Mémoires pour servir à l'Histoire de mon temps (Tome 3)

Chapter 36

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Un mot, avant de quitter ce sujet, sur les reproches qu'on adresse à nos généraux pour avoir fait usage de l'artillerie et des pétards. C'est une de ces déclamations banales qu'il faut réfuter une fois pour toutes. Oui, sans doute, on a employé le canon, les obus, les pétards, pour épargner le sang des soldats. Oui, les généraux ont eu le tort de penser que la vie de ces hommes, qui ont accompli avec tant de courage de si pénibles devoirs, valait bien quelques pans de muraille, valait même la vie des forcenés qui pensaient avoir trouvé dans ces murailles un inviolable rempart. Permis à ceux qui ne voient de Français en France que ce qui combat le gouvernement du pays, de refuser aux soldats qui le servent le titre de citoyens; mais nous, qui pensons que, pour avoir endossé un uniforme, on n'a pas perdu le droit de compter comme membre de la grande association nationale, si l'on nous parle de dix maisons brûlées, nous répondrons que cinquante braves ont été épargnés. Malheur à ceux qui ne sentent pas la force de cette réponse!

J'ai exposé l'état matériel où la révolte d'avril a laissé Lyon. La disposition des esprits est plus intéressante, mais aussi plus difficile à apprécier.

Si nous jetons les yeux d'abord sur cette classe fort nombreuse qui, sans prendre directement part au mouvement, y a prêté les mains, s'est intéressée au succès des insurgés, et n'attendait qu'une chance favorable pour s'associer à leurs efforts, nous la verrons plus furieuse qu'humiliée. Elle forme mille projets extravagants de vengeance. Les ouvriers mêmes, que l'expérience de février avait complètement dégoûtés des associations et des intrigues, se rallient momentanément à leurs frères, parce qu'il leur semble que la classe tout entière vient d'être vaincue, et leur orgueil de héros de novembre est blessé par cette idée. Il y a donc une fermentation très-grande dans cette partie de la population; fermentation inévitable après un tel échec. Ce sont des plaideurs qui maudissent leurs juges; on leur donne vingt-quatre heures au palais; à Lyon, ce n'est pas trop de leur donner un mois.

Il faut sans doute attribuer aux folles menaces de ces ouvriers les craintes non moins insensées auxquelles sont en proie un grand nombre de fabricants. Ils ne réfléchissent pas à l'impossibilité d'une tentative sérieuse, au moment où la garnison, est triplée, où, d'ailleurs, le parti est vaincu, la société dissoute, les chefs en fuite ou prisonniers, et une partie des armes enlevée. Malgré tous ces motifs de sécurité, ils ajoutent foi aux contes les plus ridicules: c'est un projet de désarmer tous les postes et d'enlever les autorités pendant la nuit; c'est un dépôt de fusils; c'est une fabrique de cartouches. L'exécution est fixée au 26, puis remise au 28, puis indéfiniment ajournée; et cependant beaucoup de personnes quittent la ville et vont attendre à la campagne, ou même à l'étranger, l'issue d'une crise qu'elles croient imminente au lieu de la regarder comme terminée.

Mais cet effet, comme le précédent, est peu durable de sa nature. Pour qui se rappelle les terreurs si vives et si prolongées qui suivirent la catastrophe de 1831, ces nouvelles terreurs ne paraîtront pas incurables. Je suis assuré qu'elles feront bientôt place au sentiment de sécurité que la prolongation de la paix publique amènera incessamment, et dont la défaite des partis violents, la dissolution définitive des coalitions industrielles ou politiques et la prospérité commerciale qui doit en résulter garantissent l'affermissement et la durée.

