Manuel pratique de Jardinage contenant la manière de cultiver soi-même un jardin ou d'en diriger la culture

Part 27

Chapter 273,377 wordsPublic domain

MAGNOLIA Yulan (_M. conspicua_).--Hauteur, 10 à 12 mètres; feuilles de 0m,20 de long; fleurs blanches, odorantes, en avril.

MAGNOLIA parasol (_M. umbella_).--Hauteur, 6m,65 à 10 mètres; feuilles de 0m,50 de long; fleurs grandes, blanches, en mai et juin.

MAGNOLIA de Soulange (_M. Soulangeana_).--Hauteur, 3 à 4 mètres; fleurs odorantes, blanches en dedans, pourpres en dessus, en avril.

MARRONNIER d'Inde (_Æsculus hippocastanum_).--Bel arbre, très-élevé et rustique; fleurs blanches, panachées de rouge, en mai.

MARRONNIER rubicond (_Æ. rubicunda_).--Moins élevé que le précédent; feuillage plus vert; fleurs d'un beau rouge, en mai et juin.

MARRONNIER Pavier jaune (_Pavia lutea_, _Æsculus flava_).--Arbre moins élevé que le Marronnier d'Inde; fleurs d'un jaune pâle, en mai.

MARRONNIER rouge (_P. rubra_).--Hauteur, 5 mètres à 6m,65; fleurs d'un beau rouge foncé, en mai.

MARRONNIER de l'Ohio (_P. Ohiotensis_).--Hauteur, 6m,65 à 8m,33; fleurs blanches, en mai.

MARRONNIER à longs épis (_P. macrostachya_).--Fleurs blanches, odorantes, en juillet et août; fruits petits, bons à manger.

MARRONNIER de deux couleurs (_P. dicolor_).--Arbre peu élevé; fleurs rouges et jaunes, en mai.

MICOCOULIER de Provence (_Celtis australis_).--Arbre d'un beau port; fleurs petites, verdâtres, en mai; fruits noirs.

=Variétés.=--De Tournefort, -- à feuilles en coeur, -- de Virginie, -- du Mississipi.

MÛRIER blanc (_Morus alba_).--Arbre d'un port agréable, digne de figurer dans les jardins paysagers; fleurs en chaton, en juin; baies blanchâtres.

=Variétés.=--Rouge du Canada, -- Moretti.

NÉFLIER parasol (_Mespilus linearis_).--Cet arbrisseau étend ses branches latéralement, et, greffé en tête sur l'Épine blanche, il est très-propre à former de belles allées couvertes; fleurs blanches, en mai et juin.

NOISETIER du Levant (_Corylus colurna_),--Arbre très-élevé; port pyramidal; fleurs en chaton, en mars et avril; fruits petits, aplatis.

NOISETIER de Byzance (_C. Byzantina_).--Semblable au précédent, mais un peu moins élevé.

NOYER noir d'Amérique (_Juglans nigra_).--Arbre très-élevé, d'une végétation vigoureuse; fleurs en chaton, en avril et mai; fruits petits, ronds, à coque très-dure.

=Variétés.=--Cendré, -- Blanc, -- à feuilles de Frêne, -- Hétérophylle.

ORME commun (_Ulmus campestris_).--Arbre très-élevé, remarquable par sa rusticité; fleurs blanchâtres, en faisceau écailleux, en avril.

ORME à feuilles étroites (_U. stricta_).--Variété du précédent; on en forme des palissades très-rustiques.

=Variétés.=--À larges feuilles, -- à feuilles panachées, -- Pleureur, -- Pyramidal.

ORME d'Amérique (_U. Americana_).--Arbre plus élevé que l'Orme commun; rameaux rougeâtres, recourbés vers leur extrémité.

