Mémoires du Baron de Bonnefoux, Capitaine de vaisseau, 1782-1855

Part 42

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«La pratique de l'homme de mer et l'art de la navigation peuvent s'acquérir durant les croisières, que, de temps à autre, nous expédions dans les mers les plus éloignées; mais une connaissance suffisante de la construction des vaisseaux, des mathématiques, de l'astronomie; les notions littéraires qui doivent mettre l'éducation de nos officiers de marine au niveau de celle des officiers des autres nations maritimes; la connaissance des lois municipales et nationales que, dans leurs relations avec les gouvernements étrangers, ils peuvent être dans le cas d'appliquer; et, par-dessus tout, celles des principes d'honneur et de justice, et des obligations plus imposantes encore de la morale et des lois générales, divines et humaines, qui constituent la grande distinction entre le guerrier patriote et le voleur breveté; toutes ces choses ne peuvent être enseignées et apprises, d'une manière convenable, que dans une école permanente à terre et pourvue de maîtres, de livres et d'instruments.»

Après un langage si concluant, et dont chaque mot est un enseignement, après les faits que nous avons cités plus haut, l'École navale sera probablement transférée à terre; mais quel est l'emplacement que choisira l'autorité?

Si nous avions une préférence à exprimer, nous le désignerions cet emplacement, et nous dirions qu'il existe un local à Brest que nous avons fort souvent visité, mais jamais sans éprouver ce tressaillement involontaire, cette émotion saisissante que nous ressentons toutes les fois que nous sommes en présence des lieux ou des hommes dont les noms, consacrés par une tradition historique ou populaire, nous rappellent de grands souvenirs. Ce local est celui qui était occupé par l'ancienne Compagnie des gardes de la marine, devenu depuis l'hôpital Saint-Louis, et que rien n'empêche de destiner à la nouvelle École navale.

Oui, qu'elle y soit placée; qu'on y revoie une pépinière de jeunes marins avides de gloire, studieux, disciplinés, qui s'y préparent, résolument, à dévouer toute leur vie à leur pays, à leurs devoirs; qu'ils s'y enthousiasment en pensant à leurs devanciers, parmi lesquels on compte tant d'hommes de talent, de valeur et du premier mérite; et puisse-t-elle cette École, donner de nouveau à la France, beaucoup d'officiers aussi illustres que Suffren et Lamothe-Piquet; aussi savants que Fleurieu, Chabert et Verdun; aussi habiles que Lapérouse, Entrecasteaux ou Bougainville; et qui fassent revivre le génie de Borda!

TABLE

PRÉFACE

LIVRE PREMIER

MON ENFANCE

CHAPITRE PREMIER 1

SOMMAIRE: La famille de Bonnefoux. -- Histoire du chevalier de Beauregard, mon père. -- Son entrée au service, ses duels, son voyage au Maroc. -- Ses dettes, le régiment de Vermandois. -- Le régiment de Vermandois aux Antilles; Mme Anfoux et ses liqueurs. -- Rappel en France. -- Garnisons de Metz et de Béziers. -- L'esplanade de Béziers, mariage du chevalier de Beauregard; ses enfants.

CHAPITRE II 15

SOMMAIRE: Mes premières années, le jardin de Valraz et son bassin. -- Détachements du régiment de Vermandois en Corse, le chevalier de Beauregard à Ajaccio, ses relations avec la famille Bonaparte. -- Voyage à Marmande. -- M. de Campagnol, colonel de Napoléon. -- Retour à Béziers. -- La Fête du Chameau ou des Treilles. -- L'École militaire de Pont-le-Voy. -- Changement de son régime intérieur. -- Renvoi des fils d'officiers. -- À l'âge de onze ans et demi, je quitte Pont-le-Voy, vers la fin de 1793, pour me rendre à Béziers. -- Rencontre du capitaine Desmarets. -- _Cincinnatus_ Bonnefoux. -- Bordeaux et la guillotine. -- Arrivée à Béziers.

CHAPITRE III 33

SOMMAIRE: La famille de Bonnefoux pendant la Révolution. -- Les États du Languedoc. -- Le chevalier de Beauregard reprend son nom patronymique. -- La question de l'émigration. -- Révolte du régiment de Vermandois à Perpignan. -- Belle conduite de mon père. -- Sa mise à la retraite comme chef de bataillon. -- Revers financiers. -- Arrestation de mon père. -- Je vais le voir dans sa prison et lui baise la main. -- Lutte avec le geôlier Maléchaux, ancien soldat de Vermandois. -- Mise en liberté de mon père. -- Séjour au Châtard, près de Marmande. -- M. de La Capelière et le Canada. -- Les _Batadisses_ de Béziers. -- Mort de ma mère. -- M. de Lunaret. -- M. Casimir de Bonnefoux, mon cousin germain, est nommé adjudant général (aujourd'hui major général) du port de Brest.

