendre du chancelier Séguier, s'empressa de lui annoncer l'arrestation du surintendant. Sa lettre autographe se trouve dans les papiers de Séguier, Bibl. imp., ms. f. Saint-Germ. fr., nº 709, t. XXXII, fº 24. On y remarque le soin que le roi prend de s'assurer de Belle-Île: «L'on a chargé deux compagnies des gardes françoises et trois des Suisses de s'emparer de Belle-Isle, et donné ordre au gouverneur de Concarneau de remettre la place... Le roi ne partira point d'ici qu'il n'ait reçu des nouvelles de Belle-Isle.»

[1073] _Mémoires de l'abbé de Choisy, ibid._, p. 589.

[1074] Ce sont les expressions mêmes du jeune Brienne, témoin de cette scène.

[1075] _Mémoires du jeune Brienne, ibid._, p. 208.

[1076] _Mémoires de Gourville_, édit. Michaud et Poujoulat, p. 534.

[1077] _Mémoires de Gourville_, édit. citée, p. 534-535.

[1078] _Mémoires de Brienne_, t. II, p. 207.

[1079] Ce sont les termes mêmes de Brienne, _Mémoires, ibid._, p. 208.

[1080] Cette lettre a été publiée dans les _Å’uvres de Louis XIV_, t. V, p. 50-54.

[1081] Le marquis de Fourilles était colonel des gardes françaises.

[1082] Il y a dans le texte _Chavigni_; c'est une erreur, comme je l'ai déjà fait observer pour les _Mémoires de Brienne_.

[1083] _Mémoires de l'abbé Arnauld_, édit. citée, p. 541.

[1084] _Mémoires de l'abbé de Choisy_, édit. citée, p. 589.

[1085] Ibid., p. 590.

[1086] _Mémoires de l'abbé de Choisy_, p. 590.

[1087] Lettre autographe de Pierre Séguier à Louis XIV. (Arch. des affaires étrangères, FRANCE, t. CLXXI, pièce 90.)

[1088] Maîtres des requêtes.

[1089] Il s'agit du logement de Pellisson à Fontainebleau

[1090] _Mémoires de Conrart_, édit. Michaud et Poujoulat, p. 614.

[1091] _Mémoires de Montglat_, p. 353, même édition.

[1092] Bibl. imp., ms. F. Gaignières, nº 2790, fº 388. Lettre autographe

[1093] _Mémoires de Montglat_, édit. Michaud et Poujoulat, p. 353.

[1094] _Mémoires de l'abbé Arnauld_, même édit., p. 541.

[1095] Cette lettre a été publiée par M. Walckenaer dans son édition complète des _Å’uvres de la Fontaine_; t. VI, p. 484. Elle est datée du _samedi matin_, et M. Walckenaer a ajouté avec un point d'interrogation _le 11 septembre_; c'est une légère erreur. Fouquet avait été arrêté le lundi 5, le samedi suivant était le 10.

[1096] Probablement de Bellière (_du Plessis-Bellière_).

[1097] Ces détails sont tirés du récit de Foucault, greffier de la chambre de justice.

[1098] Cette lettre a été publiée par M. Feuillet de Conches, t. II, p. 529 des _Causeries d'un curieux_, etc.

[1099] On voit que cette lettre est de la fin d'octobre ou du commencement de novembre.

[1100] Il semble qu'il faudrait: _J'aurais souhaité ardemment_, etc.

[1101] Claude Joly, alors curé de Saint-Nicolas des Champs et plus tard évêque d'Agen. Il avait de la réputation comme prédicateur.

[1102] L'original autographe de cette lettre, comme celui de la précédente, fait partie de la précieuse collection de M. Feuillet de Conches. Il l'a publiée dans le t. II, p. 532, de ses _Causeries d'un curieux_, etc.

[1103] On reconnaît assez dans ce passage le prince de Condé, qui avait pris les armes contre le roi, le chancelier et son gendre le duc de Sully qui s'étaient joints au parti des princes, et avaient livré aux Espagnols le passage de la Seine à Mantes.

[1104] Voy. sur ces assertions, que Fouquet répète dans ses _Défenses_, le chapitre XV de notre premier volume, p. 262 et suiv., et notamment la p. 281, qui prouve que, dès 1653, Fouquet avait la confiance du cardinal pour l'administration financière.

[1105] On a vu dans le chapitre précédent, p. 248, que Louis XIV avait demandé au surintendant, le jour même de son arrestation, une somme nécessaire pour la marine.

[1106] C'est-à-dire: _je n'ambitionnais pas_.

[1107] Le maréchal de la Meilleraye était, comme on l'a vu, gouverneur de Bretagne.

[1108] Dix pour cent.

[1109] Le denier dix-huit (5,55 pour 100) était alors le taux légal de l'intérêt. Colbert le porta, peu de temps après la disgrâce de Fouquet, au denier vingt, ou 5 pour 100.

[1110] Ces lettres se trouvent dans les papiers du chancelier Séguier à la Bibl. imp., F. Saint-Germain fr., n° 709, t. XXXII. J'ai déjà publié à l'Appendice du tome Ier un mémoire du conseiller d'État de la Fosse.

[1111] Papiers de Séguier, ms. B. I., _ibid._, f° 60.

[1112] C'est le projet que nous avons publié à l'Appendice du tome Ier.

[1113] Papiers Séguier, Bibl. imp., _ibid._. f° 65.

[1114] Plusieurs de ces lettres furent supprimées, mais la plupart ont été conservées par Baluze, bibliothécaire de Colbert.

[1115] Il s'agit probablement de la correspondance de la femme La Loy avec Nicolas Fouquet; elle servait, comme on l'a vu, d'entremetteuse pour une des filles de la reine, mademoiselle de Menneville.

[1116] Boylève, ou Boislève, était un des traitants, et on faisait l'inventaire de tous leurs papiers comme le prouve la lettre suivante du conseiller de la Fosse au chancelier, en date du 24 septembre:

«Monseigneur,

«Je n'ai rien à ajouter à celle que j'eus l'honneur de vous écrire hier au soir touchant l'inventaire de Saint-Mandé, mais seulement touchant les papiers que les anciens secrétaires du conseil doivent rendre aux nouveaux, chacun selon son quartier. Je vous dirai qu'ayant achevé mon inventaire au logis du sieur Bossuet et fait transporter toutes les expéditions qui y estoient chez le sieur Berié (Berryer), dont les quartiers répondent à ceux dudit sieur Bossuet, le sieur Bechamel, qui m'a trouvé en repos à cause de l'absence de M. Poncet, m'est venu presser d'aller chez le sieur Galland, son résignant, pour être présent à la délivrance qui lui devoit être faite, dans l'espace d'une heure, de tous les papiers dudit sieur Galland absent, suivant l'inventaire qu'ils avoient fait entre eux, et la crainte que ledit sieur Galland avoit donnée à ses amis d'en faire la restitution, etc.»

[1117] Papiers de Séguier, Bibl. imp., _ibid._, f° 66.

[1118] Marie de Lorraine, née le 15 août 1615 et morte le 5 mars 1688, était connue à cette époque sous le nom de mademoiselle de Guise.

[1119] Joseph Foucault a rédigé le _Journal du procès de Fouquet_, dont j'ai déjà parlé.

[1120] C'est-à-dire donner lieu à un article d'interrogatoire à cause des circonstances.

[1121] Le gendre et la fille de Fouquet.

[1122] Il a été question dans le Ier volume, ch. XXIII et XXIV, de la bibliothèque de Saint-Mandé. Pierre Corneille en vantait la richesse.

[1123] Ce sont probablement les momies dont parle la Fontaine. Voy. t. I, ch. XXIV, p. 462-463.

[1124] Papiers de Séguier, Bibl. imp., _ibid._, f° 14.

[1125] Virg. _Æneid_, lib. II, v. 88.

[1126] Parlant des papiers que le roi a demandés, le conseiller de la Fosse dit: «Il y a des lettres missives, presque toutes sans signature, et en des termes qui ne peuvent servir qu'à déshonorer quelques femmes pour la trop grande liberté d'écrire, etc.» Voy. p. 275.

[1127] Lettre du 9 octobre 1661.

[1128] Les lettres de Chapelain et de Ménage prouvent que madame de Sévigné trouva en eux d'ardent et habiles défenseurs. Voy. les _Causeries d'un curieux_, par M. Feuillet de Conches, t. II, p. 518, 522 et 523.

[1129] Je les ai désignés ordinairement sous le titre de _Papiers de Fouquet conservés à la Bibliothèque impériale_, F. Baluze.

[1130] T. I, ch. XXII. Le nom de Trécesson doit s'écrire avec un _c_.

[1131] Voy. chapitre XXXVI, p. 195, 196, 201, 207 et 214.

[1132] Papiers de Fouquet, F. Baluze, t. II, p. 217 et 53.

[1133] Voy. plus haut, p. 171-172.

[1134] Papiers de Fouquet, t. II, p. 178.

[1135] Ou abbé de Maure.

[1136] Lettre du 19 juillet.

[1137] Papiers de Fouquet, F. Baluze, t. I, p. 60.

[1138] Ce mot indique que cette femme était de la famille d'un des ennemis de Fouquet, le président, le marquis ou Delorme.

[1139] On n'a mentionné que deux personnes; mais je copie textuellement.

[1140] Ci-dessus, p. 100-101.

[1141] Pag. 159 et suiv.

[1142] Papiers de Fouquet, F. Baluze, t. II, p. 237.

[1143] On a vu plus haut que Fouquet faisait surveiller cet ancien commis, qu'il avait chassé.

[1144] Il se nommait Guinbert, comme on le voit par une autre lettre.

[1145] Armand de la Porte, duc de Mazarin et grand-maître de l'artillerie.

[1146] Bessemot ou Bessemaux, gouverneur de la Bastille.