Plût au ciel que nos derniers troubles n'eussent pas eu d'autre conséquence fâcheuse que l'irritation des uns et la frayeur momentanée des autres! Ils ont donné une nouvelle force à ce besoin exclusif d'ordre et de repos qui doit surgir nécessairement de nos désordres et de nos souffrances sans fin. Peut-être s'étonnera-t-on que je signale ce sentiment si légitime comme un danger pour le pays. Mais, si je me fais gloire d'appartenir au parti du juste milieu, c'est pour avoir le droit de repousser tout principe exclusif, c'est pour voler au secours de l'ordre quand la liberté occupe seule tous les esprits, au secours de la liberté quand on ne pense plus qu'à l'ordre public; c'est pour ne pas scinder la devise de notre drapeau. Oui, je le répète, ceci est plus grave qu'on ne l'imagine: à chaque émeute, l'indifférence en matière politique, cette gangrène du corps social, fait quelques progrès nouveaux; les partisans de la répression à tout prix deviennent plus nombreux et plus menaçants. Il n'y a pas de violence de la presse, pas de désordre des rues qui n'enlève à la véritable liberté quelqu'un de ses anciens défenseurs. Encore une insurrection, et bien des gens seront prêts à sacrifier la liberté de la presse, la liberté individuelle. Encore une insurrection, et les coups d'État seront réclamés, el un 18 brumaire sera possible, et un gouvernement militaire pourra s'établir. Alors les modérés d'aujourd'hui se montreront peut-être plus fidèles à leurs principes, plus énergiques et plus passionnés pour la défense des libertés publiques, que ceux qui les accusent de tiédeur.

Il n'est pas probable que nous en venions jamais là; les factions, partout vaincues, ne tarderont pas à disparaître entièrement. J'en ai la ferme conviction: la bataille électorale sera gagnée comme la bataille des rues; l'opposition violente posera les armes et dès lors ce paroxisme d'ordre public qu'elle seule excite s'apaisera naturellement. Mais j'ai dû le signaler; je l'ai dû surtout en parlant d'une ville qui est livrée plus que toute autre à ce genre de préoccupations.

Pour ne parler que des conséquences qui intéressent spécialement la ville de Lyon, il est impossible de ne pas voir que les derniers événements l'ont enfin délivrée des souvenirs de novembre 1831, de cette menace perpétuelle, de cette épée de Damoclès qui, depuis deux années, lui interdisait le repos. Ils ont porté le coup mortel à la _Société mutuelliste_ et à celle _des Droits de l'homme,_ qui avaient mission de s'agiter tour à tour. Ils l'ont préparée à repousser avec plus d'énergie toute tentative nouvelle de soulèvement, parce qu'ils ont appris à tous les habitants paisibles ce qu'il en coûte de laisser envahir la maison qu'on habite par les bandes des révoltés.

Il y a plus: quoique la question industrielle n'ait pas été directement engagée dans la lutte, elle en a senti le contrecoup, et l'on doit s'en féliciter. Je m'explique le mal qui travaille la fabrique de Lyon; c'est la concurrence des fabriques étrangères qui produisent les tissus unis aussi bien qu'elle et à meilleur marché; pour résister, il fallait baisser le prix de la main-d'oeuvre. Mais cette baisse n'était guère conciliable avec l'existence des ouvriers dans une grande ville où les dépenses sont multipliées. Avant de se résoudre à s'établir dans les campagnes, les ouvriers ont essayé de défendre leurs salaires par le tarif. Nous avons suivi cette grande expérience dans ses trois crises principales, en novembre 1831, au conseil des Prud'hommes, et au mois de février 1834. La démonstration a été complète, et les dernières affaires l'ont encore confirmée en rendant désormais impraticables les coalitions politiques et industrielles. Aussi a-t-on décidément renoncé au tarif. Cela est si vrai que _l'Écho de la fabrique_, qui en était le champion, vient de lancer un prospectus tout rempli du sentiment de sa détresse; il a demandé à ses amis les quatre mille francs qui lui sont nécessaires pour fournir un cautionnement, et se donner ainsi le droit de traiter les questions politiques sans lesquelles il ne pourrait subsister quinze jours. Personne n'a répondu à cet appel; le tarif est bien mort; il ne peut ressusciter sous aucune forme.

