Memoires De Marmontel Volume 1 Of 3 Memoires D Un Pere Pour Ser

Chapter 19

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[42: C'est probablement pour cela qu'elle est devenue si rare. _L'Observateur littéraire_ (1746, in-12), qu'il ne faut pas confondre avec la feuille, portant le même titre, rédigée par l'abbé de La Porte (1758-1761), a été réimprimé par Villenave dans l'édition de 1821, d'après un exemplaire incomplet de 24 pages sur 120, le seul que Villenave ait pu se procurer.]

[43: Le sujet du concours était _la Gloire de Louis XIV perpétuée dans le roi, son successeur._]

[44: Il est assez singulier, comme Villenave l'observe avec raison, que Marmontel n'ait rien dit ici de l'édition de _la Henriade_ (Prault, 1746, 2 vol. in-12, vignettes de Cochin) pour laquelle il écrivit une _Préface_ maintes fois réimprimée depuis dans les _Oeuvres complètes_ de Voltaire. (Voir la _Bibliographie_ de M. C. Bengesco, tome Ier, n° 375.) Le débit de cette édition expliquerait encore mieux que celui du poème académique la générosité de Voltaire.]

[45: Harenc de Presle, banquier, rue du Sentier. Son cabinet de tableaux renfermait, selon l'_Almanach des artistes_ (1777, p. 180), un Guide, deux Murillo, des Rubens, des Van Dyck, Wouwerman, Van Huysum, Teniers, et autres; il y avait joint de précieux ouvrages du fameux Boule. M. G. Duplessis a cité, dans son travail sur _les Ventes de tableaux... aux XVIIe et XVIIIe siècles_ (1874, in-8°), le _Catalogue d'objets rares et précieux en tous genres provenant du citoyen Aranc (sic) de Presle_, vendus aux enchères, le 11 floréal an III (30 avril 1795), par les soins de J.-A. Lebrun jeune. Il faut joindre à ce catalogue une addition de quatre pages contenant la mention de _Recueils d'estampes reliés en maroquin et en veau_.]

[46: Depuis la publication de _la Politique de tous les cabinets de l'Europe_ (1793, 2 vol. in-8), de la _Correspondance secrète inédite de Louis XV_, par Boutaric, et du _Secret du Roi_, par M. le duc de Broglie, la part prise par Favier à la diplomatie occulte n'est pas douteuse. Sa vie privée, qui fut celle d'un épicurien, est moins connue, et, si l'on sait la date de sa mort (2 avril 1784), on n'a pas encore signalé celle de sa naissance. On peut du moins lire sur lui quelques pages de Sénac de Meilhan dont se sont inspirés tous ceux qui, de nos jours, ont parlé de Favier. (Voy. _le Gouvernement, les Moeurs et les Conditions en France avant la Révolution_, éd. de Lescure, Poulet-Malassis, 1862, in-18.)]

[47: _Denys le Tyran_, joué le 5 février 1748, obtint alors seize représentations, et en eut six autres à la reprise du 25 novembre de la même année. (Mouhy, _Abrégé de l'histoire du Théâtre Français._)]

[48: Louis-Anne de Lavirotte, né à Nolay (Côte-d'Or), en 1725, mort à Paris le 3 mai 1759, a publié, entre autres traductions, celle de l'_Exposition des découvertes physiques de Newton_, par Mac-Laurin (Paris, 1749, in-8).]

[49: Daniel Huet n'a rien écrit sous le titre de _Théologie_; peut-être Marmontel veut-il désigner sa _Demonstratio evangelica_ (1679, in-folio). Mais la traduction de l'abbé de Prades n'a pas vu le jour. Jean-Martin de Prades, né à Castel-Sarrazin en 1720, mort à Glogau en 1782, dut son éphémère célébrité à une thèse sur les miracles (1751), qui fit scandale, et dont Diderot rédigea la défense avec l'auteur et l'abbé Yvon.]

[50: L'un s'appelait l'abbé Debon et n'a pas laissé de traces dans l'histoire des lettres; le second, l'abbé Forest, a publié un _Almanach historique et chronologique du Languedoc_ (1752, in-8), que l'on consulte encore, et des _Mémoires contenant l'histoire des Jeux floraux_ (Toulouse, 1775, in-4°).]

