Mémoires de Miss Coote: Exploits d'une fouetteuse britannique racontés par elle-même

Part 2

Chapter 23,902 wordsPublic domain

--Grâce! Grâce! Mlle Rosa, s'écria-t-elle, vous ne voudrez pas me faire de mal, j'ai toujours été si bonne pour vous!

--Ce n'est pas par plaisir, Jane, c'est par devoir. Vous étiez avec les autres contre moi, vous êtes la première que j'attrape, tant pis pour vous. Je ne pourrai peut-être pas me venger des autres d'ici longtemps.

La vue de ses fesses rebondies me transportait du désir d'exercer mon habileté sur elle et de contempler ce spectacle que j'avais offert moi-même. Saisissant nerveusement la verge, sans plus tarder, je commençai l'attaque par quelques coups cinglants qui changèrent en rouge foncé la teinte rose des deux globes.

--Ah! Ah! C'est une honte! Vous êtes aussi méchante que le vieux général, petite sournoise! Vous m'avez tendu un piège!

--Vous n'en avez pas l'air bien fâchée, mademoiselle, lui criai-je, mais je vais faire en sorte de vous rabattre le caquet; d'ailleurs, je commence à croire que vous êtes la pire du quatuor et que votre prétendue compassion n'était que pure hypocrisie. Mais, c'est mon tour à présent. Bien entendu, vous étiez trop forte pour moi, si je n'avais pas agi de ruse avec vous! Que dites-vous de cela, mademoiselle Jane? Et tout en parlant, Vzz, Vzz, Vzz, je cinglais de la verge son gros postérieur qui prit bientôt un aspect fort curieux.

--Petite scélérate! Petite vipère! criait Jane. Votre grand-père saura tout cela.

--C'est votre intention, mademoiselle la rapporteuse. Eh bien! alors je vais vous faire payer cela d'avance, répliquai-je. La vue de sa croupe ne faisait qu'accentuer mon excitation, et ce fut avec un frisson de plaisir que j'aperçus de petites gouttes de sang. Elle se démenait et se tortillait avec des cris et des soupirs étouffés, mais chaque fois qu'elle prononçait quelques mots il semblait que c'était dans le dessein de m'irriter davantage. Ma surexcitation croissait en intensité; ce sauvage exercice me causait un immense plaisir, et dans ma fureur irréfléchie, je mis réellement ses fesses en piteux état. A la fin, essoufflée, épuisée, je dus laisser tomber la verge et ma frénésie se changea en compassion lorsque je vis qu'elle paraissait inanimée, inerte, la tête renversée, les yeux fermés, les doigts crispés.

L'embrassant tendrement: «Jane, Jane!», lui criai-je d'une voix émue, je vous aime et vous pardonne, et maintenant, je veux être aussi bonne pour vous que vous l'avez été pour moi après ma punition.

Ses mains et ses pieds furent bientôt déliés; alors, à mon vif étonnement, elle jeta ses deux bras autour de mon cou, et, m'embrassant passionnément, elle me dit, les yeux brillants: «Et moi aussi, je vous pardonne, mademoiselle Rosa, car vous ne vous imaginez pas quel plaisir vous m'avez procuré, les derniers instants, surtout, ont été exquis.

Sur le moment, tout cela était pour moi une énigme que je ne compris que plus tard. Elle ne se préoccupa guère de son postérieur marbré. «Ce qui a été terrible pour vous, mademoiselle Rosa, me dit-elle, n'a rien été pour moi, je suis plus âgée et plus endurcie que vous, en outre, c'est toujours la première fois qui est la plus pénible. Sir Eyre a été réellement barbare de vous écorcher comme il l'a fait, mais c'est votre obstination qui l'y a conduit. Vous verrez que vous aimerez bientôt cela ainsi que moi.»

Nous continuâmes à bavarder ainsi pendant que je baignais et pansais les parties meurtries, et finalement nous nous endormîmes après qu'il eut été convenu entre nous qu'elle me donnerait, dans un jour ou deux, une agréable leçon.

Quelques jours se passèrent tranquillement; mon châtiment avait été trop sévère pour que je risquasse à la légère un nouveau conflit avec le général. Cependant j'attendais avec impatience l'occasion de me venger de toute la bande, excepté de Jane qui était devenue mon amie de coeur. Nous examinions, sans succès, d'ailleurs, toutes sortes de plans pour faire mettre soit l'une soit l'autre dans un mauvais cas. Le vieux général me conseillait souvent de prendre garde à moi, car il ne manquerait pas la première occasion de me faire danser sans musique.

