Mémoires d'Outre-Tombe, Tome 4

Chapter 39

Chapter 393,404 wordsPublic domain

À dix heures et demie, nous nous rendîmes au Château. Nous voulions d'abord faire notre cour à MONSIEUR. Le premier salon du pavillon Marsan était à peu près vide; quelques personnes entrèrent successivement et semblaient embarrassées. Un aide de camp de MONSIEUR nous dit: «Monsieur le vicomte, je n'espérais pas vous rencontrer ici; n'avez-vous rien reçu?» Nous lui répondîmes: «Non, que pouvions-nous recevoir?» Il répliqua: «J'ai peur que vous ne le sachiez bientôt.» Là-dessus, comme on ne nous introduisit point chez MONSIEUR, nous allâmes ouïr la musique à la chapelle.

Nous étions tout occupé des beaux motets de la fête, lorsqu'un huissier vint nous dire qu'on nous demandait. Nous suivîmes l'huissier, il nous conduit à la salle des Maréchaux. Nous y trouvons notre secrétaire, Hyacinthe Pilorge. Il nous remit la lettre de M. de Villèle et l'ordonnance royale, en nous disant: «Monsieur n'est plus ministre» M. le duc de Rauzan, directeur des affaires politiques, avait ouvert le paquet pendant notre absence et n'avait osé nous l'apporter[425]...

[Note 425: _Congrès de Vérone_, t. II, p. 389.]

L'ordonnance royale, qui chargeait M. de Villèle _par intérim_ du portefeuille des Affaires étrangères, en remplacement de M. de Chateaubriand, se terminait ainsi: «Donné à Paris, en notre château des Tuileries, _le 6 juin_ de l'an de grâce 1824».

C'est le dimanche 6 juin que Chateaubriand se présente aux Tuileries; l'ordonnance qui le renvoie du ministère est de ce même jour; elle n'a donc pas pu être portée chez lui la veille au soir. Que devient, en présence de ce fait indéniable, de cette date incontestée, le récit du duc Victor de Broglie? Que deviennent les bruits, les insinuations recueillis dans son livre? J'ai déjà rappelé, dans une des notes de ce volume, le mot d'un ami de Mme de Staël, la belle-mère de l'auteur des _Souvenirs_, cette parole du duc de Laval-Montmorency, disant un jour: «Les dates! c'est peu élégant!» C'est peu élégant, sans doute, mais c'est quelquefois bien utile.

Non content d'aimer les dates exactes, j'ai un autre faible, je l'avoue, au risque de paraître décidément _peu élégant_: j'aime les démonstrations complètes. On me permettra donc, pour achever celle que j'ai entreprise, de faire encore une citation. Je l'emprunte aux carnets de M. de Villèle:

_Le 6 juin_, jour de la Pentecôte, je fus mandé _à dix heures du matin_ chez le roi. Je m'y rendis, et à peine la porte du cabinet était-elle fermée, qu'il me dit: «Villèle, Chateaubriand nous a trahis[426]... Je ne veux pas le voir ici à ma réception d'après la messe. Faites l'ordonnance de son renvoi, qu'on le cherche partout et qu'on la lui remette à temps. Je ne veux pas le voir à ma réception.» Je représentai au roi la brièveté du temps. Il me fit dresser l'ordonnance sur son propre bureau, ce qu'il n'aurait jamais fait dans une autre occasion. Il la signa, j'allai l'expédier. On ne trouva plus M. de Chateaubriand chez lui. _Il était déjà dans les appartements de S. A. R. Monsieur, attendant la sortie du prince pour lui présenter ses hommages._ Ce fut là seulement qu'on put lui remettre l'ordre du roi qui le révoquait de ses fonctions[427].

[Note 426: Chateaubriand avait refusé de défendre à la Chambre des pairs le projet de loi sur la conversion de la rente, projet qui fut rejeté à la majorité de 120 voix contre 105.]

[Note 427: Cet extrait des carnets de M. de Villèle a été publié par Alfred Nettement, dans son _Histoire de la Restauration_, t. VI, p. 70.]

