Manuel de synonymie Latine

Part 2

Chapter 23,619 wordsPublic domain

—Ærumna, v. *Labor*. —Æstimare, v. *Censere*. —Æstuare, v. *Calere*. —Æternus, v. *Continuus*. —Affari, v. *Alloqui*. —Affatim, v. *Satis*. —Affinis, v. *Necessarius*. —Affirmare, v. *Dicere*. —Ager, v. *Rus* et *Villa*.

Agere. Facere. Gerere. Opus. Factum. Age. I nunc. Degere. 1. *Agere*, marque un effet qui n’a lieu que dans le temps, comme agir; *facere*, un effet qui se développe dans l’espace, comme faire. Les *acta* sont passés aussitôt que l’*agens* s’arrête, deviennent dès lors invisibles, et ne subsistent plus que par le souvenir; les *facta* ne sont complets que quand le *faciens* s’arrête, et ne prennent qu’à partir de ce moment une existence propre. Cela doit s’entendre d’ailleurs d’*acta* et de *facta* considérés exclusivement comme participes, non comme substantifs. *Agens* donne l’idée de l’activité en général, *faciens* l’idée d’une activité pratique.

2. *Agere*, agir dans son propre intérêt; *gerere*, dans l’intérêt d’un autre et par commission. Cic. Verr. I, 38. Quæ etiamsi voluntate Dolabellæ *fiebant*, per istum tamen omnia *gerebantur*. Tout se faisait par la volonté de Dolabella, mais par l’entremise de Verrès.

3. *Opus*, œuvre, ἔργον, est le substantif qui répond à *facere*; *factum* (pris comme substantif), action, celui d’*agere*; *res gestæ*, actes importants, hauts faits, πράξεις; *acta*, mesures politiques. Cic. Att. XIV, 17. Multa de *facto* ac de *re gesta*, de nombreux détails, tant sur cette entreprise que sur ce grand acte: le premier, *facto*, s’appliquant à la tentative d’Amatius, le second, *re gesta*, au châtiment que lui a infligé Dolabella avec autant de sagesse que de courage.

4. *Age*, *agedum*, encouragement donné sérieusement; *i nunc*, encouragement ironique.

5. *Agere*, mener une vie active et affairée; *degere*, vivre dans l’oisiveté, soit parce que l’aisance nous dispense de travailler, soit parce que nous sommes réduits à l’inaction. Tac. Ann. XV, 74. Deûm honor principi non ante habetur quam *agere* inter homines desierit. Avant de rendre à un prince les honneurs divins, on attend qu’il ne soit plus mêlé aux affaires de la vie. Comparez avec IV, 41. Ut Tiberium ad vitam procul Roma amœnis locis *degendam* impelleret. Afin de pousser Tibère à vivre loin de Rome dans le repos d’un agréable séjour.

—Agere ferre, v. *Vastare*.

Agger. Vallum. *Agger*, simple levée, comme une digue; *vallum*, levée qui sert à clore un espace. L’*agger* peut tenir lieu d’une courtine de redoute dans des fortifications de campagne; le *vallum* ou rempart fait toujours partie d’une forteresse, d’un camp, d’une place forte.

—Agmen, v. *Caterva*. —Agrestis, v. *Rus*. —Aio, v. *Dicere*.

Ala. Penna. Pluma. Pinna. 1. *Ala*, la charpente, les muscles de l’aile, πτέρυξ; *penna*, l’aile restreinte aux plumes qui concourent au vol, πτερόν. Plaut. Pœn. IV, 2, 48. Meæ alæ pennas non habent. Je n’ai pas de plumes à mes ailes.

