Mémoires de Miss Coote: Exploits d'une fouetteuse britannique racontés par elle-même
Part 6
Ce qui reste des minces pantalons est déchiré et arraché, et nous nous ruons de nouveau à coups de verges sur les petites victimes pantelantes et nous ne nous serions pas arrêtées, si Jane ne nous avait fait remarquer que Minnie était évanouie et que Lucy ne valait guère mieux.
Où les détache, on leur bassine les fesses et la figure avec de l'eau fraîche, on leur fait respirer des sels et on les ranime. Puis on leur fait boire, ainsi qu'à leur mère, du champagne additionné d'un énergique cordial.
Mme White, qui a été aussi délivrée, berce ses filles sur ses genoux; elle les couvre de caresses et de baisers, se lamente et pleure nerveusement à la vue de leurs petits culs écorchés: «Pauvres trésors! crie-t-elle, Ah! Miss Coote! comme vous avez été barbare avec ces pauvres innocentes!
_Miss Coote._--Je vous conseille de les appeler innocentes, quand c'est vous-même qui leur avez appris à voler! Attendez un peu, ça va bientôt être votre tour de vous confesser.
_Mme White_, d'une voix tremblante.--Excusez-moi, je ne sais pas ce que je dis, mon coeur de mère saigne de voir leurs pauvres derrières.
_Miss Coote._--Lâchez-les! Mary va les panser et elle reviendra nous aider à ranimer leur maman qui m'a l'air terriblement déprimée.
Un éclat de rire accompagne cette ironique remarque. Jane revient bientôt et se met en devoir de disposer Mme White pour la correction qui l'attend.
_Miss Coote._--Écartelez-la bien sur l'échelle; c'est la plus coupable de la bande, elle a entraîné son mari et elle a obligé ses enfants à participer au vol.
_Mme White._--Mais je ne pensais pas que vous vouliez garder le trop plein du jardin, il aurait été perdu!
_Miss Coote._--Alors pourquoi votre mari ne m'a-t-il pas demandé ce qu'il fallait en faire? N'avez-vous pas employé cet argent à vous acheter des rubans et des parures?
La pauvre femme, très honteuse, pousse de gros soupirs et n'essaie pas de se défendre. Jane et Mademoiselle lui enlèvent sa belle robe bleue et découvrent une jolie paire d'épaules bien blanches, contrastant avec la rougeur que la scène précédente a semée sur sa figure et sur son cou. C'est une jolie femme aux cheveux brun fauve, aux yeux noirs; elle a des bras bien ronds et des mains fraîches qui dénotent qu'elle ne se livre pas à la maison à des travaux trop pénibles. Ses vêtements ne sont pas luxueux, mais très propres et coquettement ornés de dentelles à bon marché. On la dépouille de tout et elle reste comme ses filles, sans culotte. Elle rougit jusqu'aux oreilles en voyant ses charmes abondants exposés tout nus à nos regards. Son mont de Vénus, très proéminent, est ombragé d'une large toison bouclée de la teinte de ses cheveux.
_Miss Coote._--En vérité, Madame White, comment osez-vous venir vous faire fouetter sans avoir rien pour cacher votre modestie. C'est tout à fait inconvenant, vous blessez notre pudeur. Comment allons-nous faire?
_Mademoiselle._--Je me doutais de la chose. Je me suis amusée, avant le dîner, à lui confectionner un véritable tablier de feuilles de figuier. Voyez comme cela fera bien sur elle et fera ressortir la teinte de sa chair.
La pauvre femme pleure d'humiliation à nos remarques railleuses et à nos plaisanteries sur les deux jolis gigots qu'elle possède et la manière dont nous allons les faire cuire. On lui ajuste adroitement le tablier autour des reins et on m'apporte une superbe verge de longs brins fraîchement coupés, élégamment ornementés de rubans de couleur. On la fait mettre à genoux pour embrasser l'instrument et, répétant les mots que Jane lui souffle à l'oreille, elle balbutie: «Ma chère... Miss Coote... Oh! ff... fouettez-moi... je vous en prie... bien... bien fort... car j'ai été très... indélicate... oui... oh! pardon! pardon! ne soyez pas trop sévère!
