Les Mysteres Du Peuple Tome Iv Histoire D Une Famille De Prolet

Chapter 27

Chapter 273,587 wordsPublic domain

[Footnote: L et M: Voir dans la lettre précédente l'épisode de KARADEUK _le Bagaude_ et RONAN _le Vagre_, le passage relatif à l'abominable brutalité d'un seigneur Frank, textuellement extrait de saint Grégoire, évêque de Tours, ainsi que la férocité de l'évêque Cautin, enfermant un vivant avec un mort en putréfaction.]

[Footnote N: La portion du sol que Clovis et ses descendants accordèrent aux chefs de bandes et à leurs leudes qui l'avaient suivi dans la conquête de la Gaule s'appelait un _bénéfice_. Il existait des terres données à bénéfices de plusieurs sortes: 1º des bénéfices qui pouvaient être arbitrairement révoqués par le donateur; 2º des bénéfices temporaires; 3º des bénéfices concédés à vie; 4º des bénéfices héréditaires. Les obligations des _bénéficiers_, soit temporaires, soit viagers, soit héréditaires, demeurèrent longtemps exprimées par le mot vague de _fidélité_. _Fidélité_ qui se résumait généralement par ces obligations: 1º les dons d'argent que le bénéficier faisait au roi, soit à l'époque où il convoquait ses _fidèles_ au Champ-de-Mars, soit lorsqu'il venait passer quelque temps dans la province où était situé le bénéfice (_Annal. Hildesh. a. 750; ap. Leibnitz Script. Rer. Brunswik; ap. Guizot, Des institutions politiques en France, du cinquième au dixième siècle_, p. 66); 2º la fourniture des denrées, moyens de transport, logement, etc., à fournir, soit aux envoyés du roi, soit aux envoyés étrangers qui traversaient la contrée se rendant vers le roi; 3º l'obligation du service militaire; en d'autres termes, l'obligation de suivre le roi à de nouvelles expéditions guerrières. Expéditions qui avaient pour but l'envahissement de nouvelles terres ou le pillage; ainsi Théodorik, petit-fils de Clovis, dit à ses leudes:

«Suivez-moi en Auvergne, je vous conduirai dans ce pays, où vous prendrez de l'or et de l'argent autant que vous en pourrez désirer; où vous trouverez en abondance du bétail, des esclaves, des vêtements. Théodorik se prépara donc à passer en Auvergne, promettant de nouveau à ses guerriers qu'ils transporteraient dans leur pays tout le butin et aussi les hommes.» (Grégoire de Tours, liv. III, ch. II.)]

[Footnote O: On appelait terre _salique_ ou _militaire_, la portion du sol dont un chef de bande s'était emparé par la force, ou avait reçu en partage au moment de la conquête; ces terres n'étaient soumises à aucune redevance honorifique ou matérielle envers le roi; c'était la part du butin du guerrier frank, il ne la tenait, disait-il, que de son épée. Ainsi, un chef pouvait posséder à la fois des terres saliques qui ne relevaient que de lui, et des terres bénéficiaires, temporaires, à vie ou héréditaires, qu'il devait à la générosité royale, et qui devenaient, en raison même de ce don, plus où moins tributaires de la royauté.]

CHAPITRE II.

[Footnote: A, B, C, D, E: Le récit du meurtre des enfants de Clodomir, par Clotaire et son frère, ainsi que le miracle opéré par l'intercession de saint Martin à la prière de la reine Clotilde, sont _textuellement_ extraits de Saint-Grégoire, évêque de Tours, déjà cité. (_Histoire ecclésiastique des Franks_, t. I, liv. II et III, ch. XVI, XVIII et suivants.)]