2. *Penna*, plumes grandes et dures qui servent à voler; *pluma*, duvet, petites plumes moelleuses qui servent à vêtir le corps de l’oiseau, comme πτίλον. Sen. Ep. 42. Meministi, quum quemdam affirmares esse in tua potestate, dixisse me volaticum esse ac levem, et te non pedem ejus tenere, sed *pennam*; mentitus sum, *pluma* tenebatur quam remisit et fugit. Un jour, tu dois t’en souvenir, tu prétendais avoir une personne en ton pouvoir, et je te répondais qu’elle était volage et légère, que tu ne la tenais point par le pied, mais par une plume. Eh bien, ce n’était pas vrai: tu ne la retenais que par une petite plume de duvet qu’elle t’a laissée, et la voilà partie.

3. *Penna*, la plume entière, tuyau et barbes; *pinna*, les barbes seules par opposition au tuyau.

—Alacer, v. *Gaudere*.

Alapa. Colaphus. *Alapa*, soufflet, coup appliqué sur la figure avec le plat de la main, c’est une punition, mais infligée avec modération; *colaphus*, coup assené sur la tête avec le poing fermé et avec des marques de colère et de fureur.

Albus. Candidus. Albidus. 1. *Albus*, le blanc considéré en général comme l’absence de toute couleur, ce qui n’a pas de couleur; *candidus*, le blanc pris comme une couleur positive, la plus pure, la plus claire, en comparaison de laquelle toutes les autres paraissent sombres ou même sales; c’est un beau blanc éclatant. L’*album*, qui a pour opposé *ater*, tire, comme le λευϰὸν, sur le jaune pâle; le *candidum*, qui a pour opposé *niger*, tire, comme l᾿ἀργὸν, sur le bleu pâle. *Alba cutis*, peau d’un malade, d’un hydropique; *candida*, d’une personne qui est dans la fleur de la jeunesse. Au figuré, *albor* est le symbole du bonheur et de la joie; *candor*, de la pureté et de l’innocence.

2. *Albus*, blanc; *albidus*, blanchâtre.

Alere. Nutrire. Nutricare. *Alere*, nourrir de manière à pousser au développement et à la croissance; *nutrire* et *nutricare*, nourrir pour prolonger et assurer l’existence. En d’autres termes *alimenta* adjuvant, *nutrimenta* sustentant. Les aliments profitent, la nourriture soutient. Cic. N. D. II, 63. Neque *ali*, neque *sustentari*. N’être ni grassement, ni même pauvrement nourri. *Nutrire*, terme général; *nutricare*, terme particulier usité de préférence en parlant des animaux.

—Algere, algidus, v. *Frigere*. —Alienigena, v. *Exterus*.

Alimenta. Penus. Cibus. Esca. Edulia. Cibare. Pascere. 1. *Alimenta* et *penus*, vivres quelconques, solides ou liquides: *alimenta*, en général, par rapport à l’homme pris individuellement; *penus*, par rapport à l’économie domestique de toute une famille. *Cibus* et *esca* ne se disent que des aliments solides par opposition à *potio*. *Cibus*, aliment fourni par la nature, ressource alimentaire; *esca*, mets qui a subi une préparation artificielle, plat apprêté. *Cibus* est le seul de ces deux mots qui se dise aussi de la nourriture des animaux; *esca*, le seul qui convienne à l’appât qu’on leur prépare et qu’on leur présente. Cic. N. D. II, 47. Animalia *cibum* partim dentibus capessunt. Un certain nombre d’animaux saisissent leur nourriture avec les dents. Comparez avec II, 23. Dii nec *escis* nec potionibus vescuntur. Les dieux se passent pour vivre de cuisine et de cave.

2. *Cibaria*, denrées alimentaires ordinaires et usuelles; *edulia*, morceaux friands et recherchés. Suet. Tib. 46. Comites nunquam salario, *cibariis* tantum sustentavit. Les gens de sa suite ne tiraient de lui que des vivres, jamais de salaire. Comparez avec Cal. 40. Pro *eduliis* certum statumque exigebatur. Il avait mis un droit sur les comestibles.

