Mémoires du général baron de Marbot (3/3)

Part 31

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La Restauration était trop intelligente pour garder longtemps rancune à la gloire de l'Empire. Elle pouvait la craindre, mais elle l'admirait. La lettre de Vérone, dans laquelle le sage roi Louis XVIII avait rendu un si grand témoignage au héros d'Arcole et des Pyramides, était toujours le fond de sa politique à l'égard des serviteurs du régime impérial. Le général Rapp était un aide de camp du Roi. Les maréchaux de Napoléon commandaient ses armées. Marbot fut rappelé de l'exil et nommé au commandement du 8e régiment de chasseurs à cheval. Déjà, en 1814, et très peu de temps après le rétablissement de la monarchie des Bourbons, le colonel Marbot avait été appelé à commander le 7e de hussards, dont M. le duc d'Orléans était alors le colonel titulaire. Cette circonstance avait décidé en lui le penchant qui le rapprocha depuis de la famille d'Orléans, et qui, plus tard, l'engagea irrévocablement dans sa destinée. Homme de cœur et d'esprit comme il l'était, attaché plus encore peut-être par sa raison que par sa passion à ces principes de 89 et à ces conquêtes de la France démocratique que la Charte de 1814 avait consacrés, esprit libéral, cœur patriote, Marbot s'était senti tout naturellement entraîné vers un prince qui avait pris une part si glorieuse en 1792 aux premières victoires de l'indépendance nationale et qui, le premier aussi, en 1815, avait protesté du haut de la tribune de la pairie contre la réaction et les proscripteurs. Aussi quand le duc de Chartres fut en âge de compléter par des études militaires la brillante et solide éducation qu'il avait reçue à l'Université, sous la direction d'un professeur éminent, ce fut au colonel Marbot que fut confiée la mission de diriger le jeune prince dans cette voie nouvelle ouverte à son intelligence et à son activité; et tout le monde sait que le disciple fit honneur au maître. Dès lors le général Marbot (le Roi l'avait nommé maréchal de camp après la révolution de Juillet) ne quitta plus le duc d'Orléans jusqu'à sa mort; et il le servit encore après, en restant attaché comme aide de camp à son jeune fils. Devant le canon d'Anvers, en 1831; plus tard, en 1835, pendant la courte et pénible campagne de Mascara où il commanda l'avant-garde; en 1839, pendant l'expédition des Portes de Fer; en 1840, à l'attaque du col de Mouzaïa, partout Marbot garda sa place d'honneur et sa part de danger auprès du prince, et il reçut sa dernière blessure à ses côtés. «... C'est votre faute si je suis blessé», dit-il en souriant au jeune duc, comme on le rapportait à l'ambulance.--«Comment cela? dit le prince.--Oui, monseigneur; n'avez-vous pas dit au commencement de l'action: Je parie que si un de mes officiers est blessé, ce sera encore Marbot? Vous avez gagné!...»

Je montre là, sans y insister autrement, un des côtés de la physionomie militaire de Marbot: il avait, dans un esprit très sérieux, une pointe d'humeur caustique très agréable. Il était volontiers railleur sans cesser d'être bienveillant. Une singulière finesse se cachait dans ce qu'on pouvait appeler quelquefois chez lui son gros bon sens. J'ajoute que les dons les plus rares de l'intelligence, la puissance du calcul, la science des faits et le goût des combinaisons abstraites s'alliaient en lui à une imagination très inventive, à une curiosité très littéraire et à un génie d'expression spontanée et de description pittoresque qui n'était pas seulement le mérite du conteur, comme je l'ai dit, mais qui lui assurait partout, dans les délibérations des comités, dans les conseils du prince, et jusque dans la Chambre des pairs, sur les questions les plus générales, un légitime et sérieux ascendant. D'un commerce très sûr, d'une loyauté à toute épreuve, sincère et vrai en toute chose, Marbot avait, dans la discussion, une allure, non pas de guerrier ni de conquérant,--personne ne supportait mieux la contradiction,--mais de raisonneur convaincu et déterminé, qui pouvait se taire, mais qui ne se rendait pas. Il avait, si on peut le dire, la discussion intrépide comme le cœur; il marchait droit à la vérité, comme autrefois à la bataille. Il affirmait quand d'autres auraient eu peut-être intérêt à douter; il tranchait des questions qu'une habileté plus souple eût réservées, et il n'y avait à cela, je le sais, aucun risque sous le dernier règne. L'époque, le lieu, l'habitude des controverses publiques, l'esprit libéral et curieux du prince qu'il servait, tout autorisait et encourageait chez Marbot cette franchise civique du vieux soldat. D'ailleurs, comment l'arrêter? Elle lui était naturelle comme sa bravoure et elle découlait de la même source.

