Mémoires de Miss Coote: Exploits d'une fouetteuse britannique racontés par elle-même

Part 7

Chapter 73,849 wordsPublic domain

_Selina._--Mes bras et des jambes sont trop écartés et mon pauvre derrière me cuit des trois cinglées que vous lui avez administrées. Oh! Grâce! Pitié! Chère miss Coote.

_Miss Coote._--Je ne m'attarderai pas à écouter de pareils enfantillages. Vous êtes aussi menteuse que voleuse; miss Selina, le ferez-vous encore... dites... dites?

Trois coups bien cinglants s'abattent sur la chair exposée; la baleine siffle dans l'air où la fouetteuse la brandit avant de fouetter pour mieux faire vibrer les coups.

_Selina._--Ah! Ah! Ahhh! Je n'en puis plus... Vous me lacérez avec des lanières de fer rouge! Oh! Oh! Jamais plus je ne recommencerai!

Ses fesses sont sillonnées de petites lignes rouges et la terrible souffrance qu'elle éprouve est encore accrue par la tension de ses chevilles et de ses poignets, car elle ne peut s'empêcher de sursauter à chaque coup.

_Miss Coote._--Vous n'avez pas l'air d'apprécier cela, Selina; mais c'est vraiment pour votre bien. Que diriez-vous si l'on vous cinglait réellement avec un fer rouge? Vous chanteriez une bien autre chanson. Mais je perds mon temps: tenez... tenez... tenez... tenez... Vous n'avez encore reçu que six coups, pourquoi hurlez-vous comme une petite nigaude?

_Selina_ (poussant un cri aigu et prolongé).--Ahhh... Ahhh... Vous me tuez... je sens que je meurs. (Son derrière rougit de plus en plus).

_Miss Coote._--Vous recevrez une douzaine de coups de la verge de baleine.

Et elle compte tranquillement en frappant jusqu'à douze. Alors, elle s'arrête un moment comme si c'était la fin; fa victime reprend contenance et pousse un soupir de soulagement. Mais à ce moment miss Coote lui applique une nouvelle cinglade en s'écriant: «Ah! Ah! Ah! vous supposiez que c'était fini, n'est-ce pas, ma petite, mais il s'agissait d'une douzaine de boulanger, je donne toujours treize pour douze, de crainte d'en oublier un et j'aime à donner le dernier juste quand on croit que c'est fini.

_Selina._--Je sais que je l'ai bien mérité, mais c'est si pénible. Laissez-moi, à présent, je vous en supplie, pardonnez-moi, vous pourrez maintenant avoir confiance en moi. En disant ces paroles, elle frémit encore des effets du dernier coup.

_Miss Coote._--Vous laisser! Pas si vite que cela, mademoiselle! Dans quelques minutes vos fesses ne souffriront plus et alors, vous ne ferez plus que rire de l'incident. C'est au tour maintenant, de la vraie verge. Examinez-moi celle-ci; c'est du vrai bouleau qui pousse dans mes propres bois; il trempe depuis deux jours à votre intention dans de l'eau salée pour être tout prêt et bien piquant le moment venu. Il vous rappellera votre crime sous des couleurs plus vives et vous laissera des marques qui vous rafraîchiront la mémoire pendant bien des jours.

_Selina._--Je vous en prie, donnez-moi à boire si je dois encore tant souffrir, ma langue est desséchée; miss Coote, vous êtes vraiment trop cruelle; je ne suis pas assez âgée pour endurer une pareille souffrance.

_Miss Coote._--Soyez tranquille, vous aurez un verre de champagne; mais ne parlez pas de votre jeune âge, il ne fait qu'aggraver votre culpabilité, car vous avez déployé une abominable précocité, un dévergondage inimaginable chez une fille jeune comme vous l'êtes.

On lui donne la boisson réconfortante et la verge entre de nouveau en danse.

_Miss Coote._--Ah ma gaillarde, les marques de vos fesses ne s'effaceront pas de sitôt, et je veux bien parier que tant qu'elles subsisteront vous n'aurez pas l'idée de voler. Allons! Encore deux douzaines, ensuite, nous vous soignerons les fesses et vous mettrons au lit: Un... deux... trois... quatre. La sévérité des coups s'accentue progressivement et bientôt le sang suinte des sillons rouges qui marbrent la chair.

