Part 12
_Première taille._--Lorsque la tige primitive a trois ou quatre feuilles, on la coupe au-dessus de la seconde feuille (_fig. 11_); ensuite on supprime les cotylédons, dans la crainte que l'humidité ne pourrisse ces organes et qu'ils ne gâtent la tige.
Dans la seconde quinzaine de février, on prépare des couches de 0m,60 d'épaisseur et 1m,33 de largeur, composées de fumier neuf, de feuilles d'arbres et de marc de raisin; ou de fumier neuf et d'un tiers de fumier provenant d'anciennes couches. On les charge d'environ 0m,15 de bonne terre de potager mêlée de terreau; on place les coffres, et après avoir bien étendu la terre dans les coffres, on place les panneaux, on remplit les sentiers à moitié, et, quand la couche a jeté son premier feu, on plante deux pieds de Melon sous chaque panneau. Avant la plantation on fait un rang de trous sur le milieu de la couche; puis, si l'on a repiqué sur couche, on lève les plants avec une bonne motte, et l'on plante un pied de Melon dans chaque trou, en ayant soin de l'enfoncer jusqu'aux premières feuilles. Si l'on a repiqué en pot, on dépote le plant avec précaution. Pour cela, on prend le pot de la main droite, on place la main gauche sur la surface de la terre, de sorte que la tige se trouve entre deux doigts. On renverse le pot, puis on frappe légèrement sur le bord du coffre, et lorsque la motte est sortie du pot, on plante le Melon comme nous l'avons indiqué. Aussitôt après la plantation on donne un peu d'eau au pied; au moment du soleil, on ombrage les panneaux avec un peu de litière, et pendant quelques jours on s'abstient de donner de l'air.
Quelques jours après la plantation on entoure les coffres d'un bon réchaud de fumier, et l'on achève de remplir les sentiers. Pendant la nuit et par le mauvais temps on couvre les panneaux avec des paillassons, puis on donne de l'air toutes les fois que la température le permet.
_Deuxième taille._--La première taille, c'est-à-dire le pincement de la tige primitive, ayant déterminé le développement de deux branches latérales, on en dirige une vers le haut du coffre et l'autre Vers le bas; et lorsqu'elles ont environ 0m,33 de longueur, on les taille au-dessus de la troisième ou quatrième feuille (_fig. 12_), suivant la vigueur des pieds. Arrivé à ce point, et avant le développement de nouvelles branches, on étend sur toute la couche un bon paillis de fumier à moitié consommé.
_Troisième taille._--La seconde taille détermine le développement de trois ou quatre branches sur chaque branche latérale. Pendant leur végétation, on les dirige de manière qu'elles ne se croisent pas; et lorsqu'elles ont environ 0m,33 de longueur, on les taille au-dessus de la troisième feuille (_fig. 13_), sans avoir égard aux fleurs, que l'on supprime, car les premières fleurs du Melon sont ordinairement des fleurs mâles, qu'on nomme fausses fleurs; si par hasard il se trouve quelques fleurs femelles nommées mailles, on supprime aussi les branches où elles se trouvent, car alors les plantes n'étant pas encore assez fortes, les fruits seraient très-inférieurs à ceux qu'on obtiendra plus tard. Après la troisième taille, on surveille avec soin le développement des nouvelles branches; et lorsqu'on a de jeunes fruits noués, on choisit le mieux fait; on pince la branche qui le porte à deux yeux au-dessus du fruit, que l'on garantit avec les feuilles environnantes, de manière qu'il ne soit pas atteint par les rayons directs du soleil, qui le durciraient; puis l'on supprime immédiatement sur chaque pied tous les autres fruits, afin de favoriser le développement de celui que l'on a laissé, et l'on pince toutes les autres branches au-dessus de la seconde feuille (_fig. 13_).
