Les Immémoriaux

Part 17

Chapter 172,661 wordsPublic domain

Car c'était là le seul espoir. Et aussi la seule ruse: qu'une femme s'employât à les obtenir. Mais quelle femme, ayant reçu de tels présents, consentirait à les céder au diacre, pour le temple, sans autre bénéfice que d'accomplir une si louable action. Il songea très vite à l'excellente épouse Rébéka. Il douta qu'elle sût plaire au Farani: les étrangers n'aiment pas les épouses trop vieilles d'années... Ha! mais... Eréna, petite et caresseuse, et pas encore fatiguée des tané de toute sorte... Le diacre se réjouissait, quand d'autres craintes lui montèrent aux lèvres. Les Missionnaires n'avaient-ils pas défendu... et le Livre ne disait-il pas: «_Tu ne profaneras point ta fille en la livrant à la prostitution, de peur que le pays ne se prostitue et ne se remplisse de crimes..._» mais--, «prostitution»--les Professeurs de Christianité ne se trouvaient pas d'accord exactement là-dessus. Il semblait bien que la chose pût s'accomplir avec décence, et discrètement. Iakoba résolut d'interroger le Livre. Il l'ouvrit au hasard du doigt et lut, non sans peine:

«_Si la fille d'un prêtre se déshonore en se prostituant, elle déshonore son père; elle sera brûlée au feu_». «La fille d'un prêtre»! Eréna n'était point sa vraie fille, et quant au feu, l'usage en était bien abandonné, même par la Loi nouvelle. Peut-être ne s'agissait-il que «du feu éternel». Il poursuivit en tournant les pages à l'aventure. Il revit ainsi beaucoup d'histoires étonnantes: comment les fils de Iéhova n'ignoraient point la noble coutume ancienne du Inoa des animaux, puisque l'Eternel disait: «_Je redemanderai le sang de vos âmes, je le redemanderai à tout animal_»; ni l'autre usage du Pi, ou des noms changés par tapu... alors, pourquoi donc avoir interdit... Aué! s'impatientait Iakoba. Rien de tout cela ne répondait à ses doutes: le Livre ne parlait pas. Le Livre ne voulait point parler. On le forcerait: Iakoba se souvint que ses maîtres morts, bien que païens stupides, s'entendaient à retourner, à leur guise, les présages récalcitrants. Et il épiait scrupuleusement tous les feuillets, toutes les lignes, jusqu'à découvrir, enfin, avec une joie:

«_Comme il était près d'entrer dans la terre Aïphiti[14], il dit à sa femme: voici, je sais que tu es une femme de belle figure. Quand les Aïphiti te verront, ils diront: c'est sa femme! Et ils me tueront et te laisseront la vie. Dis, je te prie, que tu es ma sœur, afin que je sois bien traité à force de toi..._» Qui donc était cet homme ingénieux? Iakoba vit qu'on le nommait Abérahama, et qu'il avait, parmi les disciples de Iésu, quelque réputation. Ce que cet homme inventa pour sauver sa vie devait être excellent: on ne pouvait hésiter à ruser de même pour la gloire du Seigneur. Et si la Loi interdisait, eh bien! l'on prendrait parti pour le dieu, contre la Loi, afin de donner au dieu une maison digne de Sa majesté.--Plein de confiance, le chrétien s'en fut à la recherche d'Eréna.

[14] Egypte.

* * * * *

L'épouse empressée Rébéka avait déjà creusé le four, chauffé les pierres, et dépouillé les fruits de uru pour la faim d'arrivée, puis disposé, faute de nattes, de grandes feuilles sèches dans un faré-pour-dormir trouvé sans habitants. Iakoba entra. Dans un recoin tout plein d'obscurité,--car l'ombre venait, avec une douceur--Aüté caressait sa jolie vahiné chérie.

Les deux amants ne se disputaient point. Aüté, voyant vide la baie Atahuru, ne redoutait plus les promenades équivoques. Et puis, la petite fille le rassurait elle-même en ouvrant un regard sérieux et lent: un regard qu'il avait, selon son habitude, recueilli bien vite avec ses lèvres, au sortir des cils. Maintenant, il disait d'inutiles petites histoires, avec une voix bien changée, une haleine preste. Sa main, qui sillait, sous la tapa, la peau des seins frémissants, tremblait comme une palme...

Iakoba les interrompit d'un regard sévère et d'une voix rude: ils n'étaient pas mariés encore, et ne devaient point l'oublier. Puis, fixant Eréna, il l'avertit que des gens venus de la terre Papara, des fétii, la réclamaient pour cette nuit même, et peut-être aussi pour le lendemain. Aüté sursauta. Mais le diacre gardait un maintien grave: le père-nourricier de la petite fille venait de mourir. Il fallait veiller le corps. Qu'elle parte donc, et aussitôt, pour la rive Papara. Le jeune homme se dressait, tout prêt à l'accompagner. Iakoba le retint avec des mots habiles:

--«Si tu le veux, jeune homme, nous passerons cette nuit-ci où tu vas être seul, à raconter les vieilles histoires qui t'amusent, et que tu m'as souvent demandées. Ainsi tu n'auras pas à te lamenter, sans elle.»