_Selina._--Mère! Mère... Ah! Ahhh! Je meurs! Ah tuez-moi bien vite si vous ne devez pas avoir de pitié. Elle se débat dans une telle agonie que ses muscles se contractent et montrent par leur relief l'intensité de la souffrance.

_Miss Coote_ (ricanant, de plus en plus excitée).--C'est cela, appelez votre mère, elle viendra bien vite à votre secours. Ah! Ah! elle ne supposait guère de quelle façon je vous guérirais quand votre papa m'a laissée carte blanche pour vous punir à mon gré... Cinq... six... sept...

Elle continue à compter en fouettant la pauvre fille sur les fesses et les cuisses, traçant à chaque coup de nouveaux sillons dans la chair gonflée. Les spectateurs sont vivement émotionnés et semblent jouir de la vue du sang de Selina perlant en fines gouttelettes qui roulent jusque sur ses bas et même sur le parquet.

La victime n'est pas assez vigoureuse pour supporter longtemps ce traitement. Sa tête se penche, ses cris et ses gémissements deviennent de plus en plus faibles, enfin, elle tombe en défaillance et la verge s'arrête après le vingt-deuxième coup.

Miss Coote, hors d'haleine de s'être ainsi démenée, se laisse tomber sur un sofa près de son amie Laura qu'elle étreint amoureusement en lui décrivant les sensations aiguës qu'elle a éprouvées durant l'opération; les joues empourprées de Laura, ses grands yeux bleus, brillant d'un feu étrange, montrent qu'elle partage ces sensations. Mlle Fosse et les servantes étendent Selina sur le parquet et lui aspergent la figure avec de l'eau, tandis que l'une d'elles l'évente activement. Elles épongent avec de l'eau salée son postérieur lacéré, sous cette cuisante lotion elle revient un peu à elle. «Où suis-je?» balbutie-t-elle d'une voix étouffée. «Oh! je me souviens! Miss Coote m'a haché le derrière! Oh! Oh! Ah! Il me brûle affreusement.»

On lui ingurgite alors quelques cuillerées de cordial qui la raniment tout à fait, mais pour mieux sentir les souffrances qu'elle endure.

_Miss Coote._--Et maintenant, pour en finir, Mary, allez dans la cuisine chercher le pot que vous savez et le sac de plumes.

_Selina_ (affolée).--Oh! N'est-ce donc pas fini? Quelles tortures me réservez-vous donc encore?

_Miss Coote._--Voici, nous ne vous ferons pas languir, ceci va panser vos plaies et empêcher les mouches de s'y mettre par la chaleur que nous avons.

Et tandis que Selina est maintenue debout, Mademoiselle ayant trempé un pinceau dans le pot de goudron liquide que lui tend Mary, en badigeonne l'infortunée victime sur le postérieur entier, sur le bas du ventre, à l'intérieur des cuisses et même dans la raie des fesses sans s'inquiéter de la barbarie de ce procédé. Selina pousse des hurlements de honte et de souffrance et s'écrie: «Ah! Cela est pire que tout le reste, vous m'écorchez, la peau s'arrache!» Et elle se tortille comme un serpent qu'on écrase.

_Miss Coote_ (ricanant).--Au contraire, ma petite amie, c'est un vrai pansement que je vous applique. Et quand nous vous aurons enduite de bonnes plumes bien chaudes, je suis sûre que vous n'aurez jamais éprouvé tant de bien-être de toute votre vie.

La cérémonie était aussi excitante qu'amusante. Mais comment décrire la confusion de la pauvre fille, lorsqu'elle se vit roulée sur une couche de duvet qui s'attacha au goudron dont elle était enduite. «Ah! Ah! hurla-t-elle, cela ne finira donc pas!»

On en resta pourtant là; néanmoins, elle n'était pas au bout de ses peines. Chaque jour, pendant près de trois semaines, elle fut obligée de se trousser et d'exposer à nos regards son postérieur emplumé et subir notre inspection et nos remarques railleuses. J'ai à peine besoin de dire que, de ce jour, elle fut radicalement guérie de sa kleptomanie.

Ne pensez-vous pas, ma chère Nelly, qu'on devrait bien essayer ma méthode avec les kleptomanes de notre temps.

Votre bien affectionnée,

Rosa BELINDA COOTE.

