Les Usages du Siècle : lettres, conseils pratiques, le Savoir-vivre

Part 2

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Pour ces réunions, la fiancée doit être vêtue de teintes claires; les teintes rose pâle, bleu ciel, crème, ne sont pas l'uniforme des jeunes femmes. Les jeunes filles peuvent porter toutes les teintes.

L'habit n'est pas de mise dans un dîner de famille.

Pendant le temps de la «cour», octroyer aux fiancés une certaine latitude, sans toutefois les laisser livrés à eux-mêmes.

Il est bon de les laisser causer librement, sans qu'on puisse entendre ce qu'ils disent.

Les fiancés ne doivent jamais s'asseoir sur le même meuble, ils ne peuvent rester ensemble dans une pièce fermée; pourtant les convenances sont sauves s'ils sont en tête-à-tête dans une chambre dont la porte ouverte donne sur une autre pièce occupée par la mère ou des personnes de la famille.

Si le fiancé sort avec sa future et sa belle-mère en expectative, il doit offrir le bras à cette dernière; mais souvent, pour faire plaisir au jeune couple, celle-ci l'autorise à donner le bras à sa fiancée.

Les fiancés ne doivent s'appeler que monsieur et mademoiselle; seules les relations d'enfance autorisent l'emploi du prénom.

Le baiser sur le front est permis, mais la simple poignée de main est de meilleur goût, et même un cousin et une cousine qui s'embrassaient franchement lorsqu'ils n'étaient que parents, se bornent au _shake-hand_, lorsqu'ils deviennent fiancés.

Lorsqu'on a les entrevues d'affaires chez le notaire, on s'y rend séparément; mais le bon goût veut que le jeune homme et ses parents soient arrivés les premiers.

On tient, en général, les projets de mariage aussi secrets que possible, mais, lorsque la chose est bien et dûment officielle, la mère de la jeune fille accompagnée de celle-ci fait ses visites et annonce l'événement à toutes ses relations.

Le fiancé a, de droit, son couvert à la table de famille de la jeune fille; il est de bon goût de ne pas en user tous les jours.

Lorsqu'on se marie avec une veuve, la question n'est plus la même; on peut sortir seul avec elle, aller au théâtre et elle vous reçoit sans tierce personne.

Il n'y a pas de dîner de fiançailles; la bague est remise dans une simple visite.

Les bouquets sont moins de rigueur; on peut les remplacer par des plantes durables.

La veuve qui reçoit son fiancé doit éviter le noir et les teintes de demi-deuil dans ses toilettes.

Lorsque la mère du jeune homme reçoit dans son salon la fiancée de son fils, qu'elle soit veuve ou demoiselle, la formule de présentation à ses amis est stéréotypée; elle dira: Je vous présente mademoiselle X. ou madame X., ma future bru. Le ton doit être affectueux.

Certains traités de savoir-vivre interdisent à une jeune fille d'aller en soirée, au théâtre, pendant le temps de la cour; en outre, ils lui recommandent de ne pas danser plus de trois fois avec la même personne, si ce n'est avec son fiancé.

La mode a un peu changé ces coutumes.

Le jeune homme fera bien aussitôt de faire un tri dans ses relations; de préluder en quelque sorte à la vie sérieuse.

_Le Contrat._

La signature du contrat se fait ordinairement quinze jours avant le mariage; le premier ban et les publications légales se font après; alors on est certain qu'une question d'intérêt ne viendra pas à la traverse des projets; les discussions d'intérêt ne doivent jamais avoir lieu devant les jeunes gens et ceux-ci doivent avoir l'air de les ignorer. Certaines personnes signent seulement le contrat trois ou quatre jours avant le mariage.

Le contrat se signe chez le notaire ou dans une soirée que donnent les parents de la jeune fille; quelquefois, c'est un dîner auquel on convie le notaire; on peut encore faire une grande réception de jour.

Voici le libellé des faire part pour une signature de contrat, si on le fait avec quelque solennité:

_Monsieur et Madame L..... seront chez eux le 1er décembre 1894_:

Signature du contrat.

La mode n'étant plus de faire une fête le jour du mariage, on profite de celui du contrat pour réunir ses amis.