[Footnote: F, G: «Il ne faut pas croire (dit M. Guizot dans son _Histoire de la civilisation en France_, vol. I, p. 398), que les moines aient toujours été des ecclésiastiques, qu'ils aient fait essentiellement partie du clergé... Non-seulement on regarde les moines comme des ecclésiastiques, mais l'on est tenté de les regarder comme les plus ecclésiastiques de tous; c'est là une impression pleine d'erreurs; à leur origine et au moins pendant deux siècles, les moines n'ont pas été des ecclésiastiques, mais de _purs laïques_ réunis sans doute par une croyance religieuse, mais étrangers au clergé proprement dit. Les premiers moines ou _ascètes_ se retirèrent loin du monde et allèrent vivre dans les bois ou la solitude; puis vinrent les _ermites_, les _anachorètes_, c'est le second degré de la vie monastique; plus tard les ermites se rapprochèrent, habitèrent et travaillèrent en commun, formèrent les premières communautés et bâtirent des monastères, de là le nom de _moines_... Beaucoup de moines laïques remuaient le peuple par leurs prédications ou l'édifiaient par le spectacle de leur vie; de jour en jour on les prenait en plus grande admiration, en respect; l'idée s'établissait que c'était là la perfection de la conduite chrétienne; on les proposait pour _modèles au clergé_, et pourtant c'étaient des laïques, conservant une grande liberté, ne faisant point de voeux, ne contractant point d'engagements religieux; toujours distincts du clergé, souvent même attentifs à s'en séparer.» (_Hist. de la civil._, vol. I, p. 413.)

Ce passage de Cassien (_De instit. Cænob._ IX, 17) au moyen suivant, pour ordonner prêtre un moine nommé _Paulinien_ qui refusait cet honneur:

«... Pendant que l'on célébrait la messe dans l'église d'un village qui est près du monastère, à son insu et lorsqu'il ne s'y attendait aucunement, nous avons fait saisir Paulinien par plusieurs diacres; nous lui avons fait tenir la bouche, de peur que, voulant s'échapper, il nous adjurât par le nom du Christ; nous l'avons d'abord ordonné diacre, et nous l'avons sommé d'en remplir l'office au nom de la crainte qu'il avait de Dieu; Paulinien résistait fortement, soutenant qu'il était indigne, et nous avons eu beaucoup de peine à le persuader de remplir l'office, en lui alléguant les ordres de Dieu.»

Voici donc Paulinien diacre, quoi qu'il en eût, obligé de remplir bon gré mal gré son office; mais ce n'était que le premier grade de la prêtrise, il fallait l'ordonner prêtre, ce à quoi saint Épiphanie procéda de la sorte:

«... Lorsque Paulinien a eu rempli les fonctions de diacre dans le saint sacrifice, nous lui avons de nouveau fait tenir les membres et la bouche avec une extrême difficulté, afin de pouvoir l'ordonner prêtre; et au moyen des mêmes raisons que nous lui avions déjà fait valoir, nous l'avons enfin décidé à siéger au rang des prêtres.» (Saint Épiphane, _Lettre à Jean_, évêque de Jérusalem, liv. II, p. 312.) donne une singulière preuve de l'antagonisme qui exista si longtemps entre les moines laïques et les évêques:

«C'est l'ancien avis des Pères, avis qui persiste toujours, qu'un moine doit à tout prix fuir les femmes et les _évêques_, car ni les femmes ni les évêques ne permettent au moine qu'ils ont une fois engagé dans leur familiarité, de se reposer en paix dans sa cellule, et d'attacher ses yeux sur la doctrine pure et céleste en contemplant les choses saintes.»

Si beaucoup de moines, séduits par les promesses des évêques, qui redoutaient leur influence et leur popularité, entraient dans le corps du clergé, beaucoup d'autres refusèrent longtemps et si obstinément qu'un évêque de Chypre, saint Épiphane, eut recours.]

[Footnote H: Voir divers textes de _Ghildes Saxonnes_, dans les pièces justificatives relatives aux considérations sur l'_Histoire de France_ (introduction aux récits _des temps mérovingiens_, par Augustin Thierry, vol. I, p. 1).]

CHAPITRE III.

[Footnote A: Voir la note H (chap. I) sur l'établissement et la vie du chef de bande et de ses leudes sur la terre conquise.]

[Footnote B: «... Le propriétaire d'un grand domaine, entouré de ses compagnons qui continuaient de vivre auprès de lui, des colons et des esclaves qui cultivaient ses terres, leur rendait la justice en qualité de chef de cette petite société; lui aussi tenait dans son domaine une sorte de mâhl où les causes étaient jugées, tantôt par lui seul, tantôt avec le concours de ses hommes libres.» (Guizot, _Des Institutions politiques de la France_, p. 179, cit.; Hulmann, _Histoire de l'origine des ordres_, p. 16-18.)]

[Footnote C: Voir la lettre précédant l'épisode de Rouan, le fait cité par Grégoire de Tours y est rapporté.]

[Footnote D: «Les grands propriétaires tenaient aussi une cour à l'instar des rois et pouvaient donner à leurs fidèles des charges de sénéchal, de maréchal, d'échanson, de chambellan.» (_Lex alam._, tit. LXXIX; Hulmann, _et tous les monuments du temps_, ap. Guizot, _Institutions politiques_, p. 144.)]