LIVRE II

ENTRÉE DANS LA MARINE. -- CAMPAGNES MARITIMES SOUS LA RÉPUBLIQUE ET SOUS L'EMPIRE

CHAPITRE PREMIER 51

SOMMAIRE: Je suis embarqué comme novice sur le lougre _la Fouine_. -- Départ pour Bordeaux. -- Je fais la connaissance de Sorbet. -- _La Fouine_ met à la voile en vue d'escorter un convoi jusqu'à Brest. -- La croisière anglaise. -- Le pertuis de Maumusson. -- _La Fouine_ se réfugie dans le port de Saint-Gilles. -- Sorbet et moi nous quittons _la Fouine_ pour nous rendre à Brest par terre. -- Nous traversons la Bretagne à pied. -- À Locronan, des paysans nous recueillent. -- Arrivée à Brest. -- Reproches que nous adresse M. de Bonnefoux. -- La capture de _la Fouine_ par les Anglais. -- Je suis embarqué sur la corvette _la Citoyenne_.

CHAPITRE II 57

SOMMAIRE: -- L'amiral Bruix quitte Brest avec 25 vaisseaux. -- Les 17 vaisseaux anglais de Cadix. -- Le détroit de Gibraltar. -- Relâche à Toulon. -- L'escadre porte des troupes et des munitions à l'armée du général Moreau, à Savone. -- L'amiral Bruix touche à Carthagène et à Cadix et fait adjoindre à sa flotte des vaisseaux espagnols. -- Il rentre à Brest. -- L'équipage du _Jean-Bart_, les officiers et les matelots. -- L'aspirant de marine Augier. -- En rade de Brest, sur les barres de perroquet. -- Le commandant du _Jean-Bart_. -- Il veut m'envoyer passer trois jours et trois nuits dans la hune de misaine. -- Je refuse. -- Altercation sur le pont. -- Quinze jours après, je suis nommé aspirant à bord de la corvette, _la Société populaire_. -- Navigation dans le golfe de Gascogne. La corvette escorte des convois le long de la côte. -- L'officier de santé Cosmao. -- _La Société populaire_ est en danger de se perdre par temps de brume. -- Attaque du convoi par deux frégates anglaises. -- Relâche à Benodet. -- Je passe sur le vaisseau _le Dix-Août_. -- Un capitaine de vaisseau de trente ans, M. Bergeret. -- Exercices dans l'Iroise. -- Les aspirants du _Dix-Août_, Moreau, Verbois, Hugon, Saint-Brice. -- La capote de l'aspirant de quart. -- Le général Bernadotte me propose de me prendre pour aide de camp; je ne veux pas quitter la marine. -- Le ministre désigne, parmi les aspirants du _Dix-Août_, Moreau et moi comme devant faire partie d'une expédition scientifique sur les côtes de la Nouvelle-Hollande. -- Départ de Moreau, sa carrière, sa mort. -- Je ne veux pas renoncer à l'espoir de prendre part à un combat, et je reste sur _le Dix-Août_.

