Part 5
—Communicare, v. *Impertire*. —Comœdus, v. *Actor*. —Compar, v. *Æquus*. —Compedes, v. *Vincula*. —Compendium, v. *Lucrum*. —Compescere, v. *Coercere*. —Complecti, v. *Amplecti*. —Conari, v. *Audere*.
Complementum. Supplementum. *Complementum*, ce qui sert, comme une clef de voûte, à compléter, à parfaire; *supplementum*, ce qui sert à remplacer après coup, à remplir des lacunes.
Concedere. Permittere. Indulgere. Connivere. *Concedere* et *permittere*, accorder quelque chose dont on dispose en vertu d’un droit personnel illimité: *concedere*, à la suite d’une prière ou d’une insinuation, par opposition à refuser, concéder, συγχωρῆσαι; *permittere*, par confiance et générosité, par opposition à défendre, permettre, ἐφεῖναι. *Indulgere* et *connivere*, souffrir une chose qui est officiellement défendue: l’*indulgens*, par longanimité patente, comme condescendre; le *connivens*, en feignant de fermer les yeux.
Concessum est. Licet. Fas est. *Concessum est*, ἔξεστι, ce qui est permis en général; ce terme est dans le rapport du genre à l’espèce avec *licet*, *licitum est*, ce qui est permis aux yeux des hommes en vertu de maximes consacrées soit par des lois positives, soit par les mœurs et la coutume, comme θέμις ἐστὶ, et avec *fas est*, ce qui est permis aux yeux des dieux en vertu de maximes révélées soit par la religion, soit par le sentiment moral, comme ὅσιόν ἐστι.
Concilium. Concio. Comitia. Cœtus. Conventus. 1. *Concilium*, *concio* et *comitia*, assemblées convoquées pour affaires: *concilium*, assemblée de nobles et de notables, de l’aristocratie, du sénat, dont les membres sont invités individuellement au conseil, συνέδριον; *concio* et *comitia*, réunion de la commune convoquée par publication pour prendre une résolution ou pour en entendre communiquer une: *concio*, *contio*, se dit de toute assemblée régulière de la commune, soit peuple, soit armée, dans le premier pays ou le premier camp venu, σύλλογος; *comitia* est le terme historique réservé pour l’assemblée du peuple romain, comme ἐϰϰλησία pour l’assemblée d’Athènes, et ἁλία pour celle de Sparte.
2. *Cœtus* et *conventus*, assemblées volontaires qui se réunissent librement: *cœtus*, dans un but quelconque, par exemple, pour les plaisirs de la société, pour des conspirations, σύνοδος; *conventus*, dans un but sérieux, par exemple, pour célébrer une fête, pour écouter une proposition, ὁμήγυρις, πανήγυρις.
Conclave. Cubiculum. *Conclave*, terme général pour toute pièce qui ferme et par préférence pièce de parade; *cubiculum*, terme particulier pour la pièce où l’on se tient d’habitude.
—Concordia, v. *Otium*. —Condere, v. *Celare* et *Sepelire*.
Conditio. Status. *Conditio*, état réglé par la volonté; *status*, état créé par les circonstances. Cic. Fam. XII, 23. Omnem *conditionem* imperii tui *statum*que provinciæ demonstravit mihi Tratorius. Tratorius m’a rendu compte des conditions auxquelles tu as pris le commandement et de l’état de ta province.
—Confestim, v. *Repente*. —Confidentia, v. *Fides*. —Confidere, v. *Fidere*. —Confinis, v. *Vicinus*.
Confisus. Fretus. *Confisus*, plein de confiance et d’abandon, comme *securus* et πεποιθώς; *fretus*, protégé, comme *tutus* et ἐῤῥωμένος.
—Confiteri, v. *Fateri*. —Confligere, v. *Pugnare*. —Confutare, v. *Refutare*. —Congeries, v. *Acervus*. —Conjux, v. *Femina*. —Connivere, v. *Concedere*. —Consanguineus, v. *Necessarius*. —Conscendere, v. *Scandere*. —Consecrare, v. *Sacrare*. —Consequi, v. *Invenire*.