Le livre que l'Empereur avait si magnifiquement récompensé par deux lignes de sa main, plus précieuses que le riche legs qu'il y avait joint, ce livre aujourd'hui épuisé, sinon oublié, est pourtant ce qui donnerait à ceux qui n'ont pas connu le général Marbot l'idée la plus complète de son caractère, de son esprit et de cet entrain qui n'appartenait pas moins à sa raison qu'à son courage. Le livre est presque tout entier technique, et il traite de l'art de la guerre dans ses plus vastes et dans ses plus minutieuses applications; malgré tout et en dépit de cette spécialité où il se renferme, c'est là une des plus attachantes lectures qu'on puisse faire. Je ne parle pas de cette verve de l'auteur qui anime et relève les moindres détails; c'est là l'intérêt qui s'adresse à tout le monde, c'est le plaisir; l'ouvrage a d'autres mérites, je veux dire cette vigueur du ton, cette ardeur du raisonnement, ce choix éclairé et cette mesure décisive de l'érudition mise au service des théories militaires,--mais surtout cet accent de l'expérience personnelle et ce reflet de la vie pratique, lumineux commentaire de la science. Tel est ce livre du général Marbot. Il l'écrivit à trente-quatre ans. Le livre est l'homme; et je comprends qu'il ait plu à l'Empereur et qu'il ait agréablement rempli quelques-unes de ces longues veillées de Sainte-Hélène; il lui rappelait un de ses officiers les plus énergiques et les plus fidèles; il ralliait dans leur gloire et ranimait dans leur audace tous ces vieux bataillons détruits ou dispersés; il flattait, dans le vainqueur d'Austerlitz, l'habitude et le goût de ces grandes opérations de guerre offensive[27] dont la théorie intrépide et la pratique longtemps irrésistible avaient été l'instrument de sa grandeur et la gloire de son règne. Marbot flattait ces souvenirs dans l'Empereur déchu plus qu'il ne l'aurait voulu faire peut-être dans l'Empereur tout-puissant; mais il écrivait en homme convaincu. Il défendait la guerre d'invasion comme quelqu'un qui n'avait jamais fait autre chose, avec conviction, avec vérité, par entraînement d'habitude et sans parti pris de plaire à personne. Il était l'homme du monde qui songeait le moins à plaire, quoiqu'il y eût souvent bien de l'art dans sa bonhomie, bien du cœur et bien de l'élan dans sa rudesse. Le général Rogniat avait écrit[28] que les passions les plus propres à inspirer du courage aux troupes étaient, selon lui, «le fanatisme religieux, l'amour de la patrie, l'honneur, l'ambition, l'amour, enfin le désir des richesses... _Je passe sous silence la gloire_, ajoute l'auteur; _les soldats entendent trop rarement son langage pour qu'elle ait de l'influence sur leur courage_...» C'était là, il faut bien l'avouer, une opinion un peu métaphysique pour l'époque où le général Rogniat écrivait, et qui, fût-elle fondée (ce que je ne crois pas), n'était ni utile à répandre ni bonne à dire. «... Mais quoi! s'écrie le colonel Marbot dans sa réponse, quoi! ils n'entendaient pas le langage de la gloire, ces soldats qui jurèrent au général Rampon de mourir avec lui dans la redoute de Montélésimo! Ceux qui, saisissant leurs armes à la voix de Kléber, préférèrent une bataille _sanglante_ à une capitulation _honteuse!_ Ils n'entendaient pas le langage de la gloire, ces soldats d'Arcole, de Rivoli, de Castiglione et de Marengo, ceux d'Austerlitz, d'Iéna et de Wagram! Ces milliers de braves qui couraient à une mort presque certaine dans le seul espoir d'obtenir la croix de la Légion, n'entendaient pas le langage de la gloire!... Que veulent donc ces braves soldats qui s'élancent les premiers sur la brèche ou s'enfoncent dans les rangs des escadrons ennemis? Ils veulent se distinguer, se faire une réputation d'hommes intrépides, qui attirera sur eux l'estime de leurs chefs, les louanges de leurs compagnons et l'admiration de leurs concitoyens. Si ce n'est pas là l'amour de la gloire, qu'est-ce donc[29]?...»