CHAPITRE III 73

SOMMAIRE: Je suis nommé second du cutter _le Poisson-Volant_, puis je reviens sur _le Dix-Août_. -- Ce vaisseau est désigné pour faire partie de l'escadre du contre-amiral Ganteaume, chargée de porter des secours à l'armée française d'Égypte. -- L'escadre part de Brest. -- Prise d'une corvette anglaise en vue de Gibraltar. -- Les indiscrétions de son équipage. -- Le surlendemain, _le Jean-Bart_ et _le Dix-Août_, capturent la frégate _Success_, qui ne se défend pas. -- Chasse appuyée par _le Dix-Août_ au cutter _Sprightly_. -- Je suis chargé de l'amariner. -- L'amiral change brusquement de route et rentre à Toulon. -- Le commandant Bergeret quitte le commandement du _Dix-Août_; il est remplacé par M. Le Goüardun. -- Mécontentement du premier consul. -- Ordre de partir sans retard. -- L'escadre met à la voile. -- Abordage du _Dix-Août_ et du _Formidable_, dans le sud de la Sardaigne. -- Graves avaries. -- Relâche à Toulon. -- L'amiral reçoit l'ordre de participer à l'attaque de l'île d'Elbe. Bombardement des forts. -- Assaut. -- Je commande un canot de débarquement. -- Soldat tué par le vent d'un boulet. -- Prise de l'île d'Elbe. -- L'amiral Ganteaume débarque ses nombreux malades à Livourne. -- Il fait passer ses 3.000 hommes de troupes sur quatre de ses vaisseaux et renvoie les trois autres sous le commandement du contre-amiral Linois. -- Le moral des équipages et des troupes. -- Le premier consul accusé d'hypocrisie. -- Digression sur le duel. -- L'escadre passe le détroit de Messine, et arrive promptement en vue de l'Égypte. -- À la surprise générale, l'amiral ordonne de mouiller et de se préparer à débarquer à 25 lieues d'Alexandrie. -- Apparition de deux bâtiments anglais au coucher du soleil. -- L'escadre appareille la nuit. -- Un mois de navigation périlleuse sur les côtes de l'Asie-Mineure et dans l'Archipel. -- Retour sur la côte d'Afrique, mais devant Derne. -- Nouvel ordre de débarquement et nouvelle surprise des officiers. -- Verbois, Hugon et moi, nous commandons des canots de débarquement. -- À 50 mètres du rivage, l'amiral nous signale de rentrer à bord. -- Fin de nos singulières tentatives de secours à l'armée d'Égypte. -- Retour à Toulon. -- Souffrance des équipages et des troupes. -- La soif. -- Rencontre à quelques lieues de Goze, du vaisseau de ligne de 74, _Swiftsure_. -- Combat victorieux du _Dix-Août_ contre le _Swiftsure_. -- Pendant le combat, je suis de service sur le pont, auprès du commandant. -- Mission dans la batterie basse. -- Le porte-voix du commandant Le Goüardun. -- Le point de la voile du grand hunier. -- Paroles que m'adresse le commandant. -- Capture du _Mohawk_. -- Arrivée à Toulon. -- Grave épidémie à bord de l'escadre et longue quarantaine. -- La dysenterie enlève en deux heures de temps mon camarade Verbois couché à côté de moi dans la Sainte-Barbe. -- Je le regrette profondément. -- Fin de la quarantaine de soixante-quinze jours. -- Le commandant Le Goüardun demande pour moi le grade d'enseigne de vaisseau. -- Histoire de l'aspirant Jérôme Bonaparte, embarqué sur _l'Indivisible_. -- Les relations que j'avais eues avec lui à Brest, chez Mme de Caffarelli. -- Après la campagne, il veut m'emmener à Paris. -- Notre camarade, M. de Meyronnet, aspirant à bord de _l'Indivisible_, futur grand-maréchal du Palais du roi de Wesphalie. -- Paix d'Amiens. -- _Le Dix-Août_ part de Toulon pour se rendre à Saint-Domingue. -- Tempête dans la Méditerranée. -- Naufrage sous Oran, d'un vaisseau de la même division, _le Banel_. -- Court séjour à Saint-Domingue. -- Retour en France. -- À mon arrivée à Brest, M. de Bonnefoux me remet mon brevet d'enseigne de vaisseau. -- Commencement de scorbut. -- Histoire de mon ancien camarade Sorbet. -- Congé de trois mois. Séjour à Marmande et à Béziers. -- L'érudition de M. de La Capelière. -- Je retourne à Brest, accompagné de mon frère, âgé de quatorze ans, qui se destine, lui aussi à la marine.

