Mémoires d'Outre-Tombe, Tome 1
Chapter 47
Il y a de tout dans l'_Essai sur les Révolutions_, «cette tour de Babel», comme l'appelle quelque part Chateaubriand[531]. Les Trente Tyrans d'Athènes y coudoient les membres du Comité de salut public et du Comité de sûreté générale. Critias y donne la main à Marat, et Tallien y donne la réplique à Théramènes. Aux massacres d'Eleusine répondent les massacres de Septembre. La campagne de 1792 fait suite à la campagne de l'an III de la soixante-douzième olympiade, et la campagne de 1794 est comme un décalque de la campagne de l'an 479 avant notre ère. Voici pêle-mêle la bataille de Marathon et celle de Jemmapes, le combat de Salamine et celui de Maubeuge, la victoire de Platée et la victoire de Fleurus. Voici, accouplés à tout bout de champ, Miltiade et Dumouriez, Mardonius et le prince de Cobourg, Darius et l'empereur Léopold, Agis et Louis XVI, Pisistrate et Robespierre, Lycurque et Saint-Just, le second chant de Tyrtée et l'Hymne des Marseillais, Épiménide et M. de Flins! Au milieu de ce chaos, traversé par des éclairs de génie, il y a des pages de Mémoires; l'une d'elles est relative à ce Francis Tulloch, que Chateaubriand rencontra sur le navire qui le transportait en Amérique. Cette page, qui confirme d'ailleurs pleinement le récit des _Mémoires d'Outre-tombe_, est des plus intéressantes, et il me semble bien qu'elle a ici sa place marquée. Racontant, au chapitre LIV de (p. 473) sa seconde partie, son voyage aux Açores, Chateaubriand s'exprime en ces termes:
[Note 531: Dans la préface de l'édition de 1823.]
Manquant d'eau et de provisions fraîches, et nous trouvant au printemps de 1791 par la hauteur des Açores, il fut résolu que nous y relâcherions. Dans le vaisseau sur lequel je passais alors en Amérique, il y avait plusieurs prêtres français qui émigraient à Baltimore, sous la conduite du supérieur de St..., M. N... (l'abbé Nagot). Parmi ces prêtres se trouvaient quelques étrangers, en particulier M. T... (Francis Tulloch), jeune Anglais d'une excellente famille, qui s'était nouvellement converti à la religion romaine.
Et ici, en note, vient l'histoire du jeune Anglais et de ses relations avec le futur auteur du _Génie du christianisme_, qui, passionnément épris, à cette date, des idées philosophiques de Rousseau, cherche à le mettre en garde contre «les prêtres» et s'efforce de le détacher de «la religion romaine». L'épisode est curieux. On va le lire:
L'histoire de ce jeune homme est trop singulière pour n'être pas racontée, surtout écrivant en Angleterre, où elle peut intéresser plusieurs. J'invite le lecteur à la parcourir avant de continuer la lecture du chapitre.
M. T... était né d'une mère écossaise et d'un père anglais, ministre, je crois, de W. (quoique j'aie fait en vain des démarches pour trouver celui-ci, et que je puis d'ailleurs avoir oublié les vrais noms). Il servait dans l'artillerie, où son mérite l'eût sans doute bientôt fait distinguer. Peintre, musicien, mathématicien, parlant plusieurs langues, il réunissait aux avantages d'une taille élevée et d'une figure charmante les talents utiles et ceux qui nous font rechercher de la société.
M. N..., supérieur de Saint..., étant venu à Londres, je crois, en 1790, pour ses affaires, fit la connaissance de T... A l'esprit rusé d'un vieux prêtre, M. N... joignait cette chaleur d'âme qui fait aisément des prosélytes parmi des hommes d'une imagination aussi vive que celle de T... Il fut donc résolu que celui-ci passerait à Paris, renverrait de là sa commission au duc de Richmond, embrasserait la religion romaine, et, entrant dans les ordres, suivrait M. N... en Amérique. La chose fut exécutée; et T..., en dépit des lettres de sa mère, qui lui tiraient des larmes, s'embarqua pour le Nouveau-Monde.