VIII

LA MORT DU DUC MATHIEU DE MONTMORENCY[428]

[Note 428: Ci-dessus, p. 330.]

Le 24 mars 1826, jour du Vendredi-Saint, malgré les fatigues d'un grave étourdissement qui l'avait frappé dans la rue du Bac, la semaine précédente, le duc Mathieu de Montmorency voulut aller prier au tombeau dressé dans sa paroisse. Il vint à Saint-Thomas d'Aquin, dans l'après-midi; mais à peine s'était-il agenouillé pour adorer la croix, qu'il perdit connaissance: il chancela, on accourut près de lui, il n'était plus.

Voulant s'associer à la douleur de Mme Récamier, qui perdait en M. Mathieu de Montmorency le plus ancien et le plus fidèle de ses amis, Chateaubriand composa pour elle une pièce que Madame Lenormant nous a conservée. «Le titre, dit Mme Lenormant (tome II, page 210), est au pluriel dans l'original, ce qui laisse supposer le projet d'autres compositions analogues; mais nous croyons être sûre que cette pièce est la seule de ce genre que M. de Chateaubriand ait écrite.»

PRIÈRES CHRÉTIENNES

POUR QUELQUES AFFLICTIONS DE LA VIE.

_Pour la perte d'une personne qui nous était chère._

J'ai senti que mon âme s'ennuyait de la vie, parce qu'il s'y est formé un grand vide, et que la créature qui remplissait mes jours a passé.

Mon Dieu! pourquoi m'avez-vous enlevé _celui_ ou celle qui m'était chère?

Heureux celui qui n'est jamais né, car il n'a pas connu les brisements du coeur et les défaillances de l'âme. Que vous ai-je fait, ô Seigneur, pour me traiter ainsi? Notre amitié, nos entretiens, l'échange mutuel de nos coeurs, n'étaient-ils pas pleins d'innocence? Et pourquoi appesantir ainsi votre main puissante sur un vermisseau? Ô mon Dieu! pardonnez à ma douleur insensée! Je sens que je me plains injustement de votre rigueur. Ne vous avais-je pas oublié pendant le cours de cette amitié trompeuse; ne portais-je pas à la créature un amour qui n'est dû qu'au créateur? Votre colère s'est animée en me voyant épris d'une poussière périssable; vous avez vu que j'avais embarqué mon coeur sur les flots, que les flots, en s'écoulant, le déposeraient au fond de l'abîme.

Être éternel, objet qui ne finit point et devant qui tout s'écroule, seule réalité permanente et stable, vous seul méritez qu'on s'attache à vous; vous seul comblez les insatiables désirs de l'homme que vous portez dans vos mains. En vous aimant, plus d'inquiétudes, plus de crainte de perdre ce qu'on a choisi. Cet amour réunit l'ardeur, la force, la douceur et une espérance infinie. En vous contemplant, ô beauté divine! on sent avec transport que la mort n'étendra jamais ses horribles ombres sur vos traits divins.

Mais, ô miracle de bonté! je retrouverai dans votre sein l'ami vertueux que j'ai perdu! Je l'aimerai de nouveau par vous et en vous, et mon âme entière, en se donnant, se retrouvera unie à celle de mon ami. Notre attachement divin partagera alors votre éternité.

IX

CHATEAUBRIAND ET LE MINISTÈRE MARTIGNAC[429]

[Note 429: Ci-dessus, p. 359]

La lutte très vive à laquelle avait donné lieu, au début de la session de 1828, la vérification des pouvoirs, l'élection de M. Royer-Collard à la présidence de la Chambre, la nomination de la commission chargée de la rédaction de l'adresse au roi, commission dont la majorité était hostile au précédent ministère, avaient créé pour Mgr de Frayssinous et M. de Chabrol, qui avaient fait partie du ministère Villèle, une situation difficile au sein du nouveau cabinet comme devant les Chambres. Hommes de tact et d'honneur, ils ne voulurent pas devenir un embarras et, le 3 mars 1828, ils offrirent leur démission, qui fut acceptée.