Comme il arrive quelquefois que le jeune fruit n'a pas une forme régulière, ou bien qu'il allonge trop, dans ce cas on le supprime, et l'on fait choix d'une autre maille. Enfin, quand il a atteint à peu près sa grosseur, si les plantes sont vigoureuses, on choisit sur chaque pied, parmi les fruits nouvellement noués, un second fruit, mais en exigeant toujours les mêmes conditions que pour le premier; après quoi on supprime tous les autres, ce qui fera un ou deux Melons sur chaque pied. Les autres soins se bornent à couper toutes les branches nouvelles au-dessus de leurs premières feuilles et à supprimer l'extrémité des branches qui sortiraient du coffre. Pour toutes les opérations qui obligent d'enlever les panneaux, il faut choisir le moment de la journée où la température est la plus douce, afin que le froid ne saisisse pas les Melons, qui sont excessivement tendres. Lorsque les arrosements deviennent nécessaires, on bassine avec l'arrosoir à pomme; mais à cette époque il faut que l'eau qu'on emploie soit au même degré de température que l'atmosphère dans laquelle on la répand, afin de ne point retarder la végétation. Si les Melons poussent très-vigoureusement, il est bon de ne pas arroser ou de ne leur donner que très-peu d'eau avant qu'ils aient des fruits noués; car plus ils sont vigoureux, moins ils sont disposés à fructifier. Chaque jour, au moment du soleil, on donne de l'air aux panneaux, en ayant soin de les soulever à l'opposé du vent. Il ne faut pas, autant que possible, les habituer à être ombragés; il vaut mieux aérer davantage à mesure que le soleil prend de la force. En effet, lorsqu'on a commencé, il faut continuer, et avec beaucoup d'exactitude; car souvent il ne faut qu'un rayon de soleil pour brûler les feuilles. On continue de couvrir les panneaux toutes les nuits; et à partir de l'époque de la plantation, il faut entretenir les réchauds à la hauteur des panneaux et les remanier tous les mois environ, en ajoutant chaque fois au moins la moitié de fumier neuf, afin d'entretenir la chaleur de la couche; mais il ne faut pas refaire les réchauds dans toute leur profondeur une fois que les Melons pousseront vigoureusement, car ils ont des racines qui rampent presque à la superficie du sol; et comme elles se développent rapidement, elles ne tardent pas à pénétrer dans les sentiers; c'est pourquoi il faut s'abstenir de toute opération qui pourrait en arrêter le développement.
Par ce traitement, les fruits de la première saison commencent à mûrir dans la première quinzaine d'avril, et ceux semés en février donnent en mai[8].
[Note 8: Un fait assez important à connaître est le point précis de la maturité des Melons. À ce sujet, nous dirons qu'il n'est pas toujours indispensable d'attendre la maturité complète pour récolter un Melon; il suffit qu'il soit frappé, c'est-à-dire qu'il commence à changer de couleur ou de teinte; lorsqu'il est arrivé à ce point, on peut le cueillir, le déposer dans un lieu frais, où il achève de mûrir sans rien perdre de sa qualité; par ce moyen, on peut facilement prolonger la récolte. Bien qu'il ne soit pas toujours facile de constater la maturité d'un Melon, nous dirons qu'on le juge arrivé au point d'être mangé, lorsqu'il prend une coloration jaune, qui devient assez intense dans les variétés de couleur claire; lorsque la queue se cerne à son point d'insertion, comme si elle allait se détacher; enfin lorsque le fruit répand une odeur agréable, et qu'en pressant doucement l'ombilic (le point opposé à la queue), on le sent fléchir sous le doigt. Les variétés à écorces minces sont les plus faciles à distinguer; quant aux Cantaloups, ils présentent plus d'incertitude.]
Les Melons de primeur sont au nombre des plantes qu'il est avantageux de chauffer avec le thermosiphon, car une des circonstances les plus défavorables à cette culture est l'absence du soleil, ce qui a souvent lieu en janvier et février; et comme, malgré la rigueur de la température, il est nécessaire de bassiner les Melons, a cause de la chaleur de la couche, il arrive souvent que l'atmosphère du châssis se charge d'humidité et que de nombreuses gouttelettes d'eau se forment sur toute la surface intérieure des panneaux; or, si la température ne permet pas de donner de l'air, cet excès d'humidité occasionne la coulure des fleurs. C'est dans cette circonstance qu'on peut apprécier l'effet bienfaisant du thermosiphon. Comme on règle ce chauffage à volonté, on peut donner de l'air toutes les fois qu'il est nécessaire. Par ce moyen, les soins sont exactement les mêmes que ceux précédemment indiqués; seulement on fait une couche beaucoup moins forte, et on fait circuler les tuyaux de l'appareil au-dessous de la couche.
