Mémoires du maréchal Marmont, duc de Raguse (6/9)
Part 6
«Sa Majesté ordonne aussi que vous fassiez diriger sur Strasbourg le cinquième corps de cavalerie pour y être, ainsi que la quatrième division du deuxième corps d'armée, sous les ordres du duc de Bellune.
«Le prince vice-connétable, major général,
«ALEXANDRE.»
NAPOLÉON AU MARÉCHAL MARMONT.
«Paris, le 14 décembre 1813.
«Mon cousin, je vois avec plaisir que le premier détachement des onze mille cinq cents conscrits destinés pour le quatrième corps commence à arriver. Faites habiller ces hommes, et faites-les incorporer dans les régiments.
«NAPOLÉON.»
NAPOLÉON AU MARÉCHAL MARMONT.
«Paris, le 14 décembre 1813.
«Mon cousin, j'ai donné tous les ordres pour la formation de grands hôpitaux sur les derrières de l'armée, afin d'éviter les évacuations. Correspondez à ce sujet avec le major général.--Je vois avec peine que les maladies continuent. Est-ce que le froid ne les fera pas diminuer?--Deux corps de gardes nationales qui sont très-belles, et qui sont sous votre commandement, ont eu beaucoup de déserteurs, parce que vous les avez éparpillées. Il serait convenable de les tenir dans les places fortes, sans quoi jamais elles ne se formeront. Écrivez aux préfets pour qu'ils fassent rejoindre les déserteurs ou qu'ils les remplacent.
«NAPOLÉON.»
NAPOLÉON AU MARÉCHAL MARMONT.
«Paris, le 14 décembre 1813.
«Mon cousin, j'ai nommé le comte d'Arberg préfet du Mont-Tonnerre. Il a été préfet à Brême, et a rempli cette mission avec succès. Il a l'avantage de parler allemand.
«NAPOLÉON.»
LE MAJOR GÉNÉRAL AU MARÉCHAL MARMONT.
«Paris, le 17 décembre 1813.
«Je vous préviens que, d'après les ordres de l'Empereur que le général Drouot vient de transmettre à M. le maréchal duc de Trévise, ce maréchal va se porter de Trèves sur Namur, avec les huit bataillons de la première division de vieille garde, les sapeurs, les marins, les batteries de vieille garde, les deux compagnies des équipages militaires, et tout l'état-major de la garde.
«Le duc de Trévise va faire partir aussi pour Namur la division de cavalerie de vieille garde, les réserves de douze et les réserves d'artillerie à cheval attelées.
«La deuxième division de vieille garde, composée des fusiliers, des flanqueurs, des vélites, doit se réunir à Luxembourg sous les ordres du général Curial, qui se trouvera avoir sous son commandement, dans les environs de Metz et de Luxembourg:
«La deuxième division de vieille garde, à Luxembourg;
«Les première et deuxième divisions de voltigeurs, à Sarrelouis et Thionville;
«Les dépôts de cavalerie et d'artillerie de la garde;
«Le 11e régiment de voltigeurs, qu'il gardera jusqu'à nouvel ordre.
«Les autres troupes de la garde impériale seront dans le Nord.
«Le prince vice-connétable, major général,
«ALEXANDRE.»
LE MAJOR GÉNÉRAL AU MARÉCHAL MARMONT.
«Paris, le 18 décembre 1813.
«J'ai soumis à l'Empereur la lettre par laquelle vous me faites connaître les motifs qui vous ont décidé à donner des armes neuves aux gardes nationales. Je dois vous mettre dans le secret: nous manquons d'armes pour l'armée; les fusils neufs doivent être réservés pour les troupes régulières. Il faut les garder et donner aux gardes nationales les fusils réparés et exécuter les dispositions faites par le ministre, qui a l'ensemble de la situation des choses. D'ailleurs, beaucoup de gardes nationales désertent et emportent leurs fusils. Les armes réparées sont encore d'un assez bon service. Je n'ai jamais parlé d'ôter les fusils aux gardes nationales.
«Il est fâcheux que le général Pernety ne puisse pas aller prendre le commandement de l'artillerie de l'armée du Nord: faites-moi connaître combien l'on présume qu'il sera de temps à se rétablir.
«Le prince vice-connétable, major général,
«ALEXANDRE.»
