Part 13
Il y a de cela une heure, au moment de sortir de chez Annenkoff, le postillon est venu à ma rencontre, avec _deux_ lettres, l'une de vous, l'autre des petites. Vous dire le plaisir que cela m'a fait est superflu!
Vous avez chanté hier à Liverpool et vous chanterez demain à Manchester... Je vous accompagne de toute l'intensité de ma pensée, mais je n'ai plus peur pour vous; je suis persuadé que maintenant cela ira comme sur des roulettes.
Je vais vous raconter ma vie pendant hier et aujourd'hui. Règle générale, ma journée commence de très bonne heure par un envahissement de vieux amis, vieilles connaissances, ou bien de personnes qui veulent m'exploiter d'une façon ou d'une autre, ou qui ont affaire à moi. Ce matin il est venu entre autres une vieille mendiante polonaise, qui m'a soutiré cinq roubles. Non, jamais, depuis que le monde est monde, il n'y a eu de figure plus typique dans son genre, et si j'étais peintre je lui donnerais volontiers vingt-cinq roubles pour la faire poser! Ensuite viennent les excursions, qui, par la boue horrible dont toutes les rues sont remplies, et vu que cette fois-ci je ne me permets pas le luxe d'une voiture, présentent des difficultés de locomotion considérables; puis arrive le moment du dîner.
Hier j'ai dîné chez la vieille comtesse Protassoff, une dame très affable et «bon enfant», où j'ai trouvé cinq ou six personnes assez agréables; tout le monde est enragé contre les Allemands, mais à quoi cela a-t-il servi? Le soir je suis allé chez un M. J..., le frère de celui que vous avez vu à Bade et qui est si ennuyeux; celui-ci est encore plus beau--il a _volcan_ de cheveux gris sur la tête--et encore plus ennuyeux! J'y ai trouvé plusieurs adeptes de la nouvelle école musicale russe (pas Cui, malheureusement), mais le grand Balakireff qu'ils reconnaissent pour leur chef; le grand Balakireff a assez mal joué quelques fragments d'une fantaisie à orchestre de Rymsky-Korsakoff (vous vous rappelez, on vous a envoyé quelques jolies romances de lui); cette fantaisie sur un sujet de légende russe, assez bizarre, m'a semblé en effet en avoir, de la fantaisie. Puis le grand Balakireff a assez mal joué des réminiscences de Liszt et de Berlioz, qui, lui surtout, est pour ces messieurs l'Absolu et l'Idéal. Je crois, après tout, que c'est un homme intelligent. _Kein talent, doch ein character._
Ce, matin j'ai été plus envahi que jamais, puis j'ai eu ma dernière séance chez M. Gay. J'en dois une encore à M. Makovsky. Le portrait de M. Gay est d'une ressemblance frappante à ce que disent tous les amis et à ce que je crois moi-même. Puis j'ai fait des visites _littéraires_, c'est-à-dire ennuyeuses, mais il le fa-a-allait, comme dit Bilboquet. Puis j'ai dîné tout seul, pour la première fois depuis mon arrivée ici, dans un petit restaurant sous terre, au-dessous du sol je veux dire, et je suis allé chez papa Annenkoff. Hier, oui, j'ai oublié! j'ai fait une assez longue visite à l'_Hermitage_[140] où j'ai admiré de nouveau les chefs-d'oeuvre dont cette galerie est pleine: les Potter, les Rembrandt, etc., etc. En fait de choses nouvelles, il y a une merveilleuse petite Vierge de Léonard (dans la galerie Litta), des vases admirables de la collection Campana, et surtout un petit sphynx assis (un sujet de lampe) venu des fouilles de Kertch[141] qui est bien une des choses les plus fascinatrices qu'on puisse voir; il est peint et d'une conservation étonnante. J'aurais bien désiré que Viardot eût vu ce sphynx! Puis sont venues les deux lettres chez Annenkoff, et voilà!
Et maintenant, à demain. Mille embrassades à tout le monde.
_Der Ihrige_,
IV. TOURGUENEFF.
LXVII
Saint-Pétersbourg, vendredi 10 mars 1871.
Chère et bien-aimée madame Viardot,
Je vous avais dit que ma lecture de demain était tombée à l'eau. Malheureusement ce n'était qu'un faux bruit, et je lis en effet, entre Mlle Lovato, chantant: «Ce n'est pas dans le nez que ça me chatouille», et une autre demoiselle de la même force; c'est tout à fait café chantant; mais le but m'étant très sympathique (c'est pour les blessés français, on n'en parle pas sur l'affiche, mais tout le monde le sait...), je passe outre. On a mis mon nom en vedette, et l'on me voit rayonner à côté «d'huîtres fraîches», etc.