Mais ce n'est là qu'une solution négative. Il faut encore trouver le moyen de diminuer les frais de fabrication. Déjà, avant les derniers événements, beaucoup d'ateliers s'étaient établis dans les communes rurales qui avoisinent Lyon; depuis, cette émigration est devenue plus générale; il est même question, à ce qu'on assure, de fonder hors des murs de Lyon des manufactures considérables. Voilà, j'ose le dire, la seule issue possible de ces interminables débats. A la campagne, la vie est moins chère, et les ouvriers trouveront d'ailleurs, dans quelques occupations agricoles, le supplément qui leur manque ici dans la saison du ralentissement des travaux. Dans les grandes manufactures, le chef d'atelier disparaîtra, et les frais généraux de fabrication seront diminués par la suppression de ce rouage inutile.

Je sais qu'à la tribune l'émigration des ouvriers en soie a été déclarée impossible. J'ai une excellente réponse à faire: c'est qu'elle a lieu; elle a lieu sans difficulté, parce que la division du travail, qu'on cite comme un obstacle, n'est nulle part moins grande que dans la fabrique de Lyon. Aussi tous les villages du département du Rhône retentissent du bruit des métiers; une grande partie des étoffes unies en sortent, et cette tendance, qui s'est manifestée depuis plus d'un an, a reçu, des troubles du mois d'avril, une nouvelle et salutaire impulsion.

Qu'on ne pense pas au reste que la ville de Lyon, ainsi abandonnée par une partie de ses habitants, doive perdre de son importance et céder à une autre cité le rang qu'elle occupe aujourd'hui; beaucoup de gens prédisent sa chute; moi, je lui prédis au contraire le plus brillant avenir.

Ceux de ses ouvriers qui s'établiront dans la campagne ne pourront s'éloigner beaucoup; leurs relations avec les fabricants sont trop multipliées pour permettre une longue séparation. Ainsi, les villages se peupleront d'ateliers, mais seulement les villages voisins, qui deviendront ainsi les faubourgs avancés de la grande métropole industrielle. Dans cette, nouvelle position, la fabrique des tissus unis pourra lutter avantageusement contre la concurrence étrangère et ramener à Lyon beaucoup de commandes qui l'abandonnaient. La sécurité produite par cette nouvelle prospérité réagira à son tour sur elle. Garantie par les mesures de l'administration, par le désarmement des communes qui ont livré des fusils aux rebelles, par l'expulsion des étrangers turbulents, par les renforts envoyés à la garnison, elle sera complétée par une organisation plus puissante de la police locale et par sa concentration aux mains du préfet.

Vienne alors le chemin de fer de Lyon à Marseille; viennent la réunion des Brotteaux et l'affranchissement du Pont-Morand, et un nouveau quartier plus important et plus riche viendra compenser amplement ce que d'autres quartiers de la ville pourront avoir perdu en population. Lyon descendra de Fourvières et de la Croix-Rousse; il sortira de ses rues noires et étroites pour s'étendre à l'aise dans la presqu'île de Perrache et dans la plaine des Brotteaux. A Perrache, le chemin de fer de Saint-Étienne continuera à apporter tout ce commerce de houilles, toutes ces industries qui travaillent le fer et emploient le charbon, toutes ces usines enfumées qui en ont déjà pris possession. Aux Brotteaux, le chemin de fer de Marseille achèvera de créer un immense commerce d'entrepôt. Voyez cette file non interrompue de charrettes provençales qui transportent à Lyon les produits qu'il doit distribuer dans toutes les directions; jetez ensuite les yeux sur la carte et cherchez une vallée qui, de la mer Méditerranée, pénètre dans le coeur de l'Europe; vous ne trouverez que la vallée du Rhône, et c'est à Lyon seulement qu'elle se bifurque; c'est à Lyon que la grande route européenne se divise en trois chemins, l'un gagnant Paris, l'autre l'Allemagne et le troisième la Suisse. Quel rôle joueraient Marseille et Lyon si le chemin de fer projeté faisait affluer sur cette ligne unique tout le commerce du nord avec le midi!