Le cérémonial du contrat est le même dans tous les cas: qu'on aille chez le notaire, qu'il y ait dîner, soirée ou réception de jour.

L'on s'assied en cercle, les jeunes gens l'un à côté de l'autre, les parents, les témoins.

Le notaire se place devant une table.

Disons à ce propos qu'il y a des familles qui aiment avoir chacun leur notaire.

Le notaire lit le contrat, demande si on est bien d'accord et tend la plume au jeune homme; celui-ci signe, passe la plume à la fiancée, qui la passe ensuite à sa future belle-mère, celle-ci la transmet à la mère de la jeune fille, puis, dans le même ordre, aux deux futurs beaux-pères, enfin aux témoins, en suivant les préséances d'ordre et de parenté.

Si la signature du contrat a lieu dans une soirée, on passe dans une pièce séparée, puis on reporte le contrat dans le salon, on le pose sur une table, et il reste ouvert afin que toutes les personnes puissent signer si elles le désirent.

Si on désire avoir la signature de hauts personnages ou de parents âgés qui ne se dérangent pas, on leur porte le contrat à signer chez eux.

S'il y a un bal, la jeune fille l'ouvre avec son fiancé.

La jeune fille, s'il y a réception chez elle, porte une jolie toilette de nuance claire, décolletée, un peu «dame» déjà; toutefois elle ne mettra pas les bijoux de sa corbeille, qu'on doit lui avoir envoyée le matin; elle aura encore ses petits bijoux de jeune fille.

L'usage veut qu'elle offre lesdits bijoux en présent à ses jeunes amies. Celles-ci sont toujours reconnaissantes de cette attention.

_Les Lettres de faire part d'un Mariage._

Ces lettres doivent être adressées le lendemain du contrat, si celui-ci précède de quinze jours la cérémonie; on peut aussi ne les envoyer qu'une huitaine avant.

Lorsque les grands-parents sont encore vivants, ils figurent toujours en première ligne pour annoncer le mariage.

On peut ne plus envoyer de double lettre de faire part, c'est-à-dire que le côté gauche appartient à la famille de la mariée, le côté droit à celle du marié.

_Modèle d'une lettre où les grands-parents sont mentionnés._

Monsieur et Madame Albin, et Madame Dufresne, ont l'honneur de vous faire part du mariage de Mademoiselle Marguerite Dufresne, leur petite-fille et fille, avec Monsieur Gaston Calmette, capitaine au 18e dragons,

Et vous prient d'assister à la bénédiction nuptiale qui leur sera donnée, le mardi 20 novembre 1894, en l'église Notre-Dame des Victoires, à midi très précis.

_Paris, le_

_202, rue Neuve-des-Petits-Champs._

Madame veuve Calmette, Monsieur et Madame Calmette ont l'honneur de vous faire part du mariage de Monsieur Gaston Calmette, capitaine au 18e dragons, leur petit-fils et fils, avec Mademoiselle Marguerite Dufresne,

Et vous prient d'assister à la bénédiction nuptiale qui leur sera donnée, le mardi 20 novembre 1894, en l'église Notre-Dame des Victoires, à midi très précis.

_Paris, le_

_102, rue d'Amsterdam._

Lorsqu'une catholique épouse un protestant ou un israélite, la fin de la lettre se libelle ainsi:

Et vous prient d'assister à la bénédiction nuptiale qui leur sera donnée en l'église de... et au temple ou à la synagogue de.... rue de....

L'usage veut que ce soit la religion de la femme qui ait les honneurs.

Pour un orphelin:

Monsieur Louis T..... chevalier de la Légion d'honneur, officier de l'Instruction publique, avocat à la Cour d'appel, a l'honneur de vous faire part de son mariage avec Mademoiselle Cécile D.....

Une veuve sans parents fait elle-même part de son mariage.

Voici un modèle de lettre que j'ai sous les yeux; il est timbré aux armes des deux familles.

M.

Vous êtes prié d'assister à la célébration du mariage entre Monsieur Gontran de J., vicomte de St-P., et de Mademoiselle Anne-Marie de B..., lequel aura lieu le 30 du présent mois de juin, en l'église de Saint-Pierre de Chaillot, à midi.