Dans la seconde quinzaine de février on sème une seconde saison de Melons.
Comme à l'époque où ces Melons sont bons à planter la température commence à être plus favorable, on ne fait plus les couches aussi fortes, et il n'est plus nécessaire de refaire les réchauds aussi souvent. Une quinzaine de jours après le repiquage, on choisit un emplacement bien exposé au midi, mais où l'on n'ait pas cultivé de Melons l'année précédente; car, pour que le succès de cette culture soit plein et entier, il ne faut pas planter deux années de suite sur le même terrain. On fait une première tranchée de 1 mètre de largeur et de 0m,33 de profondeur; on dépose les terres à l'extrémité du carré, c'est-à-dire à l'endroit où l'on doit faire la dernière tranchée; puis on prépare une bonne couche d'environ 0m,66 d'épaisseur, composée, comme pour les Melons de première saison, de fumier, de feuilles ou de marc de raisin. Ensuite on ouvre une tranchée à 0m,66 de la première, et avec de la terre, si elle n'est pas trop compacte, on charge la couche de 0m,15; on fait une couche dans la seconde, et ainsi de suite jusqu'au bout du carré, où l'on trouvera la terre de la première tranchée pour charger la dernière couche.
Après cela, on laboure les sentiers, on place les coffres, on étend la terre dans l'intérieur des coffres, on pose les panneaux, puis on entoure les coffres d'un bon réchaud de fumier, et on remplit les sentiers. Lorsque la chaleur de la couche est au point convenable, on plante deux pieds de Melon sous chaque panneau et on leur donne les mêmes soins qu'aux Melons de première saison.
_Melons sous cloches._--Pour planter sous cloches, on peut encore semer les Melons cantaloups Prescott; mais beaucoup de jardiniers préfèrent les Melons brodés, qui fructifient beaucoup plus. Vers la fin de mars ou le commencement d'avril, on sème sur couches et sous panneaux, en ayant soin d'observer tout ce qui a été indiqué pour l'éducation du plant de première saison. Quelque temps avant la plantation, on fait une tranchée de 0m,65 de largeur sur 0m,40 de profondeur, puis on prépare une couche d'environ 0m,75 d'épaisseur. On la bombe légèrement au milieu, et on la couvre d'un lit de bonne terre mêlée de terreau. Lorsque la chaleur de la couche est favorable, on plante ces Melons sur un rang et à 0m,66 les uns des autres. Aussitôt après la plantation, on couvre chaque Melon d'une cloche, que l'on enveloppe de litière pendant deux ou trois jours, pour favoriser la reprise du jeune plant; pendant la nuit, on couvre les cloches avec des paillassons. Dès que les Melons commencent à végéter, on donne un peu d'air en soulevant les cloches pendant le jour, puis on augmente graduellement jusqu'au moment de les enlever, ce qui a lieu lorsqu'elles ne peuvent plus contenir les branches, mais ce qu'il ne faut faire que par un beau temps, car il vaudrait mieux retarder cette opération que de les enlever par un temps humide. À partir de l'époque ci-dessus indiquée jusqu'à la Saint-Jean (du 20 au 25 juin), on peut successivement planter plusieurs saisons de Melons sous cloches. L'éducation du plant, la taille et les autres soins sont en tout conformes à ceux indiqués pour les Melons cultivés sous panneaux.