Là est la destinée de Lyon. L'industrie des soies ne l'abandonnera pas sans doute; mais, dût-elle l'abandonner, sa grandeur survivrait à cette perte; l'avenir lui destine des compensations immenses et sa prospérité ne périra pas.

FIN DES PIÈCES HISTORIQUES DU TOME TROISIÈME.

TABLE DES MATIÈRES DU TOME TROISIÈME.

CHAPITRE XV.

MON MINISTÈRE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE. (1832-1837.)

Caractère et but du cabinet du 11 octobre 1832.--Difficultés de sa situation.--Avantages de sa composition.--D'où vient la popularité du ministère de l'instruction publique.--Son importance pour les familles;--pour l'État.--Des divers moyens de gouvernement des esprits selon les temps.--Caractère laïque de l'état actuel de l'intelligence et de la science.--Du système et de l'état des établissements d'instruction publique en Angleterre.--Mes conversations à Londres à ce sujet.--Unité nécessaire du système d'instruction publique en France.--Des essais d'organisation de l'instruction publique depuis 1789.--L'Assemblée constituante et M. de Talleyrand.---L'Assemblée législative et M. de Condorcet.--La Convention nationale et M. Daunou.--Le Consulat et la loi du 1er mai 1802.--L'Empire et l'Université.--L'instruction publique et la Charte.--Vicissitudes de l'organisation du ministère de l'instruction publique.--Comment je le fis organiser en y entrant.--Débuts du cabinet.--Préparation du discours de la Couronne.--Ouverture de la session de 1832.--Tentative d'assassinat sur le Roi.--État des affaires au dedans et au dehors.--Je tombe malade.

CHAPITRE XVI.

INSTRUCTION PRIMAIRE.

Je suis malade pendant six semaines--Prise d'Anvers.--Arrestation de S.A.R. madame la duchesse de Berry.--De la politique du cabinet dans cette circonstance.--Je reprends les affaires.--Présentation à la Chambre des députés du projet de loi sur l'instruction primaire.--Ma vie domestique.--Des projets et des progrès en fait d'instruction primaire de 1789 à 1832.--Questions essentielles.--L'instruction primaire doit-elle être obligatoire?--Doit-elle être gratuite?--De la liberté dans l'instruction primaire.--Des objets et des limites de l'instruction primaire.--De l'éducation et du recrutement des instituteurs primaires.--De la surveillance des écoles primaires.--Concours nécessaire de l'État et de l'Église.--Que l'instruction primaire doit être essentiellement religieuse.--Mesures administratives pour assurer l'exécution et l'efficacité de la loi.--Mesures morales.--Promulgation de la loi du 28 juin 1833.--Ma circulaire à tous les instituteurs primaires.--Visite générale des écoles primaires.--Établissement des inspecteurs des écoles primaires.--Mes rapports avec les corporations religieuses vouées à l'instruction primaire.--Le frère Anaclet.--L'abbé J. M. de la Mennais.--L'abbé F. de la Mennais.--Mon rapport au Roi en avril 1834 sur l'exécution de la loi du 28 juin 1833.--De l'état actuel de l'instruction primaire.

CHAPITRE XVII.

INSTRUCTION SECONDAIRE.

Difficulté de l'introduction du principe de la liberté dans l'instruction secondaire.--Constitution originaire de l'Université.--Ses deux sortes d'ennemis.--Leur injustice.--Causes naturelles et légitimes de leur hostilité.--L'Université dans ses rapports avec l'Église.--État intérieur et situation sociale du catholicisme en 1830.--Réclamation de la liberté d'enseignement.--M. de Montalembert et l'abbé Lacordaire.--Tendances diverses dans le catholicisme.--Efforts pour le réconcilier avec la société moderne.--L'abbé F. de la Mennais.--L'_Avenir_.--Voyage de l'abbé de la Mennais, de l'abbé Lacordaire et de M. de Montalembert à Rome.--Le pape Grégoire XVI condamne l'_Avenir_.--L'Université dans ses rapports avec la société civile.--Quelle eût été la bonne solution du problème.--Pourquoi et par qui elle était alors repoussée.--Je prépare un projet de loi sur l'instruction secondaire.--Son caractère et ses limites.--Comment il fut accueilli.--Rapport de M. Saint-Marc Girardin à la Chambre des députés.--Discussion du projet.--M. de Lamartine.