De la part: du colonel de B..., du marquis et de la marquise de St-P., aïeul, père et mère du fiancé; de la duchesse douairière de B..., du duc et de la duchesse de B..., aïeule, père et mère de la fiancée.

Une formule simple qu'on peut toujours employer est celle-ci:

Monsieur et Madame C..... ont l'honneur de vous faire part du mariage de leur fille Mathilde avec Monsieur Julien S...., etc.

Ou encore:

Monsieur le docteur L..... et Madame L..... ont l'honneur de vous faire part du mariage de Mademoiselle Marie L..... avec Monsieur Ferdinand D...., etc.

Si, après la messe, il y a lunch, on met, dans les lettres destinées aux personnages qu'on désire avoir à cette réunion, une carte portant cette mention:

Madame Y... (la mère de la mariée) recevra après la bénédiction nuptiale.

C'est toujours la mère ou la grand'mère de la mariée qui reçoit.

Un lunch doit _toujours_ se donner chez la mère de la mariée; jamais au restaurant.

Les amis très intimes sont invités de vive voix ou par lettres autographes.

Ce qu'il faut éviter à tout prix, parce que cela frise un peu le ridicule, ce sont des indications de ce genre:

Monsieur X..., _propriétaire!!!_ et Madame X... ont l'honneur, etc.

Ou encore:

Monsieur Z..., _ancien négociant!!!_ et Madame Z... ont l'honneur.

Il est d'usage de ne mentionner que les décorations nationales.

Les personnes qui, pour une raison ou pour une autre, n'assistent pas à la bénédiction nuptiale, envoient dès le lendemain leurs cartes aux parents ou du jeune homme ou de la jeune fille selon qu'ils connaissent l'un ou l'autre; dans le cas où, seul, le jeune marié serait connu d'eux, c'est aux jeunes époux qu'il faut adresser sa carte.

Non seulement il y a les lettres d'invitation à la cérémonie; il y a aussi les lettres de faire part du mariage tout simplement et qui s'envoient huit jours après la cérémonie.

Ces dernières sont pour les personnes habitant la province et qu'on sait ne pas pouvoir assister au mariage; en voici le libellé:

Monsieur et Madame L..... ont l'honneur de vous faire part du mariage de Monsieur Edouard L..... leur fils, avec Mademoiselle Charlotte T.....

_Paris, le_

_Rue de Chabrol, 117._

La même lettre pour les parents de la jeune fille.

Voici encore un modèle:

Le marquis et la marquise de C. M. ont l'honneur de vous annoncer que le mariage de leur fille Marie-Antoinette avec le baron de J. a été célébré le 15 de ce mois de décembre, 1893.

Disons, pour terminer le chapitre des «faire part» de mariage, qu'on ne doit oublier personne, fournisseurs, serviteurs, etc., enfin toutes les personnes avec lesquelles on est en relations.

Ces lettres, non cachetées, s'affranchissent à cinq centimes.

_La Corbeille._

Corbeille, que de folies on commet en ton nom! dirais-je, parodiant un vers célèbre.

En effet, malheureusement, il est des jeunes filles qui considèrent la corbeille comme l'affaire principale, la plus considérable dans un mariage.

La corbeille est envoyée le matin ou la veille de la signature du contrat.

Il est à remarquer que, sauf la bagne de fiançailles, le futur ne donne pas de présents de _valeur_ avant le contrat.

La corbeille dépend de la position et de la générosité du futur.

Elle n'est pas envoyée nécessairement dans une corbeille; c'est dans un coffret, un petit meuble, l'ancien coffre de mariage, si l'on veut (ce dernier a beaucoup de cachet). Depuis quelque temps, la vraie corbeille a fait sa réapparition; c'est une corbeille carrée en vannerie artistique, doublée de satin blanc; on dépose au fond les étoffes, les dentelles, puis les fourrures, les écrins à bijoux et, sur le tout, un gros bouquet de fleurs roses liées d'un lien de satin blanc ou d'un lien d'or; ce qui me fait toujours penser à cette vieille chanson bretonne:

Vous voilà donc liée, Madame la mariée, Avec un lien d'or Qui n'délie qu'à la mort!