Et il sortit avec la fille.

--Passer la nuit au navire Farani où l'on danse, où l'on boit, où l'on s'amuse tant? Quel plaisir inespéré! Elle promit tout ce que son père recommandait. Au matin elle serait là.--Après un détour, Eréna se mit en route vers la baie Tapuna. Le diacre lui soufflait:--«N'oublie pas les haches, si tu le peux, aussi?» Elle disparut.

* * * * *

La nuit tombée, Rébéka fit flamber les graines de nono. Mais Iakoba, avant de parler au jeune homme, depuis longtemps attentif, voulut parler au Seigneur:

--«Je te remercie, Kérito, d'avoir, en cette journée, répandu ta bienveillance sur ton serviteur, en l'inspirant par le moyen du Livre. Qu'il me soit donné de t'honorer longuement encore, afin que, travaillant à l'achèvement de ta maison, je grandisse, dans la vallée, le respect qui est dû à ta personne. Améné.» Déjà il n'usait plus de prières toutes faites, épuisées par les autres hommes et bonnes à tout obtenir! Mais suivant le conseil des Missionnaires, il apprêtait chacune de ses paroles à Iésu, selon ses différents besoins.

--«Alors, jeune homme, tu attends les vieilles histoires. Quel plaisir peux-tu donc y prendre?

--Je voudrais les écrire,» dit Aüté, «avant qu'elles ne se perdent tout à fait: Elles sont belles.

--Je vais t'en dire quelques-unes. Bien qu'il soit ridicule de s'occuper encore des temps ignorants!» Il commença au hasard:

«_Dormait Té Tumu avec une femme inconnue.

De ceux-là naquit Tahito-Fénua..._

--Qu'est-ce que «Té Tumu»? hasarda le jeune homme.

--«Té Tumu, mais, c'est un nom. Et puis, ne m'interromps pas.

--N'est-ce point quelque chose comme «La Base... Le Tronc?

--Cela peut être. Mais cela n'a pas d'importance.» Iakoba reprit sa récitation mesurée. Pour mieux saisir l'attention de l'écouteur, il entremêlait tous ces parlers, au hasard des lèvres. Il riait en lui-même à voir l'étranger recueillir ces racontars païens, de confiance,--les yeux brillants, les doigts agiles,--sans même flairer la tromperie ou le désordre du récit. Il répandait hors de sa bouche des centaines de noms, interminables et profus; il mélangea les attributs des atua-supérieurs, troubla les quantités jadis éternelles de leurs ruts les plus fameux. Il confondit leurs changements de formes, leurs autels, leurs simulacres. Et il inventa de nouveaux petits dieux.--Aüté implorait encore:

--«Et les récits des premiers arrivants, sur la terre Tahiti? Et Havaï-i, qui est le mot originel... parle-moi de Havaï-i.»

Iakoba haussa les épaules:--«Hiè! j'y suis allé voici bien longtemps. Je cherchais les signes avec ce vieux païen de Paofaï... Tiens! celui qui galope cette nuit et tout demain sur le récif! J'ai vu une île dans du feu, pendant une tempête. Quand j'ai raconté cela aux Professeurs de Christianité, ils ont beaucoup ri sur moi; ils m'ont appris les signes, les vrais; et que Havaï-i devait se dire «Havaï-i-Pé» ou bien: «l'Enfer.» On ne peut s'y rendre que mort. Il vaut bien mieux ne pas y aller du tout!»

Le jeune étranger, déconcerté, s'étirait en épiant la nuit. Elle veillait, limpide et douce à tous les vivants, mais triste pour lui, puisque privée de son amie. Il se levait pour chercher Eréna peut-être. Iakoba se hâta de proférer:

--«Voici qui t'amusera davantage. Un prêtre dont je ne sais plus le nom, m'a raconté quelque chose comme ceci...

_Il était. Son nom Taároa. Il se tenait dans l'immensité. Point de terre; point de ciel; point de mer; point d'hommes..._

--«Après! Après cela!

--Après, il disait aussi,--mais j'ai bien tort de te rapporter toutes ces niaiseries... Si les Missionnaires viennent à l'apprendre!... Ensuite, le prêtre disait:

_Taároa appelle, et rien ne répond... et rien ne répond..._ Eha! j'ai oublié. Veux-tu d'autres parlers plus vifs? Par exemple, le péhé pour rire qu'on chantonne en surprenant des gens enlacés:

_Ha! ils sont deux! Ils sont deux et n'en font qu'un..._»

Aüté secoua la tête:

--«Tu as vraiment oublié, Iakoba tané; j'avais pensé que ta mémoire était certaine.»