CHAPITRE XVIII.

INSTRUCTION SUPÉRIEURE.

Disposition des esprits de 1832 à 1837, quant à l'instruction Supérieure.--Réformes et innovations nécessaires.--Comment je les entreprends.--Chaires vacantes au Collège de France.--Nomination de MM. Eugène Burnouf, Jouffroy, Ampère et Rossi.--Mes relations personnelles avec eux.--Création de la chaire de droit constitutionnel dans la Faculté de droit de Paris.--Nomination de M. Rossi.--Opposition à son cours.--M. Auguste Comte et la _Philosophie positive_.--Des procédés des Chambres envers les savants et les lettrés.--Du cumul des emplois.--Des logements.--Lettre de M. Geoffroy Saint-Hilaire.--Savants voyageurs.--MM. Victor Jacquemont et Champollion jeune.--De l'introduction du principe de la liberté dans l'instruction supérieure.--Des agrégés.--De la décentralisation dans l'instruction supérieure.--De l'absence de toute discipline morale dans l'instruction supérieure.--Moyen d'y porter remède.

CHAPITRE XIX.

ACADÉMIES ET ÉTABLISSEMENTS LITTÉRAIRES.

Rétablissement de l'Académie des sciences morales et politiques dans l'Institut.--Motifs et objections.--Lettre de M. Royer-Collard.--Je communique mon projet aux membres survivants de l'ancienne classe des sciences morales et politiques. L'abbé Sieyès.--Le comte Roederer.--M. Daunou.--Élections nouvelles.--M. Lakanal.--Des travaux de l'Académie des sciences morales et politiques et de l'utilité générale des académies.--Mes relations avec les sociétés savantes des départements.--De l'administration des établissements littéraires et scientifiques.--Idées fausses à ce sujet.--De la suppression des logements pour les conservateurs et employés dans l'intérieur de ces établissements.--Réformes dans l'administration de la Bibliothèque royale.--Augmentation du budget des établissements littéraires et scientifiques.--Constructions nouvelles au Muséum d'histoire naturelle.

CHAPITRE XX.

ÉTUDES HISTORIQUES.

Importance morale et politique des études historiques.--État des études historiques dans l'instruction publique avant 1818.--Introduction de l'enseignement spécial de l'histoire dans les colléges.--Du caractère et des limites de cet enseignement.--État des études historiques après la Révolution de 1830.--Lettre de M. Augustin Thierry à ce sujet--Fondation de la _Société pour l'histoire de France_.--Je propose la publication, par le ministère de l'Instruction publique, d'une grande collection des Documents inédits relatifs à l'histoire de France.--Débat Dans les Chambres à ce sujet.--Mon rapport au roi Louis-Philippe.--Lettre du Roi.--M. Michelet et M. Edgar Quinet.--De l'état actuel des études sur l'histoire générale et locale de la France, et de l'influence de ces études.

CHAPITRE XXI.

POLITIQUE INTÉRIEURE. (1832-1836.)

