Les grandes chroniques de France (5/6) selon que elles sont conservées en l'Eglise de Saint-Denis en France

Part 38

Chapter 383,003 wordsPublic domain

[Note 631: _Si fu pris._ «Et monsieur Eustace de Ribemont, et aucuns aultres jusqu'au nombre de cinq ou six chevaliers; monsieur Henry Dubos, champenois, Pipin Dierre (Froissart écrit: _De Werre_), picart, y furent mors.» (Continuation françoise de Nangis.)--Froissart dit de Geoffroi de Charny: «La estoit messire Geffroy de Charny, sa bannière devant lui, _de gueules à trois escussons d'argent_.»]

Item, en ce meisme an, le onziesme jour de janvier, lequel fu au mardi, le roy de France Phelippe espousa sa seconde femme, c'est assavoir Blanche[632], jadis fille de la royne de Navarre derrenièrement au moys d'octobre trespassée et à Saint-Denis enterrée, et suer de la femme au conte de Foys; et fu la feste à Braie-Conte-Robert, privéement plus que en appert.

[Note 632: _Blanche._ «Laquelle estoit de dix-huit ans ou environ.» (Continuation françoise de Nangis.)]

En ce meisme an, le mardi neuviesme jour du moys de février, Jehan, ainsné fils du roy de France, duc de Normendie, espousa sa seconde femme Jehanne, contesse de Bouloigne, en la chapelle de madame saint Jame, près de St-Germain-en-Laye; et fu la feste faite à une ville qui est appellée Muriaux, près de Meulent[633]. Laquelle contesse de Bouloigne avoit esté femme de monseigneur Phelippe, fils du duc Heudes de Bourgoigne, lequel monseigneur Phelippe avoit esté mort de sa mort naturelle devant Aguillon, lorsque ledit duc de Normendie y estoit à siège l'an mil trois cens quarante-six. Laquelle contesse avoit esté fille du conte de Bouloigne Guillaume et de la fille de Loys, conte d'Evreux; et tenoit ladite contesse de Bouloigne tant de son héritage que de l'héritage de deux enfans qu'elle avoit dudit Phelippe de Bourgoigne, le duché de Bourgoigne et les contés d'Artois, de Bouloigne et d'Auvergne, et autres terres pluseurs.

[Note 633: Le reste du chapitre est inédit.]

_Incidence de ceux qui se batoient._--Item, en celuy an mil trois cens quarante-neuf dessus dit, au moys d'aoust, s'esmut au royaume de France en aucunes parties, des gens qui se batoient de courgies de trois lanières, en chascune desquelles lanières avoit un neu; auquel neu avoit quatre pointes ainsi comme d'aiguilles; lesquelles pointes estoient croisiées par dedens ledit neu, et pairoient dehors en quatre costés dudit neu; et se faisoient seingnier en eux batant, et faisoient pluseurs sérimonies tant comme il se batoient avant et après; et ce faisoient en place commune en chascune ville où il estoient, deux fois de jour, par trente-trois jours et demi; et ne demouroieht en ville que un jour et une nuit, et portoient croix merveilles en leur chapeaux de feustre, et en leur espaules, devant et derrière. Et disoient qu'il faisoient toutes les choses qu'il faisoient par la revelacion de l'angle. Et tenoient et créoient que leur dite penance faite par trente-trois jours et demi, il demourroient purs, nés, quictes et absous de tous leur péchiés, ainsi comme il estoient après leur baptesme. Et vindrent ceste gent en France premièrement de la langue thioise, comme de Flandres, de Brebant et de Hainaut, et ne passèrent point Lille, Douay, Bethune, Saint-Omer, Tournay, Arras et ès marches d'environ les frontières de Picardie. Mais assez tost après s'en esmurent pluseurs, et par pluseurs tourbes, de Lille, de Tournay et des marches d'environ, et vindrent en France jusques à Troies en Champaigne, jusques à Rains et ès marches d'environ, mais il ne passèrent point plus en avant, car le roy de France Phelippe si manda par ses lettres que l'en les préist par tout son royaume ou l'en les trouverait faisant leur sérimonies. Mais non obstant ce, il continuèrent leur folie et multiplièrent en celle erreur, en telle manière que dedens la Noël ensuivant qui fu l'an mil trois cens quarante-neuf, il furent bien huit cens mille et plus, si comme l'en tenoit fermement: mais il se tenoient en Flandres, en Hainaut et en Brebant; et y avoit grant foison de grans hommes et de gentilshommes[634].

