Mémoires de Miss Coote: Exploits d'une fouetteuse britannique racontés par elle-même
Part 3
_Sir Eyre._--Comment, Jane, avez-vous l'impudence de vous présenter devant moi sans pantalon? C'est une indécence inouïe! Autant m'offrir tout de suite de me faire voir votre derrière; tenez, effrontée, voilà pour la peine! Il lui donna alors un coup si formidable que la verge sillonna la chair jusqu'à la fente ombragée. Autre chose est de faire voir son derrière lorsque l'on reçoit le fouet que de l'étaler cyniquement comme vous le faites. Et il continue à manifester sa feinte indignation par de solides coups de verges.
_Jane._--Ah! Ah! Ahhhr! Pitié! Monsieur! Pitié! Mme Mansell ne nous a pas donné le temps de nous habiller, et dans ma précipitation, je n'ai pu trouver mon pantalon. Elle m'appelait immédiatement et je n'ai pas voulu la faire attendre. J'ai cru que l'obéissance était plus urgente que la décence. Oh! Oh! Oh! Monsieur! Grâce! Pas si fort! Quelle cruauté. Je suis bien innocente!
Sous le stimulant des cinglades furieuses qu'il lui applique sans répit de bas en haut et qui amènent le sang à la peau, elle se démène et bondit si fort que Jemima a grand peine à la maintenir à califourchon.
_Sir Eyre._--C'est bon! C'est bon! Je suis assez disposé à vous pardonner pour le pantalon, car j'aime que l'on fasse passer le devoir avant tout, mais en ce qui concerne les épines qu'on a fourrées dans nos lits, vous devez savoir quelque chose et c'est votre devoir de nous le confesser.
_Jane._--Oh! Oh! Hola! Ah!!! Je ne sais rien! Je ne puis rien vous dire sinon que je suis innocente; mais je ne peux pas en accuser une autre! Hola! Oh! Vous allez me tuer, Monsieur! J'en ai pour des semaines à rester au lit si vous me lacérez de cette façon!
_Sir Eyre._--Des fesses en compote se rétablissent bien plus vite que cela, Jane, ne vous inquiétez pas! Mais vous allez être fessée encore plus fort si vous n'avouez pas que c'est Jemima la coupable. Est-ce Jemima? Parlerez-vous? Est-ce Jemima? Est-ce Jemima?
Il hurle ces questions d'une voix de tonnerre et sa verge s'abat sans répit et avec fureur sur le derrière de la malheureuse. Le sang suinte et coule sur la chair à vif. Elle semble sur le point de s'évanouir, toutefois je crois distinguer sur son visage les indices habituels de la jouissance; puis cessant de se débattre et de bondir, elle se laisse aller, inerte, comme si sa chair était devenue insensible aux coups; ses hurlements cessent et comme dans un râle elle balbutie: Oui! Oui! Oh oui!
Sir Eyre pousse un éclat de rire de triomphe à l'idée de connaître enfin la vraie coupable. «Ah! Ah! Elle a enfin avoué! Oui, oui,» crie-t-il, «descendez-la maintenant, la pauvre fille, cela a été dur pour la décider à parler, mais j'ai tout de même réussi.» Et il jette au loin le tronçon de verge qui lui restait en mains. Tandis que la pauvre Jane descend de sa monture dans un état pitoyable, Jemima marmotte entre ses dents quelque chose comme «damnée menteuse!» J'aide Mme Mansell à la ligoter sur le cheval, et, lui ayant retroussé ses jupes, j'écarte l'ouverture de son pantalon de façon à exposer dans toute leur ampleur les beautés laiteuses de son magnifique derrière.
_Sir Eyre._--Écartez, écartez le plus que vous pourrez, Rosa. La gredine! Laisser les autres souffrir pour son propre crime! Elle prenait, je crois, plaisir à participer à leur correction!
_Jemima._--Ce sont des mensonges, Sir Eyre, je ne suis nullement coupable et elles m'ont tout mis sur le dos pour se repaître au spectacle de ma punition. Oh! Oh! Quelle abominable maison! Réglez-moi mes gages, je veux m'en aller de suite!
_Sir Eyre_ ricanant.--Vous allez les avoir, vos gages, ou du moins, ce que vous avez mérité hypocrite, scélérate!
_Jemima_ (pourpre de honte et de fureur).--Je ne suis pas aussi hypocrite qu'une autre que je connais bien! Vous me couperez en morceaux avant de me faire avouer ce que je n'ai pas fait.