J'ai cité cette héroïque tirade, non pas pour donner une idée du style du général Marbot: il a d'ordinaire plus de tempérance, plus de mesure, plus d'originalité, même dans sa force; mais _ce style à la baïonnette_, qu'on aurait pu taxer de déclamation dans un temps différent du nôtre, a aujourd'hui un incontestable à-propos.

Une fois en guerre, qui ne reconnaît que cette façon de juger le soldat français est à la fois la plus équitable, la plus politique et la plus vraie? Marbot était le moins pindarique et le moins déclamateur des hommes, quoiqu'il y eût parfois bien de l'imagination dans son langage. Mais un sûr instinct lui avait montré ce qui fait battre la fibre populaire sous l'uniforme du soldat et sous le drapeau de la France; et aujourd'hui, après quarante ans, en rapprochant de ces lignes épiques, détachées d'un vieux livre, la liste récemment présentée au général Canrobert des 8,000 braves qui se sont fait inscrire pour l'assaut de Sébastopol, n'est-ce pas le cas de répéter avec le général Marbot: Si l'amour de la gloire n'est pas là, où est-il donc?...

Cette solidarité traditionnelle de la bravoure dans les rangs de l'armée française, aussi loin que remontent dans le passé ses glorieuses annales, est très nettement marquée dans l'ouvrage que le colonel Marbot écrivait en 1816 et qu'il publiait quelques années après. S'il l'eût écrit vingt ou trente ans plus tard, il n'eût pas seulement nommé les conquérants de l'Égypte, de l'Allemagne et de l'Italie; il eût signalé, dans les héritiers de ces belliqueux instincts, la même flamme d'héroïsme qui animait les pères; il les eût suivis sous les murs de Cadix, dans les champs de la Morée et à l'attaque du fort l'Empereur. Plus tard, il eût cité ces infatigables soldats qui nous ont donné l'Afrique: il les avait vus à l'œuvre. Il est mort en faisant comme nous tous de patriotiques vœux pour le succès de nos armes, engagées si glorieusement et si loin! Les drapeaux changent, les révolutions s'accumulent, les années s'écoulent: la bravoure française ne varie pas. Elle est dans la race et dans le sang. Marbot était plus que personne un type éminent de ce _courage de nature_, comme il l'appelle, qui n'a pas seulement la solidité, mais l'élan, qui n'attend pas l'ennemi, qui court à lui et le surprend, comme les zouaves à l'Alma, par ces apparitions soudaines qui font de la vitesse elle-même un des éléments de la victoire. Ce courage de l'invasion, de l'offensive, cet art ou plutôt ce don de marcher en avant, «de tirer avantage des lenteurs de l'ennemi, de l'étonner par sa présence, et de frapper les grands coups avant qu'il ait pu se reconnaître», cette sorte de courage était bien celle qui convenait à une nation prédestinée, plus qu'aucune autre, par la franchise de son génie, par l'expansion contagieuse de son caractère, par la facilité de sa langue acceptée de tous, à la diffusion de ses sentiments et de ses idées; et il n'est pas inutile de le rappeler, au moment où un si grand nombre de Français sont en ligne devant un redoutable ennemi. Marbot avait, avec toutes les qualités sérieuses du métier, ce courage d'avant-garde, et il était cité dans l'armée pour l'audace de ses entreprises ou de ses aventures. Un jour (c'était, je crois, au début de la campagne de Russie, et il venait d'être nommé colonel), il arrive à la tête de son régiment devant un gué qu'il avait mission de franchir. Le passage était défendu par un nombreux détachement de Cosaques, appuyés sur une artillerie imposante. Marbot fait reconnaître la position, qui est jugée imprenable. «Marchons, dit-il, mes épaulettes sont d'hier, il leur faut un baptême; en avant!...» En disant cela, il pique des deux. Il y eut là, pendant quelques instants, une lutte corps à corps, sabre contre sabre, et des provocations d'homme à homme, comme dans un chant d'Homère. Enfin l'ennemi céda, les canons furent pris. Marbot reçut sa huitième blessure, mais il passa.

