Les technologies et le livre pour tous

Chapter 4

Chapter 43,440 wordsPublic domain

Commercialisé par Microsoft en avril 2000 pour concurrencer le Palm Pilot, l'assistant personnel Pocket PC utilise d'abord un système d'exploitation spécifique, Windows CE, qui intègre le nouveau logiciel de lecture Microsoft Reader. En octobre 2001, Windows CE est remplacé par Pocket PC 2002, qui permet entre autres de lire des livres numériques sous droits. Ces livres sont protégés par un système de gestion des droits numériques dénommé Microsoft DAS Server (DAS: digital asset server). En 2002, le Pocket PC permet la lecture sur trois logiciels: le Microsoft Reader bien sûr, le Mobipocket Reader et le Palm Reader.

D'après Seybold Reports.com, en avril 2001, on compte 100.000 tablettes de lecture pour 17 millions d'assistants personnels (PDA). Deux ans plus tard, en juin 2003, plus aucune tablette n'est commercialisée. De nouveaux modèles apparaissent ensuite, mais on se demande s'ils peuvent vraiment réussir à s'imposer face à l'assistant personnel, qui offre aussi d'autres fonctionnalités. On se demande aussi s'il existe une clientèle spécifique pour les deux machines, la lecture sur assistant personnel étant destinée au grand public, et la lecture sur tablette électronique étant réservée aux gros consommateurs de documents que sont les lycéens, les étudiants, les professeurs, les chercheurs ou les juristes. Le débat reste toujours d'actualité dans les années qui suivent.

1996: INTERNET ARCHIVE

[Résumé]

Fondée en avril 1996 par Brewster Kahle à San Francisco, l'Internet Archive a pour but premier de constituer, stocker, préserver et gérer une "bibliothèque" de l'internet, en archivant régulièrement la totalité du web, afin d'offrir un outil de travail aux universitaires, chercheurs et historiens, et de préserver un historique de l'internet pour les générations futures. En octobre 2001, l'Internet Archive met ses archives en accès libre sur le web grâce à la Wayback Machine, qui permet à tout un chacun de consulter l'historique d'un site web, à savoir le contenu et la présentation d'un site web à différentes dates, théoriquement tous les deux mois, à partir de 1996. L'Internet Archive constitue aussi des collections numériques spécifiques, y compris pour les livres et les documents multimédias. Toutes ces collections sont en consultation libre sur le web.

[En détail]

Fondée en avril 1996 par Brewster Kahle à San Francisco, l'Internet Archive a pour but premier de constituer, stocker, préserver et gérer une "bibliothèque" de l'internet, en archivant régulièrement la totalité du web, afin d'offrir un outil de travail aux universitaires, chercheurs et historiens, et de préserver un historique de l'internet pour les générations futures. En octobre 2001, l'Internet Archive met ses archives en accès libre sur le web grâce à la Wayback Machine, qui permet à tout un chacun de consulter l'historique d'un site web, à savoir le contenu et la présentation d'un site web à différentes dates, théoriquement tous les deux mois, à partir de 1996. Toutes ces collections sont en consultation libre sur le web. Les archives du web représentent 300 téraoctets (To) de données en 2004, avec une croissance de 12 téraoctets par mois. Ces archives représentent 30 millions de pages web en 1996, 65 milliards de pages web (provenant de 50 millions de sites web) en décembre 2006 et 85 milliards de pages web en mai 2007.

Depuis la fin 1999, l'Internet Archive constitue aussi des collections numériques spécifiques, par exemple les sites relatifs au 11 septembre 2001, les sites relatifs aux élections de 2000 (présidentielles) et 2002 (élections du Congrès et des gouverneurs des Etats), les sites des pionniers du web, le Million Book Project (10.520 livres en avril 2005), des archives de films de la période 1903-1973, des archives de concerts "live" récents, des archives de logiciels, etc. Toutes ces collections sont en consultation libre sur le web, y compris la grande bibliothèque numérique (Text Archive) en cours de constitution. A cet effet, l'Internet Archive fonde en janvier 2005 l'Open Content Alliance (OCA), une initiative visant à créer un répertoire libre et multilingue de livres numérisés et de documents multimédia pour consultation et téléchargement sur n'importe quel moteur de recherche.