_Melons sur buttes._--Nous allons maintenant donner la description d'une méthode aussi simple que peu dispendieuse, récemment indiquée par M. Loisel. Dans le courant de mai on élève sur le sol des buttes en forme de cône, faites avec du fumier à moitié consommé, des feuilles ou de la mousse. On leur donne environ 0m,50 ou 0m,60 de diamètre à la base, 0m,60 de hauteur, et on les établit à environ 1 mètre l'une de l'autre. Les fumiers doivent être préparés comme pour les autres couches, c'est-à-dire qu'il faut bien les mélanger, et les mouiller s'ils sont trop secs; puis, à mesure qu'on les emploie, il faut les fouler de manière que les buttes subissent le moins de tassement possible; et, quelle que soit la nature des substances employées pour construire ces buttes, il faut les couvrir d'environ 0m,15 de bonne terre, préparée comme nous l'avons indiqué précédemment. On fait sur le sommet de chaque butte un petit trou d'environ 0m,10 de diamètre, que l'on remplit de terreau fin; puis on sème trois ou quatre graines dans chacun, pour ne laisser plus tard que les deux pieds les plus vigoureux, ou bien, ce qui est encore préférable, on plante des pieds tout élevés. Il faut, dans ces deux cas, les couvrir aussitôt d'une cloche, que l'on enlèvera lorsqu'elle ne pourra plus contenir les branches. Nous renvoyons, pour les soins à donner et pour la première taille, à ce qui a été dit à l'égard des Melons sous châssis. Avant d'enlever les cloches, on binera légèrement la terre des buttes, en ayant soin de leur conserver leur forme arrondie, ainsi que le terrain environnant, puis on les couvrira complétement d'un paillis de fumier, que l'on peut étendre à 1 mètre environ autour. Cette couverture a l'avantage de maintenir la fraîcheur des arrosements. On visitera les buttes de temps à autre. Les soins à donner consistent à faire descendre les branches qui prendraient une mauvaise direction, à arracher les mauvaises herbes à mesure qu'elles paraîtront; et lorsque les branches seront arrivées à peu près au milieu de la butte, on en pincera l'extrémité. Cette opération donnera naissance à de nouvelles branches, qui se chargeront bientôt de fleurs et de fruits; et comme elles atteignent promptement le bas de la butte, il en faut couper une dernière fois toutes les extrémités, lorsqu'elles commencent à ramper sur le sol. Une fois arrivé à ce point, tous les soins se borneront à les arroser au besoin et à poser une tuile ou un bout de planche sous chaque fruit, lorsque celui-ci sera arrivé à peu près à moitié de sa grosseur. Outre l'économie que présentent ces buttes, elles offrent l'avantage d'être plus facilement pénétrées par les rayons solaires, ce qui est un point important dans les cultures de ce genre. D'un autre côté, l'inclinaison des branches est tellement favorable à la fructification, que chaque butte peut facilement produire 10 ou 12 bons Melons dans le courant de l'été; les premiers commencent ordinairement à mûrir dans la seconde quinzaine de juillet, et continuent à donner des fruits jusqu'en septembre.
On divise les Melons en trois races, dont nous allons indiquer les meilleures variétés:
_Melons brodés._--Maraîcher.--Sucrin de Tour.--S. à chair blanche.--Ananas d'Amérique,--d'Arkangel,--de Grammont,--de Honfleur,--de Cavaillon.
_Melons cantaloups._--Orange.--Noir des Carmes,--de Vingt-Huit Jours.--Prescott fond blanc.--Pr. fond gris.--Galeux fond vert,--de Portugal.--Noir de Hollande.
_Melons à écorce lisse._--De Malte,--de M. à chair rouge,--d'Hiver,--de Perse.[9]
[Note 9: Ces Melons, déposés dans un lieu sec, se conservent sans altération jusqu'en janvier, et quelquefois plus longtemps.]
_Melons d'eau, Pastèques_ (_Cucurbita Citrullus_).--On les cultive comme les Melons à cloches, à cette différence près, qu'on laisse une plus grande quantité de fruits sur chacun.
La durée germinative des graines de Melons est de cinq ans.