_Sir Eyre._--Ne perdons pas notre temps avec cette tête de mulet. Essayons plutôt l'effet d'une bonne verge.
Joignant l'action à la parole, le général lui gratifie les fesses de quelques coups sévèrement appliqués qui changent en rose les lys de son énorme postérieur.
--Regardez comme son cul rougit pour elle, s'esclaffe le général, en attendant qu'il pleure des larmes de sang. Et il accentue la rigueur de ses coups, qui tracent dans la chair de larges boursouflures.
_Jemima._--Oh! Oh! Sir Eyre comment pouvez-vous croire une menteuse comme Jane. Quelle raclée je lui flanquerai, quand je serai délivrée, à cette fieffée gredine, pour lui apprendre à m'accuser.
_Sir Eyre._--C'est vous la gredine! Vous lui donnerez des claques? Dites? Vous en avez l'intention? Répondez, grosse bourrique! La verge est trop bénigne pour vous! Je m'en vais essayer autre chose de meilleur, mais, avant, vous allez demander pardon à Jane! Vous avez beau être grosse et forte, nous vous maîtriserons quand même! Qu'est-ce que vous dites de cela? Je crois que vous ne sentez rien, Jemima, je le suppose ou vous seriez moins arrogante! Je voudrais avoir une poignée de ronces sous la main pour vous déchirer les fesses! Peut-être les sentiriez-vous mieux que la verge!
Et pendant ce discours, la verge continuait impitoyablement son travail.
_Jemima._--Oh! Non! Pas cela! Je ne suis pas coupable et n'aurais pas voulu faire pareille chose à mon plus grand ennemi! Oh monsieur! Monsieur! Pitié! Vous m'assassinez! Vous me torturez! Voyez! le sang ruisselle le long de mes cuisses!
_Sir Eyre._--On ne tue pas si aisément une graine de votre espèce. Pourquoi vous obstinez-vous à ne pas avouer, coquine!
Et se tournant vers Mme Mansell: «Ne trouvez-vous pas», lui dit-il, «qu'elle a trop de choses sur elle; je ne suis pas enclin à la cruauté, mais ceci est un cas qui mérite plus de sévérité que d'habitude?
_Mme Mansell._--Si nous la réduisions à sa chemise et à son pantalon, vous pourriez ainsi lui appliquer l'extrême pénalité?
_Sir Eyre._--Parfaitement. Et cela me permettra de respirer un peu. Elle m'a mis à bout de force!
Nous dépouillons alors Jemima de sa jupe et de ses jupons, nous défaisons son corset, mettant en liberté les globes bien fermes de sa splendide poitrine, puis elle est ligotée de nouveau et reste avec les poignets ficelés bien au-dessus de sa tête. Elle a des gants de chevreau fauve qui font ressortir la nudité de ses bras. Elle n'a pour dissimuler ses formes opulentes que sa chemise et son pantalon, mais, avant de recommencer la danse, le Général donne l'ordre de lui retirer tout-à-fait celui-ci et d'épingler la chemise à ses épaules. Puis, se tournant vers moi, il me dit:
--Rosa, ma chérie, si vous avez été punie, c'est de la faute à cette méchante fille: je ne conseille à personne de se charger lui-même de sa vengeance, mais comme Mme Mansell n'est pas très bien et que j'ai encore besoin d'un peu de repos, j'espère que vous voudrez bien prendre ce fouet; vous savez comment l'on s'en sert, ne ménagez aucune parcelle de son cul et de ses cuisses.
Et il me tendit une jolie cravache de dame, qui se terminait en une lanière de cuir tressé.
Aucune proposition ne pouvait m'être plus agréable, bien que je n'aurais pas osé me proposer moi-même. Je jetai un coup d'oeil triomphal à la pauvre Jane qui se remettait peu à peu de sa terrible correction et commençait à s'intéresser à ce qui se passait autour d'elle. Je pris la cravache et me mis en bonne posture pour commencer. Ma victime présentait un magnifique tableau: cambrées, ses fesses puissantes, boursouflées, meurtries, teintées de sang formaient un curieux contraste avec son ventre d'un blanc neigeux, couvert à l'endroit du mont de Vénus d'une forêt bouclée du plus joli blond vénitien, ses cuisses très écartées, permettant de voir le mignon trou de son derrière et un peu au-dessous le bord vermeil des lèvres de son conin. Un peu plus loin s'étalaient ses cuisses robustes aussi blanches que son ventre. Elle portait également de bas de soie rouge, de jolies jarretières et des pantoufles assorties à ses gants. Mon sang bouillait à la vue de ces jolies choses et j'avais hâte de lacérer à mon tour cette chair déjà meurtrie et tachée de sang.