J'ai pensé à votre arrivée à Brighton et me suis senti très flatté d'une pareille similitude! Avec tout cela, je crains qu'il n'y ait que fort peu de monde, car le public ici est trop bourré de concerts, tableaux vivants, etc. Demain, je vous dirai le résultat.
Et maintenant parlons de mes faits et gestes. Séance pour _les_ portraits (ils sont achevés maintenant, Dieu merci!), séance pour des photographies (ce n'est pas moi qui paye, je vous prie de le croire!), visites littéraires, pour affaires, visites reçues et rendues; c'est un brouhaha que ma vie ici; et je serai bien content quand je roulerai vers la tranquille Moscou et vers Spasskoïé, plus tranquille encore. Tout cela est nécessaire; mais quand ce sera fini, ce sera bien _agriable_, comme dit Thérésa.
J'ai dîné hier, jeudi, avec trois _jeunes_ littérateurs, et la conversation a été vive et animée. Nous n'avons bu qu'_une_ bouteille de vin! J'ai dû passer ensuite la soirée chez une femme bien ennuyeuse, que vous connaissez je crois, Mme M..., cette personne qui a de si grosses joues, et elle a été digne de sa réputation. Aujourd'hui, dîner chez un comte A..., pas mal ennuyeux aussi, mais plein de bonnes intentions envers la littérature; il est en train de fonder une vaste entreprise lexico-encyclopédique; il est très riche, et il faut encourager cela (pas la richesse, mais les entreprises). De là, je suis allé dans un autre salon, politico-littéraire aussi, mais d'une couleur un peu plus tranchée, de façon que je me rends compte des différentes nuances de ce qu'on peut appeler l'opinion publique dans la _Cara patria_. Il y a pas mal de choses que je vous dirai de vive voix.
Samedi soir.
Eh bien, ma chère et bonne madame Viardot, la lecture a eu lieu, mais ça a été autre chose que je n'avais cru. Un peu café chantant, en effet, de la musique exécrable, mais un public énorme, bouillant de jeunesse: apothéose de _Garibaldi_ en tableau vivant, lecture par une dame de _Souvenirs d'un séjour parmi les Garibaldiens_, déclamation par une grosse dinde, à la voix fêlée, des _Deux Grenadiers_ de Schumann, qui, comme vous vous le rappelez peut-être, se terminent par _la Marseillaise_; alors explosion de bravos frénétiques, cris de: «Vive la France!» tempête, en un mot, qui a duré dix minutes. Un acteur français a, il est vrai, dit _les Deux Gendarmes_, mais une actrice française a déclamé _les Pigeons de la République_, et ce mot a fait courir le frisson habituel.
Quant à moi, je dois avouer que jamais je n'ai été l'objet de pareilles--pardon du mot!--_ovations_. Je vous le dis parce que je sais que cela vous fera plaisir, et j'ai pensé à vous pendant tout le temps que je me tenais là, confus, rouge, un sourire impassible sur la face, en présence de cette foule qui hurlait... Ça me faisait l'effet d'une grosse pluie d'orage, rapide et violente, qu'on recevrait sur ses épaules nues. J'ai lu le fragment des _Mémoires d'un chasseur_ intitulé _Bourmistr_; je crois avoir assez bien lu, mes nerfs s'étaient détendus pendant tout ce tapage, et j'étais calme, puis le public était si bienveillant!
Vous voilà revenue de Liverpool; peut-être aurais-je quelque nouvelle de vous demain.
En attendant, mille amitiés. Je vous baise les mains.
IV. TOURGUENEFF.
Saint-Pétersbourg, samedi 11 mars 1871.
Je continue ma lettre, chère madame Viardot.
Après dîner je suis allé au concert de la Société russe. Symphonie nº 3 de Beethoven, assez brutalement jouée, et puis... vous allez vous étonner... et en même temps vous rendrez justice à ma bonne foi: on a donné l'ouverture des _Maîtres chanteurs_ et l'entr'acte, qui m'ont fait le plus grand plaisir! L'entr'acte surtout est grandiose, c'est de la puissante musique, il faut l'avouer. Le public a beaucoup applaudi et l'entr'acte a été redemandé.