[Note 634: La continuation françoise de Nangis offre en cet endroit la transcription latine, 1º de la lettre prétendue que les _Flagellans_ de Bruges disoient avoir reçue d'un ange de Dieu; 2º des articles, rédigés de deux manières différentes, des statuts qu'ils envoyèrent au chapitre de Tournay pour en obtenir l'approbation; 3º des articles proches par un frère de Liège devant le peuple; 4º de leurs cérémonies et superstitions; 5º enfin, en françois, «la teneur de deux prières qu'ils disoient en chantant, quant ils se battoient de leurs escourgies.» La première de ces deux prières a été publiée par M. Mazure, bibliothécaire de Poitiers, d'après notre manuscrit.]

XLVI.

ANNÉE 1350

_Du grant pardon de Rome que le pape Clément ottroia; et de la mort du roy Phelippe de Valois._

L'an de grace mil trois cent cinquante, le pape Clément ottroia plaine indulgence à tous vrais confès et repentans qui, de cinquante en cinquante ans, visiteroient en pèlerinage à Rome les glorieux apostres saint Pierre et saint Pol.

En ce meisme an, le treiziesme jour du moys de juing, furent trièves données à un an, et endementres devoient estre messages envoiés de par le roy de France et le roy d'Angleterre à la court de Rome pour traictier de la paix et proloingnier les trièves. Ces choses furent faites ès champs devant Calais; présens, de par le pape, deux arcevesques de Bracherantes et de Brindis; de par le roy de France, l'évesque de Laon et Gille Rigaut, abbé de Saint-Denis en France, aveques aucuns nobles; et de par le roy d'Angleterre, l'évesque de Norwic, aveques aucuns autres d'Angleterre de par ledit roy envoiés.

Item, en icest an, une ville qui est appellée Loudun si fu prise des Anglois en la feste monseigneur saint Jehan-Baptiste.

Item, en l'entrée du moys d'aoust ensuivant (se combati monseigneur de Caourse et pluseurs autres chevaliers et escuiers, jusques au nombre de cent vint hommes d'armes ou environ, contre le capitaine pour le roy d'Angleterre, en Bretaigne, appellé messire Thomas Dagorn, Anglois, devant un chastel appelle Auroy; et) fu ledit mesire Thomas desconfit à mort et toutes ses gens, jusques au nombre de cent hommes d'armes ou environ.

En ce meisme an, le dimenche vint-troisiesme jour dudit moys d'aoust, ledit roy Phelippe mourut à Nogent-le-Roy, près de Coulons, et fu aporté à Notre-Dame de Paris, le juesdi ensuivant, et le samedi ensuivant fu enterré le corps à Saint-Denis, au costé senestre du grant autel[635], et les entrailles en furent aux Jacobins de Paris, et le cuer fu enterré à Bourfontaine en Valois.

[Note 635: Variantes: «Emprès la royne Jehanne, sa femme première.»]

Au temps de ce roy Phelippe fu moult de exactions et de mutations de monnoies moult grièves au peuple, lesquelles n'avoient onques esté veues au royaume de France.