LE MAJOR GÉNÉRAL AU MARÉCHAL MARMONT.
«Paris, le 23 décembre 1813.
«L'Empereur vient d'arrêter, monsieur le duc, une nouvelle organisation pour le sixième corps d'armée. L'intention de Sa Majesté est que vous le fassiez former de suite en trois divisions au lieu de deux, conformément à l'état ci-joint. Faites procéder à cette opération.
«En conséquence, vous retirerez de la division Ricard, qui est votre première division, les bataillons des 9e et 16e léger, pour les réunir à votre deuxième division, dont ils doivent désormais faire partie. Ces bataillons formeront la deuxième division avec ceux des 1er, 14e, 15e, 16e, 62e, 70e et 121e régiments de la division actuelle du général Lagrange. La troisième division se trouvera formée des bataillons restants de la division actuelle du général Lagrange, savoir: des bataillons des 23e et 37e léger, 1er, 3e et 4e régiments de marine.
«Vous verrez, par l'état ci-joint, que, pour compléter l'organisation du sixième corps, vous avez à recevoir vingt-deux bataillons, qui sont maintenant en formation dans leurs dépôts. A mesure que ces bataillons seront en état, le ministre de la guerre les fera partir pour vous rejoindre.
«Vous aurez aussi à recevoir:
«1° Le deuxième bataillon du 4e léger, qui est à Anvers.
«Aussitôt que ce bataillon sera remplacé, il vous sera envoyé.
«2° Le deuxième bataillon du 15e de ligne, qui est à Landau.
«Ce bataillon, attendu sa proximité, est en quelque sorte sous votre main, et il vous rejoindra définitivement aussitôt qu'on pourra, sans inconvénient, le faire sortir de Landau.
«Vous remarquerez, monsieur le maréchal, que, dans la nouvelle organisation du sixième corps, on ne comprend plus:
«Le premier bataillon du 28e léger;
«Le premier bataillon du 22e de ligne;
«Le deuxième bataillon du 59e de ligne;
«Le troisième bataillon du 69e de ligne.
«Ces quatre bataillons doivent faire partie désormais du onzième corps d'armée. Préparez tout pour les faire mettre en marche aussitôt que vous en recevrez l'ordre définitif, que je vais vous adresser incessamment.
«Je vous écris particulièrement pour vous faire connaître les généraux de division et de brigade, le personnel des états-majors, des administrations, etc., qui doivent être attachés au sixième corps d'armée.
«Je joins ici les ordres que je donne au général Morand pour la nouvelle organisation du quatrième corps d'armée; je vous prie de les lui remettre après en avoir pris connaissance, et de veiller à leur exécution.
«Le prince vice-connétable, major général,
«ALEXANDRE.»
SIXIÈME CORPS D'ARMÉE.
M. LE MARÉCHAL DUC DE RAGUSE, COMMANDANT.
PREMIÈRE DIVISION.
2e régim. d'inf. lég. 3e bataill. présent au sixième corps. 4e régim. d'inf. lég. 3e bataill. présent au sixième corps. 2e -- arrivé le 26 décembre à Anvers. ------ _A reporter_ 3 bataillons.
_Report_ 3 bataillons.
6e régim. d'inf. lég. 2e bataill. présent au sixième corps. 3e -- se forme à son dépôt à Phalsbourg.
40e régim. de ligne 3e bataill. présent au sixième corps. 4e -- se forme à son dépôt à Schelestadt.
43e régim. de ligne 3e bataill. présent au sixième corps. 4e -- se forme à son dépôt à Gravelines.
2e bataill. présent au sixième corps. 50e régim. de ligne 3e -- 4e -- se forment à leur dépôt à Cambrai.
65e régim. de ligne 3e bataill. présent au sixième corps. 4e -- se forme à son dépôt à Gand.
136e rég. de ligne 1er bataill. présent au sixième corps. 2e -- se forme à son dépôt à Sedan.
138e rég. de ligne 1er bataill. présent au sixième corps. 2e -- se forme à son dépôt à Laval.
142e rég. de ligne 1er bataill. présent au sixième corps. 2e -- se forme à son dépôt au Mans.
144e rég. de ligne 1er bataill. présent au sixième corps. 2e -- se forme à son dépôt à Châlons.