PAULOWNIA IMPERIALIS.--Arbre du Japon, introduit en 1834; port du Catalpa; végétation remarquable; feuilles très-grandes, surtout chez les jeunes individus; fleurs bleues, en avril. Pour jouir de toute la beauté de son feuillage, il faudrait le rabattre chaque année, afin d'avoir de jeunes rameaux, sur lesquels les feuilles sont toujours beaucoup plus larges.

PÊCHER à fleurs doubles (_Amygdalus Persica flore pleno_).--Arbre admirable pendant sa floraison, qui a lieu en mars et avril; on l'élève à tige ou en buisson.

=Variétés.=--Alba plena, -- Rubra plena, -- Versicolor, -- Flore pleno, -- Camelliæflora, -- Dianthiflora.

PEUPLIER (_Populus_).--Tous les Peupliers sont des arbres élevés et d'une végétation rapide; ils se plaisent dans les terrains humides et sont propres à la décoration des jardins paysagers; les plus remarquables sont:

=Variétés.=--Nivea, -- Angulata, -- Balsamifera, -- Canadensis, -- Pyramidalis, -- Grandidentata, -- Heterophylla, -- Ontariensis, -- Tremula, -- Molinifera.

PLANERA CRENATA, Orme de Sibérie.--Tout aussi rustique que l'orme commun, avec lequel il a beaucoup de rapport, le _Planera crenata_ a, sur ce dernier, l'avantage de ne jamais être attaqué par les insectes.

PLAQUEMINIER LOTUS ou d'Italie (_Diospyros lotus_).--Hauteur, 8m,33 à 10 mètres; feuilles lancéolées, d'un beau vert; fleurs verdâtres, peu apparentes, en juin et juillet; fruits jaunâtres, bons à manger.

PLAQUEMINIER de Virginie (_D. Virginiana_).--Plus élevé que le précédent; fruits bons à manger.

PLATANE d'Orient (_Platanus orientalis_).--Arbre très-élevé, d'un beau port; feuilles palmées; fleurs en chaton globuleux, en avril et mai.

PLATANE d'Occident (_P. occidentalis_).--Port du précédent; seulement il a les feuilles plus larges.

=Variétés.=--À feuilles d'Érable, -- à feuilles laciniées, -- Ondulé, -- Étoilé.

POIRIER à fleurs doubles (_Pyrus communis flore pleno_).--Variété du poirier commun; hauteur, 4 mètres; fleurs blanches doubles, en avril.

POIRIER cotonneux (_P. Polveria_).--Hauteur, 5 mètres; feuille et rameaux couverts d'un duvet blanc; fleurs blanches, en mai.

POMMIER à fleurs doubles (_Malus communis flore pleno_).--Variété du Pommier commun; hauteur, 4 mètres, fleurs blanc rosé, en mai.

POMMIER baccifère ou de Sibérie (_M. Baccata_).--Hauteur, 2m,65; fleurs grandes, d'un blanc rosé, en avril; fruits rouges, en forme de baie.

POMMIER de la Chine ou à bouquets (_M. spectabilis_).--Hauteur, 4 mètres, fleurs d'un beau carmin avant leur épanouissement, puis blanc lavé de rose, en mai; fruits très-petits.

POMMIER toujours vert (_Malus sempervirens_).--Feuilles presque persistantes; fleurs d'un beau rose avant leur épanouissement, puis presque blanches, en mai.

POMMIER odorant (_M. coronaria_).--Fleurs grandes, d'un beau blanc, odorantes, en mai.

PRUNIER à fleurs doubles (_Prunus flore pleno_).--Variété du Prunier commun, cultivée pour la beauté de ses fleurs.

=Variétés.=--Sinensis alba plena, -- Sinensis rosea plena, -- Trilobata, -- Blanc.

PRUNIER mirobolan (_P. mirobolana_).--On en cultive deux variétés, l'une à fruits rouges, l'autre à fruits jaunes.