On était à la veille de la discussion de l'adresse. Comprenant qu'au premier jour la majorité ne serait plus avec eux, les ministres supputèrent les voix dont ils pouvaient disposer et présentèrent au roi le résultat de leur calcul. Charles X en fut effrayé, et il fut décidé qu'une démarche serait faite près de Chateaubriand pour lui demander de donner son appui au cabinet, en acceptant le ministère de la marine, laissé vacant par la retraite de M. de Chabrol. Mgr Feutrier, évêque de Beauvais, devait remplacer Mgr de Frayssinous. Mais je dois ici laisser la parole à un témoin particulièrement bien informé. M. Hyde de Neuville:

Quoique la marine, dit-il, ne fût certes point un poste secondaire, néanmoins j'envisageai qu'il ne pouvait convenir à M. de Chateaubriand qu'en y ajoutant la présidence du Conseil. Par suite, je ne voulus pas me mêler aux différentes démarches tentées près de lui, persuadé qu'une secrète irritation que j'avais cru remarquer ne disparaîtrait qu'en face d'une proposition catégorique qui lui prouverait que son admission avait été pleinement consentie par le roi. Mais un mot ambigu, comme tout ce qu'écrivait Laborie avec son écriture illisible, me donna l'espoir que mon idée avait cours parmi les projets mis en avant. Je crus à un succès presque certain, et je me rendis chez Chateaubriand pour vaincre, s'il le fallait, une dernière résistance.

La soirée était avancée, et je le trouvai retiré dans son appartement. On m'annonça; il vint à moi avec cet oeil brillant et ce front dégagé des nuages qui le couvraient depuis quelque temps.

--Eh bien, me dit-il, la marine, est-ce fait?

--Je vous le demande, répondis-je, ce serait le plus cher de mes voeux.

Cette réponse, qui mit entre nous un moment de silence, fut rompue par de bonnes et chaleureuses paroles de mon interlocuteur.

Quel ne fut pas mon étonnement lorsqu'il me dit qu'il avait refusé positivement le poste qui lui avait été offert et m'avait désigné pour le remplir! «Chose acceptée et qui vous sera communiquée demain», ajouta-t-il.

«Réfléchissez, je vous en conjure, lui dis-je, que mon entrée au ministère ne le consolidera en aucune façon. Nous perdons en ce moment la seule chance possible de sauver le ministère et peut-être la couronne. Vous savez bien d'ailleurs que ce ne sont pas ceux qui montent à l'assaut qui plantent le drapeau au jour de la victoire. Laissons un nom comme le vôtre lui donner le baptême de la popularité.»

Rien ne put persuader mon illustre ami, et je rentrai chez moi fort troublé, n'ayant jamais songé à être appelé à ce périlleux devoir, dont les dangers dépassent les honneurs, quand on les envisage au point de vue de la responsabilité.[430]

[Note 430: _Mémoires et Souvenirs du baron Hyde de Neuville_, t. 111, p. 377.]

Hyde de Neuville dut céder, et, le 5 mars, il prêtait serment entre les mains du roi,[431] avec Monseigneur Feutrier, nommé ministre des cultes.

[Note 431: «Quoique irrité contre M. Hyde de Neuville, que son amitié pour Chateaubriand et la fougue de son caractère avaient jeté à la tête de la défection royaliste dans la Chambre, la vieille affection pour ce serviteur dévoué des mauvais jours prévalut dans l'esprit du Roi sur des mécontentements passagers; il l'appela à la place de M. de Chabrol au ministère de la marine. On ne pouvait conférer à des mains plus chevaleresques la dignité du pavillon de la France ni la sécurité de la couronne à un coeur plus fidèle.»--LAMARTINE, _Histoire de la Restauration_, tome VIII, page 128.]