_Sir Eyre._--Eh bien, Rosa, qu'attendez-vous pour commencer? Vous n'avez pas à ménager une pareille entêtée. Allez, et essayez de lui faire demander pardon à Jane.
_Rosa._--J'ai peur, Grand-Père, que la cravache ne lui déchire la peau! Allons, Jemima, je commence. Est-ce que cela vous fait très mal? Et je ponctuai ma question d'un léger coup entre les cuisses où la pointe de la cravache marqua son passage de rouge.
_Jemima._--Oh! Oh! Miss Rosa, ayez compassion de moi! Je n'ai jamais été malveillante pour vous; je vous ai portée bien doucement sur mon dos quand vous avez été fouettée.
_Rosa._--Oui! Et cela vous a joliment amusée, gredine! Vous saviez quelle fessée l'on m'appliquait et vous étiez ravie de me servir de monture.
Je lui appliquai trois ou quatre coups qui imprimèrent sur ses reins une belle marque rouge: Tenez! Tenez! Tenez! Demandez-moi pardon, et à Jane aussi, pour vos menaces? La souffletterez-vous? Dites, dites, dites? Chaque mot était accompagné d'un coup de cravache et jamais deux fois de suite au même endroit.
_Jemima._--Ah! Ahrr! Grâce! Pitié! J'ai été bien peinée pour vous, miss Rosa! Oh! Oh! vous êtes aussi cruelle que Sir Eyre. Vous me déchiquetez avec cette cravache, sanglote-t-elle, la figure cramoisie de souffrance, de rage et d'obstination.
_Rosa._--Allons, Jemima, ce que vous avez de mieux à faire, c'est de nous demander pardon et de confesser votre crime, vous savez que vous êtes coupable, coupable, coupable, entêtée que vous êtes.
A coups multipliés, la cravache meurtrit les fesses en tous sens, tirant le sang qui coule sur les cuisses et sur les bas. La victime se démène et hurle de souffrance à chaque coup, mais refuse d'avouer sa faute et de demander pardon. La vue de ses tortures semble décupler ma vigueur et ma surexcitation; je me délecte de la vue du sang et je me sens en proie à une étrange mais douce émotion. Épuisée, je laisse échapper la cravache, et m'affale sur un siège, en proie à une sorte d'abandon léthargique, tout en ne perdant rien de ce qui se passe autour de moi.
_Sir Eyre._--Vraiment, Rosa, je vous croyais plus énergique que cela. Pauvre petite, votre châtiment a été trop dur pour vous. Je vais en finir avec la coupable; si elle ne veut pas avouer, je l'exécuterai, voilà tout.
Et il va chercher une autre cravache plus forte que celle dont je m'étais servie et avec trois lanières de cuir à l'extrémité: «Allez-vous enfin avouer? Dites! Misérable créature! hurle-t-il, le sang me bout quand je songe à la façon dont j'ai corrigé deux innocentes!»
Cette fois, c'est sur les cuisses et les mollets qu'il frappe, lacérant les bas de soie et sillonnant les chairs de marques profondes. La victime ne peut se débattre, car ses chevilles sont attachées, mais la souffrance lui arrache des sanglots nerveux et des cris suraigus. Le Général semble fou de fureur, car il s'attaque maintenant aux épaules indemnes jusqu'alors et teinte la cravache du sang qu'il en fait couler.
_Sir Eyre._--Ah! Je vais la tuer! C'est plus fort que moi! Elle me rendra fou! Et l'instrument s'enroulant autour de ses côtes vient atteindre jusqu'aux globes de sa superbe poitrine et en arrache des gouttes de sang qui tachent son ventre blanc.
_Jemima._--Oh! Pitié! Laissez-moi mourir! Ne torturez pas plus longtemps une pauvre fille innocente.
Elle ne peut en dire plus long et les mots ne sortent plus de ses lèvres. Mme Mansell s'interpose alors en disant: «Assez comme cela, davantage pourrait être dangereux.»