[1147] Il s'agit ici de la personne appelée la Montigny.

[1148] C'est-à-dire, c'est une personne qu'il est difficile de garder.

[1149] On donne ce nom, en Bretagne, aux curés de paroisse.

[1150] _Elle_ désigne ici madame d'Asserac, qui était fâchée d'avoir parlé au gentilhomme appelé plus haut du Guilie.

[1151] Le prévôt de l'Île-de-France.

[1152] Ambassadeur d'Espagne à Paris.

[1153] Lieutenant-criminel de robe courte.

[1154] Voy. ci-dessus p. 67 et suiv.

[1155] Papiers de Fouquet, F. Baluze, t. II, p. 298.

[1156] Papiers de Fouquet, t. II, p. 39.

[1157] S'agit-il de l'original de l'ordonnance dont le mousquetaire demandait le remboursement? Je suppose que c'est le sens du mot _originaux_.

[1158] Papiers de Fouquet. t. II, p. 41. Cette lettre est datée du 5 août 1661.

[1159] Le nom est en blanc dans la lettre.

[1160] C'est-à-dire _si vous avez de la colère contre quelqu'un_

[1161] _Mémoires_, édit. Hachette, in-8, t. II, p. 169.

[1162] Papiers de Fouquet, t. I, p. 123.

[1163] L'abbé de Montaigu était Anglais et attaché à la reine mère.

[1164] Ce gouvernement avait été promis à Gilles Fouquet par le marquis d'Aumont, son beau-père.

[1165] C'est-à-dire _une compensation_.

[1166] Il s'agit de Colbert de Croissi, qui était alors chargé des affaires de la France à Rome.

[1167] Il a été question plus haut (p. 145) de cet abbé Elpidio Benedetti. On voit, du reste, par cette lettre, que la mission de Haucroix à Rome n'était pas restée sans résultat, et que Fouquet y avait des créatures.

[1168] Antoine d'Aumont de Rochebaron, maréchal de France, était frère puîné du marquis d'Aumont et oncle par alliance de Gilles Fouquet.

[1169] Cette phrase veut dire, je crois, que chacun de ces seigneurs demandait pour lui le gouvernement de Touraine.

[1170] T. I, p. 401-402.

[1171] Papiers de Fouquet, t. II, p. 60-61.

[1172] Les papiers de Conrart sont conservés à la Bibl. de l'Arsenal, ceux de Vallant à la Bibl. imp.

[1173] M. Feuillet de Conches a déjà fait justice de ces lettres apocryphes dans ses _Causeries d'un curieux_. Peut-être même a-t-il été trop loin en n'admettant pas que ces pièces étaient une amplification, une exagération de lettres réelles, dont on fît disparaître les originaux. D'un autre côté, comme les correspondances de cette espèce n'étaient pas signées, on a souvent attribué à des personnes connues des billets qui venaient d'entremetteuses obscures.

[1174] Portefeuilles de Vallant, t. XIII, f° 384.

[1175] La Mivoie était le nom de la maison que l'entremetteuse occupait et où elle recevait les filles de la reine. Il paraît que Damville avait des droits sur cette propriété, à en juger par le passage suivant d'une lettre de la correspondance authentique (t. I, p. 46-47): «M. d'Amville me dit hier que absolument il voulait retirer la Mivoie, et nous fûmes près d'une grande demi-heure en présence de celle que vous savez (mademoiselle de Menneville) à nous quereller, et lui dis tout franc que je ne lui rendrois pas, à moins qu'il ne me dédommageât de tous les meubles, de tous mes voyages et de mes réparations, et de l'argent que j'en avois donné.»

[1176] Comparez cette lettre à celle de mademoiselle de Menneville, qui commence par ces mots: «Rien ne me peut consoler, etc.» (Ci-dessus, p. 214-215.) On voit, par le rapprochement des deux pièces, que les lettres conservées par Conrart et Vallant n'étaient pas de pure invention; mais on les avait commentées, amplifiées et dénaturées.

[1177] T. II, p. 173-174.

[1178] _Mémoires de Conrart_, édit. Michaud et Poujoulat, p. 614.

[1179] Cette lettre de Chapelain a été publiée par M. Feuillet de Conches (_Causeries d'un curieux_, t. II, p. 518 et suiv.). Je me bornerai à citer le commencement. La fin ne concerne que madame de Sévigné, dont Chapelain prit hautement la défense contre des imputations calomnieuses.

[1180] Portefeuilles, t. III, pièce 27.

[1181] Voy. cette pièce à l'Appendice.

[1182] Virg. _Georg._ lib. I, v. 199-200.

[1183] Ce discours fut prononcé en décembre 1661. La disette et la misère se rapportent par conséquent aux années 1660 et 1661, où Nicolas Fouquet avait joué le principal rôle dans l'administration intérieure.

[1184] Cette lettre et les suivantes sont tirées d'une collection de la Bibl. imp. désignée sous le nom de _manuscrits verts_.

[1185] Circonscriptions territoriales où la répartition de l'impôt était faite par des _Élus_. Ces magistrats tiraient leur nom de ce que primitivement ils avaient été nommés par l'assemblée des États généraux.

[1186] _Correspondance administrative sous le règne de Louis XIV_, publiée par M. Depping dans la collection des _Documents inédits relatifs à l'Histoire de France_, t. I, p. 657-658.

[1187] _Ibid._, t. I, p. 654-656.

[1188] Ces détails sont tirés du récit de l'arrestation de Fouquet par le greffier de la chambre de justice.

[1189] Ce nom est écrit tantôt Talois ou Tallois, tantôt Talouet, Tallouet, Talhouet.

[1190] Gui-Patin (lettre du 6 décembre 1661) fait traverser Paris à Pellisson le 6 décembre; mais le récit officiel a plus d'autorité qu'une correspondance dont les dates ont été souvent altérées ou ajoutées par les éditeurs.

[1191] Ces détails sont tirés, comme je l'ai déjà fait observer, du récit officiel rédigé par Foucault.

[1192] Voy. le _Journal d'Oliv. d'Ormesson_, t. II, p. 99.

[1193] Racine, _Fragments historiques_.

[1194] Gui-Patin, lettre du 19 septembre 1661. «Un des secrétaires de M. le premier président me vient de le dire», écrit Gui-Patin à cette date. Gourville confirme ce témoignage. _Mémoires_, p. 525-526, édit. citée.

[1195] T. I des _Mémoires sur Fouquet_, p. 242-248.

[1196] Gourville, _ibid._

[1197] Ci-dessus, p. 9.

[1198] _Mémoires de Gourville_, p. 25-526.

[1199] Ci-dessus, p. 272.

[1200] Les procès-verbaux des saisies se trouvent dans plusieurs mss. de la Bibl. imp. Le ms. du suppl. fr., n° 36, p. 1-8, contient le procès-verbal de la levée du scellé apposé dans la maison de Fouquet à Fontainebleau, avec l'inventaire des meubles et papiers. Cet inventaire est signé par le conseiller d'État d'Aligre, par Poncet et par J.B. Colbert. Dans le même ms. (p. 106-153), on trouve le procès-verbal de la levée du scellé apposé à Vaux, et l'état des revenus de ce domaine (p. 153-155); puis le procès-verbal (p. 155-191) des scellés mis dans la maison de Fouquet à Paris et sur son appartement du Louvre; des scellés apposés chez madame du Plessis-Bellière (p. 191-249); chez Bruant (p. 249-263). Un autre manuscrit (suppl. fr., n° 2352) renferme le procès-verbal et les inventaires des saisies faites à Saint-Mandé.

[1201] L'édit royal a été imprimé dans le _Recueil des anciennes lois françaises_. J'ai publié la déclaration, datée du 15 novembre 1661, dans l'introduction au t. II du _Journal d'Oliv. d'Ormesson_, p. 70 et suiv.

[1202] Voy. le récit de la séance du 3 décembre 1661 dans le _Journal de la chambre de justice_, rédigé par Foucault, greffier de la chambre. Je l'ai publié dans la même introduction, p. 70.

[1203] J'ai cité plus haut, p. 324. ce passage de la harangue du premier président.

[1204] Le discours de Denis Talon a été imprimé dans le _Recueil des discours d'Omer et de Denis Talon_, t. II, p. 43 et suiv.

[1205] Fils du secrétaire d'État Michel le Tellier.

[1206] _Mémoires_, t. I, p. 411, édit. Hachette, in-8.

[1207] Voy. ci-dessus, p. 12.

[1208] Recueil de Maurepas, Bibl. imp., mss., t. II, f° 518.

[1209] _Journal d'Oliv. d'Ormesson_, t. II, p. 288.

[1210] Voy. t. I de nos Mémoires, p. 307. et t. II. p. 285.

[1211] Bibl. imp., ms. n° 3695, f° 12. Ce Mémoire de Colbert est autographe; il a été cité par M.P. Clément, _Hist. de Colbert_.

[1212] Il est dit dans la biographie de Lamoignon, imprimée à la suite de ses _Arrêtés_, qu'il avait rédigé un _Journal du procès de Fouquet_. Si ce journal a jamais existé, il ne devait embrasser que la première année du procès, la seule pendant laquelle le premier président ait assisté aux séances de la Chambre de justice, comme on le verra au chapitre suivant.

[1213] _Tableau du parlement de Paris_, ms. de la Bibl. imp., n° 325 du Suppl. fr.

[1214] _Journal d'Olivier d'Ormesson_, t. II, p. 2 (collection des _Documents inédits relatifs à l'Histoire de France_.) Voy. les notes p. 2, 3 et 5. J'ai toujours rapproché, dans ces notes, le journal inédit de Foucault de celui d'Olivier d'Ormesson.

[1215] _Ibid._, p. 6.

[1216] _Journal d'Oliv. d'Ormesson, ibid._, p. 10.

[1217] Voy. t. I des _Mémoires sur Fouquet_, p. 360 et 488.