Conjugium. Matrimonium. Contubernium. Nuptiæ. *Conjugium* et *matrimonium*, union durable de l’homme et de la femme en vue d’une communauté d’existence et de la reproduction: *conjugium*, terme général marquant une simple liaison naturelle qui existe même chez les animaux; *contubernium*, union par mariage entre esclaves; *matrimonium*, mariage véritable et légal entre personnes libres et citoyens, institution civile et politique; *nuptiæ* ne désigne que le point de départ du *matrimonii*, les noces ou la fête qui accompagne l’union.
Considerare. Contemplari. *Considerare* présente la contemplation comme un acte de l’intelligence qui cherche à former un jugement; *contemplari*, comme un acte du sentiment qui s’abîme dans son objet, qui s’abandonne entièrement aux impressions agréables ou désagréables que l’objet éveille.
—Consors, v. *Socius*. —Conspectus, conspicere, v. *Videre*.
Constat. Apparet. Elucet. Liquet. *Constat* veut dire: c’est une vérité démontrée et établie, par opposition à un songe creux, à un bruit incertain; *apparet*, *elucet* et *liquet* signifient: c’est une chose claire et évidente. *Apparet* associe à cette idée l’image d’une apparition qui se détache sur un fond; *elucet*, celle de la lumière qui jaillit de l’obscurité; *liquet*, celle d’une eau qui dégèle et redevient limpide.
—Constituere, v. *Destinare*.
Consuetudo. Mos. Ritus. Cærimonia. 1. Les trois premiers marquent l’observation régulière d’une pratique. *Consuetudo* est l’habitude qui se forme d’elle-même, qui a sa raison d’être dans les penchants de l’individu ou du peuple, dans ce qui leur est commode, έθος; *mos*, les mœurs procédant de la raison et de la volonté qui a conscience d’elle- même, ayant leur raison d’être dans les idées morales ou esthétiques du droit, de la vertu et de la décence, ἦθος; *ritus*, enfin, usage sacré ou implanté par l’instinct de la nature ou introduit par les dieux à titre de cérémonie, n’ayant en aucun cas une origine purement humaine. Les *consuetudines* n’existent qu’à l’état de simples faits et n’ont point de valeur morale; les *mores* ont reçu une sanction morale par un consentement tacite, de même que les *jura* *leges*que par une convention formelle; les *ritus* existent naturellement et sont consacrés par leur haute antiquité. C’est ce dernier mot que les bons auteurs en prose emploient par préférence en parlant de l’instinct des animaux à cause de la force avec laquelle il marque que l’habitude est primitive, naturelle, inséparable de l’être même.
2. *Ritus*, usage sacré établi et enseigné par les dieux ou par la nature; *cærimonia*, même usage considéré dans ses applications au culte.
—Consuevisse, v. *Solere*. —Consummare, v. *Finire*. —Contagium, v. *Lues*.
Contaminare. Inquinare. Polluere. *Contaminare* désigne la souillure par son côté nuisible comme venant gâter ce qui était sain et utile; *inquinare*, par son côté dégoûtant, elle défigure la beauté; *polluere*, par son côté moral, elle viole la sainteté et la pureté. Le second de ces trois verbes répond à μορύσσειν; le troisième à μιαίνειν. Cic. Cæcil. 21, 70. Judiciis corruptis et *contaminatis*. Les arrêts de la justice brisés et flétris. Comparez avec Cœl. 6. Libidinibus *inquinari*. Porter les marques affreuses de la débauche. Et Rosc. Am. 26, 71. Noluerunt in mare deferri ne ipsum *pollueret*, quo cætera quæ violata sunt expiari putantur. On ne voulut pas souffrir qu’il fût jeté à la mer, de peur de profaner la mer même, qui passe pour purifier toutes les souillures.