Un petit musicien que vous connaissez, et qui se nomme Ch. Lenz, m'a entraîné du concert chez un de nos meilleurs acteurs, M Samoïloff, où je devais rencontrer Rubinstein. Il y était en effet. Il a pris les Allemands (!) en horreur, et veut rester en Russie. Comme il faut toujours qu'il entreprenne quelque chose, il s'est mis en tête de fonder une société, un «Orpheum» ou «Verein», où se réunirait toute l'intelligence artistico-littéraire de Pétersbourg. Cette idée a été longuement débattue, et on a fini par décider qu'on ferait une soirée d'épreuve, jeudi prochain (on a choisi ce jour-là, parce que je pars vendredi), et on a fait des listes d'invitation, des circulaires. J'ai dû signer la circulaire littéraire. Il ne sortira naturellement rien de tout cela; du reste cela ne me regarde pas, puisque je n'habite pas la Russie; mais enfin, cela a amusé Rubinstein, et il est entier en diable et têtu comme un mulet. J'ai rencontré sa femme: elle a très bonne mine; il paraît que son garçon continue à être splendide.
J'ai l'idée de vous envoyer mes textes russes du _Gaertner_ et de _Es ist ein schlechtes Wetter_. J'ai choisi ces deux-là, comme étant de beaucoup les plus difficiles. Le cheval de la princesse, _Blanc de neige_, est devenu noir comme l'acier, mais c'est aussi dans la nature.
Faites-vous chanter cela par Mme Gourieff, vous verrez si cela va bien...
J'ai dîné paisiblement chez mon vieux Annenkoff; après dîner, j'ai eu une entrevue avec un monsieur, pour le fermage de mes biens, et peut-être pour la vente de l'un deux. Ce monsieur est un galant homme, que je connais depuis longtemps et qui a de l'argent.
Le tourbillon de Pétersbourg, où je suis tombé et d'où je compte me retirer bien vite, ne me fait oublier un instant ni Londres, ni mon retour, ni tout ce que j'aime au monde, et plus que jamais. Je ne serai heureux que quand j'aurai franchi le seuil de Devonshire Place, 30!
J'ai reçu une lettre de Lewis, qui me parle d'un de vos samedis, auquel il aurait assisté, et d'un autre où il comptait retourner. Il semble vous avoir pris en affection.
A demain, _theuerste Freundin_. Mille amitiés à tous.
Votre
IV. TOURGUENEFF.
Nous terminons ici la publication des lettres de Tourgueneff à Mme Viardot. L'illustre artiste n'a pas cru possible, pour des motifs divers, de rendre public le reste de la correspondance, plus d'une centaine de lettres se rapportant à la même époque (de 1844 à 1871). Mais les pages publiées--outre leur charme intime--peuvent déjà servir de contribution appréciable à l'étude de la vie intérieure de Tourgueneff qui doit nous intéresser, pour le moins, autant que celle de ses créations.
Des biographes russes ont mis déjà à profit les lettres parues dans mon ouvrage sur _Tourgueneff d'après sa correspondance_, et ils ont pu élucider certains côtés du problème psychologique et moral que présente l'âme d'un artiste, aussi grand par l'esprit et le coeur, doué d'une aussi rare puissance évocatrice que l'est l'auteur de cette correspondance.
Notre tâche ne fut pas vaine.
E. H.-K.
* * * * *
Extrait du Catalogue de la BIBLIOTHÈQUE-CHARPENTIER
à 3 fr. 50 le volume
EUGÈNE FASQUELLE, ÉDITEUR, 11, RUE DE GRENELLE
MÉMOIRES--SOUVENIRS--CORRESPONDANCE
CHARLES ALEXANDRE Souvenirs sur Lamartine. 1 vol
PAUL ALEXIS Emile Zola. Notes d'un ami. 1 vol
THÉODORE DE BANVILLE Mes souvenirs. 1 vol
MARIE BASHKIRTSEFF Journal, 2 vols
ÉMILE BERGERAT Théophile Gautier. Biographie, entretiens, souvenirs. 1 vol
PHILARÈTE CHASLES Mémoires, 2 vols
LEON DAUDET Alphonse Daudet. 1 vol
EUGÈNE DELACROIX Lettres. 2 vols
ALIDOR DELZANT Les Goncourt, 1 vol
GUSTAVE FLAUBERT Correspondance. 4 vols
JULES DE GONCOURT Lettres. 1 vol
E. ET J. DE GONCOURT Journal. Mémoires de la Vie litteraire. 9 vols
VICTOR HUGO Choses vues. 1 vol
PIERRE LANFREY Correspondance. 1 vol
L. DE MONTLUC Correspondance de Juarez et de Montluc. 1 vol
PAUL DE MUSSET Biographie d'Alfred de Musset. 1 vol
HENRI REGNAULT Correspondance. 1 vol
STENDHAL Journal, 1 vol
LÉON TOLSTOÏ Correspondance inédite. 1 vol
IVAN TOURGUENEFF Correspondance. 1 vol
ÉMILE ZOLA Correspondance.--LETTRES DE JEUNESSE 1 vol
4433. -- Imp. Motteroz et Martinet, rue Saint-Benoît, 7, Paris.