[51: Ce n'est pas une simple note, mais tout un petit volume qu'il faudrait consacrer à la destinée bizarre, voluptueuse et tragique de cette Marie-Gabrielle Hévin de Navarre, tour à tour maîtresse de Maurice de Saxe, de Monet, de Marmontel,--sans parler des amants dont le nom lui échappait parfois au moment le moins opportun, comme on va le voir bientôt,--et, finalement, épouse légitime de Louis-Antoine de Mirabeau, frère de l'«Ami des hommes». À défaut d'une étude complète que Louis Paris avait annoncée et qu'il n'a pas publiée, on peut consulter, outre les présents _Mémoires_, ceux de Monet et de Grosley, quelques pages insuffisamment informées de L. de Loménie dans son livre sur les _Mirabeau_, enfin une notice de M. A. Joly, doyen de la faculté des lettres de Caen, sur _Mademoiselle Navarre, comtesse de Mirabeau_, d'après des documents inédits (Caen, 1880, in-8°, 56 p.), extraite des _Mémoires_ de l'Académie de cette ville.]

[52: Jean Monet, dans ses amusants et trop courts _Mémoires_ (Paris, 1772, 2 vol. in-8), a cité plusieurs lettres à lui adressées par Mlle Navarre, dont il prétend n'avoir été que l'ami. Ces lettres, charmantes de verve et de naturel, sont précisément datées de Reims et d'Avenay, où l'enchanteresse faisait chaque année un séjour plus ou moins prolongé.]

[53: Les deux éditions des _Poésies_ de Lattaignant (1750 et 1757) renferment plusieurs épîtres adressées à Mlle Navarre, mais non pas celle à laquelle Marmontel fait allusion ici, non plus qu'une autre épître à lui adressée par le chanoine, et dont une copie figurait dans un recueil manuscrit provenant de Viollet-le-Duc.]

[54: Il y a eu deux personnages de ce nom: Louis de Brancas, marquis de Céreste (1672-1750), maréchal de France en 1741, et Buffile-Hyacinthe-Toussaint de Brancas, comte de Céreste, dit comte de Brancas (1697-1754), tous deux diplomates et militaires. Le titre donné par Mlle Clairon à son interlocuteur fait supposer qu'il s'agit du premier.]

[55: Le 30 avril 1749. _Aristomène_ eut alors dix-sept représentations, momentanément interrompues après la sixième par l'indisposition de Roselly. Reprise le 1er décembre suivant, cette tragédie fut encore jouée onze fois. (Mouhy, _Abrégé de l'histoire du Théâtre français_.)]

[56: Voyez ci-dessus, note n° 40.]

[57: Alexandre-Jean-Joseph Le Riche de La Poupelinière (telle est la véritable orthographe de son nom), né à Paris en 1692, mort dans la même ville le 5 décembre 1762. Ses mésaventures conjugales l'ont rendu plus célèbre que ses goûts de Mécène et de «virtuose». Voyez le livre suivant.]

[58: J'avais cru tout d'abord que Marmontel faisait allusion à Madeleine-Céleste Fieuzal, fille de François Fieuzal, dit Durancy, et de Françoise-Maisne Dessuslefour, dite Darimath, baptisée le 23 mai 1746, à Saint-Laurent (De Manne, _Galerie de la troupe de Voltaire_); mais cette date ne saurait coïncider avec celle du séjour de Marmontel dans le quartier du Luxembourg, après sa rupture avec Mlle Navarre, c'est-à-dire vers 1749 ou 1750. Il sera question plus loin du début de la jeune Durancy à la Comédie-Française.]

[59: M. Ad. Jullien a cité, d'après Denizart (_Collection de décisions nouvelles et de notions relatives à la jurisprudence_), dans son étude sur le _Théâtre des demoiselles Verrière_ (1875, gr. in-8), le texte de l'acte de baptême de Marie-Aurore, présentée le 19 octobre 1748 en l'église Saint-Gervais-et-Saint-Protais, comme fille de Jean-Baptiste de La Rivière, bourgeois de Paris, et de Marie Rinteau, sa femme; mais, lorsqu'à l'âge de quinze ans elle accepta la main du comte de Horn, bâtard de Louis XV, elle se fit reconnaître pour fille naturelle de Maurice de Saxe. Restée veuve à seize ans, sans que, dit-on, le mariage ait été consommé, elle épousa, au mois de mars 1777, à Londres, dans la chapelle de l'ambassade française, Claude-Louis Dupin de Francueil, l'ancien amant de Mme d'Épinay. De cette union fort disparate, quant à l'âge des conjoints, naquit, le 13 janvier 1778, un fils qui fut le père de George Sand.]