[1218] _Journal d'Olivier d'Ormesson_, t. II, p. 13.

[1219] _Ibid._, p. 19 et 20.

[1220] On les appelait pour ce motif _productions_.

[1221] _Journal d'Olivier d'Ormesson, ibid._, p. 21.

[1222] _Journal d'Olivier d'Ormesson_, ibid., p. 22.

[1223] J'ai retracé en détail la vie d'Olivier d'Ormesson et de son père André en tête du t. I du _Journal d'Olivier d'Ormesson_. Je me borne ici à un résumé rapide.

[1224] _Journal d'Olivier d'Ormesson_, t. I, p. 801.

[1225] Ci-dessus, p. 346 et suiv.

[1226] _Journal d'Olivier d'Ormesson_, t. II, p. 26.

[1227] _Ibid._, p. 27.

[1228] Pierre Séguier, né en 1588, avait alors soixante-quatorze ans.

[1229] _Journal d'Olivier d'Ormesson, ibid._, p. 224.

[1230] _Journal d'Olivier d'Ormesson, ibid._, p. 157.

[1231] Ce mot désigne ici les membres du tribunal.

[1232] _Journal d'Olivier d'Ormesson, ibid._, p. 157.

[1233] L'accusé, nommé Dumont, fut en effet condamné à être pendu et exécuté immédiatement, p. 161.

[1234] _Ibid._, p. 229.

[1235] _Journal d'Olivier d'Ormesson, ibid._, t. II, p. 231.

[1236] _Ibid._, p. 290.

[1237] _Journal d'Olivier d'Ormesson_, t. II, p. 94 et 95.

[1238] T. I des _Mémoires sur Fouquet_, p. 325.

[1239] _Ibid._, p. 326.

[1240] C'est le chiffre indiqué par Olivier d'Ormesson. (_Journal_, ibid., page 38.)

[1241] _Journal d'Olivier d'Ormesson_, t. II, p. 52.

[1242] _Ibid._, p. 33-37.

[1243] _Ibid._, p. 37-38.

[1244] _Journal d'Olivier d'Ormesson_, ibid., p. 39.

[1245] _Ibid._, p. 45.

[1246] _Ibid._, p. 45-46.

[1247] _Journal d'Olivier d'Ormesson_, t. II, p. 46.

[1248] _Ibidem._

[1249] _Ibid._, p. 47.

[1250] _Journal d'Olivier d'Ormesson_, t. II, p. 47-48.

[1251] _Ibid._, p. 54-55.

[1252] _Ibid._, p. 51-52.

[1253] _Journal d'Olivier d'Ormesson_. t. II, p. 58.

[1254] _Ibid._, p. 60. Il existe aussi au Musée de Versailles un tableau de le Brun, qui représente la cérémonie du renouvellement de l'alliance avec les Suisses. On y reconnaît parfaitement André d'Ormesson, placé derrière Louis XIV.

[1255] C'est le père du Chamillart qui, à la fin du règne du Louis XIV, fut contrôleur général des finances et secrétaire d'État de la guerre.

[1256] _Journal d'Olivier d'Ormesson_, ibid., p. 60-61.

[1257] _Journal d'Olivier d'Ormesson_, ibid., p. 71.

[1258] Ibid., p. 75.

[1259] Ci-dessus, p. 272.

[1260] _Journal d'Olivier d'Ormesson_, ibid., p. 100-104.

[1261] _Ibid._, p. 81.

[1262] Lettre autographe dans les papiers de Fouquet, t. II, p. 277. Cette lettre est du 24 juillet 1661. On la trouvera à l'Appendice.

[1263] _Journal_, ibid., p. 79.

[1264] _Journal_, ibid. Ce travail assidu a produit les nombreux volumes qui portent le titre de _Défenses de Fouquet_. On y trouve les requêtes adressées à la Chambre de justice, les réponses aux productions du procureur général, en un mot toutes les pièces du procès.

[1265] _Histoire de la Détention des philosophes et gens de lettres_, etc., par Delort, t. I, p. 21.

[1266] _Journal d'Olivier d'Ormesson_, ibid., p. 82.

[1267] _Ibid._, p. 87.

[1268] Il s'agit de l'arrêt qui ordonnait de communiquer à Fouquet les pièces du procès et principalement les procès-verbaux des registres de l'Épargne.

[1269] Sainte-Hélène était atteint de la goutte.

[1270] _Journal d'Olivier d'Ormesson_, ibid.

[1271] _Ibid._, p. 88.

[1272] Ce sont les termes mêmes d'Oliv. d'Ormesson. (_Journal_, ibid, p. 90.)

[1273] _Journal_, ibid., p. 92.

[1274] Les avocats Lhoste et Auzanet.

[1275] _Journal d'Olivier d'Ormesson_, ibid., p. 80.

[1276] _Journal_, t. II, p. 100, à la date du 19 février 1664.

[1277] Il s'agit toujours des registres de l'Épargne.

[1278] _Journal_, ibid., p. 114-116.

[1279] _Ibid._, p. 117.

[1280] _Ibid._, p. 120.

[1281] Olivier d'Ormesson avait répondu à Pussort qui lui reprochait d'avoir pris parole de Fouquet pour limiter le travail de vérification des procès-verbaux de l'Épargne: «Monsieur, en justice, je ne prends point de parole et je n'en donne point.» (_Journal_, p. 115.)

[1282] _Journal_, ibid., p. 120.--Voy. aussi p. 124.

[1283] _Journal_, ibid., p. 132.

[1284] _Ibid._, p. 133.

[1285] Olivier d'Ormesson avait épousé, le 22 juillet 1640, Marie de Fourcy, qui appartenait aussi à une ancienne famille parlementaire.

[1286] Delort dit que «le Tellier fut le plus implacable des persécuteurs de Fouquet.» (Tome I de l'_Histoire de la Détention des philosophes_, etc., p. 23.)

[1287] _Journal_, ibid., p. 134.

[1288] Ci-dessus, p. 373-374.

[1289] Corde de luth ou de violon la plus déliée.

[1290] _Journal d'Olivier d'Ormesson_, t. II, p. 136, 137 et 138.

[1291] _Journal_, t. II, p. 136.

[1292] _Journal_, t. II, p. 138-139.

[1293] Boucherat était resté membre de la Chambre de justice pour les procès autres que celui de Fouquet. Il en fut éloigné à cette époque, sous prétexte qu'il était le conseil de M. de Guénégaud, un des trésoriers de l'Épargne. (_Journal_, ibid., p. 133.)

[1294] _Journal_, ibid., p. 141.

[1295] _Journal_, t. II, p. 162.

[1296] _Ibid._, p. 164.

[1297] _Ibid._, p. 171.

[1298] _Journal d'Olivier d'Ormesson_, t. II, p. 172-173.

[1299] _Ibid._, p. 174-175.

[1300] Olivier d'Ormesson remarque plus loin (p. 176) qu'il y eut dans les paroles du roi _des mots durs_, et ajoute qu'il les retrancha dans le rapport qu'il fit de son audience à la Chambre de justice.

[1301] Projet trouvé à Saint-Mandé. Voy. t. I des _Mémoires sur Fouquet_, p. 360 et 488. Ce passage prouve quelle impression la lecture de ce projet avait faite sur l'esprit du roi.

[1302] Il y a dans le manuscrit y _adjoustera_, et j'ai reproduit ce mot dans le texte du _Journal_, t. II, p. 175, lig. 4. Le sens est, je crois, _s'y ajustera, s'y conformera_.

[1303] _Journal_, t. II, p. 177-178.

[1304] _Ibid._, p. 178.

[1305] _Ibidem._

[1306] Ce sont les termes mêmes d'Olivier d'Ormesson (_Journal_, ibid., p. 181).

[1307] _Journal_, t. II. p. 193.

[1308] _Ibid._, p. 195.

[1309] _Ibid._, p. 219-220.

[1310] _Ibid._, p. 220.

[1311] _Ibid._, p. 205-208.

[1312] _Journal d'Olivier d'Ormesson_, t. II, p. 208.

[1313] _Ibid._, p. 210-211.

[1314] _Ibid._, p. 211.

[1315] _Ibid._, p. 211-215.

[1316] Ce n'est pas seulement dans le _Journal d'Olivier d'Ormesson_ que nous en trouvons la preuve. Le _Journal de Foucault_, rédigé sous l'influence de Colbert, peut servir à contrôler le témoignage d'Olivier d'Ormesson, et il le confirme sur tous les points essentiels.

[1317] _Journal d'Olivier d'Ormesson_, ibid., p. 238.

[1318] _Ibid._, p. 204.

[1319] _Journal d'Olivier d'Ormesson_, t. II, p. 353. Comparez les _Mémoires de Saint-Simon_, où l'on trouve (édit. Hachette, in-8, t. IV, p. 250-251) des renseignements sur madame de Lyonne. Le même auteur, parlant de la mort de la maréchale d'Estrées, s'exprime ainsi: «Elle étoit fille d'un riche financier, nommé Morin, qu'on appeloit Morin le Juif.»

[1320] _Journal d'Olivier d'Ormesson_, t. II, p. 107, 118, 119, 217.

[1321] _Mémoires d'Arnauld d'Andilly_, édit. Michaud et Poujoulat, p. 470.

[1322] Recueil de Maurepas, Bibl. imp., mss., t. II, f° 461-463.

[1323] «Les moines et les religieuses, disait Colbert dans un mémoire au roi, non-seulement se soulagent du travail qui iroit au bien commun, mais même privent le public de tous les enfants qu'ils pourroient produire pour servir aux fonctions nécessaires et utiles. Pour cet effet, il seroit peut-être bon de rendre les vÅ“ux de religion un peu plus difficiles et de reculer l'âge pour les rendre valables, même retrancher l'usage des dots et pensions des religieuses.» Ce mémoire de Colbert a été publié dans la _Revue rétrospective_, 2e série, t. IV, p. 257-258.