En désignant M. Hyde de Neuville pour faire partie du ministère, Chateaubriand n'entendait pas très certainement renoncer lui-même à y entrer. Il croyait, comme son ami, que la popularité de son nom pourrait seule sauver la couronne et son ambition se confondait ici avec les véritables intérêts du pays. Le 15 mars, il adressait à M. Hyde de Neuville la lettre suivante:

_Samedi, 15 mars 1828._

Il paraît, mon cher ami, que vous allez parler de mon entrée au Conseil sans portefeuille (_ministre secrétaire d'État, membre du conseil de vos ministres_). Si l'on fait quelque chose pour moi, l'entrée au Conseil est une réparation qui m'est due, sans quoi on aurait l'air de sanctionner la manière brutale dont j'en ai été écarté; vous surtout, mon ami, étant là et n'ayant pas même pu prendre mon parti et plaider ma cause.

Une fois _ministre secrétaire d'État_, on fera de moi ce que l'on voudra pour le meilleur service du Roi; mais il n'est pas question de cela dans ce moment. Le premier pas, si on veut le faire, est mon entrée _immédiate_ auprès de vous au Conseil. On me trouvera bon coucheur, je ne prends pas de place et ne me mêle que de mon affaire.

Je dis entrée _immédiate_, voici pourquoi: ma position n'est plus tenable; je suis, d'une part, regardé comme étant déjà ministre et obligé de répondre que je ne le suis pas, ce qui devient ridicule au dernier point; d'une autre part, tout le parti immense qui s'appuie sur moi, gronde, me reproche mes politesses, prétend qu'on se moque de moi et me pousse violemment à l'opposition.

J'épuise mes forces dans ce double combat; il faut que je prenne bientôt une résolution; vous connaissez les exigences des partis, on ne tergiverse pas longtemps avec eux.

Voilà, mon cher ami, les raisons à exposer; que vos collègues disent _oui_ ou _non_. Me veulent-ils ou ne me veulent ils pas? S'ils me veulent, obtenez que l'ordonnance paraisse sans se faire attendre, pour décider ma douteuse position et me faire sortir de la race amphibie pour laquelle la nature ne m'a pas fait du tout. Je remets le tout entre vos mains.

Faites-moi dire des nouvelles de Madame de Neuville: elle est aussi bien que possible, m'assure-t-on; si ma pauvre femme n'était presque toujours dans son lit, elle irait savoir des nouvelles de la vôtre.

CHATEAUBRIAND.

Cette lettre, dans laquelle perçait un mécontentement visible, émut fort M. Hyde de Neuville qui, dès le lendemain, recevait de son illustre ami une nouvelle missive.

_Dimanche, midi, 16 mars 1828._

Je viens de demander l'audience, mon cher ami. Dieu sait ce qu'elle produira, mais j'ai fait quelques réflexions que je dois vous communiquer. Si j'entre, il faut que j'entre seul; c'est alors une distinction particulière; avec deux collègues sans portefeuille, je m'amoindris: c'est un plan, un système; ce que je peux valoir disparaît; ce n'est pas moi qu'on a appelé, c'est trois personnes. Ces personnes très honorables qu'on pourrait m'adjoindre viendront ensuite; je dois commencer. Tenons-nous-en là.

Mais pour dire la vérité, mon cher ami, je crains que ce ne soit là que des demi-partis toujours funestes en dernier résultat. Faites recréer la maison du Roi en conservant même La Bouillerie, comme M. de Pradel était auprès de M. de Blacas. _Prenez vite Casimir Perier_, donnez les postes à Delalot avec entrée au Conseil; les forêts à Bertin de Vaux; et, si vous pouviez, Sébastiani à la guerre, tout serait dit et le triomphe assuré. Songez-y sérieusement; un effort, j'en suis persuadé, réussirait. Si vous attendez, la majorité vous échappera, et vous serez tous enveloppés dans une même catastrophe.

Mon cher ami, je vous aime trop pour vous flatter. J'ai contribué à vous mettre où vous êtes; je serais au désespoir de vous y voir périr. Prenez garde au sommeil des ministres, à la faiblesse de vos appuis, à la fascination du pouvoir; j'y ai été pris. Retirez-vous mille fois plutôt que de vous exposer à une chute. Si vous parlez ferme et clair, on vous donnera qui vous voudrez: l'avenir est entre vos mains. Mais les Chambres, les journaux, l'opinion générale pressent les événements; ne croyez pas que vous ayez du temps devant vous. Je vous en avertis de bonne heure, pour ne pas vous parler trop tard.