1996: ENSEIGNEMENT ET INTERNET

[Résumé]

Sur le site de l'Internet Society (ISOC), qu'il fonde en 1992 pour promouvoir le développement de l'internet, Vinton Cerf explique: "Le réseau fait deux choses (...): comme les livres, il permet d'accumuler de la connaissance. Mais, surtout, il la présente sous une forme qui la met en relation avec d'autres informations. Alors que, dans un livre, l'information est maintenue isolée." De plus, l'information contenue dans les livres reste la même, au moins pendant une période donnée, alors que l'internet privilégie l'information la plus récente qui, elle, est en constante mutation. Il s'ensuit un changement dans la manière d'enseigner. En septembre 1996, Dale Spender, professeur à l'Université de Queensland (Australie), tente d'analyser ce changement lors d'une communication de la 14e conférence mondiale de l'IFIP (International Federation of Information Processing).

[En détail]

Vinton Cerf co-invente en 1974 avec Bob Kahn le protocole TCP/IP, à la base de tout échange de données sur le réseau. Sur le site de l'Internet Society (ISOC), qu'il fonde en 1992 pour promouvoir le développement de l'internet, Vinton Cerf explique: "Le réseau fait deux choses (...): comme les livres, il permet d'accumuler de la connaissance. Mais, surtout, il la présente sous une forme qui la met en relation avec d'autres informations. Alors que, dans un livre, l'information est maintenue isolée."

De plus, l'information contenue dans les livres reste la même, au moins pendant une période donnée, alors que l'internet privilégie l'information la plus récente qui, elle, est en constante mutation. Il s'ensuit un changement dans la manière d'enseigner. Dès septembre 1996, dans Creativity and the Computer Education Industry, une communication de la 14e conférence mondiale de l'IFIP (International Federation of Information Processing), Dale Spender, professeur à l'Université de Queensland (Australie), tente d'analyser ce changement. Voici son argumentation résumée en deux paragraphes.

Depuis plus de cinq siècles, l'enseignement est essentiellement basé sur l'information procurée par les livres. Or les habitudes liées à l'imprimé ne peuvent être transférées dans l'univers numérique. L'enseignement en ligne offre des possibilités tellement nouvelles qu'il n'est guère possible d'effectuer les distinctions traditionnelles entre enseignant et enseigné. Le passage de la culture imprimée à la culture numérique exige donc d'entièrement repenser le processus d'acquisition du savoir, puisqu'on a maintenant l'opportunité sans précédent de pouvoir influer sur le type d'enseignement qu'on souhaite recevoir.

Dans la culture imprimée, l'information contenue dans les livres reste la même pendant un certain temps, ce qui encourage à penser que l'information est stable. La nature même de l'imprimé est liée à la notion de vérité, stable elle aussi. Cette stabilité et l'ordre qu'elle engendre sont un des fondements de l'âge industriel et de l'ère des sciences et techniques. Les notions de vérité, de loi, d'objectivité et de preuve sont le fondement de nos croyances et de nos cultures. Mais le numérique change tout ceci. Soudain l'information en ligne supplante l'information imprimée pour devenir la plus fiable et la plus utile, et l'usager est prêt à la payer en conséquence. Cette transformation radicale de la nature même de l'information doit être au coeur du débat sur les nouvelles méthodes d'enseignement.

En juillet 1998, Patrick Rebollar, professeur de français et d'informatique dans des universités japonaises, analyse l'impact de l'internet sur sa vie professionnelle: "Mon travail de recherche est différent, mon travail d'enseignant est différent, mon image en tant qu'enseignant-chercheur de langue et de littérature est totalement liée à l'ordinateur, ce qui a ses bons et ses mauvais côtés (surtout vers le haut de la hiérarchie universitaire, plutôt constituée de gens âgés et technologiquement récalcitrants). J'ai cessé de m'intéresser à certains collègues proches géographiquement mais qui n'ont rien de commun avec mes idées, pour entrer en contact avec des personnes inconnues et réparties dans différents pays (et que je rencontre parfois, à Paris ou à Tokyo, selon les vacances ou les colloques des uns ou des autres). La différence est d'abord un gain de temps, pour tout, puis un changement de méthode de documentation, puis de méthode d'enseignement privilégiant l'acquisition des méthodes de recherche par mes étudiants, au détriment des contenus (mais cela dépend des cours). Progressivement, le paradigme réticulaire l'emporte sur le paradigme hiérarchique - et je sais que certains enseignants m'en veulent à mort d'enseigner ça, et de le dire d'une façon aussi crue. Cependant ils sont obligés de s'y mettre..."

