Part 7
En toute circonstance, nous conseillons de ne donner des caisses plus grandes que progressivement et avec beaucoup de réserve; car, rencaissés trop grandement, les Lauriers et les Grenadiers poussent beaucoup, mais ne fleurissent pas, et les Orangers languissent. Jusqu'à l'âge de huit à dix ans, les Orangers doivent être rencaissés à peu près tous les deux ou trois ans, et ensuite tous les cinq ou six ans; mais il est nécessaire de rencaisser les Lauriers et les Grenadiers plus fréquemment, car il est positif que le développement des branches et des rameaux est toujours en rapport avec celui des racines, et comme ces arbustes végètent beaucoup plus vigoureusement que les Orangers, il faut donc les rencaisser plus souvent. Si, en attendant l'époque du rencaissage, il arrivait que les feuilles des arbustes jaunissent, sans que cela provînt d'une trop grande humidité, il faudrait leur donner un demi-rencaissage, ce qui consiste à couper bien net 0m,05 à 0m,10 de terre autour de la caisse et à la remplacer par de la terre neuve appropriée aux besoins de la plante. À la fin de ce chapitre, nous indiquerons la terre qui convient à chaque plante. Le rencaissage différant peu du rempotage, sauf l'exécution, qui doit être modifiée, nous renvoyons à cet article pour la connaissance des détails. Après l'opération, on couvre la surface de la terre d'un paillis de fumier consommé, et l'on donne un bon arrosement à chaque plante.
L'eau que l'on emploiera devra, comme pour les arrosements d'hiver, être restée quelque temps dans un tonneau; il serait même bon d'arroser de temps à autre avec de l'eau dans laquelle on aurait mis à décomposer des substances animales ou végétales.
Les arrosements devront avoir lieu au moins une fois par jour en été. Enfin, ils seront plus ou moins abondants, selon la température; puis on diminue progressivement à mesure que la température se rafraîchit.
Vers la fin d'août ou le commencement de septembre, il faut tailler les Orangers, opération qui consiste à supprimer les bois morts et toutes les petites branches inutiles ou mal placées, celles de l'intérieur, par exemple, car elles rendent la tête trop compacte et nuisent à la circulation de la séve. Enfin, qu'on élève les Orangers sous la forme arrondie ou cylindrique, il faut couper l'extrémité de toutes les branches élancées, de manière à donner à chaque arbre une forme régulière; c'est aussi à cette époque que l'on peut diminuer la tête de ceux qui prendraient trop d'accroissement, ou qui, ne poussant plus, auraient besoin d'être rajeunis, ce qui a lieu en rabattant toutes les branches plus ou moins près du tronc, suivant la force de l'arbre. Les Lauriers peuvent être soumis au même traitement lorsqu'ils s'élancent par trop; mais ils ne doivent pas être taillés annuellement, car alors on serait privé de fleurs. Il faut seulement, aussitôt qu'ils sont défleuris, couper l'extrémité des branches qui portaient les fleurs, afin d'avoir des arbres à tête bien arrondie. Les Myrtes doivent être soumis à une tonte régulière, qui doit avoir lieu aussitôt après qu'ils sont défleuris; les Grenadiers doivent aussi être tondus chaque année, afin de présenter une forme aussi gracieuse que possible; mais cette taille ne doit avoir lieu qu'au moment de la rentrée.
Afin de compléter autant que possible nos renseignements sur les plantes d'orangerie, nous dirons qu'il faut tondre également les Pélargoniums zonale avant de les mettre dans la serre.
§ III.--_Composition de la terre qu'il faut donner aux plantes ci-après désignées._
ORANGERS.--Un quart de terre franche, un quart de bonne terre de potager, un quart de terre de bruyère, un quart de terreau gras.
MYRTES.--Terre de bruyère pure.
GRENADIERS et LAURIERS-ROSES.--Bonne terre de potager mêlée de terreau gras.