À vous pour la vie,

CHATEAUBRIAND.

Chateaubriand, ministre secrétaire d'État, membre du conseil des ministres, Casimir Perier à l'intérieur, Sébastiani à la guerre--c'était le salut. Il était permis de l'espérer, puisqu'aussi bien Charles X ne se refusait pas à l'idée d'introduire dans le gouvernement quelques hommes comme M. Casimir Perier. La combinaison cependant n'aboutit pas, et, le 22 mars, Chateaubriand adressait à Hyde de Neuville cette dernière lettre:

_Samedi matin, 22 mars 1828._

Réflexions faites, mon cher ami, il vaut mieux que je n'aille pas chez vous ce soir: on parle toujours mal de soi, et moi plus qu'un autre. D'ailleurs, qu'ai-je à dire que vous ne connaissiez? J'avais déjà peu d'ardeur pour entrer dans le Conseil, et, depuis l'audience d'hier, elle est encore singulièrement refroidie. Néanmoins, à cause de vous et pour vous seul, j'entrerai sans portefeuille, si vos collègues le veulent et montent à l'assaut.

Voilà tout, vous savez cela et vous le direz à merveille. Souvenez-vous bien seulement qu'après lundi, je ne suis plus maître de retenir personne, et la guerre continuera malgré moi.

Je serais, je vous assure, mon cher ami, très effrayé pour vous si je ne savais que vous avez toujours pour vous sauver, quand il en sera temps, le moyen d'une retraite qui ne fera qu'augmenter votre réputation d'homme de bien et de courage. Comme le ministère est constitué, il n'ira pas à la fin de la session; vous ne devez pas tomber avec lui. Votre démission isolée, ou vous rendra maître de tout, ou vous sauvera du naufrage commun. Qu'arrivera-t-il après la chute du ministère actuel? Un ministère de mes ci-devant amis mêlés des amis de M. de Villèle.

Je le crois, ce ministère amènera un mouvement politique; mais rien que la peur, si elle s'en mêle, ne me parait pouvoir empêcher cet événement, d'après ce que j'ai vu hier.

Ainsi donc, quand vous aurez fait tout ce que vous aurez pu pour éclairer le Roi, pour amener le bien, vous déclarerez n'avoir accepté le portefeuille avec une grande répugnance que dans l'espoir d'arranger les choses et pour ne pas laisser le Roi dans l'embarras, sans appui et sans conseil; que votre espoir ayant été trompé, vous vous retirez satisfait d'avoir rempli un devoir pénible.

Votre position politique reste ainsi admirable, et vous grandissez encore dans l'opinion publique.

Vous voyez, mon cher ami, que je suis beaucoup plus occupé de vous que de moi.

Tout à vous,

CHATEAUBRIAND.[432]

[Note 432: _Mémoires et Souvenirs du baron Hyde de Neuville_, t. III, pages 377 à 395.]

TABLE DES MATIÈRES

TROISIÈME PARTIE

LIVRE V

_Les Cent-Jours à Paris._ Effet du passage de la légitimité en France. -- Étonnement de Bonaparte. -- Il est obligé de capituler avec les idées qu'il avait crues étouffées. -- Son nouveau système. -- Trois énormes joueurs restés. -- Chimères des libéraux. -- Clubs et fédérés. -- Escamotage de la République: l'Acte additionnel. -- Chambre des représentants convoquée. -- Inutile Champ de Mai. -- Soucis et amertumes de Bonaparte. -- Résolution à Vienne. -- Mouvement à Paris. -- Ce que nous faisions à Gand. -- M. de Blacas. -- Bataille de Waterloo. -- Confusion à Gand. -- Quelle fut la bataille de Waterloo. -- Retour de l'Empereur. -- Réapparition de La Fayette. -- Nouvelle abdication de Bonaparte. -- Scènes orageuses à la Chambre des Pairs. -- Présages menaçants pour la seconde Restauration. -- Départ de Gand. -- Arrivée à Mons. -- Je manque ma première occasion de fortune dans ma carrière politique. -- M. de Talleyrand à Mons. Scène avec le roi. -- Je m'intéresse bêtement à M. de Talleyrand. -- De Mons à Gonesse. -- Je m'oppose avec M. le comte Beugnot à la nomination de Fouché comme ministre: mes raisons. -- Le duc de Wellington l'emporte. --Arnouville. -- Saint-Denis. -- Dernière conversation avec le roi. 1