Un jour, cependant, étant dans le jardin avec la gouvernante, je lui fis remarquer que le général était réellement bizarre de laisser les brugnons tomber et se perdre plutôt que de nous les laisser manger.

--Ma chérie, dit Mme Mansell, si vous en prenez deux ou trois, il ne le remarquera pas, en tous cas, ne dites pas que je vous l'ai conseillé, c'est, en effet, absurde de les laisser pourrir.

--Mais, mademoiselle Mansell, répliquai-je, ce serait un vol?

--Ce n'est pas un vol de prendre ce qui aurait été perdu, répondit-elle, vous n'avez pas la notion exacte de l'honnêteté, d'ailleurs n'êtes-vous pas un peu la maîtresse de la maison.

--Vous me faites l'effet du serpent et moi d'Ève; c'est vrai qu'ils ont l'air délicieux; vous ne me trahirez pas, au moins? lui dis-je avec candeur. Sur ce je cueillis un des fruits et Mme Mansell le partagea avec moi, ce qui me mit tout à fait à l'aise.

Le lendemain, juste avant le dîner, nous entendîmes la voix du général nous appelant tous brusquement dans sa chambre. «Comment se fait-il, Mme Mansell, dit-il, l'air furibond, que je ne puisse laisser mes clés dans la serrure de cette étagère sans que quelqu'un goûte à mon rhum? Comme je soupçonnais depuis longtemps qu'il y avait dans mon entourage un dégustateur trop rusé, j'ai usé de ruse à mon tour. Voyant que le rhum semblait à son goût, la dernière fois que le flacon a été rempli, j'ai fait une petite raie avec mon diamant pour marquer la hauteur du liquide dans la bouteille, et depuis, je me suis contenté de boire du brandy. Eh bien! regardez! En trois ou quatre jours, il n'en a pas filé moins d'une demi-pinte. Venez ici, Rosa... et vous Mme Mansell... à votre tour, Jemima!» et ce disant, il sentit notre haleine à tour de rôle.

--Femme, dit-il à celle-ci comme elle se troublait et hésitait à se soumettre à cette épreuve, je n'aurais pas cru que vous étiez une sournoise et une voleuse; si vous avez réellement besoin d'un peu d'alcool, Mme Mansell, j'en suis certain, vous eût permis d'en prendre. Comme vous êtes ici depuis plusieurs années et que nous n'aimons pas le changement, on ne vous mettra pas à la porte, mais on vous guérira demain de l'envie de voler; vous auriez dû être fouettée sur le champ, mais comme j'ai un ami à dîner ce soir, cela vous fera du bien d'attendre et de réfléchir à ce que vous allez recevoir. Filez, maintenant, et que le dîner soit servi correctement, ou je vous réserve quelque chose à la mode hindoue dont vous me direz des nouvelles.

Nôtre visiteur était notre plus proche voisin, ancien colonel et grand chasseur de renards, et pourtant mes idées étaient si surexcitées par la perspective du châtiment de Jemima que la soirée me parut fort agréable.

Le lendemain, grand-père passa toute la journée à inspecter le jardin et j'eus le pressentiment qu'il remarquerait la disparition des brugnons. Ayant été si méfiant pour le rhum, il pourrait l'être de même pour les fruits.

Mes craintes n'étaient que trop fondées, m'ayant aperçue avec Mme Mansell cueillant un gros bouquet pour mettre à la coupable, il s'écria: «Mme Mansell pendant que vous y êtes, faites donc un second bouquet, quelqu'un a rendu visite aux brugnons. Ne sauriez-vous pas qui, Rosa?»

--Oh! grand-père, vous savez bien qu'on m'a formellement défendu de toucher aux fruits, dis-je, l'air aussi innocent que possible.

--Et vous, madame Mansell, savez-vous quelque chose à ce sujet? Rosa me répond à côté de la question, reprit-il en me regardant sévèrement.

J'étais très embarrassée, et, pour comble, Mme Mansell, affectant une profonde répugnance à dire un mensonge confessa toute la vérité.

--Ma parole, j'ai affaire à une jolie bande, car Jane ne vaut pas mieux que les autres. Madame Mansell, votre conduite m'étonne et vous serez assez punie en considérant quelle gravité j'attache à ce cas, et quant à Rosa, une telle duplicité, chez une enfant si jeune, me fait frémir; mais occupons-nous d'abord de Jemima, et nous verrons ensuite ce qu'il y aura lieu de faire.