—Contemnere, v. *Spernere*. —Contemplari, v. *Considerare*. —Contendere, v. *Dicere*. —Contentio, v. *Disceptatio*. —Contentum esse, v. *Satis habere*. —Continentia, v. *Modus*. —Contingere, v. *Accidere*. —Continuo, v. *Repente*.
Continuus. Perpetuus. Sempiternus. Æternus. 1. *Continuum*, ce qui tient ensemble sans interruption, sans lacune; *perpetuum*, ce qui va jusqu’à la fin et ne cesse pas avant la fin. Suet. Cæs. 76. *Continuos* consulatus, *perpetuam* dictaturam. Des consulats qui se succèdent coup sur coup, une dictature perpétuelle.
2. *Perpetuus*, *sempiternus* et *æternus* marquent la continuité dans la durée: *perpetuus*, au sens relatif, par rapport à un terme arbitraire, par exemple à celui de la vie, ce qui dure autant que la vie; *sempiternus* et *æternus*, au sens absolu, par rapport au terme du temps en général. *Sempiternum* veut dire, comme ἀΐδιον, ce qui dure toujours, ce qui a une existence égale à la durée du temps, ce qui marche de pair avec le temps; *æternum* signifie, comme αἰώνιον, ce qui est éternel, ce qui est au-dessus du temps et ne se peut mesurer que par grandes périodes, car le temps n’est qu’une faible partie de l’éternité, tempus est pars quædam *æternitatis*. Cic. Inv. I, 27. L’idée sublime d’une durée qui ne commence ni ne finit, contenue dans *æternus*, ne l’est pas dans *sempiternus*, qui fait plutôt songer à la longueur de la durée comprise entre le commencement et la fin, sans indiquer que l’éternité n’a ni commencement ni fin. *Sempiternus* renferme l’expression mathématique; *æternus*, l’expression métaphysique de l’éternité. Cic. Orat. II, 40, 69. Barbarorum est in *diem* vivere, nostra consilia *sempiternum* tempus spectare debent. C’est affaire aux barbares de vivre au jour le jour; nos plans doivent embrasser un temps indéfini. Finn. I, 6, 17. Motum atomorum *nullo* a principio sed ex *æterno* tempore intelligi convenire. Il va sans dire qu’il faut concevoir le mouvement des atomes comme n’ayant jamais eu de commencement, comme existant depuis un temps infini.
—Contrarius, v. *Varius*. —Controversia, v. *Disceptatio*. —Contubernium, v. *Conjugium*. —Contumacia, v. *Pervicacia*. —Contueri, v. *Videre*.
Contumelia. Injuria. Offensio. 1. *Contumelia*, atteinte portée à l’honneur d’autrui, comme l’affront; *injuria*, atteinte au droit d’autrui, comme l’injustice. Un coup est une *injuria* en tant que je porte la main sur quelqu’un, et une *contumelia* en tant que je lui attire par une pareille action la réputation fâcheuse d’être un lâche ou un valet. Sen. Clem. I, 10. *Contumelias* quæ acerbiores principibus solent esse quam *injuriæ*. Les affronts qui paraissent d’habitude plus amers aux princes que les injustices. Pacuv. dans NON. Patior facile *injuriam* si vacua est *contumelia*. Je supporte aisément une injustice pourvu qu’il n’y ait pas d’affront.
2. *Contumelia* et *injuria* sont des actions; *offensio* et *offensa* marquent un état, à savoir: le chagrin de l’offensé, le ressentiment par opposition à *gratia* ou à *delectatio*. Cic. Att. III, 23. Mihi majori *offensioni* sunt quam delectationi possessiunculæ meæ. Mes pauvres petites propriétés me donnent plus de peine que de plaisir. Plin. Ep. II, 18. Oportet me non solum *offensas*, verum etiam simultates æquo animo subire. C’est un devoir pour moi de m’exposer sans me laisser émouvoir et aux mécontentements et aux rancunes jalouses.