Le général Marbot avait été fidèle à l'Empire jusqu'à souffrir, en mémoire de cette glorieuse époque, la proscription et l'exil. Nous avons vu comment la Restauration lui rendit à la fin justice, et comment la dynastie de Juillet lui donna sa confiance. La révolution de Février le mit à la retraite. Le général Marbot se résigna. Il accepta sans se plaindre une disgrâce qui le rattachait encore à la royauté déchue. Il avait la qualité des nobles cœurs, il était fidèle. Le souci très éclairé et très intelligent du père de famille n'avait jamais affaibli chez lui le citoyen ni le soldat. Après avoir été un des héros de l'épopée impériale, il fut un des personnages les plus considérables et les plus favorisés de la monarchie de Juillet, et il s'en est souvenu jusqu'à son dernier jour, non sans un mélange de douloureuse amertume quand il songeait à cette jeune branche d'un tronc royal, brisée fatalement sous ses yeux, mais avec une imperturbable sérénité de conscience en songeant aussi qu'il n'avait jamais cessé, depuis soixante ans, de servir son pays sur tous les champs de bataille, dans toutes les rencontres sérieuses, dans l'armée, dans le Parlement, dans les affaires publiques, dans l'éducation d'un prince, et jusque dans ces derniers et trop courts loisirs de sa verte vieillesse, consacrés au récit de nos grandes guerres et au souvenir de nos victoires immortelles.

CUVILLIER-FLEURY.

ÉTATS DE SERVICE de JEAN-BAPTISTE-ANTOINE-MARCELLIN BARON DE MARBOT NÉ À ALTILLAC (CORRÈZE) LE 18 AOÛT 1782

Entré au 1er régiment de hussards 28 septembre 1799.

Maréchal des logis 1er décembre 1799.

Sous-lieutenant 31 décembre 1799.

Passé au 25e régiment de chasseurs à cheval 11 juin 1801.

Envoyé à l'école d'équitation de Versailles 12 septembre 1802.

Nommé aide de camp du général Augereau 31 août 1803.

Lieutenant 11 juillet 1804.

Capitaine 3 janvier 1807.

Passé aide de camp du maréchal Lannes 2 novembre 1808.

Chef d'escadrons 3 juin 1809.

Passé aide de camp du maréchal Masséna 18 juin 1809.

Passé au 1er régiment de chasseurs 23 novembre 1811.

Passé au 23e -- 28 janvier 1812.

Colonel -- -- 15 novembre 1812.

Passé au 7e de hussards 8 octobre 1814.

Porté sur la 2e liste de l'ordonnance royale du 24 juillet 1815.

Sorti de France d'après la loi du 12 janvier 1816.

Rappelé par l'ordonnance du 15 octobre 1818.

Admis au traitement de réforme 1er avril 1820.

Rétabli en demi-solde avec rappel du 1er avril 1820.

Colonel du 8e régiment de chasseurs 22 mars 1829.

Aide de camp de S. A. R. le duc d'Orléans 12 août 1830.

Maréchal de camp 22 octobre 1830.

Compris dans le cadre d'activité de l'état-major général 22 mars 1831.

Commandant la 1re brigade de cavalerie au camp de Compiègne 18 juin 1834.

Commandant une brigade de grosse cavalerie au camp de Compiègne 10 juillet 1836.