Ces derniers mots, nullement dictés par Jane, lui échappent malgré elle. Terrorisée d'avance, les larmes ruissellent sur ses joues lorsqu'on la relève pour l'étendre sur l'échelle très inclinée; les bras et les jambes sont écartés autant qu'il est possible, on la ficelle étroitement, si bien qu'elle peut à peine remuer les jambes ou tortiller les fesses.
_Miss Coote._--Vous n'avez qu'à moitié avoué votre culpabilité, mais votre cul, bien échauffé, réveillera vos souvenirs.
La verge siffle dans l'air autour de la victime qui frémit dans l'appréhension du coup.
Soudain, vzz! vzz! vzz! Trois fois l'instrument s'abat sur le gros derrière où il marque son passage par des raies rouges entrecroisées, les feuilles vertes volent dans toutes les directions. Rudement touchée, la victime manifeste sa souffrance par des cris aigus: «Hola! ah! oh! ça fait trop mal! je n'en peux plus! Épargnez-moi!» Les muscles de son dos et de ses reins montrent par leur tension la sensation de souffrance qu'aggrave encore sa position écartelée.
_Miss Coote._--Quoi! vous criez déjà? où donc est votre courage? Vos filles sont moins douillettes que vous! Au fait, criez si vous voulez, cela vous empêchera peut-être de sentir mes coups. Je ne fais que commencer et ne suis pas encore bien en train. Allons! Je continue!
Vzz! vzz! vzz! la verge reprend son office et s'abat lentement et méthodiquement, pendant deux longues minutes.
_La victime._--Ah! de pareilles souffrances sont-elles possibles! Si vous devez continuer, j'aime mieux mourir de suite.
_Miss Coote._--Taisez-vous, grosse éhontée! Volerez-vous encore? Élèverez-vous vos enfants dans l'honnêteté, maintenant? Que dites-vous de cette distribution de coups de verges? Je suis sûre que cela vous réchauffera les fesses!
Les coups se succèdent, les brindilles se brisent au contact des fesses, non sans dégâts pour celles-ci. Mme White hurle sa souffrance aux échos de la salle: «Ahh! atroce! atroce! Ce sont des fers rouges que vous m'enfoncez dans la chair! oui! j'avoue! je l'ai mérité! assez! assez! pitié! jamais je ne recommencerai.»
Impassible, la fouetteuse poursuit son oeuvre; le sang coule de la chair tuméfiée; la large surface des reins, des fesses, des cuisses, des hanches, pas le plus petit coin n'est resté indemne. S'enroulant autour des hanches, les brindilles atteignent le ventre, arrachant des poils à la sombre toison. Elles visitent l'intérieur des cuisses, et au sommet de celles-ci, la fente mystérieuse n'est pas davantage épargnée, et sur ses lèvres rebondies, pointent de fines gouttes de sang!
Des feuilles de figuier déchiquetées et éparpillées, il ne reste que les fils qui les assemblaient, et qui pendent maintenant sur ses fesses et ses cuisses se collant à la peau à vif. On dirait l'armature d'un feu d'artifice tiré.
Calme au début, Miss Coote semble avoir perdu toute mesure. Elle est en proie à une véritable frénésie et frappe à tort et à travers avec une énergie furibonde. Elle sermonne la victime, lui enjoint d'envoyer régulièrement ses filles à l'église le dimanche, d'observer le septième commandement: «Tu ne déroberas pas le bien de ton prochain!»
Comme on le pense, Mme White n'entend pas la moitié de ces objurgations. Elle n'a plus la force de crier. Elle balbutie: «Oh! mon Dieu! Je m'évanouis! Que je meure pardonnée! Tu ne voleras pas! Tu ne voleras pas! Mon Dieu! Comme je suis punie! Enfin elle s'évanouit et la verge la mutile encore, alors qu'elle ne peut plus sentir les coups!
Jane et Mademoiselle ont suivi la scène d'un bout à l'autre avec un plaisir indescriptible.
La malheureuse est débarrassée de ses liens. Les traces profondes des cordes à ses poignets et à ses chevilles sont un cruel témoignage des tortures que sa position distendue a dû lui causer. Quant à son derrière, à ses reins et à ses cuisses, ce n'est plus qu'un vaste champ de chair à vif, de cloques, de sillons rouges et bleus; les gouttes de sang ornent d'étoiles rouges la toison qui garnit le bas du ventre et celle qui encadre le réduit d'amour.
