Mémoires pour servir à l'Histoire de France sous Napoléon, Tome 1/2 écrits à Sainte-Hélène par les généraux qui ont partagé sa captivité

Part 21

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13. Pour mettre le gouvernement en état de délibérer s'il y a lieu ou non à retirer le projet de loi, les orateurs du gouvernement peuvent toujours demander l'ajournement, et l'ajournement ne peut leur être refusé.

14. Le Corps législatif vote, dans tous les cas, de la manière suivante: deux urnes sont placées sur le bureau; un secrétaire fait l'appel nominal des votants; à mesure qu'ils se présentent au bureau, un autre secrétaire remet à chacun une boule blanche destinée à exprimer le _oui_, et une boule noire destinée à exprimer le _non_: une des urnes seulement est destinée à recevoir les votes; dans l'autre sont jetées les boules inutiles. Quand l'appel est achevé, les secrétaires ouvrent, à la vue de l'assemblée, l'urne du scrutin, et font le compte des voix; le président proclame le résultat.

Soit la présente loi revêtue du sceau de l'état, insérée au bulletin des lois, inscrite dans les registres des autorités judiciaires et administratives, et le ministre de la justice chargé d'en surveiller la publication.

A Paris, le 29 nivose an VIII de la république.

BONAPARTE, premier consul.

* * * * *

PROCLAMATION.

_Des consuls de la république._

18 pluviose an VIII (7 février 1800)

LES CONSULS DE LA RÉPUBLIQUE, en conformité de l'article 5 de la loi du 23 frimaire, qui règle la manière dont la constitution sera présentée au peuple français; après avoir entendu le rapport des ministres de la justice, de l'intérieur, de la guerre, et de la marine,

Proclament le résultat des votes émis par les citoyens français sur l'acte constitutionnel:

Sur trois millions douze mille cinq cent soixante-neuf votants, quinze cent soixante-deux ont rejeté, trois millions onze mille sept ont accepté la constitution.

Les consuls de la république, arrêtent:

Art. 1er. Le résultat des votes émis, sur la constitution, sera proclamé, publié et affiché dans toutes les communes de la république.

2. Il sera célébré dans toutes les communes, pour l'acceptation de la constitution, une fête nationale consacrée à l'union des citoyens français.

3. Cette fête sera célébrée dans la décade qui suivra l'entière pacification des départements de l'Ouest.

* * * * *

Paris, 29 ventose an VIII (20 mars).

_Aux jeunes Français._

Le premier consul reçoit beaucoup de lettres de jeunes citoyens empressés de lui témoigner leur attachement à la république et le desir qu'ils ont de s'associer aux efforts qu'il va faire pour conquérir la paix. Touché de leur dévouement, il en reçoit l'assurance avec un vif intérêt; la gloire les attend à Dijon. C'est lorsqu'il les verra réunis sous les drapeaux de l'armée de réserve, qu'il se propose de les remercier et d'applaudir à leur zèle.

BONAPARTE.

* * * * *

Paris, le 12 germinal an VIII (2 avril 1800).

_Au général Berthier, ministre de la guerre._

Les talents militaires dont vous avez donné tant de preuves, citoyen général, et la confiance du gouvernement vous appellent au commandement d'une armée[13]. Vous avez pendant l'hiver réorganisé le ministère de la guerre; vous avez pourvu, autant que les circonstances l'ont permis, aux besoins de nos armées; il vous reste à conduire pendant le printemps et l'été, nos soldats à la victoire, moyen efficace d'arriver à la paix et de consolider la république.

Recevez, je vous prie, citoyen général, les témoignages de satisfaction du gouvernement sur votre conduite au ministère.

BONAPARTE.

[13] Celui de l'armée de réserve, auquel il était nommé par un arrêté transmis avec la lettre.

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Au quartier-général de Martigni, le 28 floréal an VIII (18 mai 1800).

_Au ministre de l'intérieur._

Citoyen ministre,

Je suis au pied des grandes Alpes, au milieu du Valais.

Le grand Saint-Bernard a offert bien des obstacles qui ont été surmontés avec ce courage héroïque qui distingue les troupes françaises dans toutes les circonstances. Le tiers de l'artillerie est déja en Italie; l'armée descend à force; Berthier est en Piémont; dans trois jours tout sera passé.

BONAPARTE.

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Au quartier-général de Milan, le 20 prairial an VIII (9 juin 1800).

_Aux deux consuls restés à Paris._

Vous aurez vu, citoyens consuls, par les lettres de M. de Mélas, qui étaient jointes à ma précédente lettre, que le même jour que l'ordre de lever le blocus de Gênes arrivait au général Ott, le général Masséna, forcé par le manque absolu de vivres, a demandé à capituler. Il paraît que le général Masséna a dix mille combattants; le général Suchet en a à peu près autant; si ces deux corps se sont, comme je le pense, réunis entre Oneille et Savone, ils pourront entrer rapidement en Piémont par le Tanaro, et être fort utiles, dans le temps que l'ennemi serait obligé de laisser quelques troupes dans Gênes.

La plus grande partie de l'armée est dans ce moment à Stradella. Nous avons un pont à Plaisance, et plusieurs trailles vis-à-vis Pavie. Orsi, Novi, Brescia et Crémone sont à nous.

Vous trouverez ci-joints plusieurs bulletins et différentes lettres interceptées, qu'il vous paraîtra utile de rendre publiques.