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Notes sur la transcription
On a effectué les corrections suivantes:
Clément Thomas lui-même n'interromptit=>Clément Thomas lui-même n'interrompit
le lond du rivage=>le long du rivage
que Dieu vons bénisse=>que Dieu vous bénisse
Ç'a a été le dernier geste de Socrate mourant=>Ça a été le dernier geste de Socrate mourant
elle nous aunonce=>elle nous announce
Je viens de m'excercer=>Je viens de m'exercer
n'est pas capable de se distraire de sa préoccution=>n'est pas capable de se distraire de sa préoccupation
l'engager à aller trouver la tranquilité=>l'engager à aller trouver la tranquillité
J'ai donc trentre-quatre ans=>J'ai donc trente-quatre ans
Notre voyage est redardé d'un jour=>Notre voyage est retardé d'un jour
Voici les quelques lignes que je vous proprose=>Voici les quelques lignes que je vous propose
au-desus de la fenêtre=>au-dessus de la fenêtre
Mais imaginezvous=>Mais imaginez-vous
Wieniaswki a énormément gagné=>Wieniawski a énormément gagné
Vanitas vanitum et onmia vanitas!=>Vanitas vanitum et omnia vanitas!
A propos, le bruit s'était répaudu ici>=A propos, le bruit s'était répandu ici
Je crains bien que mon oncle soit cette muraille et que mes poils chiches vont me sauter au nez.=>Je crains bien que mon oncle soit cette muraille et que mes pois chiches vont me sauter au nez.
Avec tout cela, il n'est impossible=>Avec tout cela, il n'est pas impossible
Vous voilà donc seul à Bade=>Vous voilà donc seule à Bade
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NOTES:
[1] En septembre 1883.
[2] Voir _Ivan Tourgueneff d'après sa correspondance avec ses amis français_, par E. Halpérine-Kaminsky (Fasquelle, éditeur).
[3] Poète russe renommé, auteur de _Souvenirs_ sur Tourgueneff.
[4] Terre de Tourgueneff, dans le gouvernement d'Orel.
[5] Le présent recueil contient également les huit lettres que Mme Viardot a bien voulu me communiquer en plus de celles qui constituent le paquet qui lui a été restitué, lettres que j'avais déjà insérées dans le volume: _Ivan Tourgueneff d'après sa correspondance avec ses amis français_. Toutes les lettres de Tourgueneff à Mme Viardot dont la publication a été autorisée par la destinataire sont donc réunies ici.
[6] M. et Mme Viardot.
[7] L'Opéra de Berlin.
[8] Il s'agit évidemment des compositions de musique de Mme Viardot.
[9] Allusion à la fameuse revue russe _le Contemporain_, sous la direction du poète Nekrassov et de Panaïev, et dont les principaux collaborateurs étaient, avec Tourgueneff: Tolstoï, Ostrovky, Grigorovitch, le critique Belinsky, etc.
[10] La fille aînée de Mme Viardot, devenue plus tard Mme Heritte.
[11] La langue allemande.
[12] Probablement ses premiers _Récits d'un chasseur_, parus en 1847 dans _le Contemporain_.
[13] Mme Garcia, mère de Mme Viardot.
[14] Cousine germaine de Mme Viardot. Cantatrice, élève, je crois, de M. Manuel Garcia, frère de Mme Viardot.
[15] Le frère de Mme Garcia, mère de Mme Viardot.
[16] M. Manuel Garcia.
[17] Fils d'un médecin fameux de l'époque.
[18] L'auteur de: _Essence du christianisme_, etc.
[19] Critique russe, ami de Tourgueneff et plus tard son exécuteur testamentaire.