Le diacre sourit: «Oui, mais je ne veux plus disperser les paroles conservées, afin de les employer toutes à garder les dires du vrai dieu. Je récite déjà la moitié du livre selon Ioané.--Et puis, quand l'homme malade, à Opoa, me racontait ces histoires,--je sais bien, maintenant, pourquoi je ne peux plus me souvenir,--quand il me racontait tout çà: je dormais.

--A ton réveil, tu ne lui as pas demandé de répéter?

--Quand je me suis éveillé, il était mort, ou presque mort.

--Les Paroles sont donc mortes avec lui», prononça, comme un Maître, le jeune étranger aux yeux clairs. Iakoba tressaillit.

Ainsi, la nuit coulait avec les dires de leurs lèvres. Rébéka, fatiguée de la route, s'était depuis longtemps endormie. Et mieux valait que ses oreilles n'entendissent point ces histoires païennes. Les noix de nono épuisaient leurs dernières gouttes d'huile. La brise affraîchissante affroidissait, vers l'aube pressentie, la caresse de son haleine. Aüté ne put se contenir:--«Je vais à sa rencontre, sur la route Papara...»

Iakoba sourit, qui savait combien Eréna était loin de ce chemin: tout à l'opposé! Il dit seulement avec politesse:--«Tu t'en vas, toi?» ainsi qu'il est d'usage. Et il s'étendit, sans oublier une seconde parole louangeuse sur le nom de Kérito.

* * * * *

Le jour levé, le diacre vint guetter la route: la fille ne se ferait pas attendre. Le chemin blanchissait dans la lumière vive, très long et très droit. Iakoba le parcourut d'un grand regard bienveillant--ne menait-il pas vers le Temple promis?--Il approuva les ingénieux châtiments nouveaux qui rendaient profitables à tous, les fautes de quelques-uns. Il désira voir ces fautes nombreuses: sa route s'en élargirait encore.

Car déjà, certain du succès, le diacre aménageait en son esprit, la rive, les sentiers, la plage, la vallée; il les peuplait d'une foule empressée; il imaginait immense et magnifique cette maison-de-prières, qui, pour ses yeux épanouis montait, tout d'un essor, de la terre sanctifiée. Lui-même, diacre de second rang, puis diacre de premier rang, se vit, tout près du Missionnaire,--même: en place du Missionnaire! et parlant à l'assemblée. L'assemblée se tendait vers lui. Les dormeurs? On les bâtonnait. Les femmes? On les forçait au silence. Alors il ouvrait le Livre avec un air réservé, et d'une voix monotone et pieuse, il commençait une Lecture. Tout cela parut, le temps de respirer deux fois, si proche et si clair, qu'il se surprit, ouvrant la bouche, levant le bras, à haranguer la foule figurée... Mais il n'avait gesticulé que pour les crabes et les troncs d'arbres. Il s'arrêta court, avec un dépit.

Derrière lui, survenait Aüté: il n'avait pas trouvé son amie, et la mort du fétii de Papara lui semblait un parler menteur. Iakoba, se détournant, feignait une grande attention à scruter le récif,--là, devant, à gauche de la pointe... En effet, des gens couraient et criaient au long du corail, pourchassés par des hommes en pirogues qui pagayaient à leur aise dans les eaux-intérieures. Toute la troupe approchait vite:--«Regarde donc,» lança le diacre, «voilà la course-au-récif»! Eha! le spectacle était bon! Paofaï et Téao! Les deux impies: l'hérétique et le païen!--Aüté cligna des paupières, et suspendit ses importunes questions. Iakoba ne cachait point un digne assentiment:

--«Bon cela!» Car l'un des fugitifs, le plus vieux sans doute, venait de tomber à plat ventre. Une lance lui perça le bras. Il sauta sur les genoux, et, redressé, reprit la fuite. Comme le récif, courbé soudain, venait rejoindre la grande terre, les deux fuyards, plongeant dans la passe, gagnaient avance sur les poursuiveurs. Ceux-ci n'avaient pas franchi dix pas, sur le corail, en traînant leurs pirogues, que les premiers, déjà, atterrissaient tout près du diacre avec des gestes éperdus. Leurs bras, en s'agitant, faisaient gicler des gouttes d'eau rougeâtres.

Le diacre les vit, avec un grand ennui, s'approcher de sa personne. Il recula vivement afin que son maro noir--il le vêtait pour la seconde fois--ne fut point souillé par l'approche des coupables. Mais Paofaï bondit sur lui, et très vite, à voix essoufflée:--«Cache-nous, Térii, dans ton faré... Tu es prêtre de ces gens-là», il jetait la main vers les autres: «dis-leur que la place est tapu... que tu es tapu... que nous le sommes... dis-leur... comme j'en ai fait pour toi... Je t'ai tiré de dessous les haches... Cache-nous... Reçois-nous... comme tes hôtes...»