LETTRE VIII

Ma chère Amie,

Il n'entre pas dans mes vues de vous raconter par le menu tous les petits incidents qu'occasionna la rigueur de ma discipline domestique et qui mirent maintes et maintes fois la verge en mouvement; je veux seulement, pour votre amusement, vous relater ceux dont j'ai gardé particulièrement le souvenir.

La cure de Selina Richards me valut une réputation spéciale dans un cercle étendu de relations et d'amies. Je refusai toutefois de me charger de guérir d'autres mauvais sujets. Par contre, je m'occupai de fonder un club de dames exclusivement réservé aux adeptes de la fessée disciplinaire. Les réunions avaient lieu dans ma maison, où mes servantes ayant juré le secret agissaient comme membres en surnombre sans être toutefois sur un pied d'égalité avec les dames du Club.

Le règlement imposant la plus absolue discrétion à tous les membres, les postulantes ne pouvaient avoir la moindre idée de ce qui les attendait lors de leur initiation aux mystères du «Rodney Club», comme nous l'avions baptisé. Notre but était de faire de nos séances de réception une occasion de nous délecter à voir l'effroyable humiliation des initiées en se sentant troussées, dépouillées, et exhibées pour la fessée devant les membres du Club.

Mes anciennes camarades d'école, Laura Sandon, Louise Van Tromp, Miss Cécile Deben, Lady Clara Wawering et trois autres dames, outre Mlle Fosse et moi comme présidente et intendante, furent les premières adhérentes. Deux d'entre elles étaient mariées, mais nous convînmes qu'on ne les désignerait que par leur nom de jeunes filles.

Lady Clara fut la première à solliciter l'admission d'une novice; une de ses soeurs cadettes, qui, disait-elle, avait un peu trop de propension pour les jeunes gens, comme elle s'était, à diverses reprises, comportée de façon très inconvenante, il serait fort piquant de la sermonner et de la fouetter.

On fixa un soir pour son admission et personne ne manqua pour cette première séance de réception.

Notre grande salle de punition était tendue tout autour de jolies tapisseries, ornée de nombreuses glaces, brillamment illuminée et décorée de plantes et de fleurs.

Les dames du Club portaient toutes le même costume, c'est-à-dire un corset de soie bleue avec lacets rouges, un court jupon de tulle blanc ne descendant pas plus bas que le genou, de façon à montrer les jambes gantées de bas de soie et que faisaient encore mieux valoir de hautes bottines parisiennes. Tout le monde était ainsi court vêtu, les autres vêtements ayant été enlevés pour permettre toute liberté dans les mouvements et aussi pour dégager le cou et les seins des dames. Toutes jeunes, belles et ardentes étaient empourprées d'excitation anticipée; leur poitrine marmoréenne se soulevait d'émotion et un joli bouquet de roses coquettement niché entre les deux globes d'amour rehaussait encore la blancheur lactée de leur peau.

Comme présidente, j'étais assise dans un fauteuil, assistée de chaque côté par quatre dames. Jane et Mary se tenaient debout derrière moi.

On frappe à la porte. Lady Clara va ouvrir, et introduit sa soeur, Lady Lucrétia Wawering, âgée d'environ seize ans, brune, bien proportionnée, de taille un peu au-dessus de la moyenne; elle a de grands yeux pensifs de gazelle. Elle tient en main un joli bouquet et est vêtue tout de blanc.

Elle s'avance avec assez d'assurance vers mon siège et me fait une profonde révérence. Lady Clara dit alors: «Permettez-moi, Madame la Présidente, et vous, Mesdames, de vous présenter ma soeur, Lady Lucrétia, qui désire devenir notre collègue.

_La Présidente._--Lady Lucrétia, soyez la bienvenue dans notre confrérie. Etes-vous décidée à nous jurer le secret et à être initiée aux mystères de la verge?

_Lady Lucrétia._--Oui, et à me soumettre à tous vos rites et règlements.

_La Présidente._--Alors, déshabillez-vous pour revêtir notre tenue et vous répondrez sincèrement aux questions que je vais vous poser.

Jane et Mary aident la novice à se déshabiller; elle rougit légèrement lorsque après que sa robe a été enlevée, on se dispose à faire de même pour le jupon. Elle se tourne alors vers moi et me dit: «On ne met sûrement pas les postulantes toutes nues, je suppose que je dois seulement changer de costume?»

_La Présidente._--Si, parce que vous aurez à tâter de la verge avant de revêtir notre uniforme.