3. *Cibare*, nourrir de sa propre main comme une mère ou une bonne d’enfants; *pascere*, fournir seulement la nourriture en qualité de tuteur ou de maître. Suet. Tib. 72. Draconem manu sua *cibaturus*. Comparez avec Vesp. 18. Sineret se plebeculam *pascere*. Un dragon auquel il allait donner à manger de sa main. Il lui demanda la permission de laisser au petit peuple sa subsistance.

—Aliquando, v. *Nonnunquam*. —Alites, v. *Volucres*.

Alloqui. Appellare. Affari. *Alloqui*, adresser la parole à quelqu’un, lui faire l’honneur de le saluer et de le reconnaître; *appellare*, prendre les devants pour engager une personne dans une conversation, lui adresser des paroles sérieuses, sortir des phrases banales; *affari*, apostropher d’un ton pathétique plein d’amitié ou de solennité. Cic. Cluent. 61. Quum nemo recipere tecto, nemo *alloqui*, nemo respicere vellet. Lorsque personne ne voulait ni le recueillir sous son toit, ni l’entendre, ni lui adresser la parole, ni le regarder. Comparez avec Phil. XIII, 2. Salutabunt benigne, comiter *appellabunt* unumquemque nostrum. Ils auront pour chacun de nous un abord bienveillant, des paroles aimables et prévenantes. Et Brut. 3. Salutatio libri quo me hic *affatus* quasi jacentem excitavit. La dédicace du livre dans lequel il m’apostrophe et qui m’a retiré d’une sorte d’abattement.

—Alsus, v. *Frigere*. —Altercatio, v. *Disceptatio*.

Altus. Editus. Procerus. Arduus. Celsus. Excelsus. Sublimis. 1. *Altus*, terme général; il se dit de la hauteur ou de la profondeur considérée comme une des trois dimensions de la géométrie, et doit s’entendre de la hauteur par opposition à *humilis*, à ce qui reste attaché terre à terre, au niveau du sol, comme ὑψηλός; *editus*; élevé par opposition à *planus*, à ce qui n’offre aux yeux qu’une surface plate; enfin *procerus*, ce qui a poussé en hauteur ou en longueur. L’*altitudo* n’a ni mesure ni limite; l’*editum* est de la taille d’une colline; la *proceritas*, de celle d’un arbre ou d’un corps humain.

2. *Altus*, *editus* et *procerus* réduisent la hauteur à un simple rapport de lieu et d’espace; *arduus* se dit de ce qui est d’abord haut, puis escarpé et inaccessible, au figuré: difficile, impossible; *celsus*, haut par l’effet d’une tendance à s’étendre et à s’élancer, au figuré: fier; *excelsus* et *præcelsus*, ce qui dépasse encore d’autres points culminants, au figuré: éminent; *sublimis*, ce qui se soutient en l’air sans toucher à terre, ce qui plane, comme μετέωρος, au figuré: sublime.

—Amans, amator, v. *Amicus*. —Amare, v. *Diligere*. —Ambiguus, v. *Dubius*.

Ambire. Circumire. *Circumire* se dit d’un mouvement sinon exactement circulaire, du moins tenu de suivre tous les contours d’un espace, faire le tour; *ambire* ne désigne qu’un mouvement de va-et-vient, en zigzag, aller çà et là, parcourir. Plin. Ep. II, 9. *Ambio* domos stationesque *circumeo*. Je vais d’une maison à l’autre, je fais le tour des lieux de réunion. Et Cic. Att. XIV, 21. Antonium *circumire* veteranos ut acta Cæsaris sancirent, c’est- à-dire qu’il les sollicite tous à la ronde depuis le premier jusqu’au dernier. *Circumire* est plus fort ici qu’*ambire*, lequel exprimerait en gros les sollicitations et les manœuvres d’Antoine.

—Ambo, v. *Uterque*.

Ambulare. Spatiari. Deambulare. Inambulare. Obambulare. 1. *Ambulare* présente la promenade comme un exercice fait à loisir, c’est un mouvement de va-et-vient par opposition d’une part à *stare* et *cubare*, d’autre part à *currere* et *salire*; *spatiari* donne l’idée d’un exercice au grand air, par opposition à l’espace restreint d’une chambre ou d’un lieu fermé.