A iceluy roy fu pluseurs seurnoms de diverses personnes imposés[636]. Premièrement il fu appellé Phelippe-le-Fortuné. Car si comme aucuns disoient, fortune[637] l'avoit eslevé au royaume, et estoit grant admiracion à pluseurs coment trois roys si très biaux estoient, en l'espace de treize ans, mors l'un après l'autre[638]. Secondement, il fu appellé Phelippe-l'Heureux, car, au commencement de son royaume, il ot glorieuse victoire des Flamens. Tiercement, il fu appellé Phelippe-le-Très-bon-Crestien, car il aimoit et doubtoit Dieu, et si honnoroit à son povoir sainte églyse. Quartement, il fu nommé Phelippe-le-Vray-Catholique, car, si comme de luy est escript, il le monstra par fait et par dit en son vivant; premièrement par dit, comme monseigneur Jehan, son ainsné fils et duc de Normendie, fust moult griefment malade en la ville de Taverny, en l'an mil trois cens trente-cinq, et par telle manière que tous les médecins qui là estoient ne savoient plus que faire né que dire, fors seulement attendre la volenté de Notre-Seigneur. Lors le bon roy, comme bon catholique et vray, mist toute son espérance en Dieu, et dist ces paroles à la royne et à ceux qui là présens estoient: «Je vous prie que s'il muert, que vous ne l'ensevelissiez pas trop tost: car j'ay ferme espérance en Notre-Seigneur et ès mérites des glorieux sains qui tant dévotement en ont esté requis, et ès prières de tant de bonnes gens qui en prient et ont prié, que sé il estoit mort, si seroit-il ressuscité.» Si puet-on veoir, par dit, coment il avoit ferme foy en Jhésucrist et en ses sains. Après, parfait, comme en son temps, c'est assavoir en l'an mil trois cens trente-un, le pape Jehan XXII eust preschié publiquement à Avignon une très grant erreur de la divine vision; et finablement ceste erreur eust esté preschiée en la ville de Paris par deux maistres en théologie, l'un Cordelier et l'autre Jacobin, envoiés de par ledit pape, si comme l'en disoit, l'an mil trois cens trente-trois, de laquelle prédication ou opinion il sourdi très grant murmure, ainsi comme par toutes les escolles de Paris;--si avint que le bon roy oï parler de ceste chose: si luy en desplu moult, et manda tantost dix maistres en théologie et aucuns en droit et en décrés, et leur demanda leur opinion de celle nouvelle prédicacion qui avoit esté publiée ès escolles. Lors luy respondirent que ce seroit grant péril et mal fait de la souffrir, car ce estoit par erreur et contre la foy. Assez tost après, le bon roy fist une convocacion moult grant au bois de Vinciennes, en laquelle convocation il y ot maistre en théologie en grant quantité et aucuns autres en décret. Et si ot pluseurs évesques et abbés. Et fu le maistre appellé qui celle erreur avoit preschiée à Paris, auxquels le roy, en sa propre personne, comme désirant de la foy deffendre, fist deux questions; la première fu telle, à savoir mon sé les âmes des sains voient, dès maintenant la face divine? la seconde si fu, à savoir mon sé ceste vision, de laquelle il voient présentement la face de Dieu, faudra au jour du jugement qu'il en doie venir une autre vision. Lors, fu déterminé de tous les maistres que la benoîte vision que les sains ont à présent est et sera perdurable. A laquelle déterminoison ledit maistre s'acorda et non pas de très bon gré, mais ainsi comme contraint. Adonques fist faire le roy trois paires de lettres de ladite déterminoison et furent scellées de trente sceaux de maistres en théologie qui là présens estoient, desquelles le roy en envoia une partie au pape et luy manda qu'il corrigast tous ceux qui tendroient l'opinion contraire de ce qui avoit esté à Paris par les maistres déterminé.

[Note 636: Au lieu de cette phrase, les éditions imprimées portent: «A icelui furent plusieurs _servans_ lesquels estoient adversaires personnes.»]

[Note 637: _Fortune._ Sort, hasard, aventure.]

[Note 638: La France a vu trois branches royales finir ainsi. 1º Louis X, Philippe-le-Long et Charles-le-Bel; 2º François II, Charles IX et Henry III; 3º Louis XVI, Louis XVIII et Charles X. Mais l'analogie seroit encore plus parfaite si l'on pouvoit dire qu'aucune goutte n'est échappée du sang de ce dernier roi.]