[Footnote E: _Histoire des Moeurs et de la vie privée des Français_, par ÉMILE DE LA BÉDOLLIÈRE, v. I, p. 219. (Nous ne saurions trop recommander à nos lecteurs cet excellent livre où la science est jointe à un vif et piquant intérêt; nous espérons que l'auteur achèvera une oeuvre si utile, car trois volumes seulement ont paru.)]

[Footnote F: Dès l'année 506 les conciles permettaient l'établissement de chapeles ou d'oratoires particuliers.

«... Si quelqu'un veut avoir sur ses terres un oratoire autre que l'église de la paroisse, nous permettons et trouvons bon que dans les fêtes ordinaires on y fasse dire des messes pour la commodité des siens.» (Concile d'Agde, 506.)]

[Footnote G: Voir la lettre à laquelle renvoie la note C.]

[Footnote H: «... Lorsque l'accusateur, sur l'assignation de l'accusé, paraissait devant le mâhl, devant les juges, n'importe lesquels, comtes, rachimburgs, ahrimans, la culpabilité s'établissait de diverses manières; le recours au jugement de Dieu, par épreuve de l'eau bouillante, des fers chauds, etc., l'accusé arrivait suivi de ses _conjurateurs_ qui venaient jurer qu'il n'avait pas fait ce qu'on lui imputait, l'offensé avait aussi les siens.» (_Institutions politiques_, Grab, t. VII.)]

[Footnote I: Selon plusieurs érudits ce préambule de la loi salique aurait été rédigé en Germanie au delà du Rhin, avant la conquête de la Gaule par les Franks.]

[Footnote J: Voir le Recueil de M. PARDESSUS contenant les anciennes rédactions de la _loi salique_, vol. I, p. 414.]

[Footnote K: _Loi salique_, t. XLV et suivants.]

[Footnote L: «... Le lendemain à son lever, Galeswinthe reçut le morganegiba (présent du matin) avec les cérémonies prescrites par les coutumes germaniques... En présence de témoins choisis, Hilperik prit dans sa main droite la main de sa nouvelle épouse, et de l'autre il jeta sur elle un brin de paille, etc., etc.» (Augustin Thierry, _Récits mérovingiens_, t. I, p. 354.)]

[Footnote M: Voir les citations sur les _Institutions politiques et moeurs des Franks_, vol. VII, tit. LXI.]

[Footnote N: On ne doit pas confondre avec les leudes ni avec les fidèles les antrustions, qui sont les personnes de toutes conditions placées sous la protection particulière et immédiate du roi. Le mot _antrustio_ signifie _qui est in truste_, et le radical _trustis_ répond à l'anglais _trust_, en français _assurance_, ainsi qu'à l'allemand _trost_, qui veut dire _consolation_, _aide_, _protection_. De sorte que par _antrustio_, ou par cette expression aussi souvent usitée, _qui est in truste dominicâ_, _regali_ ou _régis_, on doit entendre un protégé du roi. Les antrustions du roi sont d'ailleurs les seuls dont il soit fait mention. Tous les antrustions étaient des fidèles, mais les fidèles n'étaient pas tous des antrustions. Marculf nous a donné la formule de l'acte par lequel le roi reçoit un de ses fidèles au nombre des antrustions. Cette formule, intitulée: _De l'antrustion du Roi_, a trop d'importance pour qu'on néglige de la reproduire ici. Elle peut se traduire de la manière suivante: «Il est juste que ceux qui nous promettent une foi inviolable soient placés sous notre protection. Et comme N., notre fidèle, par la faveur divine, est venu ici, dans notre palais, avec ses hommes libres, _arimannia sua_, et nous a juré, avec eux, en nos mains, assistance, _trustem_ et fidélité, nous décrétons et ordonnons par le présent précepte, que ledit N. soit désormais compté au nombre des antrustions. Que celui donc qui aura l'audace de le tuer, sache qu'il sera condamné à payer 600 sous d'or pour son wirgelt.» Dans cette formule, le mot _arimannia_ signifie, non pas proprement les hommes libres vivant dans la dépendance du récipiendaire, mais les hommes libres venus pour prêter serment avec lui, c'est-à-dire ses conjurateurs.