ROBINIER blanc, Acacia blanc (_Robinia pseudo-acacia_).--Arbre élevé, à feuillage élégant; rameaux épineux; fleurs blanches, très-odorantes, en mai et juin.

=Variétés.=--Pyramidalis, -- Pendula, -- Flore luteo, -- Amoena, -- Decaisneana, -- Les variétés sans épines, cultivées sous le nom de Spectabilis, Inermis, Crispa, sortent également du Robinier blanc.

ROBINIER visqueux (_R. viscosa_).--Port de l'Acacia blanc; arbre épineux dans sa jeunesse; rameaux visqueux; fleurs rose pâle, en juin et juillet.

ROBINIER rose (_R. hispida_).--Hauteur, 4 mètres; rameaux très-cassants, couverts de poils rougeâtres; fleurs d'un beau rose, de juin en août. En le greffant rez terre, il forme un charmant arbrisseau.

SAULE pleureur (_Salix Babylonica_).--Arbre d'un aspect très-pittoresque; rameaux longs et flexibles, pendants jusqu'à terre; feuilles lancéolées; fleurs en chaton, en avril et mai.

=Variétés.=--À feuilles de laurier, -- à feuilles de Romarin, -- Argenté, -- En anneau.

Tous les saules peuvent être placés avantageusement dans les jardins paysagers: ils se plaisent particulièrement dans les terrains humides.

SOPHORA du Japon (_Sophora Japonica_).--Grand et bel arbre; feuilles d'un vert foncé; rameaux un peu pendants; fleurs blanchâtres, en juillet. Variété à rameaux pendants.

SORBIER des oiseleurs (_Sorbus aucuparia_).--Hauteur, 5 à 6 mètres; rameaux longs et souvent pendants; fleurs blanches, en mai; fruits d'un beau rouge.

SORBIER domestique (_S. domestica_).--Beaucoup plus élevé que le précédent; fleurs blanches en mai; fruits pyriformes, rougeâtres.

=Variétés.=--Hybride, -- d'Amérique, -- à feuilles de Sureau.

TILLEUL d'Europe (_Tilia Europæa_).--Arbre élevé et rustique; port pyramidal. Cet arbre se couvre de feuilles dès les premiers jours du printemps, mais il les perd beaucoup plus tôt que tous les autres. On l'emploie pour former les avenues. Il est facile à diriger et peut être soumis à une tonte régulière. Fleurs blanchâtres, odorantes, de mars en juin.

=Variétés.=--Corail, -- Pleureur, -- à feuilles laciniées, -- à feuilles panachées.

TILLEUL argenté (_T. argentea_).--Port du Tilleul d'Europe, seulement un peu moins élevé; feuilles d'un vert foncé en dessus, planches et cotonneuses en dessous.

TILLEUL d'Amérique (_T. Americana_).--Arbre très élevé; feuilles très-grandes et dentées.

TULIPIER de Virginie (_Liriodendron tulipifera_).--Arbre d'un beau port, remarquable par la forme de ses feuilles et par ses fleurs, d'un jaune verdâtre mêlé de rouge, semblables à une Tulipe pour la forme et la grandeur; fleurs en juin et en juillet. La plantation des Tulipiers ne doit avoir lieu qu'au printemps, et il faut éviter, autant que possible, de couper aucune branche, car les amputations leur sont très-nuisibles, surtout pendant leur jeunesse.

=Variétés.=--À feuilles entières, -- à fleurs jaunes.

VIRGILIER à bois jaune (_Virgilia lutea_).--Hauteur, 10 mètres environ; fleurs blanches très-belles, en juin.

SECTION XII.--Arbres résineux.

Les arbres résineux, vulgairement nommés arbres verts, doivent être plantés jeunes et de préférence en avril et en mai, époque où ils commencent à végéter. Si l'on se trouvait forcé de planter en automne, il faudrait le faire dès la fin de septembre; autrement on risque de perdre un grand nombre de sujets.