—Conventus, v. *Concilium*. —Convertere, v. *Vertere*. —Convivium, v. *Epulæ*. —Convicium, v. *Maledictum*. —Copia, v. *Occasio*. —Copiæ, v. *Exercitus*. —Copiosus, v. *Divitiæ*. —Cordatus, v. *Sapiens*. —Corpulentus, v. *Pinguis*. —Corpus, v. *Cadaver*.
Corrigere. Emendare. *Corrigere*, corriger à la façon du pédagogue ou du censeur qui veut redresser ou rajuster; *emendare*, à la façon du maître expérimenté et de l’ami bienveillant qui veut amender. Plin. Pan. 6, 2. Corrupta est disciplina castrorum, ut tu *corrector* *emendator*que contingeres (le premier par sévérité, le second par sagesse). La discipline avait péri dans les camps, mais tu devais paraître pour la restaurer et la rétablir. Cic. Mur. 29. Verissime dixerim nulla in re te (Catonem) esse hujusmodi, ut *corrigendus* potius quam leviter *inflectendus* viderere. Je puis dire en toute vérité que tu n’as montré nulle part un caractère qui voulût être tout à fait redressé plutôt que légèrement dirigé. Comparez avec PLIN. Ep. I, 10. Non *castigat* errantes, sed *emendat*. Il ne réprimande pas ceux qui s’égarent, il les rend meilleurs.
—Corrumpere, v. *Depravare*. —Coruscare, v. *Lucere*.
Coxa. Latus. Femur. *Coxa* et *coxendix*, la hanche; *latus*, la partie comprise entre la hanche et l’aisselle ou le flanc; *femur* et *femen*, la partie située immédiatement au-dessus de la hanche ou partie supérieure de la cuisse.
—Crapula, v. *Ebrius*. —Crater, v. *Poculum*.
Creare. Gignere. Parere. Generare. 1. *Creare*, faire passer une chose du néant à l’existence par sa volonté et sa puissance créatrice; *gignere*, donner le jour, c’est le terme générique par rapport à *generare* qui ne se dit que du père, et à *parere* qui ne se dit que de la mère.
2. *Gignere* appartient au langage usuel; *generare*, au style élevé. Aussi dit-on pour l’ordinaire: homines et belluæ *gignunt*; natura et dii *generant*, et corpora *gignuntur*; poemata *generantur*. Dans Cic. N. D. III, 16, Herculem Jupiter *genuit* est un simple renseignement mythologique; mais Legg. I, 9, Deus hominem *generavit*, c’est une haute vérité métaphysique.
—Crebro, v. *Sæpe*. —Credere, v. *Censere* et *Fidere*. —Cremare, v. *Accendere*. —Crepitus, v. *Fragor*. —Crepusculum, v. *Mane*. —Criminari, v. *Arguere*.
Crinis. Capillus. Coma. Cæsaries. Pilus. Cirrus. Cincinnus. 1. *Crinis* et *capillus*, les poils naturels, au sens physique, θρίξ: *crinis*, toute espèce de poil par opposition aux places nues; *capillus*, le poil de la tête par opposition à la barbe, etc. *Coma* et *cæsaries* ajoutent à cette idée celle d’une certaine beauté. Ce sont de beaux cheveux, c’est la chevelure prise comme un ornement naturel du corps ou comme susceptible d’être parée. *Coma* se dit par préférence des cheveux de femme, ϰόμη; *cæsaries*, des cheveux d’homme, ἔθειρα. *Crinitus* marque simplement qu’on a des poils ou des cheveux; *capillatus* est l’opposé d’une tête chauve, et on appelle les Gaulois *Galli comati*, parce qu’ils portaient de longs cheveux, ϰαρηϰομόωντες.
2. *Crinis*, *capillus*, *coma*, *cæsaries*, le poil au sens collectif, tout celui qui pousse; *pilus*, le poil isolé, et par préférence le poil court et hérissé des animaux. *Pilosus* s’oppose à une belle peau bien lisse; *crinitus* et *capillatus* à la nudité laide et à la calvitie.