L'antrustion jouissant, sous la protection royale, d'un wirgelt trois fois plus fort que celui du simple homme libre, avait pour sa sûreté personnelle trois fois plus de garantie que ce dernier. Cet avantage d'une composition triple lui était assuré non-seulement pour le cas de meurtre, mais encore pour toute espèce d'attentat ou d'injure contre sa personne. Les causes des antrustions étaient déférées, en dernier ressort, au tribunal du roi; mais il leur était interdit de porter témoignage les uns contre les autres.

Ce n'étaient pas les seuls hommes libres, c'étaient aussi des personnes plus ou moins engagées dans la dépendance d'autrui, que le roi prenait sous sa protection spéciale. Des femmes mêmes y étaient admises. (Guérard, _Polyptique d'Irminon_.)]

[Footnote O: «... Car auprès de Chram était aussi un certain _Lion de Poitiers_, violent aiguillon pour le pousser à tous les excès; bien digne de son nom, il déployait la cruauté d'un _lion_ pour satisfaire à tous ses désirs; on prétend qu'un jour il osa dire que saint Martin et saint Martial, les confesseurs du Seigneur, n'avaient rien laissé au fisc qui vaille, etc.» (Grégoire de Tours, _Histoire des Franks_, liv. IV, chap. XVI.)]

[Footnote P: _Imnachair_ et _Spatachair_ étaient les premiers affidés du roi Chram; un jour il leur dit: «Allez et arrachez par force de l'église Firmin et Césarie, sa belle-mère. Chram résidait à Clermont, réunissant des personnes de vile condition, et dans la fougue de la jeunesse il les adoptait exclusivement pour amis et conseillers, leur livrait des filles de nobles et _donnait même des diplômes pour les faire enlever de force_.... L'évêque Cautin sortit un jour de la ville vivement affligé, craignant d'éprouver en route quelque accident, car le roi Chram lui faisait aussi des menaces.» (Grégoire de Tours, _Histoire des Franks_, liv. IV, chap. XIII.)]

[Footnote Q: Cependant Chram commettait toutes sortes de violences en Auvergne, et était toujours l'ennemi déclaré de l'évêque Cautin. En ce temps, Chram fut dangereusement malade, et ses cheveux tombèrent par suite d'une fièvre violente. (Grégoire de Tours, liv. IV, chap. XVI.)]

[Footnote R: _Vie privée des Français_, par E. de la Bédollière.]

[Footnote S: Des chevaux, des mules, des boeufs et divers genres de voitures, entretenus aux frais du fisc, faisaient le service ordinaire pour le transport des officiers et des messages publics, et en général de tout ce qui était expédié au nom du roi. Mais au défaut ou dans l'insuffisance de moyens ordinaires, les particuliers étaient requis, pour y suppléer, de fournir leurs animaux, tant de trait que de somme. Les voitures devaient être attelées de deux paires de boeufs, et la charge d'une voiture ne pouvait excéder quinze cents livres romaines. C'était cette espèce de transport public extraordinaire, mis à la charge des particuliers, qu'on désignait sous le nom d'_angarie_, lorsqu'il se faisait sur les grandes routes, et sous celui de _parangarie_ s'il avait lieu par d'autres voies.

Les charrois ou angaries se faisaient quelquefois pour des lieux assez éloignés; or, la loi des Bavarois porte que les colons et les serfs feront les angaries avec leurs voitures pour cinquante lieues de distance, mais qu'ils ne seront pas obligés d'aller plus loin. Cette limitation montre elle-même combien cette espèce de service était onéreux. Les officiers publics l'aggravaient encore en abusant, à cet égard, de leur autorité, et même en exigeant pour leur propre compte des angaries qui ne leur étaient pas dues. Aussi trouvons-nous dans les lois des dispositions contre cet abus: «Que le comte, le vicaire et l'intendant, dit la loi des Visigoths, se gardent bien d'aggraver à leur profit la condition des peuples, par des indictions, des exactions, des travaux et des angaries.» (Guérard, _Polyptique d'Irminon_.)]

[Footnote T: Sa gloire le roi Chram. (Grégoire de Tours, liv. IV, chap. XIX.)]

[Footnote U: Il faudrait nombrer vingt miracles pareils cités dans Grégoire de Tours, miracles effectués grâce à une connaissance locale de l'état atmosphérique.]

[Footnote V: Guérard (_Polyptique de l'abbé Irminon_), du tarif comparé de la _composition_ des _antrustions_ et des _leudes_, t. I, p. 346.]