Les Ifs, les Thuias et le Sequoia sempervirens peuvent être taillés; quant aux autres, on doit éviter de les couper; et si jamais il devenait nécessaire de supprimer quelques branches, il faudrait les couper à quelques centimètres de la tige, afin d'éviter une perte de séve, toujours préjudiciable.

On multiplie les arbres verts de graines, semées en avril, ou par la greffe herbacée, en leur donnant pour sujets les variétés les plus ordinaires.

ARAUCARIA IMBRICATA.--Arbre d'une forme pyramidale, très-gracieux; rameaux couverts de feuilles lancéolées, piquantes au sommet.

CÈDRE du Liban (_Cedrus Libani_).--Arbre très-élevé, pyramidal; rameaux horizontaux; cônes ovales oblongs, sans aspérités. On doit toujours le planter isolément, afin de jouir de son effet majestueux.

CÈDRE DEODORA (_Cedrus deodora_).--Cet arbre, si remarquable par ses rameaux pendants et le beau vert glauque de ses feuilles, est d'une croissance rapide et susceptible d'atteindre une grande élévation.

CRYPTOMERIA JAPONICA.--Cet arbre diffère essentiellement des autres arbres verts, par ses feuilles et la disposition de ses rameaux. Pour jouir de toute la beauté des Cryptomeria, il faut les planter isolément.

CYPRÈS (_Cupressus_).--Ces arbres, d'un vert peu sombre, conviennent tous au jardin d'agrément; on les plante en lignes ou isolément, suivant la forme qu'ils affectent. Seul, le Cupressus disticha exige un terrain frais pour prospérer.

=Variétés.=--Sempervirens (pyramidal), -- Funebris, -- Lawsoniana, -- Lambertiana, -- Disticha (chauve).

GENÉVRIER commun (_Juniperus communis_).--Arbrisseau de 4 à 5 mètres de hauteur; rameaux diffus, feuilles piquantes; baies sphériques, d'un bleu noirâtre.

=Variétés.=--De Virginie, -- d'Orient.

IF commun. (_Taxus baccata_).--Arbre rustique, très-rameux; baies rouges. On peut lui faire prendre différentes formes, en le tondant annuellement.

=Variétés.=--À feuilles panachées, -- Pyramidal.

MÉLÈZE d'Europe (_Larix Europæa_).--Arbre très-élevé, d'une forme pyramidale; branches horizontales; feuilles caduques; cônes très-petits.

=Variétés.=--À rameaux pendants, -- Noir d'Amérique.

PINS (_Pinus_).--Arbres très-élevés, rustiques, toujours verts, précieux pour l'ornement des jardins paysagers; on les place isolément ou par groupes, et leur nuance sombre contraste agréablement avec le feuillage des autres arbres.

=Variétés.=--Sylvestris (d'Écosse), -- Laricio (de Corse), -- Austriaca, -- Benthamiana, -- Lambertiana, -- Pinaster, -- Ponderosa, -- Pyrenaica, -- Strobus, -- Sabiniana.

SAPINS (_Abies_).--Les Sapins sont généralement des arbres de haute taille; ils diffèrent des Pins par leur forme pyramidale. Tous peuvent être cultivés dans les grands jardins.

=Variétés.=--Alba (Sapinette blanche), -- Excelsa (Épicéa), -- Canadensis (Hemlock), -- Cephalonica, -- Cilicica, -- Balsamea (Baumier), -- Douglasii, -- Morinda, -- Nobilis, -- Nordmanniana, Pectinata (S. argenté), -- Pinsapo.

SEQUOIA SEMPERVIRENS (_Taxodium sempervirens_).--Grand et bel arbre de la Californie, d'une croissance rapide et d'une grande rusticité. On peut laisser le Sequoia s'élever naturellement, ou bien le tailler comme les Ifs, qualités essentielles, qui doivent le faire rechercher avec empressement.

