Mémoires d'Outre-Tombe, Tome 3

Part 43

Chapter 433,359 wordsPublic domain

Le comte Regnaud de Saint Jean d'Angély se plaça surtout au point de vue politique. Il reprocha à l'auteur les choses les plus disparates, l'irrévérence envers la Révolution, la froideur pour l'Empire, d'avoir appelé l'Encyclopédie une Babel des sciences et de la raison, d'avoir blâmé le divorce comme portant le désordre au sein des familles, d'avoir dit qu'une des fêtes du culte catholique, la bénédiction de la terre, choqua «cette Convention qui avait fait alliance avec la mort, parce qu'elle était digne d'une telle société.» Ailleurs, le comte Regnaud s'étonnait des éloges décernés par Chateaubriand au pape Pie VII, tandis «que cet auteur, ajoutait-il, n'a encore parlé nulle part, que je sache, de la bienveillance et de la bonté du Monarque qui lui a rendu sa patrie et lui a permis _la célébrité_, en attendant qu'il obtînt la gloire!» Ailleurs encore il se plaignait que, dans plusieurs chapitres, «l'amertume de cruels souvenirs ne fût adoucie par aucun retour reconnaissant vers le Pouvoir régénérateur qui, dès lors, avait relevé les autels et permis à l'étendard sacré de la Religion de marcher, entouré de respect, au milieu des aigles françaises triomphantes, et faisant hommage de la victoire au Dieu des armées.» M. Regnaud terminait en ces termes ces considérations, que l'esprit de parti avait seul dictées: C'est un droit pour l'Académie d'examiner si _l'esprit de parti_ n'a pas eu une part considérable dans le succès de l'auteur et un devoir pour elle de le déclarer, si elle le reconnaît.»

M. Lacretelle aîné--ce qui ne surprit personne,--M. l'abbé Sicard--ce qui avait lieu d'étonner--se prononcèrent tous les deux contre le _Génie du christianisme_ avec une extrême sévérité, et dans un style qui n'était même pas un style de seconde classe.

Le comte Daru fut mieux inspiré. Il ne ménagea pas les critiques à l'ouvrage, mais il reconnut le talent. Il s'honora en notant avec complaisance les supériorités si diverses dont le livre abonde: «dans telle partie, parce que toutes les pensées sont d'un ordre élevé, les sentiments nobles, les vues littéraires neuves et pleines de sagacité, l'élocution libre et fière; dans une autre partie, parce que l'ouvrage mérite, pour l'ordre, la clarté, la justesse, des éloges presque sans restrictions, et qu'on y trouve, à la fois, plus de simplicité et plus d'éloquence, de belles formes de style, des tableaux de la nature riches de couleurs, les peintures énergiques de nos passions, des descriptions charmantes, des pensées aussi vraies que profondes, des sentiments élevés et des passages admirables.»

L'Académie termina le débat le 13 février 1811. Sa résolution portait «que le _Génie du christianisme_ avait paru à la classe défectueux, quant au fond et au plan; que, malgré les défauts remarqués dans le plan et aussi dans l'exécution de l'ouvrage, la classe avait reconnu un talent très distingué de style, de nombreux morceaux de détail remarquables par leur mérite, et, dans quelques parties, des beautés du premier ordre; qu'elle avait trouvé toutefois que l'effet du style et la beauté des détails n'auraient pas suffi pour assurer à l'ouvrage le succès qu'il a obtenu, et que ce succès est dû aussi à _l'esprit de parti_ et à des passions du moment qui s'en sont emparées, soit pour l'exalter à l'excès, soit pour le déprimer avec injustice.» L'Académie concluait que l'ouvrage tel qu'il est lui paraissait mériter une distinction de Sa Majesté.

Cette résolution maintenait, sous une autre forme, pour le _Génie du christianisme_, l'exclusion du concours. Chateaubriand du reste n'y perdit rien, puisque les fameux _Prix décennaux_ n'ont jamais été distribués. La solennité fut ajournée en 1811, comme elle l'avait été en 1810, et en 1812 il était trop tard. Plus un seul jour maintenant jusqu'à la chute de l'Empire, il n'y aura place pour les fêtes de la paix.

VI

PETITE GUERRE PENDANT LA CAMPAGNE DE RUSSIE[591].