[Footnote X: «Chram quittant Clermont vint à Poitiers; tandis qu'il y résidait avec toute la puissance d'un maître séduit par les conseils d'un méchant, il songeait à ourdir un complot contre son père... Chram retourna dans le Limousin et réduisit sous sa domination cette partie du royaume de son père... Plus tard le rusé Chram fit annoncer à ses frères, par un étranger, la mort de son père... Chram s'avança avec son armée jusqu'à Châlons-sur-Saône, ravageant tout sur son passage, etc. (Grégoire de Tours, _Histoire des Franks_, liv. IV, chap. XVI.)]

[Footnote: Y et Z: La fête des _Kalendes_ (_Kalendæ_, _festum Kalendarum_) avait lieu au renouvellement de l'année, aux _Kalendes_ de janvier. Cette fête, d'origine païenne, fut conservée par les chrétiens. On s'y livrait, avec une sorte de fureur, aux danses les plus obscènes: on y paraissait, en outre, ce qui était de nature à provoquer bien des excès, sous les déguisements les plus étranges. Les uns avaient des habits de femme, les autres étaient couvers du peaux de bêtes. L'Église essaya de réprimer les désordres des _Kalendes_: elle alla jusqu'à vouloir substituer à la fête annuelle des jeûnes et des prières. Elle ne réussit pas. (_Voyez_ les textes accumulés dans Ducange.) Il y a plus: les laïques ayant peu à peu cessé de prendre part aux réjouissances du renouvellement de l'année, les évêques, les abbés, les prêtres, recueillirent, dans le sanctuaire, les traditions du paganisme et souvent ils célébrèrent dans leurs cathédrales ou leurs cloîtres, en y mêlant les jeux les plus burlesques et les plus immoraux, la fête des _Kalendes_. Seulement, cette fête avait changé de nom: elle était devenue la fête des _Innocents_ ou des _Fous_. Elle tomba en désuétude à l'approche des temps modernes; elle ne devait pas survivre à la barbarie du moyen âge.

Voyez Ducange, _ad verbum_ KALENDÆ, Ed. Henschel.]

[Footnote AA: _Vie privée des Français_, par Émile de la Bédollière, vol. I, p. 249.]

CHAPITRE IV.

[Footnote A: Grégoire de Tours, _Histoire des Franks_, liv. IV, ch. XVII. On y trouvera les détails de cette curieuse vendange armée.]

[Footnote B: Recueil de Marculf.]

[Footnote C: Voir la note sur les Ghildes.]

[Footnote: D, E, F: Le roi Clotaire marchait comme un nouveau David allant combattre son fils Absalon, il s'écriait:--Seigneur, regarde-moi du haut du ciel et juge ma cause, car je suis indignement outragé par mon fils; vois et juge-nous avec équité et que ton jugement soit celui que tu prononças entre Absalon et son père David.--On combattit des deux côtés avec acharnement, Chram prit la fuite, il avait sur mer un vaisseau tout préparé; mais tandis qu'il voulait mettre en sûreté sa femme et ses filles, il fut surpris, saisi et enchaîné. Le roi Clotaire ordonna qu'il fût brûlé avec sa femme et ses filles; on les enferma dans la cabane d'un pauvre, et Chram, étendu sur un banc, fut étranglé avec un mouchoir; ensuite on mit le feu à la cabane, et ainsi sa femme et ses filles périrent avec lui. (Grégoire de Tours, _Histoire des Franks_, liv. IV, chap. XX.)]

ÉPILOGUE.

LE MONASTERE DE CHAROLLES ET LE PALAIS DE LA REINE BRUNEHAUT.

CHAPITRE PREMIER.

[Footnote: A, B: Ch. LXVIII, _De obedientia et humilitate_, règle de SAINT-BENOÎT.]

[Footnote C: Ch. LXIX, _Que dans le monastère, nul n'ose en défendre un autre_, règle de SAINT-BENOÎT.]

[Footnote D: Sismondi, _Histoire des Français_.]

[Footnote E: «... Les moines sentirent la nécessité de recourir à quelque autre moyen; ils résistèrent ouvertement aux évêques, ils refusèrent d'obéir à ses injonctions, de le recevoir dans le monastère; plus d'une fois _ils repoussèrent à main armée ses envoyés_.... On traita; les moines promirent de rentrer dans l'ordre, de faire quelques présents à l'évêque s'il voulait s'engager à respecter désormais le monastère, à ne point piller leurs biens, à les laisser jouir en paix de leurs droits; l'évêque y consentit et donna au monastère une charte... Ces chartes devinrent si fréquentes (en raison des fréquentes agressions des évêques et des insurrections des moines), que l'on trouve la rédaction officielle de ces chartes dans les formules de _Marculf_.