Il y a quelques années, on avait essayé d'offrir à la fiancée une somme plus ou moins importante, suivant la situation; mais cette importation américaine n'a pu prévaloir contre la vieille coutume française.

Si la fiancée a des frères et des sœurs, le futur joindra à la corbeille les présents qu'il leur destine.

Il n'est pas d'usage que la jeune fille fasse le moindre cadeau à son fiancé.

Si elle tient absolument à lui offrir quelque chose, qu'elle lui donne une garniture de boutons de chemise en perles fines ou l'unique et large bouton en or mat, que quelques élégants portent.

Le cachemire de l'Inde qui devait faire le fond de toute corbeille du temps de nos mères a cédé le pas à la jaquette de loutre.

On offre aussi quelques mètres de dentelle blanche; point à l'aiguille ou d'Angleterre;

Des dentelles noires;

Une garniture de fourrure, renard bleu, skungs, martre, au choix;

Quelques robes _en pièce_, robe de velours noir, de satin ou de moire de teinte claire, de brocart ancien;

Un éventail en plumes d'autruche noires ou blanches, montées sur écaille blonde, avec, sur le côté, les initiales de la jeune femme, c'est-à-dire l'initiale de son prénom et l'initiale de son nouveau nom, en brillants ou en or;

Une jumelle de théâtre;

Le livre de mariage, genre vieux missel;

Le porte-monnaie, le porte-cartes en ivoire avec appliques d'or émaillé, genre byzantin;

Une petite bourse remplie de pièces d'or _neuves_;

Des boutons d'oreilles en brillants (pas de pendeloques, de girandoles), une broche en brillants, un bracelet pareil, une rivière ou un rang de perles, un diadème ou une aigrette, la petite trousse en or que portent maintenant les dames; enfin, d'autres bijoux, si vous voulez, et des pierreries que la jeune épousée pourra faire monter à son gré.

Je parle ici d'une riche corbeille.

La montre n'y figure jamais, car en somme ce n'est pas un bijou, mais un objet d'utilité, et il est à supposer que la fiancée a sa montre de jeune fille.

Pour les corbeilles modestes, au contraire, la montre figure en première ligne.

Voici la composition d'une corbeille de ce genre:

Deux boutons d'oreilles en brillants ou en perles;

Une broche or, avec, au centre, un motif brillants et perles;

Un bracelet jonc en or ciselé;

Un éventail de satin noir monté sur nacre;

Une robe de faille noire;

Une coupe de dentelle blanche;

Un nécessaire de travail en argent;

Un manchon et un tour de cou en fourrure.

On met aussi dans la corbeille la pièce de mariage, vestige de l'antique usage.

La pièce de mariage est une médaille en or ou en argent; une des faces représente un sujet allégorique.

L'autre face porte les noms des deux conjoints et la date de la cérémonie.

Dans certaines campagnes, la femme reçoit encore de son mari une pièce d'argent, nouvellement frappée; elle la fait percer, la porte à son cou, suspendue par un ruban, ou bien à son chapelet, en guise de médaille.

_Le Trousseau._

La jeune fille apporte toujours son trousseau, même si elle n'a pas de dot.

Son linge personnel est marqué à ses initiales de jeune fille; par exemple: Marie Durand, M. D., et le linge de table, de toilette, de maison, en un mot, est marqué aux deux initiales des noms de famille.

La toilette de la mariée est toujours fournie par ses parents.

Pour le trousseau, outre le solide linge classique, on doit faire un peu la part de la fantaisie et quelques objets en soie ou en batiste rose, bleu ciel, vert-nil, ne sont pas déplaisants.

_La Question des Cadeaux._

Encore une question épineuse.

Disons, tout d'abord, que si le mariage s'est fait par l'intermédiaire d'une personne, le marié doit un présent à celui ou à celle qui a fait son bonheur!

Le marié donne une gratification aux domestiques des parents de la mariée, aux employés de la mairie, paie les actes notariés.