Un de ces hasards qui décident de notre destinée m'amena (p. 474) sur le même vaisseau où se trouvait ce jeune homme. Je ne fus pas longtemps sans découvrir cette âme, si mal assortie avec celles qui l'environnaient; et j'avoue que je ne pouvais cesser de m'étonner de la chance singulière qui jetait un Anglais, riche et bien né, parmi une troupe de prêtres catholiques. T..., de son côté, s'aperçut que je l'entendais; il me recherchait, mais il craignait M. N..., qui marquait de moi une juste défiance, et redoutait une trop grande intimité entre moi et son disciple.
Cependant notre voyage se prolongeait, et nous n'avions pu encore nous ouvrir l'un à l'autre. Une nuit, enfin, nous restâmes seuls sur le gaillard, et T... me conta son histoire. Je lui représentai que, s'il croyait la religion romaine meilleure que la protestante, je n'avais rien à dire à cet égard; mais que d'abandonner sa patrie, sa famille, sa fortune, pour aller courir à l'autre bout du monde avec un séminaire de prêtres, me paraissait une insigne folie dont il se repentirait amèrement. Je l'engageai à rompre avec M. N...: comme il lui avait confié son argent, et qu'il craignait de ne pouvoir le ravoir, je lui dis que nous partagerions ma bourse; que mon dessein était de voyager chez les sauvages aussitôt que j'aurais remis mes lettres de recommandation au général Washington; que, s'il voulait m'accompagner dans cette intéressante caravane, nous reviendrons ensemble en Europe; que je passerais par amitié pour lui en Angleterre, et que j'aurais le plaisir de le ramener moi-même au sein de sa famille. Je me chargeai en même temps d'écrire à sa mère, et de lui annoncer cette heureuse nouvelle. T..... me promit tout, et nous nous liâmes d'une tendre amitié.
T... était comme moi, épris de la nature. Nous passions les nuits entières à causer sur le pont, lorsque tout dormait dans le vaisseau, qu'il ne restait plus que quelques matelots de quart; que, toutes les voiles étant pliées, nous roulions au gré d'une lame sourde et lente, tandis qu'une mer immense s'étendait autour de nous dans les ombres, et répétait l'illumination magnifique d'un ciel chargé d'étoiles. Nos conversations alors n'étaient peut-être pas tout à fait indignes du grand spectacle que nous avions sous les yeux; et il nous échappait de ces pensées qu'on aurait honte d'énoncer dans la société, mais qu'on serait trop heureux de pouvoir saisir et écrire. Ce fut dans une de ces belles nuits, qu'étant à environ cinquante lieues des côtes de la Virginie, et cinglant sous une légère brise de l'ouest, qui nous apportait l'odeur aromatique de la terre, il composa, pour une romance française, un air qui exhalait le sentiment entier (p. 475) de la scène qui l'inspira. J'ai conservé ce morceau précieux, et lorsqu'il m'arrive de le répéter dans les circonstances présentes, il fait naître en moi des émotions que peu de gens pourraient comprendre.
Avant cette époque, le vent nous ayant forcés de nous élever considérablement dans le Nord, nous nous étions trouvés dans la nécessité de faire une seconde relâche à l'île de Saint-Pierre[532]. Durant les quinze jours que nous passâmes à terre, T... et moi nous allions courir dans les montagnes de cette île affreuse; nous nous perdions au milieu des brouillards dont elle est sans cesse couverte. L'imagination sensible de mon ami se plaisait à ces scènes sombres et romantiques: quelquefois, errant au milieu des nuages et des bouffées de vent, en entendant les mugissements d'une mer que nous ne pouvions découvrir, égarés sur une bruyère laineuse et morte, au bord d'un torrent rouge qui roulait entre des rochers, T... s'imaginait être le barde de Cona; et, en sa qualité de demi-Écossais, il se mettait à déclamer des passages d'_Ossian_ pour lesquels il improvisait des airs sauvages, qui m'ont plus d'une fois rappelé le «_'t was like the memory of joys that are past, pleasing and mournful to the soul_.» Je suis bien fâché de n'avoir pas noté quelques-uns de ces chants extraordinaires, qui auraient étonné les amateurs et les artistes. Je me souviens que nous passâmes toute une après-midi à élever quatre grosses pierres en mémoire d'un malheureux célébré dans un petit épisode à la manière d'Ossian[533]. Nous nous rappelions alors Rousseau s'amusant à lever des rochers dans son île, pour regarder ce qui était dessous: si nous n'avions pas le génie de l'auteur de l'_Émile_, nous avions du moins sa simplicité. D'autres fois nous herborisions.