»... Quand nous arriverons à l'histoire des communes, vous verrez que les chartes qu'elles arrachèrent à leurs seigneurs semblent avoir été calquées sur ce modèle (ces chartes arrachées aux évêques par l'insurrection des moines).» (Guizot, _Histoire de la Civilisation_, t. I, p. 446-447.)]

FIN DES NOTES DU QUATRIÈME VOLUME.

TABLE DU QUATRIÈME VOLUME.

LA GARDE DU POIGNARD. KARADEUK LE BAGAUDE ET RONAN LE VAGRE.--Prologue.--Les Korrigans. (395-529).

L'auteur aux abonnés des _Mystères du Peuple_.

CHAPITRE PREMIER. (De 529 à 615.) Le chant des _Vagres_ et des _Bagaudes_.--Ronan et sa troupe.--La villa épiscopale.--L'évêque Cautin.--Le comte Neroweg et l'ermite laboureur.--Prix d'un fratricide.--La belle évêchesse.--Le souterrain des Thermes.--Les flammes de l'enfer.--L'attaque.--Odille, la petite esclave.--Ronan le Vagre.--Le jugement.--Prenons aux seigneurs, donnons au pauvre monde.--Départ de la villa épiscopale.

CHAP. II. Un festin en Vagrerie.--Meurtres de Clotaire, nouveau roi d'Auvergne, et miracles faits en sa faveur.--La ronde des Vagres.--Karadeuk le Bagaude.--Loysik l'ermite.--Comment l'évêque Cautin est miraculeusement enlevé au ciel par des Séraphins et comment il descend fort promptement de l'empirée.--Le comte Neroweg et ses leudes.--Attaques des gorges d'Allange.

CHAP. III. Le burg du comte Neroweg.--L'Ergastule, où sont retenus prisonniers Ronan le Vagre, Loysik, l'ermite laboureur, l'évêchesse et Odille.--Vie d'un seigneur frank et de ses leudes dans son château, vers le milieu du sixième siècle (558).--Le festin.--Le _mâhl_.--L'épreuve des fers brûlants et de l'eau froide.--L'appartement des femmes.--Godégisèle, cinquième épouse du comte Neroweg.--Ce qu'elle apprend du meurtre de Wisigarde, quatrième femme du comte.--L'enfer et le clerc.--Chram, fils de Clotaire, roi de France, arrive au burg du comte.--Suite de Chram ou _truste_ royale.--Leudes campagnards et _antrustions_ de cour.--Le _Lion de Poitiers_.--_Imnachair_ et _Spatachair_.--Irrévérence de ces jeunes seigneurs à l'endroit du bienheureux évêque Cautin, qui confond ces incrédules par un nouveau miracle.--But de la visite de Chram au comte Neroweg.--Torture de Ronan et de Loysik destinés à périr le lendemain avec la belle évêchesse et la petite Odille.--Le bateleur et son ours.--Ce qu'il advient de la présence de cet homme et de cet ours dans le burg du comte.

CHAP. IV. Ronan le Vagre revient en Bretagne accomplir le dernier voeu de son père Karadeuk.--Il retrouve Kervan, frère de son père.--Ce qui est advenu à Ronan le Vagre, avant et durant son voyage.

KARADEUK LE BAGAUDE ET RONAN LE VAGRE.--ÉPILOGUE.--LE MONASTÈRE DE CHAROLLES ET LE PALAIS DE LA REINE BRUNEHAUT (560-615). CHAPITRE PREMIER. La vallée de Charolles.--L'anniversaire.--Le monastère.--Une communauté laïque et une colonie libre au septième siècle.--Condition des moines et des colons.--Le bac.--L'archidiacre Salvien et Gondowald, chambellan de la reine Brunehaut.--La fête.--Les vieux Vagres.--Les prisonniers.--Départ de Loysik pour le château de la reine Brunehaut.

L'auteur aux abonnés. 305

Notes.

FIN DE LA TABLE DU QUATRIÈME VOLUME.

Paris.--Imprimerie de madame veuve Dondey-Dupré, rue Saint-Louis, 46, au Marais.