145e rég. de ligne 1er bataill. présent au sixième corps. ------ TOTAL 23 bataillons.
DEUXIÈME DIVISION.
9e régim. d'inf. lég. 3e bataill. présent au sixième corps. 4e -- se forme à son dépôt de Longwy.
16e rég. d'inf. lég. 2e bataill. présent au sixième corps. 3e -- se forme à son dépôt à Mâcon.
1er régim. de ligne. 4e bataill. présent au sixième corps.
14e régim. de ligne. 3e bataill. présent au sixième corps. ------ _A reporter_ 6 bataillons.
_Report_ 6 bataillons.
3e bataill. présent au sixième corps. 15e régim. de ligne 2e -- se trouve à Landau. 4e -- se forme à son dépôt à Brest.
16e régim. de ligne 4e bataill. présent au sixième corps.
62e régim. de ligne 2e bataill. présents au sixième corps. 3e --
3e bataill. présent au sixième corps. 70e régim. de ligne 2e -- 4e -- se forment à leur dépôt à Brest.
3e bataill. 121e rég. de ligne 4e -- présents au sixième corps. 7e -- se forme à son dépôt à Blois. ------ TOTAL 18 bataillons.
TROISIÈME DIVISION.
1er bataill. 37e rég. d'inf. lég. 3e -- présents au sixième corps. 4e -- 2e -- se forme à son dépôt à Trèves.
23e rég. d'inf. lég. 3e bataill. présent au sixième corps. 3e bataill. se forme à Auxonne.
1er bataill. 1er r. d'art. de marine 2e -- présents au sixième corps. 3e -- 4e -- se forment à leur dépôt à Brest.
1er bataill. 2e r. d'art. de marine 2e -- présents au sixième corps. 3e -- 4e -- ------ _A reporter_ 14 bataillons.
_Report_ 14 bataillons.
1er bataill. 3e r. d'art. de marine. 2e -- présents au sixième corps. 3e -- 4e -- se forme à son dépôt à Valognes.
1er bataill. 4e r. d'art. de marine. 2e -- présents au sixième corps. 3e -- 4e -- se forme à son dépôt à Anvers. ---- TOTAL 22 bataillons.
TOTAL du sixième corps d'armée: 63 bataillons.
SIXIÈME CORPS D'ARMÉE.
ORDRE DE FORMATION ET DE RÉORGANISATION DE L'ARMÉE ARRÊTÉ PAR L'EMPEREUR LE 7 NOVEMBRE 1813[7].
[Note 7: Le maréchal duc de Raguse a classé cette pièce parmi les documents qui devaient être joints à ses _Mémoires_. Elle sera peut-être sans intérêt pour la plupart des lecteurs; mais elle en aura certainement un très-grand pour quelques autres, et particulièrement pour les personnes qui s'occupent d'administration militaire. Elle présente, en effet, un modèle curieux du système adopté par Napoléon pour la réorganisation de ses armées. Cette manière de procéder par un ensemble qui comprend en même temps tous les détails; cette manière brève, qui met partout l'ordre et la rigueur du commandement, est un indice des plus caractéristiques du génie de Napoléon. A ce dernier titre, la pièce offrira sans doute aussi quelque intérêt aux historiens.
Il n'est pas besoin de dire que cet ordre ne fut que très-imparfaitement exécuté, ou plutôt que l'exécution en fut à peine commencée. On n'en eut pas le temps, ainsi qu'on le lira dans le texte même des _Mémoires_, et ainsi que le preuve la correspondance. (_Note de l'Éditeur_.)]
* * * * *
ART. 5.
La vingtième division sera composée ainsi qu'il suit:
Premier et quatrième bataillons du 52e léger.
Tout ce qui existe du deuxième bataillon sera incorporé dans le premier, et le cadre renvoyé au dépôt.
Premier bataillon du 37e léger.
Tout ce qui existe des deuxième, troisième et quatrième bataillons sera incorporé dans le premier bataillon, et les cadres renvoyés au dépôt, pour servir à réorganiser le deuxième bataillon, les troisième et quatrième étant supprimés.
Premier bataillon du régiment espagnol.
Premier bataillon du 23e léger.
