Manuel de synonymie Latine

Part 11

Chapter 113,602 wordsPublic domain

2. *Invenire*, *reperire*, *deprehendere* ont pour terme un objet caché qu’on découvre; *nancisci*, *adipisci*, *assequi* et *consequi*, un objet éloigné qu’on atteint: le *nanciscens* arrive au terme avec ou sans peine, parfois même sans le souhaiter; c’est une rencontre; l’*adipiscens* a une lutte à soutenir; c’est une victoire; le *consequens* voit ses désirs comblés, qu’il y ait ou non mis du sien; c’est un bonheur; l’*assequens* voit sa constance et ses efforts couronnés; c’est un succès. Suet. Tib. 10. Titus ad primam statim mansionem febrim *nactus*. Titus prit la fièvre à la première halte. Comparez avec Dom. 15. Nero in *adipiscenda* morte manu Epaphroditi adjutus est. Néron ne parvint à se donner la mort qu’en se faisant aider par la main d’Epaphroditus. Cic. Att. X, 12. *Nactus* Curionem omnia me consecutum putavi. J’avais eu la chance de trouver Curion, je crus avoir tout gagné. Rosc. Com. 4. Ut neque nihil neque tantum quantum *postulavimus consequamur*. Il ne s’agit plus de recevoir tout ce que nous avons demandé, il s’agit de ne pas être réduits à rien. Dans Cicéron, Mil. 11: Nihil dico quid respublica *consecuta* sit, nihil quod vos, nihil quod omnes boni. Je ne tiens aucun compte de ce que gagne la république, de ce que vous gagnez vous-mêmes, de ce que gagnent tous les gens de bien (à la mort de Clodius à laquelle Milon a seul contribué); *assecuta sit* ne serait pas à sa place, et réciproquement *consequuntur* serait faible dans ce passage de Sen. Brev. 17. Operose assequuntur quæ volunt, anxie tenent quæ *assecuti* sunt. Ce qu’ils désirent est pénible à acquérir, ce qu’ils ont acquis est inquiétant à garder. Cic. Fam. I, 7, 10. Omnia quæ ne per populum quidem sine seditione se *assequi* arbitrabantur, per senatum *consecuti sunt*. Ils ont reçu des mains du sénat tous les avantages qu’ils désespéraient d’acquérir par l’appui du peuple à moins de le soulever.

—Invertere, v. *Vertere*. —Investigare, v. *Quærere*. —Invicem, v. *Vicissim*.

Invidia. Livor. Invidentia. Malignitas. Obtrectatio. Detrectatio. 1. *Invidia*, envie qui fait qu’on regarde les gens de travers et qu’on leur en veut pour des motifs tantôt avouables, tantôt immoraux, le plus souvent, mais non point toujours par égoïsme, ὑποψία; *livor*, envie dévorante qui infecte l’âme entière et qui ôte au corps même les fraîches couleurs de la vie.

2. *Invidia*, terme usuel qui se prend au sens actif pour l’envie qu’on porte aux autres, et au sens passif pour l’envie dont on est l’objet de leur part; *invidentia*, néologisme de Cicéron pour l’envie qu’on porte.

3. *Invidia* et *livor* présentent l’envie comme un accès passager; *malignitas*, comme un défaut d’habitude et de nature, par opposition à la bonté d’âme ou de cœur. L’*invidus* et le *lividus* envient certains biens à certaines personnes dans certaines circonstances; le *malignus* est incapable de rien souhaiter d’heureux à tout autre qu’à lui-même.

4. *Invidia*, *livor*, *malignitas*, ne marquent qu’un sentiment ou un tour d’esprit; *obtrectatio* marque une action ou une façon d’agir qui procède de ce sentiment et qui tend à nuire à celui qu’on envie par des moyens honteux, comme le dénigrement, par exemple. On ne conçoit point l’*obtrectatio* sans *invidia*, mais on peut concevoir l’*invidia* sans *obtrectatio* quand l’envie est trop lâche pour s’engager dans une lutte.