[1324] _Journal d'Oliv. d'Ormesson_, t. II. p. 117.

[1325] _Ibidem._

[1326] Journal d'Olivier d'Ormesson, t. II, p. 116.

[1327] S'il en fallait de nouvelles preuves, il suffirait de relire quelques-unes des lettres de madame de Sévigné. «Je viens de souper à l'hôtel de Nevers, écrivait-elle à Pomponne, nous avons bien causé, la maîtresse du logis (madame Duplessis-Guénégaud) et moi, sur ce chapitre (le procès de Fouquet). Nous sommes dans des inquiétudes qu'il n'y a que vous qui puissiez comprendre.»

[1328] Voy. plus haut, p. 346-349, les plaintes de Colbert sur la conduite du premier président à l'occasion de ces mesures. On était alors en 1662.

[1329] _Journal d'Oliv. d'Ormesson_, t. II, p. 149.

[1330] _Ibid._, p. 150.

[1331] _Ibid._, p. 152.

[1332] _Journal d'Olivier d'Ormesson_, t. II, p. 153.

[1333] Ces vers sont du chevalier de Cailly, connu sous le nom de _d'Aceilly_, mort en 1673.--Les rentes se payaient alors à l'Hôtel de Ville.

[1334] Ou trouve plusieurs de ces pièces dans les mss. Conrart, in-f°, t. XI, p. 225. En voici quelques passages:

Malgré les juges courtisans, Le cordeau de Fouquet, filé depuis trois ans, Est maintenant à vendre. Mais nous avons Colbert. Sainte-Hélène et Berryer. C'est assez de quoi l'employer; C'est assez de voleurs à pendre. C'est assez de fous à lier.

On prétendait, comme on le verra au chapitre suivant, que Berryer était devenu fou, et fou à lier.

Les poëtes du temps attaquent sans trop de discernement toutes les réformes de Colbert. Un anonyme, dont la satire se trouve dans les portefeuilles de Vallant (mss., Bibl, imp., t. XIII, p. 130), fait allusion au retranchement de certaines fêtes et aux ordonnances qui modifièrent les lois:

Quel est donc ce chaos et quelle extravagance Agite maintenant tout l'esprit de la France? Quel démon infernal, ami des changements, Fait tant de nouveautés dans tous nos règlements? On fait, on redéfait, on rétablit, on casse; Rien ne demeure fait, quelque chose qu'on fasse: On retranche les saints, on les refête après: On plaide au Châtelet quand on fête au Palais, On trouve à réformer même sur la réforme, L'ancien code à présent est un code difforme, etc.

[1335] Lettre du 2 octobre 1661. Voyez l'Appendice.

[1336] Ces détails se trouvent dans la _Défense du grand Corneille_, par le P. Tournemine. Voy. Taschereau, _Histoire de la vie et des ouvrages de Pierre Corneille_, 2e édition (1855), p. 342.

[1337] Voy. _Å’uvres diverses de Pierre Corneille_, 1738. p. 84.

[1338] _Ibid._, p. 223-226.

[1339] Ruisseau dont les eaux alimentaient les fontaines et les bassins de Vaux.

[1340] Allusion à l'insulte qui avait été faite à l'ambassadeur français par la garde du Pape.

[1341] Voy. t. I, p. 460 et suiv., les vers où la Fontaine se plaignait de n'avoir pas été reçu par le surintendant.

[1342] Lettre à sa femme, en date du 25 août 1663.

[1343] _Histoire de la Fontaine_, liv. II, p. 108, édit. de 1834.

[1344] Ci-dessus, p. 329-330.

[1345] Lettre écrite d'Uxès, le 16 décembre 1661.

[1346] Ovid. _Trist._; III, 2, 3-4.

[1347] Ce M. l'Avocat avait sans cesse à la bouche le mot de _creux_. (_Note de Louis Racine_.)

[1348] _Mémoires pour servir à l'Histoire des règnes de Louis XIV et de Louis XV_, 2° édit., t. II, p. 444. Ces légendes sont peu dignes de foi. Delille s'en est emparé dans son poëme de l'_Imagination_ (ch. VI):

Un geôlier au cÅ“ur dur, au visage sinistre, Indigné du plaisir que goûte un malheureux, Foule aux pieds son amie et l'écrase à ses yeux.

[1349] Il est très-difficile d'admettre cette prétendue confrontation à la Bastille. Fouquet n'y fut transféré qu'en 1663, et les journaux d'Olivier d'Ormesson et de Foucault ne mentionnent aucun fait de cette nature pendant les années 1663 et 1664.

[1350] _Élégie sur la disgrâce de M. Fouquet_, dans les _Å’uvres diverses_ (Paris, 1735), t. I, p. 194-202.

[1351] _Premier Discours au roi_, dans les _Å’uvres diverses_, t. II, p. 13.--Voy. dans l'_Étude sur Pellisson_ par M. Marcou, p. 213 et suiv., l'analyse des _Discours au roi_ ou _Défenses de Fouquet_, par Pellisson.

[1352] _Deuxième Discours au roi_, ibid., p. 107-109. Ce passage de Pellisson a été cité par M. Sainte-Beuve dans son article sur Fouquet, _Causeries du Lundi_, t. V, p. 236.

[1353] _Deuxième Discours au roi_, ibid., p. 110.

[1354] Cette lettre est citée par Delort, _Histoire de la détention des philosophes_, etc., t. I, p. 79 et suiv.

[1355] Voy. ces placets dans Delort, ouvrage cité, t. I, p. 73 et suiv.

[1356] _Å’uvres diverses_, édit. citée, t. I. p. 202-205.

[1357] Allusion à quelques vers, en forme d'épitaphe de Pellisson, composés par Ménage en 1659.

[1358] Vers du prologue des _Fâcheux_.--Voy. ci-dessus, p. 225.

[1359] Voy. _Mémoires de Conrart_, article du PRÉSIDENT DE NESMOND.

[1360] La Cour des monnaies avait juridiction souveraine pour tout ce qui concernait la fabrication des espèces d'or et d'argent et de la monnaie de billon. Elle remontait au quatorzième siècle.

[1361] Les séances de la Chambre de justice à l'Arsenal ont été retracées en grand détail par Foucault (_Journal de la Chambre de justice_) et par Olivier d'Ormesson. Madame de Sévigné, dans ses lettres à M. de Pomponne, exprime les émotions du public attentif à tous les incidents du procès. Il est facile de reconnaître qu'elle doit la plupart de ses renseignements aux conversations qu'elle avait fréquemment avec Olivier d'Ormesson.

[1362] Ce crime, qui, d'après les anciennes lois de la France, entraînait la peine de mort, était défini: vol des deniers publics par ceux qui en avaient le maniement.

[1363] Nom de la monnaie qui se frappait à Paris, et qui était plus forte d'un quart que celle de Tours.

[1364] _Journal d'Olivier d'Ormesson_, t. II, p. 240.

[1365] _Journal d'Olivier d'Ormesson_, ibid., p. 242-244.

[1366] _Journal de Foucault_, t. X, f° 10 v° et 11 r°.

[1367] _Ibid._, f° 11 v°.

[1368] _Journal d'Olivier d'Ormesson_, t. II, p. 245.

[1369] _Ibid._, p. 246 et suiv.--Lettre de madame de Sévigné, en date du 17 novembre 1664.

[1370] Madame de Sévigné ajoute: «Et que les commissions avoient été vérifiées par les compagnies souveraines.» C'est une erreur: l'édit qui établissait la Chambre de justice avait été enregistré par cette Chambre même (voy. p. 342). Le parlement ni les autres cours souveraines n'avaient jamais été chargés de cet enregistrement. L'erreur ne se trouve pas dans le _Journal d'Olivier d'Ormesson_.

[1371] «L'accusé, dit Foucault, ajouta ces termes de la Passion (_Joan._, XVIII, 34).»

[1372] Cet argument s'explique surtout par les usages de l'ancienne monarchie. Le chancelier tenait, avec les maîtres des requêtes, un conseil, où, avant de sceller les arrêts qui étaient déjà signés, il examinait s'il n'y avait aucune cause de nullité, comme surprise, fraude, etc.

[1373] Lettre de madame de Sévigné, _ibid.--Journal d'Olivier d'Ormesson_, ibid., p. 247.--_Journal de Foucault_, t. X, f° 22 et suiv.

[1374] _Journal d'Olivier d'Ormesson_, t. II, p. 248. Lettre de madame de Sévigné du 18 novembre 16??

[1375] Madame de Sévigné (I. c.) dit que _l'on a continué la pension des gabelles_; mais son témoignage ne peut prévaloir sur ceux d'Olivier d'Ormesson et de Foucault, qui sont parfaitement d'accord quant aux chefs d'accusation traités dans cette audience du 18 novembre. D'ailleurs, madame de Sévigné, qui s'attache surtout aux incidents dramatiques, s'inquiète beaucoup moins de mentionner avec une exactitude minutieuse les différents chefs d'accusation.

[1376] J'ai déjà fait remarquer qu'on appelait _convoi de Bordeaux_ un impôt qui se levait principalement sur les vins, eaux-de-vie et autres denrées transportées par mer. Le nom de _convoi_ venait de l'usage de faire _convoyer_ ou escorter les navires de commerce par des vaisseaux de guerre. Pour subvenir aux frais de cette escorte, on avait établi la taxe nommée _convoi de Bordeaux_.

[1377] Lettre du 18 novembre 1664.

[1378] _Journal d'Olivier d'Ormesson_, t. II, p. 249.

[1379] Ce sont les paroles mêmes de madame de Sévigné (lettre du 19 novembre).

[1380] _Journal d'Olivier d'Ormesson_, t. II, p. 251.

[1381] _Ibid._--Lettres de madame de Sévigné du 20 et du 24 novembre.