3. *Cirrus*, *cincinnus*, cheveux bouclés; mais *cirrus* se dit d’une boucle naturelle; *cincinnus*, d’une boucle artificielle.
Cruciatus. Tormentum. *Cruciatus*, *cruciamenta*, terme général pour toute espèce de tourments naturels et artificiels; *tormenta*, terme spécial pour les tourments de la question, tortures. Cic. Phil. XI, 4. Nec vero graviora sunt carnificum *tormenta* quam interdum *cruciamenta* malorum. Les tortures de la question ne sont pas toujours plus pénibles que les souffrances qui viennent de nos maux.
—Crudelitas, v. *Sævitia*. —Cruentus, cruor, v. *Sanguis*.
Cubare. Jacere. Situm esse. *Cubare* se dit d’êtres vivants; *situm esse*, d’objets inanimés qui sont couchés ou étendus; *jacere*, des deux. *Cubare* et *jacere* sont neutres; *situm esse* se prend toujours au sens passif. De plus *cubare* rappelle toujours l’image d’une personne fatiguée qui cherche à reprendre des forces, par opposition à l’effort qu’il en coûte pour se tenir debout; *jacere*, l’image de la faiblesse sans idée accessoire par opposition à la manifestation de force qui consiste à se tenir debout.
—Cubiculum, v. *Conclave*.
Cubile. Lectus. *Cubile*, couche naturelle pour les hommes et les animaux, gîte, ϰοίτη, εὐνή; *lectus*, couche artificielle, exclusivement à l’usage de l’homme, le lit, λέϰτρον.
—Cubitus, v. *Ulna*. —Cudere, v. *Verberare*. —Cudo, v. *Cassis*.
Culcita. Pulvinus. Pulvinar. *Culcita*, coussin dur; *pulvinus* et *pulvinar*, coussins moelleux et élastiques: *pulvinus*, pour l’usage ordinaire; *pulvinar*, pour un usage solennel et religieux.
Culmen. Fastigium. *Culmen*, la ligne faîtière du toit; *fastigium*, l’extrémité de cette ligne, le point où les solives du toit forment un angle par leur inclinaison et leur rencontre. *Fastigium* est une partie du *culmen* dans Virg. Æn. II, 458. Evado ad summi *fastigia* *culminis*. Je m’élance aux angles de la dernière terrasse. Au figuré *culmen* désigne simplement le sommet comme le point supérieur, le plus élevé, à peu près comme ϰολοφὸν, ce n’est qu’un rapport de lieu; *fastigium* contient une idée de prééminence, c’est le plus haut degré, le degré suprême, à peu près comme ϰορυφή. *Culmen tecti*, la dernière partie de la construction; *fastigium*, la couronne de l’édifice. *Fastigium* désignera le trône, tandis que *culmina montium* est bien plus usité que *fastigia*.
Culmus. Calamus. Stipula. Spica. Arista. Arundo. Canna. 1. *Culmus*, tige mince et élancée, en particulier celle du blé; *calamus*, même tige considérée comme un tuyau, en particulier celle du roseau.
2. *Culmus*, la tige du blé qui supporte l’épi de même que le corps supporte la tête, partie intégrante du tout; *stipula*, la tige considérée comme la partie inutile, sans valeur en comparaison de l’épi, le chaume.
3. *Spica*, l’épi plein, le fruit du blé, sans égard à la forme; *arista*, l’épi barbu, la pointe ou partie supérieure de la tige, sans égard au contenu, parfois les barbes seules. Quintil. I, 3, 5. Imitatæ *spicas* herbulæ inanibus *aristis* ante messem flavescunt. Mauvaises herbes qui imitent l’épi plein, mais dont la tête barbue est vide et qui jaunissent avant la moisson.