4. _Serre tempérée._--Cette serre diffère de l'orangerie en ce qu'elle est beaucoup plus éclairée, condition indispensable pour la conservation des plantes que nous conseillons d'y placer; elle sera attenante à l'orangerie, et l'on communiquera de l'une dans l'autre: elle aura 8 mètres de longueur sur 3 de largeur, et à partir du sol intérieur, elle aura 2m,45 d'élévation par derrière; le devant aura 0m,80 de hauteur et sera vitré. Les petits châssis qui la fermeront seront fixés dans le haut par des charnières, et s'ouvriront horizontalement de bas en haut; ils porteront par en bas sur un petit mur d'appui recouvert d'une dalle, et ils battront sur les montants qui soutiennent la partie inférieure des chevrons, qui doivent être, comme le reste, en bois de chêne et placés à 1m,33 l'un de l'autre, de manière à recevoir les panneaux vitrés dont la serre doit être couverte. Ceux du premier rang auront 2 mètres de longueur sur 1m,33 de largeur; ils porteront du bas sur une planche d'égout destinée à rejeter les eaux pluviales, et du haut sur une traverse nommée entretoise, qui doit aller d'un chevron à l'autre. Les panneaux du second rang n'auront que 1m,36 de longueur, et pour qu'ils puissent porter sur les chevrons, il faut appliquer une semelle sur chacun d'eux, de manière à former l'épaisseur des panneaux du bas, sur lesquels ceux du second rang devront porter d'environ 0m,03, et du haut sur une traverse qui, comme celle du bas, doit aller d'un chevron à l'autre.
Les panneaux seront fixés en haut par des crochets placés à l'intérieur, et pour donner de l'air on soulèvera le bas, que l'on tiendra ouvert au moyen de petites crémaillères en fer.
On fera en haut de la serre un petit toit avancé, sur lequel on doit pouvoir circuler pour faire le service des paillassons; et, afin d'éviter qu'on ne glisse sur les panneaux, il faut faire placer une main-courante dans toute la longueur de la serre. À l'intérieur, on ménagera au niveau du sol de l'orangerie un chemin de 0m,75 de largeur, soutenu par un mur d'appui; car le reste de la serre doit être de 0m,50 plus bas. Le milieu sera occupé par un gradin de 1m,25 de largeur, formé de six tablettes; la hauteur du gradin doit être calculée de manière que les plantes ne soient pas à plus de 0m,60 ou 0m,80 des vitres; on fera devant le gradin un chemin de 0m,50 de largeur, afin de pouvoir circuler tout autour, puis on établira une tablette contre le mur de derrière, et un autre chemin de 0m,50 de largeur sur le devant de la serre et sous laquelle circuleront les tuyaux du poêle, dont la bouche doit toujours être en dehors. On fera une ouverture dans le pignon de cette serre, et on la garnira d'une double porte, qui servira d'entrée pendant les gelées, ce qui évitera d'ouvrir celle de l'orangerie.
§ IV.--_De la rentrée des plantes de serre tempérée et de leur traitement en hiver._
La rentrée des plantes doit avoir lieu dans le courant d'octobre, mais il nous est impossible d'en déterminer au juste l'époque; nous dirons seulement qu'il faut éviter autant que possible qu'elles ne restent exposées à l'humidité de l'automne, et surtout qu'elles ne soient atteintes par les premières gelées. Dès le commencement du mois, les panneaux doivent être prêts à être placés sur la serre; l'intérieur en sera nettoyé et toutes les réparations faites; enfin, dès cette époque, elle doit être prête à recevoir les plantes, que l'on placera dans l'ordre suivant, ce qui ne devra toutefois avoir lieu qu'après avoir nettoyé les pots et gratté légèrement la surface du sol, afin de ne laisser ni herbe ni mousse.