_Lucrétia_ (devenant pourpre).--Oh! je ne m'attendais sûrement pas à cela! C'est d'une telle indécence!

_La Présidente._--Dépêchons-nous! De telles remarques sont tout à fait déplacées! Soeur Lucrétia, vous avez déjà transgressé les règles en discutant mes ordres souverains et il en cuira à vos fesses.

_Lucrétia_ (en proie à une grande confusion et la voix toute troublée).--Je vous en prie, laissez-moi m'excuser, je ne supposais pas que les membres fussent exposés aux châtiments et je pensais qu'elles s'amusaient à fouetter les enfants indigents que les écoles leur envoyaient pour être corrigés.

_La Présidente._--Vous vous excuserez sous la verge. Nous avons bien autre chose à faire ici qu'à fouetter les derrières des enfants indigents; bien qu'il soit du devoir de tous les membres d'appliquer la discipline à la maison où dans tout autre endroit où ils exercent leur autorité.

Lucrétia se tait; mais le pourpre de sa figure et les frémissements nerveux des coins de sa bouche attestent qu'elle redoute l'approche de la verge. Elle baisse les yeux d'un air contrit. Lorsqu'elle n'a plus que son pantalon, sa chemise, ses bas et ses bottines, elle est conduite vers l'échelle. La présidente et les dames l'accompagnent et l'entourent.

_La Présidente._--Placez l'échelle presque verticale; ficelez ses poignets tout en haut et qu'elle ne touche le sol que par la pointe des pieds. Si elle ose gravir sans permission le premier barreau de l'échelle, ses fesses apprendront ce qu'il en coûte.

Les larmes aux yeux, la victime, tremblante de honte et d'angoisse, crie en vain que la position ordonnée doit être trop pénible et demande grâce. Puis, lorsqu'elle sent sa chemise roulée sous ses aisselles et son pantalon rabattu en dessous de ses genoux, elle s'écrie: «Pitié! chère miss Coote, laissez-moi; il n'est pas possible que l'on soit aussi sévère envers une novice!»

_La Présidente._--Je vous conseille de vous plaindre en vérité. Nous allons vous initier aux délicieux mystères de notre société, dont vous serez bientôt une des adeptes les plus enthousiastes.

Elle prend alors des mains de Jane une belle verge nouée avec des rubans bleu et or et elle en cingle légèrement le derrière nu de la victime en lui disant: «Maintenant, priez-moi de vous fouetter convenablement et demandez pardon de votre ridicule résistance.»

_Lucrétia_ (sérieusement effrayée et d'une voix tremblante).--Oh! Est-ce bien vrai? Est-il possible que je doive être cruellement fouettée?

_La Présidente._--Tenez! En voilà la preuve, entêtée que vous êtes. C'est trop perdre de temps! Tenez! Tenez! Tenez!

Chaque mot est accompagné de bons coups de verge dont les traces s'entrecroisent sur la surface des fesses, semant des roses à la place des lys. Et miss Coote continue: «Dans une minute ou deux, vous jugerez sans doute qu'il vaut mieux vous soumettre sans simagrées et demander pardon.»

_La victime._--Ah! Ah! Oh la! Hola! c'est affreux! Oui! Oui! Je regrette ce que j'ai dit, mais la verge me cingle si fort qu'on ne mesure pas ses paroles. Oh! je vous en prie, pardonnez-moi... punissez-moi comme je l'ai mérité, Ah! Ah! Ah! miséricorde.

En prononçant ses mots sans suite, elle se démène et se tortille sous les piquantes cinglades qui ont déjà marbré de pitoyable façon sa peau sensible et délicate.

_La Présidente._--Très bien! Voilà comme il faut parler! Mais maintenant que vous allez être une des nôtres, il faut nous dire si vous avez un amoureux.

Un coup plus cinglant que les précédents ponctue cette question. La victime rugit: «Ah! Ahhh! Oh! C'est horrible. On dirait une lame brûlante qui me déchire la peau. En vérité, je n'ai pas d'amoureux... s'il est interdit d'en avoir.»

Mais, comme elle pose instinctivement les pieds sur le premier barreau de l'échelle pour soulager la tension pénible de ses poignets, elle reçoit en travers des mollets une furieuse cinglade qui la fait hurler de plus belle.