NAVET (_Brassio Napus_).--Les navets viennent assez bien dans tous les sols, mais ils préfèrent une terre douce et sablonneuse; ce n'est même que dans un sol de cette nature qu'ils acquièrent une bonne qualité. On les sème à la volée, depuis le mois de mai jusqu'au commencement de septembre, et autant que possible par un temps pluvieux. Lorsque le plant est assez fort, on l'éclaircit plus ou moins, suivant la grosseur de la variété. Ceux que l'on destine pour la consommation d'hiver doivent être semés en juillet et août. On les arrache à l'approche des froids, et on leur coupe la fane, afin qu'ils ne repoussent pas; puis on les met en jauge et on les couvre de paille pendant les gelées; de cette façon on peut les conserver jusqu'en avril. On en cultive un grand nombre de variétés, que l'on divise en _Navets tendres_, _demi-tendres et secs_; pour les premiers et les derniers semis, ce sont les tendres qu'il faut prendre, comme étant les plus hâtifs.
Les graines de Navet mûrissent en juin, et se conservent bonnes pendant cinq ans.
_Navets tendres._--Des Vertus.--Blanc plat hâtif.--Rouge plat hâtif.--Boule de Neige.
_Navets demi-tendres._--Jaune de Hollande.--J. d'Écosse.--J. de Malte.--J. de Finlande.--Rose du Palatinat.--Rond de Croissy.--Gris de Morigny.
_Navets secs._--De Freneuse,--de Meaux,--de Berlin petit.--Jaune long.
OIGNON (_Allium cepa_).--L'Oignon aime une terre douce et substantielle, fumée de l'année précédente; on le sème à la volée dans la seconde quinzaine de janvier, si le temps est favorable, mieux en février et même en mars dans les terres fortes. Après le semis, on herse et on foule le terrain; dans les terres légères, il faut même affermir le sol avant de semer; puis on passe le râteau, et on recouvre les graines d'une légère couche de terreau. Si le temps est sec, on arrose de temps à autre, afin de favoriser la germination; puis, lorsque les graines ont bien levé, on éclaircit dans les places où le plant est trop épais, et l'on repique dans celles où il en manque. Pendant leur végétation les Oignons n'exigent d'autres soins que des binages et des arrosements, qu'il faut même supprimer dès qu'ils commencent à tourner; assez ordinairement, lorsqu'ils ont atteint leur grosseur, on abat les fanes avec le dos du râteau, afin d'arrêter la circulation de la séve au profit de l'Oignon. On récolte les Oignons vers la fin d'août ou au commencement de septembre; après les avoir arrachés, on les laisse sur le terrain pendant une quinzaine de jours, pour qu'ils achèvent de mûrir, après quoi on les dépose dans un grenier. Si l'on a soin de les étendre et d'enlever tout ce qui pourrait engendrer de la pourriture, on peut en conserver jusqu'à la fin de mai.
=Variétés.=--Rouge foncé, -- R. pâle, -- Jaune des Vertus, -- Souffré d'Espagne, -- pyriforme, -- de Madère.
On peut aussi les semer au mois d'août: par ce moyen, l'on a même des Oignons deux mois plus tôt; mais il arrive souvent que beaucoup montent à graine au printemps.
_Oignon blanc._--On le sème en pépinière et à la volée dans la première quinzaine d'août, pour le repiquer en octobre, et vers la fin du même mois pour repiquer en mars. En octobre dans les terres légères, et en mars dans les terres fortes, on prépare le terrain qu'on destine à la plantation de l'Oignon blanc. On trace 10 ou 12 rangs par planche de 1m,33 de largeur, et l'on repique les Oignons à 0m,10 de distance sur la ligne.
Dans les hivers rigoureux, il est prudent de couvrir le plant avec de la litière. On commence à récolter les Oignons blancs vers la fin d'avril ou au commencement de mai.
Si, par une circonstance imprévue, il arrivait qu'on manquât de plant ou bien que la quantité fût insuffisante, on peut semer en janvier ou en février sur couche et sous panneaux; on peut aussi en semer en pleine terre en février et mars; ces Oignons produiront beaucoup plus tôt que les autres variétés semées à la même époque.
=Variétés.=--Oignon blanc hâtif, -- Oignon blanc gros.
_Oignon d'Égypte_ ou _Rocambole_.--Il diffère des autres en ce qu'il porte sur sa tige des bulbilles qui servent à le multiplier. On les plante en mars, à 0m,12 les uns des autres, et chacun de ces bulbilles produit un bon et gros Oignon, que l'on arrache lorsque les feuilles jaunissent; on les dépose dans un lieu très-sec pour servir à la consommation, en ayant soin toutefois de réserver le nombre nécessaire pour la plantation, qui doit avoir lieu en mars suivant. Chacun de ces Oignons monte en tige, et rapporte des bulbilles que l'on conserve pour replanter à l'époque précédemment indiquée.