Professeur au département d'études françaises de l'Université de Toronto, Russon Wooldridge relate en mai 2001: "Mes activités de recherche, autrefois menées dans une tour d'ivoire, se font maintenant presque uniquement par des collaborations locales ou à distance. (...) Tout mon enseignement exploite au maximum les ressources d'internet (le web et le courriel): les deux lieux communs d'un cours sont la salle de classe et le site du cours, sur lequel je mets tous les matériaux des cours. Je mets toutes les données de mes recherches des vingt dernières années sur le web (réédition de livres, articles, textes intégraux de dictionnaires anciens en bases de données interactives, de traités du 16e siècle, etc.). Je publie des actes de colloques, j'édite un journal, je collabore avec des collègues français, mettant en ligne à Toronto ce qu'ils ne peuvent pas publier en ligne chez eux."

1997: PUBLICATION NUMERIQUE

[Résumé]

Pour la publication d'ouvrages et de périodiques éducatifs et scientifiques, dans lesquels l'information la plus récente est primordiale, la numérisation conduit à repenser complètement la signification même de publication, et à s'orienter vers une diffusion en ligne qui rend beaucoup plus facile les réactualisations régulières. On observe un tournant majeur en 1997. Certaines universités diffusent par exemple des manuels "sur mesure" composés de quelques chapitres sélectionnés dans une vaste base de données, un choix complété par des articles et par les commentaires des professeurs. Pour un séminaire, un très petit tirage peut être effectué à la demande pour un document rassemblant quelques textes et transmis par voie électronique à un imprimeur.

[En détail]

Depuis les années 1970, la chaîne traditionnelle de l'édition est soumise à de nombreux bouleversements. Le marché de l'imprimerie traditionnelle est d'abord ébranlé par l'apparition des machines de photocomposition. Les coûts d'impression continuent ensuite de baisser avec les procédés d'impression assistée par ordinateur, les photocopieurs, les photocopieurs couleur et le matériel d'impression numérique. L'impression est désormais souvent assurée à bas prix par des ateliers de PAO (publication assistée par ordinateur) et des entreprises d'arts graphiques. La numérisation accélère aussi le processus de rédaction, puisque le rédacteur, le concepteur artistique et le personnel chargé de la mise en page peuvent travailler simultanément sur le même ouvrage.

Pour la publication d'ouvrages et de périodiques éducatifs et scientifiques, dans lesquels l'information la plus récente est primordiale, la numérisation conduit à repenser complètement la signification même de publication, et à s'orienter vers une diffusion en ligne qui rend beaucoup plus facile les réactualisations régulières. Certaines universités diffusent par exemple des manuels "sur mesure" composés de quelques chapitres sélectionnés dans une vaste base de données, un choix complété par des articles et par les commentaires des professeurs. Pour un séminaire, un très petit tirage peut être effectué à la demande pour quelques textes transmis par voie électronique à un imprimeur.

L'interaction entre document imprimé et document électronique devient omniprésente, et elle s'accentuera encore dans les prochaines années, à tel point qu'il deviendra probablement ridicule d'établir une distinction entre document électronique et document imprimé. Déjà, à l'heure actuelle, pratiquement tous les documents imprimés récents sont issus d'une version électronique sur traitement de texte, tableur ou base de données. De plus en plus de documents n'existent désormais qu'en version électronique, et de plus en plus de documents imprimés sont numérisés.

Outre sa facilité d'accès et son faible coût, le document électronique peut être régulièrement actualisé. Point n'est besoin d'attendre une nouvelle édition imprimée soumise aux contraintes commerciales et aux exigences de l'éditeur. L'édition électronique apparaît donc comme une bonne solution pour résoudre les problèmes budgétaires des presses universitaires et des éditeurs axés sur la publication d'ouvrages de recherche.

1997: DICTIONNAIRES EN LIGNE

[Résumé]

La société de traduction Logos décide en 1997 de mettre le Logos Dictionary et tous ses outils professionnels en accès libre sur le web. Dans les années qui suivent, les dictionnaires en ligne sont soit en accès libre comme le Grand dictionnaire terminologique (GDT) de l'Office québécois de la langue française (OQLF), soit disponibles moyennant une inscription gratuite ou payante. Nombre de dictionnaires sont également disponibles sur CD-ROM (compact disc - read only memory) ou sur DVD (digital versatile disc), parallèlement à la version en ligne. En accès libre sur le site de l'ATILF (Analyse et traitement informatique de la langue française), Dictionnaires est une collection de dictionnaires informatisés anciens et récents, qui comprend notamment le TLFi (Trésor de la langue française informatisé, 1971-1994). Des dictionnaires gratuits écrits collectivement utilisent la forme du wiki, par exemple le dictionnaire multilingue Wiktionary, lancé en 2002 par la Wikipedia Foundation. Le portail yourDictionary.com répertorie 3.500 dictionnaires et grammaires dans 300 langues en avril 2007.