_Sir Eyre_ suffoquant.--Vous avez raison de me retenir, je l'aurais tuée.
La pauvre victime est retirée du cheval dans un état pitoyable; elle ne peut pas se tenir debout; son sang a coulé jusqu'à ses pantoufles; on la ranime tant bien que mal en lui faisant prendre un cordial et on la ramène à sa chambre où elle dut garder le lit pendant plusieurs jours.
J'avais eu la revanche que j'étais si anxieuse de prendre. Mais le grand vengeur, à mon profond chagrin, enleva bientôt de ce monde mon pauvre grand-père et je demeurai tout à fait orpheline. Comme j'étais encore bien jeune, mes gardiens, conformément au testament de mon grand-père, me placèrent à l'Académie de Miss Flaybum pour achever mon éducation; le vieux foyer fut abandonné et ses hôtes dispersés.
Je vous enverrai, dans une prochaine lettre, quelques-uns de mes souvenirs de classe et je reste, ma chère Nelly,
Votre affectionnée,
Rosa BELINDA COOTE.
LETTRE IV
Ma chère Nelly,
Je vous ai promis, dans ma dernière lettre, de vous relater quelques-unes de mes expériences scolaires et je viens tenir ma promesse.
La pension où je fus mise était située à Edmonton. C'était une maison spacieuse qui avait été la propriété d'un gentilhomme et était enclavée dans ses terres. Ce que nous appelions les jardins privés, près de la maison était entouré de hautes murailles pour empêcher toute possibilité d'évasion.
Derrière ces jardins, et limités par un fossé, étaient plusieurs pâturages où l'on mettait les vaches de Miss Flaybum et les chevaux, les jours où ils ne travaillaient pas, c'est-à-dire toute la semaine, car nous ne prenions guère les voitures que le dimanche pour nous rendre le matin et l'après-midi à l'église du village, distante d'environ un mille et demi. Il nous était interdit d'y aller à pied, même par le plus beau soleil. Nous n'occupions pas moins de trois voitures, car la pension comptait à peu près trois douzaines d'élèves et nous formions une vraie procession quand nous franchissions le portail de l'église; il y avait généralement une certaine affluence pour nous voir arriver et partir. Les plus grandes d'entre nous assuraient que c'était pour voir nos jambes lorsque nous descendions de voiture. Nous ne portions que des bas de soie et de très élégantes bottines pour bien faire valoir nos mollets et, par les temps de pluie, quand nous étions obligées de nous retrousser un peu plus, je perçus plus d'une fois un murmure d'admiration parmi nos spectateurs. Chose qui nous surprenait, ceux-ci étaient surtout des messieurs âgés évidemment désireux de tenir leurs fils hors de la vue de nos charmes, selon le désir, sans doute, de Miss Flaybum.
Il nous était strictement défendu de nous promener sur les routes du village, mais les jours de congés ou de fêtes, ou à certaines occasions, lorsque le temps était beau, nos gouvernantes nous escortaient dans les pâturages ou dans un petit bois de trois ou quatre acres, enfermé dans la propriété, Là, à l'abri de tous regards, nous nous amusions à toutes sortes de jeux.
L'école était très select. On n'y admettait que les filles de l'aristocratie, d'officiers des armées de terre ou de mer. Miss Flaybum était une vieille fille entre deux âges et un martinet réputé. Avant mon entrée dans ce pensionnat, je m'étais imaginé que les moeurs étaient très rigides dans les établissements de ce genre; mais je vis bientôt que ce n'était vrai qu'en façade, et qu'à l'intérieur, il s'y passait des choses peu rassurantes pour la future moralité des élèves. S'il en était de même dans les autres écoles aristocratiques, je m'explique la décadence de la vertu dans le grand monde à l'époque de ma jeunesse.
La première nuit que je passai dans cette maison (nous couchions par groupe de six dans une belle et large pièce), il n'y avait pas une heure que j'étais au lit avec ma compagne que notre dortoir fut envahi par une douzaine d'élèves qui me tirèrent du lit sous prétexte de me familiariser avec l'établissement.
Elles me jetèrent en travers d'un des lits, me bâillonnèrent avec un mouchoir pour m'empêcher de crier, et chacune m'administra à tour de rôle trois claques sur les fesses nues; quelques-unes me cinglèrent si bien qu'il me sembla que j'avais reçu la verge.