Dans l'état d'incertitude où j'étais, je courus vers Jane pour lui confier mes angoisses; c'était, selon elle, une heureuse circonstance que Jemima passât la première, car le vieillard serait fatigué, et, sans doute, me tiendrait quitte à bon compte, surtout si je criais et implorais grâce.

Ainsi réconfortée, je m'arrangeai pour dîner copieusement et pris un verre de vin en plus (j'étais supposée n'en prendre qu'un) puis, je me rendis à la salle des corrections, à peu près rassurée, d'autant plus que j'étais fort désireuse de voir Jemima bien fouettée.

Quand je jetai les yeux sur elle, elle faisait une révérence au général, assis dans son fauteuil, verge en main. Son apparence me frappa d'admiration. Sa taille était au-dessus de la moyenne, elle avait de beaux cheveux châtains, un teint éclatant, de grands yeux bleus très vifs, elle portait une robe de soie bleus échancrée très bas, qui révélait les trésors de sa poitrine bombée, son gros bouquet était fixé de côté, elle avait des souliers de satin rose à hauts talons avec des boucles d'argent; son corsage était à manches courtes, mais des gants de chevreau de couleur fauve montant au-dessus du coude dissimulaient la rudesse de sa peau et la rougeur de ses mains.

--Préparez-la immédiatement, dit le général, elle sait trop bien ce qui l'amène ici pour qu'il soit utile de le lui dire. Tenez, Rosa, passez-moi cette grosse poignée de verges, la petite ne serait qu'un joujou pour son gros cul, Ha! Ha! celle-ci fera bien l'affaire! ajouta-t-il en la faisant siffler dans l'air.

Jane et la gouvernante l'avaient déjà dépouillée de la robe bleue, et étaient en train de lui enlever le jupon blanc bordé de dentelle; le bouquet, tombé sur le parquet, la victime se trouva en chemise et pantalon, et je pus admirer sa poitrine bien prise, son cou harmonieux et surtout ses jambes pleines et rondes dans leurs bas de soie rouge, retenus par d'élégantes jarretières (le général était très exigeant sur la toilette de ses pénitentes).

J'aidai à l'attacher et à dénouer son pantalon que Jane rabattit complètement, tandis que Mme Mansell retroussait et épinglait sa chemise, étalant dans leur magnifique plénitude ses fesses glorieusement charnues, dont la peau blanche resplendissait sous la clarté des flambeaux.

Je lui donnai quelques bonnes tapes pour lui montrer que je n'avais pas oublié celles qu'elle m'avait données, puis je m'écartai pour laisser la place à Sir Eyre.

J'étais si absorbée par ce fascinant spectacle que j'en oubliai totalement ce qui m'attendait moi-même.

Flac! La grosse verge s'abattit avec une violence qui l'eût fait bondir si elle n'eût été attachée. Elle poussa un «Ahhh!» étouffé et un large sillon rouge apparut sur la chair. A chaque coup qui suivit, sa figure s'empourpra davantage et elle sembla suffoquer, tout en s'efforçant de ne pas hurler, mais la verge était si cinglante et le général frappait si fort qu'en moins d'une douzaine de coups, les fesses blanches furent tachées de sang et la verge volait dans toutes les directions. «Ah! Ah! Oh!» hurla-t-elle enfin. «Assez! pitié, monsieur, je n'en puis plus, c'est trop, je vous le jure!»

--Abominable voleuse, je vais vous fesser jusqu'à ce que mort s'ensuive; si je ne vous guéris pas aujourd'hui à tout jamais, c'est une bonne domestique que je perdrai, riposta Sir Eyre en la fouaillant de plus belle.

Mon sang bouillait sous l'excitation voluptueuse, à laquelle j'étais en proie, et jeune comme je l'étais, barbare comme je savais être la correction, je n'éprouvais pas la moindre pitié pour la victime. C'est un sentiment que, seuls, peuvent comprendre les fervents adorateurs de la verge.

--Vous aimez le rhum, je crois mademoiselle, faisait le général, mais c'est le payer un peu cher, n'est-ce pas, n'est-ce pas... n'est-ce pas?...

Le pauvre vieux, hors d'haleine, ayant été obligé de s'asseoir, Mme Mansell, devançant son désir, prit une verge neuve et, sans laisser souffler la victime, se mit à la fouetter à son tour.