[En détail]

Fondé en 1979 à Modène (Italie) par Rodrigo Vergara, Logos est une société de traduction offrant des services dans 35 langues en 1997, avec 300 traducteurs travaillant sur place et un réseau mondial de 2.500 traducteurs travaillant en free-lance. Logos traduit en moyenne 200 textes par jour.

Initiative peu courante à l'époque, Logos décide de mettre tous ses outils professionnels en accès libre sur le web. Dans un entretien publié dans le quotidien Le Monde du 7 décembre 1997, Rodrigo Vergara relate: "Nous voulions que nos traducteurs aient tous accès aux mêmes outils de traduction. Nous les avons donc mis à leur disposition sur internet, et tant qu'à faire nous avons ouvert le site au public. Cela nous a rendus très populaires, nous a fait beaucoup de publicité. L'opération a drainé vers nous de nombreux clients, mais aussi nous a permis d'étoffer notre réseau de traducteurs grâce aux contacts établis à la suite de cette initiative."

Les outils de traduction disponibles sur le web comprennent un dictionnaire multilingue de 7,5 millions d'entrées (Logos Dictionary), une base de données de 553 glossaires (Linguistic Resources), des tables de conjugaison en 17 langues (Conjugation of Verbs), et enfin la Wordtheque, une base de données multilingue de 328 millions de termes issus de traductions de romans et documents techniques. La recherche dans la Wordtheque est possible par langue, mot, auteur ou titre. En 2007, la Wordtheque, devenue la Logos Library, comprend 710 millions de termes, Conjugation of Verbs, devenu l'Universal Conjugator, propose des tableaux de conjugaison dans 36 langues, et Linguistic Resources offre un point d'accès unique pour 1.215 glossaires.

Quand Logos met ses outils en accès libre en 1997, il ouvre la voie à d'autres initiatives.

Le premier dictionnaire de langue française en accès libre est le Dictionnaire universel francophone en ligne, qui répertorie 45.000 mots et 116.000 définitions tout en présentant "sur un pied d'égalité, le français dit "standard" et les mots et expressions en français tel qu'on le parle sur les cinq continents". Issu de la collaboration entre Hachette et l'AUPELF-UREF (devenu depuis l'AUF - Agence universitaire de la francophonie), il correspond à la partie "noms communs" du dictionnaire imprimé disponible chez Hachette. L'équivalent pour la langue anglaise est le site Merriam-Webster OnLine, qui donne librement accès au Collegiate Dictionary et au Collegiate Thesaurus.

En mars 2000, les 20 volumes de l'Oxford English Dictionary sont mis en ligne par l'Oxford University Press (OUP). La consultation du site est payante. Le dictionnaire bénéficie d'une mise à jour trimestrielle d'environ 1.000 entrées nouvelles ou révisées. Deux ans après cette première expérience, en mars 2002, l'Oxford University Press met en ligne l'Oxford Reference Online, une vaste encyclopédie conçue directement pour le web et consultable elle aussi sur abonnement payant. Avec 60.000 pages et un million d'entrées, elle représente l'équivalent d'une centaine d'ouvrages de référence.

En septembre 2000, l'Office québécois de la langue française (OQLF) lance le Grand dictionnaire terminologique (GDT), mis en ligne en septembre 2000. Le GDT comprend 3 millions de termes français et anglais du vocabulaire industriel, scientifique et commercial, dans 200 domaines d'activité. Il représente l'équivalent de 3.000 ouvrages de référence imprimés. Cette mise en ligne est le résultat d'un partenariat entre l'Office québécois de la langue française (OQLF), auteur du dictionnaire, et Semantix, société spécialisée dans les solutions logicielles linguistiques. Evénement célébré par de nombreux linguistes, cette mise en ligne est un succès sans précédent pour un dictionnaire. Dès le premier mois, le GDT est consulté par 1,3 million de personnes, avec des pointes de 60.000 requêtes quotidiennes. La gestion de la base est ensuite assurée par Convera Canada. En février 2003, les requêtes sont au nombre de 3,5 millions par mois. Une nouvelle version du GDT est mise en ligne en mars 2003. Sa gestion est désormais assurée par l'OQLF lui-même, et non plus par une société prestataire.