Tantôt c'est la famille de la jeune fille qui fait les frais du mariage religieux, des voitures, etc.; tantôt c'est celle du jeune homme (ce devrait être ainsi); en tous cas, les frais du dîner, du lunch, du bal, s'il y en a un, sont _toujours_ à la charge des parents de la jeune fille.

Souvent on partage tous les frais entre les deux familles.

Les témoins, les parents, les amis donnent un présent à la jeune fille; c'est, en général, un cadeau collectif, une pièce de ménage, mais les parents offrent toujours les objets les plus intimes.

Variée est la liste des présents:

Toute la lyre de l'argenterie, depuis les petites cuillères jusqu'au surtout d'orfèvrerie, en passant par les plats et les réchauds;

Des glaces, des lampes sur pied, cave à liqueurs, paravent, meubles volants, garniture de cheminée, bronze, terres cuites, livres, antiquité, tableaux, etc., etc.

Pour les personnes de positions modestes, on fera bien de ne pas donner un cadeau qui détonnerait sur l'ensemble.

Lorsque les personnes qui font des cadeaux au jeune couple sont en relations, elles font bien de s'entendre afin de ne pas faire double emploi en offrant les mêmes présents.

La jeune fille offre d'ordinaire un cadeau à la bonne de ses parents ou à sa femme de chambre, si elle en a une; généralement, c'est une montre.

Le jeune marié doit également un présent à ses beaux-frères et belles-sœurs, s'il en a: ce sont, pour les enfants de beaux livres; pour les jeunes gens et les jeunes filles, des bijoux: épingles de cravate, boutons de manchettes, bagues, bracelets.

Pour entrer en ménage sous de favorables auspices on ne devrait pas oublier les pauvres.

_L'exposition des présents._

Sur une table on doit placer les présents des amis, avec la carte qui y était jointe.

En écroulements, le linge de maison; en paquets attachés de faveurs roses, les objets du trousseau.

Sur un petit guéridon, les écrins ouverts où scintillent les diamants, les éventails entr'ouverts, les dentelles posées sur transparents, bleus pour les blanches, roses pour les noires; les soieries en éventail.

Il est certainement inutile de recommander à nos jeunes filles de ne pas faire de comparaisons avec la corbeille de telle ou telle amie mariée; de ne pas trop faire scintiller des joyaux devant des amies moins fortunées qu'elles.

Ces recommandations n'ont pas besoin d'être faites, tout dépend de la délicatesse du cœur, science qui ne s'apprend pas, qui est innée.

On remercie aussi chaleureusement le parent pauvre qui vous offre une veilleuse de porcelaine que le riche qui vous fait présent de vaisselle plate.

Un beau service de table en fine porcelaine avec les initiales est toujours bien reçu.

_Formalités légales du mariage._

Certaines personnes prétendent et soutiennent, au nom de la loi, qu'il faut quinze ans et trois mois à une jeune fille pour se marier et dix-huit ans et trois mois à un jeune homme.

C'est une erreur.

Il faut quinze ans et dix-huit ans révolus; n'y eût-il qu'un jour en plus, cela suffit.

Lorsque deux jeunes gens veulent se marier, il faut qu'ils demandent ou fassent demander à la mairie, de procéder à la publication du mariage.

Il faut onze jours d'affiche avant de pouvoir célébrer le mariage; toutefois, on n'est pas forcé de se marier sitôt le délai écoulé: il faudrait une année entière de passée pour être contraint de refaire de nouvelles publications.

Si les parents, dont le consentement est nécessaire, habitent une autre commune que les enfants, il faut également des publications à leur municipalité.

Les publications portent les noms, prénoms, profession, domicile, la qualité de majeur ou de mineur, des futurs conjoints; mention est faite des noms, prénoms, profession des parents; on indique leur domicile ou le lieu de leur décès.

Il faut six mois d'habitation dans le même endroit; si ce laps de temps n'est pas accompli, les publications se font au domicile actuel et au précédent.

L'homme est considéré comme mineur jusqu'à vingt-cinq ans, la femme jusqu'à vingt et un an, et les publications devront être faites au domicile des pères et mères, aïeuls ou aïeules.