--Elle n'a pas volé sa punition, monsieur, car je ne lui refuse jamais rien pourvu qu'elle se conduise bien, dit-elle, prenant son air le plus pincé. Dans son ardeur à fouetter, sa coiffure s'étant dérangée et sa physionomie s'animant, elle me fit l'effet de la déesse de la vengeance. «Recommencerez-vous... dites... répondez... ingrate... voleuse...» criait-elle, ponctuant chaque mot d'un furieux coup de verge.

La pauvre Jemima sanglotait et implorait grâce d'une voix brisée, tandis que des gouttes de sang coulaient le long de ses cuisses, mais la gouvernante semblait sourde et Sir Eyre paraissait en extase. Quelque résistante que fût la victime, cela ne pouvait plus, néanmoins, durer bien longtemps. Terrassée par l'acuité de ses souffrances, Jemima s'évanouit et il nous fallut lui asperger la figure d'eau fraîche pour la ranimer. On la couvrit d'un manteau et on la conduisit dans sa chambre où on la laissa seule.

--A votre tour, Rosa, me dit alors le général tenant en mains une verge fraîche et souple; embrassez la verge et apprêtez-vous.

Sachant à peine ce que je faisais, je m'inclinai et donnai le baiser ordonné. En un rien de temps, Mme Mansell et Jane m'eurent préparée, car je demeurais passive, et dès que je fus exposée en plein, les membres bien écartés, le général reprit son rôle.

--Vous avez pu voir, me dit-il, par l'exemple de Jemima, comme je suis sévère à l'occasion, peut-être n'avez-vous pas compris la gravité de la réponse que vous m'avez faite aujourd'hui, aussi, suis-je enclin à être indulgent pour cette fois; mais, souvenez-vous, pour l'avenir, si vous vous en tirez à bon compte aujourd'hui, qu'un mensonge est préférable à une réponse évasive. Je crois que la dernière fessée a produit son effet, car vous vous comportez ce soir tout autrement. Ainsi, souvenez-vous... souvenez-vous... Souvenez-vous...

Il me cinglait le derrière à chaque mot. J'implorais grâce, promettant d'être sincère à l'avenir. Après une vingtaine de coups qui me mirent les fesses en feu: «Je vous tiens quitte pour aujourd'hui, fit-il en m'octroyant une dernière cinglade, mais si violente que, cette fois, le sang se montra sur mes fesses déjà empourprées.

Je termine ici ma seconde lettre.

Croyez-moi votre amie dévouée.

Rosa BELINDA COOTE.

LETTRE III

Ma chère Nelly,

Je vous ai dit, dans ma dernière lettre, comment je me tirai sans grand dommage de l'affaire des brugnons; mais je n'avais reculé que pour mieux sauter, et le général s'était évidemment promis de m'accommoder de bonne façon à la première occasion favorable.

Chose bizarre, ma première punition, pourtant corsée, et la terrible fessée que j'avais vu administrer à Jemima ne n'avaient produit d'autre effet que de me rendre, si possible, plus audacieuse. J'aurais voulu me venger de Sir Eyre et de Mme Mansell, mais aucun de mes plans de vengeance ne me donnait satisfaction. Si j'avais pu arriver à mes fins, peu m'eût importé ce qui en serait résulté pour moi.

Jane ne pouvant me suggérer aucune idée, je résolus d'agir seule, tout en affectant d'y renoncer; mais diverses mésaventures arrivèrent dès lors à tous les hôtes de la maison, y compris moi-même. Le général entra en fureur, lorsqu'un beau jour il trouva plusieurs de ses livres de flagellation abîmés ou déchirés, mais il ne put fixer ses soupçons sur personne, bien qu'il suspectât fort Jemima d'être, par vengeance, l'auteur de ce délit. Peu de temps après, Mme Mansell se piqua les pieds à des orties cachées dans ses draps. Sir Eyre et elle étaient surtout les victimes; mais le méfait suivant fit déborder le vase. Quelques jours plus tard, en se mettant au lit, le général fut soudain cruellement piqué et égratigné par des branches de ronces habilement dissimulées dans son lit. Comme il avait l'habitude de rabattre complètement le drap de dessus avant d'entrer au lit, puis de le ramener sur lui après s'être allongé, les épines avaient été placées entre le matelas et le drap du dessous de sorte qu'il ne pût les voir; mais il les sentit bien vite. Le dos écorché, il fit un bond violent, se retourna à quatre pattes, et bondit de nouveau, affreusement piqué aux genoux et aux mains. Bref, lorsqu'il put s'échapper du lit il avait été écorché un peu partout, quelques épines étaient restées piquées dans ses chairs et je pus voir, le lendemain, des taches de sang sur ses draps.