SEQUOIA GIGANTEA (_Wellingtonia gigantea_).--Également originaire de la Californie, cet arbre est susceptible d'acquérir des proportions gigantesques.

Pour produire tout son effet, il doit être cultivé isolément.

THUIA du Canada (_Thuia occidentalis_).--Hauteur, 8m,33; cime pyramidale; branches verticales; feuilles plates, imbriquées, d'un beau vert.

THUIA de la Chine (_T. orientalis_).--Plus élevé que le précédent; branches flexibles, feuillage vert roussâtre.

=Variétés.=--Aurea, -- Pendula, -- Gigantea, -- Lobbii.

CHAPITRE XVI

Destruction des animaux nuisibles.

Le potager, le verger et le jardin d'agrément sont, trop fréquemment pour l'horticulteur, exposés aux ravages des oiseaux, des petits mammifères et des insectes, qui, à toutes les époques de leur vie, depuis leur sortie de l'oeuf jusqu'à leur métamorphose, vivent aux dépens des végétaux que nous élevons pour notre utilité ou pour notre agrément. Des piéges, des boulettes empoisonnées servent à la destruction des petits rongeurs tels que souris, rats, loirs, lérots, etc. Des piéges, des épouvantails et quelques coups de fusil éloignent les oiseaux; mais le cultivateur doit savoir distinguer ses amis et ses ennemis, et excepter de cette proscription les fauvettes et autres becs fins, les hirondelles et les oiseaux insectivores, qui à toutes les époques de l'année vivent d'insectes, et l'hiver de graines ou de quelques petites baies restées sur les buissons. À l'époque de l'éducation des petits, les moineaux et les autres granivores détruisent une quantité prodigieuse d'insectes, et on doit les ménager pendant cette saison; c'est vers juillet qu'il faut commencer à leur faire une chasse impitoyable.

Quant aux insectes, qui sont si nombreux, et qui par leur multiplicité et leur petitesse échappent à nos moyens de destruction, le nombre en est bien diminué, il est vrai, par la chasse active que leur font les oiseaux; mais leur multiplication est si rapide, qu'ils bravent ces mauvaises chances et semblent n'en devenir que plus incommodes. Il a été proposé un grand nombre de moyens pour les faire disparaître, mais peu d'entre eux réussissent; et de tous ceux qu'on a employés, la recherche attentive et persévérante est sans contredit le plus long, mais le plus certain. On élève dans les jardins des hérissons, des tortues de terre, de petits oiseaux de nuit, la chevêche, entre autres, qui dévorent une grande quantité d'insectes, et de tous ce sont les derniers qui en détruisent le plus; leur utilité est d'autant plus grande qu'ils ne chassent que la nuit, et c'est surtout à cette époque de la journée que beaucoup d'insectes exercent leurs ravages. Nous conseillons donc aux horticulteurs d'avoir dans leur jardin un de ces animaux, qui ne coûtent rien et rendent de grands services. Il faut aussi se garder de détruire les chauves-souris, qui ne se nourrissent que de papillons crépusculaires et de phalènes.

Il est bien aussi quelques insectes qui, tels que les coccinelles ou bêtes à bon Dieu, les syrphes, les calosomes, les ichneumons et les sphex, détruisent un grand nombre d'insectes et de chenilles: ainsi les coccinelles, les syrphes mangent les pucerons, et on peut les laisser se multiplier sans crainte; mais il arrive souvent que certains insectes carnassiers deviennent nuisibles à leur tour quand ils n'ont plus rien à manger. Les ichneumons, les sphex et les syrphes doivent en être exceptés: ils sont toujours utiles et ne nuisent jamais. On peut encore compter les épéires (araignées de jardin) parmi les animaux qui rendent de grands services.

ABEILLES, GUÊPES.--Les fruits mûrs sont souvent attaqués par ces insectes, qui causent des dégâts considérables dans les espaliers. On les détruit en suspendant aux branches de petites fioles remplies d'eau miellée, dans lesquelles ils viennent se noyer; on recherche les nids de guêpes, et l'on asphyxie leurs habitants par la fumée de soufre ou par l'eau bouillante.