Si povoit-on veoir, par fait, coment le bon roy Phelippe fu vray catholique, et non pas seulement pour les deux choses dessus récitées, mais par pluseurs autres. Pourquoy Notre-Seigneur voult que il eust paine et tribulacion en ce monde, afin qu'il peust aveques luy régner après la mort pardurablement. Amen.

_Cy finent la vie et les fais de Phelippe-de-Valois._

ADDENDA.

I. Année 1294 Chapitre X.

Je me suis trompé gravement dans cette note, en faisant un crime aux auteurs de glossaires d'avoir enregistré le mot _gehine_ dans le sens de prison, chartre. Il appartient réellement à la bonne vieille langue françoise. On a dit aussi _gaaine_ dans le même sens.

II. Année 1302 Chapitre XLIV.

Cette note renvoie à une parenthèse que le correcteur a jugé à propos de supprimer dans le texte; elle devoit partir du commencement de la phrase de la ligne septième, et se poursuivre jusqu'à la ligne ante-pénultième de la même page.

III. Année 1306 Chapitre LXI.

Si l'origine que je donne au proverbe _attendez-moi sous l'orme_ ne paroît pas bonne, on n'en conviendra pas moins que cette façon de parler dût venir de l'usage de planter un ou deux ormes à chacune des entrées de la ville. Quiconque arrivoit trop tard aux portes, soit pour répondre à un rendez-vous, soit dans l'espérance d'entrer promptement dans la ville, se voyoit forcé d'attendre sous l'orme et, le plus ordinairement, en pure perte.

IV. Année 1315 Chapitre LXXVIII.(Fin de la grande note.)

Voici les paroles de M. Michelet:

«Louis à son avènement fit étrangler sa femme, afin de pouvoir se remarier. Blanche, restée seule en prison, fut bien malheureuse.--_Elle fut_, dit brutalement le moine historien, _engrossée par son geolier ou par d'autres_. Il passe outre avec une cruelle insouciance. Peut-être aussi n'ose-t-il en dire davantage. D'après ce qu'on sait des princes de ce temps, on croirait aisément que la pauvre créature, dont la première faiblesse n'était pas bien prouvée, fut mise à la discrétion d'un homme chargé de l'avilir.»

Cette citation offre, il faut l'avouer, le résumé des défauts du travail de M. Michelet. Toutes les sources historiques sont employées, mais arbitrairement interprétées et parfois inexactement citées. Certes, le _moine historien_ est bien loin de parler _aussi brutalement_; j'ai reproduit ses expressions page 221. D'ailleurs, pour se remarier, Louis X n'avoit pas plus besoin de faire étrangler sa femme que Charles-le-Bel de déshonorer la sienne.--Le _quidam serviens custodioe deputato_ ne signifie pas le geôlier de Blanche, mais l'un des gentilshommes chargés de sa garde. Supposer qu'on _eût besoin d'avilir Blanche_, déjà condamnée et suffisamment avilie par sentence du parlement, c'est confondre les époques et rappeler bien mal à propos l'anecdote que Tacite a contée de la fille de Séjan. Charles-le-Bel, devenu roi, obtint la nullité de son premier mariage: mais pour l'obtenir il se garda bien d'alléguer des motifs de ce genre.

Au reste, les défauts que je ne crains pas de signaler n'empêchent pas que le travail de M. Michelet ne soit le plus précieux et même le plus remarquable que l'on ait entrepris de notre temps sur l'histoire de France. Cet habile écrivain a du moins le courage de trouver dans nos annales quelques beaux endroits, quelques nobles faits et quelques grands caractères. On lui doit de la reconnaissance pour n'avoir pas systématiquement déprécié les anciennes moeurs, les anciennes lois, les anciens héros de la patrie. J'oserai même ajouter que si, nouveau Niebuhr, M. Michelet revient un jour avec sévérité sur sa première inspiration, il pourra doter la France d'une véritable histoire. Déjà dans ce qu'il a publié on reconnoît plusieurs beaux fragmens d'un monument national: puisse-t-il un jour les réunir, les coordonner et surtout les séparer de tout ce qui les dégrade et les déshonore!