[Note 532: Sur la côte de _Terre-Neuve_. Ch.]
[Note 533: Il était tiré de mes _Tableaux de la Nature_, que quelques gens de lettres connus et qui ont péri comme je le rapporte ci-après. Ch.]
«Mais je prévis dès lors que T... m'échapperait. Nos prêtres se mirent alors à faire des processions et voilà mon ami qui se monte la tête, court se placer dans les rangs, et se met à chanter avec les autres. J'écrivis aussi de Saint-Pierre à la mère de T... Je ne sais si ma lettre lui aura été remise, comme le gouverneur me l'avait promis; je désire qu'elle ait été perdue, puisque j'y donnais des espérances qui n'ont pas été réalisées.
Arrivé à Baltimore, sans me dire adieu, sans paraître sensible à notre ancienne liaison, à ce que j'avais fait pour lui (m'étant attiré la haine des prêtres), T... me quitta un matin et je (p. 476) ne l'ai jamais revu depuis. J'essayai, mais en vain, de lui parler; le malheureux était circonvenu, et il se laissa aller. J'ai été moins touché de l'ingratitude de ce jeune homme que de son sort: depuis ma retraite en Angleterre, j'ai fait de vaines recherches pour découvrir sa famille. Je n'avais d'autre envie que d'apprendre qu'il était heureux, et de me retirer; car, quand je le connus, je n'étais pas alors ce que je suis: je rendais alors des services, et ce n'est pas ma manière de rappeler des liaisons passés avec des riches, lorsque je suis tombé dans l'infortune. Je me suis présenté chez l'évêque de Londres et, sur les registres qu'on m'a permis de feuilleter, je n'ai pu trouver le nom du ministre T... Il faut que je l'orthographie mal. Tout ce que je sais, c'est que T... avait un frère et que deux de ses soeurs étaient placées à la cour. J'ai peu trouvé d'hommes dont le coeur fût mieux en harmonie avec le mien que celui de T...; cependant mon ami avait dans les yeux une arrière pensée que je ne lui aurais pas voulu.»
Lorsque Chateaubriand publia, en 1826, une nouvelle édition de l'Essai, il fit suivre la note qu'on vient de lire des lignes suivantes:
Il n'y a de passable dans cette note que mes descriptions comme voyageur. Il fallait bien, au reste, puisque j'étais philosophe, que j'eusse tous les caractères de ma secte: la fureur du propagandisme et le penchant à calomnier les prêtres. J'ai été plus heureux comme ambassadeur que je ne l'avais été comme émigré. J'ai retrouvé à Londres, en 1822, M. T..., il ne s'est point fait prêtre: il est resté dans le monde; il s'est marié; il est devenu vieux comme moi; il n'a plus _d'arrière-pensée_ dans les yeux: son roman, ainsi que le mien, est fini.
XII
JOURNAL DE VOYAGE[534]
[Note 534: Ci-dessus, p. 402.]
Dans son _Voyage en Amérique_ (_OEuvres complètes_, tome VI), Chateaubriand a donné quelques fragments de son _Journal de (p. 477) route_. Ce sont de simples notes, mais où se révèle déjà le grand peintre qu'il sera plus tard. «Rien, dit Sainte-Beuve _(Chateaubriand et son groupe littéraire sous l'Empire_, t. I, p. 126), rien ne rend mieux l'impression vraie, toute pure, à sa source; ce sont les cartons du grand peintre, du grand paysagiste, dans leur premier jet.»