2. *Deambulare*, aller et venir jusqu’à ce qu’on soit fatigué; *inambulare*, se promener dans un espace limité; *obambulare*, se promener le long d’un mur, d’une allée, ou à côté d’un compagnon de promenade.

Amens. Demens. Insanus. Vesanus. Excors. Vecors. Furor. Delirium. Rabies. Cerritus. Lymphatus. 1. L’*amentia* a un caractère négatif et passif; la *dementia*, une influence positive et violente. L’*amens* manque de raison: ou bien il n’agit pas du tout, ou il agit sans raison, comme un idiot, ἄφρων; le *demens*, tout en croyant bien faire, rompt en visière à la raison, comme l’insensé, παράφρων. On dit *amens metu*, *terrore*, hébété par la peur, par l’épouvante; mais *demens scelere*, *discordia*, devenu fou à la suite d’un crime, d’une querelle.

2. *Insanus* a un sens privatif; *vesanus*, un sens dépravatif. L’*insanus* n’a plus d’empire sur les sens, la raison le fuit, il dépasse dans un accès de passion la mesure et le but et nous paraît coupable. C’est un homme en démence. Le *vesanus*, aveuglé par des illusions, sort de la bonne voie, poursuit un but trompeur et nous paraît malheureux. C’est un visionnaire.

3. *Excors*, stupide, tout à fait incapable de réflexion et d’examen, par opposition à *cordatus*; *vecors*, extravagant, incapable de réfléchir avec calme, parce que l’âme est possédée par une idée fixe.

4. *Furor*, surexcitation de l’esprit, extase, transport, μανιϰός; *delirium*, affaissement des facultés de l’esprit par des causes physiques, comme chez une personne qui tombe en enfance; *rabies*, accès de fureur méchante qui étouffe le sens moral, λύσσα. Le *furibundus* oublie les lois de la matière; le *delirus* radote; le *rabidus* veut mordre et nuire à toute force.

5. *Cerritus* et *lymphatus* représentent l’emportement comme un état de possession: *cerritus* ou *ceritus*, possédé de Cérès; *lymphatus*, possédé des nymphes.

—Amictus, amiculum, v. *Vestis*.

Amicus. Amans. Amator. *Amicus* suppose une affection mutuelle, cordiale et paisible, ami, φίλος; *amans* et *amator*, un amour qui peut fort bien ne pas être partagé et qui n’en est que plus ardent: *amans*, un amour de passage; *amator*, une passion durable, comme ἐραστής. Cic. Alba tunc antiquissimus non solum *amicus*, verum etiam *amator*. Alba dont l’amitié parfaite s’élevait alors jusqu’à la constance de l’amour. Tusc. IV, 12. Inter ebriositatem et ebrietatem interest, aliudque est amatorem esse, aliud amantem. Je fais une différence entre l’ivrognerie et l’ivresse, je distingue l’amant de l’amoureux.

—Amicus, v. *Socius*.

Amittere. Perdere. Jactura. 1. *Amittere*, perdre en ce sens que l’objet perdu cesse d’être en notre pouvoir, comme ἀποϐαλεῖν, par opposition à *retinere*; *perdere*, en ce sens que l’objet est détruit et ne peut plus servir à personne, comme διολέσαι, par opposition à *servare*. Tac. Ann. II, 25. *Perdita* classe, *amissis* armis. Malgré la ruine de leur flotte et la perte de leurs armes.

2. *Amissio*, perte involontaire; *jactura*, perte volontaire à laquelle on se soumet, sacrifice qu’on fait pour éviter une plus grande perte, à l’exemple du marin qui jette la cargaison par- dessus bord pour sauver son vaisseau et sa vie. Plin. Ep. 1, 12. *Jacturam* gravissimam feci, si *jactura* dicenda est tanti viri *amissio*. Je suis accablé par un malheur auquel ma volonté devrait souscrire, si je puis parler ainsi de la perte qui me prive d’un si grand homme. (Il s’agit de Corellius Rufus qui a cherché dans le suicide la fin de ses souffrances.)