--Comment osez-vous, Mademoiselle, bouger sans permission, lui crie la présidente en lui administrant une volée de coups de verges sur les jambes et sur les fesses, la faisant danser sous cette avalanche comme un canard sur une plaque brûlante. «Là! Je pense que vous allez maintenant rester en place! Revenons à ma question», continue miss Coote, «si vous n'avez pas d'amoureux pour le moment, vous en avez eu avant?»

_Lucrétia._--Oh! Oh! Mon pauvre derrière! Oh! Oui... Ah! Ah! j'en ai eu un... mais Oh! Oh! je l'ai quitté il y a six mois! Ah! Pitié! Ne me fouettez plus si vous voulez que je puisse vous répondre!

_La Présidente_ (sans cesser d'appliquer la verge).--Encore cette chanson, soeur Lucrétia. Vos jolies fesses rouges apprécient sans doute cette petite régalade, sans quoi vous ne me provoqueriez pas par vos ridicules observations. Que dites-vous de cela? Et de cela? N'est-ce pas que cela cingle comme il faut? Racontez-nous quelque chose sur cet amoureux, s'il vous plaît!

_Lucrétia._--Mes poignets sont ankylosés et mon derrière... Oh! mon derrière me cuit, me brûle... Non! Arrêtez... Vous voulez savoir... sur mon amoureux... eh bien... je l'ai quitté parce qu'il avait été inconvenant avec moi.»

_La Présidente._--Dites-vous vrai, soeur Lucrétia, c'est un point capital pour vous. Nous appelons la verge le sceptre de la vérité, car il n'y a rien de tel pour faire confesser la vérité. Que vous a donc fait votre amoureux? Criez tant que vous voudrez, si cela vous soulage, cela nous amusera de vous entendre.

_Lucrétia._--Ah oui! Je crie malgré moi. Vous m'avez si cruellement fouettée! Et bien, il a voulu prendre des libertés avec moi et a eu l'audace de fourrer la main sous mes jupons. Voilà tout! Ah! Assez! Pitié! Vous ne me laissez même pas le temps de respirer!

--Etes-vous certaine que cela est bien vrai, fait alors la présidente en se reposant un peu.

Lucrétia, croyant être enfin au bout de son épreuve, répond bien vite: «Tout à fait vrai, chère miss Coote, voilà ce qu'il a osé me faire!» Elle éprouve alors dans certaines régions intimes une sorte de chaleur voluptueuse et, sous cette impression, ferme les yeux, tandis qu'un sourire de sensualité décèle la voluptueuse émotion qu'elle éprouve.

_La Présidente._--Que signifie ce sourire langoureux, soeur Lucrétia. Il me semble que vos fesses frissonnent d'émotion. Ma question sur votre amoureux vous a-t-elle rappelé de plaisants souvenirs? Allons, dites-nous toute la vérité. Vous nous en avez sûrement caché la moitié.

Et elle accompagne ces derniers mots d'une soudaine volée de coups de verges qui, cette fois amènent le sang à la surface de la chair.

_La victime._--Ah! Ahhh! C'est trop de barbarie! Juste quand je pensais être au bout de mes épreuves et que j'éprouvais une chaleur exquise à mon derrière. Non vraiment, je ne pensais plus à mon amant!

En disant ces derniers mots, elle baisse les yeux et rougit comme une pivoine.

_La Présidente_ (sévèrement).--Ainsi vous persistez dans vos mensonges? Sachez que nous sommes au courant de ce qui s'est passé entre le jeune Aubrey et vous. Allons, la vérité et vivement, sinon je découpe des lanières dans la chair de vos fesses. N'essayez pas de nous tromper. Nous connaissons les effets de la verge et les douces sensations qu'elle procure.

Tout en parlant, la présidente fait siffler la verge sur les malheureuses fesses où elles dessinent de longs sillons entrecroisés. S'excitant à sa besogne, la fouetteuse semble éprouver à chaque coup qu'elle applique, une sensation exquise. Les cris et les supplications de Lucrétia sont une délicieuse musique pour elle et pour les spectatrices qui ne dissimulent pas leur voluptueuse émotion. La victime hurle de souffrance, elle se tortille et contorsionne ses fesses et tout son corps, sans souci de la décence sous la furieuse correction dont on la gratifie.