ACARUS, vulgairement appelé la _grise_.--Au nombre des causes de destruction des arbres de nos vergers, il faut compter, comme une des plus dangereuses, les piqûres de l'acarus, qui attaque les pêchers et les fait périr. Il s'attache sous les feuilles, en suce le parenchyme, et, malgré sa petitesse, il est si multiplié, qu'il tue l'arbre le plus vigoureux. Le soufre en poudre, appliqué après un bassinage, est le remède le plus efficace que l'on puisse employer pour détruire la grise du pêcher. Les Melons, les Concombres, les Fèves et les Choux attaqués par cette arachnide peuvent être également traités par le même moyen.

ARAIGNÉES.--Si la grosse araignée est inoffensive, il n'en est pas de même des petites, qui courent rapidement sur le sol: elles attaquent les jeunes semis, particulièrement ceux des carottes, en piquent la tige, en sucent la séve et les font périr. On les éloigne en répandant de la suie en poudre sur la terre, et, quand le temps le permet, on fait des bassinages.

COURTILIÈRES.--Ces insectes, qui sont fort gros, et par ce moyen faciles à découvrir, font de grands ravages dans les plantes potagères, et plus particulièrement dans les couches. Les divers moyens de destruction indiqués sont d'arroser la terre avec une eau chargée de savon noir ou d'huile, de planter en terre des pots à demi pleins d'eau dans la direction des galeries des courtilières, afin de les y noyer. Les jardiniers les écrasent simplement à mesure qu'ils les trouvent en retournant les couches, et leur livrent de petits tas de fumier dans lesquels elles viennent se nicher.

CHENILLES et LARVES.--Dans les vergers, l'échenillage attentif est un des moyens les plus infaillibles, car il détruit à la fois les oeufs et les générations suivantes; et si quelques nids échappent, il faut, comme le conseille M. Samuel Curtis, habile amateur anglais, saupoudrer les arbres avec de la chaux vive au moment où les feuilles commencent à se développer, et avant l'épanouissement des fleurs.

M. le docteur Bailly dit aussi qu'on peut facilement détruire les chenilles, lorsqu'elles sont rassemblées, en les aspergeant, à l'aide d'un balai, avec de l'eau mêlée de savon noir: il paraît qu'aussitôt touchées elles sont instantanément frappées de mort; il dit même que l'acide prussique n'agit pas avec plus de promptitude.

Les larves des insectes du genre _Tenthrède_ font le désespoir des amateurs de Rosiers: elles attaquent, de concert avec les autres ennemis de cet arbuste, les jeunes rameaux, et font avorter la fleur. C'est au printemps, dans le mois d'avril, qu'il faut s'attacher à les détruire. L'époque de la journée la plus favorable est le matin, avant qu'elles aient commencé à se disperser; il faut les chercher dans l'extrémité des rameaux, qui sont gonflés par leur présence, et les écraser par la pression, ou bien même fendre la branche avec la pointe d'un canif et en extraire la larve. Quand le mal est trop avancé, il faut couper les rameaux malades.

Les larves de l'_Hylotoma rosæ_ rongent les feuilles des Rosiers, il est facile de les détruire en les écrasant.

Quant aux chenilles qui dévorent les plantes potagères et se tiennent cachées sous les feuilles des plantes ou dans la terre, il faut, après les autres moyens naturels de destruction, essayer pour les tuer les décoctions de suie et de brou de noix, mais compter plus encore sur la recherche qu'on en fait. Les horticulteurs attentifs devront détruire sans pitié tous les papillons, qui sont les propagateurs des ennemis de leurs récoltes.