On placera sur le gradin les Pélargoniums, les Calcéolaires, les Cinéraires et les Verveines. Sa disposition permet de placer au-dessous des Hortensias, des Érythrines, des Balisiers, ou les tubercules de Dahlias. On mettra sur la tablette placée contre le mur de derrière les plantes grasses ou celles qui exigent peu de soins pendant l'hiver; mais la tablette du devant sera réservée pour les Camélias, qui doivent toujours être placés dans la partie la plus éclairée de la serre. Toutes ces plantes seront placées sur les tablettes, par rang de taille, en ayant soin de les distancer de manière que les têtes ne se touchent pas; et pendant leur séjour dans la serre, il faut avoir soin de les retourner de temps à autre, afin qu'elles présentent successivement toutes leurs parties à la lumière; car, sans cette précaution, elles s'inclineraient toutes du même côté et n'auraient plus alors qu'une forme disgracieuse. Depuis le placement des plantes dans la serre jusqu'au printemps, les arrosements doivent être modérés et avoir lieu seulement au fur et à mesure que les plantes en ont un véritable besoin. Ils se feront avec un petit arrosoir auquel on ajoutera un bec de prolongement pour atteindre les plantes éloignées, et l'eau que l'on emploiera aura dû être tenue pendant quelque temps à la température de la serre. Les autres soins consistent à entretenir la propreté et à renouveler l'air aussi souvent que possible, en évitant toutefois d'ouvrir les châssis par un temps couvert ou pluvieux, afin de ne pas introduire d'humidité dans la serre; puis, dès l'approche des froids, l'on bouchera hermétiquement toutes les ouvertures avec de la mousse, et quand le soir le temps sera clair, et que le thermomètre placé extérieurement ne marquera plus que 3 ou 4 degrés de chaleur, il faudra couvrir la serre avec des paillassons, car il est probable qu'il gèlera dans la nuit.
En décembre, on garnira les petits châssis du devant de la serre d'un réchaud de fumier sec; et, quel que soit l'état de température, il est prudent de couvrir la serre toutes les nuits, en ayant soin toutefois d'enlever les paillassons pendant le jour, à moins cependant que le temps ne soit couvert et le froid rigoureux. Au reste, l'on peut découvrir sans inconvénient toutes les fois que le thermomètre ne marquera pas plus de 4 à 5 degrés de froid; seulement, il faut avoir soin de remettre les paillassons avant qu'il se soit formé du givre sur les vitres; et si à cette époque il arrivait qu'on donnât de l'air, il faudrait toujours refermer avant la disparition du soleil, afin de concentrer de la chaleur dans la serre, ce qui peut souvent épargner la peine de faire du feu la nuit; enfin, soit en doublant les paillassons, soit en faisant un peu de feu (ce qu'il ne faut faire qu'avec beaucoup de réserve), on veillera à ce que la température de la serre ne descende pas au-dessous de 5 degrés de chaleur, et si l'on se trouvait dans la nécessité de faire du feu, il ne faut pas qu'elle soit portée à plus de 6 à 8 degrés, car le point essentiel est de maintenir les plantes dans un état de repos dont il faudrait qu'elles ne sortissent que vers la fin de l'hiver. Comme presque toutes les plantes dont nous avons parlé sont sujettes à être attaquées des pucerons, il faut, aussi souvent que le besoin s'en fera sentir, avoir recours à une fumigation de tabac, ce qui doit se faire après avoir tout fermé[4].
[Note 4: Cette opération doit avoir lieu au moyen d'un appareil en cuivre de forme cylindrique, nommé _fumigateur_. Il se compose de deux pièces: la partie supérieure entre à frottement sur la partie inférieure; une plaque percée de trous fins est fixée intérieurement pour recevoir le tabac et éviter qu'il ne passe par les tuyaux. Pour faire fonctionner l'appareil, on introduit l'extrémité d'un soufflet dans le tuyau placé à la partie inférieure de l'appareil, et en soufflant la fumée s'échappe par le tuyau fixé sur l'un des côtés de la partie supérieure.]
