Mémoires de l'Impératrice Catherine II. Écrits par elle-même
Part 24
Après les fêtes de ma naissance et du couronnement de l’Impératrice, qui étaient à quatre jours d’intervalle, je restai encore sans sortir de ma chambre, jusqu’à ce que le comte Poniatowsky me fit parvenir l’avis que l’ambassadeur de France, marquis de l’Hôpital, donnait beaucoup de louanges à la conduite ferme que j’avais, et disait que cette résolution de ne pas sortir de ma chambre ne pouvait tourner qu’à mon avantage. Alors, prenant ce propos pour un éloge perfide d’un ennemi, je pris la résolution de faire le contraire de ce qu’il louait, et un dimanche, lorsqu’on s’y attendait le moins, je m’habillai et sortis de mon appartement intérieur. Au moment que j’entrai dans l’appartement où se tenaient les dames et cavaliers, je vis leur étonnement et leur surprise de me voir. Quelques instants après mon apparition le grand-duc arriva. Je vis son étonnement aussi, peint sur sa physionomie, et comme je parlais à la compagnie, il se mêla de la conversation, et m’adressa quelques paroles aux quelles je répondis avec honnêteté.
Pendant ce temps-là, le prince Charles de Saxe était venu pour la seconde fois à St Pétersbourg. Le grand-duc l’avait assez cavalièrement reçu la première fois, mais cette seconde fois Son Altesse Impériale se croyait autorisé de ne garder avec lui aucune mesure, et voici pourquoi. A l’armée russe, ce n’était pas un secret qu’à la bataille de Zorndorf le prince Charles de Saxe avait été un des premiers à fuir; on disait même qu’il avait poussé cette fuite sans s’arrêter jusqu’à Landsberg. Or Son Altesse Impériale, ayant entendu cela, prit la résolution qu’en qualité de poltron avéré il ne lui parlerait plus, ni ne voulait avoir affaire avec lui. A ceci il y a toute apparence que la princesse de Courlande, fille de Biren, dont j’ai déjà souvent eu l’occasion de parler, ne contribuait pas peu, parcequ’on commençait alors à chuchoter que le projet était de faire le prince Charles de Saxe, duc de Courlande. Le père de la princesse de Courlande était toujours retenu à Yaroslav. Elle communiquait son animosité au grand-duc, sur lequel elle avait conservé une sorte d’ascendant. Cette princesse était alors promise, pour la troisième fois, au baron Alexandre Tcherkassoff, qu’elle épousa effectivement l’hiver après.
Enfin, peu de jours avant que d’aller à la campagne, le comte Alexandre Schouvaloff vint me dire, de la part de l’Impératrice, que je devais demander par lui, cette après-dîner, à aller voir mes enfants, et qu’alors, en sortant de chez eux, j’aurais cette seconde entrevue avec Sa Majesté Impériale, depuis si longtemps promise. Je fis ce qu’on me dit, et, en présence de beaucoup de monde, je dis au comte Schouvaloff de demander à Sa Majesté Impériale la permission d’aller voir mes enfants. Il s’en alla, et quand il revint il me dit qu’à trois heures je pouvais y aller. Je fus très exacte à m’y rendre. Je restai chez mes enfants jusqu’à ce que le comte Schouvaloff vint me dire que Sa Majesté était visible. J’allai chez elle. Je la trouvai toute seule, et pour le coup il n’y avait point d’écrans dans la chambre, par conséquent elle et moi nous pûmes parler en liberté. Je commençai par la remercier de l’audience qu’elle me donnait, lui disant que la promesse seule très gracieuse qu’elle avait bien voulu m’en faire, m’avait rappelée à la vie. Ensuite de quoi elle me dit: «J’exige que vous me disiez vrai sur tout ce que je vous demanderai.» Je lui répondis par l’assurer qu’elle n’entendrait que la plus exacte vérité de ma bouche, et que je ne demandais pas mieux que de lui ouvrir mon cœur sans restriction aucune. Alors elle me demanda de rechef si réellement il n’y avait eu que ces trois lettres écrites à Apraxine. Je le lui jurai, avec la plus grande vérité, comme en effet la chose était. Puis elle me demanda des détails sur la vie du grand-duc..............
JEAN CHILDS ET FILS, IMPRIMEURS.
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NOTES:
[A] Voir Memoirs of the Princess Daschkow. London. Trübner, 1858.
[B] Du développement des idées révolutionnaires en Russie. 2 Ed. Londres, 1853.