—Amittere, v. *Mittere*. —Amnis, v. *Fluvius*. —Amor, v. *Diligere* et *Studium*, n° 2.

Amplecti. Complecti. *Amplecti* se dit d’un geste auquel on n’emploie souvent qu’un seul bras, et qui témoigne d’une inclination et d’une sympathie paisible; *complecti*, c’est entourer, serrer avec les deux bras en signe d’amour et de passion ou d’abandon familier. De même au figuré: *amplecti*, c’est prendre quelque chose en main par opposition à négliger et à dédaigner; *complecti*, c’est s’emparer tout à fait d’une chose par opposition à posséder à demi, à peu près.

—Amplus, v. *Magnus*. —Anceps, v. *Dubius*. —Ancilla, v. *Servus*. —Angor, v. *Cura*. —Anguis, v. *Repere*.

Angustus. Arctus. Densus. Spissus. 1. *Angustus* et *arctus* ont trait à l’espace même et à la proximité des limites qui le restreignent; *densus* et *spissus*, aux objets que l’espace contient et à leur voisinage entre eux.

2. L’*angustum* a pour limites de simples lignes, et offre la plupart du temps une figure oblongue, étroite, il a pour opposé *latus*, comme στενός; l’*arctum* est clos par des barrières, des murailles, des montagnes, et offre une surface carrée ou circulaire, resserrée, par opposition à *laxus*, comme στενωπός. On ne peut jamais appeler *arctus* le *clavus angustus*. Mela. III, 2, 8. Rhenus ad dextram primo *angustus* et sui similis, post ingens lacus Flevo dicitur... fitque iterum *arctior*, iterumque fluvius emittitur. A droite le Rhin est d’abord étroit et conserve quelque temps ce caractère, puis il se transforme en un lac considérable appelé le Flévon, après quoi il rentre dans une gorge d’où il ressort sous la forme d’un simple cours d’eau: selon que l’on se représente les bords du Rhin comme de simples lignes ou comme des murailles.

3. *Densus* présente simplement les objets comme très-rapprochés les uns des autres, sans lacune apparente, par opposition à *rarus*, comme δασὺς et θαμειός; *spissus* les représente comme entassés les uns sur les autres sans aucun intervalle, par opposition à *solutus*, comme πυϰνὸς et συχνός. L’idée qui domine dans *densus* est celle d’une surabondance d’objets qu’il n’est pas nécessaire d’écarter les uns des autres pour couvrir un vaste espace; dans *spissus*, c’est l’absence de vides: les objets sont tellement pressés qu’ils remplissent tous les intervalles.

Anima. Aer. Aura. Spiritus. Sublime. *Anima* et *aer*, l’air pris comme élément, ἀήρ: *anima*, par opposition aux trois autres éléments, à *terra*, *mare*, *ignis*; mais *aer*, terme étranger et savant, par opposition à l’air épuré des célestes demeures, à *æther*; *aura* et *spiritus*, l’air en mouvement: *aura*, l’air doucement agité, le souffle léger qui évente, αὖρα; *spiritus*, l’air qui se précipite, qui entraîne, tout courant d’air analogue à une inspiration ou à une expiration, πνεῦμα; enfin *sublime*, l’air suspendu au-dessus de nous: ce dernier marque un simple rapport de lieu par opposition à *humus*, comme μετάρσιον, μετέωρον.