Arrivé au mois de mars, il n'est plus besoin de faire du feu dans la serre, car ordinairement le soleil échauffe suffisamment l'atmosphère; souvent même, au moment où il rayonne directement sur la serre, il est nécessaire d'étendre une toile de tissu clair sur les panneaux, afin d'éviter que le feuillage des plantes ne soit brûlé. Dès ce moment, les arrosements doivent peu à peu être plus fréquents et plus abondants; il est même nécessaire de seringuer les plantes de temps à autre, opération qui doit à cette époque avoir lieu le matin. Mais, tout bienfaisants que soient ces arrosements, il faut les suspendre dès l'épanouissement des premières fleurs de Pélargonium, car ils en terniraient promptement l'éclat. Dans les premiers jours d'avril, on introduira progressivement, et selon la température, une plus grande quantité d'air dans la serre, afin de fortifier les plantes qui doivent bientôt être exposées à l'air libre. Si l'on veut avoir une brillante floraison de Pélargoniums, il faut les sortir de la serre aussitôt que la température le permettra, et les placer à une bonne exposition, en ayant soin de les disposer de manière que l'on puisse facilement les couvrir la nuit, s'il arrivait que la température l'exigeât; après quoi on les laisse ainsi jusqu'au moment où les premières fleurs commenceront à s'épanouir, et alors on les replacera dans la serre: de cette manière, on aura des plantes moins élancées, plus robustes, et des fleurs d'un coloris plus vif. S'il arrive que quelque circonstance empêche de sortir les Pélargoniums aussitôt que nous l'indiquons, il faudra, pour remédier autant que possible à ce contre-temps, donner de l'air par toutes les ouvertures de la serre.
§ V.--_De la sortie des plantes de serre tempérée et de leur traitement en été._
Dans la première quinzaine de mai, et autant que possible par un temps couvert, on sortira les plantes de la serre, excepté les Pélargoniums et les Calcéolaires, que l'on ne sortira qu'après qu'ils seront défleuris, afin de jouir de toute la beauté de leur floraison; et alors on les traitera comme nous allons l'indiquer en parlant des plantes que l'on doit sortir. On les déposera pendant quelques jours à une exposition ombragée, afin qu'elles se fortifient; et avant de les mettre en place, on rempotera celles qui en auraient besoin, ce qui doit avoir lieu chaque année pour celles qui poussent beaucoup. Mais toutes ne peuvent être rempotées à la même époque; car, pour que cette opération soit faite à propos, il faut toujours qu'elle ait lieu quelque temps avant l'époque où les plantes entrent en végétation, et c'est à tort que beaucoup de jardiniers rempotent encore indistinctement toutes les plantes à l'automne. On comprendra facilement le motif qui nous fait blâmer cet usage: le rempotage ne peut guère avoir lieu sans que les racines soient endommagées; il arrive même souvent que, le chevelu ayant complétement tapissé la motte, il devient nécessaire de la diminuer; il est certain alors que cette opération peut être inutile, sinon nuisible, lorsqu'elle a lieu à une époque où les plantes doivent rester plusieurs mois en repos. Ainsi donc, il est préférable de rempoter les plantes au printemps. Cependant, pour celles qui, comme les Pélargoniums, végètent vers la fin de l'hiver, il faut les rempoter vers la fin d'août ou au commencement de septembre, en un mot, assez à temps pour qu'elles puissent refaire de nouvelles racines avant l'hiver. Puisque nous sommes arrivés à parler des Pélargoniums, nous dirons qu'il faut toujours tailler une quinzaine de jours avant le rempotage; cette opération consiste à supprimer les branches maigres ou mal placées, et à rabattre celles de l'année à deux ou trois yeux au-dessous de leur insertion, selon leur position et la vigueur des plantes, mais toujours de manière à former une tête bien arrondie. Immédiatement après l'empotage, dont nous indiquerons les détails dans le chapitre suivant, on arrosera les plantes avec l'arrosoir à pomme, puis on les placera par rang de taille dans un lieu bien aéré, mais à mi-ombre autant que possible; et, à défaut d'abri naturel, on formera des palissades à claire-voie en menus roseaux fixés du haut et du bas sur des gaulettes maintenus par des pieux; on continuera d'arroser à propos; on pourra même continuer les seringages, ce qui, pendant les journées chaudes de juin, juillet et août, ne devra avoir lieu que vers la fin de la journée. Si, peu de temps après l'empotage, il survenait des pluies abondantes, il faudra momentanément coucher les pots de côté, pour éviter qu'une trop grande humidité ne fît pourrir les racines. Bien que nous indiquions d'une manière générale les soins à donner aux plantes de serre tempérée, ils peuvent être appliqués à toutes les plantes cultivées en pots, à moins qu'on n'enfonce les plantes en pleine terre avec leur pot, ce qui cependant ne peut avoir lieu que pour les Verveines, les Pétunias, les Hortensias, les Pélargoniums et quelques variétés de Calcéolaires, toutes plantes avec lesquelles on peut former des groupes très-gracieux.