5. L’*obtrectatio* suppose un rival et tire son origine de la jalousie; la *detrectatio* ne suppose qu’un adversaire et provient de l’aversion.

—Invidia, v. *Odium*. —Jocus, v. *Ludus*. —Irasci, v. *Succensere*.

Ire. Meare. Gradiri. Ingredi. Incedere. Vadere. 1. *Ire* et *meare* expriment la marche, en général, comme mouvement d’un lieu vers un autre, *ire*, ἰέναι, se disant particulièrement des hommes, c’est la suite d’un acte de volonté; *meare*, φοιτᾷν, se dit particulièrement des bêtes, des vaisseaux, des cours d’eau, des astres: c’est un mouvement mécanique auquel la volonté n’a point de part. *Gradiri* et *ingredi*, *incedere* et *vadere* ajoutent à l’idée générale des idées accessoires et précises sur la manière de marcher: *gradiri* et *ingredi*, une idée de calme et de régularité, par opposition à *serpere*, *currere*, *stare*, comme ϐαδίζειν; *incedere*, une idée de fierté, de mesure et de convenance à propos d’une cérémonie, d’une revue, par opposition à *ambulare*, comme ἐμϐαίνειν; *vadere*, une idée de bonne volonté et de vivacité, en voyage, dans une attaque de vive force, par opposition à *repere*? comme χωρεῖν.

2. *Ingressus*, la marche en général; *incessus*, la démarche qui tient à l’individu et à laquelle on le reconnaît comme à une seconde physionomie. *Ingressus* est un terme purement physique; *incessus*, un terme moral et esthétique.

—Irridere, v. *Ridere*. —Irritus, v. *Frustra*. —Irritare, v. *Incitare* et *Lacessere*.

Irruere. Irrumpere. Ingruere. Invadere. *Irruere*, entrer en courant, à la hâte et à l’étourdie; *irrumpere*, pénétrer par force et violence; *ingruere*, avec menaces et importunité; *invadere*, tomber quelque part avec audace et brusquerie.

Iter. Meatus. Via. Trames. Semita. Callis. 1. *Iter* et *meatus* expriment, au sens abstrait, le chemin qu’on fait, la marche, le voyage: *iter*, le chemin que fait un être raisonnable; *meatus*, celui que fait un être sans raison et sans volonté; mais *via*, c’est le chemin sur lequel on marche, c’est un terme concret. Hor. Od. III, 2, 22. Virtus negata tentat *iter via*. La vertu se fraye des routes nouvelles. Cic. Att. V, 14. *Iter* conficiebamus æstuosa et pulverulenta via. Nous cheminions sur une route brûlante et poudreuse.

2. *Iter*, pris comme terme concret, chemin, direction qui mène au but, comme ϰέλευθος; il n’est pas nécessaire que ce soit une voie frayée et fréquentée. *Via*, voie sinon construite, du moins régulière et battue, comme ὁδός. César entend, par *viarum* atque *itinerum* duces, des guides tenus de montrer les routes et les sentiers praticables et d’indiquer la direction à suivre quand les voies frayées venaient à manquer.

3. *Via* et *iter* peuvent être étroits ou larges; *trames*, *callis* et *semita* ne désignent qu’un chemin ou un sentier étroit: *trames*, un chemin ou une rue de traverse, à la campagne ou à la ville, propre à conduire au but plus promptement ou plus secrètement que la grand’route; *semita*, un sentier pour les piétons, souvent un trottoir qui court à côté de la route carrossable, οἶμος; *callis*, un chemin de montagne ou de forêt qui n’est guère praticable que pour le bétail, ἀτραπός. Plaut. Cas. III, 5, 42. De *via* in *semitam* degredi. Quitter la route pour un sentier. Cic. Phil. XIII, 9, 19. Egressus est non *viis* sed *tramitibus* paludatus. Il n’osa suivre les rues et prit les ruelles pour sortir de Rome en tenue de général. Virg. Æn. IX, 383. Rara per occultos lucebat *semita* *calles*, c’est-à-dire qu’Euryale et Nisus cherchent à s’échapper par des sentiers, *semita*, mais qu’ils ont de la peine à en découvrir faute de clarté, d’autant que les ombres de la nuit et de la forêt leur cachent même les chemins, *calles*.