Il fallut que Mme Mansell sautât de son lit en toute hâte, pour soigner le pauvre bonhomme. Cela lui prit une bonne heure, au bout de laquelle, elle se recoucha avec délices pensant rattraper le sommeil perdu. A peine était-elle remise au lit qu'elle poussa des «Aïe! Aïe! Hola!» de souffrance, et s'écria: «Ah! c'est trop fort! les coquins sont venus dans ma chambre pendant mon absence!» Jemima, Jane et moi étant accourues à ses cris, nous la trouvâmes affreusement écorchée, surtout aux genoux, nous réprimâmes un sourire de satisfaction; Jemima surtout avait l'air radieuse.

_Mme Mansell._--Vous n'avez pas honte de me traiter ainsi; c'est une de vous trois et je soupçonne fortement Jemima.

_Jemima._--Je n'ai pu m'empêcher de sourire en vous entendant crier, madame, mais je croyais que vous n'aviez pas grand'chose.

_Mme Mansell._--Effrontée, coquine, je le dirai au général.

Jemima, Jane et moi protestâmes de notre innocence, mais en vain; il devait évidemment en cuire à l'une de nous, peut-être à toutes les trois.

La gouvernante et le général se ressentirent plus d'une semaine de cette alerte, plusieurs épines leur étant restées dans les chairs, une entre autres dans le genou de Mme Mansell. Sir Eyre dut attendre en conséquence dix jours avant de mettre l'affaire sur le tapis.

L'heure fatale sonna enfin; nous comparûmes toutes dans la salle de punition devant le général, trônant dans son fauteuil; ce fut comme d'habitude après le dîner, et nous étions en tenue de soir.

_Sir Eyre._--Vous n'ignorez pas pourquoi je vous ai fait venir ensemble. Un outrage comme celui que nous avons subi, Mme Mansell et moi, ne peut rester impuni; donc, si aucune de vous trois n'avoue en être l'auteur, je suis décidé à vous punir toutes les trois et sévèrement pour que la coupable n'échappe pas à son sort. Allons Rosa, est-ce vous? Si ce n'est vous, c'est une des deux autres.

_Rosa._--Moi grand-père! Vous savez bien du reste, qu'on m'a fait à moi-même toutes sortes de farces.

_Sir Eyre._--Et vous, Jemima. Est-ce vous?

_Jemima._--Oh! mon Dieu! monsieur! Mais je n'ai même jamais touché de ronces de ma vie!

_Sir Eyre._--Jane, êtes-vous coupable ou non, ou soupçonnez-vous quelqu'un?

_Jane._--Oh! non! monsieur, je vous l'affirme.

_Sir Eyre._--Donc il y a parmi vous une fieffée menteuse. Rosa, comme vous êtes la plus jeune, je vous punirai en premier, peut-être en attendant, déciderez-vous la coupable, si ce n'est vous, à se dénoncer.

Puis, se tournant vers Mme Mansell: «Préparez-la, dit-il, elle n'a pas reçu la fessée telle qu'elle la méritait, l'autre jour. Mais aujourd'hui, elles auront toutes les trois leur compte, quand je devrais y passer toute la nuit. Jane et Jemima aidez Mme Mansell.»

Mes idées étaient moins tournées vers ce que j'allais recevoir que vers le tableau qu'allaient m'offrir les autres et dont je me réjouissais par anticipation, j'escomptais les sensations que j'avais déjà éprouvées quand Jemima avait été si sévèrement punie. Elles m'eurent bientôt enlevé ma robe de soie bleue et elles m'attachaient sur le cheval, quand le général les arrêta, pris d'une autre idée.

--Halte! Halte! cria-t-il. Jemima va la mettre sur son dos.

Je fus alors relâchée, et, mes jupons ayant été bien retroussés par dessus mes épaules, je fus hissée à califourchon sur le large dos de Jemima; mes bras entourant son cou furent solidement ficelés par les poignets et mes jambes attachées de même sous la taille; j'étais ainsi splendidement exposée et ma posture faisait tendre ma peau. Comme Mme Mansell allait ouvrir mon pantalon, Sir Eyre s'écria: «Non! Non! Je vais me servir de ce fouet... Jemima, trottez tout autour de la chambre pour que je sois à bonne distance.»