[Note 591: Voy. ci-dessus p. 53.]

Le 4 septembre 1812, l'armée française, partagée en trois colonnes, partit de Gjatz et de ses environs. Napoléon marchait à la rencontre de Kutusof, qu'il devait trouver trois jours après dans les champs de la Moskowa. Ce même jour, 4 septembre, Chateaubriand recevait l'ordre de s'éloigner de Paris. La disgrâce du grand écrivain était complète, et les scribes aux gages du ministre de la police multiplièrent contre lui leurs attaques. Elles avaient du reste commencé dès 1811, à la suite de l'épisode du discours de réception. Chateaubriand était coupable d'indépendance. C'était là un «crime abominable». On le lui fit bien voir.

Ce fut, pendant quelques mois, une pluie de brochures. Il y eut l'_Itinéraire de Pantin au Mont-Calvaire[592] en passant par la rue Mouffetard, le faubourg Saint-Marceau, le faubourg Saint-Jacques, le faubourg Saint-Germain, les quais, les Champs-Élysées, le bois de Boulogne, Neuilly, Suresnes, et revenant par Saint-Cloud, Boulogne, Auteuil et Chaillot, etc._; ou _Lettres inédites de Chactas à Atala, ouvrage écrit en style brillant et traduit pour la première fois du bas-breton sur la 9e édition_, par _M. de Châteauterne_ (René Perrin);--_Monsieur de la Maison-Terne._ -- _Les Persécuteurs._--_Esprit, Maximes et Principes de M. de Chateaubriand._--_Itinéraire de Lutèce au Mont-Valérien en suivant le fleuve séquanien et en revenant par le Mont des Martyrs_, etc., etc. Dans cette dernière brochure, on voyait les aventures de M. de Saint-Géran, le pèlerinage de M. de _Maisonterne_ et l'entrevue de ce dernier avec _Madame Bélise_, comtesse de _Mascarillis_ (la comtesse de Genlis).

[Note 592: Le Mont-Valérien.]

L'auteur des _Martyrs_ n'avait fait que rire des pasquinades dirigées contre M. de _Châteauterne_ et M. de _Maisonterne_. Il dut s'émouvoir le jour où l'on essaya de mettre en cause non plus son style et son talent, mais son caractère et son honneur. Au mois de novembre 1812, parut une brochure intitulée: _Lettre à M. le comte de B..., pendant son séjour aux eaux d'Aix-la-Chapelle_[593]. Elle était due à la plume d'un certain Charles His, qui avait rédigé pendant la Révolution un journal appelé le _Républicain français_, et qui allait devenir sous la Restauration un royaliste zélé, si bien que, sous Charles X, il fut un moment question de l'anoblir. Un peu plus, il se serait appelé Charles d'His, comme le Roi! En attendant, le pauvre diable était aux gages du duc de Rovigo. Celui-ci lui avait remis un exemplaire de l'_Essai sur Les Révolutions_, et Charles His, à l'aide de citations tronquées, avait présenté l'auteur du _Génie du christianisme_ comme un hypocrite et un athée.

[Note 593: À Paris, au dépôt de la librairie Dentu, galerie de bois, n{os} 265 et 266.-1812.]

La meilleure réponse à faire à ces prétendus _extraits_, était de réimprimer l'_Essai_ en entier. En conséquence, Chateaubriand écrivit la lettre suivante au baron de Pommereul, directeur général de l'imprimerie et de la librairie:

Monsieur le baron,

On s'est permis de publier des morceaux d'un ouvrage dont je suis l'auteur. Je juge, d'après cela, que vous ne verrez aucun inconvénient à laisser paraître l'ouvrage tout entier.

Je vous demande donc, Monsieur le baron, l'autorisation nécessaire pour mettre sous presse, chez Le Normant, mon ouvrage intitulé: _Essai historique, politique et moral sur les Révolutions anciennes et modernes, considérées dans leurs rapports avec la Révolution française_. Je n'y changerai pas un seul mot; j'y ajouterai pour toute préface celle du _Génie du christianisme_.

J'ai l'honneur d'être, etc.

Paris, ce 17 novembre 1812.

Dès le lendemain, M. de Pommereul lui répondait:

Paris, ce 18 novembre 1812.