Anima. Animus. Mens. 1. *Anima*, l’âme de la physiologie, le principe de la vie animale chez les hommes et les bêtes, vie qui cesse avec la respiration, ψυχή; *animus*, l’âme de la psychologie et de la morale, le principe de la personnalité qui cesse avec la volonté, θυμός. Au sens mythologique les âmes des morts s’appellent *animæ*, ce sont des ombres; au sens métaphysique *animi*, ce sont des esprits. L’*anima* est un des éléments de l’existence du corps; le même corps n’a pas d’opposé plus tranché qu’*animus*. Sen. Ep. 4. Difficile est *animum* perducere ad contemptionem *animæ*. Il est difficile d’amener l’âme raisonnable jusqu’au mépris de l’âme sensitive. Juven. XV, 148. Principio indulsit communis conditor illis tantum *animas*, nobis *animum* quoque. Au commencement le créateur commun n’accorda aux animaux que des âmes sensitives, il nous accorda en outre une âme raisonnable.

2. *Animus*, l’âme humaine prise comme le réceptacle commun de toutes les facultés spirituelles; il est alors, avec *mens*, la faculté pensante, dans le rapport du tout à une de ses parties. Cic. Rep. II, 40. Ea quæ latet in *animis* hominum quæque pars *animi* *mens* vocatur. L’intelligence enfouie dans nos âmes et qu’on peut appeler une partie de l’âme. Mais comme dans la vie l’âme vaut surtout par la volonté, *animus* devient à son tour une faculté de l’âme, celle du sentiment et de la volonté qui prend place à côté de l’intelligence, de la conscience, *mens*. Tac. H. I, 84. Quem nobis *animum*, quas *mentes* imprecentur? Quels sentiments, quelles dispositions d’esprit nous souhaiteraient-ils? Ter. Andr. I, 1, 137. Mala *mens*, malus *animus*. Mauvaise tête, mauvais cœur. Et enfin, comme la pensée précède la volonté, que la volonté sert d’intermédiaire entre la pensée et l’action, qu’elle peut être considérée comme la servante de la pensée, tout comme le corps est le serviteur de la volonté, réciproquement *mens* se trouvera avec *animus* dans le rapport d’un tout à sa partie. Cic. Tusc. III, 5. Mens cui regnum totius *animi* a *natura* tributum est. La raison qui exerce une autorité naturelle sur tous les sentiments.

Animadvertere. Notare. *Animadvertere* se dit de l’esprit qui remarque et observe; *notare*, d’une marque à laquelle on a recours pour attirer l’attention.

Animal. Animans. Bellua. Bestia. Pecus. Fera. 1. *Animal* et *animans*, les animaux considérés comme des êtres doués de vie, l’homme compris: *animal* caractérise la nature de l’être; quel que soit son aspect, il appartient à la classe des êtres animés; l’opposé est *inanimus*, l’équivalent grec ζῶον. *Animans* précise l’état dans lequel se trouve l’être: il vit, il respire; l’opposé est *exanimus*. On dit *animalium* cadavera; *animantium* cadavera ferait un non-sens. *Bellua*, *bestia* et *pecus* ont trait à l’intelligence; c’est l’animal déraisonnable par contraste direct avec *homo*; *bestia* et *fera* expriment une sorte de rapport moral, c’est la brute hostile à l’homme.

2. *Bellua* désigne particulièrement un animal grand et lourd, par exemple un éléphant, une baleine, par préférence les monstres marins; *pecus*, un animal domestique, par préférence des moins intelligents, par exemple un taureau, un mouton, par opposition à l’animal en liberté: c’est le bétail; *bestia*, bête nuisible, surtout dévorante, par exemple un tigre, un loup, par opposition aux oiseaux, comme θηρίον; *fera*, bête farouche, hôte des forêts, par exemple un cerf, un loup, un tigre, par opposition aux animaux domestiques, comme le gibier et les bêtes sauvages, θήρ. Curt. IX, 10, 10. Indi maritimi *ferarum* pellibus tecti piscibus sole duratis et majorum quoque *belluarum*, quas fluctus ejecit, carne vescuntur. Les Indiens des provinces maritimes, couverts de la dépouille des bêtes sauvages, se nourrissent de poisson séché au soleil et même de la chair des monstres marins que les flots ont rejetés.