Tout ce qui existe du quatrième bataillon sera incorporé dans le premier et le cadre renvoyé au dépôt.
Premier bataillon du 1er de ligne.
Il sera incorporé cent conscrits hollandais dans ce bataillon.
Deuxième et sixième bataillons du 62e de ligne.
Il sera incorporé cent conscrits hollandais dans le deuxième bataillon.
Premier bataillon du 16e de ligne.
Il sera incorporé cent conscrits hollandais dans ce bataillon.
Premier bataillon du 14e de ligne.
Il sera incorporé cent conscrits hollandais dans ce bataillon.
Premier et deuxième bataillons du 15e de ligne.
Tout ce qui existe du quatrième bataillon sera incorporé dans le premier bataillon, et le cadre renvoyé au dépôt.
Premier bataillon du 70e de ligne.
Tout ce qui existe du quatrième bataillon sera incorporé dans ce bataillon, et le cadre renvoyé au dépôt. Il y sera incorporé cent conscrits hollandais.
Premier et sixième bataillons du 121e.
Tout ce qui existe du quatrième bataillon sera incorporé dans ces bataillons, et le cadre renvoyé au dépôt. Il y sera incorporé cent conscrits hollandais.
1er, 2e, 3e et 4e régiments de marine.
Ces quatre régiments seront égalisés à quatre bataillons chacun, et un bataillon de dépôt. Le major général me présentera un projet à ce sujet. Tous les bataillons et dépôts d'artillerie de marine qui peuvent se trouver dans l'intérieur seront envoyés pour les compléter.
ART. 6.
Les six cents conscrits hollandais nécessaires seront pris sur les quatre bataillons hollandais, à raison de cent cinquante par bataillon.
La vingtième division sera commandée par le général Lagrange, qui aura sous ses ordres trois généraux de brigade.
ART. 7.
La huitième division, qui faisait partie du troisième corps, et qui en ce moment fait partie du sixième, sera composée ainsi qu'il suit:
Deuxième bataillon du 6e léger.
Tout ce qui existe du troisième bataillon sera incorporé dans le deuxième, et le cadre renvoyé au dépôt.
Deuxième bataillon du 16e léger.
Tout ce qui existe du troisième bataillon sera incorporé dans le deuxième, et le cadre renvoyé au dépôt.
Premier bataillon du 22e de ligne.
Tout ce qui existe des troisième et quatrième bataillons sera incorporé dans le premier, et les cadres renvoyés au dépôt.
Premier bataillon du 28e léger.
Tout ce qui existe du troisième bataillon sera incorporé dans le premier, et le cadre renvoyé au dépôt.
Troisième bataillon du 40e de ligne.
Tout ce qui existe du quatrième bataillon sera incorporé dans le troisième, et le cadre renvoyé au dépôt.
Deuxième bataillon du 59e de ligne.
Tout ce qui existe du troisième bataillon sera incorporé dans le deuxième, et le cadre renvoyé au dépôt.
Troisième bataillon du 69e de ligne.
Tout ce qui existe du quatrième bataillon sera incorporé dans le troisième, et le cadre renvoyé au dépôt.
Troisième bataillon du 2e léger. _Idem_ du 4e _idem_. _Idem_ du 43e de ligne.
Tout ce qui existe du quatrième bataillon sera incorporé dans le troisième, et le cadre renvoyé au dépôt.
Premier bataillon du 136e.
Tout ce qui existe des deuxième et troisième bataillons sera incorporé dans le premier, et les cadres renvoyés au dépôt, pour servir à l'organisation du deuxième bataillon, le troisième étant supprimé.
Premier bataillon du 138e.
Tout ce qui existe des deuxième et troisième bataillons sera incorporé dans le premier, et les cadres des deuxième et troisième renvoyés au dépôt, pour servir à l'organisation du deuxième, le troisième étant supprimé.
Premier bataillon du 143e.
Tout ce qui existe des deuxième et troisième bataillons sera incorporé dans le premier, et les cadres renvoyés au dépôt, pour servir à l'organisation du deuxième bataillon.
Premier bataillon du 142e de ligne.
Tout ce qui existe des deuxième et troisième bataillons sera incorporé dans le premier, et les cadres renvoyés au dépôt, pour servir à la réorganisation du deuxième bataillon.
Premier bataillon du 144e.