Je mettrai mardi prochain, Monsieur, votre demande sous les yeux du ministre de l'Intérieur; mais votre ouvrage, fait en 1797, est bien peu convenable au temps présent, et s'il devait paraître aujourd'hui pour la première fois, je doute que ce pût être avec l'assentiment de l'autorité. On vous attaque sur cette production; nous ne ressemblons point aux journalistes qui admettent l'attaque et repoussent la défense, et la vôtre ne trouvera pour paraître aucun obstacle à la direction de la librairie. J'aurai soin, Monsieur, de vous informer de la décision du ministre sur votre demande de réimpression.

Agréez, je vous prie, Monsieur, la haute considération avec laquelle j'ai l'honneur d'être, etc.

Le 24 novembre, Chateaubriand reçut de M. de Pommereul cette autre lettre:

Paris, le 24 novembre 1812.

J'ai mis aujourd'hui, Monsieur, sous les yeux du ministre de l'Intérieur, la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 17 courant, et la réponse que je vous ai faite le 18. Son Excellence a décidé que l'ouvrage que vous me demandez à réimprimer, puisqu'il n'a point été publié en France, doit être soumis aux formalités prescrites par les décrets impériaux concernant la librairie. En conséquence. Monsieur, vous devez, vous ou votre imprimeur, faire à la direction générale de l'imprimerie la déclaration de vouloir l'imprimer, et y déposer en même temps l'édition dont vous demandez la réimpression, afin qu'elle puisse passer à la censure.

Agréez, Monsieur, etc.

Baron DE POMMEREUL.

Il était clair que la censure aurait enlevé tout ce que l'auteur disait à l'éloge de Louis XVI, des Bourbons, de la vieille monarchie, et toutes ses réclamations en faveur de la liberté. Ainsi dépouillé de tout ce qui servait de contre-poids à ses erreurs, l'extrait se serait réduit à un extrait à peu près semblable à celui dont Chateaubriand se plaignait. Force lui était donc de renoncer à le réimprimer.

Si la censure ne lui permettait pas de rééditer son livre, du moins ne s'opposait-elle pas à ce que ses amis prissent sa défense dans les journaux. Ces querelles avaient le grand mérite, aux yeux du gouvernement, d'occuper les esprits, de les détourner des affaires publiques. Cette petite guerre faisait oublier la grande. C'était l'heure où nos soldats tombaient chaque jour par milliers dans les plaines de la Russie. Les bulletins de la Grande-Armée dissimulaient soigneusement ces horribles désastres, à ce point, que la veille même du jour où il devint nécessaire aux projets de Napoléon de faire connaître enfin la vérité, la veille de cette sombre journée du 18 décembre 1812, où éclata comme un coup de foudre la publication du vingt-neuvième bulletin, il était permis de croire que notre armée, toujours victorieuse, n'avait encore éprouvé que des pertes insignifiantes et que seule l'armée russe était détruite. Les journaux, tous dans la main de la police, avaient mission d'entretenir le public dans sa quiétude et son ignorance. Paris trompé ne s'occupait que de querelles littéraires et théâtrales, des attaques de Geoffroy contre Talma ou de celles de Charles His et de ses compères contre Chateaubriand.

Ce dernier avait eu d'abord l'idée de répondre à la brochure de Charles His. Il voulait réfuter lui-même un libelle où la loyauté de son caractère et la sincérité de ses sentiments étaient mises en doute. Ses amis, convaincus que sa rentrée en scène aurait pour effet de lui attirer de nouvelles persécutions, obtinrent, non sans peine, qu'il garderait le silence. Seulement, il fut convenu qu'un jeune écrivain, qui venait de débuter, non sans éclat, dans le _Journal de l'Empire_, M. Damaze de Raymond, se chargerait du soin de sa défense.