Vrai caractère de la politique de résistance de 1830 à 1836.--État des partis dans les chambres en 1832.--Nomination de pairs.--Naissance du tiers-parti dans la chambre des députés.--M. Dupin président.--Révocation de MM. Dubois, de Nantes, et Baude.--Débat à ce sujet.--Sessions de 1832 et 1833.--Bonne situation du cabinet.--Des sociétés secrètes à cette époque.--De l'appui qu'elles trouvaient dans la Chambre des députés.--Des journaux.--Quelle conduite doit tenir le pouvoir en présence de la liberté de la presse périodique.--Quelle fut, à cet égard, notre erreur.--Procès de _la Tribune_ devant la Chambre des députés.--Concessions inutiles à l'esprit révolutionnaire.--Session de 1834.--Débat entre M. Dupin et moi; _Parce que_ et _Quoique_ Bourbon.--Explosion des attaques républicaines et anarchiques.--Loi sur les crieurs publics.---Loi sur les associations.--Traité des 25 millions avec les États-Unis d'Amérique.--Échec et retraite du duc de Broglie.--Pourquoi je reste dans le cabinet.--Sa reconstitution.--Insurrections d'avril 1834 à Lyon et sur plusieurs autres points.--A Paris.--Leur défaite.--Procès déféré à la Cour des pairs;--Dissolution de la Chambre des députés.--Les élections nous sont favorables.--Péril de la situation.--Attitude du tiers-parti.--Embarras intérieurs du cabinet.--Question du gouvernement de l'Algérie.--Le maréchal Soult.--Sa retraite. Le maréchal Gérard, président du conseil.--Ouverture de la session de 1835.--Adresse de la Chambre des députés.--Question de l'amnistie.--Le maréchal Gérard se retire.--Démission de MM. Duchâtel, Humann, Rigny, Thiers et moi.--Ministère des trois jours.--Sa retraite soudaine.--Nous rentrons au pouvoir, avec le maréchal Mortier comme président du conseil.--M. de Talleyrand se retire de l'ambassade de Londres.--Mort et obsèques de M. de La Fayette.--Ma brouillerie avec M. Royer-Collard.--Affaiblissement et retraite du cabinet.--Crise ministérielle.--Le roi et le duc de Broglie.--M. Thiers.--Le duc de Broglie rentre comme président du conseil et ministre des affaires étrangères.--Travaux du cabinet reconstitué.--Procès des accusés d'avril devant la Cour des pairs.--Recrudescence anarchique.--Attentat Fieschi.--Lois de septembre.--Forte situation du cabinet.--Incident inattendu; M. Humann et la conversion des rentes.--Échec et dissolution du cabinet du 11 octobre 1832.

PIÈCES HISTORIQUES.

I.

Rapport au roi Louis-Philippe sur la publication d'un Manuel général de l'instruction primaire (19 octobre 1832).

II.

Circulaire adressée le 18 juillet 1833 à tous les instituteurs primaires en leur envoyant la loi du 28 juin 1833 (18 juillet 1833).

III.

Circulaire adressée le 13 août 1835 aux inspecteurs des écoles primaires institués par une ordonnance du roi du 26 février 1835.

IV.

Correspondance entre l'abbé J.-M. de la Mennais et M. Guizot sur les écoles primaires de la Congrégation de l'instruction chrétienne. 1° L'abbé J-M. de la Mennais à M. Guizot. 2° M. Guizot à l'abbé de la Mennais.

V.

1° M. Jouffroy à M. Guizot. 2° M. Jouffroy à M. Guizot.

VI.

Rapport au roi Louis-Philippe sur la création d'une chaire de droit constitutionnel dans la Faculté de droit de Paris.

VII.

M. Auguste Comte à M. Guizot (30 mars 1833).

VIII.

M. Lakanal à M. Guizot. (Mobile, État d'Alabama.--16 juillet 1835).

IX.

Rapports au roi Louis-Philippe sur la publication d'une Collection des documents inédits relatifs à l'histoire de France. 1° Extrait du rapport au Roi sur le budget du ministère de l'instruction publique pour l'exercice de 1835. 2° Rapport au Roi sur les mesures prescrites pour la recherche et la publication des documents inédits relatifs à l'histoire de France.

X.

Rapport à M. le comte Pelet de la Lozère, ministre de l'instruction publique, sur l'état des travaux relatifs à la Collection des documents inédits concernant l'histoire de France (23 mars 1836).

XI.

Tableau comparatif des lois rendues de 1830 à 1837, les unes pour la résistance au désordre et la défense du pouvoir, les autres pour l'extension et la garantie des libertés Publiques.

XII.

Récit de l'insurrection de Lyon, en avril 1834, écrit en mai 1834, par un témoin oculaire.

FIN DE LA TABLE DU TOME TROISIÈME.

ERRATUM. Page 287, ligne 6, supprimez les mots _offensive et défensive_.