[1382] _Journal d'Oliv. d'Ormesson_, t. II, p. 250-251.--Lettre de madame de Sévigné du 20 novembre.--Foucault a bien soin d'omettre tous ces incidents dans un procès-verbal rédigé par les ordres de Colbert.

[1383] Il a été question plusieurs fois de ces billets sur l'Épargne, que l'on se procurait à vil prix, parce qu'ils étaient assignés sur des fonds épuisés.

[1384] Olivier d'Ormesson le dit formellement (_ibid._, p. 256): «M. le chancelier ne sçait pas l'affaire.»

[1385] Lettre du 26 novembre 1664.

[1386] _Journal_, t. II, p. 252-253.

[1387] Saint François de Sales.

[1388] Couvent des _Filles de la Visitation_, fondé dans la rue Saint-Antoine en 1628.

[1389] Jeanne-Françoise Frémyot, dame de Chantal, avait été la fondatrice et la première supérieure des _Filles de la Visitation_.

[1390] _Journal_, t. II, p. 251.--Madame de Sévigné, lettre du 27 novembre.

[1391] Même lettre.

[1392] _Journal d'Oliv. d'Ormesson_, t. II, p. 255.--_Journal de Foucault_, t. X, fos 87-97.--Lettre de madame de Sévigné du 28 novembre.

[1393] Voy. plus haut, p. 412. Les détails sur la mort du président de Nesmond se trouvent dans les _Mémoires de Conrart_.

[1394] _Journal d'Oliv. d'Ormesson_, t. II, p. 259.--Lettre de madame de Sévigné du 1er décembre.

[1395] _Journal d'Oliv. d'Ormesson_, t. II, p. 260.--Lettre de madame de Sévigné en date du 2 décembre.

[1396] _Journal de Foucault_, t. X, f° 128, v°.

[1397] _Journal d'Olivier d'Ormesson_, t. II, p. 261.

[1398] Voy. ce projet à l'Appendice du t. I.

[1399] _Journal de Foucault_, t. X, f° 135.

[1400] _Journal d'Olivier d'Ormesson_, t. II. p. 263.

[1401] Le duc de Sully, gendre du chancelier Séguier, avait livré, en 1652, le passage du pont de Nantes à l'armée espagnole. Voy. t. I, p. 65.

[1402] _Journal d'Oliv. d'Ormesson_, t. II, p. 263.--Lettre de madame de Sévigné du 9 décembre.

[1403] Voy. le premier volume des _Mémoires sur Fouquet_, p. 19-221.

[1404] _Journal d'Oliv. d'Ormesson_, t. II, p. 204.

[1405] Voy. sur ces engagements, t. I, p. 396-397.

[1406] La négociation de Maucroix, dont il a été question ci-dessus, p. 144.

[1407] _Journal d'Olivier d'Ormesson_, t. II, p. 265.

[1408] _Ibidem._

[1409] _Ibid._, p. 265-266.

[1410] Lettre du 5 décembre.

[1411] _Journal d'Oliv. d'Ormesson_, t. II, p. 266-267.--Lettres de madame de Sévigné des 9, 10, 11 et 15 décembre.

[1412] On trouvera le résumé de l'avis d'Olivier d'Ormesson dans l'Appendice du t. II de son Journal.

[1413] Voy. la lettre de madame de Sévigné en date du 17 décembre: «J'a ouï dire à des gens du métier que c'est un chef-d'Å“uvre que ce qu'il a fait,» etc.

[1414] _Journal d'Oliv. d'Ormesson_, t. II, 272-274.--_Journal de Foucault_, t. X, fos 171-177.

[1415] _Journal d'Olivier d'Ormesson_, t. II, p. 273.--Lettre de madame de Sévigné du 17 décembre.

[1416] _Ibid._, p. 270-271.--Lettre de madame de Sévigné du 17 décembre.

[1417] _Journal de Foucault_, t. X, fos 184-250. L'avis de Pussort ne remplit pas moins de soixante-six pages in-f° de ce Journal.

[1418] Ce sont les termes mêmes de madame de Sévigné. (Lettre du 17 décembre.)

[1419] _Journal d'Oliv. d'Ormesson_, t. II, p. 277.

[1420] _Ibid._, p. 279-280.

[1421] _Ibid._, p. 281.

[1422] _Ibid._, p. 281-282.

[1423] _Ibid._, p. 282.

[1424] _Journal d'Olivier d'Ormesson_, t. II, p. 283.

[1425] _Ibid._, p. 283-284.

[1426] _Ibid._, p. 284.

[1427] Il s'agit probablement ici du collège de Clermont (aujourd'hui lycée Louis-le-Grand).

[1428] _Ibid._, p. 284.

[1429] T. I des _Mémoires sur Fouquet_, p. 495.

[1430] _Journal d'Oliv. d'Ormesson_, p. 286 et suiv.--_Journal de Foucault_, t. X, f° 577 et suiv.--Lettre de madame de Sévigné du 22 décembre.

[1431] _Journal d'Olivier d'Ormesson_, t. II, p. 287.--Madame de Sévigné, lettre du 22 décembre.

[1432] _Ibid._, p. 288.

[1433] _Ibid._, p. 285.--Lettre de madame de Sévigné du 21 décembre.

[1434] _Mémoires de madame de Motteville_, année 1661.

[1435] _Journal d'Oliv. d'Ormesson_, t. II, p. 301, à la date du 12 février 1665.

[1436] _Ibid._, p. 509-510.

[1437] Lettre du 13 février 1665.

[1438] On trouve dans les mss. Conrart, t. XI, f° 549, quelques vers sur Roquesante, précédés de cette note: «Sur l'exil de M. de Roquesante, conseiller au parlement de Provence et commissaire en la Chambre de justice, lequel, après le jugement du procès de M. Foucquet et estant rapporteur de celuy de M. de Guénégaud, trésorier de l'Espargne, fut envoyé à Quinpercorentin:

Hélas! il est bien vrai qu'en ce siècle barbare Et la gloire et l'honneur n'ont qu'un titre pompeux, Et que, sous ces grands noms dont la vertu se pare, Elle cache souvent les maux qu'elle prépare Et du plus grand héros en fait un malheureux! Hoxsnie (_sic_), dont l'honneur rend le sort pitoyable, Et qu'un trop grand mérite accable, En sert d'exemple assez puissant Il est banni comme un coupable Pour n'avoir pas voulu punir un innocent.

[1439] Lettre du 30 mars 1672.

[1440] Lettre de madame de Sévigné du 22 décembre.

[1441] _Mémoires_, édit. Hachette, in-8, t. II, p. 301.

[1442] Le Tellier ne fit point de menaces, mais se tint, comme c'était son caractère, sur une prudente réserve.

[1443] Louvois ne se mêlait pas encore du gouvernement à cette époque Saint-Simon, qui déteste Louvois, le met partout où se commet une injustice.

[1444] On trouvera les preuves détaillées de toutes ces assertions dans la biographie d'Oliv. d'Ormesson, que j'ai placée en tête du t. I de son Journal (collect. des _Documents inédits relatifs à l'Histoire de France_).

[1445] _Journal_, t. II, p. 405.

[1446] _Ibid._, p. 412, 413 et 439.

[1447] _Ibid._, p. 446-447.

[1448] Voy. à l'Appendice une des chansons composées contre les juges qui avaient opiné pour la peine de mort.

[1449] Journal d'Oliv. d'Ormesson, t. II, p. 400.

[1450] _Ibid._, p. 502.

[1451] _Ibid._, p. 504.

[1452] _Ibid._, p. 505.

[1453] Lettre de madame de Sévigné, datée du jeudi au soir, 25 décembre.

[1454] _Journal d'Oliv. d'Ormesson_, t. II, p. 287.

[1455] Lettre de madame de Sévigné, datée du vendredi 26 décembre.

[1456] Les lettres de Louvois que Delort a publiées (_Détention des philosophes_, etc., t. I, p. 83-85) prouvent que, dès le mois de janvier 1665, d'Artagnan avait remis Fouquet à la garde de Saint-Mars, qui était chargé de le tenir prisonnier dans le donjon de Pignerol.

[1457] Les instructions et lettres relatives à la captivité de Fouquet sont conservées aux archives de l'Empire. Les pièces les plus importantes ont été publiées par Delort dans l'ouvrage cité.

[1458] Delort, _Détention des philosophes_, etc., t. I, p. 24-27.

[1459] Lettre de Louvois dans Delort, _Détention des philosophes_, etc., t. I, p. 85-86.

[1460] _Ibid._, p. 30, 90 et 91.

[1461] _Ibid._, p. 89-90.

[1462] _Ibid._, p. 92.

[1463] _Journal d'Oliv. d'Ormesson_, t. II, p. 372, à la date du 28 juin.

[1464] Voy. les lettres de Louvois dans l'ouvrage de Delort, _Détention des philosophes_, etc. t. I, p. 101-102.

[1465] Lettres de Louvois dans l'ouvrage de Delort, _Détention_, etc., t. I p. 105 et 116. Voy. aussi p. 32 du même ouvrage.

[1466] _Ibid._, p. 104.

[1467] _Ibid._, p. 103.

[1468] _Ibid._, p. 118-119.

[1469] _Ibid._, p. 131-134.

[1470] Lettres de Louvois dans l'ouvrage de Delort, _Détention_, etc., t. I, p. 138.

[1471] _Ibidem._

[1472] _Ibid._, p. 53.

[1473] _Ibid._, p. 149 et 158.

[1474] Ce nom de _Honneste_, le seul sous lequel ce personnage soit désigné, semble un pseudonyme.

[1475] Delort, _Détention des philosophes_, etc., t. I, p. 160-161.

[1476] _Ibid._, p. 164.

[1477] _Ibid._, p. 162.