—Iter facere, v. *Proficisci*.

Iterum. Rursus. Denuo. De integro. Repetere. Integrare. 1. *Iterum* veut dire, comme δεύτερον, pour la seconde fois; *rursum* ou *rursus*, αὖθις et πάλιν, une fois de plus, encore une fois; *denuo*, νέοθεν, de nouveau: il semble qu’on n’ait encore rien fait; *de integro*, αὖθις ἐξ ὑπαρχῆς, derechef, sur de nouveaux frais: c’est l’idée précédente exprimée avec plus de force. Justin, XXI, 4, 6. Нос consilio præventus *iterum* servitia concitat statutaque *rursus* cædium die, quum *denuo* se proditum videret. Prévenu dans ce dessein, il soulève une seconde fois les esclaves, fixe encore une fois le jour du massacre, et, se voyant de nouveau trahi...

2. De même, *pugnam iterare* signifie livrer une seconde bataille; *pugnam repetere*, reprendre le combat; *pugnam renovare*, le renouveler, et *pugnam integrare*, recommencer la bataille sur de nouveaux frais. Auct. Herenn. II, 3, 47. Enumeratio est per quam colligimus et commonemus quibus de rebus verba fecerimus, breviter, ut *renovetur*, non *redintegretur* oratio. L’énumération résume et rappelle les points sur lesquels on a parlé; elle est courte, il s’agit de reprendre, non de recommencer le discours.

Jubere. Imperare. Præcipere. Mandare. *Jubere*, ordonner une chose parce qu’on souhaite et qu’on veut qu’elle soit faite, par opposition à *vetare*, comme ϰελεύειν; *imperare*, commander militairement en vertu de la supériorité de grade, ἄρχειν; *præcipere*, prescrire en vertu de l’autorité de précepteur, de gouverneur, à peu près comme ἐντέλλεσθαι; *mandare*, charger d’une affaire une personne qui a toute notre confiance, ἐφίεσθαι.

—Jucundus, v. *Gratus*. —Jugum, v. *Mons*. —Jugulare, v. *Interficere*. —Jumentum, v. *Pecus*. —Jurgium, v. *Disceptatio*.

Jusjurandum. Juramentum. Sacramentum. *Jusjurandum* et *juramentum*, qui est d’une époque postérieure, serment civil par lequel on confirme ou promet quelque chose; *sacramentum*, serment militaire par lequel le soldat s’engage et se lie au drapeau. Liv. XXII, 38. Milites tunc quod nunquam antea factum erat *jurejurando* a tribunis militum adacti jussu consulum conventuros neque injussu abituros; nam ad eam diem nihil præter *sacramentum* fuerat. Les tribuns militaires firent jurer aux soldats qu’ils se réuniraient sur l’ordre des consuls et ne se retireraient point sans leur ordre. Cela ne s’était pas encore vu; il n’y avait jamais eu jusqu’à ce jour que le serment aux aigles.

—Juvare, v. *Auxilium*. —Juvenis, v. *Puer*.

Juventa. Juventus. Juventas. Juvenalis. Juvenilis. 1. *Juventa*, la jeunesse considérée comme une période de la vie; *juventus*, comme la classe des jeunes gens; *juventas*, comme une déesse.

2. *Juvenalis*, terme indifférent pour tout ce qui se rapporte aux jeunes gens ou élogieux, par opposition à la faiblesse de l’âge; *juvenilis* contient une idée morale accessoire, celle des goûts que comporte le caractère des jeunes gens, la plupart du temps avec une teinte de blâme, par opposition à la maturité de l’âge.