Voici quelques-unes de ces notes.
Le ciel est pur sur ma tête, l'onde limpide sous mon canot qui fuit devant une légère brise. A ma gauche sont des collines taillées à pic et flanquées de rochers d'où pendent des convolvulus à fleurs blanches et bleues, des festons de bignonias, de longs graminées, des plantes saxatiles de toutes les couleurs; à ma droite règnent de vastes prairies. A mesure que le canot avance, s'ouvrent de nouvelles scènes et de nouveaux points de vue; tantôt ce sont des vallées solitaires et riantes, tantôt des collines nues; ici c'est une forêt de cyprès dont on aperçoit les portiques sombres; là c'est un bois léger d'érables, où le soleil se joue comme à travers une dentelle.
Liberté primitive, je te retrouve enfin! Je passe comme cet oiseau qui vole devant moi, qui se dirige au hasard, et n'est embarrassé que du choix des ombrages. Me voilà tel que le Tout-Puissant m'a créé, souverain de la nature, porté triomphant sur les eaux, tandis que les habitants des fleuves accompagnent ma course, que les peuples de l'air me chantent leurs hymnes, que les bêtes de la terre me saluent, que les forêts courbent leur cime sur mon passage. Est-ce sur le front de l'homme de la société, ou sur le mien, qu'est gravé le sceau immortel de notre origine? Courez vous enfermer dans vos cités, allez vous soumettre à vos petites lois; gagnez votre pain à la sueur de votre front, ou dévorez le pain du pauvre; égorgez-vous pour un mot, pour un maître; doutez de l'existence de Dieu, ou adorez-le sous des formes superstitieuses: moi j'irai errant dans mes solitudes; pas un seul battement de mon coeur ne sera comprimé, pas une seule de mes pensées ne sera enchaînée; je serai libre comme la nature; je ne reconnaîtrai de souverain que celui qui alluma la flamme des soleils, et qui d'un seul coup de sa main fit rouler tous les mondes.
_Sept heures du soir._
Nous nous sommes levés de grand matin pour partir à la fraîcheur; les bagages ont été rembarques; nous avons déroulé notre (p. 478) voile. Des deux côtés nous avions de hautes terres chargées de forêts; le feuillage offrait toutes les nuances imaginables: l'écarlate fuyant sur le rouge, le jaune foncé sur l'or brillant, le brun ardent sur le brun léger; le vert, le blanc, l'azur, lavés en mille teintes plus ou moins faibles, plus ou moins éclatantes. Près de nous c'était toute la variété du prisme; loin de nous, dans les détours de la vallée, les couleurs se mêlaient et se perdaient dans des fonds veloutés. Les arbres harmonisaient ensemble leurs formes; les uns se déployaient en éventail, d'autres s'élevaient en cônes, d'autres s'arrondissaient en boule, d'autres étaient taillés en pyramide: mais il faut se contenter de jouir de ce spectacle sans chercher à le décrire.
_Midi._
Il est impossible de remonter plus haut en canot: il faut maintenant changer notre manière de voyager; nous allons tirer notre canot à terre, prendre nos provisions, nos armes, nos fourrures pour la nuit, et pénétrer dans les bois.
_Trois heures._
Qui dira le sentiment qu'on éprouve en entrant dans ces forêts aussi vieilles que le monde, et qui seules donnent une idée de la création telle qu'elle sortit des mains de Dieu? Le jour, tombant d'en haut à travers un voile de feuillage, répand dans la profondeur du bois une demi-lumière changeante et mobile qui donne aux objets une grandeur fantastique. Partout il faut franchir des arbres abattus, sur lesquels s'élèvent d'autres générations d'arbres. Je cherche en vain une issue dans ces solitudes; trompé par un jour plus vif, j'avance à travers les herbes, les mousses, les lianes, et l'épais humus composé des débris des végétaux; mais je n'arrive qu'à une clairière formée par quelques pins tombés. Bientôt la forêt redevient plus sombre; l'oeil n'aperçoit que des troncs de chênes et de noyers qui se succèdent les uns aux autres, et qui semblent se serrer en s'éloignant: l'idée de l'infini se présente à moi.