Jane, Mary et Polly épongent la pauvre femme et la soulagent de leur mieux. On la ranime par des aspersions d'eau froide; puis, lorsqu'elle peut se tenir debout, on lui fait boire plusieurs verres de champagne et on la reconduit chez elle.
Le jour suivant, me promenant dans le jardin avec ma chère Mademoiselle, nous demandâmes à White si sa femme s'était longtemps ressentie de la fessée. Peu habitué à manier les périphrases et sans s'inquiéter de savoir s'il ne choquait pas nos chastes oreilles, voici ce qu'il nous répondit:
--Le diable m'emporte, Mademoiselle, si j'avais jamais eu pareille nuit auparavant! J'étais au lit et dormais quand elle est rentrée avec les enfants. Mais elle était si échauffée qu'elle les a laissées se coucher elles-mêmes et a grimpé sur moi comme vous voyez quelquefois la vache faire au taureau quand elle en a besoin. Elle ne s'est pas inquiétée si j'étais fatigué d'avoir pioché toute la journée. La nuit entière, il a fallu que je lui fasse la bonne chose. Je ne sais pas pourquoi elle était en chaleur comme ça, car d'habitude, nous réservons cela pour les jours de repos comme le dimanche. Elle prétendait que ça n'avait jamais été aussi bon! Et c'est vrai qu'elle ne m'avait pas encore fait jouir comme ça. Seulement, je veux être pendu si après avoir été arrosée comme elle l'a été, elle ne me donne pas deux jumeaux et peut-être bien trois ou quatre!
Je termine ma lettre sur ce pittoresque récit et vous prie de me croire
Votre bien affectionnée,
Rosa BELINDA COOTE.
LETTRE VII
Ma chère amie,
Dans ma dernière lettre je vous ai fait le récit d'un petit larcin et du résultat qu'il eut. Dans celle-ci, je vous parlerai d'une jolie demoiselle, voleuse de sa nature et non par occasion. C'est un cas de kleptomanie, comme l'on dit aujourd'hui. Rien d'étonnant, lorsqu'on qualifie d'un terme si extravagant ce qui n'est, bel et bien, qu'un vol, que les gens timorés aient presque réussi à abolir cette bonne vieille coutume de la verge.
Miss Selina Richards était une cousine de Laura Sandon, mon ancienne condisciple et première camarade de lit, chez miss Flaybum.
Or, me trouvant en visite chez Laura, j'avais à cette époque dix-huit ans, elle me signala ce cas en me disant que sa cousine était une voleuse si incorrigible que sa famille redoutait réellement de la laisser sortir de la maison de crainte qu'elle ne commît quelques méfaits; ses parents étaient obligés de l'enfermer dans sa chambre quand ils avaient des visiteurs, car la jeune voleuse se serait emparé des bibelots et spécialement des bijoux sur lesquels elle aurait pu faire main-basse, et vous supposez, Rosa, quel terrible scandale c'eût été pour sa famille, si on avait eu motif de l'accuser d'une chose semblable.
_Rosa._--Ils ne l'ont donc jamais punie comme il fallait pour la guérir de cette abominable manie?
_Laura._--Ils l'enferment dans sa chambre et quelquefois la mettent toute une semaine au pain sec, mais toutes ces punitions ne font pas plus d'effet que les réprimandes.
_Rosa._--Ont-ils jamais essayé une bonne fessée?
_Laura._--Je ne crois pas que cela soit jamais venu à l'idée de ses parents, ils sont d'une sensibilité stupide.