Je vous salue.

BONAPARTE.

* * * * *

Au quartier-général de Broui, le 21 prairial an VIII (10 juin 1800).

_Au citoyen Petiet, conseiller d'état._

Nous avons eu hier une affaire fort brillante. Sans exagération, l'ennemi a eu quinze cents hommes tués, deux fois autant de blessés; nous avons fait quatre mille prisonniers et pris cinq pièces de canon. C'est le corps du lieutenant-général Ott, qui est venu de Gênes à marches forcées; il voulait rouvrir la communication avec Plaisance.

Comme je n'ai pas le temps d'expédier un courrier à Paris, je vous prie de donner ces nouvelles aux consuls par un courrier extraordinaire.

L'armée continue sa marche sur Tortone et Alexandrie.

La division de l'armée du Rhin est arrivée en entier; il y en a déja une partie au-delà du Pô.

BONAPARTE.

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Au quartier-général de Torre de Garofola, le 7 prairial an VII (16 juin 1800).

_Aux consuls de la république._

Le lendemain de la bataille de Marengo, citoyens consuls, le général Mélas a fait demander aux avant-postes qu'il lui fût permis de m'envoyer le général Zach. On a arrêté, dans la journée, la convention dont vous trouverez ci-joint la copie[14]. Elle a été signée dans la nuit, par le général Berthier et le général Mélas. J'espère que le peuple français sera content de son armée.

BONAPARTE.

[14] C'est la fameuse capitulation du général Mélas à Alexandrie. Voyez page 246.

* * * * *

Lyon, le 10 messidor an VIII (29 juin 1800).

_Aux consuls de la république._

J'arrive à Lyon, citoyens consuls; je m'y arrête pour poser la première pierre des façades de la place Bellecourt, que l'on va rétablir. Cette seule circonstance pouvait retarder mon arrivée à Paris; mais je n'ai pas tenu à l'ambition d'accélérer le rétablissement de cette place que j'ai vue si belle et qui est aujourd'hui si hideuse. On me fait espérer que dans deux ans elle sera entièrement achevée.

J'espère qu'avant cette époque, le commerce de cette ville, dont s'énorgueillissait l'Europe entière, aura repris sa première prospérité.

Je vous salue.

BONAPARTE.

FIN DU PREMIER VOLUME DES MÉMOIRES.

ERRATA

DU TOME PREMIER DES MÉMOIRES.

(NOTA. M. le général Gourgaud se trouvant hors de France lors de l'impression de ce volume, et le manuscrit étant très-difficile à lire, il s'est glissé plusieurs erreurs ou omissions que nous nous empressons de rétablir.)

Page 2, ligne 21, un pont, _lisez_: un point.

-- 11, ligne 4, après _de l'intérieur_, il doit y avoir (.) un point et l'alinéa suivant commencera par ces mots: _douze à quinze jours après, etc... Napoléon_.

-- 18, ligne 23, considérations, _lisez_: dénonciations.

-- 19, dernière ligne, des......, _lisez_: des peintres.

-- 26, ligne 10, caissons, _lisez_: camions.

-- 36, ligne 21, il ne fut rien épargné, _lisez_: il ne faut rien épargner.

-- 43, ligne 11, le 20 avril, _lisez_: le 29 avril.

-- 47, ligne 9, Malague, _lisez_: Melogno.

-- 79, ligne 24, Moreau marcherait, _ajoutez_: droit.

-- 86, ligne 7, nommèrent, _lisez_: nommeraient sans difficulté, disaient-ils.

-- 86, ligne 10, laissaient, _lisez_: laissèrent.

-- 109, ligne 7, incertitude, _lisez_: incertitude;

-- _ib._, ligne 9, activité; _lisez_: activité,

-- 130, ligne 16, marches, _lisez_: mesures.

-- 145, ligne 4, noms, _lisez_: opinions.

-- 166, ligne 16, supprimer _y_.

-- 172, ligne 5, Fellichel, _lisez_: Saint-Michel.

-- 173, ligne 3, point, _lisez_: pont.

-- 177, ligne 10, après 20 juin, _lisez_: 40 jours.

-- 177, ligne 21, environ, _lisez_: renvoya.

-- 179, ligne 2, (deux mille cinq cents) _lisez_: vingt-cinq mille.

-- 187, lignes 10 et 11, étant fâcheuse, l'armée pressait, _lisez_: était fâcheuse, l'armée prêtait.

-- 189, lignes 25 et 26, passer le Lech etc., _lisez_: et arriver en deux jours, au plus en trois à Augsbourg passer le Lech.

-- 190, ligne 5, pour l'attendre, _lisez_: atteindre.

-- 191, ligne 12, au-dessus, _lisez_: au-dessous.

-- 199, ligne 9, sa droite, _lisez_: sa gauche.

-- 209, ligne 13, par moi, _lisez_: par mer.

-- 212, ligne 25, de la ville, _ajoutez_: à la garde nationale.

-- 235, ligne 17, après _offert_, _ajoutez_: à Masséna.

-- 254, ligne 19, sous, _lisez_: sur.

-- 256, ligne 2, consul, _ajoutez_: et sa cour.

-- 266, ligne 18, trouve, _lisez_: trouva.

-- 283, ligne 15, mouvement dans, _lisez_: mouvement; dans

-- _id._, ligne _id._, se trouvait; _lisez_: se trouvait