L

Labare. Titubare. Vacillare. Nutare. *Labare* caractérise le chancellement par rapport au corps entier qui ne pose point sur une base solide; *titubare*, par rapport aux jambes qui refusent le service et se dérobent; *vacillare*, par rapport au haut du corps qui n’a point une attitude droite, tranquille, sûre; enfin, *nutare*, par rapport à la tête qui ne se soutient plus. Le *titubans* menace de s’affaisser sur lui-même; le *vacillans*, de tomber à la renverse. La *titubatio* est l’indice de la faiblesse corporelle; la *vacillatio*, d’un manque de dignité extérieure, de calme et de décence.

—Labes, v. *Vitium*.

Labi. Cadere. *Labi*, tomber, par rapport au point de départ et à l’espace que le corps traverse dans sa chute, tendre vers la terre, ὀλισθεῖν; *cadere*, tomber, par rapport au point que le corps atteint au bout de sa chute, arriver à terre, πεσεῖν. Virg. Æn. VI, 310. *Lapsa* *cadunt* folia. Les feuilles se détachent, glissent et tombent. Cic. Brut. 49. Quibus vitiis *labatur* aut *cadat* orator. Les défauts qui égarent ou renversent l’orateur.

Labor. Molestia. Ærumna. 1. *Labor*, le travail qui met les forces en jeu et fatigue, πόνος; *molestia*, la peine qui fait naître la mauvaise humeur parce qu’elle est trop grande ou qu’elle vient mal à propos, χαλεπότης; *ærumna*, l’accablement qui surpasse presque les forces humaines et terrasse le héros même, ταλαιπωρία; c’est un terme archaïque et à demi poétique. Cic. Finn. V, 32. Ut ubi virtus sit resque magnæ et summe laudabiles virtute res gestæ, ibi esse miseria et *ærumna* non possit, tamen *labor* possit, possit *molestia*. Soyez vertueux, accomplissez par vertu de grandes choses dignes du plus haut éloge, vous ne succomberez jamais sous le poids du malheur, mais vous serez toujours sensible à la fatigue et à la peine.

2. *Laborare*, verbe intransitif, être au fort de la peine et du travail; *elaborare*, verbe transitif, produire quelque chose par sa peine et son travail.

—Labor, v. *Opera*.

Lacerare. Laniare. *Lacerare*, déchirer de vive force avec les mains, les griffes, les serres, les dents; *laniare*, découper à l’aide d’un instrument tranchant, les dents, griffes et serres pouvant d’ailleurs être considérées comme des instruments de ce genre. Appul. Metam. IV, p. 84. Morsibus *laceratus* ferroque *laniatus*. Déchiré par les morsures, tailladé par le fer.

—Lacertus, v. *Ulna*.

Lacessere. Irritare. Sollicitare. 1. *Lacessere*, pousser à la contradiction, à la résistance la raison et la volonté; *irritare*, exciter jusqu’à la colère les sentiments ou les passions. Cic. Mil. 31. Ut vi *irritare* ferroque *lacessere* fortissimum virum auderet. Il osa irriter par la violence, provoquer par la vue des armes le plus courageux des hommes.

2. *Lacessere*, exciter en troublant la paix d’une façon grossière; *sollicitare*, en troublant par finesse le repos des gens.

Lacrimare. Plorare. Flere. Lamentari. Ejulare. Deflere. Deplorare. 1. *Lacrimare* exprime la conséquence physique d’un mouvement de l’âme joyeux ou triste, comme δαϰρύειν, répandre des larmes; *plorare* est l’expression passionnée de la douleur, comme θρηνεῖν, hurler et crier. Entre les deux se trouve *flere*, qui a pour opposé *ridere*; il a de commun avec *lacrimare* l’absence de passion, et avec *plorare* le ressentiment de la douleur, c’est le grec ϰλαίειν, pleurer. Sen. Ep. 63. Nec sicci sint oculi amisso amico, nec fluant; *lacrimandum* est, non *plorandum*. Vous perdez un ami je n’exige pas que vos yeux soient secs, mais ne fondez pas en pleurs; versez des larmes, ne criez pas.