Annales. Historiæ. *Annales*, traité général d’histoire et en particulier histoire du passé composée sur les sources, Tite-Live et Tacite; *historiæ*, étude d’histoire contemporaine, d’événements auxquels l’auteur a assisté, Salluste et Tacite. L’auteur des *annales* se propose de faire, année par année, une énumération aussi variée que complète de toutes les particularités mémorables; celui des *historiæ* traite un point d’histoire et laisse de côté les événements les plus remarquables quand ils ne s’y rattachent pas.

Antiquus. Priscus. Vetus. Vetustus. Veternus. Pristinus. 1. *Antiquum* et *priscum*, ce qui a existé autrefois et qui n’est plus, par opposition à *novum*, comme παλαιός; *vetus* et *vetustum*, ce qui existe depuis longtemps et n’a plus de part ni aux inconvénients ni aux priviléges de la jeunesse, par opposition à *recens*, comme γέρων, γεραιὸς, γερούσιος">. *Antiquus homo*, homme du bon vieux temps; *vetus*, vieillard. Les classiques s’appellent *antiqui scriptores*, en ce sens que leur siècle est depuis longtemps passé; *veteres*, en ce sens qu’ils subsistent et servent de modèles depuis deux mille ans. Cic. Verr. II, 21. Vereor ne hæc nimis *antiqua* et jam *obsoleta* videantur. J’ai peur que ces exemples de modération n’aient vieilli et ne paraissent hors d’usage. Comparez avec Orat. I, 37. Ut illi *vetus* atque usitata exceptio daretur. Pour lui donner le bénéfice de ce privilége ancien et souvent appliqué.

2. *Vetus* se rapporte exclusivement à la durée et présente l’âge soit comme un avantage, soit comme un désavantage; *vetustus* a trait aux priviléges de l’âge: ce qui subsiste de vieille date est plus solide, plus respectable, plus à l’épreuve que les nouveautés; il a pour opposé *novicius*. Enfin *veternus* fait allusion aux infirmités du grand âge usé par les années, affaibli, épuisé pour avoir duré trop longtemps. Mais comme dans le beau siècle de la langue on ne rencontre *veternus* que sous la forme de substantif, *veternum*, dans le sens de somnolence, *vetus* le supplée régulièrement et désigne plus souvent la décadence que la vigueur de l’âge. Tac. Ann. XI, 14 et 15. *Veterrimis* Græcorum. Les caractères de l’alphabet latin sont empruntés aux plus vieilles formes des lettres grecques. Et *vetustissima* Italiæ disciplina. La science des aruspices, la plus auguste par son antiquité de toutes les sciences que l’Italie cultive.

3. *Antiquus* se dit simplement des choses du vieux temps, du temps passé, par opposition au présent; *priscus* est un terme pompeux qui ajoute à l’idée principale d’antiquité une idée accessoire de respect et de sainteté, comme ἀρχαῖος, par opposition à la mode du jour.

4. *Antiquus* et *priscus* se disent d’une époque écoulée depuis très-longtemps; *pristinus*, d’un temps passé quelconque, comme πρότερος, antérieur.

—Antrum, v. *Specus*.

Anus. Vetula. *Anus*, servant de féminin à *senex*, femme âgée, avec une idée de respect, ou encore vieille femme, avec une idée de défaveur, par allusion à sa faiblesse, à sa crédulité, à son bavardage; *vetula*, vieille laide et qui n’a rien d’aimable.

Aperire. Patefacere. Aperte. Palam. Manifesto. Propalam. 1. *Aperire*, découvrir un espace fermé par le haut, c’est-à- dire horizontalement, par exemple une fosse, une source, et par cette opération rendre visible; *patefacere*, ouvrir un espace fermé par le côté, c’est-à-dire verticalement, par des portes, des barrières, des clôtures, et par cette opération rendre accessible.