Le chrétien s'écartait avec mépris, et une inquiétude. Car les riverains, l'entourant déjà, se surprenaient qu'il frayât avec les deux criminels. Aüté s'étonnait lui-même: «Tu connais donc ce pauvre homme?» Iakoba tenta de se dérober et de les jouer l'un par l'autre:--«Tu me demandais les vieilles histoires? Mais celui-là va te les raconter toutes! Il a collé sa bouche à la bouche du vieux sorcier! Il doit savoir, lui!» Et Iakoba secouait son ventre avec un rire forcé, et il reculait encore. Mais Paofaï:--«Tu ne te souviens pas, Térii à Paraü-rahi... la pierre-du-récitant...--Il est fou», déclara le diacre, comme surgissaient les gens aux pirogues qui agrippèrent leurs fuyards. En même temps, sur le chemin clair, apparaissait une femme dont la marche se faisait hâtive et joyeuse:--«Eréna!» Aüté s'élançait vers elle. Il vit derrière, deux hommes--deux matelots--chargés de sacs rebondis. Tout blême, il se retint, en dévisageant Iakoba. Iakoba restait impassible, même sous les injures de Paofaï,--et le vieux n'en démordait point:--«Homme sans mémoire! Térii qui as perdu les Mots! Térii qui m'as nommé son père... J'aurais dû te serrer le cou dans ton premier souffle!» On l'entraîna sur le corail, encore, selon le châtiment. De plus loin:--«Térii... Térii... Tire ton œil et fais-le manger à ta mère!» Les assistants frémirent sous l'épouvantable injure. Iakoba souriait en considérant les matelots et leurs faix. Aüté lui bondit au visage: «Tu as vendu ta fille... tu es...» C'étaient là parlers inutiles. La foule avait compris et bousculait le jeune homme, en riant. Et tous attendaient que le diacre, confondant ses insulteurs, fît à ses nouveaux fidèles un beau discours d'arrivée.

Or, le chrétien ne répondit pas à ces injures, bien qu'odieuses, impies, et propres à le déconsidérer. Le Livre dit _Tu pardonneras les offenses_. Et d'ailleurs, on ne pouvait descendre à discuter avec un vieux fou de sauvage et un petit piritané sans emploi. Puis toutes les craintes étaient loin: Kérito récompensait déjà son serviteur bien avisé. Ouvrant les sacs que les deux Farani laissaient tomber à ses jambes, Iakoba dit fièrement aux fétii:--«Voici vos clous!» Ensuite il montra le rivage, la route Royale, l'emplacement propice, l'amas de planches toutes prêtes, et il fit comme faisaient les Missionnaires dans certains jours manifestement inspirés:--«Enfin!» il étendait les deux bras, «nous bâtirons la Maison du Seigneur! Hotana pour Kérito!» Les fidèles répondirent:--«Améné», et dans un nouvel enthousiasme ils s'empressaient tous à l'ouvrage.

Mais le diacre tout d'abord, rajusta décemment un pli de son maro noir que le vieux avait défait en s'y raccrochant.

FIN

TABLE

_PREMIÈRE PARTIE_

Pages LE RÉCITANT 9 LES HOMMES AU NOUVEAU-PARLER 26 ORO 56 LE PRODIGE 89 LES MAITRES-DU-JOUIR 114

_DEUXIÈME PARTIE_

LE PARLER ANCIEN 147

_TROISIÈME PARTIE_

L'IGNORANT 189 LES BAPTISÉS 224 LES HÉRÉTIQUES 259 LA LOI NOUVELLE 291 LA MAISON DU SEIGNEUR 322

_ACHEVÉ D'IMPRIMER_ le vingt-quatre septembre mil neuf cent sept PAR BUSSIÈRE A SAINT-AMAND (CHER) pour le MERCVRE DE FRANCE

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Corrections:

Page 57: «levéa-des-fêtes» remplacé par «le véa-des-fêtes» (n'entrevit donc pas sans inquiétude le véa-des-fêtes). Page 130: «brousssailles» par «broussailles» (effrangés par les broussailles). Page 198: «douzes» par «douze» (Voici les noms des douze disciples). Page 213: «toute» par «toutes» (pour ensommeiller toutes les peines). Page 236: «daus» par «dans» (jusque dans les plus médiocres bouches). Page 332: «de» par «ne» (de peur que le pays ne se prostitue). Page 333: «jesqu'à» par «jusqu'à» (toutes les lignes, jusqu'à découvrir, enfin).

End of Project Gutenberg's Les Immémoriaux, by Victor Segalen (AKA Max Anely)