Lieutenant général maintenu dans ses fonctions d'aide de camp de S. A. R. le duc d'Orléans 21 octobre 1838.

Mis à la disposition du gouverneur de l'Algérie 3 avril 1840.

Rentré en France 11 avril 1840.

Membre du comité d'état-major 20 septembre 1841.

Nommé inspecteur général pour 1842 du 14e arrondissement de cavalerie 22 mai 1842.

Commandant les troupes destinées à figurer la ligne ennemie dans le corps d'opérations sur la Marne 29 mai 1842.

Aide de camp de S. A. R. Monseigneur le comte de Paris 20 juillet 1842.

Inspecteur général pour 1843 du 8e arrondissement de cavalerie 11 juin 1843.

Inspecteur général pour 1844 du 6e arrondissement de cavalerie 25 mai 1844.

Membre du comité de cavalerie 13 avril 1845.

Inspecteur général pour 1845 du 2e arrondissement de cavalerie 24 mai 1845.

Inspecteur général pour 1846 du 2e arrondissement de cavalerie 27 mai 1846.

Inspecteur général pour 1847 du 13e arrondissement de cavalerie 11 juin 1847.

Maintenu dans la 1re section du cadre de l'état-major général 1er août 1847.

Admis à faire valoir ses droits à la retraite par décret du 17 avril 1848.

Retraité par arrêté du 8 juin 1848.

Décédé à Paris 16 novembre 1854.

CAMPAGNES

An VIII, Italie.--An IX, Ouest.--An X, Gironde.--An XII, au camp de Bayonne.--An XIII, au camp de Brest.--An XIV, 1805, 1806 et 1807, Grande Armée.--1808 et 1809, Espagne et Autriche.--1810 et 1811, Portugal.--1812, Russie.--1813 et 1814, Grande Armée.--1815, Belgique.--1831, 1832, à l'armée du Nord.--1835, 1839 et 1840, en Algérie.

BLESSURES

Un coup de baïonnette au bras gauche. Affecté d'étourdissements considérables par le passage d'un boulet, qui a enlevé la corne de son chapeau à la bataille d'Eylau 8 février 1807.

Un coup de sabre au front à Agréda 1er novembre 1808.

Un coup de feu au travers du corps au siège de Saragosse 9 février 1809.

Un coup de biscaïen dans la cuisse droite à la bataille d'Essling 22 mai 1809.

Un coup de feu au poignet gauche au combat de Znaïm 12 juillet 1809.

Un coup d'épée dans le visage et un coup de sabre dans le ventre au combat de Miranda de Corvo 14 mars 1811.

Un coup de feu à l'épaule gauche au combat de Jakoubowo 31 juillet 1812.

Un coup de lance au genou droit au combat de Plechtchénitsoui 4 décembre 1812.

Un coup de flèche dans la cuisse droite à la bataille de Leipzig 18 octobre 1813.

Un coup de lance dans la poitrine à la bataille de Waterloo 18 juin 1815.

Une balle au genou gauche dans l'expédition de Médéah 12 mai 1840.

DÉCORATIONS

Ordre de la Légion d'honneur. Chevalier 16 octobre 1808.

-- Officier 28 septembre 1813

-- Commandeur 21 mars 1831.

-- Grand officier 30 avril 1836.

Chevalier de Saint-Louis 10 septembre 1814.

Grand-croix de la Couronne de chêne de Hollande décembre 1832.

Grand officier de Léopold de Belgique août 1842.

Pair de France en 1845.

NOTES

[1: Le général Lamarque raconte dans ses _Mémoires_ comment il eut la désagréable mission d'annoncer à Masséna la confiscation de ses millions. La scène se passe la nuit au palais Acton. (_Note de l'éd._)]

[2: Frédéric-Guillaume IV.]

[3: M. Thiers parle de 400,000 hommes en chiffres ronds.]

[4: On lit dans le livre de M. de Ségur: «La mort de Koulnieff fut, dit-on, héroïque; un boulet lui brisa les deux jambes et l'abattit sur ses propres canons; alors voyant les Français s'approcher, il arracha ses décorations et, s'indignant contre lui-même de sa témérité, il se condamna à mourir sur le lieu même de sa faute en ordonnant aux siens de l'abandonner.»]