[60: Il est à peine nécessaire, sans doute, de rappeler ici que ce surnom de Chantilly fut celui de Marie-Justine-Benoîte Cabaret-Duronceray, alias Mme Favart (1727-1772). Quant à Mlle Beauménard, dite _Gogo_ (rôle qu'elle jouait dans le _Coq du village_), et qui devint, en 1761, l'épouse légitime de Jean-Gilles Colleson, dit Bellecour, on peut consulter sur elle _le Colporteur_, de Chevrier, la _Galerie de la troupe de Voltaire_, de De Manne, et _les Comédiens du Roi de la troupe française_, de M. E. Campardon.]

[61: Thérèse des Hayes, fille de Marie-Anne Carton Dancourt, dite _Mimi_ Dancourt, et de Samuel Boulinon des Hayes, née vers 1713, morte à Paris en 1752.]

[62: Anne-Antoinette-Christine Somis, fille d'un musicien italien. Une note du duc de Luynes (27 avril 1745) nous la montre faisant sa partie, avec Jélyotte et Mlle Fel, dans un concert organisé par M. d'Ardore, ambassadeur de Naples, en l'honneur du mariage du Dauphin. Diderot a parlé de «cette folle de Mme Van Loo» et des distractions qu'elle lui causait pendant qu'il se faisait peindre par son neveu, Michel Van Loo. (Salon de 1767, _Oeuvres complètes_, éd. Assézat, tome XI.)]

[63: Le 28 novembre 1748.]

[64: Balot de Sauvot, reçu avocat en 1736, et plus tard bailli de Saint-Vrain (Seine-et-Oise), mort en 1761, avait retouché deux ballets, _Pygmalion_, de Lamotte (1748), et _Platée_, d'Autreau (1749), musique de Rameau, ce qui lui avait valu de la part de Voltaire le surnom de _Balot l'imagination._ Son seul titre à l'attention de la postérité est un _Éloge de Lancret_ (1743, in-8), réimprimé de nos jours, d'abord dans la _Revue universelle des Arts_ (tome XIII), puis par M. Jules Guiffrey (1874, in-8), avec notes et documents complémentaires.]

[65: On trouvera le texte de ce procès-verbal et celui d'une plainte de Mme de La Popelinière contre son mari pour coups et blessures (1746) dans un joli petit volume de M. Émile Campardon, _la Cheminée de Mme de La Popelinière_ (Charavay frères, 1879, in-16). M. Campardon y a également cité quelques-uns des couplets grivois qui circulèrent alors et décrit, d'après le _Journal_ de Barbier, les cheminées en carton et à ressorts que les «camelots» du temps vendaient aux curieux.]

[66: Préface de cette tragédie, jouée le 20 mai 1750.]

[67: Jouée pour la première fois le 24 mai 1752, et reprise le 27 novembre suivant, elle eut alors quatre représentations.]

[68: Dans la préface du _Théâtre_, éd. de 1787.]

[69: Rousseau (_Confessions_, livre X) prétend qu'il se fit de Marmontel un «irréconciliable ennemi», parce qu'en lui offrant un exemplaire de sa _Lettre à d'Alembert_, il écrivit sur le titre que ce n'était point pour l'auteur du _Mercure_, mais pour M. Marmontel. «Il n'a manqué depuis aucune occasion de me nuire dans la société et de me maltraiter indirectement dans ses ouvrages.» Jean-Jacques avait déjà noté le prétendu grief de Marmontel contre lui dans une lettre à Mme de Créquy (5 février 1761).]

[70: 1751, in-12.]

[71: Jouée le 5 février 1753, la tragédie d'_Égyptus_ n'eut qu'une seule représentation et ne fut pas imprimée.]

[72: Sur les excentricités et les bizarreries d'humeur du prince (et non comte) de Kaunitz, voir les _Souvenirs_ du baron de Gleichen, publiés par Paul Grimblot (L. Techener, 1868, in-12).]

[73: Florimond-Claude, comte de Mercy-Argenteau (1722-1794), ambassadeur d'Autriche à la cour de France de 1766 à 1790, dont les importantes correspondances officielles et secrètes ont été l'objet de publications dues à MM. d'Arneth, Geffroy et J. Flammermont.]

[74: Georges-Adam, comte de Starhemberg, né à Londres le 10 août 1724, mort en 1807, ambassadeur d'Autriche en France de 1756 à 1766.]

[75: Fils du feld-maréchal Frédéric-Henri, comte de Seckendorf (1673-1763).]