[1478] M. Walckenaer (t. III, p. 291 des _Mémoires sur madame de Sévigné_, 1re édit.) pense qu'il s'agit dans ce passage d'un sieur de Valcroissant mentionné dans les lettres de Louvois à Saint-Mars; mais comme le sieur de Valcroissant n'est cité par Louvois que comme un prisonnier amené de Dunkerque à Pignerol, puis conduit à Marseille, on ne voit pas d'après quelle autorité M. Walckenaer en a fait le gentilhomme recommandé par madame de Sévigné.--Voy. à l'Appendice les extraits des lettres de Louvois de 1669 et 1670 sur la Forest, Honneste et Valcroissant.

[1479] Delort, _Détention des philosophes_, etc., t. I, p. 161-165.

[1480] Ci-dessus, p. 199.

[1481] Lettre du 25 mars 1672.

[1482] _Mémoires de Saint-Simon_, édit. Hachette, in-8, t. XX, p. 48 et suiv.

[1483] _Mémoires de Saint-Simon_, ibid., p. 40.

[1484] Voy. t. I des Mémoires sur Fouquet, p. 448-450.

[1485] Delort, _Détention des philosophes_, etc., t. I, p. 40.

[1486] Lettre du 3 juillet 1675, t. III, p. 49 de la _Correspondance de Roger de Rabutin, comte de Bussy_, publiée par M.L. Lalanne, chez Charpentier, 1858.

[1487] Mss. de la Bibl. imp. S.F., n° 2358, f° 234-238. M.F. Le Mounier a publié cette lettre à l'Appendice de son ouvrage intitulé _Le Chancelier d'Aguesseau_.

[1488] La phrase manque de régularité, mais elle s'entend. Il faudrait seulement supprimer l'inversion: «Dites-lui hardiment quelle serait ma gratitude, si je pouvais, etc.»

[1489] La famille Fouquet avait une chapelle dans l'église des _Filles Sainte-Marie_, ou _Filles de la Visitation_, rue Saint-Antoine. Cette église est aujourd'hui un temple protestant.

[1490] Ces derniers mots font voir que Fouquet avait peu de confiance dans les confesseurs qu'on lui imposait. Les lettres de Louvois prouvent qu'il avait raison. Le ministre écrivait à Saint-Mars le 17 avril 1670: «J'ai reçu avec votre lettre du 4 de ce mois celle qui y êtoit jointe du confesseur de M. Fouquet. Je lui mande que je rendrai compte au roi de sa fidélité, et je le ferai effectivement, afin que S.M. le gratifie de quelque bénéfice, lorsqu'il en viendra à vaquer.»

[1491] C'est-à-dire _dans le cours ordinaire des choses_.

[1492] Cette phrase paraît d'abord obscure, et on serait tenté de changer le nom _humilité_ en celui d'_humanité_; mais Fouquet veut dire que le malheur des prisonniers enseigne aux puissants le néant des grandeurs humaines, et par conséquent l'humilité chrétienne.

[1493] Le mot _bonheur_ semblerait plus convenable; mais il y a _honneur_ dans le manuscrit.

[1494] Il faudrait lire: _qu'elle_ (cette couronne) _lui soit retardée_, etc.

[1495] C'est-à-dire _ne peuvent manquer d'être à la fin exaucées_.

[1496] Louvois. J'ai déjà fait remarquer que le Tellier, père de Louvois, n'avait jamais montré contre Fouquet le même acharnement que Colbert. Il faut ajouter qu'à cette époque Louvois était ennemi de Colbert et que la lutte des deux ministres tournait à l'avantage de Fouquet.

[1497] Le mot _aime_ se trouve dans le manuscrit. Le sens est: _Dieu aime à faire miséricorde à ceux qui la font_.

[1498] Voy. ci-dessus, p. 65, quelques détails sur la passion effrénée du jeu à cette époque, et ce que dit Bartet, p. 52-55, des pertes que faisait au jeu l'abbé Fouquet.

[1499] Il faudrait peut-être lire _percer le cÅ“ur_.

[1500] Madame Fouquet, séparée de biens de son mari avant que la condamnation eût été prononcée, avait pu conserver une partie considérable de sa fortune.

[1501] C'est-à-dire renoncer aux jeûnes et abstinences du carême.

[1502] Le frère aîné de Fouquet, François, archevêque de Narbonne, était le seul de ses frères qui fût mort pendant la captivité du surintendant, en 1675.

[1503] Je pense qu'il faudrait lire: _reconnaissance_.

[1504] Je n'ai pas trouvé de renseignements sur la congrégation ou association religieuse à laquelle Fouquet fait ici allusion.

[1505] Lettre de Jeannin de Castille à Bussy-Rabutin, en date du 12 avril 1678. (_Correspondance de Roger de Rabutin_, édit. citée, t. IV, p. 86 et 212.)

[1506] Lettre du 14 juin 1678, même édit., t. IV, p. 125.

[1507] Vers de Marot.

[1508] Lettre du 24 juin 1678. édit. citée, p. 137.

[1509] _Ibid._, p. 253-254.

[1510] Lettre du 27 février 1679.

[1511] Delort, ouvrage cité, t. I, p. 50 et 51.

[1512] Voy. Saint-Simon, _Mémoires_, édit. Hachette, in-8, t. XX, p. 49.

[1513] C'est l'opinion de Delort, _ibid._, p. 52.--Voy. aussi les _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_, (édit. Charpentier, t. IV, p. 401). Cette princesse indique assez que ce fut la galanterie qui les brouilla: «Il se fit force contes, dits et redits sur des galanteries qui les brouillèrent.» Et plus loin, p. 473, Mademoiselle, excitée par une jalousie qu'elle ne cherche pas à dissimuler, apprend par la marquise de Lévi que Lauzun continuait de voir secrètement mademoiselle Fouquet: «En arrivant ici (à Paris) il a fait semblant d'être brouillé avec mademoiselle Fouquet...» Puis elle raconte que Lauzun allait «les après-dîners et les soirs se promener avec mademoiselle Fouquet; qu'en entrant dans sa chambre, il jetait ses gants et son chapeau, et demandoit du chocolat, ou du thé, ou du café, et que quoique sa mère (madame Fouquet) pût dire, il y venoit tous les jours en revenant de Choisy.» Mademoiselle demeurait alors à Choisy.

[1514] Lettre de Bussy (en date du 2 février 1680, édition citée t. V, p. 50).

[1515] _Lettres de Bussy_, édit. citée, _ibid._, p. 92.

[1516] Lettre du 3 avril 1680: «Le pauvre M. Fouquet est mort; j'en suis touchée: je n'ai jamais vu perdre tant d'amis.» Et dans la lettre du 5 avril: «Si j'étois du conseil de la famille de M. Fouquet, je me garderois bien de faire voyager son pauvre corps, comme on dit qu'ils vont faire, etc.» Un passage des _Mémoires de Gourville_ semble seul en contradiction avec les témoignages contemporains. Le voici: «M. Fouquet, quelque temps après (c'est-à-dire après l'année 1674), _ayant été mis en liberté_, sut la manière dont j'en avois usé avec madame sa femme, à qui j'avois prêté plus de cent mille livres pour sa subsistance, son procès et même pour gagner quelques juges, comme on lui avoit fait espérer. Après m'avoir écrit pour m'en remercier, il manda à M. le président de Maupeou, qui étoit de ses parents et de ses amis, de me proposer, en cas que mes affaires fussent aussi bonnes qu'on lui avoit dit, de vouloir faire don à M. de Vaux, son fils, de cent et tant de mille livres qui pourroient m'être dues: ce que je fis très-volontiers et en passai un acte.» Ce passage ne porte, comme on le voit, aucune date précise. Il doit se rapporter à l'année 1679, où Fouquet obtint la permission de voir sa famille. Il paraît, d'après le texte de Bussy que nous avons cité plus haut, que l'année suivante Fouquet fut autorisé à se rendre aux eaux de Bourbon, et c'est sans doute ce que Gourville appelle sa _mise en liberté_. Écrivant ses souvenirs longtemps après les événements, Gourville ne s'inquiète ni d'une grande exactitude chronologique ni de la valeur précise des termes qu'il emploie. C'est cependant à l'occasion de ce passage de Gourville que se sont élevées des doutes sur la véritable époque de la délivrance et de la mort de Fouquet. Voltaire (_Siècle de Louis XIV_, ch. XXV) dit: «Gourville assure, dans ses _Mémoires_, qu'il sortit de prison quelque temps avant sa mort. La comtesse de Vaux, sa belle-fille, m'avait déjà confirmé ce fait; cependant on croit le contraire dans sa famille. Ainsi on ne sait pas où est mort cet infortuné, dont les moindres actions avaient de l'éclat quand il était puissant.» Voilà sur quel fondement on a bâti des hypothèses étranges et qui n'iraient pas à moins qu'à faire supposer que la mort de Fouquet fut simulée et qu'il fut transféré aux Iles Sainte-Marguerite, puis à la Bastille, le visage couvert d'un masque en velours noir aveu charnière en fer; en un mot, que _l'homme au masque de fer_ n'est autre que Fouquet. Je me bornerai à rappeler cette hypothèse, qui n'appartient pas à l'histoire. On ne voit pas, en effet, pourquoi on aurait pris ces étranges précautions à l'égard du prisonnier. D'ailleurs, comme je l'ai fait remarquer, les contradictions ne sont qu'apparentes, et il suffit d'un peu de réflexion pour concilier les différents textes.

[1517] Delort, ouvrage cité, t. I, p. 53.--Voy. Paroletti, _Sur la mort du surintendant Fouquet, Notices recueillies à Pignerol_. Turin, 1812, in-4°.

[1518] _Conseils de la Sagesse, ou Recueil des maximes de Salomon_. Paris, 1683, 2 vol. in-12.

[1519] _Mémoires de Saint-Simon_, édit. citée, t. XVII. p. 105.