FOURMIS.--L'incommodité de ces petits insectes est bien connue: ils nuisent aux racines en soulevant la terre dans laquelle ils pratiquent leur demeure; ils attaquent les feuilles et les fruits et ils échappent à beaucoup de moyens de destruction par leur petitesse et leur agilité. Pour les empêcher de monter aux arbres, il faut entourer le pied avec un cordon de laine bien cardée; on les éloigne des pots et des caisses en les entourant d'eau, soit par un support, soit par de petits vases que l'on entretient constamment pleins. Des bouteilles d'eau miellée suspendues aux arbres attirent les fourmis, et elles y trouvent la mort en nombre considérable. Enfin on peut les détruire, comme les courtilières, avec de l'eau mêlée de savon noir ou d'huile.

KERMÈS, COCHENILLES, GALLINSECTES.--Les kermès font un tort considérable au pêcher et en général aux arbres à fruits. Au printemps, ils adhèrent si fortement aux branches, qu'il faut le secours d'une brosse rude pour les en détacher. C'est au mois d'avril qu'on doit en faire la recherche, avant la ponte, et avant qu'ils aient quitté les branches où ils ont passé l'hiver, pour se disperser sur les feuilles des arbres. Il y a plusieurs espèces de kermès toutes généralement appliquées aux branches comme de petites verrues.

LIMAÇONS (_Hélices jardinières_).--Pour s'en débarrasser, on n'a rien de mieux à faire que de les ramasser à mesure qu'on les rencontre, surtout le matin ou après la pluie; on doit aussi chaque fois qu'on rencontre des oeufs les détruire avec soin.

LIMACES (ou _Buhottes_).--Elles font beaucoup de tort aux végétaux, qu'elles dévorent avec une incroyable voracité. Le meilleur moyen de les détruire est sans contredit l'emploi de la chaux hydratée réduite en poudre. Pour la répandre, on se place sous le vent et on la jette à la main, en rasant le sol aussi vivement et aussi régulièrement que possible, afin de la répandre bien également.

LOMBRICS, VERS DE TERRE.--Les lombrics ne font d'autre tort aux plantes que de soulever la terre pour creuser leur galerie, et ce n'est que dans les planches où ont été faits de jeunes semis qu'on doit les détruire. On les fait sortir en battant la terre ou en y enfonçant un bâton que l'on agite en tous sens: ils sortent alors de terre; on les met dans un pot et on les noie, on les écrase, ou mieux encore on les donne à la volaille.

PERCE-OREILLES ou FORFICULES.--Comme tous les insectes qui sortent particulièrement la nuit, les perce-oreilles s'attaquent aux feuilles des végétaux, aux fleurs et aux fruits, qu'ils percent afin de s'y loger. Les Oeillets, les Dahlias, les Roses trémières sont la proie de leur voracité. Pour les détruire, le moyen le plus simple consiste à placer sur des bâtons de petits pots à fleurs renversés, au fond desquels on met un peu de mousse; on visite les piéges tous les matins, et, pour détruire les perce-oreilles qui s'y sont réfugiés, on les plonge dans un baquet plein d'eau.

PUCERONS.--Les pucerons, dont on connaît un grand nombre d'espèces, s'attaquent à toutes les plantes en général. Qu'ils soient gris comme les pucerons lanigères, verts comme ceux des Rosiers, etc., ils causent les mêmes ravages et font périr les végétaux par les succions répétées qu'ils exercent sur leurs feuilles; les fourmis, qu'ils attirent, viennent ajouter aux dégâts qu'ils commettent. On les détruit en nettoyant une à une les branches ou les feuilles qui en sont chargées, en enlevant celles qui ont été trop profondément altérées, ou en les enfumant avec du tabac un peu humide, au moyen de l'appareil nommé _fumigateur_, ou bien en lavant les plantes avec une légère eau de savon noir; la poudre de pyrèthre, recommandée pour la destruction des pucerons, peut être avantageusement remplacée par le tabac en poudre.