Géré par le service de traduction de la Commission européenne, Eurodicautom est un dictionnaire multilingue de termes économiques, scientifiques, techniques et juridiques, avec une moyenne de 120.000 consultations quotidiennes. Il permet de combiner entre elles les onze langues officielles de l'Union européenne (allemand, anglais, danois, espagnol, finnois, français, grec, hollandais, italien, portugais, suédois), ainsi que le latin. Fin 2003, Eurodicautom annonce son intégration dans une base terminologique plus vaste regroupant les bases de plusieurs institutions de l'Union européenne. Cette nouvelle base traite non plus douze langues, mais une vingtaine, puisque l'Union européenne s'élargit à l'Est et passe de 15 à 25 membres en mai 2004, pour atteindre 27 membres en janvier 2007. Cette base terminologique voit le jour en mars 2007, sous le nom de IATE (Inter-Active Terminology for Europe), avec 1,4 million d'entrées dans 24 langues.

1997: CONVERGENCE MULTIMEDIA

[Résumé]

La convergence multimédia peut être définie comme la convergence des secteurs de l'informatique, du téléphone et de la radiotélévision dans une industrie de la communication et de la distribution utilisant les mêmes autoroutes de l'information. Cette convergence entraîne l'unification progressive des secteurs liés à l'information (imprimerie, édition, presse, conception graphique, enregistrements sonores, films, etc.) suite à l'utilisation des techniques de numérisation. La convergence multimédia amène-t-elle des emplois nouveaux, comme l'assurent les employeurs, ou bien est-elle source de chômage, comme l'affirment les syndicats? Ce sujet est débattu dès 1997 lors du Colloque sur la convergence multimédia organisé par le Bureau international du travail (BIT) à Genève. Si, dans certains secteurs, ce phénomène entraîne de nouveaux emplois, par exemple ceux liés à la production audiovisuelle, d'autres secteurs sont soumis à d'inquiétantes restructurations. La convergence multimédia a de nombreux revers, par exemple des contrats précaires pour les salariés, l'absence de syndicats pour les télétravailleurs ou le droit d'auteur mis à mal pour les auteurs.

[En détail]

La numérisation permet de créer, d'enregistrer, de combiner, de stocker, de rechercher et de transmettre des textes, des sons et des images par des moyens simples et rapides. Des procédés similaires permettent le traitement de l'écriture, de la musique et du cinéma alors que, par le passé, ce traitement était assuré par des procédés différents sur des supports différents (papier pour l'écriture, bande magnétique pour la musique, celluloïd pour le cinéma). De plus, des secteurs distincts comme l'édition (qui produit des livres) et l'industrie musicale (qui produit des disques) travaillent de concert pour produire des CD-ROM.

La numérisation accélère considérablement le processus matériel de production. Dans la presse, alors qu'auparavant le personnel de production devait dactylographier les textes du personnel de rédaction, les journalistes envoient désormais directement leurs textes pour mise en page. Dans l'édition, le rédacteur, le concepteur artistique et l'infographiste travaillent souvent simultanément sur le même ouvrage. On assiste progressivement à la convergence de tous les secteurs liés à l'information: imprimerie, édition, presse, conception graphique, enregistrements sonores, films, radiodiffusion, etc. C'est ce qu'on appelle la convergence multimédia. On peut aussi la définir comme la convergence de l'informatique, du téléphone, de la radio et de la télévision dans une industrie de la communication et de la distribution utilisant les mêmes inforoutes.

Si certains secteurs voient l'apparition de nouveaux emplois, par exemple ceux liés à la production audiovisuelle, d'autres secteurs sont soumis à d'inquiétantes restructurations. La convergence multimédia a de nombreux revers, à savoir des contrats occasionnels et précaires pour les salariés, l'absence de syndicats pour les télétravailleurs, le droit d'auteur souvent mis à mal pour les auteurs, etc. Et, à l'exception du droit d'auteur, vu l'enjeu financier qu'il représente, il est rare que ces problèmes fassent la Une des journaux.

La convergence multimédia amène-t-elle des emplois nouveaux, comme l'assurent les employeurs, ou bien est-elle source de chômage, comme l'affirment les syndicats? Ce sujet est débattu dès janvier 1997 lors du Colloque sur la convergence multimédia organisé par le Bureau international du travail (BIT) à Genève.

Si elle accélère le processus de production, l'automatisation des méthodes de travail entraîne une diminution de l'intervention humaine et donc un accroissement du chômage. Dans la presse comme dans l'édition, la mise en page automatique permet de combiner rédaction et composition. Dans les services publicitaires aussi, la conception graphique et les tâches commerciales sont maintenant intégrées. L'informatique permet à certains professionnels de s'installer à leur compte, une solution choisie par 30% des salariés ayant perdu leur emploi.