Tout ce qui existe des deuxième et troisième bataillons sera incorporé dans le premier, et les cadres renvoyés au dépôt, pour servir à la réorganisation du deuxième bataillon.
Troisième bataillon du 9e léger.
Tout ce qui existe des quatrième et sixième bataillons sera incorporé dans le troisième, et les cadres renvoyés au dépôt, pour servir à réorganiser le quatrième bataillon.
Deuxième bataillon du 50e de ligne.
Tout ce qui existe des troisième et quatrième bataillons sera incorporé dans le deuxième, et les cadres renvoyés au dépôt.
Troisième bataillon du 63e de ligne.
Tout ce qui existe du quatrième bataillon sera mis dans le troisième, et le cadre renvoyé au dépôt.
ART. 8.
Il sera incorporé cent conscrits hollandais dans chacun des bataillons dont les noms des régiments suivent:
22e de ligne. 40e _idem_. 59e _idem_. 69e _idem_. 43e _idem_. 136e _idem_. 138e _idem_. 143e _idem_. 142e _idem_. 144e _idem_. 50e _idem_. 63e _idem_.
Les douze cents conscrits hollandais nécessaires seront pris à raison de trois cents dans chacun des quatre bataillons hollandais.
ART. 9.
Cette huitième division sera commandée par le général Ricard; les états-majors d'artillerie et du génie, etc., des troisième et sixième corps, serviront à former ceux du sixième corps.
LE DUC DE BELLUNE AU MARÉCHAL MARMONT.
«Strasbourg, le 2 janvier 1814, deux heures après midi.
«Monsieur le duc, je m'empresse de transmettre à Votre Excellence l'avis que je viens de recevoir que l'ennemi a jeté un pont sur le Rhin, pendant la nuit dernière, en face d'Oppenheim, entre le fort Vauban et Beinheim, et qu'il passe le fleuve dans ce moment. Cette opération est sans doute combinée avec celle de l'armée qui est dans le haut Rhin pour nous obliger à quitter l'Alsace. Votre Excellence doit sans doute en être instruite, et, s'il s'effectue comme on me l'annonce, je pense qu'elle fera ses dispositions pour en prévenir les effets, dont le premier serait de la séparer de moi. Mon opinion est, monsieur le maréchal, que, dans ce cas, nous devons concentrer toutes nos forces pour opérer dans la direction de Saverne. Si Votre Excellence la partage, je la prie de me le faire savoir en me donnant connaissance des mouvements qu'elle fera, afin que je puisse y faire coïncider les miens.
«Le maréchal duc DE BELLUNE.»
LE MAJOR GÉNÉRAL AU MARÉCHAL MARMONT.
«Paris, le 2 janvier 1814.
«L'Empereur a pris connaissance, monsieur le duc, de la lettre par laquelle vous m'informez de votre mouvement sur Landau avec le sixième corps d'armée et le premier corps de cavalerie.
«Sa Majesté ordonne que vous continuiez votre mouvement pour vous porter sur Colmar.
«Vous aurez sous votre commandement:
«1° La division actuelle du deuxième corps d'armée, forte de douze premiers bataillons, avec toute l'artillerie qui y est attachée.
«Vous vous entendrez avec le maréchal duc de Bellune pour que ces bataillons soient complétés à huit cents hommes, au moyen de tous les conscrits qui arrivent.
«2° Les deux divisions qui forment actuellement le sixième corps, et l'artillerie qui y est attachée.
«3° Le premier corps de cavalerie que vous avez déjà avec vous et toute l'artillerie qui y est attachée.
«4° Enfin le cinquième corps de cavalerie, commandé par le général Milhaud, qui est à Colmar, avec toute son artillerie.
«Faites connaître, monsieur le maréchal, aussitôt que vous le pourrez, d'une manière exacte, la marche de vos troupes sur Colmar et votre itinéraire particulier, afin que nous sachions toujours où vous adresser des ordres.
«Le duc de Bellune restera à Strasbourg, et il s'occupera à former les deuxième et troisième divisions du deuxième corps d'armée, et l'artillerie qui doit leur être attachée, au fur et à mesure que les deuxième et quatrième bataillons des douze régiments de ces corps arriveront.