2. *Lamentari* et *ejulare* sont encore des augmentatifs de *ploratus*: *lamentari* marque, comme ϰωχύειν, un hurlement prolongé; *ejulare*, un hurlement interrompu par des cris et des sanglots, comme ὀλολύζειν.

3. *Plorare* et *flere* sont intransitifs; *deplorare* et *deflere*, transitifs.

Lacuna. Lacus. Stagnum. Palus. Uligo. Lama. Lustrum. *Lacuna* signifie en langage poétique toute espèce d’eau dormante depuis la mer jusqu’à la mare; *lacus* et *stagnum*, eaux dormantes, mais salubres, entretenues et rafraîchies par des sources ou par un cours d’eau qui s’y jette et qui en sort: *lacus*, lac de taille à rappeler l’image de la mer et opposé à la mer, λίμνη; *stagnum*, étang assez grand pour ne point ressembler à une simple mare, par opposition à une rivière, τέναγος. *Palus* et *uligo*, eaux dormantes altérées et corrompues: *palus*, marais, contrée recouverte d’une eau corrompue, ἔλος; *uligo*, fondrière, terrain pénétré par une eau corrompue. Le marais, *palus*, offre l’aspect d’une masse d’eau troublée par la vase et le limon, où on peut se noyer; la fondrière, *uligo*, celui d’un sol amolli par l’eau, où on peut enfoncer. Enfin *lamæ* et *lustra* signifient des eaux dormantes de peu de circuit: *lamæ*, de simples flaques, humides et boueuses, sur des routes; *lustra*, des mares croupissantes qui blessent l’odorat et la vue, dans des forêts et ailleurs.

Lædere. Violare. Offendere. *Lædere*, endommager, blesser, exprime une atteinte physique; *violare*, faire violence, une atteinte au droit; *offendere*, choquer, offenser, une atteinte au sentiment. *Lædere* se rapporte à un objet auquel il y a quelque chose à gâter; *violare*, à un objet pour lequel on a le droit de prétendre à des ménagements; *offendere*, à un être doué de raison et de sentiment. Cic. Off. I, 28, 99. Justitiæ partes sunt non *violare* homines, verecundiæ non *offendere*. Ne pas entreprendre sur les autres, c’est justice; ne les choquer en rien, c’est délicatesse. Sen. Ir. III, 18. Pleraque eorum propter quæ irascimur *offendunt* nos magis quam *lædunt*. Nos colères viennent très-souvent de ce qui nous choque plutôt que de ce qui nous nuit. Const. 4. Contumelia tantum delicatis gravis est, qua non *læduntur*, sed *offenduntur*. Une offense ne pèse qu’aux gens chatouilleux on ne leur a pas nui, mais on les a choqués. Ovid. Am. III, 3, 31. Formosas superi metuunt *offendere* *læsi*. Les dieux craignent d’offenser la beauté qui les a blessés.

—Lætari, v. *Gaudere*.

Lævis. Glaber. Fricare. Terere. 1. *Lævis*, *levis*, lisse par opposition à ce qui est rude et raboteux, cela est joli et cause une impression agréable; *glaber*, nu et uni, par opposition à ce qui est garni de poils ou de cheveux, couvert d’une végétation; cela constitue un défaut et cause une impression désagréable.

2. *Fricare*, polir pour rendre lisse, ψήχειν; *terere*, frotter pour diminuer le volume, τρίϐειν.

—Lævus, v. *Sinister*. —Lama, v. *Lacuna*.

Lambere. Lingere. *Lambere*, lécher lorsque la langue sert d’instrument comme la main pour saisir ou toucher un objet, que ce soit ou non un aliment, qu’il ait du goût ou qu’il n’en ait pas; *lingere*, lécher lorsqu’on emploie la langue comme organe du goût pour apprécier une saveur. Plin. H. N. XXXV, 7. Canem ex ære vulnus suum *lambentem*. Un chien de bronze qui passe la langue sur sa blessure. Comparez avec XXI, 4. Pecoribus sal datur *lingendus*. On donne au bétail du sel à lécher.