_Six heures._
J'avais entrevu de nouveau une clarté et j'avais marché vers elle. Me voilà au point de lumière: triste champ plus mélancolique que les forêts qui l'environnent! Ce champ est un ancien cimetière indien. Que je me repose un instant dans cette double solitude de la mort et de la nature: est-il un asile où j'aimasse mieux dormir pour toujours.
_Sept heures._ (p. 479)
Ne pouvant sortir de ces bois, nous y avons campé. La réverbération de notre bûcher s'étend au loin; éclairé en dessous par la lueur scarlatine, le feuillage parait ensanglanté, les troncs des arbres les plus proches s'élèvent comme des colonnes de granit rouge, mais les plus distants, atteints à peine de la lumière, ressemblent, dans l'enfoncement du bois, à de pâles fantômes rangés en cercle au bord d'une nuit profonde.
_Minuit._
Le feu commence à s'éteindre, le cercle de sa lumière se rétrécit. J'écoute; un calme formidable pèse sur ces forêts; on dirait que des silences succèdent à des silences. Je cherche vainement à entendre dans un tombeau universel quelque bruit qui décèle la vie. D'où vient ce soupir? d'un de mes compagnons: il se plaint, bien qu'il sommeille. Tu vis, donc, tu souffres: voilà l'homme.
_Minuit et demie._
Le repos continue: mais l'arbre décrépit se rompt: il tombe. Les forêts mugissent; mille voix s'élèvent. Bientôt les bruits s'affaiblissent; ils meurent dans des lointains presque imaginaires; le silence envahit de nouveau le désert.
_Une heure du matin._
Voici le vent: il court sur la cime des arbres; il les secoue en passant sur ma tête. Maintenant c'est comme le flot de la mer qui se brise tristement sur le rivage.
Les bruits ont réveillé les bruits. La forêt est toute harmonie, Est-ce les sons graves de l'orgue que j'entends, tandis que des sons plus légers errent dans les voûtes de verdure? Un court silence succède: la musique aérienne recommence; partout de douces plaintes, des murmures qui renferment eux-mêmes d'autres murmures; chaque feuille parle un langage différent, chaque brin d'herbe rend une note particulière.
Une voix extraordinaire retentit: c'est celle de cette grenouille qui imite les mugissements du taureau. De toutes les parties de la forêt les chauves-souris accrochées aux feuilles élèvent leurs chants monotones: on croit ouïr des glas continus, ou le tintement funèbre d'une cloche. Tout nous ramène à quelque idée de la mort, parce que cette idée est au fond de la vie.
TABLE DES MATIÈRES
INTRODUCTION. ......................................................... V
PRÉFACE TESTAMENTAIRE.............................................. XLIII
AVANT-PROPOS.......................................................... LI
PREMIÈRE PARTIE
LIVRE PREMIER
Naissance de mes frères et soeurs.--Je viens au monde.--Plancoët.--Voeu. --Combourg.--Plan de mon père pour mon éducation.--La Villeneuve. --Lucile.--Mesdemoiselles Couppart.--Mauvais écolier que je suis.--Vie de ma grand'mère maternelle et de sa soeur, à Plancoët.--Mon oncle, le comte de Bedée, à Monchoix.--Relèvement du voeu de ma nourrice. --Gesril.--Hervine Magnon.--Combat contre les deux mousses............. 1
LIVRE II