Il n'est plus besoin alors de les protéger contre l'ardeur du soleil; seulement, il faut les rabattre et les rempoter assez à temps pour qu'elles aient repris au moment de les rentrer dans la serre.
§ VI.--_Rempotage._
Avant de procéder au rempotage, on aura dû préparer la terre favorable à chaque plante, ce que nous indiquerions à la fin de ce chapitre; et, lorsque tout sera disposé, on profitera autant que possible d'un temps couvert, ou, à défaut, on se mettra dans un lieu à l'ombre.
On prend alors successivement chaque plante, on la dépote avec précaution en plaçant la main gauche sur la surface de la terre, de manière que la tige passe entre les doigts, puis on renverse la plante la tête en bas, et, en soutenant le pot de la main droite on en frappe légèrement le bord sur un point d'appui, et une fois la motte sortie du pot, on la visite. S'il arrive, ce qui a souvent lieu, que le chevelu qui tapisse la motte soit formé d'un tissu de racines desséchées, on le coupe bien net, puis, en grattant légèrement, on fait tomber une plus ou moins grande partie de vieille terre, selon qu'elle sera plus ou moins décomposée; ensuite on supprime les racines rompues ou pourries. Après avoir ainsi préparé la motte, s'il arrivait qu'elle fût très-sèche, on la plongerait dans l'eau jusqu'à ce qu'elle fût bien imbibée. Après l'avoir fait égoutter, on la place dans le pot qu'on lui destine, et qui doit toujours être proportionné au volume des racines et à la vigueur de la plante, ce qui cependant ne doit avoir lieu qu'après avoir placé un tesson ou un lit de gravier au fond du pot, afin de faciliter l'écoulement de l'eau des arrosements. Ensuite on met un lit de terre dont l'épaisseur doit être calculée de telle sorte que la surface de la motte se trouve de 0m,04, à 0m,05 au-dessous des bords du pot; puis on coule de la terre entre la motte et les parois du pot, en ayant soin de maintenir la tige de la plante juste au milieu, et, afin qu'il n'existe aucun vide, on la foule avec une spatule; on frappe légèrement le fond du pot par terre, puis on achève de remplir le pot avec de la terre, qu'on tasse cette fois avec les pouces, en ayant soin de laisser la surface de la terre d'environ 0m,01 plus basse que les bords du pot, afin de recevoir l'eau des arrosements.
Tel est l'ensemble des soins que nécessitent les plantes de serre tempérée. Bien que donnés d'un manière très-succincte, ces conseils suffiront toujours pour cultiver toutes les plantes qui ne s'écartent pas de la culture ordinaire.
§ VII.--_Composition de la terre qu'il faut donner aux plantes ci-après désignées._
PÉLARGONIUMS.--Un tiers de terre de bruyère, un tiers de terre franche, un tiers de terreau de feuilles, ou, à défaut de fumier, un peu de poudrette bien tamisée[5].