Damaze de Raymond s'acquitta en effet de ce soin avec un plein succès. Sa brochure était intitulée: _Réponse aux attaques dirigées contre M. de Chateaubriand_. Un des meilleurs critiques du temps, M. Dussault, la qualifia, dans le _Journal de l'Empire_, de «réfutation victorieuse», «complète», d'«écrit désormais inséparable des autres livres sortis de la plume brillante» de M. de Chateaubriand.--Les adversaires de cet écrivain, disait encore Dussault, ne seraient-ils que des amis déguisés? Et l'auteur de la dernière brochure n'a-t-il cherché, par une attaque si maladroite, qu'à lui préparer un nouveau triomphe? M. Damaze de Raymond entre en part de cette gloire nouvelle. La voilà donc vidée, cette grande querelle, suscitée à l'un des écrivains qui font le plus d'honneur aux temps actuels, comme pour le punir de sa gloire.--Depuis quelque temps, il n'est question que de M. de Chateaubriand: articles plus ou moins violents, pamphlets plus ou moins scientifiques, brochures amères, pasquinades burlesques, tout a été mis en usage pour l'attaquer. Jamais auteur ne fut en butte à plus de traits. Je ne sais pas à quel point il peut aimer à occuper la renommée, mais il me semble que ses adversaires, ou plutôt ses ennemis, se sont comportés comme s'ils eussent craint qu'elle ne l'oubliât trop. Sans cesse, ils ont replacé son nom sous les yeux du public, et rappelé, même en dépit d'eux, ses titres à la gloire; on dirait qu'ils sont fâchés que M. de Chateaubriand laisse un moment se reposer sa plume éloquente, et qu'ils veulent suppléer par le fracas de leurs colères aux intervalles de silence que garde cet écrivain...»

Dussault avait raison de dire que la brochure de Damaze de Raymond était désormais inséparable des autres écrits de l'auteur des _Martyrs_. Si cette brochure, en effet, n'est pas dans toutes ses parties l'oeuvre de Chateaubriand, elle a été faite, à n'en pas douter, sur des notes de lui. M. Damaze n'est pas seulement en mesure de citer le livre de l'_Essai_, devenu pourtant comme introuvable; il cite aussi des morceaux du discours non prononcé à l'Académie et resté manuscrit. Il y a de plus, dans sa _Réponse_, des traits qui, par la vigueur et l'éclat, rappellent la touche du Maître. Exemple:

Comme il rapporte à la mort de sa mère son retour aux idées religieuses, _on a remué la tombe de Mme de Chateaubriand_, et l'on a prétendu qu'elle était morte avant la publication du livre dont M. de Chateaubriand faisait le sacrifice à ses volontés dernières. Mais il est constant que l'_Essai_ a été publié en 1797, et que Mme de Chateaubriand est morte en 1798, _comme le prouve surabondamment son extrait mortuaire_. Je tiens ce fait, d'ailleurs facile à vérifier, de personnes dont la véracité ne peut être soupçonnée. _Quelle imputation que celle qui forcerait un honnête homme à descendre à de pareilles explications et qui obligerait un fils à produire l'acte de décès de sa mère!_

Or, ce trait se retrouvera plus tard dans les _Mémoires d'Outre-Tombe_: «Quelle critique que celle qui force un honnête homme à entrer dans de pareils détails, qui oblige un fils à produire l'extrait mortuaire de sa mère!»

Damaze de Raymond eut à ce moment son heure de gloire. Il venait d'inscrire son nom au bas de celui de Chateaubriand. Peut-être était-il appelé à conquérir plus tard une renommée durable. Un malheureux événement arrêta soudain les espérances que ses brillants débuts avaient fait concevoir. Le 27 février 1813, il périt en duel à la suite d'une querelle de jeu.

TABLE DES MATIÈRES

DEUXIÈME PARTIE

LIVRE V

Années 1807, 1808, 1809 et 1810. -- Article du _Mercure_ du mois de juillet 1807. -- J'achète la _Vallée-aux-Loups_ et je m'y retire. -- _Les Martyrs._ -- Armand de Chateaubriand. -- Années 1811, 1812, 1813, 1814. -- Publication de l'_Itinéraire_. -- Lettre du cardinal de Bausset. -- Mort de Chénier. -- Je suis reçu membre de l'Institut. -- Affaire de mon discours. -- Prix décennaux. -- L'_Essai sur les Révolutions_. -- _Les Natchez._ 1