[1520] _Ibid._, t. III. p. 286-287.

[1521] _Ibid._, t. XIV, p. 112.

[1522] _Ibid._, t. IX, p. 294.

[1523] _Ibid._, t. XVII, p. 106.

[1524] Lettre de madame de Sévigné du 22 juillet 1676.

[1525] Voy. les Mémoires de l'abbé Blache dans la _Revue rétrospective_, t. I-IV. C'est dans la partie publiée au t. I de cette _Revue_ que se trouvent les accusations étranges de l'abbé Blache contre la marquise d'Asserac.

[1526] M. de Cayrol a prétendu que Fouquet fut enfermé à Pignerol parce qu'il était dépositaire du secret relatif au _masque de fer;_ M. Paul Lacroix a soutenu que Fouquet lui-même était l'homme au masque de fer.--Voy. à l'Appendice le résumé de la dissertation de M. Paul Lacroix.

[1527] Le portrait de Fouquet, par Le Brun, a été gravé par Poilly; Nanteuil a fait lui-même le portrait et la gravure.

[1528] _Mémoires_, t. II, p. 48, de l'édition citée. Il ne faut pas oublier que Bussy-Rabutin était un ennemi de Fouquet.

[1529] Voy. la lettre de la Fontaine à Fouquet en date du 30 janvier 1665. t. VI. p. 485-487, des _Å’uvres de la Fontaine_. édit. de Walckenaer (1827).

[1530] Voy. la lettre de Loret du 19 janvier 1661.

[1531] Voy. Loret, _Muse historique_, lettre du février 1661.

[1532] Ci-dessus, p. 187.

[1533] Lettre du 22 janvier.

[1534] Lettre du 31 juillet.

[1535] Le P. Faure, qui avait alors une réputation d'éloquence.

[1536] _Journal_, t. II. p. 405, à date du 15 novembre 1665.

[1537] _Histoire de madame Henriette_, collect. Petitot, t. LXIV, p. 402.

[1538] Il faut distinguer ici des époques que madame de la Fayette paraît confondre: Fouquet voulut d'abord tromper le roi (ci-dessus, p. 97), et ce fut seulement en juillet, lorsqu'on l'avertit du danger qu'il courait, qu'il fit l'aveu de ses fautes et en demanda pardon (p. 172-173); mais il était trop tard; sa perte était résolue.

[1539] En juillet 1661; ci-dessus, p. 168.

[1540] Gui Patin (ci-dessus, p. 135) et d'autres disent, au contraire, que ce fut Anne d'Autriche qui défendit le plus longtemps Fouquet. Cette opinion est plus vraisemblable. Pendant le procès, Anne d'Autriche fut loin de se montrer acharnée à la perte du surintendant.

[1541] Fouquet avait acheté Belle-Île dès 1658 (voy. t. I des _Mémoires sur Fouquet_, p. 395). On voit que madame de la Fayette dit les choses un peu trop en gros et d'une manière générale, dans une question où les dates doivent être fixées avec précision.

[1542] Le voyage ne fut résolu qu'après le voyage de Dampierre, qui eut lieu au commencement de juillet, et dès le 15 juillet Fouquet en était informé (ci-dessus, p. 180).

[1543] Ci-dessus, p. 222-227.

[1544] On a vu ci-dessus, p. 236, que Fouquet fit le voyage en partie sur la Loire et arriva à Nantes avant le roi.

[1545] Madame de la Fayette se trompe sur les détails de l'arrestation de Fouquet. Voy. ci-dessus, p. 242-243.

[1546] Le maréchal de Villeroi fut nommé président du conseil des finances; Colbert n'eut que le titre de contrôleur général.

[1547] Elle y succomba probablement au chagrin quelques années après, en 1669. Mademoiselle de Menneville n'avait que trente-trois ans à l'époque de sa mort.

[1548] _Mémoires du marquis de la Fare_, t. XLV, p. 145 et suiv. de la collect. Petitot.

[1549] _Ibid._, p. 147.

[1550] Cette séance du parlement eut du 22 décembre 1665. Olivier d'Ormesson l'a retracée dans son _Journal_, t. II, p. 428 et suiv.

[1551] Ci-dessus, p. 289 et suiv.

[1552] J'ai indiqué ci-dessus, p. 310, note 2, ce que c'était que a Mivoie.

[1553] Papiers de Fouquet, t. I, p. 201.

[1554] _Ibid._, p. 42.

[1555] Ci-dessus, p. 210.

[1556] Gilles Fouquet, premier écuyer de la grande écurie.

[1557] La charge de premier écuyer donnait droit à un logement. La cour était alors à Fontainebleau.

[1558] Papiers de Fouquet, t. II, p. 206.

[1559] Gendre de madame du Plessis-Bellière. On a vu ci-dessus qu'il avait acheté la charge de général des galères. C'est peut-être de cette affaire qu'il s'agit.

[1560] Papiers de Fouquet, t. II, p. 176.

[1561] René de Bruc de Monplaisir, frère de madame du Plessis-Bellière.

[1562] _Mémoires de Bussy-Rabutin_ (édit. Charpentier), t. II, p. 84. Voici le texte complet de Bussy: «La veuve du Plessis-Bellière, belle-mère de Créquy, gouvernoit absolument Fouquet. Je ne sais s'il y avoit eu autrefois quelque galanterie entre eux; mais on disoit alors qu'elle lui cherchoit des plaisirs, et on l'appeloit la surintendante des amours du surintendant.» Je n'attacherais pas beaucoup d'importance au témoignage de Bussy, s'il n'était confirmé par d'autres documents.

[1563] Je n'ai rien trouvé sur cette Marie Crevon, dans les papiers de Fouquet.

[1564] Cette expression s'employait pour désigner un parvenu et s'appliquait parfaitement à Bartet. Elle venait, disait-on, de ce qu'un paysan ne voulait pas saluer l'image d'un saint, parce qu'elle avait été faite d'un poirier de son jardin.

[1565] Ces mots sont soulignés dans le manuscrit.

[1566] Le confesseur de la reine mère.

[1567] Marguerite-Louise d'Orléans, fille de Gaston d'Orléans et de Marguerite de Lorraine. Voy. ci-dessus, p. 154 et suiv.

[1568] Voy. les _Mémoires de mademoiselle de Montpensier_, t. III, p. 510, édit. Charpentier.

[1569] Mademoiselle de Montpensier, sÅ“ur aînée de Marguerite-Louise d'Orléans.

[1570] Voy. la dissertation de M. Dreyss en tête de son édition des _Mémoires de Louis XIV_.

[1571] Papiers de Fouquet, t. II, p. 182-183.

[1572] Troisième chambre des enquêtes. Ce fut M. de Fourcy qui eut le rang de premier dans cette chambre. M. de Périgny n'y fut que second président.

[1573] De Maupeou, second président de la première chambre des enquêtes. Il était parent de Fouquet, dont la mère se nommait, comme on l'a vu, Marie Maupeou.

[1574] On voit que M. de Périgny voulait devenir second président de la première chambre des enquêtes, en place de Maupeou, qui serait devenu premier président de la troisième chambre.

[1575] Papiers de Fouquet, t. I, p. 187.

[1576] C'est en comparant cette lettre avec une partie des manuscrits des _Mémoires de Louis XIV_ que M. Dreyss a reconnu la part que le président de Périgny avait prise à ce travail.

[1577] Papiers de Fouquet, t. II, p. 277. Cette lettre est du 24 juillet 1661.

[1578] Pour _état présent_. Il y a bien _être_ dans le manuscrit.

[1579] C'est-à-dire _n'hésitez pas_.

[1580] Voy. ci-dessus, p. 127 et 134.

[1581] Papiers de Fouquet, t. I, p. 224. Cette lettre est adressée à Pellisson.

[1582] _Ibid._, t. I, p. 220.

[1583] Papiers de Fouquet, t. I, p. 174.

[1584] Papiers de Fouquet, t. I, p. 172. Cette lettre paraît avoir été écrite dans les derniers mois de l'année 1660. Mazarin était encore vivant, comme le prouve la fin.

[1585] Ces mots sont soulignés dans le manuscrit. Colbert était alors intendant de Mazarin.

[1586] Papiers de Fouquet, t. II, p. 194.

[1587] C'est-à-dire du clergé.

[1588] Papiers de Fouquet, t. I, p. 109.

[1589] Commis de Colbert se rapporte à M. du May.

[1590] Il y a bien _Tessie_; mais l'orthographe est détestable. Il faudrait lire probablement _Tessier_.

[1591] Papiers de Fouquet, t. I, p. 66-69.

[1592] Louis XIV parle, dans ses _Mémoires_, de la suppression de la charge de colonel général de l'infanterie française.

[1593] Personnage attaché au chancelier.

[1594] Quel est ce personnage? probablement un fils de Fouquet.

[1595] Probablement la marquise de Charost, fille de Fouquet.

[1596] Il a été question de ce Devaux ci-dessus, p. 298.

[1597] Papiers de Fouquet, t. II, p. 231.

[1598] Il est, en effet, question dans une de ces lettres de la charge de général des postes qu'avait celui qui l'écrit. Du reste, quel que soit l'auteur de ces lettres, elles sont importantes parce qu'elles prouvent jusqu'à l'évidence que Fouquet avait acheté tous les hommes qui pouvaient lui révéler des secrets d'État.

[1599] Papiers de Fouquet, t. I, p. 52.

[1600] _Ibid._, t. II, p. 174.

[1601] Papiers de Fouquet, t. II, p. 311-312. La fin de cette lettre est à la p. 317.

[1602] Ce nom est le seul que je puisse lire. J'ignore quel était ce personnage.

[1603] On pourrait lire aussi: «De lui porter directement [les dépêches].» L'écriture de ces lettres est très-difficile à déchiffrer.

[1604] Papiers de Fouquet, t. II, p. 287.