_Rosa._--Ma chère Laura, je n'hésite pas à vous avouer que je serais ravie de fouetter cette petite voleuse. Depuis que j'ai quitté l'école, j'ai toujours à l'esprit notre grande séance d'adieu et je me rappelle avec ravissement le délicieux spectacle des postérieurs rouges, zébrés, l'humiliation et l'indignation des victimes et, par dessus tout, leur détresse en se voyant ainsi traitées en public. Nous avons quelques fois entre nous des séances de fouet comme à l'école et, il y a peu de temps, j'ai administré une terrible fessée à la femme de notre jardinier et à ses deux fillettes pour avoir volé mon fruit, ce qui a été une cure radicale, car elles sont maintenant de la plus stricte probité. Vous devez bientôt venir me voir, ne pourriez-vous suggérer à votre oncle et à votre tante de vous confier Selina en leur disant que vous me mettrez au courant de son déplorable défaut? Ou mieux encore, vous pourriez leur dire que vous m'en avez déjà parlé et que je propose d'essayer de guérir la demoiselle si toutefois ils veulent me donner carte blanche pour m'y prendre comme bon me semblera? Ce sera un vrai régal pour vous, car nous mettrons à une rude épreuve la pudeur de la demoiselle en la déshabillant et en l'exposant. Le spectacle de ses jolies formes nous sera rendu encore plus agréable par la honte que nous lui ferons éprouver. Les véritables fervents de la verge épient les impressions de leurs victimes sur leur figure et s'en délectent, et font tout ce qu'ils peuvent pour aviver cette sensation d'humiliation, de même qu'ils prolongent la torture par leur adresse à manier la verge et à placer la victime dans la position la plus pénible pour être fessée.
_Laura._--Mais vous êtes devenu une ogresse de cruauté, Rosa!
_Rosa_ (en l'embrassant).--Vous le deviendrez aussi, quand vous aurez un peu plus d'expérience. Vous êtes de beaucoup mon aînée, mais à cet égard, vous êtes plus jeune que moi. Par un judicieux emploi de la verge, un club de dames pourrait jouir des plus sensuelles voluptés sans le secours des hommes. J'ai l'intention d'épouser la verge (d'ailleurs je suis déjà fiancée avec elle) et ainsi je garderai ma fortune et mon indépendance.
_Laura._--Quel dragon de vertu! Dois-je réellement comprendre que vous satisfaites votre sensualité en vous passant des hommes?
_Rosa._--Venez et vous verrez; je n'ai que cela à vous dire, ma gracieuse incrédule. Arrangez-vous simplement pour emmener la jolie voleuse avec vous et vous n'aurez pas lieu de regretter votre visite.
Laura réussit de tout point auprès des parents de Selina. Ceux-ci pensèrent que la visite pourrait être réellement profitable à leur fille et donnèrent volontiers toutes licences quant aux punitions à lui infliger pour le cas où elle commettrait la moindre indélicatesse.
Quand elles arrivèrent à notre maison, on donna à Selina une petite chambre pour elle seule, tandis que Laura demanda et obtint d'être ma compagne de lit. Rien ne fut changé de place ni enfermé; j'étais parfaitement sûre de l'honnêteté de tout mon entourage et savais que si miss Selina volait quelque chose elle ne pouvait que cacher son butin sans avoir l'occasion de s'en servir. Nous étions donc sûres de rien perdre en fin de compte.
Miss Richards avait reçu une éducation très soignée; d'une façon générale c'était une jeune personne très intéressante d'allure modeste et réservée.
Plusieurs jours se passèrent fort agréablement et il semblait que les doigts de notre jeune invitée eussent perdu leur fâcheuse habitude; je commençai à craindre que notre victime ne nous échappât; mais sa réserve n'était que l'effet d'une timidité qui devait disparaître à mesure qu'elle se familiariserait davantage avec nous.
Quelques objets disparurent, des bijoux spécialement, d'abord une bague avec un petit brillant, puis une broche avec une opale entourée de perles, des épingles, des gants et autres menus objets, mais il nous fut impossible de la surprendre mettant le pied dans ma chambre, malgré une surveillance minutieuse du matin au soir. Aussi Laura et moi songeâmes-nous à monter la garde pendant la nuit. Nous avions l'habitude de ne quitter la chambre de Selina que lorsqu'elle était endormie, avant de nous retirer dans la nôtre.
Dès la nuit suivante, nous mîmes notre projet à exécution et environ deux heures après nous être couchées, à un moment où on devait nous supposer profondément endormies, les charnières de la porte grincèrent nous indiquant que quelqu'un s'approchait en silence.
Nous n'entendîmes pas marcher, mais nous distinguâmes dans l'entrebâillement de la porte, la demoiselle avançant la tête pour s'assurer si le terrain était libre.
Nous ne bougions pas et nos têtes étaient invisibles dans l'ombre des rideaux du lit, tandis qu'un rayon de lune éclairait partiellement le reste de la chambre. Aussi silencieuse qu'un Peau-Rouge, la jeune voleuse rampait littéralement à quatre pattes vers la table de toilette; arrivée là, sans se redresser, elle promena la main sur le meuble pour happer ce qui pouvait s'y trouver. Nous ne la distinguions pas, puisque nous étions couchées, mais nous entendions distinctement le bruit des objets glissant sur le meuble.