CHAPITRE IV 93

SOMMAIRE: La reprise de possession des colonies françaises de l'Inde. -- L'escadre du contre-amiral Linois. -- Le vaisseau _le Marengo_, les frégates _la Belle-Poule_, _l'Atalante_, _la Sémillante_. -- Mon frère et moi nous sommes embarqués sur _la Belle-Poule_, mon frère comme novice et moi comme enseigne. -- Avant le départ de l'expédition, mon frère passe, avec succès, l'examen d'aspirant de 2e classe. -- Après divers retards, la division met à la voile, au mois de mars 1803. -- À la hauteur de Madère, _la Belle-Poule_ qui marche le mieux, et qui porte le préfet colonial de Pondichéry, se sépare de l'escadre et prend les devants. -- Passage de la ligne. -- Arrivée au cap de Bonne-Espérance, après cinquante-deux jours de traversée. -- L'incident de l'albatros. -- Une de nos passagères, Mme Déhon, craint pour moi le sort de Ganymède. -- Coup de vent qui nous éloigne de la baie du Cap. -- Nouveau coup de vent qui nous écarte de celle de Simon et nous rejette en pleine mer. -- Rencontre de trois vaisseaux de la Compagnie anglaise des Indes, auxquels nous parlons. -- Étrange embarras des équipages. -- Ignorant que la guerre était de nouveau déclarée, et que, depuis un mois, les Anglais, en Europe, arrêtaient nos navires marchands, nous manquons notre fortune. -- Retour de la frégate vers la baie de Lagoa ou de Delagoa. -- Infructueux essais d'accostage. -- Un brusque coup de vent nous écarte une troisième fois de la côte. -- Le commandant se dirige alors vers Foulpointe, dans l'île de Madagascar, pour y faire de l'eau et y prendre des vivres frais. -- Relâche de huit jours à Foulpointe. -- Le petit roi Tsimâon. -- Partie champêtre. -- _Sarah-bé_, _Sarah-bé_. -- À la suite d'un manque de foi des indigènes, je tente d'enlever le petit roi Tsimâon, et je capture une pirogue et les trois noirs qui la montaient. -- On les garde comme otages à bord de la frégate, jusqu'à ce que satisfaction nous soit donnée. -- Résultats peu brillants de mes ambassades. -- Arrivée à Pondichéry cent jours après notre départ de Brest. -- Nous débarquons nos passagers; mais les Anglais ne remettent pas la place. -- Une escadre anglaise de trois vaisseaux et deux frégates se réunit même à Gondelour, en vue de _la Belle-Poule_. -- Branle-bas de combat. -- Plainte de M. Bruillac au colonel Cullen, commandant de Pondichéry. -- Réponse de ce dernier. -- Pondichéry, les Dobachis, les Bayadères. -- L'amiral débarque à Pondichéry, vingt-six jours après nous. -- Instruit des difficultés relatives à la remise de la place, il envoie _la Belle-Poule_ à Madras pour essayer de les lever. -- Réponse dilatoire du gouverneur anglais. -- Guet-apens tendu à _la Belle-Poule_, à Pondichéry. -- La frégate est sauvée. -- Elle se dirige vers l'Île de France. -- Grandes souffrances à bord par suite du manque de vivres et d'eau. -- La division arrive à son tour à l'Île-de-France. -- Récit de ses aventures. -- Le brick _le Bélier_. -- Perfidie des Anglais. -- L'aviso espion. -- La corvette _le Berceau_ mouille à l'Île-de-France, apportant des nouvelles de la métropole. -- Installation du général Decaen et des autorités civiles. -- La frégate marchande _la Psyché_ est armée en guerre et reste sous le commandement de M. Bergeret, qui rentre dans la Marine militaire. -- Un navire neutre me rapporte ma malle, laissée dans une chambre de Pondichéry. -- La fidélité proverbiale des Dobachis se trouve ainsi vérifiée.