«Au moyen des dispositions ci-dessus, tout ce qui est destiné à renforcer le sixième corps doit changer de route; au lieu de se diriger sur Mayence, tous ces renforts se dirigeront sur Phalsbourg, où vous leur enverrez des ordres selon les circonstances pour vous rejoindre.
«Je joins ici un état des détachements destinés pour le sixième corps, dont le départ est annoncé jusqu'à ce moment. Il est divisé en quatre parties:
«1° Les détachements qui doivent déjà avoir rejoint;
«2° Ceux qui ont reçu des ordres pour s'arrêter en route;
«3° Ceux qui ne paraissent pas pouvoir être détournés avant leur arrivée à Mayence. Donnez des ordres pour que de là ils vous rejoignent directement sur Colmar;
«4° Ceux qui pourront être détournés à leur passade dans la troisième division militaire. J'écris au duc de Valmy de les diriger sur Phalsbourg, où vous leur enverrez des ordres.
«Je recommande aussi à M. le duc de Valmy de faire diriger pareillement sur Phalsbourg tout ce qui appartiendrait aux premier et cinquième corps de cavalerie.
«J'écris également au général Buty, commandant en chef l'artillerie de l'armée, et au commandant des équipages militaires à Metz, de diriger dorénavant sur Phalsbourg tout ce qui est destiné pour les deuxième et sixième corps d'armée, et pour les premier et cinquième corps de cavalerie.
«L'Empereur vient de prescrire des dispositions pour faire réunir sans délai un autre corps d'armée à Épinal et un autre à Langres.
«Le prince vice-connétable, major général,
«ALEXANDRE.»
LE MAJOR GÉNÉRAL AU MARÉCHAL MARMONT.
«Paris, le 3 janvier 1814.
«Je vous ai adressé hier, monsieur le duc, l'ordre de continuer votre mouvement avec le sixième corps d'armée et le premier corps de cavalerie, et leur artillerie, pour vous porter sur Colmar. L'intention de l'Empereur est qu'en dirigeant ce qui est sous vos ordres sur Colmar vous vous rendiez en toute diligence dans cette ville, et que vous y preniez le commandement du cinquième corps de cavalerie et de la division du deuxième corps d'armée, afin d'en tirer vous-même le meilleur parti possible.
«L'Empereur désire que vous pressiez la marche du sixième corps d'armée et du premier corps de cavalerie sur Colmar, et que vous ne vous laissiez pas amuser par des craintes de passage.
«Le duc de Bellune, qui reste à Strasbourg, réunira sous ses ordres tout ce qui doit composer les deux autres divisions de deuxième corps d'armée.
«L'Empereur a ordonné des levées en masse; on s'occupe du mode d'exécution, et le général Berkeim est nommé pour commander les levées du Haut-Rhin. Il se tiendra près de vous. Il aura avec lui des officiers du pays. Les généraux de l'insurrection seront chargés de donner des ordres pour l'organisation, par tiers, de la population des villages; ils en formeront des compagnies, nommeront les officiers, donneront des ordres pour sonner le tocsin, formeront des corps de partisans dont ils nommeront les chefs, et auxquels ils donneront des patentes de partisans.
«On s'occupe à préparer des instructions pour régulariser et utiliser cette importante mesure.
«Le prince vice-connétable, major général,
«ALEXANDRE.»
LE MARÉCHAL MARMONT AU MAJOR GÉNÉRAL.
«7 janvier 1814.
«J'ai l'honneur de vous rendre compte que j'ai fait partir un convoi de vivres pour Bitche. J'espère qu'il arrivera à bon port: la place en a un très-grand besoin.
«L'ennemi s'est présenté aujourd'hui devant Sarrebrück, avec une avant-garde d'infanterie et de cavalerie. Il paraît qu'il est arrivé aujourd'hui beaucoup de monde à Deux-Ponts. Je ferai tout ce qui sera en mon pouvoir pour retarder ce passage de la Sarre par l'ennemi. J'ai réglé la défense de la haute Sarre, et je retourne demain du côté de Sarrebrück.
«Je vais établir mon quartier général et nos principales forces à Forbach, pour être plus en mesure de me porter sur les différents gués.
LE MARÉCHAL MARMONT AU MAJOR GÉNÉRAL.
«7 janvier 1814.