4. *Calamus*, dans le sens de roseau, est le terme général; *arundo*, roseau long et fort; *canna*, roseau petit et mince. Colum. IV, 32. Ea est arundineti senectus, cum ita densatum est, ut gracilis et *cannæ* similis *arundo* prodeat. Une plantation de roseaux est vieille lorsqu’elle s’est épaissie au point de ne plus fournir que des roseaux grêles, semblables à ceux de la petite espèce.
Culpa. Noxia. Noxius. Nocens. Sons. 1. *Culpa*, cas de celui qui doit répondre d’un dommage (*peccatum*, *delictum*, *maleficium*, *flagitium* ou *nefas*); ce mot suppose une responsabilité, et par suite un être raisonnable, il est opposé à *casus* ou à *necessitas*; *noxia*, cas de celui qui a causé un dommage, il peut être imputé à tout être capable d’agir, par opposition à *innocentia*. Liv. III, 42, 2. Illa modo in ducibus *culpa*, quod ut odio essent civibus fecerant; alia omnis penes milites *noxia* erat. Les chefs n’avaient qu’un tort, qui était de s’être rendus odieux à leurs concitoyens; tout le mal venait d’ailleurs des soldats. Cic. Marc. 13. Etsi aliqua *culpa* tenemur erroris humani, a *scelere* certe liberati sumus. Et s’il nous reste un tort, c’est d’être tombés dans une erreur familière à l’homme; quant au crime, nous en sommes certainement débarrassés. Et Ovid. Trist. IV, 1, 23. Et *culpam* in facto, non *scelus* esse meo. Et s’il y a faute dans mon fait, il n’y a point de crime. Dans ces exemples le terme le plus général pour toute espèce de faute, *culpa*, se prend particulièrement pour la plus petite de toutes, pour le *delictum*.
2. *Culpa* et *noxia* supposent une action dommageable; *vitium*, une action ou une qualité blâmable, et même un défaut naturel dont personne ne peut nous faire un crime.
3. *Nocens*, *innocens* désignent la culpabilité ou l’innocence dans un cas déterminé, à propos d’une action isolée; mais *noxius* et *innoxius* ainsi que les adjectifs poétiques *nocuus* et *innocuus* se rapportent à l’être et au caractère en général. Plaut. Capt. III, 5, 7. Decet *innocentem* servum atque *innoxium* confidentem esse; c’est-à-dire un esclave qui se sait innocent dans le cas particulier dont il s’agit, et qui en général ne fait rien de mal.
4. *Noxius*, le coupable au sens matériel, comme auteur et cause d’un dommage, ϐλαϐερός; *sons*, au sens moral et judiciaire, comme condamné ou méritant d’être condamné, θῶος.
—Culpare, v. *Arguere*. —Cultus, v. *Vestis*. —Cumulus, v. *Acervus*.
Cunæ. Cunabula. *Cunæ*, le berceau même; *incunabula*, la literie et les autres accessoires du berceau. Plaut. Truc. V, 13[1]. Fasciis opus est, pulvinis, *cunis*, *incunabulis*. Il faut des bandes, des coussins, un berceau, de la literie et du linge.
—1 Ce qui reste du cinquième acte n’est pas divisé en scènes.
Cunctari. Hæsitare. Cessare. *Cunctari*, hésiter par réflexion, μέλλειν; *hæsitare*, par défaut de résolution; *cessare*, par manque de force et d’énergie, ὀϰνεῖν. Le *cunctans* remet à commencer; le *cessans*, à poursuivre.
—Cuncti, v. *Quisque*. —Capere, v. *Velle*.
Cupido. Cupiditas. Libido. Voluptas. 1. *Cupido*, le désir qui nous porte vers quelque chose conçu comme un principe d’activité par opposition à la répugnance; *cupiditas*, la passion conçue comme un état par opposition au calme de l’âme. Il faut que *cupido* soit joint, et *cupiditas* peut être joint à un génitif exprimé ou sous-entendu; *cupido* se rapporte alors par préférence aux biens ordinaires et à l’argent; *cupiditas*, à des biens de toute sorte. Vell. P. II, 33. Pecuniæ *cupidine*, par un vif amour de l’argent. Et tout à la suite: interminatam imperii *cupiditatem*. Une passion démesurée d’autorité.