Laura Sandon, ma compagne de lit, jeune fille de seize ans, très douce et très jolie, me consola et m'assura que toutes les élèves subissaient la même épreuve en entrant. Je lui demandai si la verge était en usage dans l'établissement.
--Ah! je vous crois, répliqua-t-elle, vous êtes mignonne comme un amour et je serais bien fâchée de vous la voir donner. Elle m'embrassa et me caressa le derrière qui me cuisait quelque peu: «Comme il est chaud, tirez les draps pour le rafraîchir», ajouta-t-elle.
--Voyons-le ce pauvre cucul, dit miss Louise Van Tromp, une plantureuse allemande. Si nous jouions au fouet, avant que Mlle Fosse (l'institutrice française), vienne se coucher.
--Oui, venez, Rosa, ma chérie, vous aimerez bien cela et cela vous fera oublier votre petite fessée; levez-vous, Cécile et Clara, on va s'amuser, fit Laura en s'adressant à l'honorable miss Cécile Deben et à lady Clara Wawering, qui avec l'institutrice française, complétaient les six occupantes de notre dortoir. «Vous savez, mademoiselle ne dira rien si elle nous surprend».
Nous fûmes bientôt debout, nos chemises de nuit volèrent en l'air, et je pus examiner mes compagnes dans la plus absolue nudité. Laura était mince, gracieuse, avec de grands yeux bleus, indices d'un tempérament aimant. Cécile, qui paraissait avoir quinze ans, était une petite bonne femme dodue aux cheveux châtain et aux yeux bleus. Lady Clara avait dix-huit ans; elle était brune, d'une taille au-dessus de la moyenne, bien proportionnée, avec de grands yeux languissants, tandis que Louise Van Tromp était une belle allemande de dix-sept ans, aux yeux gris et aux formes opulentes.
C'était un ravissant ensemble, car toutes étaient jolies et aucune ne manifestait la moindre honte, étant évidemment bien accoutumées à ce jeu; elles m'avaient entourée, pelotaient mon derrière et l'embrassaient. Cécile me dit: «Rosa, je suis bien contente que vous n'ayez pas encore de poils à votre petit bijou; c'est bien plus gentil. Laura, vous avez maintenant une belle fourrure», ajouta-t-elle en fourrageant avec ses doigts la petite toison de miss Sandon.
_Laura._--Petite effrontée, ne me chatouillez pas ainsi; vous serez assez fière quand vous en aurez autant.
_Lady Clara._--Cécile, ma chérie, vous n'avez qu'à frotter votre ventre au mien un peu plus souvent que vous ne le faites; c'est ainsi que Laura a fait pousser ses poils.
_Louise._--Rosa, si vous voulez, c'est sur le mien que vous frotterez votre ventre. Clara est trop amoureuse de Cécile; c'est moi qui veut faire pousser votre poil. En disant cela, elle embrassait et caressait ma petite fente de la façon la plus exquise.
_Laura._--Écoutez-moi cette grosse gourmande, on dirait à l'entendre qu'aucune de nous ne s'est amusée avec elle. C'est à moi que vous appartenez, Rosa.
Nous commençâmes alors le jeu des claques qui n'était qu'une variété du jeu de «chat perché» si en faveur chez les enfants. Notre dortoir était très large: les trois lits, les tables, les toilettes, les chaises, etc., rangés contre le mur laissaient un grand espace libre au milieu.
«C'est moi qui commence», fit lady Clara en se plaçant au milieu de la pièce.
Chaque demoiselle s'installa alors, touchant d'une main un lit ou tout autre meuble et comme Clara tournait le dos, tantôt d'un côté, tantôt de l'autre, celles qui étaient placées favorablement s'approchaient avec précaution d'elle et lui donnaient une bonne claque sur les fesses, s'empressant aussitôt de regagner leurs postes. A ce jeu, le derrière de Clara prit bien vite une jolie teinte rose. Si elle réussissait à rendre la claque à celle qui lui avait donnée avant que celle-ci eût remis la main sur son meuble, c'est cette dernière qui prenait à son tour la place de la fouettée.