[20] Allusion aux superstitions populaires russes qui veulent qu'on crache lorsqu'on constate la bonne santé d'une personne.
[21] M. Garcia, le frère de Mme Viardot, artiste renommé, comme toute la famille Garcia, inventeur du laryngoscope.
[22] Jeu de mots expliqué par les ratures assez nombreuses de cette partie de la lettre.
[23] Romancier, ou plutôt auteur de nouvelles, devenu plus tard célèbre.
[24] Une phrase en espagnol, une en allemand et une en russe contenant le même souhait; la dernière, en caractères russes, signifie: «Portez-vous bien et souvenez-vous de nous.»
[25] _La Vie est un songe._
[26] _Le Magicien prodigieux._
[27] Louis Viardot traduisit en effet, en collaboration avec l'auteur, plusieurs des nouvelles de Tourgueneff, notamment les _Récits d'un chasseur_, d'autres sous le titre de _Scènes de la vie russe_, etc.
[28] Savant naturaliste allemand.
[29] La famille du général comte Serge Kaminsky, fils du maréchal russe qui servit en qualité de volontaire dans l'armée française en 1758 et 1759. Le comte Serge avait habité Orel, ville où est né Tourgueneff.
[30] D'espagnol.
[31] Probablement _le Célibataire_, comédie en trois actes.
[32] Poète et militant politique allemand qui, sous l'influence des idées de la révolution de Février à Paris, se porta, à la tête d'une colonne d'ouvriers armés, et, à l'aide des révolutionnaires de Bade, pénétra dans la ville, mais fut repoussé par les troupes wurtembergeoises.
[33] En russe: «Je vous en prie.»
[34] Le célèbre écrivain socialiste russe.
[35] On le sait aujourd'hui, le général Lamoricière avait pour mission de conclure une entente entre la République de 1848 et l'empereur Nicolas Ier.
[36] Domestique de M. et Mme Viardot.
[37] Le vieux chien de chasse de M. Viardot.
[38] Il s'agit probablement du romancier russe de ce nom.
[39] Phrase en lettres russes qui signifie: «Comprenez-vous le russe? ou l'avez-vous oublié?»
[40] Cousine germaine de Mme Viardot.
[41] Léonard, célèbre violoniste.
[42] Le frère de Mme Garcia.
[43] _Un déjeuner chez le maréchal de la noblesse_, la seule comédie en un acte de Tourgueneff, datée de 1849.
[44] Allusion probable à la traduction, faite par l'auteur en collaboration avec Louis Viardot, du _Commensal_, comédie en deux actes, écrite en 1848, et parue en français sous le titre primitif de _le Pain d'autrui_ dans le volume: _Scènes de la vie russe_ (Paris, 1858).
[45] Critique musical de l'_Athenæum_ de Londres.
[46] Belle-soeur de Mme Viardot.
[47] _Gold verdienen_, gagner de l'argent (ou de l'_or_--_gold_); _verdienen_--gagner;--_dienen_--servir.
[48] Le chien de garde.
[49] La vieille cuisinière de Courtavenel.
[50] Petit bois près de Courtavenel.
[51] M. Sitchès.
[52] Général espagnol.
[53] Vieux cheval de M. et Mme Viardot.
[54] Le frère de Mme Viardot.
[55] Un familier de la maison.
[56] A M. Louis Viardot.
[57] La nouvelle de la mort de sa mère a obligé Tourgueneff de partir pour la Russie afin de mettre en ordre les affaires de la succession.
[58] Propriété patrimoniale de Tourgueneff.
[59] La fille de Tourgueneff.
[60] La fille de Tourgueneff confiée par lui à Mme Viardot.
[61] Le célèbre acteur, ami de Gogol et créateur du principal rôle de _Revisor_ (le rôle du maire).
[62] La mère de Mme Viardot.
[63] Le frère et la fille de Mme Viardot.
[64] Nicolas Ier.
[65] Le grand-duc Alexandre Nicolaïevitch, plus tard Alexandre II.
[66] Eugène Vivier, le célèbre corniste improvisateur, homme de beaucoup d'esprit et dont les traits amusaient souvent Tourgueneff et toute la famille Viardot. Les journaux en ont parlé récemment à l'occasion de sa mort.