Ces mots furent accompagnés d'un claquement sec du fouet, dont la lanière s'abattit sur ma croupe.

--Eh bien, mademoiselle! allez-vous nous avouer quelque chose? Je suis sûr que vous êtes bien au courant de ce qui s'est passé. Clac! Clac! Clac! Clac! le fouet me cinglait en même temps les fesses, et Jemima ravie trottait allègrement tandis que chaque coup causait à mon pauvre derrière une affreuse cuisson.

--Oh! Oh! Ah! Grand-père! criai-je, c'est indigne de me punir quand vous savez que je suis innocente. Oh! Oh! Ohhhr! Sourd à mes cris, il me fouaillait sans pitié. Je sentais ma peau se boursouffler, mais la mince étoffe l'empêchait de s'écorcher.

A un moment, il interrompit la course en disant: «Mme Mansell, regardons un peu son impudent derrière pour voir ce que mon fouet y a marqué.»

Mme Mansell écarta soigneusement la fente de mon pantalon et s'écria: «Regardez, monsieur, comme vous l'avez bien cinglée! Quelles belles zébrures et comme son cul est rouge!»

_Sir Eyre._--Peuh! Cela n'est pas mal, en effet, mais je suis resté à moitié chemin; Mme Mansell voulez-vous le mettre au point avec la verge?

Je pouvais dès lors être sûre d'avoir une bonne mesure. Le général alluma un cigare et s'installa confortablement dans son fauteuil pour jouir du spectacle. Mme Mansell choisit une belle verge faite de brins longs et flexibles, et laissant mon pantalon largement ouvert, ordonna à Jemima de se poser devant elle.

Brandissant la verge, la gouvernante s'écria: «Je suis sûre que cette demoiselle est dans le secret, mais elle est si entêtée que nous ne tirerons sans doute rien d'elle. Néanmoins, Monsieur, je vais faire de mon mieux. Allons, Mlle Rosa, dites-nous la vérité si vous voulez préserver votre cul; êtes-vous toujours aussi sûre de votre propre innocence? Et elle me cingla méthodiquement et vigoureusement les fesses en tous sens; les coups s'abattirent dans ma chair avec un son mat et mon derrière déjà brûlant des coups de fouet de tout à l'heure fut bientôt en proie à une intolérable cuisson.

--Oh! Oh! C'est une injustice! hurlai-je pour me soulager le plus possible. Oh! Ah! Même si je savais quelque chose je ne le dirai pas! On ne doit pas trahir un secret. Oh! Pitié! Pitié!

En parlant ainsi, j'avais un double but, d'abord, d'être traitée avec une indulgence relative en leur faisant croire qu'une des deux autres était la coupable, ensuite, faire dériver leur fureur sur celles-ci et corser, en même temps que leur punition, le plaisir que je m'en promettais.

_Mme Mansell._--Ha! Ha! C'est curieux comme la verge vous a amendée, ma chère mademoiselle Rosa; vous n'êtes plus, à beaucoup près, aussi obstinée qu'avant. Mais puisque vous ne voulez rien nous raconter, vous serez fouettée comme complice, j'en suis bien fâchée pour vous. Du reste, cela ne vous fait pas tant de mal que vous voudriez le faire croire.» Et vzz! vzz! vzz! la verge s'abattait sans répit sur mon postérieur qui commençait à saigner.

--Arrêtez, Mme Mansell! cria enfin le général, ce doit être cette drôlesse de Jemima. Rosa est assez punie. Au tour de Jane, maintenant; si elle sait quelque chose il faudra bien qu'elle nous le dise, et alors nous aurons nos coudées franches avec Jemima. N'importe comment, Mme Mansell, nous saurons la vérité!

On me repose à terre et le général ordonne à Jane de prendre la place que je viens de quitter. Mes vêtements retombent et, frémissante d'une émotion anticipée, remerciant Sir Eyre de son indulgence, je m'occupe fébrilement pour ma part à disposer le postérieur de Jane pour l'exécution. J'épingle sa chemise à ses épaules, j'expose à nu son postérieur joufflu, ses cuisses et ses mollets, ceux-ci gainés de soie rose, maintenus par d'élégantes jarretières à boucles d'argent, et rehaussés par des pantoufles grenat.