TROISIÈME PARTIE

LIVRE PREMIER

De Bonaparte. -- Bonaparte. -- Sa famille. -- Branche particulière des Bonaparte de la Corse. -- Naissance et enfance de Bonaparte. -- La Corse de Bonaparte. -- Paoli. -- Deux pamphlets. -- Brevet de capitaine. -- Toulon. -- Journées de Vendémiaire. -- Suite. -- Campagnes d'Italie. -- Congrès de Rastadt. -- Retour de Napoléon en France. -- Napoléon est nommé chef de l'armée dite d'Angleterre. -- Il part pour l'expédition d'Égypte. -- _Expédition d'Égypte._ -- Malte. -- Bataille des Pyramides. -- Le Caire. -- Napoléon dans la grande pyramide. -- Suez. -- Opinion de l'armée. -- Campagne de Syrie. -- Retour en Égypte. -- Conquête de la Haute-Égypte. -- Bataille d'Aboukir. -- Billets et lettres de Napoléon. -- Il repasse en France. -- Dix-huit brumaire. -- Deuxième coalition. -- Position de la France au retour de Bonaparte de la campagne d'Égypte. -- _Consulat._ -- Deuxième campagne d'Italie. -- Victoire de Marengo. -- Victoire de Hohenlinden. -- Paix de Lunéville. -- Paix d'Amiens. -- Rupture du traité. -- Bonaparte élevé à l'empire. -- _Empire._ -- Sacre. -- Royaume d'Italie. -- Invasion de l'Allemagne. -- Austerlitz. -- Traité de paix de Presbourg. -- Le Sanhédrin. -- Quatrième coalition. -- Campagne de Prusse. -- Décret de Berlin. -- Guerre en Pologne contre la Russie. Tilsit. -- Projet de Partage du monde entre Napoléon et Alexandre. -- Paix. -- Guerre d'Espagne. -- Erfurt. -- Apparition de Wellington. -- Pie VII. -- Réunion des États romains à la France. -- Protestation du Souverain Pontife. -- Il est enlevé de Rome. -- Cinquième coalition. -- Prise de Vienne. -- Bataille d'Essling. -- Bataille de Wagram. -- Paix signée dans le palais de l'Empereur d'Autriche. -- Divorce. -- Napoléon épouse Marie-Louise. -- Naissance du roi de Rome. 63

LIVRE II

Projets et préparatifs de la guerre de Russie. -- Embarras de Napoléon. -- Réunion à Dresde. -- Bonaparte passe en revue son armée et arrive au bord du Niémen. -- Invasion de la Russie. -- Wilna. -- Le Sénateur polonais Wibicki. -- Le parlementaire russe Balachof. -- Smolensk. -- Murat. -- Le fils de Platof. -- Retraite des Russes. -- Le Borysthène. -- Obsession de Bonaparte. -- Kutuzof succède à Barclay dans le commandement de l'armée russe. -- Bataille de la Moskowa ou de Borodino. -- Bulletin. -- Aspect du champ de bataille. -- Extrait du dix-huitième bulletin de la Grande-Armée. -- Marche en avant des Français. -- Rostopschin. -- Bonaparte au Mont-du-Salut. -- Vue de Moscou. -- Entrée de Napoléon au Kremlin. -- Incendie de Moscou. -- Bonaparte gagne avec peine Petrowski. -- Écriteau de Rostopschin. -- Séjour sur les ruines de Moscou. -- Occupations de Bonaparte. -- Retraite. -- Smolensk. -- Suite de la retraite. -- Passage de la Bérésina. -- Jugement sur la campagne de Russie. -- Dernier bulletin de la Grande-Armée. -- Retour de Bonaparte à Paris. -- Harangue du Sénat. -- Malheurs de la France. -- Joies forcées. -- Séjour à ma vallée. -- Réveil de la légitimité. -- Le pape à Fontainebleau. -- Défections. -- Mort de Lagrange et de Delille. -- Batailles de Lützen, de Bautzen et de Dresde. -- Revers en Espagne. -- Campagne de Saxe ou des poètes. -- Bataille de Leipzick. -- Retour de Bonaparte à Paris. -- Traité de Valençay. -- Le corps législatif convoqué, puis ajourné. -- Les alliés passent le Rhin. -- Colère de Bonaparte. -- Premier jour de l'an 1814. -- Notes qui devinrent la brochure: _De Bonaparte et des Bourbons_. -- Je prends un appartement rue de Rivoli. -- Admirable campagne de France, 1814. -- Je commence à imprimer ma brochure. -- Une note de Madame de Chateaubriand. -- La guerre établie aux barrières de Paris. -- Vue de Paris. -- Combat de Belleville. -- Fuite de Marie-Louise et de la régence. -- M. de Talleyrand reste à Paris. -- Proclamation du prince généralissime Schwarzenberg. -- Discours d'Alexandre. -- Capitulation de Paris. 255