[67] On sait (voir _Tourgueneff d'après sa correspondance_, par E. Halpérine-Kaminsky) que Tourgueneff a été exilé dans sa propriété de Spasskoïé à la suite de son article sur la mort de Gogol, en 1852. Cette réclusion a duré jusqu'à la fin de 1854; rendu libre grâce à l'intervention du grand-duc héritier (plus tard Alexandre II), Tourgueneff revint en France.
[68] M. Tutcheff a été un poète d'une rare finesse et de grâce.
[69] Il faut se souvenir que le servage n'était pas encore aboli à cette époque en Russie.
[70] Journal russe, Mme Viardot était à ce moment en représentation à Saint-Pétersbourg.
[71] On se souvient que Tourgueneff a été exilé dans ses terres à la suite de son article sur Gogol.
[72] La fille de Tourgueneff.
[73] Mme Viardot s'était chargée de la surveillance de son éducation.
[74] _Roudine_, probablement.
[75] _Scènes de la vie russe_, 2e série, traduite, en collaboration de l'auteur, par Louis Viardot.
[76] A M. Louis Viardot.
[77] L'un des directeurs de la maison d'édition Hachette.
[78] La deuxième série des _Scènes de la vie russe_.
[79] Xavier Marmier avait traduit un volume des nouvelles de Tourgueneff, sous le même titre de _Scènes de la vie russe_ (1re série).
[80] Un récit de Tourgueneff, qu'il traduisit en commun avec M. Viardot et qui parut dans le recueil: _Scènes de la vie russe_, en 1858 (2e série).
[81] Autre récit de Tourgueneff.
[82] _Idem._
[83] La mort du célèbre peintre Arry Scheffer.
[84] Dans la propriété de Léon Tolstoï, à Yasnaïa Poliana, qui n'est pas très éloignée de Spasskoïé.
[85] Le tableau dont parle Tourgueneff est la fameuse «Apparition du Christ», à laquelle le peintre russe a travaillé pendant plus d'un quart de siècle et qui est son principal titre de gloire.
[86] Représentant russe de l'art académique.
[87] Il s'agit de _A la Vielle_, roman traduit en français sous le titre de: _Un Bulgare_.
[88] Les Comités institués par Alexandre II pour préparer la réforme de l'affranchissement des serfs, affranchissement proclamé par l'Empereur le 19 février 1861.
[89] Critique d'art et de littérature allemand.
[90] Pierre Botkine, littérateur et grand ami de Tourgueneff.
[91] Tourgueneff faisait grand cas du jugement littéraire de la comtesse et soumettait parfois à son appréciation ses écrits; bien que portant un nom français, elle est d'origine russe.
[92] Critique littéraire et biographique de Tourgueneff. Il fut plus tard son exécuteur testamentaire.
[93] Le comte Nicolas Milutine, célèbre homme d'État, l'un des principaux artisans de l'affranchissement des serfs et d'autres réformes libérales du règne d'Alexandre II.
[94] Tourgueneff fut accusé de pactiser avec les révolutionnaires russes réfugiés à l'étranger, et il fut mandé par le gouvernement à Saint-Pétersbourg pour se justifier devant une commission du Sénat, érigée pour la circonstance en tribunal suprême.
[95] Les prévisions de Tourgueneff se sont réalisées: Séroff est devenu l'un des plus puissants représentants de l'école musicale russe.
[96] _Rognéda_ est en effet considérée comme le chef-d'oeuvre de Séroff.
[97] Pauline Viardot, célèbre cantatrice.
[98] Il s'agit évidemment du récit _Assez!_ le seul publié en 1864.
[99] Chef d'orchestre au Gewandhaus de Leipzig.
[100] La fille de Mme Viardot.
[101] Devenue célèbre depuis.
[102] Titres écrits en caractères russes.
[103] Compositions, sur paroles russes, de Mme Viardot.
[104] Chanteur au théâtre italien.
[105] _Fumée._
[106] Publiciste fameux, alors directeur libéral de la revue moscovite _le Messager russe_. Il devint plus tard réactionnaire et joua un rôle considérable sous le règne d'Alexandre III.
[107] Le public français sait aujourd'hui, par les traductions publiées, la grande valeur de cet écrivain.
[108] Excavations et fondrières de route.
[109] L'oncle paternel de Tourgueneff avait été longtemps l'intendant de ses biens; mais il les avait si mal gérés que Tourgueneff dut, malgré les liens de parenté, confier l'administration de Spasskoïé à un nouveau gérant, tout en indemnisant son oncle d'une forte somme.
[110] _Fumée._