Les assistantes ont, tout d'abord, observé la scène avec la plus stricte attention, mais, peu à peu, leur sang circulant plus fort dans leurs veines amène à leurs joues une rougeur intense, et, bientôt, sous une commune impulsion, les huit dames, Jane et Mary comprises, prennent chacune une longue verge faite de brins souples fraîchement cueillis et forment un cercle autour de la présidente qui continue à flageller la victime sur son échelle. Chacune relève ses jupes sous son bras et s'expose entièrement nue depuis la taille jusqu'aux genoux; c'est un délicieux bouquet de blanches fesses rebondies, de cuisses nerveuses, de mollets cambrés rehaussés de bas de soie, de jolies jarretières, d'élégants souliers à boucles ou de hautes bottines; les ventres impudemment étalés s'ornementent de toisons aux nuances variées, brun, roux, châtain ou blond. Et sans tarder, la danse commence. Sur les fesses blanches et fraîches les verges mettent bientôt une teinte rose, chacune s'évertue de son mieux à rendre au postérieur placé devant elle les cinglades que le sien reçoit. Des éclats de rire, des cris perçants, des exclamations éveillent les échos de la salle, les bras se lèvent et s'abaissent avec ardeur! Cette scène lascive se prolonge pendant trois ou quatre minutes. A ce moment, sous la verge de la présidente, la victime tombe en défaillance; ses cris sont devenus des sanglots, puis ils s'atténuent peu à peu; elle s'évanouit; sa tête se renverse en arrière et son derrière n'offre plus qu'une surface à vif d'où le sang suinte et ruisselle sur la chair blanche des cuisses.

La présidente jette alors sa verge hors de service. «Allons, mesdames, dit-elle, cessez vos ébats, et aidez-moi à la ranimer. Elle reviendra bien vite à elle. Vos jolis culs sont ravissants à voir. Je veux faire partie du prochain cercle que l'on formera.

La victime est détachée de l'échelle. Sous l'action de l'eau fraîche, de sels médicinaux, et d'un large éventail, elle se ranime peu à peu. Ses yeux s'entr'ouvrent et elle regarde autour d'elle d'un air égaré: «Où suis-je, balbutie-t-elle à voix basse, quel joli rêve!» Puis, comme on lui a fait prendre un vigoureux cordial, elle s'écrie: «Ah oui! Je m'en souviens! Oh mon pauvre derrière, comme il me fait mal! Elle frotte alors ses fesses de ses deux mains et voyant qu'elles sont toutes couvertes de sang, elle sanglote nerveusement: «Quel monstre que cette miss Coote! Comme elle a l'air de se délecter de mes tortures! Ah! si jamais je tiens son derrière sous ma verge, elle s'en souviendra.»

Un bruyant éclat de rire accueille cette menace et nous nous délectons toutes de la honte et de la confusion de la pauvre Lucrétia.

--Allons, soeur Lucrétia, lui dis-je alors du courage! Il ne vous reste plus à faire que ce que nous appelons l'ascension de l'échelle. Un jour ou l'autre, vous pourrez prendre sans doute votre revanche. En attendant, vous allez voir si Louise Van Tromp est aussi sévère que moi, et vous apprécierez sans doute sa façon de manier la verge sur vos fesses écorchées. Tenez, Jane, je crois qu'elle est à point pour la seconde partie de la punition.

--Oh! vous pouvez vous fier à moi pour la faire danser comme il faut, dit alors Louise Van Tromp; elle n'est pas à la moitié de sa confession. En disant cela, elle brandit et fait souffler une belle verge neuve aux oreilles de la victime qui manifeste une véritable terreur.

Tandis que les larmes ruissellent sur ses joues, elle s'écrie d'une voix coupée de sanglots: «Non! non! assez! C'est horrible! N'aurez-vous pas pitié de moi? Voyez comme mon derrière est déjà lacéré; je ne veux plus que vous y touchiez! Non! vous ne me remettrez plus sur cette affreuse échelle.» Et comme Jane essaie de l'entraîner vers l'instrument, elle se débat et veut fuir du côté opposé.

Voyant cela, Louise lui applique en travers des épaules un formidable coup de verge: «Qu'est-ce qui vous prend? voulez-vous vous laisser faire et vous dépêcher, ou gare à vos épaules?» lui crie-t-elle en examinant d'un oeil satisfait les longues marques rouges que la verge a tracées sur les blanches épaules de la victime.

--Aïe! aïe! oui! oui! j'obéis, gémit-elle en tendant à Jane ses deux poignets qui sont vivement ligotés.