Billet de M. Pasquier.--Dieppe.--Changement de mon éducation.--Printemps en Bretagne.--Forêt historique.--Campagnes Pélagiennes.--Coucher de la lune sur la mer.--Départ pour Combourg.--Description du château. --Collège de Dol.--Mathématiques et langues.--Trait de mémoire. --Vacances à Combourg.--Vie de château en province.--Moeurs féodales. --Habitants de Combourg.--Secondes vacances à Combourg.--Régiment de Conti.--Camp à Saint-Malo.--Une abbaye.--Théâtre.--Mariage de mes deux soeurs aînées.--Retour au collège.--Révolution commencée dans mes idées. --Aventures de la pie.--Troisièmes vacances à Combourg.--Le charlatan. --Rentrée au collège.--Invasion de la France.--Jeux.--L'abbé de Chateaubriand.--Première communion.--Je quitte le collège de Dol. --Mission à Combourg.--Collège de Rennes.--Je retrouve Gesril.--Moreau. --Limoëlan.--Mariage de ma troisième soeur.--Je suis envoyé à Brest pour subir l'examen de garde de marine.--Le port de Brest.--Je retrouve encore Gesril.--Lapeyrouse.--Je reviens à Combourg.................... 63
LIVRE III
Promenade.--Apparition de Combourg.--Collège de Dinan.--Broussais.--Je reviens chez mes parents.--Vie à Combourg.--Journées et soirées.--Mon donjon.--Passage de l'enfant à l'homme.--Lucile.--Dernières lignes écrites à La Vallée-aux-Loups.--Révélations sur le mystère de ma vie. --Fantôme d'amour.--Deux années de délire.--Occupations et chimères. --Mes joies de l'automne.--Incantation.--Tentation.--Maladie.--Je crains et refuse de m'engager dans l'état ecclésiastique.--Un moment dans ma ville natale.--Souvenir de la Villeneuve et des tribulations de mon enfance.--Je suis rappelé à Combourg.--Dernière entrevue avec mon père.--J'entre au service.--Adieux à Combourg.................... 123
LIVRE IV
Berlin.--Potsdam.--Frédéric.--Mon frère.--Mon cousin Moreau.--Ma soeur, la comtesse de Farcy.--Julie mondaine.--Dîner.--Pommereul.--Mme de Chastenay.--Cambrai.--Le régiment de Navarre.--La Martinière.--Mort de mon père.--Regrets.--Mon père m'eût-il apprécié?--Retour en Bretagne.--Séjour chez ma soeur aînée.--Mon frère m'appelle à Paris. --Premier souffle de la muse.--Manuscrit de Lucile.--Ma vie solitaire à Paris.--Présentation à Versailles.--Chasse avec le roi............. 169
LIVRE V
Passage en Bretagne.--Garnison de Dieppe.--Retour à Paris avec Lucile et Julie.--Delisle de Sales.--Gens de lettres.--Portraits.--Famille Rosambo.--M. de Malesherbes.--Sa prédilection pour Lucile.--Apparition et changement de ma Sylphide.--Premiers mouvements politiques en Bretagne.--Coup d'oeil sur l'histoire de la monarchie.--Constitution des États de Bretagne.--Tenue des États.--Revenu du roi en Bretagne.--Revenu particulier de la province.--Le Fouage.--J'assiste pour la première fois à une réunion politique.--Scène.--Ma mère retirée à Saint-Malo.--Cléricature.--Environs de Saint-Malo.--Le revenant.--Le malade.--États de Bretagne en 1789.--Insurrection. --Saint-Riveul, mon camarade de collège est tué.--Année 1789.--Voyage de Bretagne à Paris.--Mouvement sur la route.--Aspect de Paris.--Renvoi de M. Necker.--Versailles.--Joie de la famille royale.--Insurrection générale. Prise de la Bastille.--Effet de la prise de la Bastille sur la cour.--Têtes de Foullon et de Bertier.--Rappel de M. Necker.--Séance du 4 août 1789.--Journée du 5 octobre.--Le roi est amené à Paris. --Assemblée constituante.--Mirabeau.--Séances de l'Assemblée nationale. --Robespierre.--Société.--Aspect de Paris.--Ce que je faisais au milieu de tout ce bruit.--Mes jours solitaires.--Mlle Monet.--J'arrête avec M. de Malesherbes le plan de mon voyage en Amérique.--Bonaparte et moi sous-lieutenants ignorés.--Le marquis de la Rouërie.--Je m'embarque à Saint-Malo.--Dernières pensées en quittant la terre natale........... 213
LIVRE VI