[Note 5: Comme en toute circonstance la terre pour les empotages doit être très-meuble et bien mélangée, il faut toujours la passer à la claie ou au crible.
La claie consiste en un cadre en bois, garni, dans le sens de la hauteur, de tringles en fer distantes les unes des autres d'environ 0m,015. Ces tringles sont soutenues par une traverse placée au milieu du cadre. Pour s'en servir, on l'appuie (en ayant soin de l'incliner un peu) sur un bon piquet.
Le crible est un panier dont le fond est garni de mailles en osier ou en fil de fer plus ou moins larges, selon que l'on veut plus ou moins ameublir la terre qu'on y passe.]
CALCÉOLAIRES.--Terre de bruyère, terre franche et terreau de feuilles.
VERVEINES.--Terre de bruyère mêlée d'une partie de bonne terre de potager.
CINÉRAIRES.--Terre de bruyère et terreau.
CAMÉLIAS.--Terre de bruyère pure.
HORTENSIAS.--Terre de bruyère pure.
PLANTES GRASSES.--Terre de bruyère mêlée d'un peu de poudrette bien tamisée.
5. _Serre chaude._--Cette serre communique, ainsi que la serre tempérée, avec l'orangerie. Comme sa structure est exactement semblable à celle de la serre tempérée, nous renvoyons à celle-ci pour la construction, et nous ne parlerons que des dispositions intérieures.
Le chemin intérieur aura 0m,75 de largeur, et la couche 2m,25, y compris un petit mur d'appui de 0m,45 de hauteur pour la soutenir; et un autre sur le devant de la serre, où circulent les tuyaux du poêle, dont la bouche sera toujours en dehors. La tablette placée contre le mur de derrière est destinée à recevoir des Fraisiers en pots. On pourra remplacer la couche de fumier par un _thermosiphon_, dont les tuyaux circuleront sous un plancher recouvert d'un lit de tannée assez épais pour que l'on puisse enterrer les pots, et la température intérieure pourra être produite par le même appareil à l'aide de tuyaux qui circulent au-dessus de la couche.
La culture des plantes de serre chaude étant fort restreinte, nous nous bornerons à dire que pendant l'hiver il faut entretenir la température de la serre entre 15 et 18 degrés centigrades. En avril, on commence à seringuer les plantes et à donner un peu d'air vers le milieu de la journée.
Dans la seconde quinzaine de mai, on sort les plus rustiques, pour les rentrer dans le courant de septembre; enfin, on peut dire que les soins généraux à donner aux plantes de serre chaude sont les mêmes que ceux indiqués pour les plantes de serre tempérée.
CHAPITRE XI.
Jardin potager.
AIL (_Alium sativum_).--Il se multiplie de caïeux que l'on plante en planches et en bordures, vers la fin de février et au commencement de mars. Toutes les terres lui conviennent, mais il préfère celles qui sont légères et substantielles. Au commencement de juin, on fait un noeud avec les feuilles et la tige, afin d'arrêter la séve au profit des bulbes, que l'on arrache aussitôt que les feuilles commencent à se dessécher; et avant de les mettre en bottes, on les laisse quelque temps sur le terrain, où ils achèvent de mûrir; puis on les suspend dans un endroit sec pour les conserver jusqu'au printemps.
_Ail d'Espagne ou Rocambole._--Cette espèce, moins répandue que la précédente, en diffère en ce qu'elle produit, au lieu de graines, des bulbilles qui peuvent servir à sa reproduction. Du reste, la culture est la même.
ANANAS (_Ananassa sativa_).--Pour élever les Ananas et les préparer à la fructification, il faut avoir des châssis de 1m,65 de longueur sur 1m,33 de largeur, et, pour les faire fructifier, une serre bien exposée, à une ou deux pentes peu élevées, de manière que les plantes ne se trouvent pas trop éloignées du verre.