CHAPITRE V 104

SOMMAIRE: -- Coup d'oeil sur l'état-major de la division. -- L'amiral Linois, son avarice. -- Commencement de ses démêlés avec le général Decaen. -- M. Vrignaud, capitaine de pavillon de l'amiral. -- M. Beauchêne, commandant de l'_Atalante_; M. Motard, commandant de _la Sémillante_. -- Le commandant et les officiers de _la Belle-Poule_. -- M. Bruillac, son portrait. -- Le beau combat de _la Charente_ contre une division anglaise. -- Le second de _la Belle-Poule_, M. Denis, les prédictions qu'il me fait en rentrant en France. -- Son successeur, M. Moizeau. -- Delaporte, lieutenant de vaisseau, son intelligence, sa bonté, l'un des hommes les meilleurs que j'aie connus. -- Les enseignes de vaisseau par rang d'ancienneté, Giboin, L..., moi, Puget, «mon Sosie», Desbordes et Vermot. -- Triste aventure de M. L..., sa destitution. -- Croisières de la division. -- Voyage à l'île Bourbon. -- Les officiers d'infanterie à bord de _la Belle-Poule_, MM. Morainvillers, Larue et Marchant. -- En quittant Bourbon, l'amiral se dirige vers un comptoir anglais nommé Bencoolen, situé sur la côte occidentale de Sumatra. -- Une erreur de la carte; le banc appelé Saya de Malha; l'escadre court un grand danger. -- Capture de _la Comtesse-de-Sutherland_, le plus grand bâtiment de la Compagnie anglaise. -- Quelques détails sur les navires de la Compagnie des Indes. -- Arrivée à Bencoolen. -- Les Anglais incendient cinq vaisseaux de la Compagnie et leurs magasins pour les empêcher de tomber entre nos mains. -- En quittant Bencoolen, l'escadre fait voile pour Batavia, capitale de l'île de Java. -- Batavia, la ville hollandaise, la ville malaise, la ville chinoise. -- Après une courte relâche, la division à laquelle se joint le brick de guerre hollandais, _l'Aventurier_, quitte Batavia au commencement de 1804, en pleine saison des ouragans pour aller attendre dans les mers de la Chine le grand convoi des vaisseaux de la Compagnie qui part annuellement de Canton. -- Navigation très pénible et très périlleuse. -- Nous appareillons et nous mouillons jusqu'à quinze fois par jour. -- Prise, près du détroit de Gaspar, des navires de commerce anglais _l'Amiral-Raynier_ et _la Henriette_, qui venaient de Canton. -- Excellentes nouvelles du convoi. -- Un canot du _Marengo_, surpris par un grain, ne peut pas rentrer à son bord. Il erre pendant quarante jours d'île en île avant d'atteindre Batavia. -- Affreuses souffrances. -- Habileté et courage du commandant du canot, M. Martel, lieutenant de vaisseau. -- Il meurt en arrivant à Batavia. -- Conversations des officiers de l'escadre. -- On escompte la prise du convoi. -- Mouillage à Poulo-Aor. -- Le convoi n'est pas passé. -- Le détroit de Malacca. -- Une voile, quatre voiles, vingt-cinq voiles, c'est le convoi. -- Temps superbe, brise modérée. -- Le convoi se met en chasse devant nous; nous le gagnons de vitesse. -- À six heures du soir, nous sommes en mesure de donner au milieu d'eux. -- L'amiral Linois ordonne d'attendre au lendemain matin. -- Stupéfaction des officiers et des équipages. -- Le mot du commandant Bruillac, celui du commandant Vrignaud. -- Le lendemain matin, même beau temps. -- Nous hissons nos couleurs. -- Les Anglais ont, pendant la nuit, réuni leurs combattants sur huit vaisseaux. -- Ces huit vaisseaux soutiennent vaillamment le choc. -- Après quelques volées, l'amiral Linois quitte le champ de bataille et ordonne au reste de la division d'imiter ses mouvements. -- Déplorables résultats de cet échec. -- Consternation des officiers de la division. -- Récompense accordée par les Anglais au capitaine Dance.

CHAPITRE VI 121

SOMMAIRE: Retour de l'escadre à Batavia. -- Le choléra. -- Mort de l'aspirant de 2e classe Rigodit et de l'officier de santé Mathieu. -- Les officiers de santé de _la Belle-Poule_: MM. Fonze, Chardin, Vincent et Mathieu. -- Visite d'une jonque chinoise en rade de Batavia. -- Réception en musique. -- Les sourcils des Chinois. -- Le village de Welterfreder. -- Conflit avec les Hollandais. -- Déplorable bagarre. -- _Fuyards du convoi de Chine._ -- Départ de Batavia. -- Le détroit de la Sonde. -- Violents courants. -- Terreur panique de l'équipage. -- Belle conduite du lieutenant de vaisseau Delaporte. -- _Le Marengo_, _la Sémillante_ et _le Berceau_, se dirigent vers l'Île-de-France. -- _La Belle-Poule_ et _l'Atalante_ croisent à l'entrée du golfe de l'Inde, et rentrent à l'Île-de-France après avoir visité les abords des côtes occidentales de la Nouvelle-Hollande. -- Pendant cette longue croisière, prise d'un seul navire anglais, _l'Althéa_, ayant pour 6 millions d'indigo à bord. -- Le propriétaire de _l'Althéa_, M. Lambert. -- Craintes de Mme Lambert. -- Sa beauté. -- Scène sur le pont de _l'Althéa_. -- L'officier d'administration de _la Belle-Poule_, M. Le Lièvre de Tito. -- Un gentilhomme, _laudator temporis acti_. -- Ses bontés à mon égard. -- Plaisanteries que se permettent les jeunes officiers. -- Les fruits glacés de M. Le Lièvre de Tito. -- Sa correspondance avec Mme Lambert. -- Départ de M. et Mme Lambert, après un séjour de quelques mois à l'Île-de-France. -- M. Lambert souhaite nous voir tous prisonniers, en Angleterre, pour nous prouver sa reconnaissance. -- Réponse de Delaporte. -- Part de prise sur la capture de _l'Althéa_. -- Décision arbitraire de l'amiral Linois. -- Nous ne sommes défendus ni par M. Bruillac, ni par le général Decaen. -- Au mois d'août 1804, _le Berceau_ est expédié en France. -- Je demande vainement à l'amiral de renvoyer, par ce bâtiment, mon frère Laurent pour lui permettre de passer son examen d'aspirant de 1re classe.

CHAPITRE VII 135