—Lamentari, v. *Lacrimare*. —Laniare, v. *Lacerare*. —Lancea, v. *Missile*.

Laniena. Macellum. *Laniena*, étal sur lequel le boucher, *lanius*, expose en vente des bêtes tuées et dépecées; *macellum*, marché où le *macellarius* débite toute sorte de viandes, menue viande, charcuterie, gibier, volaille, poisson.

—Lapis, v. *Saxum*.

Laqueus. Funis. Restis. 1. *Laqueus*, nœud coulant fait à une corde; *funis* et *restis*, la corde même: *funis*, grosse corde destinée à tirer, à haler, et qui doit pour cette raison avoir une certaine longueur, σχοῖνος; *restis*, corde mince qui servait plutôt à lier et à suspendre et qui pouvait être courte, σπάρτη. Le trait qui attache le cheval de volée, *equus funalis*, la corde sur laquelle danse le funambule, le câble qui remorque la chaloupe d’un vaisseau, ne s’appellent jamais *restis* en prose; par contre une corde bonne pour se pendre, pour fouetter un esclave, pour servir de ceinture, ne prendra guère le nom de *funis*, à moins qu’un poète ne s’avise de préférer ce dernier terme comme le plus noble.

2. *Rudentes*, les écoutes; *retinacula* et *oræ*, les câbles des ancres: *retinacula*, comme terme usuel et populaire; *oræ*, dans *oras solvere*, comme terme technique.

—Largitio, v. *Donum*.

Largus. Benignus. Liberalis. Munificus. *Largus* se dit de toute personne qui donne beaucoup, n’importe à qui, n’importe dans quelle vue, par opposition à *parcus*; *benignus*, *liberalis* et *munificus* n’expriment que des vertus. Le *benignus* obéit à un penchant de pure humanité, à l’amour du prochain; le *liberalis*, à un noble orgueil, à une juste estime de soi-même; le *munificus*, à une vanité bien placée qui ferait honneur à un prince. La *benignitas* donne abondamment parce qu’elle ne veut ni posséder ni jouir seule, c’est de la bonté d’âme; la *liberalitas* fait bien les choses, elle consiste à donner en proportion du rang qu’on tient et du mérite d’autrui, c’est le fait du galant homme chez lequel on ne retrouve aucune trace des calculs méticuleux du marchand; la *munificentia* donne plutôt trop que trop peu par plaisir de rendre heureux et de surprendre, comme la générosité.

Larva. Persona. *Larva*, masque grotesque et effrayant; *persona*, masque bien fait qui représente un personnage connu.

—Lascivus, v. *Petulans*. —Lassus, v. *Fatigatus*.

Latebra. Latibulum. *Latebra*, lieu écarté ou obscur où l’on peut se cacher décemment; *latibulum*, réduit où il faut se glisser en rampant, comme une bête.

Latrare. Gannire. Baubari. *Latrare* se dit de l’aboiement hostile d’un gros chien, et au figuré d’une querelle, ὑλαϰτεῖν; *gannire*, des jappements inoffensifs d’un petit chien, et au figuré du clabaudage, ϰνυζᾶσθαι; enfin, *baubari*, des hurlements et gémissements du chien, ϐαΰζειν.

—Latro, v. *Præda*. —Latus, v. *Coxa*. —Lectus, v. *Cubile*. —Lembus, v. *Navigium*. —Legare, v. *Mittere*. —Lemures, v. *Spectrum*. —Lenis, v. *Mitis*. —Lentus, v. *Tardus*.