LIVRE VI

Bonaparte à la Malmaison. -- Abandon général. -- Départ de la Malmaison. -- Rambouillet. -- Rochefort. -- Bonaparte se réfugie sur la flotte anglaise. -- Il écrit au prince régent. -- Bonaparte sur le _Belléphoron_. -- Torbay. -- Acte qui confine Bonaparte à Sainte-Hélène. -- Il passe sur le _Northumberland_ et fait voile. --Jugement sur Bonaparte. -- Caractère de Bonaparte. -- Si Bonaparte nous a laissé en renommée ce qu'il nous a ôté en force. -- Inutilité des vérités ci-dessus exposées. -- Île de Sainte-Hélène. -- Bonaparte traverse l'Atlantique. -- Napoléon prend terre à Sainte-Hélène. --Son établissement à Longwood. -- Précautions. -- Vie à Longwood. --Visites. -- Manzoni. -- Maladie de Bonaparte. -- Ossian. -- Rêveries de Napoléon à la vue de la mer. -- Projets d'enlèvement. -- Dernière occupation de Bonaparte. -- Il se couche et ne se relève plus. -- Il dicte son testament. -- Sentiments religieux de Napoléon. --L'aumônier Vignale. -- Napoléon apostrophe Antomarchi, son médecin. --Il reçoit les derniers sacrements. -- Il expire. -- Funérailles. --Destruction du monde napoléonien. -- Mes derniers rapports avec Bonaparte. -- Sainte-Hélène depuis la mort de Napoléon. -- Exhumation de Bonaparte. -- Ma visite à Cannes. 61

LIVRE VII

Changement du monde. -- Années de ma vie 1815, 1816. -- Je suis nommé pair de France. -- Mon début à la tribune. -- Divers discours. --_Monarchie selon la Charte._ -- Louis XVIII. -- M. Decazes. -- Je suis rayé de la liste des ministres d'État. -- Je vends mes livres et ma Vallée. -- Suite de mes discours en 1817 et 1818. -- Réunion Piet. --Le _Conservateur_. -- De la morale des intérêts matériels et de celle des devoirs. -- Année de ma vie 1820. -- Mort du duc de Berry. --Naissance du duc de Bordeaux. -- Les dames de la halle de Bordeaux. --Je fais entrer M. de Villèle et M. de Corbière dans leur premier ministère. -- Ma lettre au duc de Richelieu. -- Billet du duc de Richelieu et ma réponse. -- Billets de M. de Polignac. -- Lettres de M. de Montmorency et de M. Pasquier. -- Je suis nommé ambassadeur à Berlin. -- Je pars pour cette ambassade. 127

LIVRE VIII

Année de ma vie 1821. -- Ambassade de Berlin. -- Arrivée à Berlin. --M. Ancillon. -- Famille royale. -- Fêtes pour le mariage du grand-duc Nicolas. -- Société de Berlin. -- Le comte de Humboldt. -- M. de Chamisso. -- Ministres et ambassadeurs. -- La princesse Guillaume. --L'Opéra. -- Réunion musicale. -- Mes premières dépêches. -- M. de Bonnay. -- Le Parc. -- La duchesse de Cumberland. -- Mémoire commencé sur l'Allemagne. -- Charlottenbourg. -- Intervalle entre l'ambassade de Berlin et l'ambassade de Londres. -- Baptême de M. le duc de Bordeaux. -- Lettre à M. Pasquier. -- Lettre de M. de Bernstorff. --Lettre de M. Ancillon. -- Dernière lettre de Madame La duchesse de Cumberland. -- M. de Villèle, ministre des finances. -- Je suis nommé à l'ambassade de Londres. 179

LIVRE IX