Alors, nous jetâmes nos couvertures en l'air en criant: «Cette fois nous vous tenons voleuse! Je courus vers la porte pour lui couper la retraite, tandis que Laura arrêtait gravement notre prisonnière comme un véritable policeman.
Fermant la porte à clef, nous fîmes immédiatement pencher Selina sur notre lit, ses pieds restant à terre et lui retroussant sa chemise de nuit nous lui administrâmes une magistrale fessée qui lui fit pousser les hauts cris.
--Oh! Oh! Miss Coote, je vous en prie, pardonnez-moi. Laissez-moi partir, je ne recommencerai plus. Oh! Oh! Ahhh! Je vous le jure!» criait-elle en se débattant et en tortillant les fesses sous nos vigoureuses claquades. La pale clarté de la lune nous permit de voir combien rouge était celle que nous étions en train de fouetter. Enfin, nous la tachâmes en lui annonçant pour le lendemain une enquête en règle, et l'avertîmes qu'elle aurait à nous rendre tout ce qu'elle avait volé, sinon qu'il lui en cuirait.
Je donnai ordre de l'enfermer dans sa chambre toute la matinée, et Jane servit de geôlier. Après le dîner, vers six heures, elle fit comparaître la prisonnière devant moi dans la salle de punition.
Pour rendre la séance plus impressionnante, toute la maison était présente, excepté Charlie, le groom, car je ne jugeai pas décent d'avoir un témoin masculin. Et l'audience commença:
_Miss Coote._--Selina Richards vous êtes devant moi comme une voleuse prise en flagrant délit. Avez-vous rendu tout votre butin, petite vicieuse?
_Selina_ (la figure écarlate et les yeux baissés).--Oh! Oui! Oui! Je le jure! Demandez à Jane, elle a cherché et elle n'a rien trouvé autre chose que ce que j'ai restitué. Ah! Miss Coote, je ne sais comment j'ai pu faire cela. J'ai honte de moi-même et suis consternée de ma conduite. Oh! que faire, mon Dieu! (Elle éclate en sanglots).
_Jane._--Mademoiselle, rien ne manque, excepté votre bague que je n'ai pu trouver nulle part.
_Miss Coote._--Allons, coquine! Je sais ce que vous valez; n'essayez pas de m'apitoyer Par vos simagrées et vos pleurnicheries. Qu'avez-vous fait de ma bague? Dites?
_Selina_ (suppliante et qui paraît sincèrement repentante et consternée).--Oh! Je ne l'ai jamais vue, je vous je certifie, Miss Coote, je ne l'ai pas prise. Vous pouvez me croire; je suis déjà assez humiliée de ma culpabilité. J'ai pris la bague, mais je l'ai rendue à Jane avec tout le reste.
_Miss Coote._--Je n'en crois rien et vous allez recevoir la verge jusqu'à ce que vous confessiez la vérité. Allons, déshabillez cette petite voleuse, secouez et fouillez tous ses vêtements à mesure qu'on les enlève, défaites sa coiffure, peut-être a-t-elle caché la bague dans ses cheveux?
Malgré sa confusion, un sourire de satisfaction éclaira son visage ce qui, sur le moment, m'étonna quelque peu.
On procéda au déshabillage et je pus remarquer que sa satisfaction s'accentuait à mesure qu'on la dépouillait. «Vous voyez bien que vous ne trouvez rien», articula-t-elle, ce qui me convainquit qu'elle avait très adroitement caché la bague, mais je me creusais en vain la tête pour deviner la cachette, car Jane m'affirma que la chambre avait été feuillée de fond en comble, y compris l'intérieur de la literie.
Quand on eut déroulé toutes les boucles de sa chevelure, je lui fis enlever son pantalon, et elle resta en chemise, toute confuse d'être ainsi exposée; ses joues naturellement colorées avaient tourné au rouge cerise. Elle considérait évidemment les recherches comme terminées, aussi protesta-t-elle lorsque je donnai l'ordre d'enlever le dernier voile.
--Oh! Oh! je vous en prie, épargnez-moi cette honte, il ne peut rien y avoir dans ma chemise.
_Miss Coote._--Mais autre part, il peut y avoir quelque chose.