Nous nous en donnâmes à coeur joie, le bruit des claques dominait nos joyeuses exclamations; on s'élançait, on s'échappait; on glissait quelquefois, et, alors, pour varier le divertissement, la maladroite recevait de toutes les joueuses une fessée générale, jusqu'à ce qu'elle se fût relevée. On pourra s'étonner que de tels jeux ne fussent pas interdits par la maîtresse, mais il était de règle de laisser les élèves s'amuser comme elles l'entendaient dans leur dortoir. Au plus fort de nos ébats, la porte s'ouvrit soudain et Mlle Fosse entra en s'écriant: «Ah! les polissonnes, je vous y prends, hors du lit, la lampe allumée, en train de vous fouetter réciproquement et nues comme des vers encore! Miss Flaybum tolère cela, je n'ai rien à dire, mais vous méritez une bonne fessée; voyons, mademoiselle Coote, que diriez-vous d'une correction avec ceci? Et elle me montra une jolie petite verge faite de longues et fines brindilles, réunies par un ruban bleu. «Cela vous cinglera sans doute plus qu'une fessée à la main?
--Ah mademoiselle, j'en ai tâté d'autres que celle-ci, trois fois plus fortes, au moins; mon pauvre grand-père était un rude fouetteur, répliquai-je.
_Mademoiselle._--Je croyais que les filles n'étaient fouettées qu'à l'école; vous me raconterez cela tout au long, n'est-ce pas, miss Rosa.
--Bien volontiers, répondis-je, je ne crois pas qu'aucune de vous ait été témoin de pareilles corrections, répondis-je.
Pendant que nous parlions, la belle française s'était rapidement déshabillée; elle était très brune, avait des cheveux d'ébène, le front assez bas, de grands yeux étincelants, magnifiquement ombragés d'épais sourcils; sa physionomie avait une expression délicieuse; elle délaça son corset, exposant dans sa plénitude sa poitrine de neige, ses deux globes fermes avec leur petite pointe brune. Quoique très blanche, sa peau contrastait avec notre carnation rose.
_Mademoiselle._--Où est ma robe de chambre? Voyons, Van Tromp, vous avez dû la cacher.
_Louise._--Oh! je vous en prie, déshabillez-vous et jouez avec nous. Vous n'aurez pas tout de suite votre robe de chambre.
_Mademoiselle._--Si vous me faites jouer avec vous, tant pis pour vos fesses.
Nous l'entourâmes toutes, et bien qu'elle nous opposât un semblant de résistance, elle fut bientôt dépouillée de tous ses vêtements. Nous lui tirâmes même ses bottines et ses bas. Elle était admirablement faite; âgée d'environ vingt-six ans, potelée à souhait, elle possédait une merveilleuse chevelure qui, flottant maintenant en liberté, tombait en une épaisse cascade plus bas que le dos, lui couvrant complètement le derrière, si bien qu'elle eût pu s'asseoir dessus. Et quant à celle qui ornait son ventre, il est impossible de l'appeler autrement qu'une «forêt noire». Ce noir buisson frisé s'étendait sur tout son monticule, jusqu'au nombril et pendait de plusieurs pouces entre ses cuisses.
--Eh bien, mademoiselle Rosa, s'écria-t-elle, en s'asseyant sur le bord de son lit, avez-vous jamais vu une dame plus poilue que moi? Vous savez, mon trésor, c'est le signe d'une nature passionnée.
Elle m'avait attirée sur elle, et, m'étreignant par les fesses, m'embrassait en plaquant ma nudité contre la sienne. «J'adore caresser les petits oiseaux sans plumes comme vous; vous coucherez quelquefois avec moi; Van Tromp sera heureuse de m'échanger pour Laura», ajouta-t-elle.
--Nous ne pouvons tolérer cela, crièrent deux ou trois des autres, en nous étreignant et en nous embrassant. Allons, mademoiselle, prenez votre verge et mettez-vous au milieu.
--Très bien, dit l'aimable française, mais il en cuira à celle que j'attraperai.
Nous recommençâmes alors notre jeu et, toutes les fois qu'elle réussissait une prise, elle nous cinglait vertement, dessinant sur nos derrières de longues marques rouges. Sous nos claques multiples, son propre derrière devait joliment lui cuire, mais le jeu semblait tant lui plaire et l'exciter qu'elle s'écria soudain: «Oh! je veux avoir la verge, maintenant, qui va être la maîtresse d'école?
_Laura._--Ce sera Rosa! Elle vous chapitrera comme si vous étiez coupable et nous donnera une idée d'une punition dans les règles. Voulez-vous Rosa? Cela nous amusera tant! Essayez et obligez mademoiselle à vous demander pardon de toutes les libertés qu'elle a prises sur vous. Faites, vous serez bien gentille!!