V. Année 1316 Chapitre VIII.

Il faut d'abord ajouter que cet important passage et l'alinéa suivant étoient restés inédits. Puis, dans cet endroit de la deuxième ligne de la page suivante: _Receu fu des Flamens_, il faut retrancher le _fu_.

VI. Année 1328 Chapitre I.

On a tant disputé sur les droits respectifs de Philippe de Valois et d'Edouard III à la succession de Charles-le-Bel, que nous croyons devoir ajouter ici le début de l'histoire de Philippe de Valois, tel que les éditions gothiques l'ont imprimé. Il offre quelques circonstances de plus que le texte que nous avons préféré d'après les meilleurs et les plus nombreux manuscrits:

«Après la mort du roy Charles qui bel fu appellé, lequel avoit laissé la royne Jehanne sa femme grosse, furent assemblés les barons et les nobles à traicter du gouvernement du royaulme. Car, comme la royne de France fust grosse, et on ne savoit quel enfant elle devoit avoir, il n'y avoit celluy qui osast à soy appliquer le nom de roy. Mais seullement estoit question entr'eulx, auquel comme au plus prochain devoit estre commis le gouvernement du royaulme; mesmement comme au royaulme de France femme ne succède pas personnellement en royaulme.

«Si disoient les Anglois qui présens estoient pour le roy d'Angleterre tant comme le plus prochain et nepveu du roy Charles à luy devoit venir le gouvernement du royaulme. Et mesmement le royaulme, sé la royne n'avoit hoir male, et non pas à Phelippe de Valois qui n'estoit que cousin germain. Dont plusieurs docteurs en droit canon et en droit civil qui présens estoient, disoient que à Edouart appartenoit le gouvernement comme au plus prochain. Adoncqucs fu argué à l'encontre de ceux qui pour le roy d'Angleterre là estoient et contre l'oppinion d'aucuns docteurs et leur fu dit que la prochaineté que le roy d'Angleterre devoit avoir ou soy disoit avoir ou royaulme de France ne luy venoit, fors que de par sa mère, laquelle avoit esté fille du roy Phelippe-le-Bel. Et la coustume de France toute commune est que femme ne succède pas au royaulme de France, nonobstant qu'elle soit la plus prochaine en lignaige. Et encore fu argué qu'il n'avoit oncques esté veu né sceu que le royaulme de France eust esté soubmis au roy d'Angleterre né à son gouvernement. Et mesmement que ledit roy d'Angleterre est vassal du roy de France et tient de luy grant partie de la terre que il a pardessa la mer. Ces raisons oïes et pluseurs autres par lesquelles le roy d'Anglelerre ne devoit pas venir au gouvernement du royaulme, nonobstant qu'il fust le plus prochain de par sa femme au roy Charles; il fu conclu par aucuns nobles et mesmement par messire Robert d'Artois, si comme l'en disoit, que à messire Phelippe de Valois, fils de messire Charles de Valois, devoit venir le gouvernement du royaulme de France, comme plus prochain par ligne de hoir male. Et lors fu appelle régent du royaulme de France et de Navarre. Et receut les hommages du royaulme de France et non pas de Navarre. Car Loys, conte d'Evreux, à cause de sa femme, fille du roy Loys Hustin, ainsné fils du roy Phelippe-le-Bel, disoit à luy appartenir ledit royaulme de Navarre, pour la cause de la mère de sa femme. Laquelle avoit esté femme du roy Phelippe-le-Bel. Mais la royne Jehanne de Bourgoigne disoit le contraire, et que à sa fille, femme du duc de Bourgoigne, devoit appartenir. Car son père estoit vestu de tous les drois dudit royaulme quant il mourut. Semblablement la royne Jehanne d'Evreux disoit que à sa fille appertenoit par plus forte rayson. Et là eut moult grant altercation de l'une partie contre l'autre et demoura ainsi la chose une pièce de temps en suspens.»

FIN DU CINQUIÈME VOLUME DES GRANDES CHRONIQUES DE FRANCE.