PIÈCES A PRODUIRE:

Extrait légalisé de l'acte de naissance des deux fiancés;

Acte de mariage des parents;

Acte de décès, en cas de mort, de l'un ou des deux parents;

Pour un militaire, la permission du ministre de la guerre;

La même permission est obligatoire pour les employés à la suite des armées.

A ce propos, disons que pour un militaire, vingt-cinq jours avant la cérémonie du mariage, les publications sont mises à l'ordre du jour du corps de l'armée selon le grade et l'emploi du futur; ce qui n'empêche pas les publications à son dernier domicile.

Il faut aussi le consentement des parents, lorsqu'ils sont absents;

Un certificat du médecin en cas de maladie et le consentement; un jugement en cas d'interdiction;

Pour un veuf ou une veuve, l'acte de décès du premier conjoint;

Le consentement des tuteurs pour les orphelins;

Pour un ou une divorcée, l'acte de divorce;

Même si l'on est veuve ou divorcée il faut le consentement des parents.

Peuvent faire opposition à un mariage sans dommages et intérêts:

1º Le conjoint d'un précédent mariage;

2º Les père et mère;

3º Les aïeuls et aïeules, lorsque les parents sont décédés, fous, ou interdits;

4º Dans le cas où le futur époux serait privé de ses facultés mentales ou s'il était sous la dépendance d'un conseil de famille ayant refusé son consentement, tout membre de la famille peut faire opposition.

Mais, en cas de trouble mental, l'opposant est forcé de provoquer l'interdiction dans les formes et dans les délais voulus et, si son opposition est rejetée, il peut être condamné à des dommages et intérêts.

Dans le cas de parenté tel que ceux de beau-frère et belle-sœur, oncle et mère, cousin et cousine, il faut faire une demande de dispense au chef de l'État; de même, pour pouvoir se marier avant quinze ans ou dix-huit ans.

Lorsque les mineurs n'ont plus d'ascendants directs, il faut le consentement du conseil de famille.

Dans le cas où il y aurait eu des sommations respectueuses de la part d'un des époux, il faut produire le procès-verbal de la remise de ces actes respectueux.

Enfin, dans le cas où ces actes seraient nécessaires, disons que la loi autorise un homme après vingt-cinq ans, et une fille après vingt et un, à faire signifier ces sommations, par un notaire, à l'ascendant qui refuse son consentement.

Il faut trois sommations, à un mois d'intervalle l'une de l'autre jusqu'à trente ans; passé cet âge, un seul acte suffit, mais on ne peut procéder à la célébration du mariage qu'un mois après la sommation.

En cas de dissentiment entre les parents ou entre les grands-parents, le consentement du père ou de l'aïeul suffit.

Il faut un certificat du notaire, en cas de contrat de mariage.

Pour l'homme, il faut le certificat qu'il a satisfait à la loi de recrutement.

_Mariage à la mairie._

Il est d'usage maintenant que le mariage civil précède de quelques jours le mariage religieux.

Cette coutume offre plusieurs avantages et évite une trop grande hâte pour le jour de la cérémonie religieuse. Le marié, ses père et mère, la mariée avec les siens, plus quatre témoins, choisis bien entendu parmi les personnes dont le consentement n'est pas exigible, se rendent à la mairie, ensemble ou séparément.

Le bon goût veut que, des deux côtés, on envoie chercher ses témoins en voiture.

On marie de neuf heures du matin à cinq heures du soir.

On peut marier dans une demeure privée; dans ce cas, on laisse les portes grandes ouvertes; ce n'est que dans des circonstances exceptionnelles qu'on peut célébrer un mariage chez soi.

Si on veut se faire marier à un jour ou à une heure particuliers, il faut une autorisation du maire.

Les témoins sont généralement choisis parmi les parents proches ou les amis intimes.

Ils vont directement à la mairie, dans les voitures qu'on leur envoie.

On peut, sans faire une faute de savoir-vivre, leur donner simplement rendez-vous.

Inutile de dire qu'un témoin ne se fait jamais attendre.

Le futur, accompagné de ses parents, se rend au domicile de sa future.

La toilette, pour l'homme, est la toilette de ville habillée: pantalon gris, redingote, gants mi-clairs, chapeau haut de forme.