Sa physionomie prit soudain un air de détresse qui me convainquit que je n'étais plus loin du but; ses cuisses étaient serrées l'une contre l'autre et elle cachait de ses deux mains son monticule encore imberbe.
_Miss Coote._--Donnez-moi une verge, Jane, je vais la faire danser.
Prenant l'instrument en main, j'en cinglai les doigts de Selina. «Enlevez vos mains, mademoiselle et sautez un peu!» Un second coup s'abattit sur les fesses nues; la cuisson fit hurler la jeune fille, dont les cuisses demeurèrent néanmoins serrées. De bas en haut, je lui appliquai un troisième coup encore plus sévère: «Ouvrirez-vous enfin vos cuisses, mademoiselle, et danserez-vous?» Cette fois, l'effet fut prompt. Poussant un cri terrible, la victime se jeta sur le tapis; mais il lui fut impossible d'empêcher la chute de la bague qui roula sur le parquet.
Décrire la confusion, la consternation de la malheureuse serait impossible. Maintenant que sa culpabilité était si complètement établie, elle était devenue pourpre, et essayait de cacher sa figure dans ses mains; ses fesses et l'intérieur de ses cuisses portaient les marques rouges que le dernier coup de verge y avait laissées.
_Miss Coote._--Regardez-moi cette petite voleuse. Elle pense se cacher en cachant sa figure, et elle n'a pas plus honte d'étaler ses parties secrètes que de s'en servir pour cacher ma bague. Voilà une ruse bien dégoûtante! Jane remettez-lui sa chemise et son pantalon, si elle manque de décence j'en aurai pour elle, et je tiens à ce que la fessée se passe décemment et dans les règles.
Jane et Polly la relevèrent et lui passèrent chemise et pantalon. Elle demeura alors devant moi, toujours pleurant de honte et de souffrance. Jamais je n'avais vu victime plus délicieuse à contempler. Elle avait la carnation mate des brunes, sa chevelure presque noire tombait plus bas que son dos jusqu'à ses genoux, ses globes mignons et bien ronds pointaient impudemment leurs minuscules boutons au-dessus de sa petite chemise qui, par en bas lui couvrait à peine les cuisses. Elle était, tout autour, coquettement ornée de dentelles comme pour attirer l'attention sur ses cuisses galbées et sur ses mollets, ceux-ci mis en relief par des bas de soie bleue, de jolies jarretières et d'élégantes bottines.
Jane lui glissa quelques mots à l'oreille et elle s'agenouilla humblement devant moi, me disant d'une voix entrecoupée de sanglots:
--Oh! comment puis-je oser vous parler, chère mademoiselle Coote! Je... Je... suis si honteuse... de moi... Me... Me pardonnerez-vous jamais! Oh! que dois-je faire! Voulez-vous me... me punir... comme je le mérite... et me guérir... de... cet affreux penchant? Je vous assure, Miss Coote, c'est plus fort que moi! mes doigts... mes doigts... saisissent les objets, même... quand je sais... que je n'en ai pas besoin.
Puis elle embrassa la verge et éclata en sanglots nerveux.
Selon mes instructions, la victime est allongée sur l'échelle que je préfère d'habitude au poteau; m'étant munie d'une verge très souple, faite de légers brins de baleine, qui devaient cingler terriblement sans causer de sérieux dommages, je me levai et me dirigeai vers l'échelle pour commencer, mais auparavant, je fis un peu desserrer ses liens et fis placer sous son ventre un gros traversin de divan, puis on resserra ses liens de façon à ce que son derrière fut bien en saillie. Le pantalon fut épinglé et fixé sous ses aisselles. La pauvre Selina ne savait que trop ce qui l'attendait. Ses larmes s'étaient arrêtées, mais elle m'implorait piteusement, me suppliait de la pardonner, d'attendre, de la mettre à l'épreuve, pour voir si elle volerait encore quelque chose.
_Miss Coote_, riant.--Ma foi! Vous faites une jolie poltronne! J'aurai cru qu'une voleuse aussi intrépide montrerait plus d'énergie, car je vous ai jusqu'ici à peine touchée. Vous ne serez pas cinglée plus que vous ne pouvez l'endurer. Si je ne vous guérissais pas tout de suite de ce vice, vous recommenceriez à la prochaine occasion.