_Oignon Patate._--On le plante en février ou plus tôt, si le temps le permet, à 0m,30 ou 0m,40 de distance; pendant sa végétation on le butte à plusieurs reprises, afin de favoriser le développement des bulbes qui croissent au tour de l'Oignon mère.
On récolte les graines d'Oignons en août, et elles se conservent pendant deux ans.
OSEILLE (_Rumex acetosa_).--On la multiplie au printemps par éclats de pieds ou par graine, qu'on sème en rayons depuis mars jusqu'en juillet. Après le semis on recouvre les graines d'une légère couche de terreau, et l'on donne de fréquents bassinages: on en fait ordinairement des bordures; mais, pour n'en pas manquer en été, il faut aussi la cultiver en planches, auxquelles on donne de copieux arrosements pendant la sécheresse.
On fait la dernière récolte vers la fin d'octobre; après quoi on donne un binage, puis on étend un bon paillis de fumier à moitié consommé sur chaque planche, ou bien, à la même époque, on relève les touffes d'Oseille pour les mettre en jauge et les chauffer en hiver.
À cet effet, on prépare une couche de 0m,35 à 0m,40 d'épaisseur, dont la chaleur soit de 10 à 12 degrés; on place les coffres, et on charge la couche de 0m,15 à 0m,20 de terreau; après quoi on plante 10 à 12 rangs d'Oseille par coffre. Pendant les gelées on couvre les panneaux avec des paillassons; on donne de l'air aussi souvent que possible.
On peut aussi forcer l'Oseille sur place. Pour cela, l'on pose des coffres sur les planches, puis des panneaux. On creuse les sentiers qui entourent les coffres, et l'on élève un réchaud de fumier, que l'on remanie de loin en loin.
On commence à chauffer l'Oseille vers la fin de novembre ou au commencement de décembre, et l'on peut continuer successivement jusqu'à la fin de février.
Les graines d'Oseille mûrissent en juillet, et se conservent pendant deux ans.
=Variétés.=--Vierge, -- de Belleville, -- de Frévent.
_Oseille Épinard._--On cultive sous ce nom la Patience des jardins, _Rumex Patientia_. Cette plante a les feuilles grandes et allongées; elle est d'une saveur plus douce que l'Oseille, et se multiplie facilement, soit de graines semées au printemps, en place ou en pépinière, pour être repiquées, ou bien par éclat des pieds. Il faut les mettre. à environ 1 mètre l'un de l'autre.
La durée germinative des graines de Patience est de trois ans.
OXALIS CRÉNELÉE (_Oxalis crenata_).--Cette plante est d'une multiplication et d'une culture très-faciles; elle produit un grand nombre de petits tubercules, mais dont la saveur plaît généralement peu. Les feuilles et les sommités des pousses peuvent être mangées comme Épinards. On la multiplie par tubercules ou par boutures, que l'on plante en avril et mai, à 1 mètre de distance; et dès qu'elles ont poussé d'environ 0m,12, on commence à les butter au centre, afin de forcer chaque jet à prendre une direction horizontale; puis, à mesure qu'elles s'allongent, on les charge successivement de terre jusqu'en septembre, époque où les tubercules commencent à se former. À l'approche des gelées, on étend sur le terrain une couche de fumier ou de feuilles, afin de ne faire la récolte que le plus tard possible, car les tubercules grossissent jusqu'à une époque assez avancée.
PANAIS (_Pastinaca sativa_).--Il leur faut une terre profonde et substantielle. On peut les cultiver comme les Carottes, mais il faut les éclaircir davantage, parce que les fanes sont beaucoup plus larges; on peut les laisser en terre pendant l'hiver, car ils ne craignent nullement les gelées.
La graine de Panais mûrit vers la fin d'août et n'est bonne que pendant un an.
=Variétés.=--Panais long, -- Panais rond.