[1605] Papiers de Fouquet, t. II, p. 285.

[1606] Le vers est incomplet dans la copie. Il y avait sans doute dans le texte original: «En allant au supplice.»

[1607] _Journal_, t. II, p. 288 et suiv.

[1608] T. II, p. 290.

[1609] Louis de Bourbon, prince de Condé. Il était gouverneur de Bourgogne, et M. de la Toison, membre du parlement de Dijon.

[1610] Il s'agit du séjour fait par la cour à Fontainebleau aux mois de mai, juin et juillet 1664.

[1611] Le maréchal de Marillac avait été jugé et condamné à mort sous le ministère de Richelieu.

[1612] Le sens est que M. de Bessemaux, comme M. de Lesdiguières, avait contribué à gagner M. de la Baulme.

[1613] Un des fils du conseiller Catinat est devenu le maréchal de Catinat.

[1614] Archives de l'Empire, sect. judiciaire, liasse Z, 600, collection Rondonneau.

[1615] On disait qu'on avait promis à Sainte-Hélène la charge de président au parlement de Rouen.

[1616] Voy. ce que le conseiller d'État de la Fosse dit dans ses lettres à Séguier sur les causes qui avaient engagé Fouquet à faire couvrir une partie de sa maison de Saint-Mandé en ardoises et l'autre en tuiles. Ci-dessus, p. 287. Pussort reprit cette accusation, qui parut généralement puérile. (_Journal d'Oliv. d'Ormesson_, t. II, p. 276.)

[1617] Il y a Machaut dans la copie; mais la mesure et le sens demandent également que ce nom soit changé en celui de Massenau. J'ai eu tort de laisser _Machaut_ dans le _Journal d'Oliv. d'Ormesson_, t. II, p. 296.

[1618] Voysin, un des membres de la Chambre de justice; c'est à lui que sont attribuées les paroles prononcées dans le couplet 22. On l'accusait surtout d'avoir altéré les procès-verbaux de l'Épargne, et c'est à cette altération que Pontchartrain fait allusion.

[1619] Liv. I. XIVII, p. 162.

[1620] T. XXV, p. 76.

[1621] T. II, p. 308-309.

[1622] Claude le Pelletier qui fut plus tard contrôleur général des finances.

[1623] Anne d'Autriche n'avait jamais été hostile à Fouquet au point de souhaiter sa mort. On trouve la preuve de cette assertion dans le _Journal d'Oliv. d'Ormesson_.

[1624] On a vu ci-dessus, p. 135, que madame de Beauvais recevait une pension de Fouquet.

[1625] Allusion à l'époque où d'Ormesson était intendant de Picardie et du Soissonnais.

[1626] Claude Joly, antérieurement curé de Saint-Nicolas-des Champs, paroisse d'Olivier d'Ormesson.

[1627] _Journal_ t. II, p. 422-423.

[1628] _Ibid._, t. II, p. 400 et suiv.

[1629] Fille du chancelier.

[1630] Gendre de Guénégaud, trésorier de l'Épargne.

[1631] Un des membres de la Chambre de justice.

[1632] _Journal_, t. II, p. 407.

[1633] _Journal_, t. II, p. 425 et suiv.

[1634] Le grand maître de l'artillerie était alors le duc de Mazarin.

[1635] C'était la formule par laquelle on renvoyait une requête à l'examen des gens du roi pour qu'ils donnassent leurs conclusions avant que le tribunal rendît un arrêt.

[1636] Le projet trouvé à Saint-Mandé.

[1637] _Vie de Saint-Évremont_, par des Maizeaux, en tête des _Å’uvres de Saint-Évremond_ (édit. de 1740, t. I, p. 58-60).--Voltaire, _Siècle de Louis XIV_, ch. XXV.

[1638] T. III, p. 361 de la même édit. des _Å’uvres de Saint-Évremond_.

[1639] _Vie de Saint-Évremond_, t. III, p. 142-143, note.

[1640] On a peine, malgré l'autorité du biographe de Saint-Évremond, à reconnaître le surintendant Fouquet dans cet homme d'une discrétion absolue.

[1641] Cette phrase et les suivantes s'appliquent parfaitement au surintendant alors enfermé à Pignerol.

[1642] _Mémoires inédits et opuscules de Jean Rou_, avocat au parlement de Paris (1659), secrétaire interprète des États généraux de Hollande depuis l'année 1689 jusqu'à sa mort (1711), publiés pour la Société de l'Histoire du protestantisme français, d'après le ms. conservé aux archives de l'État à la Haye, par Francis Waddington. Paris, 1857, 2 vol. in-8.

[1643] M. de Bezemaux étoit un gentilhomme d'une ancienne famille de Gascogne. Il rendit quelques services au cardinal Mazarin, qui le fit capitaine de ses gardes, et lui procura ensuite le gouvernement de la Bastille. Il mourut immédiatement après la paix de Hyswick, généralement regretté de tous ceux qui le connoissoient, principalement des prisonniers.

«Je n'en ai pas connu un seul qui n'en ait dit du bien. Voici les justes souhaits que l'on a faits pour M. de Bezemaux après sa mort:

MADRIGAL Bezemaux, tes vertus t'ont mis au rang des sages: Vois tes durs successeurs au nombre des tyrans, Dans le temps qu'on est près d'encenser tes images. Tous te voudraient encore au nombre des vivans; La mort, qui s'est méprise, a fait un coup injuste: Elle a pris l'honnête homme et laisse le fripon! Reviens, cher Bezemaux, grossir la cour d'Auguste, Et que Bernaville aille accompagner Néron.

«M. de Bezemaux étoit humain, doux, poli, civil et honnête, au rapport même de Braillard et encore mieux de Francillon. Il rendoit souvent de très-bons offices aux prisonniers, quand il les croyoit innocents, et il a procuré la liberté de plusieurs. Sous M. de Bezemaux, les prisonniers un peu distingués avoient la liberté de se communiquer, et se voyaient au moins dans les cours.» (_L'inquisition de la Bastille_, par Constantin de Renneville. Amsterdam, 1724, t. II, p. 75, et t. IV. p. 1.)

[1644] Édit. Hachette, 1882, t. II, p. 2-5.

[1645] Citée dans l'ouvrage de Delort, p. 159-161.

[1646] On voit plus loin que ce prisonnier était le sieur de Valcroissant.

[1647] in-4 de 24 pages, chez Félix Galetti, Turin 1812

[1648] P. 12 et suiv.

[1649] Il fut plus tard prêtre de l'Oratoire.

[1650] J'ai déjà fait remarquer ci-dessus, p. 463, note, que rien n'est moins certain que la chronologie des _Mémoires de Gourville_, et que bâtir des hypothèses sur de pareils fondements, c'est s'amuser à un jeu puéril.

[1651] Ces dates données approximativement pourraient faire supposer que les recherches relatives à Fouquet furent faites par ses petits-fils, le comte et le chevalier de Belle-ÃŽle, ou du moins par leurs ordres.

[1652] L'_Homme au masque de fer_, par Paul L. Jacob (Paul Lacroix). Paris, Victor Magen. 1857, brochure in-8.

[1653] Ci-dessus, p. 463.

[1654] P. 463, note.

[1655] Ci-dessus, p. 461.

[1656] P. 294 et suiv. de la _Dissertation_ citée.

[1657] T. I. p. 149.

[1658] Gabrielle d'Estrées.

[1659] Note d'André d'Ormesson: «Les intendans des finances d'Iscarville, d'Heudicourt, Marcel, de Bussy, des Barreaux, Senteny, d'Attichy, Devienne, furent supprimés en l'an 1586; MM. de Maupeou, Devienne, Arnauld, mis en leur place, sous M. de Rosny.»

[1660] «Les six ministres qui ne pouvoient estre changés pendant la régence estoient monseigneur le duc d'Orléans, monseigneur le prince de Condé, monseigneur le cardinal Mazarin, M. le chancelier, M. Bouthillier, surintendant des finances, M. Bouthillier-Chavigny, secrétaire d'Estat; mais à la cour il n'y a rien de certain et nulle stabilité en la condition. M. Bouthillier fils est demeuré dans le conseil d'en haut, mais a esté contraint de résigner sa charge de secrétaire d'Estat à M. de Loménie, comte de Brienne, qui l'excerce encore.»

_note d'A. d'Ormesson.._

[1661] Mémoire autographe de Colbert. Bibl. imp., mss. S. l., n° 3695.

[1662] C'est-à-dire des emprunts, aliénations de domaines, vente d'offices, etc.

[1663] Dunkerque avait été vendu, en 1662, par Charles II, roi d'Angleterre, à Louis XIV moyennant une somme de 5 millions, qui furent payés en argent comptant. «Le roi d'Angleterre, dit Colbert, ayant mis pour condition que telle somme lui seroit payée en argent, Sa Majesté la fit porter tout entière en quarante-six charrettes qui partirent du Louvre, et furent escortées par les mousquetaires de Sa Majesté.»

[1664] _Å’uvres de la Fontaine_, édit. Walckenaer (Paris, Lefèvre, 1828, t. VI, p. 33, note 5.)

[1665] _Ibid._, t. VI, p. 258.

[1666] Voyez ci-dessus, p. 58, un extrait de la _Muse historique_ de Loret.

[1667] Belle-mère de Gilles Fouquet.

[1668] Delort, _Détention des philosophes_, etc., p. 50.

[1669] Mémoires, édit. Charpentier, t. II, p. 83-84.

[1670] _Å’uvres de la Fontaine_, édit. citée, t. VI, p. 80.

[1671] La Fontaine a écrit en marge: _C'est le jour où M. Fouquet fut arrêté_. On a vu que Fouquet fut arrêté le 5 septembre.

[1672] Pellisson était alors emprisonné à la Bastille.

[1673] Madame Fouquet avait été reléguée en Limousin.