[C] officiel?
[D] diplomatique?
[E] rancune?
[F] Devierre?
[G] montagnes russes?
[H] Dartres?
[I] éveillée?
[J] chambre?
[K] Tafeldecker?
[L] rancune?
[M] Sotte (DOURA, en russe).
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On a effectué les corrections suivantes:
cruanté=> cruanté {pg ix}
premières annés=> premières années {pg 3}
Enfin le 29 aout=> Enfin le 29 août {pg 21}
tout ce automne=> tout cet automne {pg 21}
traineaux=> traîneaux {pg 25}
Ma mère sa fâcha=> Ma mère sea fâcha {pg 26}
par un salle commune=> par une salle commune {pg 27}
fort gènée=> fort gênée {pg 28}
ame qui vive=> âme qui vive {pg 38}
tout la cour=> toute la cour {pg 38}
finît=> finit {pg 40}
inouis=> inouïs {pg 44}
ou habitait=> où habitait {pg 48}
feras plaisir=> ferais plaisir {pg 54}
marionettes=> marionnettes {pg 54}
et se courrouca de=> et se courrouça de {pg 58}
l’après dinée=> l’après dîner {pg 62}
l’ainé=> l’âiné {pg 63}
Timothée Yéreinoff=> Timothée Yéveinoff {pg 64}
après-diners=> après-dîners {pg 65}
l’après-diner=> l’après-dîner {pg 66}
Zarskoé-sélo.=> Zarskoé-Sélo. {pg 73}
etait=> était {pg 80}
le crainte=> de crainte {pg 80}
Ce train de vie continua tant à la campagne qu’à ville=> Ce train de vie continua tant à la campagne qu’à la ville {pg 82}
même au domestiques=> même aux domestiques {pg 83}
je faiais=> je faisais {pg 86}
il nous y avait logé cette=> il nous y avait logés cette {pg 88}
trainait=> trainaît {pg 97}
dinaient=> dînaient {pg 105}
au gens=> aux gens {pg 106}
précisement=> précisément {pg 108}
exercise détestable=> exercice détestable {pg 108}
etait attenante=> était attenante {pg 109}
Ne pouvent supporter=> Ne pouvant supporter {pg 109}
ce temps-lâ=> ce temps-là {pg 109}
puiné=> puîné {pg 112}
degrès=> degrés {pg 115}
common=> commun {pg 129}
la pomade=> la pommade {pg 137}
alors on vit=> alors on vît {pg 137}
ne négligaient=> ne négligeaient {pg 154}
pour régle=> pour règle {pg 155}
la galerie, ou je=> la galerie, où je {pg 156}
A dire la verité=> A dire la vérité {pg 156}
ainée=> âinée {pg 162}
Après pâques=> Après Pâques {pg 172}
addressait=> adressait {pg 174}
égoistes=> égoïstes {pg 178}
pour rémédier=> pour remédier {pg 184}
ou elle en voulait venir=> où elle en voulait venir {pg 187}
mon reveil=> mon réveil {pg 198}
inouie=> inouïe {pg 202}
la génerale Matiouchkine=> la générale Matiouchkine {pg 206}
ayant apris qu’elle=> ayant appris qu’elle {pg 209}
jusqu’au dents=> jusqu’aux dents {pg 201}
courait la ville et amusaient=> courait la ville et amusait {pg 229}
Broekdorf chez ces filles=> Brockdorf chez ces filles {pg 231}
chateau=> château {pg 236}
plus de sureté=> plus de sûreté {pg 244}
le comte Bruhl=> le comte Brühl {pg 255}
que m’avait inspiré=> que m’avait inspirés {pg 267}
ses yeux étaients=> ses yeux étaient {pg 267}
l’ainé=> l’âiné {pg 275}
passionément=> passionnément {pg 280}
rendu au troupes russes=> rendu aux troupes russes {pg 281}
il jettait et brûlait=> il jetait et brûlait {pg 283}
a être persuadé=> à être persuadé {pg 284}
l’avais empéché=> l’avais empêché {pg 287}
les fonds de baptême=> les fonts de baptême {pg 304}
consideration=> considération {pg 321}
Il est vrai que jai=> Il est vrai que j’ai {pg 342}
rémédier=> remédier {pg 331}
le relàche=> le relâche {pg 332}
rêduite=> réduite {pg 333}
réprésenta à l’Impératrice=> représenta à l’Impératrice {pg 338}