[76: Guillaume-Anne Keppel, lord Albemarle, mort à Paris le 22 décembre 1754, d'une attaque d'apoplexie. De son mariage avec Anne de Lenox, fille de Charles II, duc de Richmond, il avait eu cinq garçons et deux filles. Selon le duc de Luynes (XIII, 415), Mlle Louise Gaucher, dite Lolotte, était «une fille considérée en Angleterre et dont on avait toujours dit du bien»; son amant lui laissa un mobilier d'environ 20,000 écus. Les _Mémoires secrets_ (23 septembre 1782) l'accusent crûment d'avoir rempli le rôle d'espionne près de l'ambassadeur et prétendent que, de ce chef, elle toucha jusqu'à sa mort (1765) une pension de 12,000 francs que lui faisait le ministère.]

[77: Selon les _Mémoires_ de Dufort de Cheverny (I, 204), cet accident aurait eu lieu en 1757, à Bordeaux, et Mlle Lolotte serait venue elle-même à Bagnères, et non à Barèges, se guérir des suites d'un empoisonnement qui coûta la vie à neuf personnes. Antoine de Ricouard, comte d'Hérouville, lieutenant général (1713-1782), auteur du _Traité des légions_, publié d'abord sous le nom de Maurice de Saxe (1757, in-4°), avait eu de Lolotte deux filles, «bien mariées depuis», toujours suivant Dufort.

Diderot a fait allusion à cette liaison dans le dialogue intitulé: _Ceci n'est pas un conte_. La date du mariage de d'Hérouville et de Lolotte n'est pas connue.]

[78: Pierre-Louis-Marie Maloët (1730-1810), médecin de Mesdames Victoire et Sophie, et plus tard médecin consultant de Bonaparte.]

[79: Dans _Roland_, opéra, musique de Lully, paroles de Quinault.]

[80: _Acanthe et Céphise, ou la Sympathie_, pastorale héroïque, en trois actes, représentée le 18 novembre 1751. M. de Lajarte (_Bibliothèque musicale de l'Opéra_) n'indique pas le nombre de représentations, mais ajoute que cet ouvrage n'a jamais été repris.]

[81: _La Guirlande, ou les Fleurs enchantées_, opéra-ballet en un acte, fut donnée le 21 septembre 1751, et par conséquent avant _Acanthe et Céphise_.]

[82: Le ballet des _Sybarites_, ou de _Sibaris_ (titre que porte la partition manuscrite), forme la troisième partie des _Surprises de l'Amour_, dont Gentil-Bernard avait fourni à Rameau les deux premières (_Adonis_ et _Anacréon_). Les _Sybarites_ furent représentés le 12 juillet 1757.]

[83: Denis-François Tribou, né vers 1695, mort à Paris le 14 janvier 1761. Il avait, au moment de sa mort, la charge de théorbe de la musique du roi. Dans sa jeunesse, Tribou avait été l'amant de la duchesse de Bouillon et d'Adrienne Lecouvreur; la jalousie que la duchesse conçut de cette rivalité a fait peser sur la mémoire de celle-ci d'odieux soupçons touchant la mort mystérieuse de la grande tragédienne.]

[84: Pierre Jélyotte, né en 1713, mort en 1797. Un passage des _Mémoires_ de Dufort de Cheverny (II, 366) a permis à M. R. de Crèvecoeur de rectifier ces deux dates, inexactement connues jusqu'alors.]

[85: Jacques-Bernard de Chauvelin (1701-1767), maître des requêtes, en 1728, intendant d'Amiens en 1731 et intendant des finances en 1753, frère aîné de l'abbé Henri-Philippe de Chauvelin, dont il a été question plus haut, et du marquis François-Claude de Chauvelin, ancien ambassadeur de France à Tunis, mort subitement le 24 juin 1773, à la table de jeu de Louis XV.]

[86: Collé (_Journal_, éd. Bonhomme, I, 184) dit que ce fut le 23 juin 1750 que Thiriot lui communiqua les vers de Frédéric et la réponse de d'Arnaud. Marmontel, en racontant à près de cinquante ans de distance la scène dont il prétend avoir été le témoin, cite incorrectement les deux vers du roi. L'autographe, qui a passé, en 1868, dans la vente du docteur Michelin (de Provins) porte:

_Ainsi le couchant d'un beau jour Promet une plus belle aurore_.

De plus, ce n'est pas Frédéric qui répondit à d'Arnaud, mais d'Arnaud qui, dans son remerciement, esquivait avec assez d'adresse la comparaison:

_Grand roi, Voltaire à son couchant Vaut mieux qu'un autre à son aurore_. ]