[5: Le baron Alfred de Marbot, maître des requêtes au Conseil d'État, mort en 1865.]

[6: M. de Ségur écrit: «On ne cherche plus à cacher, à Moscou, le sort qu'on lui destine... La nuit, des émissaires vont frapper à toutes les portes; ils annoncent l'incendie... On enlève les pompes; la désolation monte à son comble... Ce jour-là, une scène effrayante termina ce triste drame... Les prisons s'ouvrent: une foule sale et dégoûtante en sort tumultueusement... Dès lors, la grande Moscou n'appartient plus ni aux Russes, ni aux Français, mais à cette foule impure, dont quelques officiers et soldats de police dirigèrent la fureur. On les organisa; on assigna à chacun son poste, et ils se dispersèrent pour que le pillage et l'incendie éclatassent partout à la fois...»]

[7: Si nous en croyons les Mémoires de Tchitchakoff, le funeste désaccord qui régnait trop souvent parmi les lieutenants de Napoléon existait également parmi ceux d'Alexandre. C'est à ce désaccord que les débris de la Grande Armée auraient dû en partie leur salut lors du passage de la Bérésina. (_Note de l'éditeur._)]

[8: La tête de pont sur la rive droite.

Le comte de Rochechouart, alors aide de camp de l'empereur Alexandre, donne dans ses _Mémoires_ de nombreux détails sur toute l'affaire de Borisoff, à laquelle il prit une grande part. (_Note de l'éditeur._)]

[9: Les Mémoires de Tchitchakoff confirment pleinement tous ces détails.]

[10: Ou Stakof.]

[11: Dans une curieuse et dramatique relation illustrée de la campagne de Russie, publiée à Stuttgard en 1843, Faber du Faur signale cette vacuité des ponts dans la nuit du 27 au 28 novembre, et même dans celle du 28 au 29. (_Note de l'éditeur._)]

[12: Le général Partouneaux se défendit d'ailleurs héroïquement; sa division était réduite à quelques centaines de combattants lorsqu'elle dut se rendre. (Voy. THIERS, _Histoire du Consulat et de l'Empire_.)]

[13: Tchitchakoff a rendu justice à la vigueur de notre cavalerie dans cette affaire. Du reste, ses Mémoires (publiés en 1862) et ceux du comte de Rochechouart confirment de point en point les détails donnés sur ces événements: la prise et la perte de Borisoff par les Russes; leur mouvement intempestif sur Beresino inférieur; le combat de Zawniski près Brillowa et Stakowo; la fatale rupture des ponts et la retraite de nos troupes par les marais gelés de Zembin. (_Note de l'éditeur._)]

[14: Tchitchakoff a trouvé dans ce fait une excuse à sa négligence.]

[15: «Des malheureux se précipitèrent dans ces brasiers... leurs compagnons affamés les regardaient sans effroi... il y en eut même qui attirèrent à eux ces corps défigurés et grillés... et il est trop vrai qu'ils osèrent porter à leur bouche cette révoltante nourriture!» (DE SÉGUR, _Histoire de Napoléon_.)]

[16: Dans sa brochure publiée en 1823, Rostopschine insiste particulièrement sur les causes accidentelles de l'incendie.]

[17: M. Thiers établit comme il suit le compte de nos pertes. Selon lui, 420,000 hommes passèrent le Niémen, et ce chiffre fut porté à 533,000 par des renforts successifs: 300,000 auraient péri, tant Français qu'alliés. (_Note de l'éditeur._)]

[18: Ou Janowitz.]

[19: Le comte de Rochechouart nous raconte d'une façon très pittoresque la mission qu'il eut à remplir auprès de Bernadette, qui hésitait encore à passer l'Elbe au mois de septembre; il nous décrit également sa rencontre avec le prince royal de Suède, «superbe au milieu de la mitraille, entouré de morts et de blessés...», sur le champ de bataille de Leipzig. (_Note de l'éditeur._)]