LIVRE III

Entrée des alliés dans Paris. -- Bonaparte à Fontainebleau. -- La régence à Blois. -- Publication de ma brochure: _De Bonaparte et des Bourbons_. -- Le Sénat rend le décret de déchéance. -- Hôtel de la rue Saint-Florentin. -- M. de Talleyrand. -- Adresses du gouvernement provisoire. -- Constitution proposée par le Sénat. -- Arrivée du comte d'Artois. -- Abdication de Bonaparte à Fontainebleau. -- Itinéraire de Napoléon à l'île d'Elbe. -- Louis XVIII à Compiègne. -- Son entrée à Paris. -- La vieille garde. -- Faute irréparable. -- Déclaration de Saint-Ouen. -- Traité de Paris. -- La Charte. -- Départ des alliés. -- Première année de la Restauration. -- Est-ce aux royalistes qu'il faut s'en prendre de la Restauration? -- Premier ministère. -- Je publie les _Réflexions politiques_. -- Madame la duchesse de Duras. -- Je suis nommé ambassadeur en Suède. -- Exhumation des restes de Louis XVI. -- Premier janvier à Saint-Denis. 387

LIVRE IV

L'île d'Elbe. -- Commencement des Cent-Jours. -- Retour de l'île d'Elbe. -- Torpeur de la légitimité. -- Article de Benjamin Constant. -- Ordre du jour du maréchal Soult. -- Séance royale. -- Pétition de l'école de droit à la Chambre des Députés. -- Projet de défense de Paris. -- Fuite du roi. -- Je pars avec madame de Chateaubriand. -- Embarras de la route. -- Le duc d'Orléans et le prince de Condé. -- Tournai. -- Bruxelles. -- Souvenirs. -- Le duc de Richelieu. -- Le roi à Gand m'appelle auprès de lui. -- Les Cent-Jours à Gand. -- Suite des Cent-Jours à Gand. -- Affaires à Vienne. 465

APPENDICE

I. L'article du _Mercure_. 531 II. _Les Martyrs_ et M. Guizot. 535 III. Armand de Chateaubriand. 543 IV. Le discours de réception à l'Académie. 547 V. Les prix décennaux et le _Génie du christianisme_. 562 VI. Petite guerre pendant la campagne de Russie. 569

ERRATA ET ADDENDA

Page 99, ligne 8, au lieu de _Mottedo_, lire Moltedo, et ajouter la note suivante:

Jean-André-Antoine _Moltedo_, né à Vico (Corse) le 14 août 1751, grand-vicaire de l'évêque constitutionnel de la Corse, membre de l'administration de ce département, député de la Corse à la Convention nationale, puis au Conseil des Cinq-Cents, consul de France à Smyrne (1797-1798), directeur des Droits-réunis dans les Alpes-Maritimes (1804), conseiller à la Cour impériale d'Ajaccio (1811-1815), mort à Vico le 26 août 1829.

* * * * *

Page 389, note 1. Cette note doit être complétée ainsi:

Le roi de Prusse occupa l'hôtel de Villeroi, rue de Bourbon (aujourd'hui rue de Lille); les princes Henri et Guillaume de Prusse descendirent à l'hôtel de Salm, quai d'Orsay. Cet hôtel était, depuis 1802, le palais de la Légion d'honneur. Le prince de Schwarzenberg qui, au moment de l'entrée des Alliés à Paris, représentait l'empereur d'Autriche absent, était logé dans l'hôtel qui lui appartenait rue du Mont-Blanc (aujourd'hui rue de la Chaussée-d'Antin). L'empereur d'Autriche n'arriva que le 16 avril; il habita l'ancien hôtel Charost, rue du faubourg Saint-Honoré. Cet hôtel était contigu à l'Élysée-Bourbon.

Paris. (France).--Imp. PAUL DUPONT (Cl.).--7.8.1925

[Notes au lecteur de ce fichier numérique:

Seules les erreurs clairement introduites par le typographe ont été corrigées. L'orthographe de l'auteur a été conservée.

Les lettres supérieures inhabituelles sont encadrées par des parenthèses.]