2. *Cupido* et *cupiditas* sont opposés au désir modéré; mais *libido*, c’est la fantaisie et le caprice par opposition à la volonté raisonnable, *ratio* ou *voluntas*. *Libidines*, les caprices par rapport au défaut d’empire sur soi-même; *voluptates*, les plaisirs par opposition aux goûts sérieux ou au chagrin. Tac. H. II, 31. Minus Vitellii ignaræ *voluptates* quam Othonis flagrantissimæ *libidines* timebantur. Les plaisirs paresseux de Vitellius paraissaient moins redoutables que les caprices ardents d’Othon.
Cur. Quare. *Cur* sert aussi bien pour de véritables questions que pour des exclamations sous forme de questions; *quare* ne s’emploie que pour des questions qui exigent une réponse.
Cura. Sollicitudo. Angor. Dolor. Ægritudo. *Cura*, *sollicitudo* et *angor*, impression pénible causée par l’idée d’un mal, d’un danger à venir: *cura*, sous forme de pensée, le souci, la sollicitude, φροντὶς, par opposition à *incuria*; *sollicitudo*, sous forme de sentiment, l’inquiétude, l’agitation, μέριμνα, par opposition à *securitas*; *angor*, sous forme de passion, l’angoisse, l’anxiété, par opposition à *solutus animus*. *Dolor* et *ægritudo* se rapportent à un mal présent: *dolor* exprime un désagrément, la douleur, par opposition à *gaudium*, ἄλγος; *ægritudo*, une maladie, la tristesse noire, ἀνία, par opposition à *alacritas*. Cic. Finn. I, 22. Nec præterea res ulla est, quæ sua natura aut *sollicitare* possit aut *angere*. Et il n’y a rien hors de là qui soit de nature à causer de l’inquiétude ou de l’anxiété. Accius dans Nonius. Ubi *cura*, ibi *anxitudo*. Les soucis ne vont point sans humeur. Plin. Ep. II, 11. Cæsar mihi tantum studium, tantam etiam *curam* (nimium est dicere *sollicitudinem*) præstitit ut... César s’est montré si zélé pour moi, si soucieux même (car, de dire inquiet, ce serait trop) que... Quintil. VIII, pr. 20. *Curam* ego verborum, rerum volo esse *sollicitudinem*. J’entends que les mots donnent du souci, les choses de l’inquiétude.
Curvus. Uncus. Pandus. Incurvus. Recurvus. Reduncus. Repandus. Aduncus. 1. *Curvus* ou en prose *curvatus*, terme général pour tout ce qui est courbé, depuis la courbe la plus faible jusqu’à la circonférence parfaite; *uncus* suppose une forte courbure qui se rapproche du demi-cercle, comme un crochet; *pandus*, une courbure faible qui s’éloigne peu de la ligne droite, comme une échancrure.
2. Les *curva* forment une courbe continue; les *incurva* supposent une ligne droite dont l’extrémité seule dégénère et se termine en courbe, comme ἐπιϰαμπὴς, par exemple, le bâton augural ou le corps d’un homme qui se baisse, etc.
3. *Recurvus*, *reduncus* et *repandus* désignent des courbes tournées en dehors; *aduncus*, une courbe tournée en dedans. Plin. H. N. XI, 37. Cornua aliis *adunca*, aliis *redunca*. Chez les uns les cornes sont tournées en dedans, chez les autres en dehors.
—Cuspis, v. *Acies*.
Custodia. Carcer. Ergastulum. *Custodia*, lieu quel qu’il soit où sont retenus des prisonniers, fourrière; *carcer*, prison bâtie exprès surtout pour les citoyens; *ergastulum*, maison de correction pour des esclaves.
—Cutis, v. *Tergus*. —Cyathus, v. *Poculum*. —Cymba, v. *Navigium*.
D