Lepidus. Facetus. Festivus. Salsus. Dicax. Cavillator. *Lepos*, *facetiæ* et *festivitas* expriment un genre d’esprit inoffensif, la bonne humeur opposée à la gravité et propre à une âme bienveillante: *lepos*, l’esprit dispos et léger par opposition à la pesanteur; *festivitas*, la gaieté d’esprit par opposition à une gravité sombre; *facetiæ*, l’enjouement par opposition à un tour d’esprit grave et sérieux. *Sales*, *dicacitas*, *cavillatio*, expriment un genre d’esprit vif, caustique et pénétrant: *sales*, c’est le piquant opposé au fade et au trivial, voué à la recherche du trait, causant au hasard du plaisir ou de la peine; *dicacitas*, l’esprit satirique qui s’exerce aux dépens d’autrui, mais en sorte que la plaisanterie reste le but principal et que la moquerie ne soit qu’un accessoire; *cavillatio*, l’esprit moqueur pour lequel la blessure à faire est le point important, la plaisanterie un simple instrument et une forme comme une autre. Cic. Orat. 30. Demosthenes non tam *dicax* fuit quam *facetus*. Est autem illud acrioris ingenii, hoc majoris artis. Démosthène est plutôt un esprit enjoué qu’un esprit satirique. La satire exige plus de vivacité naturelle, l’enjouement plus de savoir-faire.

—Letum, v. *Mors*. —Libare, v. *Sapor*. —Liberalis, v. *Largus*. —Levis, v. *Lævis*. —Libenter, v. *Sponte*. —Liberalitas, v. *Donum*.

Libertus. Libertinus. *Libertus*, l’affranchi par rapport à son maître et par opposition à *servus*; *libertinus*, par rapport à sa condition et par opposition à *civis* et *ingenuus*. Sen. Contr. III, 21. Quærendus mihi gener erat *libertinus*; quid ergo? alieno potius *liberto*? J’étais réduit à chercher un gendre dans la classe des affranchis. Eh bien, pourquoi pas le mien, plutôt que celui d’un autre? Cic. Verr. I, 47. Trebonius fecit heredem *libertum* suum... Equiti Romano *libertinus* homo fit heres. Trébonius prit son affranchi pour héritier. Un homme de la classe des affranchis devient héritier d’un chevalier romain. Tac. Ann. XIII, 27. Si separarentur *libertini*, manifestam fore penuriam ingenuorum. On n’avait qu’à compter tout ce qui appartenait à la classe des affranchis; on ne verrait que trop clairement combien on manquait d’hommes libres.

—Libido, v. *Cupido*.

Libra. Pondo. L’expression complète est *libra pondo*, mot à mot une balance, un plateau de balance chargé de manière à faire équilibre à l’unité de poids, une livre pesant; *libra* est la formule la plus vague: l’ellipse de *pondo* ouvre la porte à une équivoque, on pourrait croire qu’il s’agit de la balance même; *pondo* est une expression elliptique, en ce sens que l’idée accessoire, celle du poids, représente en même temps l’idée principale, celle de l’unité de poids. Il y a la même différence entre *operæ pretium est* d’une part, et *operæ est*, *pretium est*, de l’autre.

Librare. Vibrare. *Librare hastam*, balancer une pique horizontalement afin de la lancer avec plus de force et de justesse; *vibrare*, la brandir d’avant en arrière, ou de haut en bas pour témoigner de l’envie qu’on a de combattre.

—Liburna, v. *Navigium*. —Licet, v. *Concessum est*.

Ligare. Viere. Vincire. Nectere. Obligare. Obstringere. Devincire. 1. *Ligare* et *viere*, synonymes de *copulare*, lier pour empêcher que les parties ne se séparent, δέειν; *vincire* et *nectere*, synonymes de *coercere*, enchaîner pour prévenir la liberté des mouvements, δεσμεύειν.

2. *Ligare* est le terme général; *viere*, le terme technique à l’usage du tonnelier, du vannier, etc.

3. *Obligare*, attacher par des prévenances; *obstringere*, lier par des bienfaits; *devincire*, enchaîner à soi par des relations intimes et durables. L’*obligatus* se sent engagé par les devoirs conventionnels de la vie du monde; l’*obstrictus*, par des devoirs de morale ou de religion; le *devinctus*, par des devoirs de piété.

Lima. Scobina. *Lima*, outil pour polir; *scobina*, pour dégrossir.